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«LE PETIT PARISIEN» EN YOUGOSLAVIE Pèlerinage à Zagreb

LES SOUVENIRS QU'EVOQUE LA CAPITALE DE LA CROATIE Zagreb, 23 janvier.

OU NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Je suis monté au Kaptol et j'ai aperçu à mes pieds tous les toits, chacun sous son drap de neige. J'avais grimpé les ruelles raides d'un Montmartre de Chamonix où des Pou:bots de sport d'hivei faisaient leur apprentissage de ski, de luge. J'avais franchi la porte de Pierre en saluant sur son autel en plein air, parmi les cierges brûlants et les ex-voto, la Vierge miraculeusement préservée du grand incendie de 1631.

Maintenant, je dominais les rues, les places, les jardins, les monuments d'une métropole occidentale solidement enracinée dans le passé •avec ses musées, ses instituts, ses églises, ses palais officiels et ses statues de bronze commémorant les deux pouvoirs le ban Jelachich, à cheval sur la place du Marché l'évêque Straussmayer, dans son fauteuil, devant l'Académie.

Ce n'étaient plus les avenues rectilignes, les constructions américaines du nouveau Belgrade, édifié en huit ans sur les ruines d'une cité martyre, mais les artères entrecroisées, tordues, dessinées par la fantaisie des siècles, les quartiers anciens cédant au moderne, une ville dont la croissance régulière ne fut entravée depuis longtemps par aucune bataille.

Ici, pendant la Grande Guerre, la Save ccula tranquille entre ses deux rives austro-hongroises, et le fleuve, en son amont, ne vit point le sang de l'embouchure.

Mais les hommes qui vivaient sur ses rives partirent vers la frontière, pour la garder d'abord et se battre ensuite contre les armées de l'Italie. En août 1914, les gars de la campagne, musette en bandoulière, sac sur l'épaule, arrivaient en cortège. Les citadins fermaient vitrines et fenêtres. Ils avaient appréhendé, devant l'impôt du sang, la colère des paysans à qui le système censitaire ne permettait pas d'être représentés à la Diète proportionnellement à leur nombre dans le pays. L'immense parti n'avait qu'une dizaine de députés, mais il «• confondait avec la Croatie presque entière.

Stephane Raditch

Stephane Raditch, qui en était le chef, ordonna aux paysans d'obéir. C'était un homme de quarante ans, né dans une ferme à quelques kilomètres de la dernière banlieue. Parce qu'il savait entendre et comprendre ses frères terriens, il pouvait aussi leur parler. Son génie d'orateur égalait son prestige. Il possédait l'âme et l'oreille de cette foule silencieuse à laquelle il prêtait sa voix, sa vive intelligence, sa cul- ture profonde et multiple. Il avait étudié à Paris dans nos hautes écoles il s'exprimait purement en français, en allemand et dans tous les dialectes slaves.

En prêchant le loyalisme, aux premiers jours de la mobilisation, il pensa que la Croatie avait obtenu déjà de la double monarchie sa liberté provinciale et qu'elle acquerrait ensuite, par son geste de fidé- lité, ses libertés démocratiques. Ainsi, les paysans croates donnèrent leur vie au monarque dont ils escomptaient la victoire et la, gratitude.

Mais le destin militaire changea leurs espérances et leur recours. Lorsque, au printemps de 1918, Raditch fit le voyage de Prague, le vieil Empire s'était déjà effrité. C'est vers l'Entente, dont on pressentait le succès final, qu'il se tourna, et de retour à Zagreb, il vota avec la Diète la dénonciation de l'union hongroise. Toutefois, il ne fit pas partie de la délégation du comité national qui se rendit à Belgrade. Il estima que cette délégation avait outrepassé son mandat en acceptant, avant la réunion d'une Assemblée constituante, la proclamation royale d'une Yougoslavie unitaire. Après avoir conféré avec son lieutenant, M. Maschek, dans un village des environs de Zagreb, il prit contact de nouveau avec la campagne.

Et les paysans s'étonnèrent

Quoi Belgrade remplaçant Vienne ou Budapest

Raditch refléta leur sentiment et fit entendre leur voix en refusant d'accepter le fait accompli.

Pendant plusieurs années, de la prison de Zagreb ou de ses rési- dences d'exil à Vienne, Londres, Moscou, il dirigea non seulement le parti, mais le groupe parlementaire croate.

Son invisible présence dominait les débats de la Skouptchina.

Sur son ordre, les députés croates n'abstinrent de siéger et, par leur absence, laissèrent vivre un gouvernement radical jusqu'à l'heure où, ayant condamné ce ministère, il suffit à Raditch d'envoyer à la Chambre non pas toute sa troupe, mais vingt députés seulement, vingt voix pour renverser la majorité.

Il soutint pendant cent jours le nouveau cabinet. Puis, après la chute de Davidovitch, rentra dans l'opposition et. en prison.

Louis RUUBAUD

(La suite la quatrième page.)

Le redressement budgétaire <tltlllltllltll|t||ItlllllllM||||||||||||H||||||||||MIIIHIHIIIIIIUIIHIIIIMIMIIIIIIflllllllltllUllllllHtllll|IlllltlMllllllllllllllllllllll1IIHIIIinill LA COMMISSION DES FINANCES A REPOUSSÉ LES ÉCONOMIES PROPOSÉES PAR LE CABINET

Elle a tenu hier trois séan- ces et entendra aujourd'hui les ministres de la Défense nationale, puis M. Paul-Boncour et M. Henry Chéron Après les dernières décisions prises par la commission des finances, ce n'est plus un fossé qui sépare les propositions de celle-ci du projet gouvernemental, c'est le lit d'un large fleuve. M. Henry Chéron, et avec lui M. Paul-Boncour et le cabinet tout entier, réclamait un peu plus de 5 milliards de ressources nouvelles et une somme à peu près égale d'économies.

En ce qui concerne les impôts nouveaux que les parlementaires et le gouvernement ont pris l'habitude d'appeler sans doute pour moins effrayer les contribuables aménagements fiscaux, la commission en « socialisant » le plus possible les textes adoptés a réduit de 5 à 3 milliards à peine le rendement à prévoir.

En ce qui touche les économies c'est 1 beaucoup plus aimple Elle a « socia- 1 lise à un point tel qu'il ne reste rien ou presque rien des sommes escomptées par notre grand argentier. La majorité radicale socialiste et socialiste de la commission a tout rejeté qu'il s'agisse des pensions de guerre, des pensions des veuves remariées, de la retraite du combattant ou des traitements et indemnités des fonctionnaires, tous les textes gouvernementaux ont disparu. Elle a même refusé le sacrifice consenti spontanément par les ministres d'une réduction de 10 de leurs traitements et, ayant pris cette décision, elle a repoussé toute diminution de l'indemnité parlementaire. Au tableau gouvernemental les 10 milliards et demi provenant des impôts nouveaux et des économies équilibraient entièrement le budget. Au tableau de la commission le déficit est comblé dans la proportion

Henry Chéron quitte 1'tlysée

d'un tiers à peine. Cest peu, trop peu même pour ceux qui admettent que l'équilibre budgétaire ne peut être réalisé en une seule fois c'est peu, trop peu pour le Sénat qui consentirait volontiers à recourir, pour combler une partie du déficit s'il se prolongeait, à l'emprunt c'est peu, trop peu pour le gouvernement qui a déclaré, dès l'abord, et qui entend rester sur la position prise, ne pas recourir à l'emprunt pour obtenir l'équilibre nécessaire.

II est vrai que, après avoir entendu ce matin les ministres de la défense nationale, la commission espère pouvoir réaliser une économie plus large que celle retenue par M. Henry Chéron sur les crédits de la Guerre, de la Marine et de l'Air. Or il convient de rappeler que l'autre jour. à la commission de l'armée, M. Daladier a justifié les crédits demandés par lui. Il est peu probable, dans ces conditions, que le chiffre obtenu par le ministre des Finances puisse être grossi:

Un incident s'est produit au cours de la séance de l'après-midi. Les textes i étaient présentés et adoptés avec une telle rapidité par la majorité de la commission que M. Bonnevay a été amené à déclarer que c dans ces conditions, la minorité se désintéressait de la suite de la discussion ». Celle-ci n'a plus pris part aux votes, se contentant de laisser deux « observateurs ».

A la séance du soir, tous les commissaires étaient à leurs places. Le rapporteur général, respectant

Et si vous continnez à ne pas me paye, je vous enverrai du papier timbré sa. mais car il va bientôt augmenter

A l'issue de coneeil, M Paul-Boncour s'entretenant avec M. Chautemps

la décision prise le premier jour par la commission de prendre comme base de discussion le projet gouvernemental, a tenu tête à maintes reprises à la majorité, a défendu constamment les textes gouvernementaux et montré que la plupart des textes présentés par les socialistes n'apportaient aucune ressource immédiate.

Charles MORICE

AU CONSEIL DES MINISTRES M. Chéron tenu le conseil au courant de l'état des travaux de la commission des finances de la Chambre. Il a reçu mandat de continuer à suivre ces travaux et de défendre devant les deux Assemblées le projet d'équilibre budgétaire et d'assainissement financier du gouvernement.

A LA PRESIDENCE DU CONSEIL M. Paul-Boncour a reçu hier ses collègues les ministres de la défense nationale, qui seront entendus ce matin par la commission des finances de la Chambre.

Le président du Conseil s'est entretenu, à la fin de la soirée, avec M. Henry Chéron.

L'ATTITUDE DU GOUVERNEMENT Le président du Conseil, qui se tient en contact constant avec MM. Malvy et Lamoureux, a été informé hier soir par ceux-ci que la commission des finances en terminerait dans la nuit avec le projet financier, sauf en ce qui concerne la question des réductions sur les crédits militaires, au sujet desquels elle entendrait ce matin les ministres intéressés.

Dans l'après-midi, la commission entendra MM. Paul-Boncour et Henry Chéron qui seront certainement amenés à demander le rétablissement de certaines megures, la revision de certaines autres, en somme un rajustement des textes de la commission dans le cadre du plan gouvernemental. Après cela, il appartiendra à la Chambre de se prononcer.

Dans les milieux officiels, on laisse nettement entendre que le gouvernement est certes prêt, comme il est de son devoir, de tenir un large compte des travaux de la commission des finances, mais qu'il demeure fidèle, résolument, au plan qu'il s'est tracé. Il est convaincu qu'il faut réaliser une étape importante dans l'équilibre du budget, qui est la cftidition préalable et nécessaire du rétab'issement financier.

Le gouvernement reste très ferme sur ce terrain, et mettra, l'heure venue, le Parlement en face de ses responsabilités. Autant il a été large dans ses consultations, faites dans l'esprit politique de la déclaration ministérielle, autant ces consultations faites, il considère que son devoir est d'être ferme dans la nécessité d'imposer des sacrifices et de rétablir l'équilibre. A la-,21 page, le compte rendu des délibérations de la commission dea finances.

A la troi.ième page

POUR COORDONNER

L'ACTION GOUVERNEMENTALE

LES HOMMES DU JOUR William-T. Cosgrave Les élections irlandaise,*

ont lieu aujourd'hui.

Comme M. de Valera, il prit part à la rébellion des « Pâques Rouges » de 1916. Moins heureux que son rival, il tomba aux mains de l'ennemi lorsque les troupes britanniques enlevèrent le c Workhouse de Dublin où le détachement d'insurgés qu'il commandait s'était retranché. La sentence capitale qu'il se vit infliger tout d'abord fut ensuite commuée en une peine de prison à perpétuité. Amnistié en 1917. il fut élu, en 1918, député du Sinn Fein dans la circonscription de Kilkenny et, de même que M. de Valera. il refusa d'aller siéger il Westminster. Arrêté de nouveau. il il fut interné à la prison de Mountjoy, à Dublin, où il fit la grève de la faim. Li.béré, il fut de ceux qui approuvèrent le traité anglo-irlandais du 6 décembre 1921 et, de ce jour, date sa rupture avec le leader républicain. Avec Michaël Collins, il se rangea auprès d'Arthur Grlffith, premier président de l'Etat libre. Collins tomba dans une embuscade, abattu par les balles républicaines. Quelques mois plus tard c'était 'en 1923 Arthur Griffith mourut épuisé de fatigue et William Cosgrave. étant vice-président, lui succéda. Il avait alors quarante-deux ans

Né de parents pauvres à Dublin. Il n'avait reçu tout jeune qu'une modeste instruction primaire dans un établissement religieux de frères dt la doctrine chrétienne. Cest à la dure école de l'expérience que. servi par une vive intelligence et une grande opiniâtreté, Il parvint à compléter son savoir et à s'équiper pour le rôle que le Destin lui réservait.

Cet homme court et fréle qui, adolescent, avait revêtu la casaque de jockey dans des courses de cross-country. manifesta de bonne heure un goût marqué pour les questions financières. Devenu à vingt-huit ans membre du conseil municipal de Dublin. il attira rapidement l'attention par des réformes qui, en quelques années. assainirent la gestion de la cité. C'est là surtout. dans cette fonction municipale. que le futur président de l'Etat libre acquit ces qualités qui devaient lui permettre d'organiser. contre vents et marées. l'administration nationale sous son double aspect économique et financier.

Au point de vue politique, il a fait preuve d'une fermeté de caractère qu'on lit moins dans ses yeux bleus au regard naturellement doux que dans les os saillants d'un visage au menton volontaire. Quand il prit le pouvoir, la guerre civile battait son plein. C'est en vain que Michaél Collins avait adjuré M. de Valera de laisser vivre la. patrie ». Collins tumbé, M. Cosgrave n'hésita pas. A ce crime, qui fut imputé à l'armée républicaine, M. Cos- grave riposta en faisant voter par le Dail des lois d'exception grâce auxquelles il put faire arrêter et emprisonner les chefs de ladite armée.

En tout pays et de tout temps les lois d'excep'ion ont été impopulaires. M. Cosgrave devait l'éprouver à son tour. Le consé* rutives de pouvoir, Il se vit désavoué par le pays qui donna sa préférence à M. d2 Vaiera. dont le premier geste fut de libérer les détenus politiques victimes des lois d'exception, c'est-à-dire l'état-major de l'armée républicaine qui, depuis, s'est naturellement reconstituée.

Intrépide au pouvoir. M. Cosgrave le demeura dans l'opposition. A la réorganisation de l'armée républicaine, il répondit, au cours des derniers mois, par la constirution d'une armée blanche dont te chef est M. T.-1?. O'Higgins, frère du vicc-président assassiné en 1927 et qui s'affirme prête à répondre a toutes les provocations. M. Cosgrave est donc manifestement résolu à défendre une politique de modération que lui reprochent ses adversaires. Quand il combattit la loi d'abolition du serment d'allégeance au Dail Eirean, il justifia sa demande de rejet en réclamant simplement qu'on recherchât une solution par le moyen d'un accord avec le gouvernement britannique.

Pour résoudre le problème encore plus délicat des annuités agraires, il préconise, de même, une négociation avec la GrandeBretagne, s'engage à obtenir une réduction de 50 du chiffre en vigueur et fait valoir en outre les avantages commerciaux que semblable politique apporterait à l'agriculture irlandaise.

On voit ainsi ce que le pays peut attendre de son retour au pouvoir. Mais, triomphera-t-il au scrutin du 24 janvier? il l'affirme, le croit sans doute, et il est même évident que si l électorat irlandais était capable de se laisser guider uniquement par des considérations d'intérêt matériel, il le rappellerait aux affaires. Si l'on songe à ce que pourraient être les lende.mains de sa victoire, il est difficile de ne pas se souvenir que, à-côté de l'armée républicaine. coexistent deux forces militaires ho«tiles que le moindre incident peut mettre aux prises. Si c'est M. de Valera qui l'emporte, ce péril ne sera pas entièrement écarté et il faut, en outre, se demander comment l'Angleterre répondrait à des actes d'indépendance L'histoire de l'Irlande. disait un jour un grand Irlandais. Horace Plunkett, est une chose que les Anglais devraient apprendre et les Irlan.dais s'efforcer d'oublier. apparaît de plus en plus qu'à ce prix seulement une vraie paix pourra s'établir entre les deux tles. jean Mkssip.

LA VAGUE DE FROID S'EST ACCENTUÉE

Le thermomètre est' descendu hier] ï^^&T^k~

En haut une fontaine gelée le canal Saint-Martin est gelé. Au centre et en bas sur le canal de Versailles

ARRESTATION

DE L'EX=GÉNÉRAL GAJDA CHEF DU PARTI FASCISTE DE TCHÉCOSLOVAQUIE Prague, 23 janvier (Dép. P. Parisien). La police déploie une grande activité pour essayer d'élucider les nombreux points restés obscurs à propos de la tentative de soulèvement militaire de Brno, que le Petit Parisien a signalée hier.

Comment les agresseurs ont-ils pu rester deux heures maîtres de la caserne ? Quel était leur dessein en cas de réussite ? Obéissaient-ils à un

L'ex-général Gajda

ordre du parti fercicte tchèque ? Existait-il un plan d'ensemble ?

Dans la seule ville de Prague, soixante-dix arrestations ont été opérées hier, et ce matin on a arrêté à Sastina, en sw-^guie, l'ex-général Gajda, chef des organi ons fn ûstes, on aurait de sérieuses raisons de <̃•– "-e qu'il avait tenu, ces jours derniers, en Moravie, des réunions secrètes, qu'il était en rapport avec Kobzinek, i mstieateur de l'attaque de la caserne, qu'il connaissait ses projets et qu'il s'est, en tout cas, rendu coupable en ne les dénonçant pas à la police.

Quant à Kobzinek lui-même, il semble avoir réussi à franchir la frontière et à se réfugier en Autriche, où son extradition serait demandée.

Les journaux de Moravie publient certains renseignements d'où il ressor-'tirait que. profitant du trouble jeté dans les esprits, par le chômage et la misère, les organisations fascistes tchèques auraient monté dans la Moravie et la Slovaquie une vaste campigne d'agitation autour du nom de Gadja. La tentative de soulèvement aurait lamentablement avorté, en particulier dans la petite ville de Uherske-Hrasdiste. M. Bradac, ministre de !a Défense nationale, a publié une déclaration dans lquelle il définit l'incident comme la simple extravagance de quelques esprits faibles auxquejs on a monté la tête. Il exprime sa satisfaction de la vigilance et du zèle dont ont fait preuve les troupes et la police de Brno. On évalue à soixante-trois le nombre des agresseurs, qui laissèrent sur le terrain un mort et trois blessés trentehuit d'entre eux étaient dès ce matin aux mains de la police.

[L'ex-général Gajda est un aventurier de grande envergure. Garçon herboriste avant la guerre, il avait conquis ses grades pendant les opérations de l'armée tchécoslovaque en Russie. Nommé après la guerre chef d'état-major de l'armée tchécoslovaque, il avait été convaincu d'espionnage au profit des Soviets, dégradé et condamné. A sa sortie de prison il s'était mis à la tête d'un mouvement à la fois fasciste et démagogique.]

LE RETOUR A L'HEURE D'ETE M. Georges Bonnet a soumis à la signature du Président de la République un décret aux termes duquel l'heure légale sera avancée d'une heure dans la nuit du 25 au 26 .mars et l'heure normale, sera rétablie dans la .nuit du 7,au. 8 octobre.

i Le froid a persisté hier et l'inftexiblei météorologie est loin de nous annoncer son départ. Beaucoup, il y a quelques jours à peine, se prenaient à espérer que les duretés glaciales nous seraient épargnées. Les journées étonnamment printanières de la Noël et des environs du Jour de l'on nous avaient, du Nord au Midi, bercés d'illusions. On rêvait d'atteindre les douceurs de mars sans avoir connu les minima àprement hivernaux. Et puis, soudainement, l'etfensive est venue.

Et hier matin, en dépit du soleil qui brillait comme une vaine promesse de chaleur et du ciel bleu, les Parisiens eurent tôt fait de constater que le mercure se maintenait obstinément au-dessous de zéro.

A peine les fenêtres ouvertes, une âpre bise mordait les visages sur les trottoirs plus blancs, elle pinçait les oreilles, glaçait les mains et rougissait les nez.

(La suite d la troisième page.) Le petit-fils du roi de Suède candidat à un poste de speaker Stockholm, 23 janvier (dép. Havas),' Le prince Lennart Bernadotte, petitfile du roi, a posé sa candidature au poste de speaker à la Compagnie de radiodiffusion suédoise.

Une centaine de concurrents briguent ce poste.

POUR ET CONTRE: Tous les honnêtes contribuables de France rendent grâces aux membres zélés de la commission des finances, qui ont juré de traquer, la fraude fiscale jusques en ses derniers repaires.

Il n'est pas douteux, en effet. que les fraudeurs fisèaux sont de détestables délinquants. Quand ils fraudent, ce sont les pauvres bons contribuables qui ne frau.dent pas qui doivent payer à leur place. Car le fisc et le trésor veulent toujours leur compte. Ils n'ont que la resaourcé de se rattraper 3ur les contribuables de bonne fol, si les contribuables de mauvaise- foi leur font défaut.. Donc, sur la nécessité de réprimer les fraudes fiscales tout le monde est d'accord, tout le monde, hormis les fraudeurs. Seulement, pour exercer cette répression il y la manière. Il y.a la bonne, qui doit être faite de sagesse, de prudence, de discrétion, de vigilance ei de fermeté. Il y a l'autre. ̃•• Sans vouloir contrister les membres de la commission des financés, il :est sans doute permis de dire nue certaines des mesures fiscales préconisées par le sévère aréopage relèvent de la manière qui n'est pas la bonne.

faut traquer les fraudeurs' fiscaux. c'e3i. entendu.

il il ne faut pas vouloir brimer, vouloir tyranniser, vouloir dépouiller tous les contribuables, tous les épargnants, tous les porteurs de titres, petits ou gr<M. tous les rentier! ceux qui meurent de faim avec leur rente comme ceux qui connaissent encore le prix de la fortune. Des procédés fiscaux, à' la fois soupçonneux et, brutaux,' des inquisitions perpétuelles et déplaisantes, des. taxes massives, des surtaxes écrasantes, des hypertaxes sans mesure, tout cela. assurément, ne saurait arranger nos aâaires. Tout cela n'empêcherait point la fraude fiscale. Tout cela, au contraire, engendrerait des fraudes nouvelles, des fuites multipliées, des déficits insoupçonnés. des moins-values catastrophiques.

La richesse, traitée en ennemie, traquée. poursuivie, dénoncée, trouverait bien. on peut le supposer, les moyens d'échapper à une oppression tyrannique.

Les fraudeurs fiscaux frauderaient toujours.

Resteraient les contribuables de bonne foi. les braves gens, les bons payeurs, qui font l'énorme majorité du pays.

Suspectés eux aussi, tourmentés eux aussi, dépouillés eux aussi, les contribuables de bonne foi. les épargnants modestes. les tout petits porteurs de rentes, les plus humbles possédants finiraient eux-mêmes par être tentés de frauder le fisc. Ils fin!- raient par considérer la fraude comme un itat.de légitime défense. Maurice Prax.

,La "bande à Tondu" devant les assises

Vaudé et Tondu

En haut Céleate Mancini, Bariolas au centrè Seintein; en bas Saurat et Gardet (Yoir à la quatrième page.)

Une exposition « Rabelais » à la Bibliothèque nationale M. de Monzie, ministre de l'Education nationale, inaugurera aujourd'hui, à la Bibliothèque nationale, l'exposition Rabelais, organisée par M. Julien Cain, l'é r u d i t administrateur de la Bibliothèque, à l'occasion du quatrième centenaire de la publication

Un portrait de Babelais

de Pantagruel. Cette exposition, qui sera une magnifique évocation du xvr1 siècle, permettra au public de comprendre et d'aimer l'auteur de ces types immortels, Gargantua et Pantagruel, et de s'assimiler cette substance rabelaisienne où, trop souvent, l'on ne veut voir qu'une truculence brutale et oublier ce qu'elle renferme d'émouvant et d'humain.