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ITALIE 1932 Le drame de l'émigration et la volonté d'expansion coloniale

M. PIERRE PARIYI

directeur général de l'Office des Italiens à l'étranger

Au cours de cette promenade au pays du fascisme, j'ai été frappé aouvent par le spectacle que donne la surpopulation de certaines contrées. De la Sicile au Piémont, les villages de 25.000 habitants ne sont pas rares, et le voyageur qui les traverse s'étonne de voir les milliers et les milliers d'enfants qui remplissent les rues aux maisons délabrées. Si je jette un coup d'oeil d'ensemble sur mes souvenirs, l'Italie m'apparaît comme une terre dont la splendeur ne peut dissimuler la gêne. Grouillante d'une vie fruste et frugale, il semble que, par moment, ses foules dynamiques vont faire craquer les murailles qui les abritent au milieu des vallées dont elles doivent gratter la terre sans relâche pour en tirer leur insuffisante nourriture.

L'émigration était, depuis un siècle, pour les Italiens, une loi démographique inéluctable. En cinquante ans, la population ie la péninsule est passée de 28 à 42 millions et, depuis la guerre, elle s'accroît au rythme de 400.000 par an. Le pain que ne peut lui donner la mère patrie, elle a dû l'aller chercher ailleurs. A Buenos-Aires, à New-York, qui est la plus grande ville italienne du monde, dans le Midi de la France, dans le bassin méditerranéen, elle faisait tache d'huile.

Pour elle, l'expatriation conditionnait le problème de la vie. En 1901, 3.600.000 Italiens avaient émigré sur toute la planète. Au lendemain de la guerre, plus de 8 millions, soit un citeyen sur six, vivaient à l'étranger. Petits artisans, maçons, terrassiers lombards et piémontais, agriculteurs vénitiens, toscanes, habiles à cultiver la vigne, s'en allaient où le travail était plus rémunérateur et la terre plus généreuse.

Tous ces gens conservaient, pendant la première génération, des attaches avec le pays natal et certaines contrées ne vivaient que de leurs envois d'argent. Vieillis, ils rentraient quelquefois finir leurs jours au pays. On les appelait alors les « Américains Mussolini, à son arrivée au pouvoir, jugea que cette saignée continuelle représentait, pour l'Italie, la perte de ses éléments les plus laborieux, la privait d'une source de richesse, d'un potentiel d'activité considérables et que, de plus, elle laissait aux ennemis du régime la possibilité d'aller chercher ailleurs une autre atmosphère politique. La naturalisation permettait à l'étranger de s'approprier les individus.

Claude BLANCHARD.

(La suite à la quatrième page.)

M. Cermak serait hors de danger Miami, 23 février (dép. Radio.)

Un bulletin médical publié ce soir annonce que M. Cermak, maire de Chicago, blessé récemment au cours de l'attentat dirigé contre M. Roosevelt. est maintenant hors de danger.

UNE CEREMONIE RADIODIFFUSEE POUR L'ANNIVERSAIRE

DE LA MORT D'ARISTIDE BRIAND Une cérémonie radiodiffusée aura lieu à la salle du Conservatoire, 2 bia, rue du Conservatoire, le 7 mars prochain, à 20 h. 30, à l'occasion du premier anniversaire de la mort d'Aristtde Briand.

Des allocutions seront prononcées par le président du Conseil, le ministre des Affaires étrangères et diverses personnalités; on entendra également la voix enregistrée d'Aristide Briand. C'est un riche collectionneur

qui, la semaine passée, à Londres, aurait volé le diamant bleu

Londres, 23 février (dép. Bavas.)

Le Star annonce que les détectives de Scotland Yard ont l'impression que le vol du diamant bleu, commis la semaine dernière dans lé West End, a été conçu par un riche étranger qui convoitait le joyau à cause de son intérêt historique.

Le diamant a. été jadis en la possession d'un monarque oriental et flgurait au milieu de sa couronne. Après de nombreux changements de propriétaire. il avait été vendu sur le marché libre.

Scotland Yard craint que la pierre n'ait été emportée d'Angleterre par une femme, complice des auteurs du vol, qui se serait contentée pour toute ruse de le porter à l'un de ses doigts avec d'autres bijoux.

Un comité parlementaire anglais étudiera la question des dettes Londres, 23 février (dèp. Petit Paris.) Un comité de membres du Parlement britannique s'est constitué pour étudier spécialement la question des dettes de guerre et le problème mono- tain.

LE REDRESSEMENT BUDGETAIRE La Chambre

statuera aujourd'hui sur les modifications votées par le Sénat La commission des finances a décidé de présenter un texte transactionnel pour le prélèvement sur les traitements des fonctionnaires. Elle a maintenu, par contre, la réduction de 508 millions sur les crédits militaires L'accotd est loin d'être réalisé entre les deux Assemblées. Les points de friction sont nombreux. Plusieurs navettes seront nécessaires, mais le désir de conciliation qui anime les membres de la Chambre et du Sénat est grand. L'autorité de M. Daladier, est certaine. Il reste au Parlement exactement cinq jours pour trouver les formules transactionnelles escomptées ici et là. Il est permis de penser que, avant le dernier jour du mois, l'affirmation portée au moment que s'ouvrait le débat à la Chambre par M. Lamoureux, ministre du Budget « Je ferai voter mon projet sera pleinement confirmée par les faits. Les groupes de gauche ont tout fait hier pour faciliter la tâche difficile de la commission des finances et préparer les textes d'accord Se rendant compte du danger que crée- rait, tant au point de vue intérieur qu'extérieur, une nouvelle crise minis- térielle, les députés formant la majo- rité 'de mai dernier paraissent décidés à s'engager franchement dès aujourd'hui dans la voie des concessions. Le mjnistre du Budget demandera à la Chambre de faire un gros effort pour que la discussion des projets financiers soit terminée aujourd'hui ou, au plus tard, demain matin étant formellement entendu qu'il n'y aura pas de, séance de nuit.

Dans cette hypothèse, le Sénat pourrait statuer sur les nouvelles décisions de la Chambre au cours de l'après-midi et de la soirée de demain. La Chambre tiendrait séance dimanche matin, le Sénat dimanche aprèsmidi et l'accord pourrait être réalisé au cours de la soirée.

Ce programme n'est pas irréalisable, mais il suppose dans les deux Assemblées une très grande discipline.

En tait, trois problèmes essentiels sont en litige là réduction des crédits militaires (la commission l'a maintenue hier) le président du Conseil posera devant le Sénat la question de confiance en faveur de cette réduction et il estime devoir l'emporter à 40 voix de majorité 2* le barème de l'impôt sur le revenu on escompte l'acceptation par la Chambre de la décision du Sénat maintenant le barème en vigueur avec majoration de 10 au lieu de 20 3° la taxe exceptionnelle et provisoire, sur les fonctionnaires. La commission présentera le texte suivant

Pendant l'année 1933 une taxe exceptionnelle et provisoire sera perçue sur: a) Les traitements, soldes et salaires autres que les salaires régionaux des personnels rétribués sur le budget général, les budgets annexes les budgets des offices et établissements publics de l'Etat, les budgets des départements et des communes

b) Les traitements et émoluments des agents de toutes catégories au service d'établissements créés par l'Etat ou chargés de la gestion des services concédés ou qui bénéficient d'un statut qui leur assure les échelles d'émoluments stables et la constitution d'une pension de retraite, à l'exception de ceux qui ont subi, en 1932, une diminution de leurs traitements 'Ou émoluments supérieure à 10 par rapport à l'une des deux années précédentes. Cette taxe portera sur la fraction excédant la somme de 15.000 francs, majorée des déductions pour charges de famille prévues par l'article 47 du décret du 15 octobre 1926 portant codification des textes concernant l'assiette des impôts sur les revenus. Elle est ainsi Sxée

2 de 15 à 20.000 francs 3 de 20 à 35.000 francs 4 de 35 à 50.000 francs 5 de 65.000 francs; 6 de 65 à 80.000 francs 7 de 80 à 95.000 francs 8 au-dessus.

Ce texte se rapproche beaucoup plus de la rédaction votée par le Sénat que de celle adoptée par la Chambre, en première lecture. Le dégrèvement à la base est porté de 9.000 francs (texte du Sénat) à 15.000 francs.

Huit orateurs sont inscrits dans la discussion générale qui s'ouvrira ce matin à 9 h. 30 MM. Jacques Stern, de Chappedelaine, Baréty, Doriot, Midol, de Lasteyrie, Emile Borel et Legué (Sarthe).

fLa suite d la deuxième page.)

Le désarmement LE PLAN FRANÇAIS A RECUEILLI HIER 21 ADHÉSIONS

SUR 26 SUFFRAGES La commission générale s'est prononcée en faveur du projet de nos délégués tendant à l'uniformisation dea armées continentales européennes

M. Nadolny

Genève, 23 février.

DE NOTRE ENVOYÉ SPECIAL

La France a remporté aujourd'hui à la commission générale un succès qui ne récompense pas seulement les patients et éloquents efforts de ses délégués MM. Paul-Boncour et Pierre Cot mais qui montre l'absence de fondement de certaine campagne contre le plan français et ses défenseurs. Par 21 voix contre 5 à la proposition italienne et une celle de M. Nadolny à la proposition allemande, la commission s'est prononcée en effet, comme le demandait la proposition française, en faveur de l'uniformisation des armées continentales européennes en les ramenant à un type unique de service à court terme et à effectifs limités.

Ce succès, une fois encore, d'ordre tactique, car il ne préjuge en rien le résultat de la discussion détaillée qui s'engagera plus tard au comité des effectifs, mais qui n'en n'est pas moins de première importance puisqu'il évite, ainsi que nous le montrions hier, de mettre la charrue devant les bceufs, n'a naturellement pas été du goût de tout le monde. Nous ne dirons rien de M. Nadolny qui, n'ayant été suivi par personne, pouvait difücilement espérer, en provoquant un nouveau scrutin, obtenir un revirement de la commission. La délégation italienne, en revanche, profondément mortifiée de n'avoir été soutenue que par la Hongrie; la Turquie, l'Union des républiques socialistes soviétiques et la Suisse, s'est figurée qu'en réclamant lundi un vote unanime sur la même question elle aurait quelque chance d'en modifier le résultat. Elle a, en conséquence, fait une démarche dans ce sens auprès de M. Henderson, mais, réflexion faite et pointage eûectué, elle s'est aperçue sans doute qu'elle courait à un second échec et n'a pas persisté dans sa demande.

Albert JULLIEN

(La suite d la troisième page.)

La bibliothèque de Napoléon restera à Malmaison

(Voir à la quatrième page.)

M. et M- John Jsflé

Les opérations

des troupes nippones dans le Jehol

Changhaï, 23 février.

DE NOTRE COEMKWNBIS* PAtTICULIEB Les opérations se poursuivent Le bureau de Tchang Hsue Liang à Pékin signale à son tour des combats à Chao- yang et Peiplao, mais ajoute que ces attaques nippones ont été repoussées. Il donne d'ailleurs des détails impressionnants sur l'engagement qui a eut lieu à Chaoyang, parlant d'une attaque menée par trois mille Japonais et de charges à la baïonnette ainsi que de pertes énormes, mais il ne faut guère se fier à ces descriptions faites de si loin.

Le régent Pou Yi a confié le commandement de ses troupes à son aide de camp, le général Tchang Hài Peng, qui est charge de pénétrer dans le Jehol par le nord et qui a installé son quartier général à Tung Liao. Malgré les notes énergiques que Tokio et Nankin échangent et malgré l'ouverture d'une nouvelle phase des hostilités, il n'est toujours pas question de rompre les relations diplomatiques. Une haute personnalité japonaise me déclara aujourd'hui que les Japonais éviteraient de dépasser la Grande Muraille et s'abstiendraient de pénétrer en Chine proprement dite. Si, ajouta-t-il, nos nationaux sont attaqués à Pékin et Tientsin, nous les protégerons, mais je ne pense pas que nos garnisons iocales dans ces deux villes sont suffl:antes. Si, contre notre volonté, nous étions obligés d'envoyer de nouvelles unités à Pékin et Tientsin, elles seraient retirées aussitôt l'ordre rétabli.

La garnison de Tientsin, où se trouve une grande concession japonaise, est de mille cinq cents hommes. Lea réservistes japonais locaux $Rt 4t4 mobilisés, ce qui porte les effectifs nippons à Tientsin à trois mille hommes. L'ULTIMATUM A NANKIN Changhai, 23 février.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Le Mandchoukouo n'a pas envoyé d'ultimatum à la Chine, mais le consul général du Japon à Nankin a remis aujourd'hui au gouvernement chinois une note qui tient lieu d'ultimatum.La note japonaise déclare que la présence dans le Jehol des troupes de Tchang Hsue Liang et d'autres troupes et bandes hostiles au Mandchoukouo est incompatible avec la souveraineté du Mandchoukouo et avec la restauration de l'ordre au Jehol. Conformément au protocole signé en septembre dernier, le Japon est tenu de prêter assistance au Mandchoukouo. Or le Mandchoukouo a déjà commencé des opérations de nettoyage au Jehol non sans avoir demandé, au préalable, à Tchang Hsue Liang de retirer ses troupes dans la Chine proprement dite. Ainsi donc, si un conflit se produit au Jehol entre les troupes nippones et les troupes de Tchang Hsue Liang, la responsabilité en incombera au gouvernement chinois, qui n'aura pas rappelé les troupes de Tchang Hsue Liang. La note japonaise évite donc soigneusement de dire c les troupes chinoises et ne parle que des « troupes de Tohang Hsue Liang afin de maintenir 1» .fiction de la paix officielle entre la Chine et le Japon. Cependant, afin d'impressionner l'opinion chinoise, elle conclut qu'il sera peut-être impossible d'empêcher que les hostilités ne gagnent au nord de la Chine et que la responsabilité en retombera sur la Chine. Elle ajoute que le Mandchoukouo, qui est heureux, généreux, pardonnera au général Tang Yu Lin, gouverneur du Jehol, et aux autres généraux s'ils font leur soumission.

Le gouvernement chinois a répondu aussitôt à la note japonaise par une autre note repoussant l'ultimatum. Dans cette note il déclare que la province du Jehol fait partie de la Chine proteste contre la création de souverain. En intervenant dans le Jehol, le Japon étend sa sphère d'agression et il est responsable de l'invasion du Jehol. La note chinoise dit que le gouvernement de Tchang-Tchoun est un gouvernement de fantoches et que le monde entier est de cet avis. La Chine protesta contre la création de ce gouvernement fantoche et contre sa reconnaissance par le Japon. Lia note ajoute que le fait que le Japon parle de l'extension possible des hostilités dans le nord de la Chine prouve que le Japon ne veut pas modifier sa politique d'agression. Les troupes chinoises résisteront au Japon et agiront ainsi selon le 'droiE; si les hostilités gagnent le nord de là Chine. les troupes chinoises défendront le territoire chinois et le Japon sera responsable des événements. Enfin, la note chinoise déclare que l'allusion que fait la note japonaise à la soumission éventuelle de Tang Yu Lin est un affront à la Chine, attendu que Tang Yu Lin est un haut fonctionnaire chinois; donc le gouvernement chinois élève une protestation au sujet de cet affront. (La suite d la troisième page.)

A PROPOS

DE LA RÉGLEMENTATION DES FONDS DE CHOMAGE Une déclaration, à la Chambre, de M. François Albert

M. Pétrus Faure 3f. François Albert M. Pétrus Faure avait adressé au ministre du Travail une question orale pour savoir quelle suite il entendait donner au débat concernant les interpellations sur le chômage et en particulier

1° Sur les décrets relatifs à la réglementation des fonds de chômage partiel ou total et aux subventions aux communes pour l'organisation des travaux

2" Sur l'aide financière à apporter aux communes particulièrement frappées par le chômage.

Dans la réponse qu'il a faite hier, devant la Chambre, au député « pupiste » de la Loire, M. François Albert a commencé par dire que jusqu'ici il avait été distribué près d'tm milliard aux chômeurs et que, au surplus, leur nombre étant en légère décroissance, la crise était peut-être étale.

Reprenant ensuite » son compte les promesses de son prédécesseur, M. Dalimier, le ministre a déclaré qu'il interviendrait encore auprès de son collègue des Finances afin que les communes obtiennent l'aide à laquelle elles ont droit.

En ce qui concerne la question du fonds de chômage départemental, le rapport de M. Foulon est prêt le gouvernement fera tous ses efforts pour qu'il soit adopté sans discussion afin que le Sénat puisse en être saisi rapidement.

Si les communes ont fait preuve de quelque sévérité, c'est qu'elles ont eu le louable souci de dépister les fraudeurs. Là aussi. l'administration a dû prendre ses précautions en fixant à dix le minimum d'ouvriers dont la présence doit donner ouverture à secours de chômage. Certes, la condition est rigoureuse aussi est mise à l'étude une nouvelle réglementation du secours partiel et le décret paraîtra à très bref délai.

Quant aux chômeurs malades, il est exact qu'ils tombent sous le coup de la loi des assurances sociales et ils ne peuvent être considérés comme des chômeurs. Pour ce qui est des enfants, la; question mérite d'être examinée de façon approfondie, mais, d'ores et déjà, le ministre est prêt à examiner les cas 1 d'espèce qui lui seront soumis. L'exposé de M. François Albert a été ponctué par de nombreuses marques i d'approbation et l'incident à été clos après une vive réplique de M. Pétrus Faure.

LA CHAMBRE A INVALIDÉ M. MONTILLOT, ELU A LURE

Par 210 voix contre sur 398 votants, après un scrutin public à la tribune, la Chambre a invalidé, hier matin. M. Montillot, proclamé élu dans la deuxième circonscriptian de Lure (Haute-Saône), le 8 mai 1932, avec une avance de 256 voix sur son concurrent M. Maroselli, radical socialiste.

Ce résultat ne fut pas acquis sans une longue et passionnée discussion entre les tenants

de 1 invalidation, MM. Chevrier, rapporteur, Hérard et Bracke. et les défenseurs de M. Montillot, MM. Del- mont et Bonnevay.

M. Hérard reproche au député de la Haute-Saône de s'être livré à des attaques contre le Parlement, d'avoir demandé la diminution du nombre des députés et la réduction de l'indemnité parlementaire.

Il lui demanda également compte de certaines attaques lancées contre son concurrent durant la campagne électorale.

M. Montillot, présentant lui-même sa défense, se plaignit à son tour d'avoir été calomnié. Son adversaire n'est-il pas venu l'attaquer jusque dans la salle des pas perdus de la Chambre ?

Répondant à M. Hérard, il déclara qu'il ne lui manquait que 73 voix pour être élu au premier tour, et s'attaquant aux termes du rapport, il apporta des arguments nombreux en faveur de sa these.

J'espère, dit-il, que les membres de la Chambre seront non pas des hommes de parti, mais des juges. On applaudit au centre et à droite, mais les bancs de la majorité restèrent de glace.

M. Alcide Delmont déclara ensuite que M. Montillot était un avocat très 1 connu au Palais, qu'il n'avait jamais. comme on l'a,insinué, violé le secret professionnel, mais M. Bracke interrompit

Il s'agit, dit-il, non point de l'honorabilité de M. Montillot, mais de la régularité d'une élection.

Mon élection a été honnête, dit encore le député de la Haute-Saône membre de la minorité, je me tourne vers la majorité et je lui demande justice.

On allait voter sur les conclusions du huitième bureau, qui tendaient à une enquête, quand M. Bonnevay déposa un amendement tendant à la validation.

Nous l'acceptons, déclara M. Hérard.

Et, à 11 h. 30, le scrutin public à la tribune fut ouvert sur cet amendement. On en a lu plus haut les résultats, proclamés dans le tumulte. M. Dignac demanda ensuite la reprise de l'enquête, et M. Montillot s'écria L'enquête, je la refuse. J'ai demandé un vote de justice on a répondu par un vote politique. Le suffrage universel aura le dernier mot, et prochainement.

La séance fut alors levée dans un effroyable vacarme, à 12 h. 45. Trois enfants brûlés vif* au Canada Kingston (Ontario), 23 fév. (d. Havas.) Trois jeunes enfants ont péri dans un incendie qui a détruit la ferme où Ils habitaient, aux. environs de. Kingston.

Pour que les commerçants puissent obtenir

des réductions de loyers L'article premier de la proposition de loi de M. Raymond Susse*, ayant pour objet de permettre la revision des baux commerciaux, a été voté hier aprèsmidi par la Chambre dans le texte que voici

« Les prix des baux à loyer normaua; prorogés ou renouvelés, d'immeubles, de terrains ou de locaux à usage commercial, industriel ou artisanal, ayant pris cours ou renouvelés avant le 1" juillet 1932 et d'une durée contractuelle égale ou supérieure à six ans, pourront être revisés en vue d'une réduction de prix.

Les baux conclus au choix des parties pour des périodes successives, dont l'ensemble égale ou dépasse six ans, et ayant pris cours avant le 1" juillet 1932, pourront de même être revisés. La réduction fixée, soit, par transaction amiable, soit par décision de justice, sera applicable à partir de la demande et pour la durée du bail ou de la prorogation restant à courir. Le prix des baux revisés en vertu de la loi du 6 juillet 1925 pourra être réduit, d'orès et déjà, sans qu'il soit tenu compte de l'expiration du délai prévu par l'article 5 de ladite loi. Ne pourront intenter la demande en revision, prévue par la présente loi, les sociétés commerciales ou industrielles, locataires d'immeubles qui auront bénéficié du prix du loyer de 1914 pendant une période normale de dix ans à .dater de la cessation des hostilités. Cette exclusion n'aura lieu que pendant trois ans, à partir de la promulgation de la présente loi. »

D'après la rédaction primitive du premier alinéa, la loi devait s'appliquer aux baux avant pris cours ou conclus avant le 21 décembre 1931 ». C'est M. Fiori qui, pour éviter des revisions abusives, a fait supprimer les mots « ou conclus », et c'est M. Pernot qui, pour éviter toute confusion, a fait ajouter les mots « ou renouvelés ». D'autre part ce sont MM. Paul Perrin, Montagnon et Corsin qui ont obtenu, par 274 voix contre 262, après pointage, que la date du juillet 1932 fût substituée à celle du 31 décembre 1931. M. Clamamus était même partisan de la date du 31 déceinbre 1932, pour faire bénéficier de la loi les baux renouvelés par autorité de justice en vertu de la loi de 1926, mais le garde des Sceaux, M. Penancier, fit observer, au milieu de chaleureuses approbations, que l'amendement du député-maire de Bobigny aurait pour conséquence de faire reviser les décisions de justice rendues dans le courant de l'année 1932 en vertu de la loi sur la propriété commerciale, ce qui aboutirait, en fait, à l'abrogation de cette loi dans nombre de cas ou, tout au moins, la mettrait en contradiction avec la loi nouvelle. Intervinrent également dans la discussion MM. Guérin et Cautru, ainsi que M. Plard, qui appuya la proposition de M. Perrin, acceptée par M. Seitz, rapporteur.

MM. Clamamus et Planche auraient voulu par ailleurs que les baux d'une durée de trois ans puissent être revisés. mais la Chambre, par 338 voix contre 245, refusa de leur donner gain de cause.

C'est M. Tasso qui a fait spécifier que les baux visés au .deuxième alinéa comprendraient ceux dont la date initiale est antérieure' au juillet 1932. Le texte adopté, pour le troisième alinéa. est-dû à- l'initiative de M.Camille Planche.

Le quatrième alinéa ayant été adopté sans débat,' M. Albert Séïol a fait supprimer le cinquième, qui tendait à n'admettre la demande de révision que si le prix porté au contrat était supérieure à trois- fois la valeur locative de 1914. Une pareille disposition, fit valoir le député de la Loire, d'accord avec MM. Pernot, Grisoni, Augé et Brandon, consoliderait définitivement au minimum à trois fois la valeur de 1914 tous les prix des baux commerciaux. On risque ainsi de paralyser tous les efforts en faveur de la diminution du coût de la vie.

M. Nast est l'auteur du texte additionnél qui interdit le bénéfice de la loi aux sociétés commerciales ayant profité pendant dix ans au moins des prix de 1914.

Ajoutons qu'au début de la séance, M. Grisoni avait clos la discussion générale en apportant, au milieu des applaudissements, son adhésion à une loi qui doit être une loi d'équité et de justice, permettre dans un avenir prochain la diminution du taux d'intérêt des créances hypothécaires et profiter à tous ceux qui sont lésés, locataires ou propriétaires ».

LES PROPHETIES

DU CHANCELIER HITLER Francfort-sur-Ie-Mein. 24 fév. (Havas.) Depuis quatorze ans, je suis le prophète dont les prophéties se sont révélées exactes, a déclaré M. Adolf Hitler à Francfort-sur-le-Mein. Je suis devenu le chef du mouvement national le plus important et aujourd'hui je suis là comme chancelier du Reich pour faire de l'ordre. Je me chargerai de cette tâche comme H convient.

FONT-ROMEU, SAINT-MORITZ ?. NON. VINCENNES!

Xc* skieurs se livrant à lenrs ébuts dans le bois de Yincpnnrs

UNE FILLETTE DE CINQ ANS MEURT II MONTRE DANS DES CIRG0N5TB TROUBLANTES

Sur la dénonciation dt voisins, qui accusent les parents d'avoir 6ratalisé leur enfant, une enquête est ouverte M. Farinet, commissaire de police de Montrouge, était avisé. hier matin, qu'une fillette de cinq ans, la petite Micheline-Mauricette Guillard, née. le. 15 octobre 1927 à Paris, était morte au domicile de ses parents, 53, rue Duponceau, à Châtillon sous Bagneux, dans des circonstances assez inquiétantes.

En effet, le magistrat devait recevoir, peu après le décès de l'enfant, la visite de différentes personnes habitant dans le voisinage. des époux Guillard et qui désirent garder l'anonymat. Aux dires de ces témoins, la petite Micheline était fréquemment corrigée et battue par ses parents avec une brutalité qui outrepasse singulièrement les droits de corrections paternels. Dans ces conditions. M. Farinet fit diriger le corps sur l'institut médicolégal.

En l'état actuel des choses, toutes les dépositions n'étant pas encore retenues et l'autopsie n'étant pas faite. il serait imprudent d'avancer que la petite Micheline Guillard a bien succombé à la suite des sévices qu'auraient exercés sur elle ses parents.

Les accusation* des voisins

Notre enquête à Châtillon dans le voisinage de la petite maison qu'habitent dans une impasse M. Maurice-Eugene Guillard, terrassier, trente-cinq ans, et sa femme, née Germaine Fortein, devait nous révéler que ce couple de travailleurs actuellement en chômage est loin de s'être attiré la sympathie et l'estime des habitants de ce quartier qui n'hésitent pas à les accuser d'avoir par leurs brutalités provoqué la mort de leur fillette aînée, ne réservant leur tendresse que pour une autre enfant plus jeune de deux ans.

Pauvre petite Micheline nous a dit une mère de deux enfants dont le jardinet est situé devant la porte de la maison des Guillard, pauvre petite La mort a mis fin à un véritable martyre. Que de fois l'avons-nous rencontrée, les yeux gonflés, le visage tuméfié par les coups de poing que ses monstrueux parents lui assenaient après boire. Elle est morte hier soir vers 9 heures, après dîner, nous dira une autre voisine. Nous l'avions aperçue dans la journée, affaiblie, apparemment malade. Sa mère, en nous prévenant, n'a pas manifesté une émotion très vive. Cette enfant mourait de faim, surenchérissaient d'autres voisins. Nous l'avons vue un jour prendre un os dans une poubelle

Elle était malade et jamais un docteur ne l'a visitée.

Ce que répondent les parents Les parents, que le commissaire a longuement entendus à la fin de l'aprèsmidi, se déclarent victimes d'une campagne acharnée de calomnies. I13 vivent en état constant d'hostilité avec leurs voisin?, et c'est à ce fait q^'ltè «tlrUHl&ia «ravoir, il y a deux am déjà, été désignés par une lettre anonyme au commissaire pour avoir exercé de prétendues violences sur leur fillette. Convoqués par le magistrat, ils n'avaient pas été inquiétés, l'enquête n'ayant apporté aucune preuve. Ma petite fille était de santé délicate, nous a dit le père. Il est inexact que les médecins ne l'aient jamais examinée. Elle est sortie il y a un mots de l'hôpital des Enfants-Malades où on l'a soignée pour des brûlures qu'elle s'était faites à un pied,en renversant un récipient d'eau bouillante.

Le commissaire de police, qui a reçu ces jours derniers un nombre important de lettres anonymes et qui sait dans quelle atmosphère empoisonnée par les racontars et les querelles vit le couple Guillard, s'attache à contrôler avec la plus extrême prudence les éléments qui pourraient motiver l'inculpation des parents de la fillette. Un tramway et un camion se heurtent à Bicêtre

UNE PASSANTE EST TUÉE Un tramway de la ligne 125, piloté par le machiniste Casimir Ferrier, 16, rue de Paris, à Ivry, et un camion automobile lourdement chargé se sont heurtés hier matin à Bicêtre, à l'angle de l'avenue du 14-Juillet et de l'avenue du Kremlin. Par suite du gel, le conducteur du camion, M. Marcel Courtine, 50, rue Danton, à Bicêtre, ne put maîtriser son véhicule qui, bien que légèrement touché » par le tramway, dérapant sur la déclivité du carrefour, renversa un réverbère et ne s'arrêta qu'après avoir défoncé la devanture de la charcuterie qui occupe l'angle des deux avenues.

Entre temps, une infortunée passante, Mme Marie Martinet, quarante-deux ans, habitant 15, avenue du 14-Juillet, avait été renversée par le lourd véhicule. Elle devait décéder quelques minutée plus tard