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M. Paul-Boncour forme e cabinet Dans la matinée, le sénateur de Loir-et-Cher avait sollicifé la collaboration socialisfe, mais celle-ci lui fut refusée, à la fin de l'après-midi, en raison de divergences sur le programme à soumetfre aux Chambres LES RADICAUX SOCIALISTES ET LA GAUCHE RADICALE VOTAIENT DE LEUR COTÉ DES ORDRES DU JOUR FAVORABLES A UN CABINET D'UNION DES GAUCHES A 20 heures, M. Paul-Boncour acceptait définitivement la mission qui lui avait été offerte par le chef de l'Etat et commençait aussitôt ses démarches en vue de la désignation de ses collaborateurs

M. Paul-Boncour a été chargé officiellement, hier à 20 heures, de former le cabinet. Il a donné au Président de la République une réponse affirmative, sans la moindre réserve.

La combinaison que le premier délégué de la France à la Société des nations compte mettre sur pied sera à l'image de l'union des gauches qu'il entend réaliser et sur laquelle il veut s'appuyer pour gouverner.

La crise est virtuellement dénouée. Le premier cabinet Paul-Boncour sera, sauf incident imprévu, constitué aujourd'hui. Il ne comprendra aucun député socialiste S. F. I. 0., mais aura le soutien du grand parti d'extrême gauche. Les collaborateurs de M. PaulBoncour seront pris. pour la plupart, parmi les membres du parti radical socialiste. Les autres ministres ou sous-secrétaires d'Etat appartiendront au parti républicain socialiste, au parti socialiste français, à la gauche radicale, aux indépendants de gauche, aux républicains de gauche et au groupe des non inscrits (M. Frot, député de Montargis). Quant aux sénateurs qui feront partie de la combinaison, ils font tous partie de la large majorité de gauche de la Haute Assemblée. M. Edouard Herriot, conformément à la déclaration faite par lui dès le premier jour, n'entrera pas dans le ministère, mais ses amis politiques, ses amis personnels y seront nombreux. Dans un communiqué qu'il a tenu à dicter lui-même à sa sortie de l'Elysée,

quelques instants apres avoir donne son acceptation définitive au chef de l'Etat, M. Paul-Boncour a précisé sa position et ses intentions.

Voicj le texte de ce communiqué Malgré mes instances auprès du président Herriot, que j'estimais ie plus qualifié pour continuer une polittque qui n'avait reçu aucune atteinte du fait du dernier scrutin, celui-ci n'avait pu ,que m'encourager^umuement à accomplir la tâche que £f. le Président de la République m'avait fait l'honneur de me confier et m'assurer de son précieux appui: Ce n'est donc qu'après des conversations répétées avec lui que je me suis décidé d prendre les contacts nécessaires pour juger de la possibilité où j'étais d'accepter cette mission. J'aurais souhaité ardemment, fidèle aux idées que j'ai toujours défendues, associer le parti socialiste lui-même, aux responsabilités du gouvernement et exprimer., dans sa composition même, cette large utaion des gauches, plus que jamais nécessaire dans lea circonstances internationales et budgétaires présentes.

Tout en m'assurant d'une estime amicale et en témoignant sa sympathie aux efforts que j'allais /aire, le parti socialiste n'a pas cru pouvoir réaliser mote dessein.

Devant les instances de M. le Préaident de la Répubdique et les ordres du jour d'encouragement qui m'ont été votés par les groupes de gauche de la Chambre, j'ai cependant décidé d'accepter la missiou qui m'était confiée et je vais n'efforcer de constituer le plus rapidement possible un gouvernement qui, par sa composition et son programme, serve le plus efficacement qu'il se peut cette union des gauches qui a toujours été la règle de ma vie politique et, par cette union, permette, je l'espère, à notre pays de surmonter les difficultés présentes. Le futur chef du gouvernement souhaitait « faire quelque chose de neuf >. En d'autres termes H désirait ardemment réaliser un cabinet qui comprît des représentants de tous les groupes de gauche et dans lequel, par conséquent, seraient entrés les socialistes S. F. I. 0.

Partisan résolu de toujours de l'union des gauches au gouvernement et au Parlement, partisan de la c participation » lorsqu'il appartenait au parti socialiste il eût été heureux de pouvoir

M. BENAEDEI,

réaliser, pour sa première présidence. son vœu le plus cher.

Il a essayé d'y parvenir. Et c'est pour c réfléchir et sonder », selon sa propre expression, qu'il avait demandé vendredi soir à M. Lebrun un certain délai pour consulter ses amis et les partis.

Dans la matinée d'hier, i1 a vu son

M. PAUI^BONCOUB

ami et ancien collègue du groupe d'extrême gauche, « participationniste » lui aussi, M. Renaudel et ne lui a pas dissimulé qu'il comptait faire appel à la collaboration effective de son ancien parti. Mais il lui a montré, dans ce cas, l'impossibilité pour les socialistes S. F. L 0. de conserver les positions prises par eux (motion votée au gymnase Huyghens). Il demandait donc au dé- puté du Var d'obtenir en échange de la collaboration l'abandon momentané des articles du programme minimum dont la réalisation ne peut, à l'heure actuelle, tant sur le plan extérieur que sur le plan intérieur, avoir quelque chance d'être envisagée.

M. Paul-Boncour parlait au chef de la fraction de droite du parti socialiste en homme d'Etat conscient de ses responsabilités, et désireux de maintenir dans le pays la confiance nécessaire au redressement financier. il ne condamnait pas, il ne renonçait pas aux réformes réclamées par les. socialistes. Mais il tenait à montrer que, s'agissant du gouvernement, il fallait songer, avant tout, aux posai-

Les délégués socialistes MM. Lebas, Blum et Vincent Auriol

bilités du moment, à l'opportunité des programmes élaborés.

M. Renaudel s'en fut. Il était alors certain qu'à moins d'un revirement dans le groupe socialiste, il serait difficile, sinon impossible, à celui-ci de donner une réponse favorable à M. Paul-Boncour.

Mais le ministre de la Guerre avait engagé les pourparlers. Les socialistes devaient examiner la situation et assez vite afin que le sénateur de Loir-et-Cher fût en état de donner, dans la soirée au plus tard, une acceptation ou un refus à l'offre ferme que ne manquerait pas de lui faire le chef de l'Etat.

Les élus socialistes délibérèrent longuement. La convocation du conseil national fut envisagée. Une délégation fut envoyée rue Saint-Dominique où elle se rencontra avec M. Paul-Boncour, qui fut obligé de maintenir sa position.

De délibération en délibération, les socialistes renoncèrent finalemeut à soumettre l'offre de M. Paul-Boncour à l'examen du conseil national. Mais il était hors de doute que le sénateur de Loir-et-Cher pourrait, le cas échéant, compter sur le soutien socialiste.

Il apparaissait alors aux yeux de nombreux socialistes qu'en agissant ainsi qu'il l'avait fait M. Paul-Boncour avait rendu un grand service au parti d'extrême gauche dont il n'excluait pas la participation avec un programme se rapprochant du programme minimum S. F. I. 0., mais dans des circonstances plus favorables. En effet, si la question avait été portée devant le conseil national, il est possible, il est probable même que la « participation aurait été votée, mais il aurait fallu ensuite discuter sur le pro-

gramme et le plus « convaincu des participationnistes » n'oserait réellement affirmer que la majorité aurait accepté de renoncer à la motion du gymnase Huyghens. Il n'y a qu'à se reporter à l'article publié avant-hier dans le Populaire par M. Severac, secrétaire général adjoint du parti, pour avoir une opinion

Nous, socialistes, écrivait M. Severac. nous avons dit clairement ce que nous estimions qu'il fallait faire. Aux radicaux qui d'ailleurs ne nous le demandaient pas nous avons dit, dès le lendemain des élections et au moment où ils allaient être appelés à prendre le pouvoir Si vous voulez résoudre le problème des finances publiques, pas d'autre moyen que de diminuer de façon massive les dépenses militaires et de demander des ressources à l'établissement de monopoles fiscaux ».

Ils ne nous ont pas écoutés.

Mais cela veut dire car les opinions personnelles des ministres et les programmes sur lesquels ils s'étaient fait élire nous étaient connus et nous n'avons pas le droit de taxer ces hommes de duplicité ou de faiblesse cela veut dire qu'ils n'ont pas pu. Cela veut dire encore que les mesures qu'il faudrait prendre pour sortir des difficultés budgétaires et financières présentes sont d'une telle importance et d'une telle gravité qu'elles mettraient en question fes fondements mêmes du régime social actuel. » Un débat sur le programme aurait pu amener des divisions. Et si quelques députés socialistes avaient accepté quand même de collaborer, le parti les aurait sans doute désapprouvés. Les choses ont tourné de telle façon que l'unité demeure intacte. Il en est de même au groupe radical où les résolutions du congrès de Toulouse favorables à l'union des gauches reçoivent, comme avec le cabinet Herriot, leur application stricte. L'unité radicale qui aurait pu être sinon menacée mais du moins entamée avec un ministère de préconcentration ou, avec, un ministère, de cartel se trouve consolidée, M. Paul-Boncour peut dont compter sur l'appui total des deux grands groupes de gauche de même que sur les groupes intermédiaires et la gauche radicale. Celle-ci a d'ailleurs voté hier après-midi un ordre du jour favorable à la combinaison de demain calqué en quelque sorte sur l'ordre du jour du groupe radical socialiste. Ce sont ces encouragements prodigués à M. Paul-Boncour qui ont conduit celui-ci à accepter de former le cabinet, malgré le refus des socialistes à la collaboration desquels il tenait tout particulièrement.

Sans les ordres du jour et aussi sans les instances pressantes d'un grand nombre de personnalités appartenant aux deux Assemblées, et notamment M. Joseph Caillaux, président de la commission des finances, dont M. PaulBoncour fut le collègue en 1911 dans le cabinet Monis M. Paul-Boncour assura à cette époque, comme ministre du Travail, l'application de la loi des retraites ouvrières le sénateur de Loir-et-Cher aurait passé la main. Soutenu par tous, il ne le pouvait pas.

M. Paul-Boncour l'a parfaitement compris et bien qu'il fût obligé de faire autre chose que ce qu'il avait entrevu, il s'est mis à la besogne. Charles MORICE

A la deuxième page La journée de M. Paul-Boncour.

Dire que iadis les oncle* d'Amériqum étalant tous des oncleg à héritage

Les hommes du jour SERGE LIFAR Danseur et maître de ballet L'Opéra vient de« donner la première représentation d'un bdlle^-Sar le Barysthène. qui a été non seulement réglé par le jeune maitre Serge Lifâr, mais dont le scénario a été imaginé par lui, en collaboration avec Serge Prokofieff, l'auteur de la musique.

Lifar est, malgré sa jeunesse, très connu dans le monde de la chorégraphie russe et française. Paris l'a applaudi naguère dans l'Oiseau de feu, dans Petrouchka, qu'il a repris au cours d'une saison des ballets russes, dirigée par Diaghilew, et dans le Pas d'acier, qu'il a créé en 1927. On peut dire sans exagération que ce danseur, qui a recueilli la succession et la réputation de Nijinsky, est le Vestris du XX* siècle. Si, du temps de ce dernier, le cinématographe eût existé et eût pu nous conserver les exploits de virtuosité de ce célèbre danseur, le film où il apparaîtrait nous donnerait l'idée vraie des envolées formidables de hauteur et de légèreté qui sont aujourd'hui l'apanage de Serge Lifar. Pour employer des termes techniques, il faut dire que cet artiste hors de pair a du « ballon » et de l' « élévation lorsqu'il exécute ses pas dont le brio est surprenant de légèreté et ensorcelant par leur style à la fois noble et délicat.

Serge Lifar ne semble pas accomplir un travail, un exercice, il a l'air de danser pour son plaisir, il exprime par la saltation la joie de vivre. Pas le moindre effort physique dans les mouvements de son corps: c'est ce qui surprend. En effet, qu'importe au spe<ctatçt.ï plus os moins de mal que se donnent le'* danseur ou la ballerine 1 Seul, le résultat compte l'aisance est le critérium de la perfection. Lifar est naturel comme la fleur qui s'incline sous le souffle du zéphyr, il est le nuage qui glisse dans le firmament. Le mérite des Russes, quand il s'agit de ballets, est d'avoir donné un rôle à t'étément masculin hommes et femmes bénéficient de droits égaux. Et cela tient à l'invraisemblance qui émane du travesti, puis surtout des danses populaires de là-bas, toutes languides en ce qui concerne les femmes, toutes fougueuses quand il s'agit des hommes ce caractère-là a été celui des danses scéniques. Voilà pourquoi

la Russie a formé une importante série de danseurs éminents.

Appelé à diriger notre ballet de l'Opéra, Serge Lifar a tenu à maintenir la même tradition. Puis il n'a eu qu'à animer les bonnes volontés conjuguées de nos danseuses et de nos danseurs. Sans recourir à aucune de ces extravagances par lesquelles la troupe russe de Diaghilew donnait parfois des crocs-en-jambe au bon sens, il a établi un ballet qui est né avec la musique de M. Prokofieff l'un est l'émanation de l'autre tous deux tendent vers la simplicité, vers l'expression. Sur le Borgsthène (c'est l'ancien nom du fleuve Dniéper) est une vision de la Russie primitive, une vision bourrée de ces épisodes dont est faite la vie du peuple. Serge Lifar, à la fois poète et profond observateur. a cherché à fixer cet autrefois dans l'œuvre d'art qu'il s'est proposée. Louis SCHNEIDER

Accident de chemin de fer en Suisse Zurich, 17 décembre (dbp. Havas) Un accident de chemin de fer s'est produit aujourd'hui à l'entrée de la gare d'CErlikon, dans la banlieue de Zurich, où un train est entré en collision avec une machine haut le pied. Il y aurait trois morts et de nombreux blessés.

LA CREANCE AMERICAINE M. Herbert Hoover et ses ministres cherchent une formule d'arrangement

Le Président estimerait opportune la réunion d'une commission d'experts déblayant le problème, mais les démocrates semblent vouloir laisser les choses en l'état jusqu'à l'avènement de M. Roosevelt

En tout cas, la réunion d'une conférence internationale sur les dettes n'est pas envisagée mairtienant ci Washington, ne fût-ce que pour des raisons budgétaires

New-York, 16 décembre.

OR NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER en attendant le dévelopement de la situation politique en France, le président Hoover a décidé de retarder l'en- voi de son message au Congrès sur la question des dettes. Il s'est entretenu hier soir et aujourd'hui avec ses ministres Stimson et Ogden Mills des velléités de négociations de la France. L'idée qui domine ces conversations est que la commission envisagée par M. Hoover pour ouvrir l'examen de la question des dettes sur le fond pourrait être. ainsi que je vous l'indiquais hier, une commission d'experts. La nomination de cette commission d'experts répondrait à deux préoccupations.

L'une serait de tenir la promesse faite par le président Hoover aux puissances débitrices que la question des dettes serait réexaminée sans délai. L'autre serait de fournir à la France la preuve tangible qu'un commencement de négociation internationale est en vue et que le paiement du 15 décembre peut être fait conformément aux conditions de la Chambre des députés.

L'attitude des démocrates M. Hoover aurait éprouvé une certaine indécision devant ce projet il se préoccupe de savoir ce qu'en pensent les démocrates. La réaction démocrate est en effet des plus importantes à envisager par tous, car c'est la future administration démocrate seule qui pourra faire aboutir des accords constructifs sur les futurs paiements. Par principe, les milieux démocrates estiment préférable de laisser la question entière jusqu'après le 4 mars 1933 et de ne faire commencer la négociation qu'après l'arrivée de l'administration Roosevelt. Pourtant, les travaux préliminaires de cette commission d'experts pourraient laisser mtact le pouvoir de négociation du futur gouvernement. En tout cas, ce soir, c'est du côté démocrate que les yeux sont tournés pour savoir si ce projet a des chances de réussir ou non. Le gouverneur Roosevelt a étudié aujourd'hui la question des dettes avec le professeur de Columbia University, M. Raymond Moley. Il doit en reprendre l'examen demain.

Etant donné l'importance de la résolution votée par la Chambre le 14 décembre, il est nécessaire de revenir sur la question d'une conférence internationale sur les dettes que cette résolution réclame.

Pierre DENOYER

(La suite la troisième page.) Le nouveau colonel des pompiers

Le lieutenant-colonel bled

(Voir la cinquième gage.)

On trouvera en Dernière Heure les dépéches annonçant l'arrestation en Argentine de deux anciens présidents Irigoyen et de Alvear.

Une explosion provoque incendie d'un dundee et d'une péniche au Havre

On compte cinq victimes, brûlée* ou noyées

Le Havre, 17 décembre (dép. Havas) Vers 19 h. 30, près de la digue sud du Havre, au bassin des pétroles, dépendant des établissements de la Compagnie industrielle maritime, le dundee à moteur Rosedo, de Paimpol, chargé de bidons d'essence. dont il fait le transport régulier entre le Havre, Cherbourg et Brest, s'apprêtait à appareiller au moment où l'on mettait le moteur en marche, une violente explosion se produisit, communiquant le feu au chargement et à la péniche SaintPhilbert, également chargée d'essence et amarrée en couple du dundee. Les pompiers et les bateaux-pompes Salamandre et Président-Mallet se portèrent rapidement au secours des bateaux. Mais la lutte contre le feu se montra particulièrement difficile. Au moment de l'explosion, plusieurs personnes qui se trouvaient à bord du Dundee et de la péniche ont été atteintes par les flammes ou se sont jetées à l'eau.

On compte plusieurs victimes MM. Félix Brochée, second du Rosedo Alexandre Le Louet. quatorze ans, du Havre Yves Leblond, dix-huit ans, disparu Mme Dufour, femme du marinier de la péniche Saint-Philbert est dans un état désespéré sa dlle, Monique, seize mois, est morte.

A 21 heures, le feu n'était pas encore complètement maîtrisé.

ITALIE 1932 La conquête des jeunes cerveaux par Claude BLANCHARD

Défilé de liallilas dans un quartier populeux de Borne

Mrs MOLLISON

FAIT ESCALE AU BOURGET Elle avait quitté hier matin Oran pour couvrir une nouvelle étape de son raid le Cap-Londres commencé dimanche dernier

ELLE REGAGNERA LONDRES CE MATIN

Mfs >ïollison la descente d'avion S'arrêterait-elle a "Paris "où" couvrirait-elle d'une traite le trajet OranLondres ?

Question que toute la journée se posèrent les aviateurs et le public innombrable qui suivent depuis dimanche les étapes étonnantes du voyage « homebound » ̃– vers le foyer, comme disent les marins qu'effectue Mrs Amy Mollison.

Du Cap, au-dessus des solitudes australes, au-dessus de la forêt tropicale, au-dessus des sables du Sahara, audessus de la mer, au-dessus des Pyrénées, dans le brumes de l'hiver retrouvé sur ce côté de la terre, le Desert Cloud, frêle oiseau d'argent aux mains intrépides d'une femme qui n'a rien abdiqué de son originelle séduction, de sa grâce, de sa féminité pour mieux dire, est venu se poser sur l'aire du Bourget.

La nuit s'insinuait déjà dans les brumes et les fumées effilochées sur Paris et sa banlieue, les feux des hangars et le grand phare tournant de l'aéroport venaient d'être allumés.

Il était tout près de 16 heures. On n'espérait plus. Mais on ne désespérait pas la courageuse aviatrice a de tels états de service et a vaincu si souvent ou déjoué la perfidie des éléments

Un vrombissement léger tout à coup, un avion couleur de brume vient d'apparaitre. Il tournoie au-dessus de l'aérodrome, descend en orbes gracieux, se pose, sautille, s'arrête devant les hangars de l'aviation civile.

Il y a sur le terrain quelques aviateurs, des mécanos, des journalistes, des photographes.

On se précipite.

Dans sa « conduite intérieure une femme cela se devine malgré le serre-tête, la combinaison de cuir, les lunettes sourit, et d'un geste gracieux ouvre la carlingue, dégage sa chevelure, respire largement et se présente le plus simplement du monde comme jadis le boy Lindbergh Amy Mollison.

Emmanuel MARIN.

(La suite à la deuxième page.) BELLONTE S'EST MARIÉ HIER~ Hier a été célébré par le maire du XVI* arrondissement le mariage de l'aviateur Jacques Bellonte et de Mlle Raymonde Laffon.

Les témoins de Jacques Bellonte

étaient M. Louis Kahn, ingénieur du génie maritime, et Mlle Deutsch de la Meurthe; ceux de la mariée: MM. Marcel Aboucaya, administrateur de sociétés, et Sylvain Meyer, induotriel.

Ainsi, par sa formation en syndicats, la nation italienne prend aujourd'hui l'aspect d'un immense échiquier, dont chaque catégorie de travailleurs occupe les cases, pendant que l'Etat, ayant seul le pouvoir de juger de l'ensemble, joue la partie.

Cependant, il ne suffit pas d'échafauder de si grands plans un homme n'est pas un pion de bois il faut encore que l'individu s'adapte à cet ordre si nouveau pour lui, il faut surtout que sa conscience l'oblige à se, sacrifier à l'intérêt collectif. Former des consciences nouvelles, des consciences fascistes, pour le régime, tout est là. Sans elles, il ne pourrait se consolider. Voilà pourquoi l'éducation de l'enfance a pris, dans l'Italie 'd'aujourd'hui, l'allure d'une croisade nationale. Je n'ai encore rien vu ici de plus étonnant ni de plus « révolutionnaire n, dans le sens où ce mot exprime la nouveauté. Pour modeler les jeunes cerveaux, il se déploie une habileté et une intelligence incontestables.

Le fascisme, obéissant à sa règle de conduite, qui consiste à ne point heurter de front les anciennes traditions libérales, n'a pas voulu instituer l'école unique, qui fait couler tant d'encre chez nous. Les catholiques, les protestants, les israélites continuent à enseigner dans leurs collèges respectifs, mais sous un contrôle permanent du pouvoir. De cette façon, l'école unique existe malgré tout. en pratique, de même que l'autorité de Mussolini est entière en dépit du Parlement. o–

La pédagogie, l'art d'enseigner, est un mot bien rébarbatif, mais c'est une chose très utile. Je pensais cela tandis qu'une auto m'emportait aux côtés du professeur Padellaro, un Sicilien sec, aux yeux éclatants mais doux, qui tient entre ses mains fines les fronts de cent mille petits enfants. Nous passions devant la Trinité des Monts et ses perrons ornés des plus jolies fleurs du monde quand il me dit

En France, vous avez une façon d'instruire la jeunesse toute différente

de la nôtre. Votre respect de lajiberté de conscience vous oblige à ne vous adresser qu'à l'esprit, auquel vous donnez le savoir sans vous préoccuper de l'âme et de l'imagination. Le fascisme utilise le système contraire. Pour éduquer, il parle aux coeurs d'abord et se sert, dans ce but, de deux moyens l'art et la religion chrétienne. Dans toutes les salles d'école de ce pays, vous verrez le Christ sur le mur et vous entendrez des prières, car nous considérons que l'homme doit former son intelligence sous le double signe de la foi et de la tradition. Le professeur posa sur mes genoux un volume sur lequel je lus: Il libro unico, le 1 i v r e unique. Toutes les connaissances qui doivent être inculquées au cours de l'année scolaire sont contenues dans ce seul ouvrage, édité par l'Etat, et qui ressemble plus, par son texte et ses illustrations naïves, à un recueil de contes de fées qu'à une méthode de grammaire.

Si je n'avais pas lu ce que contenaient ses pages, je ne serais pas parvenu à me faire une idée des procédés employés par le fascisme pour préparer tant d'intelligences à l'avenir de sa cause. Mes yeux s'arrêtèrent tout d'abord sur un dialogue entre deux écoliers qui avait pour titre « La Maison du Duce > et dont j'extrais le passage suivant C'est une de ces pauvres mais pittoresques maisonnettes aux murs lézardés, avec le petit escalier à l'intérieur, un arbre à côté, comme on en voit si souvent dans les villages de la Romagne mais à nous, ces degrés nous semblent ceux d'une église, et c'est avec une vraie religion que nous pénétrons dans la chambre où il est né.

On observe tout en silence le grand lit recouvert d'une simple couverture à carreaux; la cheminée, la table, la lampe, toutes les choses qui le virent naître. >

Dans un autre conte qui explique la marche sur Rome, le livre unique n'hésite pas, malgré le jeune âge de ses lecteurs, à dénoncer l'ennemi politique sous la forme du symbole: < Le matin du 28 octobre, est-il dit, les fascistes avancèrent et ils entrèrent à Rome, parce que Rome a toujours été la tête de l'Italie et, malheureusement, l'Italie, après son éblouissante victoire dans la Grande Guerre, était restée sans tête.

Qui la lui avait coupée? demanda Chérubin.

Les communistes. >

(La suite la quatrième page.)

LES IMPOTS

sont en moins-value de

5.211.168.000 francs

sur les évaluations pour les huit premiers mois de l'année budgétaire

La moins-value du chiffre d'affaires atteint 212.134.000 francs pour le mois de novembre

A la quatrième part I I.B comma *♦♦*» POIL DE FER