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A la conférence du désarmement ••HftfiimifHmiMiimiHttmiHiiHiitiiiiimMiutniiii.il iifititiiiinm M. RAMSAY MACDONALD A PRÉSENTE SON PROJET DE CONVENTION

M. Daladier qui était arrivé le matin à Genève a rendu hommage à l'inspiration généreuse du document et affirmé la volonté de la France d'aider au succès de l'oeuvre entreprise LES MINISTRES FRANçAIS RENTRENT AUJOURD'HUI A PARIS A 22 H. 30 M. MACDONALD ET SIR JOHN SIMON PARTENT POUR ROME A 14 HEURES Genève, 16 mars.

DC NOTKB ENVOI* SPÉCIAL

Nous avions raison hier de nous abstenir de formuler la moindre critique sur le projet de M. Macdonald de convention de désarmement avant d'avoir entendu son exposé et examiné en détail le document préparé par ses soins.

Le Premier britannique a prononcé en effet cet après-midi, dans une salle pleine à craquer, devant une hsslstance aussi attentive qu'intéressée, un discours en tous points remarquable et inspiré par le plus sincère désir de sauver la conférence du désarmement. On peut ne pas aimer sa mimique et certains de ses procédés oratoires; il est impossible de nier que IL Macdonald ait fait aujourd'hui, dans ce but, un effort aussi heureux que loyal.

Sans doute son plan, en soi, n'est pas exempt de critiques. II a reconnu lui-même qu'il ne satisferait sans doute personne. Il était d'ailleurs d'autant plus sûr de ne pas atteindre ce résultat qu'il poussait, suivant sa propre expression, la témérité et même la folie > jusqu'à donner des chiffres pour les effectifs et certains matériels.

Nous verrons plus loin ce qu'il faut penser de ces chiffres dont il admet lui-même le caractère provisoire et révisable. Il n'en reste pas moins que »on projet, tel qu'il est et éclairé par les commentaires dont le Premier britannique l'a accompagné, constitue à la 'fois un événement dans l'histoire de la conférence, un acte de courage indiscutable et une base de discussion aussi précieuse qu'intéressante.

M. Daladier, que nous ne saurions trop féliciter d'avoir consenti à venir Genève non seulement parce que cela lui a permis d'avoir ce matin avec son collègue anglais un entretien aussi long qu'important et cordial, mais aussi parce que cela lui a donné l'occasion d'exprimer hautement devant la conférence l'hommage de la délégation française pour la noble initiative de M. Macdonald, en même temps que la sympathie avec laquelle on envisage, en France, son voyage à Rome a souligné avec quelle satisfaction il retrouvait dans le plan britannique les principes essentiels que M. Paul-Boncour a si souvent exposés ici.

Il a eu pleinement raison. Jamais encore, peut-étre, depuis que le problème du désarmement est à l'étudie ici, un homme d'Etat britannique n'avait à la fois fait preuve d'autant de compréhension des choses du continent et établi un parallélisme aussi poussé entre la sécurité et le désarmement. Il est certain que les événements d'Allemagne, les discours, les provocations récentes, auxquelles il a, du reste, fait nettement allusion, sont pour quelque chose dans l'attitude du premier ministre à cet égard. Il a senti lui aussi le besoin de sauvegarde.

Il n'en est pas moins indiscutable que nous voyons là surtout le résultat des efforts incessants, inlassables faits par nos délégués, et notamment par M. Paul-Boncour, depuis le temps lointain de la commission préparatoire jusqu'à ces derniers jours avec le plan constructif français pour faire admettre notre thèse de la sécurité. Sans doute, on pourra trouver que cette thèse n'est qu'incomplètement appliquée dans la convention de M. Macdonald. C'est exact. On ne peut nier, toutefois, que cette convention ne témoigne de sa part, dans ce domaine de la sécurité, d'un sérieux effort d'impartialité. Il suffit d'en parcourir attentivement les articles pour «'apercevoir, en effet, qu'il a pris de notre plan à peu près tout ce que la commission politique y avait récemment approuvé.

Il est même allé au-delà des décisions prises par cette dernière puisque son projet comprend une amorce très intéressante du « pacte consultatif un essai de définition de l'agresseur t un embryon de contrôle pf r l'i^ermédialre de la commissio per&amente du désarmement toutes queltions dont l'étude a été ou réservée ou n'a pas encore été terminée.

Les garanties

La semaine dernière encore, lorsque la commission a tenu sa dernière séance, on se demandait si la participation britannique à la con\ lion en matière de sécurité ne se ne- rait pas à la déclaration solenne de non-recours à là force.

Quant à celle des Etats-Unis les garanties discutées étant limitées à l'Europe on n'entrevoyait mèmi pas comment on pourrait l'obtenu Le plan déposé aujourd'hui, en repr îant l'Idée française du pacte consu ;atif, en reprenant de même la théor. de M. Stimson d'après laquelle le <icte Briand-Keilogg supprime 1a notk de la neutralité, assure désormais ces collaborations britannique et ai éricaine.

Dans le cadre européen, que vc twnous, d'autre part ?

M. Macdonald reprend également ridée française des pactes régionaux d'assistance mutuelle dont la Petite Entente a fourni récemment si remarquable et si précieux exetr -3, et il en encourage l'élargissement.

En ce qui concerne le conte' par l'intermédiaire de la. commissii permanente du désarmement, nous "oyons

M. Daladier, salué à son arrivée à Genève par M. Macdonald et sir John Simon

j DÉCLARATION DE M. DALADIER j

Nous avons entendu le dis- cours émouvant de M. Ramsay j Macdonald. Nous sommes persua- dués que ses paroles précises et généreuses auront un retentissement à travers le monde et qu'elles ranimeront la confiance un peu éteinte et assureront le succès de la conférence qui se trouve dans un moment critique.

La délégation française a en1 tendu avec un vif intérêt l'exposé des grandes lignes du plan britannique et l'éloquent commentaire de ses principes par M. Macdonald. L'œuvre est d'une telle importance que nous voulons l'étudier avec le plns grand soin et la plus grande sympathie. Nous rendons hommage aux nobles sentiments qui ont ins-

triompher enfin une conception que nos délégués n'ont jamais cessé de défendre à Genève.

Nous ne voulons pas dire, certes, que nous avons dès maintenant entière satisfaction sur ces divers points. Il n'en reste pas moins que, sur ces principes essentiels, des résultats positifs sont acquis; on ne se battra plus, désormais, pour les obtenir. Du fait de leur inclusion dans le projet de convention anglais, ces principes sont définitivement admis, il ne reste plus qu'à en surveiller et en développer l'application; ce sera l'objet des futurs débats auxquels on procédera en commissions sur chaque article.

L'unification des armées

m n'est pas jusqu'à l'unifioatkm des armées européennes que M. Macdonald n'ait approuvée et incorporée dans son plan. Il a été frappé, a-t-il dit, « par la simplification' du problème qui ré- sulterait en matières d'effectifs de la proposition française de standardiser les armées de terre » et nous le voyons préconiser le système des milices, c'est-à-dire des réserves instruites dont la Grande-Bretagne ne voulait pas, il y a quelques années, entendre parler. On a là un exemple frappant' de l'esprit ouvert et de l'esprit de conciliation du Premier britannique.

Or quelle est la conséquence de ce changement d'attitude de sa part ? Elle condamne tout simplement la Reichswehr comme le proposait le plan français et elle la remplace par une armée de conscription.

« C'est vrai, direz-vous, mais au lieu de 100,000 hommes il en accorde 200.000 au Reich dont les effectifs se trouvent ainsi doublés Erreur Les 100.000 soldats de métier, l'armée de choc dont M. Pierre Cot montrait l'autre jour qu'elle était le « fer de la .lace x, l'élément offensif par excellence, se trouve remplacée par une armée de milice de 200.000 hommes ne faisant que huit mois de service. La valeur comparative des deux armées se trouvera complètement changée. Mais il y a plus. Ces 200.000 hommes que le Reich pourra posséder, constituent le maximum. Ils se subsj tituent par suite non seulement à ¡, j'armée de métier supprimée, mais à toutes les formations militaires irrégitliè-es que M. Goehring incorpore quotidiennement dans la police auxiliaire du R<Hch, c'est-à-dire ajoute méthodiquement à l'armée régulière allemande. L'éloquence des chiffres

Et ceci nous amène à parler des chiffre, « de ces chiffres que nous !l'abot' Uons pas, a dit M. Macdonald, parce nous avons eu peur de nous heurte? à des obstacles insurmontables 1. Cest là, de toute évidence, la partie la plus contestable de son plan et ellt sera forcément très discutée. TI ue faut pas oublier, néanmoins, qu'il en a reconnu lui-même l'imperfection, l'injustice même, et que, en Otite bonne foi, il a ajouté que « ces chiffres ne doivent pas être considérés c.nmme la loi des Mèdes et des Perses On verra par ailleurs le tableau <?%s effectifs journaliers moyens que le '?remier ministre, en se basant sur la proposition Hoover, fiae po,ur

pire ce projet. Nous y retrouvons, au surplus, avec une grande satis- faction, les principes essentiels que mon ami, M. Paul-Boncour, avait exposés en d'importants débats à Genève.

Je tiens, en outre, à dire avec netteté que la France demeure pro- fondément attachée à tout effort loyal et sincère en vue de la paix international et, du désarmement progressif, simultané et efficacement contrôlé. Le succès de cet effort dépend de l'apaisement. de l'atmosphère internationale. Aussi ne pouvons-nous que nous féliciter des entretiens qui vont s'ouvrir à Rome. Dans cette pensée, la délégation française adresse à M. Ramsay Macdonald ses vœux sincères et cordiaux.

les principales nations européennes. Ces chiffres ne sont pas seulement curieux en eux-mêmes, ils le sont plus encore quand on procède à l'addition des forces métropolitaines et d'outremer accordées à certains groupes de puissances. On constate, par exemple, que le groupe France-Belgique-Pologne-Petite Entente se voit accorder un total de 1.025.000 hommes contre 540.000 au groupe AHemagne-ItalieHongrie-Autricne-Buigairie et 1.040.000 si l'on y ajoute les forces de l'U. R. S. S.

Albert JULLIEN

(La suite à la troisième page)

M. GEORGES BONNET EST PARTI POUR LONDRES

M. Georges Bonnet dans son wagon

Lest vrai que Hitler a supprime le chômage. Maintenant, je travaille. ̃>. ,-r"> *̃ '̃̃ .»̃» Faeilel on m'a fichu à la porte pour te donner ma place.* >J > i ̃̃ ̃

Ayant marié sa fille le rabbiq miraculeux régale par équipes ses six mille invités La pittoresque cérémonie du mariage terminée, la belle Frima, cheveux rasés, vivra sept jours, selon la Loi, loin de son mari

Après cette période pendant laquelle festoient les invités le rabbin Spiro retournera à stn Talmud et les juifs carpathiques à leur misère

Prague, 16 mars.

DC NOTES CORRESPONDANT PARTICULIER Les juifs orthodoxes considérant la femme comme un être impur et lui interdisant l'accès des synagogues, c'est en plein adr que se sont déroulées cette nuit les noces de Frima, la fille du rabbin miraculeux de Mukacevo. Protégé par les gendarmes et les pompiers, le dais nuptial avait été dressé sur quatre colonnes dans l'étroite cour de la maison où, dès la tombée de la nuit, s'écrasait férocement l'impénétrable foule juive.

Vers 11 heures, aux accents des hymnes consacrés, la fiancée parut sur le seuil de sa demeure. Elle était drapée dans u* épais voite blanc et couronnée d'un magnifique diadème, cinq fois séculaire enrichi de dix gros diamants et d'une centaine de perles. Au même instant débouchait par le portail le cortège du fiancé, dont les parents tenaient à la main des torches et des flambeaux allumées. Frima s'avança à sa rencontre suivie d'un cortège de matrones et, selon le rite, fit sept fois le tour de son futur époux, puis elle se plaça à sa droite et quatre illustres rabbins, revêtus de leurs ornements sacerdotaux, récitèrent les prières. C'étaient Spiro lui-même; Cohn, rabbin d'Uzhorod; Cabrin, rabbin de Komarovo, en Pologne, et le très vénérable Dr Weinberger, grand rabbin de la synagogue de Berlin et professeur à l'université juive de ladite cité.

Baruch passa au doigt de Frima l'anneau sacré. Un choeur d'enfants entonna les hymnes de bénédiction et les assistants poussèrent à pleins poumons le rituel Mazel-Tof », cependant que l'époux brisait la coupe où l'on avait fait boire l'épouse. Il ne restait plus aux pompiers et aux gendarmes qu'à reconduire les mariés à leur nouvelle demeure, garnie de fleurs blanches et de branches de myrthe. Ce matin, les matrones ont rasé sans pitié la chevelure de la jeune femme, symbole qu'elle n'aura plus désormais 4 s«rpréQccuper de plaire et, coifféé de la perruque de sois des épouses, Frima, pour sept jours, s'est éloignée de son mari, car ainsi le veut la loi mosaïque.

Mais pendant ces sept jours le rabbin Spiro régalera, par équipes de 500, ses 6.000 invités; pendant sept jours les 15.000 ou 20.000 juifs attirés par les fêtes tournoieront et sautilleront en cadence au son de leur aigre musique pendant sept jours caftans et lévites lamperont à grands traits la slivovice et la vodka.

Puis le grand rabbin miraculeux retournera à son 'Talmud et les pauvres juifs des Carpathes à leur sordide et fervente misère.

Jean PASQUIER

L'ENCAISSE OR

DE LA BANQUE DE FRANCE A propos de l'augmentation de l'encaisse or que révélait, la semaine dernière le bilan de la Banque de France, on a fait remarquer que l'institut d'émission appliquait rigoureusement les règles de l'étalon or et que, par suite, il ne mettait aucune entrave ni à l'entrée ni à la sortie de l'or. Telle est aussi l'explication de la diminution de 288.000.000 de francs qu'a subie, cette semaine, l'encaisse or et que révèle le bilan d'hier.

Il est, au surplus, vraisemblable qu'une grande partie de ces 288.000.000 est allée à la Banque d'Angleterre, et le fait que la Grande-Bretagne augmente son stock de métal or donne à penser que, dans un avenir plus ou moins lointain, elle reviendra aux règles de l'étalon or.

LE REGLEMENT DEFINITIF DE L'AFFAIRE DES RENFORTS DE LA POLOGNE A DANTZIG Varsovie, 16 mars (dép. Bavas.) Entre 20 heures et 21 heures, le Sénat de Dantzig, conformément à l'accord passé à Genève entre M. Ziehm, président du Sénat, et M. Joseph Beck, ministre des Affaires étrangères de Pologne, a remis la police du port de Dantzig sous la direction du conseil du port.

A la suite de cette décision, à 22 h. 30, le transport militaire polonais Wilgia a quitté la Westerplat emmenant à Gdynia les renforts polonais.

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LE D' SCHACHT REMPLACE M. LUTHER A LA PRÉSIDENCE DE LA REICHSBANK

Berlin, 18 mare.

DU NOTRB O0BMSPONDANT PARTICULIER On apprend --ce, soir à 8 heures que le D' Luther a remis sa démission de président de la Reichsbank. Son successeur sera le D' Schacht, qui fut aussi son prédécesseur.

Le D' Luther, élu en mars 1930 au poste qu'il abandonne aujourd'hui, a mené les affaires de la Banque d'Empire à l'époque chaotique de juillet 1931, alors que les banques allemandes traversaient la même crise que viennent de subir les banques américalnes. Il a su maintenir la stabilité du mark dans les circonstances les plus difficiles et pratiqué la politique de réglementation du commerce des devises et des crédits aux entreprises qu'exigeait la situation.

On peut se faire une idée approximative de la signification du remplacement du Dr Luther par le Dr Schaeht à la direction de la Banque d'Empire en lisant les lignes suivantes, parues ce soir dans VAngriff, feuille nationale socialiste berlinoise

Avec le Dr Luther tombe le dernier pilier du libéralisme économique. C'est lui qui, ces derniers temps, a empêché que le vaste plan de tendance à procurer du travail aux chômeurs soit considéré dans toute son ampleur. Toujours il plaçait les considérations de stabilité de la devise avant le fait que des millions et des millions d'individus soient condamnés au chômage et à la faim. Ainsi Luther était devenu le gardien du Graal de la haute finance. Il était, dès lors, évident que cet homme devenait incapable de collaborer au relèvement de l'économie allemande sous la conduite nationale socialiste. Ce frein devait disparaître. Le Dr Luther est le représentant typique du système de novembre. Son départ est un événement d'une énorme gravité, car son remplacement par une personnalité des milieux du soulèvement national amènera un esprit nouveau dans l'économie allemande. La réalisation du programme de travaux pour les chômeurs est la cause principale de la retraite du Dl Luther. Cela n'empêchera pas que la problème des crédits, en général, et du fonctionnement des banques ne se trouve posé par la même occasion.

De même que le libéralisme politique vient d'être détruit en Allemagne, il y a quelques jours, le pas décisif est fait maintenant vers la destruction du libéralisme économique. »

Cette citation semble vouloir signifier que le Troisième Empire envisage la création d'une économie dirigée, en commençant probablement par l'étatisation totale ou partielle des banques. SOUS LA COUPOLE M. ABEL BONNARD A FAIT L'ÉLOGE DE CH. LE GOFFIC (Voir d la quatrième page.)

M, Abel Bonnard

prononçant son discours

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Un tourneur est trouvé tué chez lui à Bagnolet IL AVAIT LA TETE

TROUÉE DE QUATRE BALLES Si l'hypothèse du suicide semble difficilement acceptable, rien ne permet d'appuyer celle d'un crime

Un tourneur sur métaux, actuellement en chômage, M. Ulysse Gauchert, âgé de cinquante-cinq ans, vient de mourir dans des circonstances si anormales que, dans l'état actuel de l'enquête, toutes les suppositions restent permises.

Son corps a été trouvé dans le logement que le défunt avait habité pendant de longues années, 16, avenue Edouard-Vaillant, à Bagnolet, mais que, tout en en gardant la location, il avait quitté, il y a deux mois, pour venir habiter avec Mme Laquet, âgée de cinquante-huit ans, son amie depuis quinze ans, qui occupe une maisonnette 20, rue Barantin, sur la zone annexée du XX" arrondissement. Mercredi matin, M. Gauchert, dont l'humeur ne paraissait pas plus sombre qu'à l'habitude, annonça à son amie qu'il se rendait à son ancien domicile pour y prendre certains papiers qu'il y avait laissés.

Un cadavre derrière la porte Vers 12 h. 30, ainsi qu'elle le déclara par la suite à M. Brunel, Mme Laquet, inquiète de n'avoir pas vu son ami rentrer pour déjeuner, arrivait avenue Edouard-Vaillant. Comme elle tentait d'ouvrir la porte, qui n'était pas fermée à clef, elle sentit derrière le battant,une résistance et dut faire un effort pour pénétrer dans la pièce servant de chambre à coucher. La porte écartée, elle recula épouvantée le tourneur était étendu sans vie sur le parquet, la tête ensanglantée, près de sa main gauche se trouvait un revolver. A ses appels des voisins accoururent et l'aidèrent à déposer le corps de son ami sur son lit, et quand on se fut convaincu que le malheureux avait cessé de vivre, on s'empressa de prévenir le commissaire de police quelques _instants plus tard, M. Brunel arrivait, accompagné de M. Rameau, médecin de l'état civil.

Auprès du cadavre, ils trouvèrent, outre Mme Laquet, le fils du défunt,

M. Bobert Gauchert

M. Robert Gauchert, trente ans, demeurant à Livry-Gargan, 7, impasse Louis-Simon. Au magistrat qui s'étonnait de le voir si tôt arrivé, M. Gauohert expliqua qu'il devait déjeuner ce même jour avec son père, dans un restaurant de la place Gambetta. Ne le voyant pas au rendez-vous, il était venu à Bagnolet craignant qu'il ne fût malade. Il l'avait trouvé tué.

Cependant, le praticien en examinant le corps du défunt avait fait de troublantes constatations. M. Gauchert portait à la tête quatre blessures une, au milieu du front, dans laquelle on apercevait le culot d'une balle qui s'était logée dans l'épaisseur de la paroi osseuse sur chaque tempe, une autre blessure produite également par un projectlle enfin, sur le sommet du crâne une plaie longue et étroite dans laquelle le médecin découvrit un quai trième projectile. A première vue, il (semblerait que ce projectile eût été tiré après que la blessure eut été produite par un instrument contondant. Enfin, sur la table, on trouva une cuvette contenant de l'eau rougie. Qui avait utilisé cette eau ? M. Gauchert, après s'être une première fois blessé ? La chose parait bien improbable. Quelqu'un qui tenta de le panser ? Mais qui ? Devant ces constatations, le médecin refusa le permis d'inhumer et M. Brunel fit transporter le corps à l'institut médico-légal.

La fortune du chômeur

Puis le commissaire s'efforça d'éclaircir le mystère de cette mort. Mme Laquet ne put que lui faire le récit de sa tragique découverte tel que nous venons de le rapporter.

Comme le magistrat lui demandait si elle pensait que son ami pût avoir quelque raison de se suicider, elle déclara que le tourneur, qui, il y a deux mois, avait été réduit au chômage, s'était montré très affecté. Cependant, il n'avait jamais donné l'impression qu'il en vînt à désirer d'en finir avec la vie. Le fils du défunt confirma ces déclarations. Il ajouta que, il y a quelques jours, son père lui avait confié une somme de 38.000 francs qu'il ne voulait pas garder chez lui. Par ailleurs, il fit connaître que son père possédait un livret de caisse d'épargne de 20.000 francs. H est donc établi que, bien que sans travail, le tourneur n'était pas dans le besoin.

D'autre part, le magistrat n'a relevé dans la pièce aucune trace de lutte. Les voisins, assez éloignés, n'ont perçu aucun bruit, pas même celui des détonations.

Deux chefs de chantier italiens arrêtés pour tentative d'espionnage

Nice, 16 mars (dép. Petit Parisien.) Deux maçons Italiens ont été arrêtés dans le petit village de Lantosque, sous l'inculpation de tentative d'espionnage. Ce sont les nommés Pio Pratesl et Marco Marcuccini, qui travaillaient tous deux sur un chantier du génie militaire, à proximité de la Bollène. D'après certains renseignements que nous avons pu recueillir, on aurait trouvé sur Pio Prateei des croquis des ouvrages en construction où il travaille. On aurait également découvert un carnet sur lequel l'ouvrier italien avait pris de nombreuses notes. Les deux maçons, qui sont chefs de chantier, avaient à leur disposition, en raison de leurs fonctions, les plans des travaux dont ils étaient chargea d'assurer l'exécution. Ils devaient rendre ceux-cf une fois les travaux terminés. C'est ce qu'ils auraient négligé de faire. Tous deux devaient rentrer aujourd'hui même dans leur pays.

Le crime d'Hotot en Auge FEUILLET RACONTE COMMENT IL TUA SON PÈRE ADOPTIF

Le meurtrier Eugène Feuillet

Photo Gosselin (Beauvais).

Beauvai3, 16 mars.

DE NOTEE CORRESPONDANT PARTICULIER

Eugène Feuillet, que l'on soupçonnait d'être l'assassin de M. Edouard Hébert, du bourg d'Hotot-en-Auge (Calvados) et dont le Petit Parisien a annoncé hier l'arrestation dans un hôtel de Beauvais, s'est décidé à faire des aveux.

Après plusieurs heures d'un Interrogatoire serré et au cours duquel U avait accumulé les réticences et les dénégations, Feuillet qui, très déprimé, avait tenté de se pendre dans sa cellule pendant une suspension de l'interrogatoire, et qui savait qua son amie, la femme Vila, l'avait trahi, s'est enfin écrié

Eh bien oui, c'est moi qui ai tué le père Hébert

Et il a ajouté

J'étais arrivé à la nuit tombante, mercredi, à Hotot-en-Auge. Mon père nourricier venait de rentrer de son travail. Dès qu'il m'eut aperçu il me fit signe de déguerpir. « N'entre pas ici » s'écria-t-il. Je n'avais pas l'intention de le tuer. C'est alors que je lui ai demandé de l'argent. Il devint rouge de colère, m'injuria et me gifla. Nous échangeâmes des coups de pied et des coups de poing. Le père Hébert tomba, ensanglanté, et je m'aperçus que, sans le vouloir, je l'avais tué. Je fouillai alors la maison. Dans une armoire de la chambre, je découvris les économies du vieux y, environ trois mille francs en billets de banque et de la menue monnaie. J'ai tout c fourré dana mes poches. Une heure plus tard, j'ai chargé le cadavre sur mes épaules et je l'ai transporté jusqu'à la Dive, où je l'ai jeté.

Si je suis devenu un criminel, a poursuivi l'assassin, c'est par amour pour mon amie Madeleine, que je ne voulais, à aucun prix, voir malheureuse, et pour son petit enfant que j'aime comme si c'était le mien. Nous n'avions plus de ressources. J'ai pensé que le père Hébert pourrait nous tirer d'embarras.

Et le misérable exprima quelques regrets.

n a été interrogé sommairement ce matin par le procureur de la République de Beauvais.

M. Teissonnière, commissaire de police, et les inspecteurs Moreau et Vandèle ont conduit ensuite leur prisonnier à Rouen.

Quant à la femme Vila, elle va être

Madeleine VU» et son bébé

mise en liberté. Il est établi en effet qu'elle n'a pas participé au crime commis par son ami.

La municipalité de Paris a donné un dîner en l'honneur de M. Albert Lebrun.

M. ^Lebrun

rep. par MM. de Fontenay et Zonard (Voir à la troisième page.)-