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LE REDRESSEMENT BUDGÉTAIRE !lltliniUlllIlfltflllIlttlll||||iiH||IiiiI||||l|||UnillIllllllinillIlllllI1IllllIIIIIIIIIIIHIUIII.IHIiIIIIIlIHliMIIIIMIUIllIIIIIIIIIIIIIIIIIIIItltlltll Le gouvernement parviendra-t-il

à se mettre d'accord avec les fonctionnaires et les anciens combattants ?

MM. Paul-Boncour et Henry Chéron l'espèrent. Les intéressés demeurent sceptiques. Quant aux socialistes, ils déclarent qu'ils ne voteront rien si l'accord recherché n'est pas préalablement établi

La note communiquée jeudi soir par le cartel confédéré des services publics pour annoncer la rupture des pourparlers engagés depuis plusieurs jours par ses représentants avec le gouvernement n'a pas manqué de provoquer une certaine émotion dans l'opinion publique et les milieux parlementaires.

Interrogé sur la portée de ce communiqué, M. Paul-Boncour qui, entre temps, avait reçu M. Chéron, nous a fait te. déclaration suivante

Ce. communiqué répond, en effet, aux sentiments que m'avaient exprimés les délégués des fonctionnaires, dans une entrevue d'ailleurs parfaitement cordiale. Il ne change rien ni aux intentions du gouvernement, ni à sa politique, ni à sa volonté de collaborer avec les organisations des intéressés.

Le gouvernement s'est constitué à la veille d'une échéance redoutable et inévitable pour apporter et défendre devant le Parlement les mesures de aalut public que commande la situation. B ne faillira pas à son devoir. Mais il continuera de faire tous ses efforts pour le remplir, dans toute la mesure du possible, en accord avec ceux-là mêmes à qui sont demandés ces sacriflces nécessaires, et qu'il s'est efforcé de répartir équitablement entre tous les citoyens.

LI ont clair que la collaboration est particulièrement difficile dans pn&tte période préparatoire de textes, dont l'appréciation appartient au Parlement et à ses commissions. Mais ces textes devant être très généraux et .4*i4ser place à tous les aménagements comme à une refonte complète des services publics, c'est alors que la collaboration poursuivie par le gouvernement pourra produire tous ses effets.

Cette déclaration, le président du Conseil l'a ensuite commentée en termes précis, et sur un ton particulièrement énergique.

Il ne faut pas, a-t-il dit en subs1- tance, qu'il y ait de malentendu sur la pensée du gouvernement et sur la situation exacte des faits.

Ce communiqué du cartel confédéré n'est pas une surprise ses représentants, hier soir, à la fin de notre dernière entrevue, qui n'avait pas été moins cordiale que les précédentes, m'en avaient prévenu en m'expliquant qu'il ne leur était pas possible de prendre des responsabilités à l'égard de textes non connus d'eux et vis-à-vis de leurs commettants, convoqués dimanche pour délibérer sur la question.

Ces textes, d'ailleurs, ne sont pas définitivement arrêtés et peuvent encore donner place à des aménagements intérieurs inspirés même des échanges de vues qui ont eu lieu au cours des pourparlers de ces jours derniers. En tout cas, la volonté et la fermeté du gouvernement demeurent les mêmes qu'au début, et je suis conyaincu que, quand les textes définitifs seront connus et c'est aux commis8 ion parlementaires qu'ils doivent normalement être communiqués tout d'abord' ils apporteront un grand apaisement dans les esprits.

Nous demandons équitablement des sacrifices nécessaires à tous les citoyens. Ceux qui concernent le personnel des services publics sont peutêtre durs, mais momentanés, et' sont liés a des réformes organiques dans l'intérieur des administrations, 1 e s quelles réformes entraîneront ellesmêmes des compressions destinées précisément à remplacer ces sacri:tees.

M. Paul-Boncour a ajouté qu'il allait, ainsi que M. Chéron, conférer avec les personnalités parlementaires qualifiées, chefs de groupes, présidents de commissions, etc.

Le conseil de cabinet qui avait été Exé à aujourd'hui samedi aura lieu, à 10 heures, au ministère des Affaires étrangères.

AU MINISTERE DES FINANCES M. Henry Chéron a reçu de nouveau, hier matin, la délégation de la Confédération nationale des anciens combattants et victimes de la guerre comprenant MM. Rivollet, Rossignol, Pierens et Brouamiche. A l'issue d'un très long entretien, ces derniers se sont refusés à toute déclaration, le ministre des Finances leur ayant demandé de garder le secret le plus absolu. Nous sommes cependant en mesure d'affirmer que les négociations marquent un temps d'arrêt, et une réaction assez vive s'est manifestée contre certaines propositions du ministre des Finances. On continue cependant d'étudier et de mettre au point la réduction de certaines pensions, et dans l'après-midi, M. Amet, directeur des services de 'i.dette inscrite a conféré à ce sujv. avec MM. Rossignol et Brousmiche.

La Confédération nationale des anciens combattants a d'ailleurs communiqué la note suivante

Le bureau de la Confédération nationale des anciens combattants et

victimes de la guerre a décidé la convocation en session extraordinaire de son conseil d'administration pour' le samedi 14 janvier. Le conseil d'administration sera mis à même d'étudier les projets financiers du gouvernement en ce qui concerne les anciens combattants et victimes de la guerre et en toute connaissance de cause, les représentants mandatés de toute la France combattante et mutilée prendront les décisions nécessaires pour défendre les droits imprescriptibles de leurs mandants et envisager les mesures, même les plus graves, qui pourraient s'imposer.

D'autre part, les délégués de la Confédération nationale des groupements des petits et moyens commerçants, dont le président est M. Juvin, ont demandé hier matin à être reçus par le ministre des Finances. En l'absence de ce dernier, c'est M. Campion, chef de cabinet, qui s'est entretenu avec la délégation.

M. Juvin exposa au chef de cabinet les raisons de la démarche faite par les représentants des petits et moyens commerçants et industriels qui osent espérer que les aménagements fiscaux prévus dans le projet financier ne viendront pas aggraver leur situation déjà rendue précaire par les sacrifices consentis depuis la guerre.

il iœiista énergiquement sur lei promesses de dégrèvements faites antérieurement aux commerçants et industriels, promesses non tenues (suppression: de la taxe sur lé chiffre d'affaires, abattement à la base des impôts sur bénéfices commerciaux, revision des patentes, etc.) et déclara franchement que le mécontentement de ces intéressants contribuables français, qui ont rempli les caisses du Trésor pendant de longues années, se traduirait. en cas d'augmentation d'impôts, par un mouvement général allant jusqu'à l'arrêt de la vie économique du pays et le non-paiement obligatoire et forcé de leurs contributions.

(La suite la deuxième page.) M. Dalimier déjeune

avec les chômeurs intellectuels

M. DaUmier prononce son allocation. A 8a droite la marquise de Ganay

L'aviatrice anglaise miss Spooner

est morte hier Londres, 13 janvier (dép. Petit Par.). L'aviatrice anglaise miss Spooner est décédée subitement ce soir, à Leicester, des suite s foudroyantes d'une attaque d'inSuenza.

Agée de trentedeux ans, miss WinifredSpooner débuta dans l'aviation à l'âge de vingt-six ans. Tout de suite elle accomplit Quel-

ques beaux exploits qui lui valurent d'être proclamée championne du monde des aviatrices en 1930 et elle se vit, cette année-là, décerner le trophée féminin de la Ligue internationale des aviateurs.

Trois antoa sont eatréea en collision au-bois de Bonlope. Les occunant» sont indemnes

LES CONTROVERSES AUX ÉTATS-UNIS

SUR LES ENTRETIENS H00YERJ1YAL

Le New York Times se lit ea mesure de donner des détails sur ces conver- sations purement personnelles, dont aucun compte rendu sténographique ne fut pris et qui se déroulèrent au moyen d'interprètes

Seules les quatre personnes présentes à ces entretiens M. Hoover, M. Laaal et Ies deux interprètes, MM. Odgen Mills et Jean-Jacqaes Bizot, savent exactement ce qui s'est dit

New-York, 13 janvier.

PAR CABLE

DE' NOTRE CORRESPONDAIT PARTICULIER M. Arthur Krock, correspondant à Washington du New York Times, un des journalistes les plus sûrs des Etats-Unis, donne aujourd'hui des détails manifestement puisés à la meil- leure source sur les conversations relatives aux dettes que M. Laval et le président Hoover eurent à la Maison Blanche en octobre 1931. Suivant M. Krock, le président Hoover a affirmé qu'il n'a pas laissé à M. Laval l'occasion de demander une prolongation de moratoire, car, prenant les devants, il signala au président du Conseil que, seul, le Congrès pouvait accorder une telle prolongation et que les dispositions du Congrès étaient défavorables.

C'est M. Laval qui émit l'opinion, toujours selon M. Krock, qu'une prolongation du moratoire des réparations devrait être accordée à l'Allemagne et il insista pour que l'initiative, cette fois, en soit laissée aux créanciers de l'Allemagne et plus particulièrement au gouvernement français.

Cette intervention de M. Laval motiva le passage du communiqué sur l'initiative ».

Le président Hoover dit à M. Lavai qu'il y aurait probablement un nouvel examen des dettes de guerre pendant la période indéterminée que durerait la € dépression ». Cet examen serait fait sur la base de la capacité de paiement avec chaque débiteur séparément.

M. Laval « rit avec malaise », écrit le New-York 2'imes, et répondit qu'il désirerait bien que le principe de la capacité de paiement n'entraînât aucune réduction pour la France. A cela, le président Hoover répondit que les avoirs français en or à la Banque Fédérale de Réserve de 700 millions de dollars semblaient justifier les' craintes du président du Conseil. Telle fut, .d'après M- Krock, toute la substance des conversations sur les dettes entre MM. Hoover et Laval. Pas de trace officielle

des conversations

Aucun compte rendu sténographique officiel des conversations n'a été fait. M. Pierre Laval a conservé des notes manuscrites M. Hoover en a probablement fait autant. Ce sont ces dernières qui semblent avoir servi de base aux informations publiées ce malin par M. Knock.

Pierre DENOYER

(La suite à la troisième page.) DECLARATIONS

DE M. PIERRE LAVAL Au cours de la nuit, nous avons fait part par téléphone à M. Pierre Laval du câblogramme que nous venions de recevoir de notre correspondant. Il nous a déclaré

Les injormations que vous venez de me lire sont en telle contradiction avec le communiqué officiel paraphé par M. Hoover et par moimême que je n'ai aucune réponse à formuler.

Je ne crois pas à l'exactitude des prétendues déclaratio-iis prêtées à M. Hoover. n

M. Macdonald, de retour à Londres, s'entretient avec M. Baldwin

Londres, 13 janvier (dép. P. Parisien.) M. Macdonald, venant de Sandringham, où il était l'hôte du roi depuis mercredi, est rentré à Lond:es cet après-midi.

Dès son retour, Il a eu un long entretien avec M. Baldwin, qui a lui-même repris ses occupations officielles depuis mercredi dernier, et avec sir John Simon, revenu tout exprès du Midi de la France pour converser avec le premier ministre sur les importantes questions qui seront traitées à Genève la semaine prochaine et auxquelles il doit prendre part. M. Macdonaid se rendra demain aux Chequers pour y passer son weekend. II n'y recevra aucun visiteur. Un sons-marin anglais fait route vers la Chine

Londres, 13 janvier (dép. Petit Paris.) Un message Reuter de Gibraltar annonce que le Rainbow, qui est le plus récent des sous-marins britannique», est arrivé aujourd'hui dans ce port en route pour la Chine où il se rend sans escorte.

Les grands reportages du « Petit Parisien » VERS LES' TERRES HOSTILES

D'ETHIOPIE

par Henri de MONFREID

L'ARRIVEE A DJIBOUTI Nous arrivons le matin à Djibouti. Après le grondement de sa chaîne dans les vastes écubiers, le Chenonceaux reste immobile au milieu de la rade. Une petite brise de terre souffle encore, apportant la fraîcheur bienfaisante d'un air sec et tout imprégné de l'odeur végétale des montagnes Issa.

Les vedettes accourent, chargées d'Européens en casques; les rameurs somalis, le torse nu, luisant sous le soleil oblique, comme des bronzes élégants, font glisser leurs longues barques. Une bande de gamins nus nagent dans l'eau claire, au mépris de ces fameux requins dont les passagers ont tant parlé en traversant la mer Rouge. Tout le monde s'entasse sur le pont on voudrait profiter de la fraîcheur du matin pour aller faire un tour à terre.

Pourquoi toutes ces embarcations ne viennent-elles pas au pied de l'échelle ? C'est qu'il faut attendre le docteur.

La ville est là-bas, à deux kilomètres, répandue au ras de l'eau. Le palais du gouverneur domine de son architecture simili arabe la ville blanche aux toits en terrasse. Des pyramides de sel couvrent toute la côte sur plusieurs kilomètres et, en arrière, les déserts de pierres noires montent vers l'arrière-pays, semés de cônes volcaniques.

Du côté opposé, l'horizon est limité par une haute chaîne de montagnes tombant à pic dans la mer, les monts Mabla, région sauvage et inexplorée où la mission Kessel fuL pourchassée l'année dernière par les soldats de M. Chapon-Baissac, soucieux d'interdire à un journaliste une région où lui-même n'a jamais pénétré. Il est vrai que je faisais partie de cette mission et ma présence inquiète toujours M. ChaponBaissac.

Ce sont aussi ces âpres montagnes que voulurent explorer, il y a trois ans, également sous ma conduite, le père Teilhard de Chardin,

Femmes somalis à Djibouti

de l'Institut paléontologique, et le géologue Lamare, bien connu par ses travaux scientifiques. Ils durent y renoncer devant l'interdiction formelle que leur notifia M. ChaponBaissac. Je dois dire à la décharge de ce gouverneur qu'il croyait agir dans l'intérêt de ces illustres visiteurs en leur évitant de se compromettre en quelque aventure de piraterie, de brigandage, d'espionnage ou de contrebande, dont je n'aurais pas manqué, pensait-il, de les rendre complices. Il écrivit même, à l'occasion du passage de la mission Kessel à Dikil, une lettre où il invitait son subordonné à se méfier du poison. Fort heureusement, si le poison a rendu quelquefois des services, cette fois personne n'eut à en souffrir. M. Chapon-Baissac termine paisiblement sa carrière dans cette colonie et mes victimes naïves, éventuels complices, sont restées mes meilleurs amies.

Le temps passe pendant que je raconte à mon compagnon ces amusantes anecdotes. Que fait donc le docteur ? Tout le monde scrute l'horizon et comme sœur Anne ne voit 'rien venir. Djibouti reçoit environ deux paquebots par semaine, vous ne voudriez pas qu'un tel événement passât inaperçu. Dans tous les ports du monde, aussitôt qu'un navire est signalé, la Santé vient au-devant de lui et, si tout va bien à bord, les formalités sont terminées au moment où le navire mouille. Nul passager n'a remarqué ce médecin officiel et l'arrivée à l'escale parait être un accueil.

Mais ici, dans la première escale française où tout le monde serait heureux de voir ce petit coin de patrie, on éprouve, dès l'arrivée, une impression de quarantaine. On se sent indésirable, comme si le paquebot dérangeait tout le monde. Enfin, après une longue demiheure, une vedette arrive avec le pavillon jaune de la Santé. (La suite A la. quatrième page.1,

UN JEUNE BARON BELGE ET SON AMIE

UNE FEMME MARIÉE TENTENT DE SE SUICIDER A PARIS

Ils ne parviennent, en se tailladant les poignets avec un rasoir, qu'à se faire des blessures qui ne mettent pas leur vie en danger

Parce qu'ils ne pouvaient lier librement leurs destinées, deux amants, un jeune Belge et sa maîtresse, ont voulu s'unir dans la mort.

Le jeune baron Romuald Coppens d'Eckenbrugge, originaire de Malines, âgé de vingt-quatre ans, arrivait à Paris, tard dans la soirée de mercredi, dans un grand hôtel 25, avenue Pierre-I"-de-Serbie. Il était accompagné d'une jeune et jolie femme qu'il présenta comme son épouse lorsqu'il eut à remplir les fiches d'identité à l'usage des voyageurs. I1 indiqua comme dernier domicile 76, chaussée d'Anvers, à Bruxelles.

Le couple, qui s'était levé tard, s'absenta durant toute la Journée d'avant-hier. Vers 21 heures, les jeunes gens, qui paraissaient d'excellente humeur, rentrèrent à l'hôtel et gagnèrent ausistôt la chambre qu'ils avaient louée, au cinquième étage.

Il s'était écoulé une heure environ lorsqu'un coup de sonnette prolongé, parti de leur appartement, appela le garçon d'étage.

Lorsque celui-ci frappa, la porte s'ouvrit brusquement. Le baron, très pâle, parut aussitôt dans l'encadrement. Le garçon vit alors avec quelque effroi que la main gauche dû jeune homme était rouge de sang. n aperçut en même temps, étendue sur le lit, la femme, qui semblait évanouie. Il vit les draps ensanglantés et, sur le tapis, près d'une longue tache brune, un rasoir ouvert.

Sans vouloir approfondir le drame, le garçon descendit rapidement prévenir le gérant. Une minute plus tard, la police était alertée. Moins d'un quart d'heure après, un taxi conduisait les deux blessés à l'hôpital Beaujon. Là, on constata qu'ils portaient tous deux la même blessure au poignet gauche l'artère radiale et plusieurs tendons étaient sectionnés.

Plutôt la mort que la séparation Que s'était-il passé ? M. Mousset, commissaire du quartier de Chaillot, en eut bientôt l'explication. Lorsqu'il sut que l'état des deux jeunes gens permetta;it de les entendre, il se rendit à leur chevet. M. Romuald Coppens d'Eckenbrugge apprit au magistrat que la personne' qui l'accompagnait n'était pas son épouse, mais son amie une femme mariée Mme Leclerck, née Philomène feonkaio, ftgée de vingt- six ans.

Il l'avait connue à Bruxelles et s'était bientôt épris d'elle. Mais elle était mariée!. Ce n'était pas là le seul obstacle à leur bonheur. Les parents du jeune baron, mis au courant de l'aventure dans laquelle s'était engagé leur fils, avaient exigé qu'il rompît immédiatement toutes relations avec son amie.

Devant cette situation sans issue, les deux amants avaient décidé de mourir ensemble plutôt que d'être séparés.

Ils vinrent à Paris pour exécuter leur funeste projet. Jeudi soir, à l'hôtel, après s'être déshabillés et avoir revêtu leurs pyjamas, ils avaient d'un commun accord décidé d'en finir. La jeune femme s'était couchée et avait tendu son poignet gauche à son amant.

Froidement celui-ci lui avait fait avec son rasoir une profonde incision, et aussitôt après il avait accompli sur lui le même geste.

Mais après quelques m i n u t e s d'attente, le jeune Romuald avait senti fléchir sa détermination. La vue de sa maîtresse qui attendait courageusement la mort l'avait bouleversé, et c'est à ce moment qu'il avait sonné. Mme Leclerck, entendue à son tour par M. Mousset, a entièrement confirmé ces déclarations.

Le magistrat devait d'ailleurs découvrir dans leur chambre une courte lettre signée par les désespérés, qui était ainsi conçue

« La vie allait nous séparer en pleine possession de nos esprits. Nous préférons être unis dans la mort. En dépit de la perte de sang qu'ils ont éprouvée, l'existence des deux jeunes gens ne parait pas en danger. Ajoutons que M. Mousset a annoncé à M. Coppens d'Eeckenbrugge qu'il l'inculpait de tentative de meurtre sur la personne de son amie et l'a prié de se tenir à sa disposition.

La reine de Bulgarie

a donné le jour à une fille Sofla, 13 janvier (dép. Petit Parisien La reine Jeanne de Bulgarie a donné naissance ce matin, à 9 heures, à une fille. La nouvelle ayant été annoncée par une salve de vingt et un coups de canon, une foule nombreuse vint pousser des hourras sous les fenêtres du palais royal.

Mort de M. Jules Tallandier ancien président du Cercle de la librairie

M. Jules Tallandier, le grand éditeur des romanciers populaires, vient de succomber dans une clinique parisienne à la suite d'une grave opération. Bien qu'âgé de soixanteneuf ans, M. Jules Tallandier, avec sa silhouette de général 1 e retraite, était ces jours-ci encore en parfaite santé et la nouvelle de sa mort attriste les nombreux amis qu'il comptait parmi ses confreres

et les écrivains qui étaient en relations avec lui. .(£»• suite A te deuxième page.%

V "Ârc-en-Ciel" est arrivé hier à Saint-Louis-du-Sénégal

L'équipage avait l'intention de partir la nuit dernière pour traverser l'Atlantique Sud, troisième étape de son vol France-Amérique du Sud

L L. « Arc-en-Ciel» vu de trois quarts quelques secondes avant son décollage de l'aérodrome dlstres. On remarque que les roues du train d'atterrissage sont en partie ( recouvertes d'un capot profilé permetiant une moindre résistance la pression de l'air. Ce capot peut, le cas échéant, suppléer à l'absence de flotteurs en cas d'amerrissage forcé

Dans ses dernières éditions, le Petit Parisien annonçait hier que le trimoteur Arc-en-Ciel de l'ingénieur René Couzinet avait effectué, en partie tout au moins, sa première étape. Alors t que les premières heures de vol depuis le départ d'Istres avaient été favorables dans l'ensemble, exception faite cependant pour la partie AlicanteTétouan où la tempête fit rage, Mermoz fut contraint de se poser sur le terrain de Port-Etienne. C'était encore 3 assez loin de Saint-Louis-du-Sénégal (600 kilomètres), mais quelques légers accidents survenus en vol firent prendre la décision que l'on sait. t La performance accomplie n'en est pas moins belle. Et lorsqu'on saura t que cet avion, ayant sept personnes à son bord, a réalisé une moyenne horaire de 237 kilomètres sur un parcours de 3.937 kilomètres avec l'iné,table dérive, la distance est supérieure à 4.000 kilomètres on permettra de dire qu'il n'y a plus de

Les hommes du jour' JEAN MERMOZ Jean Mermoz est un moins de trentecinq ans. Il naquit quand le siècle avait un an, juste un lustre avant que, sur son biplan. Santos-Dumont parcourût quatrevingts mètres à Bagatelle. Son visage a gardé les traits d'un adolescent, s'il a sitôt acquis la volonté d'un homme. Une étonnante chevelure rejetée en arrière Mermoz sort toujours sans chapeau 'achève na ovaic assez par que rompt pourtant, de chaque côté du menton, le sillon profond d'une ride. Haut de taille, 1rs bombée sous le veston, Mermoz cache l'athlète qu'il commença d'être au collège et dont il n'a cessé d'améliorer la forme. Ses baccalauréats passés, Jean Mermoz s'engagea. Il avait dix-huit ans. Après bien des histoires le voici pilote. Deux capotages comme débuts. On l'envoie en Syrie. Un matin son appareil prend feu à cent cinquante kilomètres en dissidence. Après cinq jours d'affreuses souffrances causées par la soif, son mécano et lui sont recueillis par un peloion de méharistes. C'était le premier chapitre du beau livre d'aventures qui s'ouvrait devant lui.

La dissidence ? Ah 1 je connais ça me disait-il l'autre soir.

Nous parlions, Saint-Exupéry et lui, de cette Aéropostale dont il est le chef pilote, et à laquelle il appartient depuis huit ans. A cette époque, libéré de son service, Mermoz était venu se joindre à la cohorte d' as formée par cet incomparable animateur qu'est Didier Daurat. On l'envoya se promener entre Casa et Dakar, nistoire de transporter du courrier et, pour lui, de voir du pays. Au quatrième voyage, Mermoz dut se poser en plein Sahara. Mais, cette fois, le sort lui fut moins favorable qu'en Syrie.

Capturé par une tribu de Maures, il fut vendu au frère du sultan dissident de Taroudant qui le céda aux Espagnols de FortJuby contre 12.000 pesetas. Il ne demanda aussitôt qu'à recommencer. D'Afrique il gagna l'Amérique du Sud. Plaqué par le vent sur un sommet des Andes, à 4.200 mètres d'altitude, il travailla cinq jours avec son mécanicien à réparer l'appareil et se préparer une piste d'envol. A peine étaientils partis que les tubulures claquaient. Un vol plané les amena dans la plaine, où ils firent figure de revenants. Un peu plus tard, on faillit le fusiller comme espion bolivien. Une panne chez les lépreux, sur la côte brésilienne, n'est pas, non plus, un de ses moindres souvenirs. En 1927. Mermoz tente et réussit un vol sans escale de Toulouse à Saint-Louis du Sénégal. Trois ans plus tard, il traverse l'Atlantique Sud, de Saint-Louis du Sénégal à Natal. Comme il trouve que la route est belle, il veut revenir de la même façon. Une fuite d'huile le contraint à se poser en pleine mer, au milieu des requins. Heureusement, il est sauvé par un aviso de l'Aéropostale. Mermoz sourit. Il remettra ça. Revenu à Toulouse, il essaie un avion destiné à un raid Paris-New-York le « zinc se brise en plein air. et Mermoz atterrit en parachute, non sans se blesser. Entre temps, il avait battu le record du monde d'hydravion en circuit fermé, 4.500 kilomètres en vingt-trois heures de vol.

Il continue. Le 3 avril 1931, avec Paillard hélas disparu aujourd'hui, il arrache à Bossoutrot et Rossi le record du monde de durée 9.100 kilomètres en cinquante-neuf heures quatorze minutes. En octobre, il recommence, mais Je terrain détrempé d'Oran cède sous les dix tonnes de son appareil, et il capote à cent à l'heure. Il s'en tire sans mal, avec l'espoir d'une revanche. Il reprend du service sur la ligne régulière Marseille-Alger. En février, il fait un amerrissage forcé, par suite d'une panne. On le recueille à temps, comme entre Natal et Dakar. Il n'a plus qu'à attendre son heure. Pendant de longs mois, il prépare avec Mailloux son raid vers l'Argentine.

Depuis hier vous connaissez le reste. Maurice Bourdet.

LE GENERAL GOURAUD CHEZ M. PAUL-BONCOUR M. Paul-Boncour a reçu. hier matin. au ministère dee Affaires étrangères, le général Gouraud.

doute quant à ses possibilités. Il peut aisément franchir l'Atlantique Sud dont la distance de Saint-Louis-duSénégal à Natal 3.200 kilomètres est de loin inférieure à son maximum de rayon d'action.

L'atterrissage forcé à Port-Etienne n'aura été que de courte durée. Les mécaniciens Jousse et Manault eurent vite fait de remettre en état le radiateur central d'huile et le pare-brise du pilote. Si bien qu'à 11 h. 35 l'atterrissage à Port-Etienne avait eu lieu à 2 h. 30 il prenait son vol pour SaintLouis-du-Sénégal, sur le terrain duquel il se posait à 14 h. 40, ayant couvert 600 kilomètres à près de 200 kilomètres de moyenne horaire.

Ce court voyage s'étant effectué sans aucun incident, l'ingénieur Cou.zinet fit savoir qu'il comptait partir dans la nuit vers 3 heures, heure de Greenwich à destination de l'Amérique du Sud, avec comme premier objectif Natal.

Un monument à Aristide Briand Saint-Nazaire, 13 janvier (dép. P. P.) Un monument élevé à la mémoire d'Aristide Briand sera inauguré dans la

cour d'honneur du collège des garçons de Saint-Nazaire, qui porte son nom. Le buste est 1'oeuvre du sculpteur Guillaume. Il avait été offert, quelques mois avant sa mort, par le grand homme d'Etat à l'Amicale des anciens élèves, dont il était membre.

Frappé de folie subite un ouvrier d"Argenteuil tue sa femme

devant un de ses enfants Il lui fracasse la tête à coups de hachette et lui tranche la gorge avec un rasoir

Puis, s'armant de ciseaux, il tente de s'égorger

Un atroce drame de la folie vient, une fois de plus, de se produire, au cours duquel un ouvrier a tué sa femme, mère de cinq enfants.

C'est dans le quartier populeux des Champioux, à Argenteuil, que cette scène tragigue s'est déroulée, hier; vers midi.

Marié depuis quatorze ans, les époux Delporte étaient venus, il y a deux ans, habiter avec leurs enfants, allée de Jordaens à Argenteuil. Le mari, Félix, âgé de trente-cinq ans, originaire de Bohain (Aisne) travaille depuis neuf ans dans une usine de câbles électri- que de la rue Michel-Carré; et il avait été élevé depuis quelques années aux fonctions de contremaître. Sa femme, née Augustine Houtche, âgée de trentecinq ans également, était originaire de Freanoy-le-Grand (Aisne).

Un ménage tranquille

Les voisins du ménage tenaient Delporte pour un excellent homme, peutêtre un peu taciturne, mais toujours correct dans ses rapports avec eux. C'était un travailleur, nous a-t-on dit, et jamais le bruit de la moindre querelle ne s'était élevé entre lui et sa femme.

Les époux Delporte ont eu six enfants, dont cinq sont en vie. L'aîné, Félix, seize ans, Yvonne, quatorze ans, qui secondait sa mère dans les soins du ménage, René, douze ans, Marcelle, six ans, Pierre un an.

La famille occupait deux pièces dans une masure délabrée l'une au rezde-chaussée. servant de chambre à coucher et l'autre, au sous-sol, auquel on accède du dehors en descendant un escalier de bois. Cette dernière pièce. qui servait de cuisine et de salle à manger, était celle où le ménage et les enfants se tenaient d'ordinaire. Elle est sommairement meublée d'une table ronde, de quelques chaises et d'un poêle sur lequel Mme Delporte prépa rait les repas.

Hier matin, le contremaître étant un peu grippé ne se rendit pas à l'usine seul le fils ainé, qui travaille avec son père, alla rue Michel-Carré.

Delporte se leva vers 8 heures, prit son petit déjeuner et aida sa fille ainée à éplucher-les légumes. A 10 heu-