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Le Sénat a commencé hier le second examen

du projet de redressement budgétaire

Il se prononcera aujourd'hui sur l'article 83 (prélèvement sur les traitements des fonctionnaires) et sur la réduction des crédits militaires. Sur ce dernier point, M. Daladier posera la question de confiance

La Haute Assemblée, informée que la Chambre achèverait dans la nuit de samedi à dimanche l'examen en seconde lecture du projet de redressement budgétaire, avait décidé de siéger hier à 16 heures pour recevoir les nouveaux textes votés par les députés et dont l'ensemble avait été approuvé à une large majorité (340 voix contre 251) vers 5 heures du matin. La commission des finances du Sénat, que préside M. Caillaux, avait, suivant l'exemple qui lui avait été donné par la commission de la Chambre lors de la première lecture au Luxembourg, suivi point par point le second examen au Palais-Bourbon. Elle demanda et obtint des sénateurs que la discussion s'instituât sur les points secondaires vers 17 heures, étant entendu que les points essentiels seraient réservés pour le lendemain, c'est-à-dire aujourd'hui.

Le désaccord entre les deux Assemblées est toujours aussi profond, tant sur la question des fonctionnaires que sur celle des crédits militaires. La Chambre avait au cours de sa séance de nuit et après avoir accepté, rejeté, disjoint, modifié ou rétabli les dispositions secondaires qui avaient fait l'objet d'un examen devant les commissions des deux Assemblées ou en séance publique adopté un nouvel article établissant une taxe exceptionnelle et progressive sur les traitements publics, les traitements privés jugés stables y compris l'indemnité parlementaire avec abattement à la base de 15.000 francs. D'autre part, elle avait maintenu les 608 millions de réduction des crédits militaires, M. Daladier ayant, en conclusion d'un discours vivement applaudi par la majorité, posé la question de confiance contre une demande de renvoi qui fut repoussée par 387 voix contre 207.

La commission des finances du Sénat en vue du débat d'aujourd'hui a pris position.

M. Marcel Régnier, rapporteur général adjoint, a, en l'absence de M. Henry Rôy; toujours souffrant finalement fait adopter un texte frappant les traitements des fonctionnaires de l'Etat au-dessus de 9.000 francs, mais par une taxe progressive. Ce texte ménage plus que les textes antérieurs les traitements inférieurs et moyens.

Après une intervention du président, M. Caillaux, la commission a décidé a'étendre ce prélèvement aux fonctionnaires des départements et communes et d'en faire ristourner le produit aux budgets locaux.

Décidée à maintenir à cette mesure le caractère de prélèvement, la com-

M. Landier

M. Renaudot

mission s'est refusée à atteindre les traitements des employés des services concédés et les traitements privés. De même, la commission a maintenu le texte du Sénat sur l'article 84 qui a trait à la revision des indemnités.

Les articles 84 bis, 84 ter et 84 quater concernant le contrôle des offices ont été adoptés avec modifications. L'article 85 sexies limitant les rappels d'arrérages a été adopté.

Au contraire, la commission a repris son texte sur l'article 85 a) concernant le cumul du traitement et d'une pension.

La commission a ensuite accepté la disjonction votée par la Chambre des articles 85 d) et 85 bis. Elle a réservé jusqu'après audition du gouvernement l'article 85 ter, ajournant la péréquation des retraites.

La commission a repris enfin les articles 85 quinquies (prise en compte pour la retraite d'une somme de 400 francs), 85 septies (exclusion de l'entrée en compte pour la retraite de toute période ne correspondant pas à des services effectifs) et 86 quinqutes (interdiction du cumul de la retraite du combattant et d'un traitement). I1 y aura donc aujourd'hui au Luxembourg deux débats importants. Il n'est pas douteux que le texte qui sortira des délibérations nouvelles du Sénat en ce qui concerne les fonctionnaires ne sera pas encore le bon. Il faudra, pour arriver à une entente entre les deux Assemblées sur ce point, que le ministre du Budget et le président du Couseld fassent faire à l'article 83 plusieurs fois le trajet rue de Vaugirard-quai d'Orsay et retour. Mais le vent reste invariablement fixé à l'optimisme. Sénateurs et députés de la majorité paraissent décidés à un gros effort de concessions réciproques pour éviter une crise que les uns et les autres considèrent comme excessivement dangereuse à l'heure actuelle et qui obligerait les Chambres à voter un nouveau douzième nu. Quant aux crédits militaires, dont la réduction avait été repoussée par le Sénat et maintenue après le vote de confiance indiqué plus haut par la

M. Marcel Régnier à la tribune

Chambre, ils donneront lieu à une nouvelle et passionnée discussion. M. Daladier ferait, assurait-on hier, un exposé complet sur le problème de la défense nationale et poserait, en conclusion, la question de conflance. Aucune hésitation n'est permise c'était l'avis de la majorité des sénateurs interrogés hier à l'issue de la séance, le président du Conseil l'emportera.

Aussitôt après le vote sur l'ensemble, les deux Assemblées ayant procédé chacune à deux atimens, la véritable navette commencera et l'on peut dire que les sénateurs et les députés siégeront sans désemparer jusqu'à l'accord final, lequel pourrait bien n'intervenir qu'à la fin de la nuit de mardi à mercredi.

SECONDE LECTURE DU PROJET DE REDRESSEMENT

BUDGETAIRE

Dès le début de la séance, que préside M. Jeanneney, M. Marcel Régnier fait connaître les raisons graves qui motivent l'intransigeance de la commission sur les divergences essentielles subsistant entre les deux Assemblées. Le gouvernement, dit-il, va avoir d fouer un rôle d'arbitre. Il doit faire le nécessaire pour amener le public Il lui apporter les capitaux dent il ne peut se passer. Pour cela, il faut rétablir la confiance et se montrer irréductiblement résolu d éviter toute inflation nouvelle. Le gouvernement doit assurer la prédominance de l'intérét public sans tenir compte des efforts coalisés de l'intérêt privé.

La commission propose, pour le barème de l'impôt général sur le revenu, de reprendre son texte qui majore de 10 le barème antérieur.

Pour le prélèvement sur les traitements, elle maintient également sa conception d'un prélèvement en admettant un tarif progressif par tranches allant de 2 Il 8 0/0.

Quant aux indemnités, elle propose un- prélèvement forfaitaire de 15 0/0 sur toutes les indemnités, d l'exception des indemnités pour charges de famille ou pour remboursement de dépenses effectives. •- ̃ • Enfin, pour la réduction des crédits militaires, la commission accepte la réduction votée par la Chambre. Voici, au reste, ajoute M. Marcel Régnier, les produits comparés des diverses catégories de mesures envisagées dans le projet

CONTROLE FISCAL

Projet du gouvernement. 1.001 millions 1" vote de la Chambre. 901 1" vote du Sénat. 800 2* vote de la Chambre.. 850 Aménagements FISCAUX

Projet du gouvernement. 1.667 millions 1" vote de la Chambre. 1.313 1" vote du Sénat. 935 2" vote de la Chambre.. 1.206 MESURES DIVERSES

Projet du gouvernement. 481 millions 1" vote de la Chambre. 1.025 1" vote du Sénat. 1.025 2* vote de la Chambre.. 1.025 Compressions DE dépenses

Projet du gouvernement. 2.517 millions 1" vote de la Chambre. 2.023 1" vote du Sénat. 1.554 21 vote de la Chambre.. 1.863 En définitive le budget se trouverait allégé

D'après le projet du gouvernement, de 5.566 millions

D'après le 1" vote de la Chambre, de 5.262 millions

D'après le .le. vote du Sénat, de 4.314 millions

D'après le 2° vote de la Chambre, de 4.944 millions.

Si le Sénat accepte les propositions de sa eommiasion, nous arriverons d un total de 5 milliards 48 millions d'aliégements budgétaires, dont 800 millions provenant du contrôle fiscal, 1 milliard 166 mdllions d'aménagements fiscaux, 1 milliard 25 millions de mesures diverses et 2 milliards 57 millions de dépenses.

Abordant les articles du projet, le Sénat, suivant sa commission, rejette l'article 38 qui permettait l'imputation de déficit d'exploitation, mais il vote un article nouveau qui prolonge jusqu'au 31 mars les délais de déclaration des impôts cédulaires et de l'impôt général sur les revenus.

Il maintient, malgré M. Thoumyre et M. Renaudot, et après une intervention de M. Lamoureux, des articles qui assurent la répression de la fraude fiscale. Pareillement on adopte l'article 57 sur les sociétés à responsabilité limitée, mais avec le texte de la Chambre, qui accorde un abattement pour les deux premiers gérants dans les sociétés qui en ont plusieurs.

On arrive à l'article 59 sur les spécialités pharmaceutiques, dont M. Lancien demande la disjonction.

La Chambre, fait observer M. Marcel Régnier, a repris sous une autre forme le texte disjoint par le Sénat, en portant à 12 l'impôt sur les spécialités qui font de la publicité dans les journaux quotidiens et en exemptant ceux qui font de la publicité dans les journaux médicaux. Or la plupart de nos journaux de province ne peuvent vivre sans cette publicité. Il y a là une manière d'intérêt public. Et puis c'est une question de justice pourquoi traiter différemment les diverses spécialités. Je vous demande de les frapper toutes d'un impôt :e 6

Un accord, dit M. Iancien, est en voie de conclusion entre le gouvernement et les intéressés en vue d'instituer une taxe à la production. Attendons jusqu'à la loi de finances pour établir cette taxe qui ne majorera pas le prix de vente au public alors que votre texte obligera à apposer des vignettes sur les produits et à en majorer le prix. Il n'y a pas péril en la demeure accordez-nous le délai que nous vous demandons.

(La suite à la deuxième page.)

Ch. M.

Une vue d'ensemble sur l'état actuels des négociations sur le désarmement La France a fait preuve de sa bonne 6onne foi et de son désir de conciliation, mais l'obstruction de certaines puissances a empêché jusqu'ici tout progrès

Genève, 26 février.

D6 NOTRE 1ENVOYÉ SPÉCIAL

Il y a bientôt quatre semaines que la commission générale de la conférence du désarmement a repris ses travaux interrompus depuis le 23 juillet 1932 par suite du départ de l'Allemagne. Pour rendre possible une accélération de ces travaux et permettre ainsi à la conférence de rattraper le temps perdu, la France et la Grande-Bretagne avaient, chacune de son côté, pris une intitiative intéressante. La première avait préparé, en s'inspirant non pas de ses vues personnelles mais des idées qui avaient été le plus favorablement accueillies au cours des débats antérieurs, un plan constructif véritable synthèse de toutes les propositions déjà déposées sur le bureau de la conférence établissant à la fois un parallélisme et un synchronisme parfait entre l'organisation de la sécurité et la réduction des armements.

La seconde avait établi, en tenant compte de ce plan et en y ajoutant en particulier une réaffirmation du pacte Briand-Kellogg, un programme de travail bref, clair et précis. Grâce à ces deux instruments, on devait pouvoir aller vite en besogne.

Le président, M. Henderson, dans son discours inaugural, avait même laissé entendre qu'avec de la bonne volonté et de l'esprit de conciliation

il. Nadolny

on pourrait en deux mois, c'est-à-dire avant -Pâques, jvojj mière convention.

Dans quelques jours, la moitié de la période ainsi fixée sera écoulée. Où en est-on ? La commission a-t-elle accompli la moitié de la tâche que le bel optimisme de son président lui avait impartie ? Hélas quelque pénible qu'en soit l'aveu, il faut bien reconnaître qu'on n'est guère plus avancé aujourd'hui qu'on ne l'était au 2 février.

Certes, ce n'est pas faute d'éloquence. Jour après jour, les discours ont succédé aux discours. On n'a pas cessé de piétiner. M. Paul-Boncour a eu beau démontrer, en rappelant les multiples résolutions adoptées à Genève, que ce qu'on appelait le plan français n'était en réalité que la mise en forme de toutes les décisions de principe intervenues ainsi depuis douze ans, conformément à l'esprit de l'article 8 du p a c t e MM. Benès, Politis, Bourquin, Jevtitch, Munch, Litvmov même, pour ne citer que ces quelques noms, ont eu beau prouver l'urgence et la nécessité de réaliser enfin quelque chose de positif, aussi bien dans le domaine de la sécurité que du désarmement. le représentant du Royaume-Uni, enfin, M. Eden, a eu beau insister sur cette vérité évidente qu'il faut commencer par un bout si on ne veut pas dans cinquante ans que nos petits enfants en soient encore au même point. ils n'ont pu triompher de la résistance obstinée des deux délégations allemande et italienne.

Vaincue sur un point, leur opposition, tantôt isolée, tantôt combinée n'a jamais manqué, en fait, de réapparaître aussitôt sur un autre. Bref, à l'heure où nous écrivons, après vingt-quatre jours de débats, on en est encore à discuter des questions de principe ou de simple procédure. Tous les avantages remportés par nos délégués quelquefois au prix d'efforts considérables n'ont été que des succès de tactique. On s'est battu, comme nous l'écrivions jeudi soir, pour

Ils en font un nez. Ça doit être encore des contribuable* j

obtenir qu'on ne mette par la charrue devant les boeufs.

Ce résultat acquis cependant, en l'espèce la mise à l'étude du problème de l'unification des armées continental e s européennes avant celui de réduction de matériel la question reste entière. Aussi bien faut il s'attendre, quand la discussion s'engagera sur le fond au comité des effectifs, à voir MM. Nadolny et Caballero rivaliser de zèle et d'ingéniosité pour l'empêcher de progresser.

Pourquoi ? Parce que l'un et l'autre veulent à tout prix qu'on se prononce sur la suppression de certains gros engins gros chars d'assaut, grosses pièces mobiles, etc., que nous avons et qu'ils n'ont pas ou qu'ils possèdent en moins grand nombre avant que se pose la question brûlante des formations organisées militairement en marge des armées régulières milice fasciste, chemises brunes, Casques d'acier en un mot toutes les forces irrégulières que nous n'avons pas et qu'ils voudraient conserver alors qu'elles doivent, en toute équité, disparaître ou se fondre, après réduction, dans le type unique d'armée à court terme et à effectif limite, propos! par tous et dont le principe vient d'être adopté par la commission générale.

c Succès tactique », avons-nous dit, mais qui ne saurait nous mener bien loin, encore qu'il ait été obtenu par 21 voix contre 6 aux propositions allemande et italienne, sur 35 délégations présentes en séance. Tandis que la majorité suffit, en effet, pour décider d'une question de principe de ce genre, c'est l'unanimité qu'll faut pour résoudre la question de fond et en faire l'objet d'un article de la convention. Les oppositions

Or, sur ce premier point de l'uniformisation des troupes, on se heurte déjà à deux refus formels et essentiels celui de l'Allemagne d'abord, qui ne veut pas renoncer à la Reichswehr, et qui réclame non plus l'égalité de droit la Gleichberechtigung mais l'Ausgleich, la péréquation, c'est-à-dire l'égalité des armements; et celui de fItalie ensuite qui, oubliant l'enthousiasme avec lequel M. Grandi avait accueilli jadis le plan Hoover et la réduction du tiers dont il *-appait les effectifs, proclame aujourd'hui ne pouvoir réduire une armée qui répond à ses besoins, à sa position géographique. et à la formule française de service à court terme et d'effectif limité. ̃ ~«e-)a vaut-il la peine,-«Uns ces conditions, de poursuivre le débat ? Cela vaut-il la peine également de le continuer en matière d'aviation militaire et navale qu'Allemands et Italiens se déclarent prêts à abolir, mais en se refusant, en retour, à tout contrôle vraiment efficace,, à toute internationalisation de l'aviation civile ? Les sanctions

De même, cela vaut-il la peine de prolonger une discussion sur les garanties de sécurité, dont nous eûmes tant de peine à faire accepter l'étude simultanée après ce qui vient de se passer à propos de cette réaffirmation solennelle de non-recours à la force que la Grande-Bretagne a inscrite en tête de son programme de travail ?

Albert JULLIEN

(La suite et la troisième page.)

MORT AU CAP-MARTIN BU GRAND-DUC ALEXANDRE BEAU-FRÈRE DE NI COLAS Il

Nice, 26 fév. (P. P.) Ce matin est mort à Roquebrune-CapMartin, à la villa Sainte-Thérèse, où il était soigné, le grand-duc Alexan- dre de Russie. On sait qu'il y a quelque temps, l'état de santé du grandduc Alexandre avait inspiré de sérieuses inquiétu- des à son entou- rage. Mais sa santé s'é t a i t améliorée par la suite et on espérait le sauver. Malheureusement,

se produisit et le grand-duc est mort ce matin, ayant à ses côtés la grande- duchesse Xenia, sa femme.

MARDI GRAS

LES COURSES A AUTEUIL

A. Kalley, après sa victoire dans le Prix Robert Hennessy, avec Yarlas

à Mme Coolidge

A LA FEDERATION NATIONALE DE SAUVETAGE

M. Frot (à gauche) serre la main du commandant Leroux, de la légion, à qui il a remis le prix du Président de la Bépnbliqne destiné eon bataillon. Au centre M. 3Ianaud, président de la Fédération (Votr d la quatrième page.)

On a inauguré a Arras. au cours de réjouissances et en présence du conseil municipal, une plaque commémorative sur la maison où naquit Bidasse, le héros de la chanson militaire de 1914 qui, pendant la guerre, au front comme ailleurs, fut fredonnée par bien des soldats. Sur notre cliché, on voit i la fenêtre les deux fameux tourlourous Bidasse et son ami

LES HOMMES DU JOUR Le Docteur Juuo A. Roca vice-président

de la République Argentine De passage en Europe, où il est venu en représentation de son pays remplir de hautes missions diplomatiques, le D' Julio A. Roca, actuellement hôte de la France, est une des personnalités les plus éminentes et les plus en vue de la politique argentine.

C'est le fils du général du même nom, qui s'illustra par la soumission d'un vaste territoire, l'Argentine, resté jusqu'alors sous la domination des caciques indiens de la Patagonie et que la reconnaissance et l'admiration de ses contemporains appelèrent par deux fois à la première magistrature de l'Etat.

Elevé dans la demeure paternelle où. pendant près d'un demi-siècle, se répercutèrent avec intensité tous les événements importants de la politique interne et externe de l'Argentine, et où s'inspirèrent et s'élaborèrent la plupart des grandes décisions gouvernementales, le D' Roca apprit de bonne heure, avec la connaissance des traditions, des hommes, des besoins et des ressources de son pays, l'art difficile de le bien gouverner. A cette brillante école de patriotisme éclairé, pendant cette période extraordinaire de croissance et de prospérité, le D' Roca développa aisément les singulières aptitudes d'administrateur et de chef qu'on lui reconnaît unanimement aujourd'hui. Sa carrière politique a répondu ce'

Les Japonais débordent après de vifs combats Chao-Yang, bastion qui flanquait le Jehol Leur manoeuvre stratégique, très nette maintenant, consiste à couper en deux les forces chinoises, à empêcher les renforts d'arriver par le Sud et à gagner la capitale de la province Changhaï, 26 février

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER L'offensive déclenchée vendredi dernier par les troupes nippones et mandchoukouotes sur la frontière orientale de la province du Jehol a pris aujourd'hui une nouvelle ampleur et a été marquée par de très vifs combats dans la région montagneuses de Chao-Yang, qui constitue la charnière de la résistance chinoise.

Le plan « d'épuration prévu par l'état-major japonais se dessine maintenant très nettement. Au nord, dans la région de Kailu, aux conflns du désert de Gobi, un premier groupe de forces nippones et mandehoukouotes a mission d'avancer de l'est à l'ouest par la vallée de la rivière Shara Muren, seule voie praticable faisant communiquer la Mandchourie du nord avec la province du Tchahar dans la Chine proprement dite.

Le terrain n'est guère accidenté et la cavalerie peut faciliter une progression rapide. Cette première colonne, selon le développement des opérations au centre, pourra se rabattre vers le sud en suivant la vallée de la rivière Lahao, affluent du Shara Muren, qui oblique vers Chih-Feng, ville située au cœur de la province du Jehol, dont elle est la véritable capitale par sa position stratégique.

Au deuxième point vulnérable du bastion montagneux du Jehol, dans la région de Peipiao et de Chaoyang, un deuxième groupe de troupes nippones qui comprendrait 30.000 hommes, doit avancer en flèche en direction de Chlh-Feng pour couper en deux les forces chinoises.

Enfln une troisième colonne partie de Suichung, localité située sur la ligne de chemin de fer Pékin-Moukden entre Kintchéou et Chan-Hai-Kouan, est entrée en action aujourd'hui. Son rôle évidemment consiste à avancer dans le Jehol en longeant la frontière du Hopei pour empêcher aux renforts de Tchang Hsue Liang de passer et pour prendre à revers les troupes chinoises refoulées de Chao-Yang.

Le mouvement déclenché ce matin à l'aube au nord de la Grande Muraille semble montrer que, pour l'instant, l'état-major nippon n'envisage pas d'opérations immédiates en Chine proprement dite et qu'il ne veut pas encourir la responsabilité d'une aggravation du conflit. Avant de couper irrémédiablement les ponts avec la S. D. N. et de propager le feu dans la région que le ministre chinois des Finances, M. Song, appelle « la poudrière de la Chine », le gouvernement nippon veut voir le ultat de l'appel lancé par Genève à l'opinion Internationale. Ce soir, la réponse du colonel Stimson au comité consultatif a produit une vive impression à Tokio.

Les communiqués de guerre de la journée soulignent surtout la violence des combats qui se sont déroulés depuis hier aux abords de Chao-Yang. LAURENS.

(La auite à la troisième page.)

heureuses prémisses. Diplomé avocat, on le voit en 1898 aux fonctions de secrétaire de la présidence. En 1902, la province d' Cordoba l'envoie au Congrès national comme député, le réélit pour une seconde période, puis lui confie sa représentation au Sénat fédéral. Dans ces deux hautes assemblées nationales, le D' Roca prend une part aussi brillante qu'active aux principaux débats.

D'esprit libéral et démocratique comme son illustre père. il a attaché son nom à plusieurs initiatives d'importance fondamentale, telles que l'organisation de l'office national du travail. Gouverneur de Cordoba pendant quatre ans, il signale son passage par une ère de calme et de travail qui commande le respect, même de ses adversaires politiques. En 1923 se réalise, sous son inspiration, une réforme de la constitution provinciale que l'avenir devait consacrer.

Bien qu'éloigné volontairement de la vie publique pendant ces dernières années. les grands services rendus à son pays par le Dr Roca n'étaient pas tombés dans l'oubli. Le prestige de son nom n'avait fait que grandir à mesure que s'accentuaient les difficultés que l'Argentine traversait plus les passions se déchaînaient, et plus on se plaisait à évoquer la sérénité de son jugement.

Quand, après une période confuse, le pays fut appelé à rentrer dans l'ordre constitutionnel, c'est vers le D' Julio A. Roca que, d'instinct. l'opinion populaire se porta pour associer son nom à la formule présidentielle. En 1931. le D' Roca fut proclamé vice-président de la République Argentine. La constitution lui assigna, en outre, la présidence du Sénat fédéral. Ce sont les deux hautes fonctions qu'il occupe actuellement. Ces titres seraient amplement suffisants pour justifier de la part des Français un chaleureux accueil à notre hôte du moment. Dans toute sa vie publique et privée. le D' Roca s'est manifesté comme un ami sincère et dévoué de la France, admirateur de sa culture, bienveillant ses efforts, sympathique à ses épreuves. Ses sentiments pour notre pays étaient si connus que, bien avant sa nomination à la vice-présidence de la République Ar· gentine, sur la proposition de M. Georges Qinchant, ambassadeur de France à Buenos-Aires, le gouvernement français conféra au Dr Roca la cravate de com- mandeur de la Légion d'honneur. H. G.

UN ÉTUDIANT EN MÉDECINE BLESSE UN COMMIS ÉPICIER OU'IL CROYAIT SON RIVAL L'état de la victime est grave Un drame de la jalousie s'est déroulé à Meudon, hier soir vers 20 heures, aux abords d'une pension de famille située 25, avenue du Château. Un jeune étudiant en médecine d'origine russe, mais naturalisé français, Victor Aranovitch, vingt-cinq ans, a tiré un coup de revolver sur un de ses ex-compatriotes, un commis épicier, M. Vladimir Graves, de trois ans son cadet, qu'il supposait être son rival.

En 1929, l'étudiant épousa Mlle Angèle Grubin, et de'cette union naquit un enfant, le petit Arit, aujourd'hui âgé de deux ans. Peu après cette naissance, le couple vint se fixer à Meudon. Une paix parfaite semblait régner dans ce jeune ménage jusqu'à ces dernières semaines. Jaloux à tort ou à raison, on ne sait encore, Aranovitch adressa à sa femme de vifs reproches sur sa conduite. La compagne de l'étudiant les repoussa avec indignation. Les choses en restèrent là jusqu'à samedi dernier, jour où l'étudiant se présenta dans la soirée au commissariat de la localité et fit à M. Taillardon, secrétaire, la déclaration suivante

Je suis à peu près persuadé que mon épouse me trompe avec l'un de mes voisins et je tiens à vous prévenir que je quitte le domicile conjugal pour me réfugier chez ma mère, qui habite à Paris, 59, rue Brancion.

Malgré les conseils qui lui furent prodigués, le jeune homme partit Hier, il passa la journée dominicale chez une de ses cousines, Mme Liberson, rue Picoini, à qui il confia ce qu'il appelait ses déboires conjugaux. Sa parente, à son tour, tenta de lui remonter le moral et s'offrit pour se rendre à Meudon afin d'aplanir le malentendu. L'étudiant accepta, mais il eut le tort, à ce moment, d'aller téléphoner à sa compagne, à qui brutalement H demanda

L'individu est-il toujours là ? A l'autre bout du fil, ia voix de Mme Aranovitch répondit

L'individu ? Quel individu ? Ah oui, je gais. Non, il est parti. A l'en croire, le mari aurait à ce moment entendu la voix d'un homme. Fou de colère, il s'empressa de se rendre à la gare Montparnasse et d'y prendre le premier train pour Meudon. Il emportait un revolver.

A la grille de la pension de famille, IL' aperçut fatalité M. Graves qui sortait de la maison.

Alors, sans une hésitation, l'étudiant prit son arme et tira. Celui qu'il croyait être son rival s'abattit, frappé en pleine poitrine.

Tandis que le meurtrier allait se constituer prisonnier, le blessé .était transporté à l'hôpital Boudeaut, où son état fut jugé grave. Pendant ce temps, le commissaire de police, M. Hennequln, faisait subir au meurtrier un premier interrogatoire que, dans la soirée, reprenait le secrétaire, M. Taillardon. Aranovitch déclara qu'il ne s'expliquait pas son geste et affirma qu'il n'avait jamais eu l'intention d'attenter à la vie du garçon épicier. Quand je l'ai vu là, devant moi, j'ai perdu la tête et j'ai tiré.

De son côté, Mme Aranovitch, entendue, a protesté énergiquement contre les allégations de son mari. Je ne m'explique pas comment Il a pu croire une pareille chose. Je n'ai eu avec Graves que des relations de voisinage. Il était très gentil avec notre fils, avec qui il jouait de temps en temps. Aussi, quand mon mari m'a téléphoné, je ne =avais exactement ce qu'il voulait m lire et j'ai répondu évasivement 4 Oui. il est parti. »

L'enquête terminée, l'étudiant sera mis à la disposition du parquet de Versailles.

Au cours d'une rixe, rue de Douai un Arabe est mortellement blessé par deux inconnus

De service, hier matin, aux abords de la place Pigalle, les gardiens de la paix Schwab et Gibier, du IX, arrondisse' ment, voyaient venir vers eux un chauffeur de taxi, M. Michel Smirnoff. domicilié 72, rue Marius-Aufan, à Levallois.

Venez vite, déclara le chauffeur, un homme, au cours d'une querelle, vient d'être attaqué, rue de Douai, par deux individus dont l'un l'a blessé d'un coup de couteau au cou et le second d'une balle au visage.

S'étant rendus sur les lieux, les gardiens relevèrent en effet un Arabe, nommé Bareck ben Abd el Kader, paraissant âgé d'une trentaine d'années et demeurant 105, rue de Crimée. Dans le ruisseau, les agents découvrirent un couteau abandonné par l'un des agresseurs. On fit transporter le blessé à l'hôpital Bichat, où il succomba peu après son admission. Le commissaire du quartier de la Chaussée-d'Antin, prévenu, confia à l'inspecteur Linart le soin de rechercher les meurtriers dont on possède le signalement- suivant l'un, de haute taille, très brun, paraît âgé de trente ans son complice est également brun. plus petit et vêtu d'un complet foncé. A l'hôtel, 105, rue de Crimée, où demeurait la victime, on considérait Bareck comme peu communicatif. Il dor mait toute la journée et passait ses nuits dehors. II occupait une chambre d'un loyer modeste depuis novembre

II est à noter qu'il y a un mois a peine, Il avait reçu chez lui la visite d'un individu de mine inquiétante avec lequel il avait eu une longue discussion Brusquement, le visiteur était parti er proférant des menaces.

An cours d'une discussion de famille, un homme est tué à coups de revolvei Un polisseur, Paul Chabrier, âgé de trente et un ans, 'habitant 175, avenue du Maine, avait passé la soirée d'hier chez un de ses parents. M. Alfred Gontier, domicilié 12, rue du Moulin-Vert. Vers 22 h. 30, une discussion s'éleva motivée par la Jalousie entre les deux hommes. Soudain, au comble de la fureur, Chabrier sortit un revolver et Ht feu à plusieurs reprises sur son interlocuteur, qui s'écroula.

Le meurtrier a été immédiatement arrêté et conduit devant M. Ceccaldi. commissaire du quartier de la Santé, qui procéda à une enquête.

Sa victime a été transportée à l'hôpitaI Broussais, où elle mourut.