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russes Moscou à la hn du premier plan quinquennal LES SOUCIS DE L'ÉTAT-MAJOR INDUSTRIEL

Les articles dont nous publions aujourd'hui le premier vont transporter les lecteurs du « Petit Parisien s en Oural et en Sibérie, où se porte l'effort principal du gouvernement de Moscou à la fin du premler plan quinquennal et à la veille du second.

l'auteur de cette enquête a voulu voir de près, avec une objectivité absolue, les bases du plan Industriel asiatique des Soviets. Nos lecteurs se feront eux-mêmes une opinion.

M. Pierre Frédérix, qui a observé comme observerait un technicien pur, n'a pas voulu soutenir une thèse. Il raconte ce qu'il a vu, comme il ferait un rapport. Mais ce rapport est passionnant.

IL Pierre Frédérix est l'auteur de plusieurs romans remarqués et d'essais pénétrants sur l'Irlande et l'Espagne. Ayant beaucoup voyagé, ce qu'il contemple il le déeri t ensuite avec l'unique souci de la vérifié.

Variez du plan quinquennal à n'inaporte quel écolier, à n'importe quelle petite filte de seize ans à Moscou, tSn vous répondra sur un ton de catéchisme « Nous nous privons de sucre, de bois, de charbon, de robes, de beurre, de rideaux, de viande pour que notre pays puisse acheter ou construire les machines dont il a besoin. Nous offrons notre travail à l"édification socialiste. Si nous rnan^uons encore de tout le superflu, 'parfois du nécessaire, c'est que les t4;ars n'avaient presque rien fait, que la guerre civile a dévasté le peu qui existait, et qu'il ne nous a été possible de nous mettre à construinç selon nos plans et nos idées que depiiis trop peu de temps. Attendez sTk mois, un an, quelques années vous verrez ce que nous ferons. Ayez comme nous un peu de patience. Revenep plus tard. » Plus tard. P'our les plus exaltés des citoyens de l'Union soviétique, ce « plus tard correspond à un semestre à peine.t Pour d'autres, il vaudrait mieux remettre le temps du bonheur matériel à deux ou trois ans. Les plus .froids et ceux qui, dans ce pa^n>, peuvent se contenter d'être des observateurs s'efforcent de faire le bilan de ce qui a été accompli et la part de l'incertitude qui plane sur. l'avenir.

Le premiers plan quinquennal

Les dirigeants russes considèrent que jusqu'en ,1926 ils s'étaient bornés à restaurer ce qui avait été détruit depui s la révolution.

En 1927 apparaît le premier plan quinquennal.

Les raisong._d,a. ce plan, résumées très brièvement, étaient de deux sortes rainons « extérieures touchant à l':indépendance économique du pays. et à la défense nationale, et qui auraient pu être celles de n'importe quel gouvernement raisons « intériieiures et spécifiquement soviétiques, soit, d'une part, le besoin d'absoi;ber la main-d'œuvre paysanne que 'la division des terres ou le début de la rationalisation agricole chassait des campagnes vers les villes,; d'autre part et c'est là peut-être, le ressort principal désir de transformer le paysan en ouvrï>9T d'usine agricole. En deux mots J utte contre le capitaliste à l'extérieur, contre l'individualiste à l'in térieur.

Dès 1928 (firemière année d'exécution du plan), le parti de Trotsky, lequel jugeait t r o p rapide le « rythme » adopté' se voyait annihilé. Depuis l'exil de Trotsky, on peut dire qu'il n'y à plus d'opposition au gouvernement stalinien les seules réserves faites par l'aile droite ou l'aile gauche du parti n'entament en ri6n la volonté du Conseil exécutif :ui la force de ses résolutions. De mume qu'un Clemenceau, ayant sa/.si le pouvoir en temps de crise, répondait à tout € Je fais la guerre », un Staline, un Molotof ou 'un Kalinine pourrait répondre aujourd'hui « J'exécute le plan. » Ceux qui survivront à la fin en seront les bénéficiaires.

Vers 1930, la commission du plan d'Etat de l'U. ?.. S. S. (Gosplan), installée dans l'ancien palais de l'hetman Razouxnowski, à trois cents mètres d'une d'ss portes du Kremlin, lançait le mot d'ordre « Le plan quinquennal en quatre ans. La quatrième année ilu premier plan quinquennal (car il en existe un second, actuellement en préparation, et même un troisième, qui s'élabore dans la tête de nombreux fonctionnaires dont la pSupart sont intelligents et habiles), la quatrième année et dernière^artnée du plan est

1932. Nous approchons de l'hiver. Où en est-on ? Et où va-t-on ? C'est ce que je suis venu tenter de comprendre et, si possible, de voir.

Pierre FREDERIX.

(La suite la deuxième page.) Les hommes du jour

M. REGINALD MAC KENNA

Presque en même temps que M. Norman Davis, M. Reginald Mac Kenna, ancien chancelier de l'Echiquier britannique, arrivait à Paris. Il est, certes, parmi les docteurs les plus qualifiés pour formuler un diagnostic sur l'état présent des finances européennes et pour aider à rédiger l'or- donnance nécessaire. Mais il n'a d'autre titre actuellement que celui de président du conseil d'administration de la London and Midland Bank (aux appointements d'ailleurs coquets de 100.000 francs par mois). Cependant, quand on a été grand maître de ia trésorerie anglaise, on est toutours susceptible de le redevenir. Et quand le hasard d'un voyage vous amène à Paris en un moment critique pour l'économie du monde, il faudrait bien de la chance pour éviter la rencontre des hommes d'Etat ou des financiers qui attachent du prix à votre opinion.

M. Reginald Mac Kenna va donc causer avec nos financiers officiels et privés. Ses soixante-quatre ans lui ont laissé une étonnante jeunesse. Le geste prompt, :a repartie vive sont toujours ceux du sportif qu'Etretat connut pendant près de trente ans, à partir de 1890, alors que la foule des baigneurs se plaisait à admirer, de la porte d'Aval à la porte d'Amont, ses acrobaties nautiques et celles de son frère (on les appelait alors familièrement les deux Coquelin).

A Cambridge, où il étudia, il était le < bow » de son équipe de rameurs, mais non le moins actif à vouloir le triomphe de ses couleurs, qu'il conduisit à la victoire, aux régates d'Henley.

Orateur autant qu'homme d'action, il enlevait de haute lutte, à vingt-cinq ans,

après quelques mois d'exercice de la profession d'avocat, un siège aux Communes. A trente-cinq ans. il était pour la première fois ministre du Trésor, puis il passait successivement au ministère de l'Instruction publique, au poste de premier lord de l'Amirauté, au Home Office. Comme chancelier de l'Echiquier du cabinet Asquith en 1915, ü eut à prendre la plupart des mesures financières et fiscales qui maintinrent longtemps la livre sterling dans sa forte position. Quand il fallut, au début dé 1924, essayer de ramener au bercail les capitaux allemands qui s'étaient réfugiés à l'étranger, l'action de M. Mac Kenna. au sein du comité d'experts dont il présidait les séances, fut prépondérante. Sans doute avait-il espéré plus que la réalité ne devait tenir

On pourrait, disait-il alors, vendre les biens allemands à l'étranger, dont la valeur n'est pas inférieure à 20 millions de livres (1.700 millions de francs au cours du moment) au gouvernement du Reich qui pourrait les remettre à la commission des Réparations. L»s créanciers de l'Ailemagne pourraient ainsi ne rien lui rédamer d'ici trois ans.

Quand son comité d'experts eut travaillé trois mois, quelqu'un lui demandait des nouvelles des 1.700 millions entr'aperçus: Les verrons-nous bientôt ? s'enquérait-on.

Vous m'en demandez trop dit-iL Mais il ne cachait pas sa satisfaction d'avoir, en tout cas, travaillé à consolider la paix.

Si on lui demandait aujourd'hui ce qu'il pense des problèmes posés à la GrandeBretagne et à la France, il dirait sans doute

La décision ne m'appartient pas. D'ailleurs, mon voyage à Paris n'a pour cause qu'une modeste conférence sur la question des pétroles.

Il te prouvera d'ailleurs ce matin en conversant longuement avec sir Henry Deterding, grand maitre de la Shell. Raymond DE Nys.

M. NORMAN DAVIS S'EST A NOUVEAU ENTRETENU

AVEC M. HERRIOT Lmr conversation, qui n'a pas dnré moins de deux heures et qui fut très cordiale, a porté nniqaement sur la question da désarmement

Ainsi que nous l'avons annoncé, M. Norman Davis, chef de la délégation américaine à la conférence du désarmement, avant de retourner à Genève, s'est de nouveau rendu, hier matin, au Quai d'Orsay pour conférer avec M. Herriot. Comme samedi dernier, M. Davis était accompagné de M. Albert Dulles, expert américain pour les questions navales.

Cet entretien, qui a commencé à 10 h. 30 et qui s'est prolongé jusqu'à 12 h. 30, a été, comme celui dé l'avantveille, des plus cordiaux.

A l'issue, M. Norman Davis a déclaré

Je suis venu voir M. Herriot, qui est pour moi un bon ami. Nous avons, comme vous le pensez, parlé de la question du désarmement. En ce qui concerne le désarmement naval, il n'y a pas de décision; nos experts travaillent ensemble.

Nous n'avons pas discuté de la question des dettes. Tout ce que je puis dire à ce sujet, c'est qu'en ce moment tout le monde a besoin d'argent, et nous ne voulons pas qu'une

M. Norman Uavis prend congé de M. Herriot question d'argent affecte l'amitié franco-américaine.

M. Herriot'a déclaré de son côté J'ai personnellement beaucoup d'amitié pour M. Norman Davis. C'est un homme avec lequel on peut parler franchement, qui est complètement loyal et très au courant des affaires européennes. J'ai été très intéressé par ma conversation avec lui, qui a porté uniquement sur les questions discutées à Genève.

Et le président du Conseil, qui paraissait très satisfait, a ajouté à deux reprises « Nous avons travaillé très utilement. »

M. Norman Davis quittera Paris aujourd'hui pour Genève.

UN DEBAT SUR LE CHOMAGE S'OUVRIRA AUJOURD'HUI DEVANT LA CHAMBRE La Chambre, ainsi que nous l'avons déjà annoncé, a décidé d'examiner ce matin, à 9 h. 30, des cahiers de crédits supplémentaires et de crédits de reports portant sur l'exercice 19311932, cahiers parmi lesquels figure le € collectif » de novembre.

L'après-midi, à 16 heures, doit s'ouvrir le débat sur le chômage. Rappelons que sont inscrits comme interpellateurs MM. Frossard, Lebret, Garchery, Delcourt, Monjauvis, Doriot, Petrus Faure, Grisoni, Marsais, Viénot. Auparavant, les députés, réunis à 14 h. 30 dans leurs bureaux, désigneront, comme nous l'avons indiqué. les onze membres de la commission chargée d'examiner la demande en autorisation de poursuites contre le docteur Péchin.

A 15 heures siégera la conférence des présidents pour régler l'ordre du jour de la semaine.

On sait, en outre, que la Chambre aura à fixer aujourd'hui la date de l'interpellation de MM. Dommange et Scapini sur les conditions dans lesquelles ont été effectuées les opérations de conversion des rentes et notamment sur le montant du courtage versé aux banques.

C'est à la fin de la séance du matin, après le vote du « collectif », qu'aura lieu cette « fixation de date ». Mais le gouvernement s'est d'ores et déjà mis d'accord avec les interpellateurs pour que la discussion sur le fond se déroule jeudi après-midi.

M. ALBERT LEBRUN PRÉSIDE LE BANQUET DU SALON DE L'AÉRONAUTIQUE

LE PROBLÈME D ES DETTES |IMlllllllHinMtll««IIMIIIIIIIlltliMIUllllMinillllllllllllltl1IIHIiniMIIIMIttllllHlt»llintHttmilHltMimillMlllimilHMIIIIIIIIIIHtttHIII A Paris et à Londres, on examine les teBiMS d'une nouvelle réponse tandis qu'à Washington M. Hoover s'entretient avec MM. Stimson et Mills

Le président du Conseil, qui s'était, hier matin, longuement entretenu de la question du désarmement avec M. Norman Davis, a consacré son après-midi à la question des dettes. Il a poursuivi avec ses collaborateurs l'étude de la note américaine et, en possession des informations qui lui sont parvenues, tant de Londres que de Washington, a jeté les bases de la note qui, ainsi que nous l'avons annoncé, sera prochainement adressée par le gouvernement français au gouvernement américain.

Cette note sera, ainsi que nous l'avons dit, discutée au préalable en conseil de cabinet, puis en conseil des ministres à une date la plus voisine possible du départ de M. Herriot pour Genève, mais qui n'est pas encore fixée. D'après les in/ormations que nous avons pu recueillir, elle ne constituera ni une acceptation ni un refus du paiemettt de l'échéance du 15 dé-

LES DELIBERATIONS DU CABINET BRITANNIQUE

Londres, 28 nov. (dép. Petit Parisien.) Les consultations d'hier soir entre les principaux membres du cabinet, au sujet de la nouvelle note à adresser à Washington, ont repris ce matin à Downing Street et se sont poursuivies cet après-midi et ce soir dans le cabinet du premier ministre à la Chambre des communes.

A ces entretiens ont surtout participé avec M. Macdonald, MM. Baldwin; Neville Chamberlain et Thomas. D'autre part, on attache une grande signification à la visite que M. Montagu Norman, gouverneur de la Banque d'Angleterre, a faite ce matin de bonne heure à la trésorerie, où on lui a soumis le projet de note sur lequel a porté la discussion d'hier.

Il est encore digne de remarque que, ce soir à 18 heures, le chancelier de l'Echiquier, M. Neville Chamberlain, a été reçu en audience par le roi George V au palais de Buckingham. Pendant que se déroulaient ces importantes conversations, le Stock Exchange enregistrait une nouvelle chute de la livre sterling. A l'ouverture, elle est tombée à 3 dollars 21, soit une baisse de 1 cent 1/8 par rapport au cours de clôture de, samedi. Dans le courant de la' journée, elle était vendue pour finit! IL 3,18 1/2.

On rappelle que, depuis la guerre,

UNE LONGUE CONFERENCE A LA MAISON BLANCHE

New-York, 28 novembre.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER On se préoccupe vivement à Washington de l'attitude que prendront les puissances européennes le 15 décembre. Paieront-elles ou feront-elles défaut ? Dans l'un et l'autre cas, quelles répercussions fâcheuses les Etats-Unis peuvent-ils attendre ? Telles sont les questions qu'ont retournées ce matin M. Hoover et ses deux conseillers, M. Mills et M. Stimson, au cours d'une longue conférence. Tous trois savent que la livre sterling, qui est tombée aujourd'hui à son cours le plus bas depuis la guerre, menace d'entrainer dans sa chute le cours des principales matières premières que produit l'Amérique. Ils savent qu'en voulant éviter la perte des versements du 15 décembre l'Américain moyen est condamné à des pertes beaucoup plus considérables si une nouvelle vague de dépréciation des prix suit le paiement. Ils savent que, si des puissances comme l'Angleterre et la France sont acculées au défaut, c'est probablement la fin de toutes les dettes de guerre et un coup irréparable pour le crédit international. Devant tant de malheurs semés sur l'une et l'autre route, M. Hoover et ses deux ministres ont-ils envisagé sous un autre jour ce moratoire que les principales puissances débitrices vont réclamer dans une nouvelle note? Cela ne semble pas probable.

En sortant de la Maison Blanche, M. Ogden Mills a déclaré

Pour l'instant, nous nous en tenons strictement à la position du président qu'aucun fait n'a été présenté justifiant une suspension des paiements du 15 décembre.

L'Associated Press assure même qu'à moins de présenter des renseignements frappants aux Etats-Unis les débiteurs se trouveront, après leur deuxième note comme après la première, dans l'obligation de payer. M. Hoover a reçu aussi aujourd'hui M. Walter Edge, ambassadeur à Paris, et M. John Garrett, ambassadeur à

cembre. Le gouvernement français reprendra, en les développant et en les précisant, les arguments qu'il avait fait valoir dans ses précédentes notes, faisant ressortir tous les inconvénients qu'il y a pour lui à acquitter l'échéance en raison de la suspension des paiements qu'il recevait de l'Allemagne, mais laissera la porte ouverte à la continuation de la négociation. Ainsi qu'on semble disposé à le faire à Londres, la décision finale ne sera prise par le gouvernement français qu'après que le gouvernement américain aura répondu à cette nouvelle note.

Ceci laisse donc un certain délai qui dispensera M. Herriot de demander, ainsi qu'il craignait d'être obligé de le faire, l'ajournement de la conférence à cinq prévue à Genève pour vendredi prochain. Le président du Conseil partira pour le siège de la S. D. N. soit demain soir ou après-demain. J. C.

son cours le plus bas avait été de 3,20, le 5 février 1920

Dans les cercles politiques, on souligne en ce moment que cette baisse de la livre rend de plus en plus onéreux le payement en sterling de l'échéance du 15 décembre. A la date du 8 novembre, lorsqu'elle était cotée 3 dollars 30, les 95.550.000 dollars qui représentent le montant de l'échéance équivalaient à 28 millions de livres. Aujourd'hui, au cours de 3,17 3/4, cette même somme en sterling excède 30 millions de livres et l'on présume que le gouvernement britannique fera état, dans sa note, de cet aspect du problème et déclarera que si la Grande-Bretagne est obligée de faire le payement, elle se trouvera contrainte de restreindre ses achats de marchandises américaines.

Ces achats, soulignent, ce soir, les journaux, se sont élevés à 59 millions de livres pour les neuf premiers mois de l'année courante, alors que, durant la même période, les exportations britanniques aux Etats-Unis n'ont atteint que 11 millions de livres. A la lumière de ces chiffres, l'argument devrait être de nature, pense-t-on, à éclairer l'opinion publique aux Etats-Unis sur les fâcheuses répercussions que le payement des dettes peut avoir sur le commerce américain.

(La suite à la troisième page.)

Rome, qui vont rejoindre leur poste incessamment. Avec M. Edge, la conférence du président a été de quelque durée et a porté en particulier sur les dettes de guerre.

Comme je vous l'ai maintes fois signalé, on considère généralement com- me différents le cas de la France et celui de l'Angleterre. Pourtant, si vitriolique que soit contre la France l'article de M. William Randolph Hearst, dans le New-York American de ce matin, et si mielleux qu'il soit pour l'Angleterre, sa conclusion est identique il faudra payer le 15 dé- cembre.

Par contre, le New-York Times qui rappelle dans un éditorial les opinions peu flatteuses que certains organes français ont publiées sur M. Hoover et dont l'anglophilie est bien connue, aboutit à une recommandation où l'on ne discrimine pas entre les débiteurs « Un délai couplé avec une revision, voilà ce que l'opinion mondiale réclame de nous aujourd'hui et ce que nous devrions consentir à accorder. » II ne faut peut-être pas encore désespérer de voir régler cette question des paiements du 15 décembre d'une manière identique pour tous les débiteurs.

Pourtant, aujourd'hui encore, on cherche da;ns les milieux de l'administration à dissocier le cas de l'Angleterre de celui de la France.

On peut trouver une excellente excuse à cette discrimination du gouvernement de M. Hoover. II a devant lui un Congrès hostile et entêté et la meilleure manière d'obtenir de lui quelque concession est peut-être de diviser les difficultés. Mais, en fin de compte, c'est le pays tout entier qui est hostile à une concession et dont l'éducation reste à faire.

Le New-York Evening Post écrit avec beaucoup de raison

« Le peuple américain n'est pas encore prêt. Il devrait l'être, mais il ne l'est pas. Des avocats partiaux comme M. Hearst et M. Will Rogers (le célèbre humoriste auteur et acteur de cinéma) exploitent un désir naturel de remboursement complet. Ce n'est que par la logique des événements que l'opinion nationale pourra être changée. Les conséquences coûteuses d'un délai sont les seuls moyens par lesquels on pourra arriver à un accord. Nous voilà comme au temps de Wilson, quand il fallut la stupidité des Allemands, en commençant par l'horreur du Lusitania, en finissant par leur injonction de peindre nos navires en rose, pour faire comprendre à l'Amérique que la guerre était inévitable et créer un sentiment public national favorable à la guerre. Ni M. Hoover, ni. M. Roosevelt, ni tous deux réunis ne peuvent reviser les dettes de guerre une minute avant le temps nécessaire pour que notre peuple ait appris que cette revision doit se produire. »

Le peuple américain est à l'égard des dettes un peu comme le nôtre le fut à l'égard des réparations aveugle aux conséquences économiques de ces paiements intergouvernementaux qui n'ont pas de contrepartie en marchandises. Quelle aggravation de la situation faut-il donc attendre pour ouvrir les yeux de l'Amérique avant le 15 décembre ?

Pierre DENOYER

La crise politique allemande M. YOfsCHLEICHER PROCÈDE A SON TOUR A DES ADAGES Mais les socialistes lui refusent même une simple « tolérance » et l'on ne croit pas que les nationaux-socialistes lui accorderont leur appui

Berlin, 28 nov. (dép. Petit Parisien.) La crise politique allemande ne sera pas éclaircie, selon toute vraisemblance, avant vingt-quatre ou quarante-huit heures. Les tractations qui ont lieu actuellement sont menées dans le plus grand secret, mais il semble que des deux candidats qui restent encore en présence pour le poste de chancelier, M. von Papen et le général von Schleicher, ce dernier ait jusqu'à présent les meilleures chances d'être désigné. Il a occupé la journée à des sondages très tendus qui t'ont même mené à prendre l'avis de la social-démocratie.

On sait que le général von Schleicher est très partisan d'un rapprochement du nouveau régime avec les syndicats ouvriers, ceci afin d'éviter des conflits aigus et des troubles possibles dans lesquels la Reichswehr serait amenée à intervenir, ce que le général veut éviter à tout prix.

On ne sait rien des réponses qu'il a reçues des deux chefs syndicalistes Leipart et Stohr. mais, au nom du parti socialiste, M. Breitscheid a déclaré que son parti ne re tolérerait » jamais un cabinet présidentiel. L'avis du général von Schleicher est, comme on le sait, d'arriver à un armistice politique avec les partis. Il négocie toujours indirectement à ce propos avec les nazis et semble pouvoir compter sur l'acquiescement des autres partis bourgeois. Il s'agit de trouver une majorité parlementaire décidée à, voter dès le 7 décembre un ajournement du Parlement pour deux ou plusieurs mois.

Au cours de cet armistice, le cabinet ne s'occuperait que des mesures urgentes afin de ne pas entrer en conflit avec la représentation populaire dans la question épineuse de la réforme électorale et constitutionnelle. On dit que les nazis ne veulent consentir à l'armistice que si la présidence prend d'ores et déjà l'engagement de confier le pouvoir à Hitler pour le mois de mars, et il est possible que les efforts du général von Schleicher échouent finalement devant une nouvelle intransigeance de la Maison brune.

S'il en est bien ainsi, il ne restera plus à Hindenburg qu'à bien fixer les responsabilités et à remettre en fonctions le cabinet von Papen, à l'autori- ser à dissoudre encore une fois le Relchstag et à gouverner selon des moyens purement dictatoriaux. Les sondages du général von Schleicher peuvent donc être considérés comme une dernière tentative de la présidence pour éviter le recours aux mesures anticonstitutionnelles. Camille LOUTRE

Le général von Schtcicher, vu par Garretto

LA SANTÉ DE M. PAINLEVÉ Le docteur Viala, médecin traitant de M. Painlevé, continue à prescrire un repos complet à son malade, dont l'état général reste satisfaisant.

L'aviateur Valot

atterrit au puy de Dôme et reprend son vol

Renouvelant l'exploit réalisé en 1911 par Benaux, l'aviateur Henri Valot, pilotant un appareil de tourisme, a réussi, dimanche, a atterrir au sommet du puy de Dôme. Peu de temps après, regagner l'aérodrome d'Aulnat

L'horrible crime

de Noël et Dagneaux devant le jury

Ils ont assassiné pour le voler leur ami Gernigen, qui écoutait un concert radiophonique

Noël et Dagneaux

(Voir à la deuxième page.)

Une pseudo-baronne redoutable aventurière est arrêtée à Cherbourg Après de multiples aventures au cours desquelles elle vola ou fit chanter des gens trop confiants, elle t'était placée comme bonne à tout faire dans une famille parisienne

Peu aprèa elle avait disparu en emportant 300.000 francs de bijoux appartenant à au patronne

Alice Sebuster

(Voir à la deuxième page.)

Un garçonnet de douze ans assassiné à Strasbourg Le cadavre trouvé hier matin abandonné dans un pré y avait été apporté dans la nuit par l'auteur du crime Strasbourg, 28 novembre (dép. P. P.) Des ouvriers se rendant à leur travail, à 6 heures du matin, traversaient les rues de la Meinau, paisible quartier de Strasbourg composé de villas et de vergers. Soudain, l'un d'eux aperçut, dans un pré, près de la rue de la Canardière, une masse informe et, dispersés à quelques mètres de là, des vêtements tachés de sang. Surpris, il s'approcha avec ses compagnons.

Un cri d'horreur leur échappa. Ils avaient devant eux un petit cadavre horriblement mutilé et à peu près dévêtu. Ils avisèrent t aussitôt M. Munsch, commissaire de police du IX, arrondissement, qui arriva bientôt sur les lieux, suivi, peu de temps après, de MM. Adrian, juge d'instruction Ponnavoy, chef de la sùreté, et du médecin légiste, M. Chavigny, qui procéda aux premières constatations. La victime est un garçonnet de douze ans, Paul Eckel, dont les parents demeurent rue des Lentilles. Il portait une plaie à la gorge et une autre à l'arcade sourcilière gauche son corps était couvert de blessure faites à coups de couteau. Le pauvre petit avait été horriblement mutilé. Il s'agit donc du crime d'un sadique, quai s'est acharné avec sauvagerie sur sa victime.

La mort ne semblait pas remonter à plus de quelques heures avant la lugubre découverte, ce qui situe le crime vers 1 ou 2 heures du matin. On suppose qu'il n'a pas été commis à l'endroit où le corps a été découvert. Le cadavre aurait été transporté à cette place en automobile.

Enfant précoce

L'enquête, dirigée par M. Adrian, juge d'instruction, a été menée parallèlement par le service de la sûreté et la gendarmerie. Elle a permis d'établir l'emploi du temps du petit Paul Eckel, qui, élève à l'école Saint-Thomas, était, à ses heures de loisir, marchand de marrons. Il était revenu à la maison paternelle le soir vers 22 heures, rapportant la recette du jour. Il en repartit un moment après avec 14 francs en poche. Depuis, on perd sa trace. Seuls les habitants voisins du lieu du drame ont été réveillés vers 2 heures du matin par des chiens qui aboyaient, ce qui semble confirmer les premières suppositions faites au sujet de l'heure du crime.

Nous avons pu voir la famille Eckel, qui habite un taudis dans la rue des Lentilles une des rues les plus mal famées d'un quartier douteux. Ils ont trois filles; Paul, la victime, était le deuxième enfant et l'unique garçon.. Le père est musicien ambulant et exerce sa profession dans un bouge de Strasbourg. Inutile de décrire la douleur des parents, qui, pourtant, n'étaient pas étonnés outre mesure de l'absence de leur fils.

Ça lui arrivait quelquefois, nous ont-ils déclaré. Particulièrement précoce pour son âge, Paul Eckel fréquentait les endroits mal famés de Strasbourg.

Le résultat de l'autopsie pratiquée par le docteur Chavigny n'est pas encore officiellement connu. Cependant, nous croyons savoir que, selon l'éminent praticien, la victime fut étranglé? avant d'être frappée à coups de couteau.

Les recherches se poursuivent act;-