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Les ministres britanniques en Italie .1.». Il M. MUSSOLINI PROPOSE UN PACTE A QUATRE

Dès demain et cela a été spécifié dans le communiqué M. Macdonald et sir John Simon s'arrêteront à Paris pour conférer avec MM. Daladier et Paul-Boncour Rome, 19 mars.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Nous avions raison hier, toutes réserves faites sur le fond des choses, de nous montrer optimiste sur l'issue des entretiens de MM. Mussolini et Macdonald et de nous féliciter de la façon dont la France y était associée. Non seulement trois heures ont suffi, en effet, aux deux chefs de gouvernement italien et britannique pour se mettre entièrement d'accord sur la procédure à suivre pour amener, ainsi que nous l'avions laissé entendre, une collaboration des quatre principales puissances européennes, mais, dès mardi, le gouvernement français, qui déjà connait cette procédure, sera mis à même, en la personne de MM. Daladier et Paul-Boncour, d'en discuter directement avec M. Macdonald et sir John Simon, dont l'intention est de s'arrêter spécialement dans ce but à Paris.

Soulignons, à cet égard, dès maintenant, car cela est essentiel, que cet arrêt a été décidé et annoncé dans le communiqué officiel fait ce soir à la presse sur le désir même de M. Mussolini et, par conséquent, en pleine communion d'idées avec lui.

On a lu par ail'leurs ce communiqué. Sous sa forme concise et un peu vague, il annonce. ainsi que nous l'avions fait prévoir dans notre correspondance d'hier, un événement d'une importance capitale de plus en plus inquiet de la tournure prise par la situation en Europe, où les signes précurseurs d'orage se fout de plus en plus nombreux, M. Mussolini a préparé un projet d'entente en vue de régler les questions les plus importantes susceptibles de se poser sur le continent.

Ce projet, qui a été communiqué par le duce lui-même à M. de Jouvenel que l'ambassadeur de Grande-Bretagvte est venu, par surcroit, renseigner ce matin sur les conversations en cours, a exactement pour titre e Pacte politique d'entente et de codlaboration entre les quatre puissances occidentales aux termes duquel une sorte de trêve de dix années exclurait toute idée de recours à la guerre. Entièrement rédigé par le chef du gouvernement* italien, ce document, qui comprend quelques articles seulement, comporte au total cinq pages dactylographiées.

Ce qu'il prévoit entre les quatre nations ainsi désignées France, Grande-Bretagne, Italie et Ailemagne, c'est essentiellement, ainsi que nous le disons plus haut, une procédure de règlement amical des grosses questions susceptibles de se poser dans un délai plus ou moins bref, procédure basée notamment sur les accords de Locarno, sur la S. D. N., sur le pacte BriandKeHogg et sur la déclaration solennelle de non-recours à la force telle que M. Macdonald en a formulé l'esprit dans son discours de Genève en invoquant l'interprétation du secrétaire d'Etat américain Stimson. La portée du projet

Cette simple indication suffit à souligner la portée de l'initiative italienne, initiative à laquelle le concours du cabinet de Londres est désormais acquis, mais au sujet de laquelle, toutefois, aucune décision ne saurait intervenir avant que le gouvernement français, d'une part, et les autorités de Berlin, de l'autre, aient été mis à même de l'examiner en détail et de la discuter. Il ne faut pas se dissimuler, en effet, que, avant que puisse se réaliser le projet de M. Mussolini, de grosses, de très grosses difficultés restent à vaincre. Aucun des hommes d'Etat qu'il intéresse directement ne se le dissimulent. Nous n'en voulons pour preuve que l'ensemble des questions qui divisent encore la France et l'Italie.

Il n'en reste pas moins que le pas essentiel étant fait, un projet de texte de convention ayant été mis en noir sur blanc et les conséquences heureuses qu'on en peut attendre étant reconnues, une atmosphère favorable se trouve créée qui peut rendre possible un accord auquel, faute justement de cette atmosphère, on a vainement travaillé pendant des années.

Il est évident que le pacte élaboré par M. Mussolini dérive de conceptions politiques différentes des nôtres. Le chef du gouvernement italien établit ce n'est un secret pour personne et le cacher ne servirait à rien une sorte de hiérarchie entre les puissances. Il est d'avis que, si les quatre grandes nations de l'Europe occidentale s'entendent pour le règlement pacifique éventuel des gros problèmes susceptibles de se poser sur le continent, il y a toute raison de penser que la paix ne sera pas mise en péril par les moyennes ou petites puissances. En France, notre conception, conforme à l'esprit de la Société des nations, est que tous les Etats membres sont absolument égaux et disposent de droits égaux. Mais, lorsqu'on y réfléchit, on s'aperçoit que cette conception et la stricte observation des principes auxquels nous sommes attachés nous mènent exactement à la même procédure et à la même conclusien que hf. Mussolini.

Jetons notamment un coup d'œil sur la composition du conseil de la S. D. N. depuis le départ du Japon. Que constatons-nous, sinon qu'il ne reste plus que quatre membres permanents qui sont, justement, les quatre pays dont M. Mussolini prétend, par le moyen de son pacte, réaliser l'entente et la collaboration ?

Or qui oserait nier le caractère essentiel, pour ne pas dire la nécessité, de cette entente des quatre membres permanents du conseil pour le règlement le jour où il s'en produi-

3T. Henry de Jouvenel,

ambassadeur de France Rome

Sir Ronald Graham,

ambassadeur de (Grande-Bretagne à Rome rait un d'un incident grave en Europe ?

Considérée sous cet angle, la conception de M. Mussolini, qui consiste à fixer dès maintenant des règles pour cette collaboration et qui a recueilli aujourd'hui l'entière approbation du Premier britannique, rentre donc, en dépit d'i silence observé par le communiqué au sujet de la Société des nations, dans le cadre même de la Ligue de Genève, à laquelle les articles du projet mussolinien se réfèrent. Il ne faut pas se faire d'illusions toutefois. Il est certain que des inquiétudes vont naître dans certains pays ou certains groupes de pays auxquels nous unissent non seulement des liens de sympathie, mais des accords particuliers. Mais à qui fera-t-on croire que les quatre puissances occidentales puissent prétendre, par un accord préalable entre elles, mettre la Pologne, avec ses 30 millions d'habitants, ou la Petite Entente, avec ses 45 millions, en présence de solutions impliquant, notamment, des revisions de traité et à l'élaboration desquelles elles n'auraient pas participé ? A quel titre, d'ailleurs, seraient-elles tenues à l'écart de pareils règlements ? Les dif6cultés

Quoi qu'il en soit, si les « quatre x s'entendent, par exemple, pour rayer l'Anschluss dont l'Italie, ainsi que nous le disiops dès hier, ne veut à aucun prix de la liste des éventualités possibles, est-ce la Tchécoslovaquie, dont l'inquiétude actuelle n'est pas moindre que celle de Rome et de Paris, qui s'en plaindrait ? Est-ce la Roumanie ou la Yougoslavie, qui se trouveraient, elles aussi, en contact direct avec le bloc germano-austro-hongrois ? Nous ne le croyons pas.

Mais le problème que nous évoquons nous fournit un nouvel exemple des difficultés auxquelles va se heurter le projet de pacte du duce et prouve combien l'initiative italienne devra encore être mûrie.

Il ne faut pas, en effet, de désaccord à deux dans l'accord à quatre. C'est dire que la réalisation de ce dernier est subordonnée à la disparition des divergences existantes entre ceux qui y seront parties.

Cela demandera du temps, des con- versations, des négociations par la voie des chancelleries avant de permettre un contact direct entre les chefs de gouvernement. On ne saurait donc s'attendre à une conférence immédiate des dirigeants des quatre puissances intéressées. Ne laisse-t-on pas entendre d'ailleurs que le chancelier Hitler, dont l'ambassadeur ici, M. von Hassel, a été, lui aussi, mis en possession du projet de M. Mussolini, envisage déjà avec moins d'enthousiasme le voyage qu'il avait projeté de faire à Rome et qu'il avait entrevu comme une manifestation éclatante de l'union germano-italienne ?

La venue ici de M. Macdonald lui enlève, en effet, comme nous le remarquions dès hier, beaucoup de son caractère sensationnel. Il faut néanmoins attendre encore pour être fixé sur la réaction de la Wilhelmstrasse. Avant de faire connaître ses impressions, Berlin voudra sans d o u t e attendre celles que susciteront à Paris les nouveaux entretiens MacdonaldDaladier-Paul-Boncour-sir John Simon. L'atmosphère à Genève

Le sentiment que nous avons ici, cette ttuit, est que cette impression des milieux officiels Jranqais ne pourra être hostile,

Non seulement les attentions de M. Mussolini vis-à-vis de notre représentant à Rome, qui a été tenu et qui a pu tenir Paris au courant de tout ce qui se faisait ici M. de Jouvenel a longuement causé ce soir encore, à la réception de l'ambassade britannique, avec les deux chefs de gouvernement, mais celles de M. Macdonald, en décidant de s'arrêter à nouveau dans la capitale française, ont créé une atmosphère que nous devons noter comme un événement favorable. Il faudra ensuite aller au fond des

Le projet du duce, communiqué par lui-même à M. de Jouvenel, est un « pacte politique d'entente et de collaboration entre les quatre puissances occidentales » choses, voir ce que peut entraîner telle ou telle formule. Le débat est ouvert; il nous reste à souhaiter que le pacte proposé par M. Mussolini rétablisse la cordialité des relations francoitaliennes, facilite le règlement définitif des litiges qui séparent les deux pays, fasse entrer l'Allemagne dans le groupe des puissances attachées au maintien de l'ordre et de la tranquillité en Europe et assure enfin, suivant les termes mêmes du communiqué, « une longue période de paix à l'Europe et au monde

Albert JULLIEN

LE COMMUNIQUÉ ITALIEN Rome, 19 mars (dép. Havas.)

Le palais Chigi publie le communiqué suivant:

Le chef du gouvernement s'est entretenu hier, de Ils heurea d 19 h. 30, au palais de Venise, et aujourd'hui, de 14 h. 30 d 16 heure, d l'ambassade de Grande-Bretagne, avec le premier ministre britannique, M. Macdonald, et avec le secrétaire d'Etat pour les Affaires étrangères, sir John Simon. Après un amie et complet échange c vues sur la situation générale, on a examiné, au cours de ces conversations, un projet d'entente sur les principales questions politiques préparé par le chef du gouvernement italien et des quatre grandes puissances occidentales, dans le but d'assurer, dans l'esprit du pacte Kellogg et de la déclarations de c non recours d la force », une longue période de paia d l'Europe et au monde. M. Daladier dément

une déclaration de M. Paul Faure Perpignan, 19 mars (dép. Petit Paris.) Interpellé par des communistes pendant un meeting socialiste, M. Paul Faure, secrétaire général du parti S. F. I. 0., a fait la déclaration suivante

J'affirme qu'une alliance a été signée pour des fins militaires entre les gouvernements français et soviétique et qu'une mission française ira prochainement à Moscou.

M. Edouard Daladier, président du Conseil, a donné un démenti formel à cette affirmation.

Un accident interrompt

le voyage transsaharien

du maréchal Franchet d'Esperey Tunis, 19 mars (dép. Petit Parisien.) On annonce de Gafsa que la mis- sion Citroën, qui avait quitté Gabès ce matin et poursuivi sa route après s'être arrêtée à Gafsa, a dû stopper à 30 kilomètres à l'est de cette ville à la suite d'un accident au cours duquel le maréchal Franchet d'Esperey a été contusionné assez grièvement à la tête, à l'épaule et à la jambe.

Le maréchal a été ramené tout de suite au contrôle civil de Gafsa où il a reçu des soins immédiats.

M. PAGANON ASSISTE A UN ESSAI D'AUTOMOTRICE SUR RAILS (Voir à la deuxième page.)

MM. Bourdon (à gauche) et Paganon

VERS LE KILOMETRE TROIS Mystères

des frigorifiques Tandis que l'Angleterre, pays carnivore, doit malgré son élevage, par centaines de milliers de tonnes, la viande congelée qu'elle demande à ses dominions ou au SudAmérique, en France, notre cheptel national est moins éloigné de suffire à la consommation. Voici pourtant, chez nous, à Paris ou dans quelques grandes villes, dans une rue populaire, un étal de viande frigorifiée, de frigo.

Interrogpons ces morceaux de viande venus de si loin. Ils ont de surprenantes histoires à nous raconter.

Pour bien comprendre, rappelonsnous d'abord que la riche plaine argentine est à peu très aussi vaste que l'ensemble de l'Europe occidentale. Mais tandis que celle-ci doit nourrir plus de trois cents millions de bouches, la grande république sud-américaine ne porte qu'une douzaine de millions d'êtres humains. Cependant la production s'y accroît sans cesse, aiguillonnée par la science et les progrès de la technique. Autour de cette colossale accumulation de matière sont venus rôder et flairer les grands capitaux étrangers. On peut imaginer que, dans de telles circonstances, ces intrus y ont pris une taille gigan.tesque et que trusts et sociétés n'ont pas tardé à s'y livrer des combats prodigieux que nous -allons narrer tout à l'heure.

Allons de Buenos-Aires à la Plata, cité de la viande. Trajet d'une cinquantaine de kilomètres. Parti de la gare de la Constitucion, vous voyez tout d'abord défiler les blocs carrés de maisons buenairiennes, cuadra après cuadra. Les- façades se font de plus en plus basses. ("est, enfin, dans une banlieue toujours géométrique, le règne presque exclusif de la tôle ondulée toits de tôle, porches de tôle, clôtures de tôle. Çà et là, quelque treillage ou une maisonnette aux portes prétentieuses. Puis, entremêlés de cultures maraîchères, apparaissent de vastes pâturages hérissés de chardons clairs. Parfois quelque grande propriété, une luxueuse estancia, avec ses platanes ou ses eucalyptus où le « horneiro » maçonne son nid d'argile. La voie court environ à une lieue du rivage. Vers le Nord, de.,plates étendues brumeuses et bleues, à l'horizon desquelles luit faiblement l'estuaire. Nous roulons de la sorte pendant trois quarts d'heure. Puis des maisons basses, quadrillées aussi en cuadras, recommencent à se multiplier. Exactement les mêmes qu'à notre départ. Sommes-nous, par quelque circuit, rentrés à BuenosAires ? Non, nous voici à la Plata. Buenos-Aires est la capitale fédérale, mais la Plata selon une Constitution imitée des Etats-Unis est la capitale de la province de Buenos-Aires. Cette sorte de Versailles sans château compte près de deux cent mille habitants. Ville large, plate, vide. Immenses avenues solitaires, maisons désespérément identiques les unes aux autres; on dirait des additions dans un registre bien tenu. Cité administrative et cité universitaire, mais aussi grand port en eau profonde où sont installés ces frigorifiques que vous allez voir.

Mais je crois bien que, pour imaginer ce qu'est, en réalité, l'industrie des frigorifiques en Argentine, il nous faut d'abord passer au célèbre musée de paléontologie, qui se trouve précisément dans cette même ville de la Plata. C'est l'un des plus beaux du monde.

Luc DURTAIN.

Copyright 1932 by Ernest Flammarion. (La suite A la deitxième page)

LE MATCH DE FOOTBALL DE BERLIN ̃ » » «

Les équipes de France et d'Allemagne font match nul 3 buts à 3

Une phase de la partie (Par téléphoto de Berlin.)

Les capitaines des équipes se serrent la main. Au centre l'arbitre

Berlin, 19 mars.

DE NOTSE CORRESPONDANT PARTICULIER Sur le stade de Grüneweld, l'équipe de France de football a accordé aux joueurs du Reioh la revanche que désiraient si ardemment depuis deux ans

SCREPERS A GAGNE LA COURSE CYCLISTE PARIS-NICE

Alphonse .Srhepprs

LES SIX JOURS DE CHICAGO

Letoumenr et Gérard Deb&ets, qui ont gagné l'épreuve.

nos voisins* d'outre-Rhin. On sait, en effet, qu'en 1931, au stade de Colombes, ce fut un joueur allemand qui expédia le ballon dans ses filets et causa ainsi la défaite de son pays par 1 but à 0. Contrairement à l'opinion que beaucoup s'étaient faite par suite de l'époque effervescente que nous vivons ici, de nombreux Français avaient effectué le déplacement de Paris et des départements. pour apporter à nos joueurs le réconfort de leurs applaudissements. Dès hier, de nombreux Français sillonnaient les rues de Berlin et on peut évaluer leur nombre à près de 5.000. On ne saurait dire que les Ailemanàs sont restés indifférents à cet event sportif de premier ordre, puisque dès la première heure le stade fut littéralement envahi.. Plusieurs milliers de personnes se virent même, faute de place, refuser l'entrée. Les fervents du ballon rond assiégeaient les portes depuis 10 heures du matin et se disputaient à qui mieux mieux les saucisses à la moutarde que mettaient en vente d'ingénieux commerçantes.

Daçs la tribune d'honneur, M. François-Poncet, ambassadeur de France, ainsi que M. von Papen, vice-chancelier, et M. von Neurath, ministre des Affaires étrangères, donnaient la note offtcielle.

(La suite à la quatrième page.)

Un double accident à un passage a niveau Une locomotive haut le pied tamponne un camion automobile qui vient tuer le sarde-barrière

Rennes, 19 mars (dép. P. P.)

Un grave accident s'est produit au passage à niveau de la Louvrais, près de Montauban-de-Bretagne. Le gardebarrière. M. Alexandre Dufault, n'avait pas entendu, par suite du croisement de deux trains, le signal d'arrivée d'une machine haut le pied venant de la Brohinière.

Au même moment, un camion automobile de l'entreprise Kurtz, à Boulogne-su r-Selne, s'engageait aur la voie- Le camion, culbuté par la locomotive, alla tuer net le garde-barrière. Les deux occupants du camion, MM. Maurice Maurin et Lafargette, grièvement blessés, ont. été transportés dans une clinique r1"1 Rennes.

Le procès de l'Aéropostale commencera aujourd'hui

devant les assises de la Seine Le procès dit de l'Aéropostale, suite à la plainte en faux déposée par le ministère de l'Air, s'engage cet aprèsmidi devant les assises de la Seine. Comparaîtront comme accusés Lucien Colin dit Serge Luco, défendu par M- Raymond Hubert l'ingénieur André Boni1loux-Lafont, assisté de M'* Pierre Masse et J.-L. Legrand l'employé de banque Jean de Lubersac, défendu par M- Addé-Vidal, et le repris de justice Charles Picherie, assisté de M' Maurice Guerrier.

M. Weiller, partie civile au procès, sera représenté par MI Le Coq de Kerland.

Les débats seront présidés par le conseiller à la cour Texier et l'avocat général Siramy occupera le siège du ministère public.

On prévoit que le procès durera dix jours.

Près de Brest, un coiffeur tue sa femme

Brest, 19 mars (dép. Bavas.")

Un drame s'est déroulé hier soir rue Jean-Jaurès. à Saint-Pierre-Quilbignon, Les époux Bizinet, qui tenaient un salon de coiffure depuis quatre ans dans cette localité, vivaient en mauvaise intelligence et la femme avait obtenu du tribunal la séparation de corps. Furieux d'avoir été expulsé le matin par ministère d'huissier, M. Bizinet attendit la fermeture du magasin et, pénétrant par l'arrière-boutique, tira sur sa femme un coup de revolver. Mme Bizinet, qui n'avait pas été atteinte, traversa la rue dans l'intention de se réfugier chez des voisins. Mais son mari la poursuivit en continuant de tirer. Mortellement atteinte, cette fois, de deux balles à la tête. Mme Bizinet s'affaissa.

M. Talhouarn, gérant d'un magasin des environs, se jeta sur l'assassin et tenta de le désarmer dans la lutte, Il reçut une dernière balle dane l'abdomen. Sa blessure n'a causé que des lésions internes sans gravité.

Le meurtrier a été arrêté.

Le Guépéou s'est dessaisi

en faveur des tribunaux ordinaires du dossier des ingénieurs anglais récemment arrêtés à Moscou Moscou, 19 mars (dép. Petit Parisien.) Une nouvelle entrevue a eu lieu cet après-midi entre M. Litvinov et l'ambassadeur d'Angleterre au sujet de l'affaire des ingénieurs anglais de la Metro Vickers arrêtés. L'entretien a duré une heure.

Le commissaire des Affaires étrangères a déclaré à air Esmond Ovey que l'instruction est terminée et que le dossier a été transmis par le Guépé">~a au procureur. Il appartiendra à ce dernier de reprendre l'affaire et d'entendre à nouveau les témoins s'il le juge nécessaire.

L'affaire passe des maiM de la police politique à la juridiction des tribunaux ordinaires. Les autorités renoncent donc, dans ce cas, à la procédure expéditive de Guépéou, ce qu'on pouvait prévoir du fait que des étrangers soutenus par leur ambassadeur et leur gouvernement se trouvent impliqués dans l'affaire.

Une nouvelle visite des autorités diplomatiques britanniques aux détenus a été autorisée pour ce soir A la 4' page LES SPORTS

Le ministre des Finances revenant de Londres

est rentré Menoir à Paris M. Georges Bonnet, qu'accompagnait Mme Georges Bonnet, est arrivé à Paris par la garde du Nord, hier à 23 h..10. A sa descente du train, le ministre du Budget a été reçu par les membres de son cabinet.

Questionné peu avant son départ de Londres, M. Bonnet s'est borné à faire cette brève déclaration

Je n'ai rien à ajouter aux deux communiquée officiels qui ont été donnés à la presse à l'issue de mes conversations avec le chancelier et avec le président du Board of Trade. Ils marquent que nos entretiens ont porté sur l'énsemble des sujets énumérés à l'ordre du jour de la conférence mondiale et ils ont souligné avec raison « le caractère très amical de nos conversations et notre très large communauté de vues sur les problèmes les plus essentiels de la conférence

J'ajoute qu'il m'a été particulièrement agréable de retrouver à Londres M. Neville Chamberlain et M. Runci-

man, que j'avais rencontrés lors des négociations de la conférence de Lausanne, et que je leur suis fort reconnaissant, ainsi qu'à la presse britannique, de l'accueil qu'ils ont bien voulu me faire au cours de ces deux journées. L'ELECTION LEGISLATIVE DE CHATEAU-SALINS

Metz, 19 mars (dép. Havas.)

Aujourd'hui a eu lieu une élection complémentaire dans la circonscription de Château-Salins, dont le siège était de M. Jules wôiratr Sénat.

Inscrits 13.023 votants 10.638 Suffrages exprimés

MM. Genois, rép. ind. 3.783 voix Liard, rép. ind 2.729

Guerber, rép. ind. 1.340

Nicolas, rép. ind. 1.036

Perrin, rép. ind. 724

Zumstein. rép. ind 622

(Ballottage.)

« MY LORD » REMPORTE

LE PRIX MURAT A AUTEUIL

My Lord et son joekey Ed. lises

UN DRAME DU MILIEU JOUÉ AUX BATIGNOLLES PAR LE FRANÇAIS LONG ET L'ITALIEN LONGHO 1" acte Long blesse Longho de cinq coups de revolver. 2' acte Loag fuit. 3' acte Longho monte en taxi et disparaît. 4' acte Long, poursuivi, tire sur des passants. 5' acte Fait prison.nier, il est lynché. Epilogue Longho est amputé d'une jambe

Malgré que l'agresseur et sa victime ne paraissent guère disposés à s'étendre beaucoup sur les motifs du drame qui les a mis aux prises, hier soir, devant le n° 18 de la rue Lemercier, on peut tout de suite afBrmer que celui-ci est de l'espèce de ceux qui se déroulent assez régulièrement dans ce qu'on est convenu d'appeler « un milieu spécial ».

Le Français Fernand Long, selon lui, se promenait rue Lemercier, lorsqu'il rencontra par hasard l'Italien Agostino Longho, trente-huit ans, coiffeur, et sorti de prison il y a quatre jours pour infraction à un arrêté d'expulsion. Long, qui, lui, se dit plombier, est âgé de vingt-huit ans, et habite 7, rue Bellier-de-Douvre. aurait reconnu dans l'Italien l'individu avec lequel il avait eu la veille une discussion provoquée par un commun état d'énervement, dans un café de la place Clichy. Selon Long, toujours, Longho l'aurait alors menacé d'un revolver. Lui, n'étant pas armé, aurait «rompu ».

Sans doute est-ce dans la crainte de rencontrer à nouveau cet adversaire trop bien armé, que le « plombier a sortit hier avec deux revolvers C'est ce qu'il explique du moins. Mais il explique mal le hasard qui le mit en présence à nouveau d'un homme dont il ignorait, s'il faut toujours l'en croire, le nom et l'adresse.

Que se passa-t-il alors ? Le certain est que Long tira cinq balles sur l'Italien qui s'affaissa. Les cinq projectiles l'avaient atteint aux pieds et aux jambes. Mais cela ne lui fit perdre ni sa' connaissance ni même son sang-froid, puis-