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"LE PETIT PARISIEN" EN YOUGOSLAVIEJ 'lllllllllllllllllMltlIllllllllllinnilllMItlMMIIIIlllllllMlIfllUIIIIIIIIIIIIIIItlIIIMIItlItlMItlIIIIlUIIIIIHIIIIIIIIIIIIIMUIMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII Un triptyque symbolique à Belgrade IL DONNE QUELQUES LUEURS

SUR LA SITUATION POLITIQUE INTÉRIEURE

Belgrade, 10 janvier.

La table où j'écris est installée dans une véranda à trois fenêtres en triptyque, les panneaux extrêmes, légèrement repliés, formant chacun un angle obtus avec le panneau central.

De face, si je lève la tête, je suis distrait de mon travail par un joli tableau de neige. Un peu trop chromo peut-être, trop fignolé. C'est un grand parc où quelques sapins feuillus pointent leurs cônes d'hermine parmi d'autres essences d'arbres dont les branches, déshabillées par la saison, ne retiennent qu'un mince filet blanc sur leurs lignes de fusain. Au sol, le classique tapis blanc n'a pas une tache, aucun pas sur la neige. Hiver comme été, aucun promeneur ne vient en ce jardin qui n'est public ni privé, mais royal.

Le palais royal officiel s'encadre dans le panneau de gauche. Je vois ses trois dômes majestueux, magnifique perron. Mais rien ne l'anime, aucune voiture devant les portes, aucune garde, aucun clairon. Le château s'est endormi sans doute avec le dernier de ses habitants qui fut le roi Pierre dont la mémoire est vénérée, et la cour s'est transportée sur la colline de Dédigné. Enfin, dans le panneau de droite, j'aperçois un superbe bâtiment tout neuf, de style byzantin et de proportions imposantes, qui pourrait être une église, un musée ou un Panthéon. Il est aussi tranquille que l'autre, mais non point par sa désaffectation. La façade seule en est terminée, tous les murs et les aménagements intérieurs restent à faire. En se hâtant, tout pourrait être achevé dans six mois. Mais les travaux ont été suspendus.

Cette maison est destinée à loger la Chambre des députés et le Sénat. Ainsi mon triptyque me présentet-il, à gauche et à droite d'un parc désert, un palais royal abandonné et un Parlement inachevé.

Non, la jolie vue hivernale ne m'a pas distrait Elle m'offre, au contraire, en trois images, une synthèse de là' situation politique intérieure

Le roi sorti du palais constitutionnel pour monter sur la colline dictatoriale. La représentation nationale arrêtée en cours de construction (une simple façade parlementaire).

Et dans les institutions du pays comme dans le jardin le peuple absent.

Comparaison

Qu'il n'y ait point d'équivoque. Mon rôle est ici d'analyser et non de critiquer. Je présente aux lecteurs du Petit Parisien le mécanisme politique de la Yougoslavie comme Claude Blanchard leur a décrit celui de l'Italie.

Et c'est ici tout autre chose. Nul grand conseil ne plane audessus des ministres et des assemblées. Nul syndicat ou confédération ne propose au choix d'aucun comité supérieur aucun représentant. La dictature qui conduit la nation yougoslave n'est pas celle d'un parti elle est du modèle non point « Italie », mais « avantdernière Espagne », c'est-à-dire militaire et royale.

De même que Primo de Rivera avait assuré le gouvernement personnel d'Alphonse XIII, le général Jivkowitch, commandant de la garde, fut un président du Conseil par procuration. Avec lui ou son actuel successeur, S. M. Alexandre gère souverainement et absolument les affaires de l'Etat.

C'est un chef dans l'âme et qui posséda dès sa jeunesse le goût et les aptitudes du pouvoir. Son père, Pierre Karageorgevitch, citoyen de Genève, qui avait été appelé sur le trône par une sorte de plébiscite, n'avait pas cet esprit, sinon ces capacités. Il se montra scrupuleusement respectueux des lois constitutionnelles. La couronne lui paraissait pesante.

Histoire glorieuse

Son second fils, Alexandre, ne devait pas normalement hériter du lourd emblème. Né à Cettigné, la petite capitale de son grand-père, il avait fortifié son âme slave à Pétersbourg en s'y instruisant des arts militaires et étudié à Genève les lettres, les sciences. Le malheur et la gloire de sa patrie lui offrent l'occasion d'être un chef dans l'armée. Au cours de la guerre contre l'empire ottoman, en 1912, i! commande 70.000 Serbes contre 115.000 Turcs, remporte la victoire de Kumanovo, poursuit l'adversaire jusqu'à Skoplje.

Deux ans plus tard, le vieux roi Pierre, fatigué, pressentant les périls de l'heure, confie la régence au vainqueur.

C'est le 11 juin 1914. Le soldat n'à pas eu le temps de quitter sa capote.

En août, les canons autrichiens ouvrent le feu sur la forteresse blanche. Alexandre conquiert dans la défaite plus d'honneur que dans le triomphe. Epuisé, miné par la maladie après la tragique retraite de l'Albanie, acculé au rivage de

Le roi Alexandre

l'Adriatique, on le presse de s'embarquer, il refuse d'abandonner ses hommes. Il ne les a pas quittés pendant les revers et il les conduit en 1918, sur le front d'Orient, au succès final qui allait permettre de réaliser l'union yougoslave.

Il n'a pas cessé, depuis, d'être un général. Dans sa maison perchée de Dédigné, il ne quitte guère l'uniforme. et peut-être se fatigue-t-il, ainsi vêtu, de ranger dans sa riche bibliothèque une admirable collec- tion de manuscrits et d'évangiles byzantins, d'aller chasser le sanglier dans la forêt ou faire sa cure d'eau à Nich.

Louis ROUBAUD

(La suite à la quatrième page.) Les fraudes du concours de l'Internat

M. Daniélou a fait part au conseil de cabinet des consultations qu'il a entreprises au sujet du concours de l'internat. La décision du ministre de la Santé publique sera connue aujourd'hui à l'issue du conseil des ministres. Nous croyons savoir qu'elle sera conforme à celle de M. Mourier, directeur de l'Assistance publiques annulation du dernier concours.

LÉGION D'HONNEUR

En haut M. Schiller (commandeur). En bas de gauche à droite, MM. Mage (commandeur) et Bouffard (officier) (Voir page 2.)

Une double cérémonie à la préfecture de police

(Voir à la quatrième page.)

LUCCO EN CORRECTIONNELLE

Lucco et son défenseur

(Voir la deuxième page.)

A la quatrième page LE CONTE i LE TRESOR DU BOIS BRULEY j wiinii pax Jacqnei

Les hommes du jour LE PRÉSÏDËpOlJISSON Il a été élu hier pour la neuvième fois président de la Chambre, par 401 voix sur 514 votants et 450 suf(rages exprimés.

Les rantanplans » du tambour de la garde républicaine mêlant leurs échos au carillon des sonnettes d'appel, entouré des huissiers noirs à chaîne et à épée. M. Fernand Bouissofi va gravir les degrés qui mènent à son poste de commandement, et déclarer la séance ouverte.

Avant que les députés soient installés, que le secrétaire ait lancé l'œillade rituelle au procès-verbal, le président, qui remplit exactement son fauteuil aux accoudoirs dorés, aura déjà serré bien des mains, écouté plus d'une confidence, et, s'il le voulait, il pourrait dire, sans se tromper, vers quelle heure se terminera le débat du jour.

Ne demandez pas pourquoi c'est ainsi On naît peintre, équilibriste ou poète admettez que M. Fernand Bouisson soit né président, ce qui explique le mieux du monde sa réussite et son succès.

Et cette prédestination, ne l'a-t-il pas cultivée dès l'enfance, en s'adonnant aux sports avec une fougue qui sent de loin son Midi parfumé de soleil et de fleurs. Né à Constantine, étudiant à Nice et à Paris, fort en thème, en football et en escrime, il songe peut-être parfois que les qualités physiques ont leur utilité quand on veut, comme lui, dominer l'orage et non le subir quand on doit faire taire pendant de longues heures quatre ou cinq cents dis-

coureurs possibles afin que l'un d'eux puisse parler tout seul.

Considérez l'homme, large d'épaules, point épaissi par l'àge, sa tête solide, son menton volontaire ;aché sous la barbiche blanche, ses yeux vifs et fureteurs, et vous saurez pourquoi les charges de la présidence lui sont fardeau léger, crânement accepté, gaiement porté.

Si la comparaison n'avait quelque 'teinte irrévérencieuse, nous songerions au maître d'école qui fait la classe aux grands. Mais les pensums et les retenues n'ont point cours dans l'hémicycle, et les sanctions sont tellement sévères que l'on hésite à les utiliser. Et puis, cela ne serait pas sportif. Parlez-moi d'un président qui fait tenir chacun bien tranquille, sans user de ses pouvoirs. Ainsi admire-t-on, toutes proportions gardées, le dompteur qui fait travailler ses fauves les mains dans ses poches.

M. Fernand Bouisson a cependant des armes une belle cloche d'argent, sagement vissée sur sa table un coupe-papier d'ivoire, qui en voit de cruelles; une voix dont les sonorités puissantes ne craignent aucune concurrence, et enfin un sens de la réplique dont plus d'un chercheur d'incidents a éprouvé la fermeté, voire la rudesse.

Mais la cloche, le coupe-papier, la voix de cuivre et la « dent dure ne suffiraient pas à faire un bon président. La prestance et l'autorité ont leur mot à dire. Et il faut aussi connaître admirablement la Chambre et son règlement. Sur ces terrains de combat, M. Fernand Bouisson est imbattable. Quand il est « interpellé » cela arrive par un coupeur de cheveux en quatre, il prend en main le petit livre que M. Eugène Pierre rédigea "avec tant de foi patiente, et le contradicteur n'a qu'à se bien tenir il n'aura pas, en tout cas, le dernier mot.

L'élection de M. Fernand Bouisson à la présidence de la Chambre, le 12 janvier 1927, provoqua une grande émotion. Un socialiste dirigeant l'Assemblée Ah la révolution n'était pas loin, bien sûr Mais on a vu que ce Méridional savait être froid que ce socialiste savait faire passer les hautes obligations de sa charge avant les passions du partisan.

Député à vingt-neuf ans, ministre à quarante-quatre, vice-président à cinquante, président à cinquante-trois et réélu huit fois sans interruption, le représentant de la VHP circonscription de Marseille n'oublie pas qu'il occupe l'une des plus hautes fonctions de l'Etat. Pour être et demeurer l'arbitre impartial rêvé par les assemblées politiques, il a mis avec tact l'ardeur politique en vacances, et 'reçoit d'un sourire égal la visite de M. Léon Blum et celle de M. Louis Marin. Passionnément attaché à sa fonction, il ne manque jamais une séance dure. A le voir présider, on devine qu'il a pris peu à peu en horreur l'éloquence oiseuse. Il marche vers le but, qui est la clôture du débat, comme il devait, au temps de sa jeunesse, courir, ailier footballer, vers le but adverse, avec fougue et décision, sans se laisser distraire ou déborder.

Les majorités qu'il obtient témoignent du fait qu'il n'est plus, depuis longtemps, l'emblème d'un seul parti, mais l'arbitre choisi par tous. Pour la neuvième fois, ses collègues viennent d'en faire leur chef. Par 401 voix, ils ont décidé, somme toute, que M. Fernand Bouisson serait aujourd'hui l'homme du jour.

Applaudissons à ce nouveau succès. Et levons la séance

René Mazedier.

Un bébé cloué sur son berceau aux Etats-Unis

New-York. 10 janvier (dép. Havas). Un bébé de quatre mois a été trouvé assassiné hier. Le corps de la petite victime était transpercé d'un stylet et cloué au berceau.

On croit qu'il s'agit d'un acte de vengeance ou de jalousie.

Pour le rétablissement de l'équilibre budgétaire

M. Henry Çhèron a fait hier à ses collègues du cabinet un large exposé de la situation financière et monétaire

Le conseil des ministres examinera ce matin ses propositions

La rentrée parlementaire est tout entière dominée par un problème qui a fait, dès hier, dans les couloirs de la Chambre, l'objet pour ainsi dire exclusif de toutes les conversations: celui du rajustement budgétaire et financier.

Les députés, réunis par petits groupes dans la salle des Pas Perdus et le salon des Quatre-Colonnes, commentaient la note officielle communiquée à l'issue du conseil de cabinet que M. Paul-Boncour avait tenu avec ses collaborateurs, de 9 heures à midi, au Quai d'Orsay, pour entendre M. Henry Chéron.

Après avoir reédu hoiMnage au remarquable travail de M. Fournier et des autres experts hommage auquel le conseil associa ses remerciements le ministre des Finances avait analysé leur rapport. Puis il avait minutieusement exposé la situation économique, monétaire, financière et budgétaire de la France.

Cet exposé produisit une vive impression sur les membres du gouvernement. La partie essentielle et proprement technique du rapport du comité des techniciens « épluchage du budget nature et détermination exacte du déficit, énumération de ses causes, description de la crise économique avec l'indication de ses origines, de son évolution et de son caractère constitue un travail de tout premier ordre.

1 Mais il convient de souligner que M. Henry Chéron s'est borné à formuler les conclusions d'ensemble qu'il a tirées de ce travail en vue de réaliser l'équilibre du'budget. C'est aujourd'hui seulement que les ministres, réunis en conseil à l'Elysée, se livreront à un examen détaillé des diverses mesures préconisées par M. Chéron, tant en ce qui concerne les économies que les aménagements fiscaux.

Certaines personnalités laissaient dû& nitive n'interviendrait pas dès ce matin car plusieurs ministres, disait-on, estimaient qu'un nouveau conseil de cabinet serait nécessaire pour permettre aux sous-secrétaires d'Etat lesquels, on le sait, ne peuvent assister au conseil des ministres de participer aux délibérations et de c dire leur mot i. Dans ces conditions, ce serait au cours d'un second conseil des ministres que le gouvernement prendrait, d'une manière décisive et officielle, position sur les mesures au sujet desquelles le Parlement sera appelé à se prononcer.

Une discrétion absolue est d'ailleurs

3t. Frot lit le communiqué

observée à propos de la méthode suivant laquelle les Chambres seront saisies des propositions élaborées par M. Henry Chéron. Toutefois, plusieurs députés se demandaient si M. PaulBoncour ne réclamerait pas la procédure d'extrême-urgence, de façon à permettre à la Chambre, étant donné les nécessités de l'heure, de se prononcer dans le délai le plus bref. Dans les groupes de gauche, on constatait avec faveur que le gouvernement, fidèle à la promesse contenue dans la déclaration ministérielle, avait fait appel à la collaboration des associations de fonctionnaires et d'anciens combattants. En revanche, dans les groupes modérés, on formulait quelques réserves sur cette procédure, en vertu de laquelle des communications avaient été faites aux syndicats confédérés sur des projets dont le Parlement n'avait pas encore été informé. D'ailleurs, la plupart des députés estimaient qu'il était de la plus élémentaire sagesse de ne pas formuler d'opinion sur les projets eux-mêmes avant d'en connaître les détails. Ce qui résulte notamment de

La sortie du conseil

I l'exposé de M. Henry Chéron devant Je cpnseil.de cabinet, ,c'est dit' le

31. Chéron

communiqué officiel la certitude qu'il existe dans notre pays de grosses disponibilités qui n'attendent pour s'employer que le moment où le publics aura trouvé ses apaisements dans la restauration de l'équilibre budgétaire. (La suite à la deuxième page.)

A L'ACADEMIE DIPLOMATIQUE INTERNATIONALE

M. non Reinbuhen prononçant son discours: à sa droite M!>I. FranguliK et de Fontenay POUR ET CONTRE Avec un zèle méritoire mais ingénu, quelques municipalités essayent de lutter contre un des plus grands maux de nos temps contre le bruit. Contre le bruit diurne et nocturne. Contre le bruit des échappements libres qui, légalement, ne sont pas libres. Contre le bruit des camions six tonnes et des motos qui pétaradent contre le bruit des marteaux-pilons. des moteurs au banc d'essai, des « tacots aboyeurs » et des locomotives sifflantes. Contre le bruit, enfin, harmonieux sans aucun doute, mais quelquefois inopportun, des haut-parleurs qui parlent un peu trop haut des diffuseurs qui diffusent avec quelque prodigalité, des phonos, des machines parlantes qui tonnent et détonnent. Dans une petite villa de banlieue, l'autre soir, une jeune femme était agenouillée au chevet de son mari qui agonisait. Et pendant que le pauvre homme râlait, les refrains charmants, mais en vérité cruels de la Veuve joyeuse envahissaient la chambre du moribond.

Des lecteurs me demandent

On a établi un code de la route pour réglementer la circulation des véhicules. Ne serait-il pas aujourd'hui nécessaire d'élaborer aussi un code du bruit pour réglementer le vacarme Infernal que font certains véhicules pour réglementer les fureurs hurlantes de certaines machines pour réglementer enfin de façon précise, libérale et opérante la circulation des musiques, des discours, des paroles diffusées par la T. S. F. ou le phono ?

Il faut bien reconnaître que le problème n'est pas négligeable. Il serait même bon que la question du bruit fit enfin. quelque bruit chez nos législateurs

Il n'est pas douteux, en effet, que les citoyens français, dont les aïeux ont pris la Bastille, doivent avoir droit à un minimum de silence quand ils entendent reposer ou travailler en paix.

Il n'est pas douteux que le bruit moderne, qu'il soit vacarme assourdissant de moteurs, qu'il soit harmonie radiodiffusée, qu'il soit jazz, se rend coupable de violation de domicile quand il pénètre avec, quelquefois, effraction des tympans chez de bonnes gens qui ne désirent que le silence. Il est inadmissible qu'on laisse encore en liberté des tacots à échappement libre. Il est inadmissible qu'on n'impose pas quelque retenue aux vieux camions, aux vieux tanks pesants et, déglingués, qui, quand ils dévalent par nos rues ou sur nos chemins, donnent à croire que le jour du Jugement dernier est arrivé. Il est inadmissible, quand le progrès a apporté tant de perfectionnements au machinisme, que des marteaux-pilons, que des moteurs, que d'infernales mécaniques fassent trembler ciel et terre. Il est inadmissible que des autobus préhistoriques, que des tramways datant des Pharaons réveillent en sursaut des populations innocentes. Enfin, il est inadmissible que la T. S. F., cette découverte divine et merveilleuse, se laisse quelquefois aller jusqu'à commettre le vilain délit de tapage nocturne. La devise des amateurs de T. S. F. j'en suis un. passionné doit être e Chacun pour soi La T. S. F. ne doit pas sauter les murs pour' s'en aller chez les voisins, si les voisins ne veulent pas d'elle. La T. S. F. doit être individuelle, courtoise, discrète et réservée. Et les haut-parleurs doivent avoir la politesse de ne pas parler trop haut quand l'heure du couvre-feu a sonné. La T. S. F. ne doit pas compromettre la salutaire radiodiffusion du silence nocturne, qui nous est assurée par la nature. Un code du bruit ?

Pourquoi pas ? 1

Maurice Prax.

LES AMÉRICAINS

PROFITENT LAR6EMENI DES ACCORDS DE LAUSANNE Leurs crédits en Allemagne commencent en effet à se « dégeler » New-York, 10 janvier.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Les accords de Lausanne, encouragés officieusement par le gouvernement américain, ont été un bienfait pour les crédits américains gelés en Allemagne: une grande banque américaine, une des plus engagées en Allemagne, le reconnaît officiellement dans le rapport présenté aujourd'hui à l'assemblée générale de ses actionnaires. Ce rapport dit textuellement « il intéressera nos actionnaires de savoir que non seulement les intérêts dus ont été ponctuellement payés en 1932, mais que des paiements substantiels amortissant le capital ont également été reçus. Le tableau de l'Allemagne, aujourd'hui, est beaucoup plus encourageant qu'il ne l'éta!t il y a un an. Les débiteurs allemands ont montré une bonne volonté et une loyauté splendides et fait plus même qu'ils ne s'étaient engagés à faire. L'Allemagne a traversé les controverses politiques de l'année avec une impressionnante fermeté. La confiance extérieure et intérieure dans la stabilité politique de l'Allemagne a beaucoup augmenté. Les semaines dernières, par ailleurs, ont amené un nombre régulièrement grandissant de rapports encourageants sur l'amélioration des affaires et les données statistiques démontrent que ces rapports ont un fondement solide. Les prix des valeurs allemandes à Berlin et sur les marchés étrangers ont montré une amélioration marquée. Cela est dû en partie à la confiance grandissante que l'Allemagne inspire aux étrangers, mais peut-être davantage encore à la confiance des Allemands eux-mêmes dans la situation de l'Allemagne. Le facteur le plus important de cette renaissance de la confiance est, bien entendu, l'accord de Lausanne. »

Albert Wiggin, président du conseil d'administration de cette banaue. au! est aussi le président de la commission chargée de suivre les intérêts des banques privées américaines en Allemagne, n'a pas manqué, dans le discours qu'il a prononcé devant l'assemblée aujourd'hui, de rendre hommage à la France à cette occasion.

Pierre DENOYER

L'Allemagne décide

la nomination à l'étranger d'attachés militaires et navals Berlin. 10 janv. (dép. Petit Paris.) Le cabinet von Schleicher a décidé de nommer des attachés militaires mands aux ambassades de Paris, Londres, Rome, Prague, Varsovie, Moscou et Washington. Des attachés navals seront envoyés à Paris. Londres et Rome. Les officiers allemands intéressés seront officiellement nommés le 1" avril.

Pour le poste de Londres, il est ques- tion du colonel baron von Schlep- penberg, commandant jusqu'ici le 14' régiment. Pour le poste de Paris, le candidat est le général de division Kilhlental, chef de l'état-major du groupe de Cassel. A Rome sera envoyé le colonel Fischer, chef de la section « armées étrangères au ministère de l'Armée, et Moscou aura le lieutenant- colonel Hartmann. A Washington, le général de division von Bœtticher. Ces officiers sont tous des officiers d'aotive. Ils resteront affectés pour ordre au ministère de l'Armée mais soumettront d'abord leurs rapports destinés au ministre de la Reâchswehr aux ambassadeurs et ministres alle- mands dont ils seront les collaborateurs. On sait que, avant la guerre, les attachés militaires et navals allemands envoyaient leurs rapports directement à l'empereur et aux ministres sans les soumettre aux diplomates.

L'attaché militaire allemand à Moscou sera accrédité auprès des Etats baltes. L'attaché militaire allemand à Prague sera, de son côté, accrédité auprès des Etats balkaniques.

(La suite à la troisième page.) M. Mistler a inauguré la cinémathèque française

M. Mistler inaugurant le musée mi cinéma (Voir d la quatrième page.)

M. CAMILLE CHAUTEMPS ECHAPPE A UN ACCIDENT D'AUTO L'automobile de M. Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, a été heurtée par un taxi à l'angle de 1a rue de Sèvres et du boulevard Raspail. Tout s'est borné, fort heureusement, à des dégâts matériels.

LA SANTÉ DE M. POINCARÊ CONTINUE D'ETRE EXCELLENTE v,Hyères, 10 janvier (éép. Hnvns.) La santé de M. Poincaré s'améliore de jour en jour. Il profite des belles journées revenues pour continuer ses promenades.

Drame de famille dans un château près de Rennes UN INGENIEUR

TUE SA FEMME

ET SE SUICIDE

Par une lettre, le meurtrier explique à son fils aîné que son enfant mort le réclamait impérieusement

L'épouse de l'ingénieur avait été dame de compagnie dana le château où le drame eut lieu Rennes, 10 janvier (dép. P. Parisien.) Un drame rapide et déconcertant s'est déroulé ce matin dans le château de Mme D. magnifique propriété située au Rheu, en bordure de la route

Le château dans lequel se déroula le drame {.Par belinogramme.)

de Mordelles à Rennes, et à six kilomètres de cette ville.

^rl. Bourdelles, âgé de soixante-deux ans, a tué d'une balle de revolver d'ordonnance sa femme Madeleine, âgée de cinquante-deux ans, ex-dame de compagnie de Mme D. Le meurtrier s'est ensuite suicidé.

M. Bourdelles, qui avait exercé la profession d'ingénieur, habitait 21, boulevard Beauséjour, à Paris. Il était rentré depuis dimanche soir d'uu séjour de quelques semaines a Bayonne, où il avait autrefois résidé en qualité de capitaine d'artillerie. Les époux Bourdelles venaient assez souvent au Rheu. L'ingénieur, qu: n'avait pu se consoler de la perte d'un de ses fils, mort il y a environ quatre ans, aimait venir se reposer dans cetr-î somptueuse et calme demeure, au milieu d'amis.

Depuis dimanc.b.e» les. éggux, qui paraissaient très unis, avaient passé leur temps à faire de longues promenades dans le parc ou à jouer à la patience en compagnie de Mme D. Hier, même, ils étaient restés assez tard à se livrer à ce jeu dam un petit salon du rez-de-chaussée. Ce matin, vers 7 heures, la châtelaine fut très étonnée de ne pas avoir encore reçu la visite de Mme Bourdelles, qui avait coutume, chaque jour, de venir lui souhaiter le bonjour. Peu après, une bonne arrivait, affolée, et répandait l'émoi dans la maison: elle venait de découvrir deux cadavres, ceux de l'ingénieur et de sa femme. Mme Bourdelles avait été tuée, en plein sommeil, de deux balles de revolver à la tempe. L'ingénieur, son crime accompli, s'était fait justice. Et le ronflement entendu par Mme D. n'était autre que le râle du malheureux agonisant.

Sur une table, bien en évidence, se trouvait une lettre adressée à l'autre fils de M. Bourdelles, actuellement au Maroc. En voici la teneur:

Mon cher André,

Ton frère me réclame impérieusement. Je ne puis que me rendre à son appel. Nous allons disparaître. Et que Dieu ait pitié de nous.

Ton père,

Bourdelles.

Depuis combien de temps cette tragique détermination avait-elle germé dans le cerveau de l'ingénieur? On l'ignore. Ses amis et ses proches sont atterrés.

NOTRE ENQUETE A PARIS

M. et Mme Bourdelles habitaient depuis trois ans environ 21, boulevard Beauséjour, où l'on nous a déclaré qu'ils menaient une existence paisible. Sortant fréquemment ensemble sans que le moindre dissentiment apparût entre eux. ils avaient un certain nombre de relations parmi lesquelles Mme D. qui. quand elle venait à Paris, descendait toujours boulevard Beauséjour.

Très bon, le ménage était très estimé et nul n'ignorait qu'après la mort I de l'un de ses fils. M. Bourdelles avait été extrêmement frappé. <r II souffrait beaucoup », nous a dit quelqu'un de sor entourage. C'est ce qui parait renfor cer l'hypothèse selon laquelle, dans unf crise de neurasthénie, il se serait tuf après avoir donné la mort à s' femme.

Jean- Léon Faverge

meurtrier du chaulfeur Lee a sauoé sa fête

Son complice Fourmentin est condamné à cinq ans de prison Lorsque l'avocat général, M. Casa: ] gneau, demanda aux jurés d'envoyé Faverge à l'échafaud, le jeune bandi' put à bon droit trembler. Son avocat MI J.-L. Thaon, sut néanmoins redres ser la situation qui semblait perdue Aussi les jurés, bientôt, répondaientils oui à toutes les questions. mais accordaient des circonstances atté i nuantes. Puis, appliquant à la lettre ce verdict, ils prononçaient la peine des travaux forcés à perpétuité. Le complice de l'expédition de la rue Championne!. Ernest Fourmentin défendu fort habilement par M' Du theillet de' Lamothe, s'en est tiré, lui aveo cinq ans de prison et cinq ans d'interdiction de séjour.

M. Lecat. père du chauffeur assassiné, a obtenu le franc symbolique qu'il revendiquait, et la jeune veuve de la victime touchera théoriquement 150.000 francs de dommagesintérêts.

Faverge répondra aujourd'hui des dix-sept cambriolages qui précédèrent le meurtre du chauffeur.