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ITALIE 1932 Ce que j'ai dit à un Italien PAR CLAUDE BLANCHARD

LA SCALA DE MILAN ET LA STATUE DE LEONARD DE VINCI

Il faisait très froid ce jour-là à Milan. La bise chantait dans les cent trente-cinq Sèches de la cathédrale, et, sur la place de la Scala, en face du théâtre célèbre, où l'on cultiva toujours les délices du bel canto », Léonard de Vinci souriait quand même à la bourrasque dans sa grande barbe de bronze.

J'étais allé me réfugier dans la galleria,, énorme gâteau de ce style néo-classique avec lequel on prétendit orner toutes les grandes villes du monde vers la fin du dernier siècle, et je regardais les boutiques, les restaurants élégants qui bordent ce passage couvert, toujours fort animé par les promeneurs, quand on me frappa sur l'épaule mon ami Giovanni était devant moi.

Je vous croyais reparti pour Paris, fit-il étonné. Allons boire. Nous entrâmes dans un bar à vermouth où éclataient les couleurs de mille espèces de bonbons et de pâtisseries. Les percolateuis crachotaient dans les tasses, et les garçons, au milieu de toutes leurs mécaniques à eau de Seltz et à café, avaient l'air de marins sur la passerelle d'un paquebot. Il commanda « due americani », une boisson rose assez amère, dans laquelle flotte un copeau de citron.

Alors, dit-il en se tournant résolument vers moi, qu'en pensezvous à la fin de notre Italie fasciste? Vous me dites que vous prenez ce soir le Simplon-Express pour Paris. C'est donc une conclusion que je vous demande.

Je n'apprendrai rien à personne en disant qu'en Italie il n'est point de mode de faire ses examens de conscience politique en public. Si l'on veut vivre en paix, il faut savoir à qui l'on parle et qui peut vous entendre. Le nom de Mussolini prononcé à haute voix suffit, bien souvent, pour qu'autour de vous des inconnus s'évertuent à dilater leurs oreilles. Trois mois de fascisme m'avaient appris à jeter autour de moi un regard circulaire avant d'ouvrir la bouche.

Mon compagnon remarqua mon manège et d'écria en riant

Oh avec moi vous savez bien que vous pouvez parler

Justement, répliquai-je, ce que vous venez de me dire me fournit le motif d'une première remarque. Après avoir fréquenté dans votre pays quantité de milieux divers, je ne crois plus, mais là plus du tout, que les Italiens détestent la France, et je vais vous dire pourquoi. D'abord, je dois vous avouer qu'avant d'entreprendre ce voyage je n'envisageais pas sans contrariété une enquête qui allait me mettre en contact permanent avec un peuple que ses journaux me montraient plus qu'irrité à notre égard. Chaque jour, dans les colonnes de vos journaux, je trouvais et je trouve encore des lignes chargée3 d'amertume, semant sur notre compte la calomnie et l'injure. Par un curieux phénomène de double vue, on nous peint à la fois sous les traits d'un peuple divisé et impérialiste, affaibli et préparant la guerre.

Il n'est pas quelquefois assez de mots pour qualifier notre orgueil, notre égoïsme et notre ingratitude. On proclame la perte totale et sans remède de toutes les qualités qui firent de nous un grand peuple. A en croire ces articles, notre vie intellectuelle elle-même serait en péril. Je ne veux pas citer de cas particulier. Il me suffirait d'ouvrir à l'instant trois ou quatre journaux pour trouver la preuve de ce que j'avance. vous le savez mieux que moi. Nos correspondants, qui lisent quotidiennement votre presse, n'ont pas découvert depuis des années une ligne capable de placer sur le plan de la courtoisie nos rapports diplomatiques. En frappant toujours sur le même clou, on pense, dans les sphères d'où viennent les mots d'ordre, nous amener mieux et plus vite à composition sur les revendications matérielles, en même temps qu'on veut détruire cette espèce de solidarité du monde latin, considérée par l'Italie comme nuisible à son essor, au développement de son individualité et de sa conscience nationale.

Quand, avec sincérité, un Français s'étonne de cette attitude, on répond que si l'Italie n'avait pas parlé si haut et si fort, elle n'aurait point fait prendre en considération ses désirs ou ses droits. Mettons donc

que cela vous ait servi. N'est-il pas un moment dans un procès où les plaideurs doivent s'en remettre à la quiétude d'un prétoire ? ?-

(La suite à la quatrième page.)

Le voyage de M. Albert Lebrun à Lyon Le conseil des ministres a désigné MM. Penancier, vice-président du Conseil, garde des Sceaux; Gamme Chautemps, ministre de l'Intérieur; de Monzie, ministre de l'Education nationale Serre, ministre du Commerce, pour accompagner le Président de la République dans le voyage qu'il doit effectuer à Lyon, les Il et 12 mars prochain, à l'occasion de l'inauguration des nouveaux bâtiments de la Foire de Lyon.

Le froid s'atténue

mais le temps demeure pluvieux Plusieurs journées de temps plus doux nous conduisent maintenant vers des températures printanières. La menace de froid n'existe plus. Mais le temps demeure maussade sur la région parisienne, avec un ciel nuageux et des averses.

Verrons-nous, avec l'adoucissement de la température, se préciser une embellie annonciatrice du printemps ? Il ne semble pas que ce doive être aujourd'hui ou demain.

La France -st soumise pour plusieurs jours encore à l'action de dépressions venues du large et qui traverseront l'Europe du sud-tfuest au nord-est. Les vents de sud-ouest qui dominent vont souffler assez fortement et même en tempête sur le littoral de l'océan Atlantique et de la Manche.

Une de ces tempêtes est probable dès aujourd'hui sur le pas de Calais. Des pluies tomberont par intervalles, tandis que des températures fort douces régneront sur tout le pays.

On peut s'attendre à noter bientôt des maxima voisins de 15° et qui pourront même atteindre 20° dans le Midi. Le professeur Pinard

grand officier de la Légion d'honneur

Sur la proposition de M. Daniélou, ministre de la Santé publique, le conseil des ministres a décidé d'élever à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le professeur Pinard, membre de l'Académie de médecine, directeur de l'Ecole de puériculture de la Faculté de médecine de Paris. ̃ llltllnlllllllllllllllllllllll!l!ll!llllllllllllllllllll[ll!!llilllll[llll!!ll!l!!

GIBOULÉES DE MARS

LA SITUATION EN ALLEMAGNE Des mesures spéciales sont décidées

envers les correspondants des journaux étrangers Berlin, 2 mars (dép. Havas.)

Le cabinet du Reich a décidé, au cours de la séance qu'il a tenue aujourd'hui, de prendre des mesures spéciales contre les correspondants étrangers qui, selon l'expression du communiqué officieux publié à ce sujet, « attaquent le gauvernement du Reich d'une façon mal intentionnée s>.

Le cabinet a également décidé de faire arrêter immédiatement M. Stampfer, le rédacteur en chef du journal socialiste Vorwœrts. Une instruction sera ouverte contre lui en raison de la déclaration qu'il avait signée et publiée dans le service de presse social-démocrate.

Dans ce document, M. Stampfer proclamait l'illégalité des mesures prises contre la social-démocratie et protestait contre la monopolisation par le gouvernement de tous les moyens de publicité électorale et l'impossibilité pour les socialistes d'y répondre. Il soulignait les contradictions des différentes versions relatives à l'incendie du Reichstag.

Les passeports auraient été retirés à M. Otto Braun, ancien président du Conseil prussien, et à M. Karl Sévering, ancien ministre de l'Intérieur. Une descente de police a été effectuée au siège' de l'association Israélite allemande.

De nouvelles mesures viennent d'être prises contre la presse et les partis de l'opposition en Prusse et dans d'autres Etats du Reioh.

Le gouvernement bavarois a interdit du au 5 mars inclus deux journaux nationaux socialistes publiés en Bavière.

Les nouvelles mesures de redressement financier sont entrées en application Les mesures de redressement promulguées au Journad officiel ne seront pas appliquées à partir du 1" avril, comme l'avait fait supposer une erreur d'interprétation, mais dès maintenant, pour la plupart d'entre elles.

L'article 5 du projet dispose bien que les impôts directs et indirects seront perçus jusqu'au 1" avril conformément aux lois en vigueur, mais cette formule s'applique au fait que les Chambres ont voté, non pas un projet de budget complet, mais des mesures financières incluses dans un douzième provisoire, qui expire naturellement à la fin de ce mois. D'ici là, un nouveau douzième devra être voté, mais les mesures générales de taxation, d imppsition, dij compression n'en continueront pas besoins à garder leur plein effet.

Certaines des nouvelles mesures n'ont pu entrer en vigueur dès le 1" mars.

Les dispositions concernant les s alcools, les automobiles usagées, les taxes au poids et à l'encombrement pour les véhicules lourds, les essences, les gas oils et l'acide carbonique, promulguées par télégramme dans toute la France dès le 1" mars, ont reçu surle-champ force de loi. Il en a été de même pour la majoration du timbrage des chèques.

Mais les autres mesures, promulguées par la voie habituelle, seront appliquées seulement à partir d'aujourd'hui à Paris et dans les départements, un jour franc après l'arrivée du Journal officiel au chef-lieu d'arrondissement.

Ajoutons qu'en ce qui concerne le nouveau barème de l'impôt sur le revenu les mesures nouvelles s'appliquent, bien entendu, à la totalité des revenus de 1932. On sait enfin que les fonctionnaires sont frappés à dater du 1" mars et pour les dix derniers mois restant à courir de l'année 1933.

Mermoz et l'ingénieur Couzinet retardés par le mauvais temps

Attendus hier après-midi sur le terrain d'aviation de Villacoublay, les avions qui devaient ramener à Paris le chef pilote Jean Mermoz, le capitaine navigateur Mailloux, MM. Verdurant et Helbronner, de l'Aéropostale, n'ont pu parvenir à cet aérodrome. Partis peu après midi de Toulouse, les aviateurs rencontrèrent sur leur route un tel mauvais temps qu'ils durent se poser le premier, piloté par de Verneilh et ayant René Couzinet à son bord, à Bordeaux le second à Chartres, avec Jean Mermoz. Celui-ci décida de ne pas attendre à Chartres de meilleures conditions atmosphériques. Il prit avec ses compagnons de voyage le train qui l'amena hier soir à la gare Montparnasse. Là, tous furent reçus par leurs familles et les collaborateurs de René Couzinet. Ce dernier doit rentrer à Paris demain à bord de l'avion piloté par de Verneilh.

La crise bancaire américaine sans encore avoir trouve LE MOYEN DE PRÉVENIR UN MORATOIRE GÉNÉRAL Les moratoires partiels ont gagné la moitié des Etats et le président élu va peut-être convoquer une session spéciale du Congrès avant la date prévue

Le sénateur Walsh, nommé attorney général par le président Roosevelt, qui vient de mourir subitement dans le train qui l'amenait à Washington

New-York, 2 mars.

DE NOTRE CORRESPONDANT PABTICULIER Les moratoires bancaires continuent à s'étendre à travers les EtatsUnis. Aujourd'hui, c'est la Californie, la Louisiane, l'OMahoma et le Mississipi qui adoptent des restrictions plus ou moins considérables aux retraits des dépôts des banques en Californie, le moratoire est proclamé pour trois jours, en Louisiane jusqu'à lundi. Plus de la moitié des Etats ont déjà imposé des moratoires ou des restrictions équivalentes aux banques de leur terri- toire. Le mouvement s'est étendu avec une rapidité extrême ces deux derniers jours. Il semble inévitable qu'il aboutisse à un moratoire général à travers les Etats-Unis sous peu, à moins que des mesures appropriées ne soient prises sans délai.

La paralysie du commerce est déjà très sensible elle deviendrait immédiatement inquiétante en cas de moratoire général. Suivant les données statistiques les plus sûres, le nombre des chômeurs est actuellement d'au moins quinze millions. Si le commerce et l'industrie devaient subir un nouveau ralentissement par suite de la désorganisation bancaire, le chiffre des sans-travail s'enflerait très rapidement à un niveau désastreux

Pour éviter cette éventualité, on a proposé deux solutions. La première consisterait à faire garantir par le gouvernement la moitié des dépôts actuellement dans les banques. On dit que M. Roosevelt y est opposé. Une des objections que ce projet rencontre est que la charge qui en résulterait pour l'Etat serait si considérable qu'elle nuirait au crédit du gouvernement américain qui doit faire face le 15 mars à des échéances extrêmement lourdes.

La deuxième solution consisterait à interdire les retraits d'argent comptant, mais à garantir la circulation des chèques émis avec provision. Ce sont les banques qui s'opposent à cette proposition car les meilleures d'entre elles se trouveraient ainsi obligées d'accepter des chèques de banques dont la liquidité est réduite. En d'autres termes, les bonnes banques paieraient pour les mauvaises.

Quelle que soit la solution à laquelle M. Roosevelt se rallie, il est évident qu'une action nette et rapide s'impose. Le président élu a conféré hier toute la soirée, à New-York, avec ses amis et conseillers; il a vn d'abord pendant une heure M. Woodin, qui sera son secrétaire au Trésor, puis les membres du « consortium intellectuel », les professeurs Moley, Tugwell et Bern. Pierre DENOYER

(La suite à la troisième page.)

Une violente secousse sismique a ébranlé Tokio

Londres. 2 mars (dép. Petit Parisien.) Un message Exchange Telegraph de Tokio annonce qu'à 2 h. 45 (vendredi matin au Japon) la capitale japonaise a été ébranlée par la plus violente secousse sismique qu'elle ait ressentie depuis plusieurs années.

Les gens se sont enfuis dans les rues par crainte d'un effondrement des maisons. En raison des ténèbres, il n'a pas encore été possible d'évaluer l'étendue des dégâts.

A LA CONFÉRENCE DU DÉSARMEMENT Les délégués à Genève, votent solennellement une déclaration

de non-recours à la force La commission politique a voté le texte de la motion par 26 voix contre 0, mais il est à noter qu'il s'agit d'un engagement sans sanctions

Le vrai débat s'engagera demain quand il s'agira de traiter la question des obligations effectives qu'impliquerait le pacte d'assistance mutuelle

Genève, 2 mars.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Faut-il s'attendre de la part du gouvernement hitlérien à quelque décision sensationnelle ? C'est ce qu'on envisageait ce soir au terme d'une journée consacrée surtout à la procédure, celleci ne paraissant point, par ses suites probables qui sont exposées plus loin, devoir agréer au gouvernement de Berlin. L'avenir nous fixera sur cette décision.

La commission politique de la conférence du désarmement a enregistré ce soir son premier résultat. Par 26 voix contre 0, elle a adopté, en effet, le texte de la déclaration solennelle proposé par la Grande-Bretagne et réaffirmant pour les nations européennes l'engagement, déjà contenu dans le pacte Briand-Kellogg, de ne pas recourir à la force.

Voici les termes mêmes de cette déclaration, qui a fait ces jours derniers l'objet d'un long et patient travail de rédaction de la part d'un comité spécial où étaient représentées, sous la présidence de M. Politis, tou- tes les grandes puissances d'Europe notamment i'Allemagne, l'Italie et l'U. R. S. S. et dont la France et l'Angleterre souhaiteraient qu'on fit le préambule de la future convention de désarmement

Les gouvernements. animés du désir de promouvoir la cause du désarmement en développant l'esprit de confiance mutuelle entre les nations d'Europe par une déelaration interdisant expressément le recours à la force dans les conditions où le pacte de Paria interdit le recours à la guerre, Réaffirment solennellement qu'en aucune circonstance ils ne recourront entre eux à la Jorce comme instrument de politique nationale.

A cette déclaration est joint un rapport explicatif de M. Politis, précfaMBî le caractère et la portée de l'engagement pria, rapport qui a été lui-même adopté à l'unanimité de 27 voix.

Albert JULLIEN

(La suite la troisième page.)

M. de Jouvenel reçu par le duce Rome, 2 mars (dép. Havas.)

M. Mussolini a reçu M. de Jouvenel, ambassadeur de France.

POUR ET CONTRE

Les longs débats budgétaires ont fatigué le pays tt le laissent comme courbaturé. On voudrait donc avoir à traiter, pour faire diversion, quelques sujets gais ou légers tout eu moins. Mais il y a, en Extrême-Orient, à la fois la paix et la guerre et les deux mots se confondent sous les obus, sous le feu des mitrailleuses. Mais, de l'autre côté du Rhin, un incendie s'est allumé. Et ce n'est peutêtre pas seulement l'incendie du Reichstag. Mais l'opulente Amérique vraiment américaine où. pendant des années, la richesse fut d'une banalité déconcertanté; voit s'installer chez elle la pauvreté, qui es. en train de devenir publique. Mais le télégraphe n'apporte que de méchantes nouvelles. Troubles, révolutions, krachs, famine, guerres, chômage, moratoire, misère.

En vérité, l'actualité mondiale manque totalement de sujets gais.

Nos soucis sont lourds. Notre optimisme est défaillant.

Pourtant, si nous réfléchissons un peu, si nous prenons soin de retenir les nouvelles affligeantes qui, de toutes parts. nous arrivent, nous pouvons encore garder quelque philosophie.

Sans nous estimer heureux, nous pouvons nous estimer moins malheureux, beaucoup moins malheureux que d'autres. Le Français, même si sa condition est misérable, même s il est cruellement touché par le chômaj;, par la crise ou par le fisc ne pourrait trouver dans le monde un pays où il vivrait mieux, ou moins mal, qu'en France.

C' st la France, c'est sûrement la France qui est, à cette heure mauvaise, le pays le moins disgracié du monde.

La France reste un pays libre. Elle reste un pays tranquille. Elle reste même, au point de vue financier, un pays plein de ressources. Les caisses d'épargne regorgent encore de dépôts, et un emprunt comme celui des P.T.T. a été couvert et par la petite épargne en un clin d'oeil. La France reste un pays facile. La crise ne peut altérer, en effet, ni son climat, ni sa terre. La France reste un pays fertile, prudent et ordonné.

Mais ces constatations, qui sont des vérités premières. comportent aussi de fermes conclusions. C'est parce qu'il reste à la France des atouts merveilleux que la France n'a pas le droit de perdre la partie. La France ne doit pas gaspiller ses atouts. Elle ne doit pas les laisser glisser sous la table, comme font les joueurs étourdis. Elle ne les retrouverait plus. Car si nous pouvons encore dire que nous souffrons moins que d'autres, nous devons aussi savoir que nous pourrions, si nous ma-quions, par malheur, de sagesse et de sang-froid, arriver à souffrir plus que les autres. Maurice PRAX. DIMANCHE APRES-MIDI ~w*fl»

sur l'hippodrome de Maisons-Laffitte se courra

"LE NATIONAL" la Plus importante épreuve de cross-country de l'année Les 200 meilleurs coureurs français sélectionnés par lea épreuves régionales s'y aligneront

UNE AVANCE RAPIDE DES TROUPES JAPONAISES LES CONDUIT AUX PORTES DE LA CAPITALE DU JEHOL Elles tiennent Chih-Feng au nord et Ling-Yuan à l'est

Le général chinois Tchang Moue Liane. commandant des forces chinoises dans l'eht du Jehol

Changeai. 2 mars.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Lo, rapidité de manœuvre des renforts nippons lancés dans la direction de Chien-Pning, qui ont effectué leur jonction avec la brigade Mogi, et d'importantes défections dans les rangs chinois aux deux points les plus menacés, à Chih-Feng et dans la région montagneuse de Chao-Yang, ont brusqué le dénouement des hostilités du Jehol. Les Japonais sont maîtres des points stratégiques de la province commandant les seules voies de communication et de pénétration, à l'ouest comme au sud, vers la province chinoise de Tchahar, comme vers la Grande Muraille donnant accès aux

régions. de Pékin et de Tientsin. La cavalerie de Mogi est entrée à ChihFeng ce matin à 11 heures. Cette ville était tenue par trente mille hommes du général « gris » Sun Tien Feing, ex-lieutenant de Feng Yu Siang. Ce général n'a pas failli à la réputation des généraux « gris qui est de tourner casaque avant le combat pour passer au camp de l'ennemi si l'affaire en vaut la peine. A l'approche des troupes nippones et mandchoukouotes, des tractations eurent lieu par l'intermédiaire d'un émissaire du général Tchang Haï Peng, commandant d'unités mandchoukouotes. Les Jaiponais purent ainsi s'emparer sans combat de la ville qui, par sa situation sur les hauteurs, était considérée comme inexpugnable. Cette défection, jugée par les Chinois qui prônent la résistance à outrance, est considérée comme un crime de haute trahison. René LAURENS

(La suite d la troisième page.)

Des fresques dana une école communale

M. de Monaie et Mme Camay-Zoegger devant une des fresques

Hier a été inaugurée par M. de Monzie, en présence du préfet de la Seine et du président du conseil municipal, la décoration. murale exécutée à l'école des garçons de la rue des Bauches (Passy) par Mme Camax-Zoegger, une des artistes les plus en vue du groupement dea femmes-peintres modernes.

REUNION DE LA CHAMBRE NATIONALE DES CORPORATIONS

Une vue de la Mlle Wagraia pendant le meeting

Ce que sera

« l'inauguration»

du président Roosevelt. Des défilés de troupes, des cortèges, des feux d'artifice, des bals costumés marqueront l'entrée du nouveau président à la Maison Blanche

Washington, 2 mars.

DE NOTRE COCBSAPONDANT PARTICULIER

< L'inauguration » du président Roosevelt comportera une série de fêtes échelonnées sur quatre ou cinq jours. Thomas Jefferson, troisième président des Etats-Unis, est le premier responsable des cérémonies qui, depuis cent cinquante ans environ, accompagnent l'avènement d'un nouveau président. Lorsqu'il préta serment pour la première fois, Jefferson se rendit tout simplement à pied de chez lui au Congrès. Mais après sa réélection, lorsqu'il dut jurer pour la seconde fois fidélité à la Constitution, il voulut donner un peu d'éclat à la cérémonie il s'habilla en noir, avec des bas de soie, monta à cheval et en cet équipage, accompagné seulement de son secrétaire et d'un groom, effectua le parcours de la Maison Blanche au Capitole.

Cette mince escorte est à l'origine des parades et des fêtes que les présidents successifs ont tenu à rendre, pour la plupart, de plus en plus éclatantes. Jackson s'était rendu à pied de la taverne où il logeait au Capitole, mais au retour il fut suivi par une colonne impressionnante de ses partisans qui envahirent la Maison Blanche et, sans respect pour le mobilier, firent ripaille et s'amusèrent. Van Buren, pour donner du lustre à son arrivée au Capitole, demanda à son prédécesseur de l'y accompagner. Cet usage s'est perpétué jusqu'à nos jours.

M. Franklin Roosevelt eut beau recommander la simplicité à l'amiral Grayson, chargé d'organiser l'inauguration, tous ces précédents s'imposaient avec une force irrésistible, et le nouveau président des Etats-Unis sera l'objet d'une « inauguration » plus colorée et plus pompeuse peut-être qu'aucune autre dans l'histoire des EtatsUnis. Plusieurs régiments accompagneront M. Roosevelt et son prédécesseur de la Maison Blanche au Capitole. Aussitôt après avoir prêté serment devant une foule qui sera d'au moins cent mille personnes aux abords des deux Chambras M. et Mme Roosevelt remonteront en automobile Pennsylvania Avenue et prendront un lunch rapide à la Maison Blanche, tandis que commencera de défiler le cortège des innombrables associations qui veulent témoigner î?ftt'ïidè"lîtét au nouveau président par cette marche historique du Capitole à la Maison Blanche. Le général Pershing, monté sur son cheval noir, prendra la tête de la parade. De nombreuses fanfares précéderont les délégations. Le long du parcours, des estrades recevront un public de choix enthousiaste et criard. Le président et le personnel de la Maison Blanche; d'une tribune spécialement dressée, assisteront au défilé pendant deux ou trois heures de l'après-midi.

Dans la soirée aura lieu à Constitution Hall un grand bal présidé par Mme Roosevelt. Les gouverneurs des Etats seront là avec leurs états-majors en uniforme accompagnés de fanfares. Là également sera un groupe des descendants des premiers immigrants hollandais qui ont fondé la ville de NewYork, appelée autrefois New-Amsterdam. On sait, en effet, que les ancêtres de M. Roosevelt venaient de Hollande. C'est d'ailleurs pourquoi le président prêtera serment sur un exemplaire de la vieille Bible hollandaise apportée en Amérique par les Roosevelt en 1644.

Toute la société distinguée de Washington a retenu des loges pour admirer le coup d'oeil de ce baL Toutes les personnes en vue dans la capitale ont à cette époque des Invités venus des quatre coins des Etats-Unis pour assister à cet événement historique des dîners et des fêtes sont donnés un peu partout en l'honneur de ces visiteurs. L'amiral Grayson a prévu en leur honneur toutes sortes de divertissements. Non seulement des feux d'arti6ce seront tirés dans la soirée du 4 mars dans le parc derrière la Maison Blanche, non seulement une comédie musicale sera donnée dans Constitution Hall avant le bal, non seulement de la musique de danse transmise par haut-parleurs permettra à la foule des jardins publics de participer aux fêtes que les élus auront à l'intérieur, mais, dans les journées qui précéderont et suivront, diverses distractions ont été organisées. Le jeudi après-midi, des navires de guerre, pompeusement décorés, seront ouverts pour l'inspection du public le vendredi après-midi, un rallye aérien aura lieu au parc Potomac et une fantasia au quartier de cavalerie de Fort-Myer, suiv' d'un ba' de Peaux-Rouges et d'un concert. Le dimanche 5 mars, tous les musées et édifices, habituellement fermés, resteront ouverts, y compris Mount Vernon, la jolie résidence de George Washington.

P. D.