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€ Le Petit Parisien » en Yougoslavie A Mostar ville musulmane Mostar, février.

DU NOTRE E.N'VOVÉ SrÉCIAL

Je n'irai pas à Sarajevo, capitale de la Bosnie, puisque Henri Béraud a déjà fait ce voyage pour les lec.teurs du Petit Parisien. Mais j'ai découvert tout aussi bien la Yougoslavie musulmane à Mostar, capitale de l'Herzégovine.

Pour apercevoir la cité à vol d'oiseau, j'avais le choix entre cinquante minarets.

Celui où je me suis engagé derrière le muezzin grimpeur doit être le pluj, haut, et j'ai cru n'en pas voir le sommet. Il avait fallu laisser mes souliers à la porte de la mosquée. Je perdais mes immenses babouches à chaque marche du dangereux tirebouchon vissé à l'intérieur du tuyau. Vainement je me grillais le bout des doigts pour éclairer, d'une allumette à l'autre, le tunnel perpendiculaire. Je tirais mon guide par le bas du manteau et je soufflais avec exagération pour lui démontrer que je n'avais pas son entraînement. Il s'arrêtait une seconde ou deux et repartait ver: le ciel

La-naut, sur le vertigineux balcon, Mostar m'apparut blanche, non pas de neige, mais d'ardoise spéciale produite par les carrières de la région. C'est une petite ville très religieuse, si j'en juge par le nombre de ses temples. Le ghasi n'y a pas étendu son influence laïque et révolutionnaire. Je peux, de mon observatoire, établir la proportion de la population musulmane en comptant neuf têtes coiffées du fez rouge contre un chapeau mou ou un calot noir.

Pourtant les habitants de la ville et de la vallée ne sont pas des Turcs. Slaves authentiques, les Herzégoviniens, comme les Bosniaques, se laissèrent séduire par les sectateur de Mahomet et les fa/eurs dont les néophytes étaient comblés.

Les nouveaux élus au paradis d'Allah furent, du jour au lendemain, plus intransigeants que leurs maîtres. Ils demeurèrent, pendant des siècles, les ardents persécuteurs de.leurs frères fidèles au patriarche. Les pauvres raïas serbes n'eurent pas de plus cruels et acharnés ennemis que les begs serbes

Cepi démolit quelque peu la fameuse théorie des races.

,Il est juste d'observer que les ratas n'ont pas pris leur revanche. Aujourd'hui encore, la fortune, sinon la prédominance, paraît être restée au clan de l'Islam. Dans les ruelles

,Notre envoyé spécial visltant une notariée étroites et biscornues, ce sont lIes femmes les plus élégantes, les plus parisiennes, dont le visage est maaqué de mousseline noire.

Ainsi se conserve, en cette province, la loi du Prophète, quand les anciens conquérants, Istamboul. ont émancipé leur hafem et jeté leur fez par-dessus les minarets. Et cela fait. apparaître une autre contradiction, dont il faut aussi tenir compte en un pays où se heurtent les races, les civilisations. les religions. Dans le même temps et dans le même Etat où les évêques romains opposent les légions sportives des aiglons catholiques à celles des faucons orthodoxes, cinquante muezzins, du haut de cinquante colonnes, laneent sur Mostar yougoslave les prières de la vieille Turquie.

Toutefois, dans cette région, les fanatisme? paraissent apaisés. J'ai vu les femmes voilée?, avec leur mari et les enfants coiffés de feutre rouge, se presser à la petite gaie avec leurs provisions et prendre ;l'assaut le train-joujou qui conduit a une journée les vcyageurs intrépides de Mostar à Dubrownik (cent cinquante kilomètres environ !) Qu'allaient-ila faire ?

Ces purs mahométans se rendaient à Raguse pour assister à la fête patronale de saint Biaise Les distractions sont rares dans les rrontagnes d'ardoise, les villes d'ardoise, les champs pierreux et nus. On sait qu'à l'autre bout du serpentin ferroviaire le wagon n s'arrêtera sur une terre bénie, baignée d'°au bleue, parée de roses et de pommes d'or. La joie éclatera le long du stndum. devant les maisons vénitiennes. Les masques, ivres de malvoisie, intrigueront les belle? sous leur féredjé.

Louis ROUBAUD

{La suite d la quatrième page.)

UN DÉJEUNER D'ADIEU EN L'HONNEUR

DE M.WALTEREDGE A cette occasion, d'importantes allocutions ont été prononcées par M. Daladier et l'ambassadeur des Etats-Unis

Ce dernier a précisé les prin. cipes permanents de la politique extérieure de l'Amérique

De gauche à droite, MM. Daladier, Scott et Edge

On sait que M. Walter Edge, ambassadeur des Etats-Unis, et M. Robert Pall, conseiller spécial de l'ambassade, doivent quitter prochainement la France. A cette occasion, l'Association de la presse anglo-américaine a offert, hier, un déjeuner en l'honneur de M. Daladier, président du Conseil, et des deux diplomates américains. Outre les membres de l'association, on notait la présence de nombreuses personnalités politiques, parmi lesquelles MM. E. Pfeiffer, directeur du cabinet de M. Guy La Chambre, et Jacques Kaiser, secrétaire du parti radical et radical socialiste.

Au dessert, M. David Scott, président de l'association, exprima' Jés regrets qui suivront dans leur départ MM. Walter Edge et Robert Pâli. et remercia M. Daladier d'avoir biep voulu s'associer, par sa présence, à cet hommage.

M. Daladier se leva ensuite et, après avoir remercié l'Association de la presse anglo-américaine, rendit hommage à M. Walter Edge.

Le peuple français, dit-il, n'oubliera jamais les paroles que M. Walter Edge prononçait il y a quelques mois ài Meaux, à l'inauguration du monument aux Américain» morts dans la bataille de la Marne, paroles dont la not'esse et l'élévation sqht allées droit au cœur de tous les Français. Qu'il en soit remercié aujourd'hui.

Puis, passant à l'examen de la difficile situation actuelle du monde. il mit en lumière les efforts accomplis. Au cours de ces dernières années, dit-il, la France, vous le savez, a procédé, de sa propre initiative, à d'importantes réductions ;'ae ses forces militaires. Hier encore,' le gouvernement que j'ai l'honneur tde présider a fait voter par le Parlement de nouvelles réductions. Je p#u3f même dire que nous mement.

Les Français, sans distinction de partis ni de classes, n'attendent rien et n'ont rien à attendre de la force. Ils n'aspirent qu'au travail dans la concorde et dans la paix.

Ils croient que cette paix peut se construire. Ils croient aux garanties que constituent l'arbitrage, une solide organisation pacifique de la sécurité, le désarmement genéral de tous les pays, désarmement efficacement contrôlé. C'est dans le contrôle que, pour notre/' part, nous voyons la garantie essentielle de la paix internationale. Quant t aux problèmes économiques, poursuit-il, je crois que le moment est venu pour tous les peuples de prendre conscience de leur solidarité. de faire tous leurs efforts tant du point de vue économique que du point de vue monétaire. Partout la production est dans une situation dramatique, partout le chômage sévit et les échanges commerciaux se réduisent, se contractent chaque jour davantage. Nous estimons que c'est par la eflllaboration de tous les peuples que l'on pourra sauver ce régime économique fondé sur la liberté de production. Je vous supplie encore de montrer que c'est vers le travail en commun qu'il faut nous orienter, que c'est par là seulement ~ue nous résoudrons nos difficultés.

(La suite d la troisième page.)

Des troubles auraient éclaté dans deux Etats brésiliens Montevideo, 1" mars (dép. Havas.) Selon une information de Rio de Janeiro, des troubles, dont, pour l'instant, on ignore l'importance, auraient éclaté dans les Etats de Rio-Grande-Do-Sul et de Matto-Grosso.

Il convient d'accueillir ces bruits sous toutes réserves.

De nombreuses mesures de précaution ont été prises et des personnalités politiques et militaires ont été arrêtées. Le calme règne à Sâo-Paulo et à Rio de Janeiro.

I.'achnir hîwi connu Fmuley félicite Mme Ihifour, ouvreuse depuis cinquante ans dans un théâtre parisien, qrti recesrx dea mains de M. Frinrois-Alhert la médaille 4e* rienx serviteurs.

L'arbitraire

l'emporte pleinement en Allemagne

L'application du décret du 28 février prive de tout recours et de toute garantie toue ceux qui n'ont pas la faveur du pouvoir Dès hier, le nombre des arres- tations était pasaé de 200 Berlin mars (dép. Petit Parisien.) Le décret signé le 28 février par le président d'Empire non seuleinent réduit, mais supprime les droits les plus élémentaires assurés aux citoyens par la Constitution. Si depuis ces dernières années ces droits ont été réduits progressivement, les individus inquiétés avaient cependant jusqu'ici un certain recours contre les autorités et une certaine garantie contre les abus. Toutes ces garanties n'existent plus. Le citoyen est livré purement et simplement à l'arbitraire de l'autorité. L'Etat dispose d'un pouvoir absolu sur la liberté et les propriétés de l'individu et ce, droit exorbitant n'est limité par aucun texte.

Jusqu'ici, jrbur que la police arrête un citoyens il fallait au moins que celui-ci tût suspect d'avoir commis tel crime ou délit, et sa détention provisoire par la police ne devait pas dépasser une journée il devait être remis immédiatement à un juge qui décidait de l'inculpation ou de l'élargissement.

Maintenant, il n'est pas nécessaire qji'un citoyen soit suspect pour être arrêté, et rien ne limite la durée de la détention par la police et sa comparution devant un juge. Tout devient affaire d'appréciation selon l'intérêt a de la sécurité et de l'ordre ». Les policiers, c'est-à-dire les éléments nazistes, ont le droit de pénétrer dans n'importe quel domicile sans donner de raisons. La sécurité des communications postales, télégraphiques et téléphoniques n'existe plus.

En ce qui concerne la presse, l'arbitraire ne saurait être poussé plus loin:

M. Gœring

tout journal. peut être saisi ou interdit pendant une durée indéterminée sans que les autorités aient besoin de donner une raison à leur intervention. Il est également possible, d'après le décret, d'instituer une censure cette mesure n'a pas été décidée jusqu'à présent puisqu'elle est inutile, les journaux ne publiant plus que des textes officiels. De même, le droit de réunion est pratiquement aboli.

Enfin, les autorités reçoivent les droits les plus absolus pour la confiscation des biens des citoyens gênants ou mal vus qu'il s'agit de toucher dans leur situation matérielle.

Le décret consavre donc, l'arbitraire du nouveau régime auquel il livre l'opposition, c'est-à-dire la majorité du pays.

200 arrestations

La propagande gouvernementale intense déchainée contre les communistes et contre les milieux sympathisants de gauche est accentuée par des arrestations continuelles. Le nombre des prévenus arrêtés, dépasse 200. Le Vœlkischcr BeoOachter, organe officiel du mouvement naziste, remarque ca matin que la plupart des individus arrêtés portent une barbiche, ce qui aggrave, bien entendu, leur cas, suivant l'opinion officielle.

INQUIETUDES ANGLAISES

Londres, V mars (dcp. Petit Paris.) Le développement de la situation en Allemagne préoccupe vivement l'opinion publique anglaise.

Non seralement on en aplrréhende les répercussions sur le plun international, mais certains se demandent; à la lumière des messages alarmants reçus de Berlin, si les nationaux britanniques établis en Allemagne sont en sécurité. Un député conservateur, M. Boothby, a demandé ce soir aux Communes, au ministre des Affaires étrangères, si son attention avait été attirée sur la gravité de la situation en Allemagne s'il pouvait donner à l'assemblée des informations sur ce sujet s'il était rassuré concernant les vies et les biens des sujets britanniques en Allemagne et s'il se proposait de faire des représentations au gouvernement de Berlin.

Sir John Simon a répondu

Je reçois, cela va sans dire, sur la situation en Allemagne, de fréquents rapports de l'ambassadeur de Sa Majesté à Berlin. Il n'y a aucun fait spé- cifique à ajouter à ceux qui ont déjà été signalés dans la presse. En ce qui concerne la sécurité des existences et des propriétés des sujets britanniques, je dois supposer que le gouvernement allemand remplira ses obligations visà-vis des sujets britanniques et de leurs intérêts en Allemagne et, dans ces conditions, je n'ai aucun motif de faire des représentations au gouvernement allemand.

M. LITVINOV A BERLIN M. Litvinov est arrivé aujourd'hui à Berlin et a eu un long entretien avec M. von Neurath. On croit savoir que M. Litvinov a tenu à donner quelques apaisements sur la portée du récent traité franco-russe.

M. PM-BUOi ENTENDU PAR LA COMMISSION

DES AFFAIRES_ÉTRflNGÈfiES L'affaire de Hirtenberg

La conférence du désarmement M. Paul-Bon£ourn£ été longuement entendu hier, à la Chambré, par la commission des affaires étrangères. La note suivante a été communiquée: La commission des affaires étrangères s'est réunie sous la présidence de M. Edouard Herriot.

Elle a entendu un exposé de M. PaulBoncour sur la situation extérieure. Le ministre des Affaires étrangères a passé en revue les principales questions de la politique internationale travaux de la conférence du désarmement, incident de Hirtenberg, conflit sino-japonais, pacte de la Petite Entente, relations franco-soviétiques. Le président Herriot a félicité et remercié M. Paul-Boncour de l'exposé très clair, très précis et très mesuré dans l'idée et dans la forme qu'il avait bien voulu faire à la commission. M. Paul-Boncour a ensuite répondu aux questions qui lui ont été posées par MM. Jean Longuet, Pezet, Guernut, Thébault, Ybarnégaray, Edouard Soulier, de la Ferronays, Marius Moutet, Louis Rollin, Henry-Haye, Bergery, Vienot et André Fribourg.

A ce communiquer, il y a lieu d'ajouter quelques précisions complémentaires

Sur la question du désarmement, le ministre a développé les raisons pour lesquelles il convient de se féliciter des résultats obtenus à Genève; en substance, la position de la conférence a été rétablie sur un plan positif qui a obtenu l'unanimité, en dehors de quelques abstentions.

D'autre part, «lits stase- téwlté üe l'amélioration de jour en jour plus sensible des relations franco-soviétiques, ainsi que de la conclusion du pacte de la Petite Entente. Enfin il n'a rien dissimulé des difficultés yougoslaves. M. Ybarnégaray ayant particulièrement insisté sur les fraudes d'armes de Hirtenberg, M. Paul-Boncour a expliqué que le chancelier autrichien Dollfuss avait donné des apaisements qui permettaient de considérer l'incident comme clos.

Au sujet du conflit sino-japonais, le ministre a montré combien était délicate la question de l'embargo sur les armes. Cette mesure présente des in- convénients certains et, en fait, favoriserait l'une des puissances au détriment de l'autre.

Quant aux relations franco-américaines, M. Paul-Boncour a démontré la nécessité d'attendre les actes du gouvernement Roosevelt.

APRES LE VOTE DES CHAMBRES Les taxes nouvelles entreront en vigueur Nos lecteurs ont appris par les dernières éditions du Petit Parisien comment M. Daladier et M. Lamoureux étaient parvenus, après une navette assez longue, à concilier les points de vue divergents de la Chambre et du Sénat sur l'impôt général sur le revenu et le prélèvement sur les traitements et les indemnités des fonctionnaires. Ils trouveront plus loin, sur les textes adoptés et promulgués hier au Journal officiel, les renseignements nécessaires. Les taxes nouvelles entreront en vigueur le 1" avril. Le gouvernement va maintenant s'occuper du budget.

AU CONSEIL DE CABINET

Un conseil de cabinet a eu lieu hier sous la présidence de M. Daladier. Le budget de 19.33

Sur la proposition de M. Lamoureux, le conseil a décidé de demander à la Chambre des députés de mettre à son ordre du jour, dès la semaine prochaine, la discussion du budget et de poursuivre ce débat sans désemparer afin d'assurer le vote définitif du budget de 1933 dans le plus bref déiai possible.

Le recrutement des fonctionnaires M. Lamoureux a fait connaître au conseil les conditions dans lesquelles il entendait accorder et limiter les dérogations prévues par le décret du 2 janvier 1933 sur l'arrêt du recrutement des fonctionnaires.

Le conseil a décidé que tous les projets de dérogations établis par les départements ministériels seraient centralisés dès cette semaine au ministère du Budget et qu'il serait aussitôt statué par une décision d'ordre général.

Il a été, en outre, décidé qu'il ne serait procédé qu'après ce nouveau décret aux nominations reconnues né- cessaires dans certaines administra- tions, notamment dans les cadres per- manents de l'enseignement public.

Outillage national

Les ministres se réuniront en conseil aujourd'hui à 16 heures à l'Elysée, sous la présidence de M. Lebrun. Le chef du gouvernement, conformément à ses déclarations à la Chambre et au Sénat, demandera à ses collaborateurs de préparer la mise au point définitive du programme d'outillage national, sur lequel le Parlement sera appelé à se prononcer immédiatement après le vote du budget de 1933. DECLARATIONS DE M. G. BONNET Interrogé, M. Georges Bonnet, ministre des Finances, a fait les déclarations suivantes au sujet du redres- sement budgétaire

On ne saurait trop insister sur l'importance du vote du projet financier qui vient d'intervenir. Les efforts des gouvernements de M. Edouard Herriot et Paul-Boncour et de leurs ministres des Finances et du Budget ont convaincu le Parlement qu'il fallait tout prise aboutir.

Et, soulignant avec satisfaction que l'on vient précisément d'aboutir dans de bonnes conditions, M. Georges Bonnet a ajouté

-Le vote de cette nuit marque la continuité de l'oeuvre de redressement budgétaire que ln France paatrstait depuis quelques moins. L'ensemble des mesures réalisées a dégagé environ neuf milliards de disponibilités. C'est un hommage à rendre au prtya ét (lu parlement de souligner qu'un effort aussi considérable ait été accompli en huit mois. (En 2» page :̃ l'analyse du projet financier.)

Le moratoire

des banques américaines s'étend toujours

New-York, 1" mars.

DE VOTRE CORRESPONDANT PARTICI,'L1ER Le mouvement de moratoires bancaires s'étend aux Etats-Unis dans deux nouveaux Etats, le Tennessee et le Kentucky, les gouverneurs ont pratiquement fermé les banques jusqu'à lundi; dans l'Etat de Kentucky, le gouverneur Laffoon, faisant état d'une loi qui l'autorise à proclamer jours

Le culunet Me. Il. confident du président Boosevelt

d'actions de grâces, et par suite fériés, certains jours à son choix, a décrété que les 1", 2, 3 et 4 mars seraient jours fériés.

L'Etat de Maryland, où le moratoire devait expirer aujourd'hui, a prolongé d'un jour le régime de restrictions actuel.

La législature de Virginie occidentale a adopté une loi permettant au gouverneur de proclamer un moratoire bancaire en cas de nécessité. Celle du Nevada discute d'une mesure semblable aujourd'hui.

Cette extension des moratoires bancaires prend des proportions inquiétantes. M. Roosevelt se préoccupe beaucoup de la situation et se fait renseigner heure par heure.

On croit, dans les milieux informés, que M. Roosevelt ne fera rien avant son arrivée au pouvoir. Il serait d'avis de laisser les fautes du passé produire leurs effets et la situation se développer normalement jusque-là.

Où s'arrêtera le mouvement ? C'est ce que tout le monde commence à se demander avec une certaine inquiétude.

Considérant que dans tant de villes déjâ les déposants ne peuvent retirer que 5 ou 10 de leur argent, le public un peu partout «liseurs retire- des* sommes plus ou moins unportantes en prévision d'un moratoiregénéral ces retraits, de plus en plus sérieux, augmentent la pression sur les banques jusqu'alors considérées parmi les plus liquides. S'ils continuent, au- cune banque ne pourra résister. On estime qu'il y a 42 milliards de dollars de dépôts dans les banques. Il n'y a que 5 milliards de dollars de « money » en circulation.

Les plus craintifs, retirent de I'or dans les banques fédérales de réserve. Je suis allé aujourd'hui à la Banque Fédérale de Réserve de New- York un étrange cliquetis de pièces remplissait la salle où le public est admis à changer son papier monnaie contre

a eunceiantes pièces d'or des guichets supplémentaires ont été ouverts. Des personnes de tous milieux sociaux et même des femmes avec des enfants sont venues faire une petite provision de précieux métal.

La banque paie rubis sur l'ongle i: suffit de remplir une fiche indiquant le montant désiré il n'est même pas nécessaire de faire la queue longtemps. Les retraits d'or pour le compte anglais continuent et causent même quelque irritation dans certains milieux financiers. Il n'y a pas si longtemps que les retraits d'or de la Banque de France avaieut. causé la même irritation contre notre pays. Il faut se féliciter de les savoir terminés en cette période critique.

C'est l'Angleterre qui, actuellement, recueille les critiques que nous- endossions il y a quelques mois.

Il ne faut naturellement pas laisser les nations travailler trop vite et voir la situation américaine plus sombre qu'elle n'est. Il est certain que si les deux mouvements conjugués qui se poursuivent actuellement, savoir le.s retraits d'or d'une part et l'augmentation de la circulation monétaire, continuent au régime actuel, leur aboutissement ne peut être qu'un abandon du « gold standard par les EtatsUnis. Mais il n'est au pouvoir de personne de prévoir qu'ils ne s'arrêteront pas deux fois déjà, en juin dernier et à la fin de 1931, ces deux mouvements conjugués ont été enrayés.

Pierre DENOYER

L'ENTREVUE ROOSEVELT-CLAUDELÏ

LE DÉSARMEMENT LA CONFÉRENCE S'ACHEMINE

VERS UNE CRISE DÉCISIVE

Genève, l«r mars.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Nous avons assisté aujourd'hui à la continuation de la nouvelle tactique du silence et du laisser-faire instituée hier par l'Allemagne, l'Italie et leurs satellites. Ce matin, au comité aérien, M. Brandenburg a jeté du lest en acIceptant qu'on discutât la question de i l'internationalisation de l'aviation civile, dans l'hypothèse d'une abolition totale de l'aviation militaire et navale. Naturellement il ne s'agissait là, de sa part, que de gagner du temps. Berlin sait, en effet, que Rome ne veut pas de cette abolition totale mais se prononce seulement en faveur d'une réduction et d'une limitation qui n'auraient comme contre-partie qu'un simple contrôle aussi peu gênant que possible de l'aviation civile. Pour s'assurer d'ailleurs une autre échappatoire car le Reich entend bien prendre prétexte de la non-abolition de l'aviation militaire pour ajouter à la puissante aviation civile dont il dispose l'aviation militaire que lui interdit le traité de Versailles le délégué allemand a demandé aux Etats-Unis, dont le représentant n'a pu qu'observer un silence gêné, s'ils seraient disposés à supprimer leur aviation militaire dans le cas où l'Europe procéderait à l'internationalisation de l'aviation civile. Un nouveau jalon se trouve ainsi posé dont, le moment venu, les dirigeants du Reich ne manqueront pas de se servir. Cet après-midi, à la commission générale, bien que la question des armées de métier ait été nettement soulevée, dans une de ses nombreuses interventions, par M. Pierre Cot, M. Nadolny a persisté dans son attitude silencieuse et laissé voter à l'unanimité l'interdiction de posséder parmi les forces de défense métropolitaine des

JI. Brandenburg

u?tités constituées par des. effectifs privés ou servant au dètà de la durée légale ».

Albert JULLIEN

(La suite à la troisième page.)

Mermoz et l'ingénieur Couzinet seront à Paris aujourd'hui Le chef pilote Jean Mermoz et l'ingénieur René Couzinet. qu'accompagnent MM. Verdurand et Heilbronner, de l'Aéropostale, et le capitaine-navigateur Mailloux, sont arrivés à Toulouse à 16 h.. 5 venant de Casablanca qu'ils avaient quitté à 7 h. 15. Ils doivent en repartir aujourd'hui dans la matinée pour arriver à Paris après déjeuner.

Le général Kuhlenthal

est nommé attaché militaire du Reich à Paris

Berlin, 1" mars (dép. Havas.) La désignation des nouveaux attachés militaires du Reich à l'étranger vient d'avoir lieu officiellement. A la date du 1" avril prochain, le général Kuhlenthal a été nommé attaché militaire auprès de l'ambassade d'Allemagne à Paris; le général von Boettcher a été nommé à Washington, le colonel Geyer von Schweppenburg à Londres, Bruxelles et la Haye, avec résidence à Londres: le colonel Fischer a été nommé à Rome et Budapest, avec résidence à Rome, et le colonel Falkenhorst à Prague, Belgrade et Bucarest, avec résidence à Prague le lieutenant-colonel Hartmann a été nommé à Moscou et Wilno, avec rési- dence à Moscou.

Une secousse sismique an Wurtemberg Stuttgart, mars (dép. Havas.) Une nouvelle secousse sismique a été i perçue à 3 h. 10 du matin en diverses localités du Wurtemberg. 1 r

Serait-ce une victime de Landru

dont on aurait retrouvé les restesj^Clicliy ?

La découverte d'ossements humains dans un terrain voisin d'une maison qu'habita le « Barbe-Bleue de Cambais a permis à certains d'émettre cette hypothèse

Est-ce que la sombre affaire Landru, qui peu à peu tombe dans l'oubli, reviendrait d'actualité ? C'est une hypothèse que d'aucuns, hier, n'ont pas hésité à formuler, encore que, à. tout bien considérer, il semble qu'on ne se trouve qu'en présence d'une simple coïncidence de faits.

Voici ceux qui se révélèrent hier aux amateurs de rebondissements dramatiques.

Alors qu'ils procédaient à des fouilles pour l'établissement des fondations d'un immeuble, au n° 2 de la rue de Paris, à Clichy, des ouvriers terrassiers ont mis au jour divers ossements humains des tibias, un bassin, une omoplate, un maxillaire inférieur avec toutes, ses dents, parfaitement conservés.

A l'endroit où ces funèbres débris ont été découverts s'élevait, il y a peu de temps encore, une bicoque en ruines et inhabitée depuis une dizaine d'années.

Ces restes ont-ils appartenu à un homme ou à une femme ? A quelle époque ont-ils été enterrés ? Jusqu'ici, il reste impossible de répondre à ces questions. Malgré ces obscurités, ou plutôt grâce à elles, certains habitants de la rue de Paris se sont rappelés qu'ils avaient eu pour voisin, où il habita au n° 6 avec sa femme et s >n fils, le fameux Landru, de sinistre mémoire. Tout aussitôt ils ont pensé que ces ossements pouvaient être ceux de l'une de ses nombreuses victimes dont les restes ne furent jamais retrouvés. Mais il faudrait alors admettre que Landru avait amené l'une de ses « fiancées au domicile conjugal ou à proximité, ce qui semble assez peu probable car, si l'on se réfère aux notations précises de son fameux carnet, Landru ne manquait jamais d'amener ses amies à Gambais.

Quoi qu'il en soit, étant donné que ces ossements ont été trouvés assez tard dans la soirée, de nouvelles recherches seront effectuées aujourd'hui, et les débris, déposés au commissariat, seront dirigés ce matin sur l'institut médico-légal pour y être exa-

POUR ET CONTRE Les Français qui auront illuminé hier soir pour célébrer le vote du douzième de mars auront été vraisemblablement fort peu nombreux.

Ce vote, et les aménagement- fiscaux qu'il comporte et les axes qui entraîne, ne saurait, en effet, dilater le coeur des itoyens. C'est un vote amer, sévère et rigoureux. C'est un vote de. mauvais temps de mauves temps oudgétaire et économique. La tristesse de tous les contribuables serait plus vive encore s'ils pouvaient penser que c? mauvais temps ne cessera pas s'ils n'ava'~nt pas la consolation d'espérer que le sombre ciel s'éclaircira quelque jou\ Aprèr la pluie, le beau temps, assure un dicton antérieur à tous les votes du Parlement Après la pluie des impôts et des taxe: le beau temps des allégements fiscaux viendra peut-être. Le vote du douzième dt mars est un vote de carême, un vote de pénitence. II ne peut, hélas fair' plaisir à personne. Il ne peut donner à personne le sourire ce sourire qui était, autrefois, si spécifiquement fran ais.

Mais enfin, c'est fini. Pour le moment on peut dire ouf comme lorsqu'on sort de chez le dentiste l Méme quand on sait que l'on doit, le lendemain, retourner chez lui.

Ouf 1 on va peut-être pouvoir, pendant quelques jours, penser à autre chose qu'à l'article 67 fer et à l'article 86 quinquies. Quel malheur, entre parenthèses, de couper en morceaux de si bons articles Ouf on va peut-être pouvoir suivre d'autres débats et d'autres affaires que les débats et les affaires budgétaires. Il y a peut-être, à cette heure, d'autres questions que ces questions d'argent. Il en est, peutêtre même,' qui ne manquent ni d'urgence ni de gravité.

Ouf le douzième de mars est voté. Mais les interminables discussions et les manifestations nombreuses qui ont précédé ce lote difficile sont un signe des temps ,des temps qui sont venus. L'Etat ne saurait négliger ces avertissements ni ces symptômes.' L'équilibre budgétaire ne saurait être indéfiniment obtenu par une augmentation des impôt', des taxes et des surtaxes.

Le contribuable n'en peut plus. Le contribuable commence même à perdre patience.

Il faut que l'Etat. résolument, courageusement, réforme ses méthodes et corrige ses errements. Il faut qu'il ait enfin la force de se montrer sévère envers luimême au lieu de n'avoir de sévérité que pour lés contribuables. Il faut que l'Etat se rende bien compte de cette vérité élémentaire. sociale, nationale et économique l'Etat ne doit pas faire perdre l'équilibre à tous les contribuable! de France, sous le prétexte d'établir coûte que coûte l'équilibre de son propre budget.

Maurice PRAX.

Brouillards sur les régions parisienne, nord-est et est Des brouillards assez épais, persistant une grande partie de la journée d'hier sur les régions parisienne, nord-est et est., ont un peu gêné l'activité des lignes aériennes sur ces contrées. Les broUillards étaient humides et froids, avec température égale ou peu supérieure à zéro. Sur le reste de la France, le temps était nuageux et un peu frais, avec température de l'ordre de + 3° à + mais on n'y signalait pas de brouillards.

Placée entre l'anticyclonefdu centre de l'Europe et la dépression de l'ouest, la France aura aujourd'hui sur sa moitié est un temps un peu froid et gênéralement brumeux, et sur sa moitié ouest un temps nuageux et un peu frais, avec quelques pluies.