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M. RAMSAY MACDONALD ARRIVE CE MATIN- A PARIS Le Premier britannique s'entretiendra avec M. Daladier et M» Paul-Boncour du projet présenté à Rome par M. Mussolini

IL Macdoasld et sir John Simon au Vatican

M. Macd'onald, qui arrive ce matin à Paris, aura avec M. Daladier et M. Paul-Boncour des entretiens d'une importance capitale. Ces entretiens, en effet, faisant suite à ceux qui ont eu lieu à Rome entre le Premier britannique et M. Mussolini, permettront au chef du gouvernement français et au ministre des Affaires étrangères d'examiner avec M. Macdonald, en en approfondissant le contenu, les propositions du duce.

Notre envoyé spécial à Rome a tenu les lecteurs du Petit Parisien au courant des négociations de Rome et leur en a exposé les idées directrices. Elles sont résumées, d'ailleurs, dans le communiqué publié avant-hier par le palais Chigi et se traduisit par « l'examen d'un projet d'entente surles principales questions politiques préparé par le chef du gouvernement italien pour mettre en œuvre la collaboration des quatre grandes puissances occidentales dans le but d'assurer, dans l'esprit du pacte Kellogg et de la déclaration de « non-recours à la force » une longue période de paix à l'Europe et au monde

Les termes mêmes employés à la fin de ce communiqué et les désirs de paix durable qu'il exprime né peuvent que rencontrer l'approbation unanime de l'opinion française et de son gouvernement qui, en toutes circonstances, a donné de multiples preuves de son attachement irréductible aux thèses de « non-recours à Ja* force » et de sa volonté pacifique. Cette approbation' est d'autant plus naturelle que le communiqué ne manque pas d'ajouter que le projet est conçu « dans l'esprit du pacte Kellogg » auquel la France et de nombreuses autres puissances ont donné leur loyale et complète adhésion.

Il est cependant de toute évidence nécessaire, pour les hommes d'Etat responsables, de faire le tour des « principales questions politiques » dont il s'agit dans le communiqué, d'examiner le c projet d'entente » sur ces questions qu'a préparé le chef du gouvernement italien, d'envisager les moyens de « mettre en œuvre la collaboration des quatre grandes puissances occidentales », les conditions de cette mise en œuvre et ses répercussions sur la situation générale en Europe. Le problème est extrêmement complexe et mérite l'attention.

En effet, les positions des diverses puissances ne reposent pas sur des mobiles identiques.

L'Angleterre, préoccupée par le danger allemand, cherche, par l'organe de M. Macdonald, à le limiter, sans sacrifier son rôle traditionnel comme arbitre dans les affaires continentales. L'Italie, attachée à l'idée d'une bonne entente avec l'Angleterre, recherche, par la revision du statut politique de l'Europe, les conditions qui seraient les plus favorables à une politique dynamique de grande puissance.

Quant à la France elle-même, si elle a intérêt à voir l'Allemagne relâcher ses liens avec l'Italie, il est peut-être à craindre que, dans un directoire des quatre grandes puissances, elle ne se trouve d'une façon générale en face de deux demandeurs, l'Allemagne et l'Italie, et que ce soit toujours à elle que l'on demande des concessions, l'Angleterre jouant le rôle d'arbitre.

Elle n'a également aucun intérêt à se dresser ni contre la S. D. N., ni contre la Petite Entente et la Pologne, ni 'contre les petites puissances qui abondent sur le terrain de Genève dans le sens des grandes idées internationales défendues par la France. Il semble donc que si la France réussissait à faire introduire dans le pacte des quatre grandes puissances les idées de la S. D. N. et celles des petites puissances, le pacte ramènerait les combinaisons de Rome à Genève, et l'on se trouverait de nouveau à Genève sous le régime du pacte de la S. D. N.

On voit combien le problème est complexe et combien sont importantes les conversations qui vont se dérouler à Paris sur ce sujet.

La complexité du problème n'a d'ailleurs pas échappé au Premier anglais qui, hier matin, avant de quitter Rome, a déclaré en particulier Aucune nation d'Europe ne doit manifester de la nervosité ou de l'inquiétude à l'égard des discussions qui ont eu lieu à Genève ou à Rome, car, à Genève comme à Rome, nous avons été Européens.

Et plus loin

Dans nos' conversations, nous n'avons eu à aucun moment l'idée d'imposer de volonté à aucune des nations intéressées.

Ces déclarations complémentaires semblent bien, conjuguées avec les termes du communiqué italien, indiquer, de la part de M. Macdonald, une volonté précise de préparer une paix durable en Europe en tenant compte de grands principes posés à Genève et des facteurs divers qui entrent en jeu dans la situation actuelle.

Cest une idée généreuse que de, pré-

parer en Europe une atmosphère de confiance, de collaboration et de compréhension réciproque et il est hors de doute que les conversations d'aujourd'hui à Paris ne manqueront pas, en éclairant les divers aspects du problème, d'aider à la recherche des solutions appropriées au but poursuivi. E. G. AU CONSEIL DES MINISTRES Les ministres se sont réunis hier, à 17 heures, en conseil, à l'Elysée, sous la présidence de M. Albert Lebrun. La délibération s'est prolongée jusqu'à à 19 h. 45.

M. Edouard Daladier, président du Conseil, ministre de la Guerre, et M. Paul-Boncour, ministre des Affaires étrangères, ont fait au conseil un exposé détaillé des négociations internationales qui se sont poursuivies depuis quelques jours, tant à Paris qu'à Genève et à Rome.

(Voir la troisième page les dépêches de notre correspondant particulier d Borne.)

ATTENTAT A CHANGHAI

CONTRE TCHANG HSUE LIANG Changhaî, 20 mars (dép. Havas.) Une bombe a éclaté au domicile du maréchal Tchang Hsue Liang, dans la concession française, mais elle n'a fait que des dégâts matériels.

M. et Mme DOUMERGUE VONT QUITTER L'EGYPTE Alexandrie, 20 mars (dép. Havas.) M. et Mme Doumergue se sont embarqués à bord du Mariette-Pacha. Ils ont été salués par le gouverneur d'Alexandrie, le consul de France et les notabilités de la ville.

Le paquebot partira demain pour Marseille.

LE NOUVEAU PREFET DES BOUCHES-DU-RHONE

M. Delfau

M. Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, a fait signer hier, en conseil des ministres, un décret nommant préfet des Bouches-du-Rhône M. Delfau, conseiller d'Etat.

Cette nomination est d'ailleurs faite c pour ordre », afin de permettre la désignation régulière et prochaine de M. Delfau comme président du conseil de préfecture de la Seine, en remplacement de M. Grunebaum-Ballin, qui, après dix-sept ans de service, sera reintégré au conseil d'Etat.

Le Reichstag s'ouvre aujourd'hui

sous le signe de Potsdam et du Grand Frédéric Potsdam rupture avec Versailles et Weimar

Le Grand Frédéric idole et modèle du Führer

Berlin, 20 mars.

Dï NOTEE ENVOYÉ SPÉCIAL

L'ouverture du Reichstag, qui aura lieu demain à Potsdam, revétira, comme on sait, un caractère des plus solennels. Ce sera une journée exceptionnelle, unique. Les nouveaux dirigeants l'ont vou.u ainsi pour célébrer avec le plus d'éclat possible l'accomplissement de la révolution nationale x.

Cette journée est placée sous le signe de Potsdam et de Frédéric le Grand. Il s'agit d'un double symbole. Potsdam s'oppose aussi bien à Weimar qu'à Versailles.

Le Staatsakt de demain ne supprimera pas encore la Constitution de 1919, mais il la mettra en vacances. La République allemande continue d'exister sur le papier, mais sous bénéfice d'inventaire. et de quel inventaire En fait, c'est déjà le ni' Reich. Dans ce symbolisme politique, Potsdam est également conçu comme un anti-Versailles. Potsdam, c'est la chaîne renouée avec un passé fameux et le trait qui doit effacer les années de malheur et d'humiliation.

Le 21 mars, dans l'esprit de Hitler et de ses 18 millions d'adeptes, doit devenir une date historique, la date qui ouvrira une ère entièrement nouvelle

M. (iœbbels

pour l'Allemagne et qui sera le point de départ d'une renaissance dont les possibilités- sont envisagées comme illimitées.

Potsdam a été aussi choisi pour magnifier le triomphe des partis de droite, parce que Potsdam c'est Frédéric le Grand.

Le culte des hitlériens ne se porte pas, en effet, sur les derniers Hohenzollern, empereurs d'Allemagne, mais sur ce roi de Prusse qui fut, certainement, le plus génial et le plus illustre des souverains allemands.

Dans la propagande hitlérienne, Frédéric le Grand figure depuis longtemps à la place d'honneur. Je n'ai jamais entendu les nazis glorifier Guillaume le., le fondateur de l'empire, ni à plus forte raison Guillaume il, qui compte dans son curriculum vitre une fuite peu glorieuse, mais toujours Frédéric il.

Les hitlériens considèrent apparemment le roi conquérant comme un précurseur de la politique positive et activiste que s'efforce de pratiquer aujourd'hui le « Führer En le royal ami de Voltaire, ils admirent le prince, selon la formule de Machiavel ils vénèrent l'autoritarisme prussien, intelligent, mais brutal, qui a fait la grandeur du Reich.

Au surplus, la figure de Frédéric a particulièrement tenté parce qu'elle appartient déjà à la légende et échappe, de ce fait, à tout risque de critique et de discussion. Le chancelier Hitler, qui amplifie Frédéric, n'évoque pas volontiers, en revanche, l'ombre du chancelier de fer. Redoutet-il qu'elle ne paraisse trop grande ? Lucien BOURGUÈS

(La suite à la troisième page.)

L'accident de Gafsa LE MARÉCHAL

FRANCHET D'ESPEREY EST ATTEINT

DE BLESSURES GRAVES Outre des contusions, le glorieux soldat a la jambe droite brisée et l'on craint une fracture du bassin

Tunis, 20 mars.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER De Gafsa parviennent les renseignements suivants sur l'accident relaté hier par le Petit Parisien et dont fut victime le maréchal Franchet d'Esperey.

La mission Citroën, partie pour se rendre à Agadir, avait quitté Gabès le matin et atteint Gafsa sans difficultés à une trentaine de kilomètres de cette ville, à proximité de Sened, la piste, partiellement détruite par les dernières inondations, était tellement ravinée et glissante que la voiture dérapa, fit deux tours sur elle-même et tomba sur le côté.

L'officier d'ordonnance' du maréchal était indemne et dégagea son chef blessé ainsi que le mécanicien. Placés dans une des autres voitures, ils furent transportés à Gafsa, où un médecin constata que le maréchal, atteint de contusions en divers endroits du corps, avait la jambe droite brisée. Il ressentait de vives douleurs à la hanche et l'on craint une fracture du bassin. Un examen radiologique sera nécessaire pour vérifier si l'épaule n'est pas luxée.

Le mécanicien a deux côtes enfoncées.

Ce matin, le maréchal Franchet d'Eperey a été placé dans une auto qui va le transporter à Tunis. M. Norman Davis

va s'embarquer pour l'Europe New-York, 20 mars (dép. Havas) M. Norman Davis, chef de la délégation américaine à la conférence du désarmement, s'embarquera jeudi pour l'Europe. Avant de se rendre en Suisse, M. Davis s'arrêtera à Londres.

Le général Noguès

commandant du 19, corps d'armée

Général Noguès Général Georges Au cours du conseil des ministres qui s'est tenu hier soir à l'Elysée, M. Daladier a soumis à la signature du Président de la République un décret aux termes duquel le général Noguès, commandant la division d'infanterie, est nommé au commandement du 19' corps d'armée à Alger, en remplacement du général Georges, appelé au conseil supérieur de la guerre.

L'économie coloniale

M. Daladier a l'i d é e de réunir, à Paris, une conférence économique où seront débattues les principales questions intéressant les échanges entre la métropole et les colonies.

Le président du Conseil tient ainsi a cimenter le bloc français, avant la conférence internationale de Londres. I1 faut le féliciter, ainsi que M. Albert Sarraut, de donner à ce pays la vraie notion de l'empire français. il y a, certes, chaque année, une conférence des gouvernements de l'Afrique du Nord, à laquelle on associe heureusement les gouvernements de l'AfriqueOccidentale et de l'Af rique-Equatoriale. Ceci est bien, mais ce n'est pas assez. Notre domaine colonial est une vaste chose créée par le génie de notre pays et il faut le dire la plupart des Français moyens l'ignorent ou en font fi!

L'Exposition coloniale de Vincennes, admirable synthèse qui a illustré en un kaléidoscope merveilleux et impressionnant toute notre œuvre de colonisation, tout ce que les colonies recèlent et tout ce qu'elles contiennent de promesses pour l'avenir a charmé des millions de visiteurs et a flatté notre patriotisme, mais en a-t-on tiré des résultats pratiques ? Je n'hésite pas à dire non.

Il fallait, d'abord, au lendemain de la fermeture de Vincennes, faire une Exposition coloniale ambulante à travers le pays. C'était le moyen de faire partager nos impressions et la leçon de choses par ceux des Français qui n'avaient pas pu venir à Paris, de mai à octobre 1931.

Ii fallait constituer, avec la plupart des produits exposés à Vincennes, des musées instructifs, dans quelques écoles, et des musées d'échantillons dans quelques chambres de commerce. L'exposition de Vincennes a été l'occasion de nombreux congrès et a fait naître une littérature abondante, qui orne bien des bibliothèques, mais le point de vue pratique nous échappe encore.

Nous sommes revenus à nos vieilles routines je pourrais même ajouter que beaucoup ont gardé leur indifférence à l'égard des colonies. La France ignore, généralement, que ses possessions d'outre-mer figurent pour un tiers dans son commerce d'importation et d'exportation, que l'Algérie seule fait, avec elle, près de 7 milliards d'affaires. Pour beaucoup de Fr nçais, les colonies restent quelque choses de. très loin, là-bas, sous le soleil. Ils ignorent même qu'elles constituent une belle école d'énergie qui nous a donné de grands administrateurs, de grands, hommes d'Etat et quelques-uns des. chefs qui ont aidé à gagner la guerre.

Gratien CANDACE,

député, ancien êous secrétaire d'gtat au± Çojonieii.

(La suite d la deuxième page)

printemps. L'affreux temps d'hier fut une véritable journée de « soldes d'hiver ». A Paris, les averses tombèrent dru. il y eut, un peu avant midi, une rageuse chute de grêle et l'on entendit, à 17 heures, un roulement de tonnerre. Aujourd'hui, le printemps connaîtra, pour Sa naissance officielle, une journée relativement belle, si l'on en croit les prévisions de l'O. N. M. Les débris de la bourrasque s'éloignant vers la Baltique, une accalmie se produira sur toute la France. Les vents s'apaiseront et le soleil paraîtra dans les éclaircies. Mais cette accalmie ne doit être que momentanée, car l'océan Atlantique recèle d'autres perturbations et le mauvais temps doit revenir dès la nuit prochaine sur la moitié Ouest et dès demain sur la moitié Est Le début du printemps ne sera donc pas beau.

FOUR ET CONTRE La premièra tranche de l'emprunt a été absorbée en un clin d'oeil. C'était pourtant un solide morceau, car trois milliards, même en francs papier, cela représente pas mal d'argent. Les rentiers, petits ou gros, les épargnants, les capitalistes enfin pour employer ce mot qui, jusqu'à nouvel ordre, ne doit pas être considéré chez nous comme une injure grave ont répondu à l'appel de l'Etat avec un ensemble et un élan saisissants.

On annonce, d'autre part, que les impôts rentrent, ces temps-ci, avec régularité et abondance. Les contribuables, ainsi, de leur côté, font preuve d'un dévouement et d'une obéissance exemplaires.

Maintenant, sans doute, ce serait au tour de l'Etat, si loyalement servi par les épargnants, les rentiers, les capitalistes et les contribuables, de faire preuve lui-même et de bonne volonté et de volonté. Maintenant, les Français sont en droit d'attendre de l'Etat un effort correspondant à celui qu'ils ont si durement et si largement accompli.

On ne pense pas que l'Etat veuille rester indéfiniment perché, cette année, sur des douzièmes provisoires hasardeux et fragiles. On pense qu'il va se préoccuper désormais d'établir sérieusement et rapidement un budget sérieux quoique rapide. On pense qu'il va enfin avoir le courage et la raison de s'imposer des restrictions sévères. Quel serait, en effet, l'état d'âme des Français, quelle serait leur légitime rancoeur si demain, après avoir fait pour l'Etat tout ce qu'ils ont fait, ils se voyaient Imposer de nouvelles charges, de nouvelles brimades, de nouvelles vexations, de nouvelles confiscations par un Etat qui demeurerait cynique, désordonaé, gaspilleur et oublieux ?.

Coûte que coûte, il faut, aujourd'hui, que l'Etat se résigne à corriger ses méthodes désastreuses. Coûte que coûte, il faut qu'il se décide à mettre de l'ordre et de l'économie dans ses affaires. On voudrait bien savoir ce que l'Etat serait devenu au milieu de la crise qui épuise le pays si les citoyens français avaient suivi son eaemple s'ils avaient gaspillé comme lvi s'ils avaient, comme lui, engagé les plus folles dépenses au moment même où ils voyaient faiblir leurs ressources s'ils avaient, comme lui, laissé toute prudence et toute retenue ? Qui, aujourd'hui, aurait pu souscrire à l'emprunt ? Qui, aujourd'hui, pourrait encore payer des impôts ?..

Tons les Français frappés à la fois par la crise et par l'Etat ont eu le courage et la sa de s'imposer de durs sacrifices. Chacun son tour. Au tour de l'Etat, matatenant l.v Maurice Psuc.

LES FAUX DOCUMENTS DE L'AVIATION

DEVANT LE JURY

André Bouilloux Lafont et Lucien Collin s'en rejettent l'un à l'autre la responsabilité LEUR CONFRONTATION DEMEURE SANS RESULTAT

Jean de Lubersac

Les quatre accusés ont pris place dans leur stalle. Collin, dit Lucco, occupe la place d'honneur, suivi de Bouilloux-Lafont, tous deux trèp jeunes. A leur côté, de Lubersac et Picherie font figure de complices. Lorsque le président Tixier ouvré lés débats, le banc de la défense et le prétoire se trouvent occupés par de fort nom- breux avocats. Les témoins cités et beaucoup ne sont pas venus remplissent les travées réservées au public. Seul le fond de la salle, où d'habitude se pressent les spectateurs debout des drames sanglants, est demeuré presque désert. Et cette simple constatation permet de prévoir un procès aride.

La lecture de l'acte d'accusation se prolonge c'est que le greffier, M. Wilmès, est tenu de donner le détail des vingt-trois pièces apocryphes composant le dossier machiné contre M. Chaumié, directeur de l'aéronautique. Enfin les mots décisifs retentissent: «.accusés de faux, d'usage de faux et de complicité », et l'huissier-audiencier procède à l'appel des témoins.

M. Paul PainJevé s'est fait excuser pour raisons de santé. MM. Herriot et Tardieu viendront au moment où ils pourront être entendus. Le général Weygand ne répond pas, mais sera tenu de se présenter. MM. Piétri et Guernier se tiennent à la disposition de la justice. M. Flandin, qui se trouve à l'étranger, ne déposera pas. M. J.-L. j Dumesnil assistera à l'audience d'aujourd'hui.

A 15 heures, l'interrogatoire commence.

Eugène QUINCHE

(La suite à la quatrième page.)

Un officier anglais en conseil de guerre pour haute trahison Ce jeune lieutenant d'an régiment écouais, M. Baillie Stewart, proteste avec énergie de son innocence

La détention de cet officier et les charges relevées contre lui ont été entourées de beaucoup de myitère jusqu'au moment de l'audience SELON L'ACTE D'ACCUSATION IL AURAIT LIVRE

A UN PAYS ETRANGER

DES RENSEIGNEMENTS MILITAIRES Londres, 20 mars.

DI NOTRE COBBESPONDANT PARTICULIM

Aujourd'hui se sont ouverts, devant un conseil de guerre siégeant à l'école militaire royale du duc d'York, les débats relatifs à l'affaire du lieutenant Baillie- Stewart Les lecteurs du Petit Parisien savent que cet officier, qui fut incarcéré le 23 janvier dernier dans la Tour due Londres, est poursuivi en vertu de l'Acte sur les secrets officiels. Le consea est présidé par le major-général Dugan, commandant la 56' division de l'armée territoriale. L'accusation est soutenue par le commandant Shapcott, assisté du commandant Osborne, et la défense a été confiée à un avocat londonien, M. Norman Parkes.

Comme le veut la loi, la justifie civile est représentée par le commissaire du gouvernement, M. Sutherland Grahame, chargé de surveiller les débats et d'en présenter, le moment venu, le résumé.

L'accusé, qui vient d'atteindre sa vingt-quatrième année, appartient a une famille des plus honorables et des plus connues. Son père est un colonel en retraite dont la carrière a été particulièrement brillante.

Entré dans l'armée le 31 janvier 1929,' le lieutenant Baillie-Stewart fût affecté au Seaforth Highlanders et fyt promu premier lieutenant dans ce régiment le 31 janvier 1932.

Les chefs d'accusation, qui n'ont été révélés qu'aujourd'hui, sont au nombre de dix. De leur examen respectif, ,11 ressort que le prévenu est accusé d'avoir obtenu ou cherché à obtenir, dans l'intérêt d'une puissance étrangère, et au préjudice de l'intérêt national, des informations secrètes concernant les tanks, les autos-mitraüleuses, les fusils automatiques, le modèle' et la portée de ees armes, l'organisation des

Le lieutenant Ilaillu -Mcwart

brigades de chars d'assaut, les effectifs, l'équipement, etc.

L'officier incriminé n'admet aucune des charges relevées contre lui et proteste avec énergie de son innocence. Dans l'acte d'accusation, dont il a donné lecture aujourd'hui, le commandant Shapcott a révélé que les soupçons des autorités militaires avaient été éveillés au mois de novembre dernier par un échange de lettres, d'une part entre le prévenu et une soi-disant Marie-Louise, habitant Berlin, et, d'autre part, entre le prévenu et un sujet allemand, Otto Waldemar Obst, que les autorités britanniques ont des raisons de croire attaché au service secret d'une puissance étrangère.

Ces soupçons prirent une fmane d'autant plus précise que deux des lettres de la nommée Marie-Louise contenaient, l'une 50 livres en dix billets de banque de 5 livres et l'autre 40 livres en 4 billets de 10 livres.

Le commandant Shapcott a, en outre, révélé à !a charge de l'inculpé que toutes ses réponses à sa soi-disant amie de Berlin portaient non sa signature authentique, mais celle d'Alphonse Poiret.

La première lettre saisie par le service des renseignements est datée du 12 novembre 1932. EUe avait été expédiée de Berlin à l'adresse privée du lieutenant à Southsea et était ainsi conçue

Mon cher garçon.

Je pense souvent aux jours agréables que nous avons passés ensemble à Berlin l'été dernier. J'espère que vous allez, parfaitement bien et que vous ne m'avez pas oubliée. Voua avez été si bon de me prêter un peu d'argent. Vous vous rappelez que mon père avait cessé de m'en donner parce qu'il ne voulait pas que je continue mes études. Depuis lors, il a changé d'avis et tout eet arrangé. Malheureusement, je ne peux pas vous rembourser le tout d'un seul coup, mais j'espère vous envoyer le reste avant Noël.

Dans l'espoir de vous revoir l'année prochaine, écrivez-moi pour me dire si voua pouvez venir.

Bien à vous.

(Signé) Maris-Louisc.

Cette lettre s'accompagnait de dix billets de banque anglais de 5 livres chacun.

(La suite A la troisième page.)