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L'accord s'est f ait à Genève, sur une formule de conciliation LE RESULTAT DE L'ACCORD REALISÉ EST QUE L'ALLEMAGNE REPRENDRA SA PLACE A LA CONFERENCE DU DESARMEMENT Le point essentiel de la déclaration,est que l'un des pxincipes directeurs de la conférence du désarmement devrait être « l'octroi à l'Allemagne, ainsi qu'aux autres puissances désarmées par traité, de l'égalité des droits dans un régime qui comporterait pour toutes les nations la sécurité »

LA DÉCLARATION DES CINQ ~7 Voici le texte de la déclaration des Cinq;

Les conversations qui se sont déroulées entre les cinq délégations, a Genève, ont abouti à un accord, et il. Macdonald, en sa qualité de président, a été autorisé jaire, au nom de ses collègues, la communscation suivante au président de la' conférence

1° Les gouvernements du RoyaumeUni de la France et de l'Italie ont déelaré que l'un des principes qui devraient servir de guide la conférence du désarmement devrait être l'octroi à l'Allemagne, ainsi qu'au3: autres puissances désarmées par traité, de l'égalité des droits dans un régime qui comporterait pour toutes les nations la sécurité, et que ce principe dévrait trouver son expression dans la conventvon que coxjérence du désarmement. Cette déclaration implique que les limitations respectives d'armements de tous les Etats devraient être inscrites dans la convention de désarmement envisagée.

Tl est clairement entendu que les modalités d'application d'une telle

Genève, 11 décembre.

DE NOTRE ENVOYÉ SPiCIAJ,

On trouvera ci-dessus le texte de la déclaration commune, si péniblement élaborée hier, et dont nous avions fait prévoir qu'elle serait signée ce matin à l'hôtel Beau-Rivage, par les représentants des cinq gouvernements français, britannique, américain, italien et allemand. A quelques mots près, elle correspond à l'analyse que nous en avions donnée et par là même justifie pleinement les commentaires favorables dont nous l'avions accompagnée. Certains ne manqueront pas sans doute d'en critiquer la phraséologie un peu vague et s'étonneront que sa rédaction ait nécessité tant d'efforts. A la vérité, l'opération que ce texte, si inconsistant qu'il soit en apparence, a permis de réaliser est bonne et c'est là ressentie]. Sans rien céâer, en effet, le négociateur français. M.- PaulBoncour, a réussi, dans des circonstances particulièrement difficiles, grâce à l'appui loyal et empressé, non seulement de M. Macdonald mais aussi de MM. Aloisi et Norman Davis, à ramener l'Allemagne à la conférence du désarmement. Or cela est de toute première importance.

Certes et nous l'avons écrit ici même la commission générale aurait pu, si elle l'avait voulu, poursuivre ses travaux sans le Reich et élaborer sans lui un projet de convention de rédaction des armements auquel il lui aurait fallu, plus tard, s'associer, sous peine d'assumer aux yeux du monde l'entière responsabilité de l'échec de la conférence.

Qui ne voit cependant le sérieux avantage que constituera désormais sa présence, même si elle se traduit, ce qui est certain, ce qui est inévitable, par de multiples et graves difficultés? Qui ne se rend compte, notamment, de la gêne que ne peut manquer d'éprouver le gouvernement de Berlin, après ce retour consenti dans de pareilles conditions et accompagné de pareils engagements, s'il voulait mettre à exécution les mesures de réorganisation de la Reischwehr projetée par M. von Schleicher et poursuivre les opérations de réarmement en cours de préparation de l'autre côté du Rhin ?

Vers une commission permanente de contrôle

Quelque obstacle que les délégués allemands puissent faire surgir sur son chemin, on peut espérer mainte- nant voir la conférence aboutir à une convention dont l'un des principaux résultats sera l'institution de la commission permanente de contrôle. Or, quand on sait quelles difficultés il y aurait actuellement à faire jouer l'article 213 du traité de Versailles, qui oblige l'Allemagne « à se prêter à toute investigation que le conseil de la S. D. N., votant à la majorité, jugerait nécessaire », on ne peut vraiment que se féliciter d'un retour qui se traduira plus tard, de la part du Reich comme de la part de toutes les autres nations contractantes, par l'acceptation volontaire d'un contrôle général direct et effectif.

De même, bien que ce ne soit là, ainsi que nous le remarquions hier, qu'une réaffirmation des engagements pris au terme du pacte Briand-Kellogg, on ne peut accueillir qu'avec satisfaction la nouvelle déclaration solennelle par tous Ies Etats- européens et non pas seulement par les gouvernements anglais, français, allemand et italien « qu'en aucune circonstance ils ne tenteront de résoudre par la force un différend présent ou futur y.

Non seulemeaat cette réaffirmation ainsi que le soulignait le mois dernier sir John Simon, qui en a fait l'un des articles de son pUm personnel et à l'initiative de qui on en doit évidemment la reprise ne serait pas vaine en soi, naris, par sa limitation auz seuls Etats européens, elle constitue l'amorce du plan d'assistanee européenne préconisée jadis par dristide Briand et dont la délégation française n'a jamais cessé de souhaiter la réalisation. M. Paul-Boncour assure l'avenir Il est possible évidemment que ceux qui ont fait introduire ce paragraphe avaient l'espoir d'invoquer plus tard cette réafflrmation de non-recours à la force et de la présenter, en dépit de son absence absolue de sanction, comme constituant une de ces garan-

égalité des droits restent à discuter à la conjérerece;

2° Sur la base de cette déclaration, l'Allemagne a fait connaître qu'elle était prête à reprendre sa place à la conjérence du désarmement; 3° Les gouvernements du RoyaumeUni, de la Frànce, de l'Allemagne et de l'Italie sont prêts, à s'associer à une réaffirmation solennelle, avec toves les Etats européens, qu'en aucune circonstance ils ne tenteront de résoudre par la force aucun diffé- rend présent ou futur entre les signataires. Cela sera fait sans préjudice de la discussion complète de la guestion de sécurité

4° Les cinq gouvernements des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Allemagne et de l'Italie se déclarent résolus à collaborer à la conférence avec les autres Etats qui y sont représentés, pour s'efforcer sans délai d'élaborer une convention qui réalisera une réduction substantielle et une limitation des armements, avec des dispositions pour sa revision ultérieure en vue de réduetlons nouvelles.

ties effectives de sécurité que nous ne nous lassons pas de réclamer. Si cette espérance a été, un instant, entretenue, M. Paul-Boncour s'est chargé de la faire évanouir en demandant et en obtenant l'addition d'une phrase spécifiant nettement que cette réaffirmation serait faite sans préjudice de la discussion complète de la question de sécurité.

Albert JULLIEN

(La suite la troisième page.)

Inauguration à la Sorbonne du centre d'études

de la Révolution française

Jf. de Monzie prononçant son discours. A gauche, SI. Charléty

(Voir à la cinquième page.)

LE CINQUANTENAIRE DE LACHAUD

En haut M. Lionel Nastorg prononce son discours. En bas groupe de Corréziens (Voir à la cinquième page.)

ACHETEZ LE TIMBRE ANTITUBERCULEUX

En 1931, dans toute la France et ses colo- nies, le timbre antitubercnlew a rapporté 18.831.123 francs de bénéfice. Cette somme a permis de sauver des milliers de vies humaines en proté ;eant de nombreux enfants placés en préventorium et aux œil- vres de nlein alr. et

en de nombreux malades dans les hôpitaux et sanatoriums.

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ACHETEZ TOUS LE TIMBRE DORE « JOIE DE ET VOUB CONTRfBUEREZ EFFICACE3fENT A LA LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE

Les hommes du jour PAUL-BONCOUR

Il. Paul-Boncour

vu par Garretto

M. Herriot et les membres du gouvernement ont adressé hier à M. Paul-Boncour « leurs vives félicitations pour la façon dont il a poursuivi les négociations si spécialement difficiles qui viennent d'aboutir au retour de l'Allemagne à la conférence du désarmement. Il n'y aura qu'une voix parmi les Français qui ont suivi, au cours des derniers jours, la dure bataille livrée par le premier délégué de notre pays pour s'associer à cette appréciation de ses efforts et au témoignage de gratitude qui l'accompagne. Il n'y en aura qu'une éçlalement parmi ses collègues des autres délégations pour applaudir au geste du président du Conseil.

Depuis tantôt huit ans, en effet, qu'il participe régulièrement aux travaux de Genève, M. Paul-Boncour a su se faire dans les milieux internationaux une place à part. Aux côtés d'un Briand dont l'autorité au conseil et à l'Assemblée était sans égale, ce n'était pas tâche commode. II l'a menée à bien cependant, et les sympathies qu'il s'est acquises ne cessent de grandir, comme son influence, et par làmême ses services à la cause française. Quand il a fait son apparition à la S. D. N. en 1924 avec M. Herriot et Aristide Briand, dont c'étaient également les débuts, il y venait avec un but bien défini, Depuis l'année précédente, il avait travaillé à la commission d'études du conseil supérieur de la Défense nationale à la préparation du fameux protocole qui liait indissolublement l'arbitrage, la sécurité et le désarmement et que le président du Conseil d'aujourd'hui allait, au nom de la France, développer devant l'Assemblée. C'est à la défense de cette formule qu'il venait consacrer son talent d'avocat qui fit d'ailleurs à Genève autant d'impression que sa figure de conventionnel. Depuis lors, sans jamais se lasser, il a constamment plaidé, dans les commissions comme à la tribune de l'Assemblée, le droit de notre pays à la sécurité.

Tandis qu'un Briand faisait avec quelle finesse, avec quel doigté de la diplomatie, M. Paul-Boncour, pour obtenir gain de cause dans ce domaine de la sécurité, appuyait son action, secondait ses efforts en plaidant. en plaidant l'équité. C'est même parce qu'il la plaidait pour tous, et non pas seulement pour la France, c'est parce qu'il associait toujours, comme d'ailleurs M. Briand, les intérêts des autres nations des petites nations surtout à ceux de la France. parce qu'il affirmait sans cesse non seulement la volonté de paix du peuple français, mais celle de tous \es peuples, qu'il s'est, lui aussi, rendu particulièrement sympathique. Ce dont on lui sait, en effet, tout spécialement gré à Genève, c'est de l'universalisme chaleureux dont sont empreints tous ses discours et qui est, au fond, l'universalisme de la Révolution française prodamant à la face de l'Europe les droits de l'homme et du citoyen.

On sait quelle part il a prise aux travaux de la commission préparatoire du désarmement et à l'élaboration de ce projet de convention dont il est certainement, avec MM. Benès et Politis, un des principaux auteurs. Il n'est pas un habitué de la S. D. N. qui n'ait gardé le souvenir de ses interventions enflammées à propos de chaque chapitre, de chaque article et notamment ses passes d'arme répétées avec lord Robert Cecil. A cet égard, on peut dire qu'il a été l'un des parrains de la conférence actuelle de réduction des armements.

Comment s'étonner dans ces conditions qu'il ne recule devant aucun effort, aucune fatigue pour la sauver? A la suite de la crise provoquée par le départ des délégués du Reich, M. Paul-Boncour n'a pas seulement représenté, avec le ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie. avec le ministre de Grèce à Paris et quelques autres, l'esprit de continuité de ia S. D. N. en face de la conférence hésitante et désemparée, il a été de ceux qui ont le plus payé de leur personne pour lui permettre de reprendre avec fruit ses séances et ses débats.

Hier. c'était le plan constructif français, dont il a été l'un des meilleurs artisans, qu'il apportait à la commission générale devant laquelle il s'apprête, d'ailleurs, à le défendre en janvier et février prochains avec toutes ses forces, tout son talent et tout son coeur. Aujourd'hui, c'est le retour de l'Allemagne qu'en plein accord avec les représentants de la Grande-Bretagne, de l'Italie et des Etats-Unis il contribue, plus que tout autre, à assurer sans pour cela compromettre en rien le régime de sécurité qui doit être, pour toutes les nations, la contre-partie nécessaire de l'égalité des droits. Si l'on ajoute que, de Genève, il n'a jamais cessé de diriger, par de fréquents messages téléphonés, les services du ministère de la Guerre, on conviendra qu'il est difficile de servir plus complète- ment l'intérêt national et de travailler à la fois plus utilement, suivant l'expression même de M. Edouard Herriot, « à l'organisation méthodique et réfléchie de la A. Jullien

Une nouvelle manifestation interdite La préfecture de police communique la note suivante

Les groupements d'Action française avertissements qui leur ont éte donnés dans l'intérêt de l'ordre et persistent iL organiser, une manifestation de caractère politique aux abords du Palais-Bourbon. Cette manifestation, comme toutes celles qui sont envisagées sur la voie publique, demeure rigoureusement interdite.

A la 4" page LES SPORTS

L'ÉCHÉANCE DU 15 DÉCEMBRE Le conseil de cabinet

s'est prononcé à l'unanimité pour le paiement sous reserves LE GOUVERNEMENT COMMUNIQUERA AUJOURD'HUI SA DÉCISION AU PARLEMENT

Elle n'est pas éloignée de la position prise dans la question par les commissions parlementaires

M. Edouard Herriot fera connaitre' aujourd'hui à la Chambre que le gouvernement a décidé de faire face à l'échéance du 15 décembre, c'est-à-dire d'effectuer le paiement de la somme de 19 millions et demi de dollars représentant les intérêts dus par la France sur les dettes de guerre contractées par elle envers les Etats-Unis. Le président du Conseil ajoutera que le paiement aura lieu « sous réserves » et que « paiement » et « réserves ont été décidés par les ministres, à l'unanimité.

C'est à l'issue du conseil de cabinet qui a eu lieu hier matin, au Quai d'Orsay, sous la présidence de M. Edouard Herriot, que la nouvelle, prévue d'ailleurs, a été rendue publique, sinon par un communiqué, du moins par des informations verbales.

La décision du gouvernement ne sera, en réalité, officielle que ce matin, puisqu'elle doit faire l'objet d'une dernière discussion dans un conseuil des ministres que présidera le chef de l'Etat et au cours duquel seront définitivement arrêtés les « réserves » et les termes du projet de loi ouvrant les crédits nécessaires. La Chambre, on le sait, doit tenir cet après-midi une séance exceptionnelle. Au début, sans doute, le chef du gouvernement fera une déclaration, en suite de laquelle il saisira les députés des textes préparés et qui devront, pour avoir force de lois, être ratifiés par les deux Chambres.

Les commissions des,finances et des affaires étrangères demanderont, aussitôt après la communication du chef du gouvernement, un délai pour examiner les projets et les rapporter. La tâche des commissions se trouvera facilitée du fait que M. Edouard Herriot n'aura pas manqué de fournir à la Chambre des explications détaillées sur les « raisons qui ont dicté l'attitude du gouvernement ».

Ces raisons, on les connait ne les avons-nous pas rappelées ces jours-ci ? Mais il est un fait nouveau dont M. Edouard Herriot et ses collaborateurs ont bien été compte.; c'est le caractère jugé plus conciliant de la seconde note améticaine, caractère qui serait accentué par les toutes dernières informations reçues de Washington. En se prononçant pour le paiement, le gouvernement français observe une attitude identique à celle prise par l'Angleterre qui, dans les négociations, a tenu à rester aux côtés de la France. La collaboration des deux grands pays demeure étroite. Enfin, il est permis de penser que les déclarations que M. Edouard Herriot fera à la Chambré permettront à celleci de constater que le point de vue gouvernemental et le point de vue des commissions précisé dans la proposition de résolution votée samedi ne sont pas tellement éloignés l'un de l'autre. Il est certain qu'un sérieux rapprochement s'est effectué. Le texte des commissions est un peu brutal, impératif. Il n'est pas suffisamment diplomatique ̃». Sur le fond, il y a identité absolue de vues entre le gouvernement et la Chambre. Il faut qu'il soit entendu qu'aucun nouveau paiement ne sera fait tant que le problème des dettes n'aura pas reçu une solution définitive. Mais c'est la négociation qui doit fatalement amener Paris et Londres, d'une part, et Washington, d'autre part, à s'accorder complètement sur la réunion d'une conférence internatio-

LA FETE D'HIER SUR LES GRANDS BOULEVARDS

De gauche à droite, en haut la draisienne, la voiture du courrier de Lyon, la Kenault le bicycle. Au centre l'omnibus M»(lcleinc.B«stiUe, un tricycle, le piouplou et en payse. En bas; le» pompiers et la lUujnimt de >apolc<m lu (Voir iKnje 6.)

nale de liquidation. Il est infiniment probable, il est certain que majorité et gouvernement trouveront un terrain d'entente la discussion de ce jourpermettra de le définir très exactement dans l'intérêt même du pays.

Charles MORICE

LORD TYRRELL REMET A M. HERRIOT LE TEXTE D'UNE NOUVELLE NOTE DE LONDRES AUX ETATS-UNIS La Grande-Bretagne s'acquittera de l'échéance du 15, mais le document spécifie que le paiement effectue ne saurait être considéré comme une reprise des paiements annuels

M. Herriot, président du Conseil, a reçu hier matin, à 10 heures, avant la réunion du conseil de cabinet, lord Tyrrell, ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris.

L'entretien a porté sur la question de l'échéance du 15 décembre et a permis, une fois de plus, de constater l'unité de vues qui existe entre la France et la Grande-Bretagne sur le règlement de cette délicate question. Une deuxième fois, à 19 h. 30, lord Tyrrell a rendu visite au Quai d'Orsay à M. Herriot et lui a transmis le texte de la nouvelle note adressée ce jour aux Etats-Unis par le gouvernement britannique et dont la traduction, qu'on trouvera plus loin, a été communiquée presque aussitôt à la presse par le ministère des Affaires étrangères. Le texte de cette note souligne, une fois de plus vigoureusement, la symétrie de l'opinion française et de l'opinion britannique.

On ne sera pas sans remarquer l'insistance du cabinet de Londres à affirmer qu' a aucune solution autre que la suspension ne pourrait prévenir les difficultés que comporte un transfert » et à exprimer ses regrets que cette solution n'ait pas été recommandée au Congrès.

La note appuie plus loin sur le fait que le système des paiements intergouvernementaux, tel qu'il existait Hoover le 20 juin 1931. ne peut s'effectuer à nouveau sans mener à un « désastre », et elle explique les raisons pour lesquelles le paiement de l'échéance du 15 n'est pas ajourné. Ce paiement, dit la note en substance, ne doit pas être considéré comme une reprise des paiements annuels envisagés par l'accord existant. La Grande-Bretagne s'acquitte de sa dette parce que, faute de temps, on n'a pu discuter un nouvel accord et parce que le gouvernement américain a déclaré que ce paiement accroîtrait grandement les perspectives d'une discussion satisfaisante de toute la question.

Cette réserve essentielle, dont on ne saurait trop souligner l'importance, l'affirmation que la procédure employée doit être « exceptionnelle et anormale », la demande finale contenue dans la note d'un échange de vues à une date rapprochée pour éviter le risque d'une rupture générale des accords intergouvernementaux existants démontreraient encore, s'il en était besoin, que la Grande-Bretagne a envisagé toutes les faces du problème sous un angle semblable à celui sous lequel la France elle-même s'est toujours placée.

(Voir à la page 3 le texte de la note.)

LA PERTE DE L'AVION MARSEILLE-BARCELONE A FAIT DEUX VICTIMES LE PILOTE SINON ETL'INGËNIEUR SEGUY Marseille, 11 décembre (dép. P. Paris.) L'avion commercial de l'Aéropostale qui assurait le service Marseille-Barcelone, et dont on était sans nouvelles hier, a été retrouvé ce matin, à 9 h. 15, au cours d'une tournée effectuée par les gendarmes des Saintes-Maries-dela-Mer.

Il gisait, -en partie brûlé, dans l'ilot Saint-Antoine, du delta du Rhône. Le pilote Simon était mort à son poste, le corps affreusement brûlé.

A une vingtaine de mètres, a été retrouvé le passager, l'ingénieur Seguy, qui, projeté hors de l'appareil, était venu s'écraser sur le soi.

Dès que cette découverte a été connue à Marignane, le contrôleur de la navigation aérienne, M. Faye, s'est rendu aux Saintes-Maries-de-la-Mer, pour procéder à une enquête technique. MM. Frecheville et Serre, de l'Aéropostale, sont venus également, aux Saintes-Maries, de même que les aviateurs Bossoutrot et Rossi, qui sont arrivés de Martigues. Très liés avec M. Séguy, ils avaient tenus, dès la découverte de l'appareil connue, à se rendre sur place.

L'enquête technique a permis de faire les constatations suivantes

C'est environ trente-cinq minutes après le départ de Marignane, c'est-àdire à 5 h. 25 du matin heure à laquelle était arrêtée la montre du bord que s'est produite la chute. Les renseignements provenant de la région perpignanaise et signalant le passage au-dessus de Frontignan, à deux reprises, d'un appareil qu'on croyait celui de Simon étaient donc inexacts.

L'accident peut se reconstituer ainsi: Peu après son départ de Marignane, le pilote Simon a dû se trouver gêné par la brume qui, jointe à l'obscurité, rendait le vol très pénible. Connaissant admirablement cette région de la Petite Camargue, qu'il avait survolée maintes fois depuis qu'il faisait la ligne Marseille-Barcelone, Simon résolut de se poser au sol, non 'loin du petit Rhône, près de l'îlot Saint-Antoine où un terrain propice offre suffisamment d'espace et présente le maximum de sécurité.

Pour reconnaitre le terrain, il alluma une des fusées et se rapprocha du sol. Malheureusement, le contact avec la terre fut prématuré et l'appareil accrocha un arbrisseau.

Alors ce fut le capotage et l'incendie de l'appareil.

Les victimes

Le pilote Simon était titulaire de son brevet depuis 1928 et totalisait 2.500 heures de vol il était veuf et laisse une jeune fille de dix-sept ans. Le passager, M. Seguy, âgé de quarante-cinq ans, était ingénieur à la maison Bollée, à Paris. Pilote d'avantguerre, il avait participé à toutes les grandes manifestations aéronautiques il était considéré dans le monde de l'aviation comme une grande valeur. Marié et père de deux enfants, il habitait à Bois-Colombes et s'occupait spécialement, ces derniers temps, de recherches relatives à la sécurité en avion-, -• ̃•"̃

VERS LE KILOMETRE TROIS LA VILLE AUX CENT ÉGLISES

LA BAIE DE BAH1A

Un amoureux de 19 ans tue à Saint-Germain une jeune fille de 16 ans PUIS IL SE DONNE LA MORT

Madeleine Btad et Robert Dnfonr

(Cliché Georges, Saint-Germain.)

Le drame s'est déroulé à SaintGermain. Dans sa simplicité tragique, il est affreusement poignant deux tout jeunes gens trente-cinq ans à peine à eux deux sont découverts, sans vie. dans une chambre paisible, la tempe trouée. Elle, pleine de grâce, de gaîté saine, de jeune naïveté, avait paru, toujours, heureuse de vivre. Lui, un adolescent, presque un enfant. Et il a eu ce bouleversant courage de donner la mort à l'exquise jeune fille puis, dans le silence nocturne, à côté du frêle corps ensanglanté, d'une balle. il s'est tué.

Madeleine Baud n'avait pas encore' seize ans. Aimée de tous, elle travaillait gaîment avec une activité sans défaut chez ses cousins, M. et Mme Rouyer, crémiers, 16, rue de Paris, à SaintGermain. L'enfant n'en était-ce pas une, au dire de tous ? dont la famille habite Colombes. 245 rue des Aubépines, logeait chez les époux Rouyer au premier étale de l'immei'ble dont la crémerie occupe le rez-de-chaussée. Sa chambre était contiguë à celle de ses cousins. Le soir, le travail, fini, quand elle allait se coucher, elle laissait entr'. ouverte sa porte et M. et Mme Rouyer attentifs à veiller à ce qu'elle reposât paisiblement, jetaient, en passant, un affectueux regard dans la chambre de la jeune fille.

Ils avaient à leur service un commis M. Robert Dufour. âgé de. dix-neuf ans et le logeaient au deuxième étage. Ponctuel et sérieux, Du four ne donnait ailx crémiers aucun motif de mécontentement.

Ses préoccupations étaient ailleurs. Emu par la grâce juvénile de Madeleine Baud, l'adolescent avait, sans aucun doute, formé des projets d'union. En avait-il fait part à Madeleine? On ne sait. Et lui en ayant- fait part, n'avait-il pas reçu de la gracieuse enfant un accueil susceptible de le décourager pour jamais? N'est-il pas fort vraisemblable de supposer qu'à seize ans à peine, naïve comme elle le paraissait, elle n'avait pu sérieusement penser à une union?

Toujours est-il que M. et Mme Rouyer n'avaient rien remarqué qui pût éveiller leur attention inquiète, et leur petite cousine, de même que le commis, accomplissait sans reproches son travail.

(La suite à Ut troisième page.)

Bahia, jadis premier port et capitale du Brésil où, en 1808, fuyant le Portugal devant les cavaliers de Junot, se réfugia d'abord Jean VI Bahia, cité à rôle multiple pour l'historien, apparaît aujourd'hui au voyageur comme une cité double. La « ville basse » est serrée entre la mer et la falaise la « ville haute » étalée sur le plateau.

Ce qui se voit en arrivant par mer c'est, en bas, une épaisse tranche urbaine, grands édifices de ciment jaune et toits pressés. Plus haut, une tranche de roc, dont peu de façades et de verdures risquent l'ascension, dotée de trois grands funiculaires deux obliques, un vertical. Enfin, touchant le ciel, la tranche de la ville haute. Les maisons, à en croire le premier coup d'œil, y sont moins nombreuses que les palais ou les clochers qui, de carrure bien portugaise, vont par couples massifs, rosâtres et moisis. « Ville aux cent églises » d'aucuns disent, non sans lyrisme, trois cents

Somme toute, en bas le commerce; en haut le gouvernement et l'histoire.

Quand vous descendez, au delà des quais et des grands docks numérotés, vous prenez de larges chaussées entre des pelouses vertes, faites d'une sorte de chiendent coupé ras le fin gazon anglais ne pousse pas ici. Torrides étendues! Par les beaux jours, un lourd rayonnement tombe du ciel si quelque averse, vite séchée, vous a précédé, des buées épaisses montent du sol. Atmosphère de serre ou, si l'on veut, celle que l'on respire en plongeant ia face dans une éponge imbibée d'eau chaude.

Cette ville basse est faite de quatre ou cinq longues rues parallèles d'un côté à la falaise, de l'autre au bord de la mer. Entre la rue ccu-