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Pour liquider au mieux les conséquences de la crise IL FAUT SURTOUT MAINTENIR LA CONFIANCE Et le fisc, comme le commerce et l'industrie, doit adapter ses méthodes aux exigences de la situation et de ses besoins

Les recettes du Trésor pour le mois d'octobre ont été inférieures d'environ 750 millions aux évaluations. Cette insuffisance est la plus forte de toutes celles qui se sont succédé depuis un an. Elle n'a rien qui puisse surprendre.

Tout le monde sait, -en effet, que le rendement de la plus grande partie de nos impôts dépend de l'activité économique, et tout le monde sait aussi que cette activité est fort ralentie. La taxe sur le chiffre d'affaires ne peut pas donner, quand les affaires languissent, le même résultat que quand elles sont prospères. Il va de soi que le produit des impôts sur les revenus décroît quand les bénéfices, dividendes, etc. sont réduits ou ont disparu. De ce chef, comme le prévoit le projet de budget, les moins-values seront encore plus considérables l'année prochaine, étant donné que l'année 1932 aura été une année de vaches maigres.

Toutefois, quelques signes permettent d'espérer que le fond de la dépression a été atteint et,que l'on pourrait commencer à remonter la pente. L'homme d'esprit qui disait naguère « Ça va si mal qu'on se croirait en 1933 s'est peut-être trompé.

Il y a des cas où il faut se contenter de peu. Dans les grandes maladies, c'est déjà beau de constater qu'il n'y a pas d'aggravation. Quand on va tous les jours plus mal, on ne peut plus que mourir. Les prix mondiaux de diverses matières premières, les chiffres de diverses branches de la production et de la consommation étaient tombés si bas qu'ils n'auraient pu baisser encore sans déterminer une véritable catastrophe. Mais, depuis les environs du mois de juillet, le fléchissement, d'une manière générale, s'est à peu près arrêté. On ne peut pas dire que tous les indices soient devenus bons. Il apparaît des signes qui sont plus favorabiear-fii France, c'est notamment l'industrie textile qui a donné des signes de reprise.

A chaque instant, on demande quand la crise finira. Or la fin des crises s'annonce ordinairement par des symptômes dont la description est classique. Lorsque, pendant un temps plus ou moins long, le public a cessé d'acheter, un moment arrive où il faut bien qu'il entre à nouveau dans les magasins. Ainsi, vous pouvez porter des vêtements qui ne sont plus de la première fraîcheur, mais vous ne pouvez pas les porter éternellement. Ils durent à peu près autant pour tout le monde et ils sont usés à peu près en même temps pour chacun. Alors, un à un, puis plus nombreux, les clients reparaissent, le commerçant envoie des commandes au fabricant dont les stocks tendent à s'épuiser, et c'est ainsi que, de proche en proche, la vie renaît dans le corps économique. Il est plus que probable que nous aurions déjà assisté cette renaissance si le monde n'avait pas subi autre chose encore qu'une crise économique. Mais à cet état de maladie se sont ajoutées des crises budgétaires et monétaires, sans parler des crises politiques qui ont avec elles un rapport de cause à effet. Faut-il rappeler l'abandon de l'étalon or par l'Angleterre, le bouleversement des devises qui s'appuyaient sur la devise anglaise, les moratoires, les « crédits gelés » ? Il en est résulté un déséquilibre universel. Par exemple, nos entreprises minières d'Algérie, qui avaient les métallurgistes anglais pour principaux clients, ont beaucoup souffert de leurs marchés conclus en livres sterling. Tel grand magasin doit amortir cette année ce qu'il a perdu au Caire par suite de la dépréciation de la monnaie égyptienne. La rechute récente de la livre, due en' grande partie à l'appréhension que les Etats-Unis n'exigent, le 15 décembre, le paiement des dettes de guerre, a même créé de nouvelles inquiétudes pour la reprise des affaires parce que le sterling trop bon marché déprime les prix mondiaux.

En somme, pour que la crise économique finisse, comme naguère pour mettre fin aux crises des changes, il faut qu'une condition soit remplie, toujours la même c'est-à-dire que la confiance revienne. On ne saura jamais à quel point l'argent est un animal peureux. Dès qu'il est alarmé, il n'a d'autre ressource que de s'enfuir dans des cachettes. D'où la funeste thésaurisation qui aura sévi dans tous les pays et, chose extraordinaire, jusque chez les Américains, pourtant si peu timides.

Aussi ne serait-ce pas du tout le moment de réveiller chez nous la crainte et la méfiance. La fable du voyageur qui fermait étroitement son manteau sous la bise et qui l'ouvrait sous les rayons du soleil reste toujours vraie. Il va être nécessaire d'émettre des emprunts pour passer des mois difficiles, en attendant qu'avec un renouveau d'activité économique les recettes budgétaires reprennent leur niveau

normal. Pour. attirer les souscripteurs, il vaudrait mieux ne pas menacer d'inquisition, à g r a n d orchestre, les porteurs de valeurs mobilières. Peut-être y a-t-il, pour resserrer le contrôle, des moyens aussi efficaces, mais plus discrets, et qui n'effaroucheraient pas. Le succès de la conversion des rentes a montré ce que l'on,obtient par la persuasion. C'est pour l'argent aussi- qu'il est vrai de dire que douceur fait plus que violence, et il importe essentiellement, pour que la crise économique .prenne fin, que l'argent se donne de l'air et n'ait aucun motif de s'abstenir. Jacques BAINVILLE.

L'état de santé de M. Painlevé est satisfaisant

M. Paul Painlevé est.remis du malaise qui l'avait saisi à la fin de la journée d'avant-hier à la Chambre. Dès hier matin, le ministre de l'Air, après avoir passé une nuit excellente, allait mieux. Les médecins qui l'ont visité dans la matinée, puis en fin d'après-midi les docteurs Laubry, Pasteur-Valery-Radot et Frank Via,la lui ont seulement prescrit quelque temps de repos avant de reprendre son activité ministérielle.

Au surplus, nous a-t-on déclaré à son domicilie. le malaise de M. Painlevé n'est dû qu'au surmenage provenant du travail prolongé et assidu auquel il s'était livré durant une dizaine de nuits. Les médecins lui ont conseillé de se reposer, mais ils ne sont nullement inquiets à son sujet.

UN COMMUNIQUÉ

DU MINISTÈRE DE L'AIR Dans la soirée d'hier, le ministère de l'Air nous a communiqué la note suivante

d la suite de l'indisposition du président Painlevé, due à un surcroit de trauaid, un repos de quelques jours s'impose avant qu'il puisse reprendre le cours de ses occupations.

Signé Docteurs Laubry, PasteurVallery-Radot et Franlc Viala.

Par suite d'une erreur la population d'un village des Yosge» avait été mobilisée

Epinàl, 25 nov. (dép. Petit parisien.) Tout comme la population d'Arracourt avant la guerre, celle du petit village d'Ayillers, près de Mirecourt, a été mobilisée. par suite d'une erreur'! Voici l'histoire Le gérant de la cabine téléphonique, ayant reçu un pli confidentiel contenant les consignes en cas de troubles, ouvrit par mégarde, l'enveloppe et 'aussitôt en transmit au maire le contenu. Celui-ci, ému, mit aussitôt en application les ordres qu'il venait de recevoir et avisa la population par le tambour du village. Plusieurs de ceux que touchait cet ordre de mobilisation. intempestive, et notamment des réservistes, se mirent en route pour* Mirecourt, où leur arrivée causa l'émoi que l'on pense. Mais le préfet, immédiatement avisé, rassura aussitôt la population. Il n'y avait aucune mobilisation. et ce n'était même pas un exercice de mobilisation. Une erreur et voilà tout

LES CATHERINETTES ONT FÊTE, HIER, LEUR PATRONNf

Partout, à Taris, la Saintr-Catherine a été fêtée dans la joie, sons les plus gracieuses vêtures ronde du temps passé autour des moderne taxis: jolies marinières avec aux lèvres le refrain des « Gars de la marine »: midinettes au frais sourire et au corsage fleuri; petits grooms disciplinés, au jarde-à-vous. Et. rue de Cléry, sainte Catherine d'Alexsndrie reçut des bouquets blancs, que vinrent déposer en hommage des cousettes aux mains adroites et. fines.

La. crise allemande RENONCE A former LE cabimtdu reich Les nazis comme les nationauxallemands lui ont refusé leur concours, ce qui rendait impossible une majorité parlementaire Berlin, 25 nov. (dép. Petit Parisien.) La crise ministérielle allemande a poursuivi son évolution logique. Il est acquis, aujourd'hui qu'aucune solution parlementaire n'est possible. Le prélat docteur Kaas, leader centriste, a rendu

Mgr Kaas

ce soir au maréchal-président von Hindenburg le mandat qu'il en avait reçu de constituer un cabinet présidentiel ayant une majorité parlementaire. L'entrevue du docteur Kaas avec Goering, lieutenant de Hitler, a duré deux heures et s'est terminée sans résultat. Le leader naziste a démontré qu'après les expériences faites au cours des six derniers jours, tant avec Hindenburg qu'avec le secrétaire d'Etat à la présidence Meissner, le mouvement naziste regrettait de ne plus pouvoir accepter la moindre négociation. Seuls le docteur Dingeldey, leader populiste, et le docteur Schceffer, leader du parti bavarois, ont voulu négocier avec le docteur Kaas, mais leurs effectifs parlementaires sont trop faibles pour qu'une solution vienne de leur'concours.

Auprès des nationalistes, le prélat Kaas a échoué complètement, le chef Hugenberg a rappelé qu'il était hostile que

son parti ne voulait entendre parler que du régime présidentiel autoritaire, tout à fait en dehors du Parlement, qu'incarnait si bien le cabinet von Papen. On comprend facilement.. en effet-, que le-cabinet des -barons faisant une politique de défense des intérêts agrariens et nationalistes, et ayant des sentiments favorables aux tendances, monarchistes, cooble les vœux du parti nationaliste.

La présidence se trouve donc placée absolument dans la situation du jour de la démission de M. von Papen. Il ne reste plus qu'à' revenir au cabinet des barons en changeant si possible le chancelier. Le maintien de M. von Papen à ce poste serait, en effet, considéré comme un affront tant par les nazis que par les centristes. Camille LOUTRE

(La suite d la troisième page.)

LE PROBLÈME DES DETTES HIUIIIIII1I1MII1I "MlllinilltUllllllllllIMMIlMUIIIIIMIIIIIIIIMIIlIMnilIlllllllUllllllllllMIIIIiniItlIlItlMUIlMIIIIIIIiniUllllllllMttlIfl Les Etats- Unis répondent. à la no te de la France

A la demande de moratoire pour le paiement du 15 décembre, le cabinet de Washington répond en formulant les arguments qui la lui font écarter

Si le paiement était effectué, les perspectives d'un examen favo*rable de l'ensemble de la question en seraient, mon avia, grandement accrues. Stimson. »

Washington, 25 novembre.

DE NOTRE CORRESPONDANT PASIJCULIES Une comparaison des réponses que vient de faire le gouvernement américain à l'Angleterre, à la France et à la Belgique, réponses qui seront publiées demain matin, est des plus instructives. La lumière qu'elle jette sur la manière dont l'administration du président Hoover considère le cas de ces trois pays en ce qui concerne les dettes de guerre est intense. Pour la première fois on peut découvrir dans un document public du département d'Etat que les possibilités de revision de la dette anglaise ne sont pas les mêmes que celles des autre pays.

Pour éviter de paraitre rendre une réponse commune à trois notes séparées, le gouvernement américain paraphrase même les paragraphes qui, dans les troits notes, sont identiques par le fond. C'est par l'adjonction ou l'omission de certains passages que la différence de traitement apparaît. Dans toutes trois le secrétaire d'Etat insiste sur les éléments divers et différents qui dans les différents pays: devraient être envisagés et qui justifient le système d'examen individuel préconisé par le gouvernement américain.

Dans la réponse transmise à notre ambassadeur, M. Paul Claudel, il existe un long développement sur !e faiC que le gouvernement américain n'a reçu aucune compensation après la guerre, qu'aucune concession du gouvernement américain en matière de dettes ne pourrait trouver une contre-partie dans une concession à ses créanciers, puisqu'il n'en a pas, qu'au demeurant le Congrès des Etats-Unis a fait avec ses débiteurs des règlements généreux parfaitement en harmonie avec leur capacité de paiement. Ce dévetoppe-naeni, -qu^contient aussi la. réponse à la BelgKfye, .n'est pas dans lâ réponse à l'Angleterre. L'allusion à Lausanne

Ailleurs, à propos du précédent de Lausanne invoqué par les puissances européennes dans leurs notes, il. Stimson écrit à M. Claudel

Je confesse que je ne peux voir aucune raison majeure susceptible d'amener le Congrès des Etats-Unis à agir maintenant d'une manière et suivant des principes différents de ceux qui ont été les siens dans le passé. »

Dans sa réponse à l'ambassadeur anglais, sir Ronald Lindsay, il dit Je confesse que je ne peux voir dans votre note aucun exposé susceptible d'amener, etc. »

Ainsi apparaît dans la réponse à l'Angleterre la suggestion que le gouvernement américain, si on lui exposait convenablement les nécessités de la situation anglaise, pourrait les prendre en considération et essayer d'y rallier le Congrès. Une telle suggestion n'est pas glissée dans la note française.

La qaestion d'une compression des dettes

Enfin, lorsque M. Stimson déclare que le président reste prêt à recommander au Congrès la constitution d'un organisme pour examiner l'ensemble de la question, il ajoute, dans ses réponses à la France et à 1a Belgique, un paragraphe absent de la réponse à l'Angleterre

Comme il l'a plusieurs fois déclaré publiquement, le président croit aussi qu'on pourrait trouver quelque moyen d'apporter au peuple américain quelque compensation autre qu'un paiement en espèces. »

On est en droit de conclure de l'examen de ces trois notes que le gouvernement du président Hoover est disposé à traiter le cas de l'Angleterre sur une base différente de celle des autres gouvernements.

Que l'Angleterre, qui fut moins bien traitée dans le premier règlement des dettes, puisse rouvrir la question par un simple exposé des faits de sa propre situation, c'est ce que laisse espérer M. Stimson.

Si les autres puissances veulent essayer de fléchir le Congrès, elles devront en tout cas se faire précéder de présents et de compensations à la manière antique.

On peut imaginer que cet état d'esprit doive être bien fort ici pour qu'il perce ainsi dans des documents diplomatiques.

L'opinion américaine

Certains journaux se faisaient même l'écho de bruits selon lesquels l'Angleterre aurait encore des chances d'obtenir un moratoire pour ses paiements du 15 décembre si elle, mais elle seule, en faisait la demande. Dans les milieux britanniques de Washington, on blâme la France de s'être associée si précipitamment à la démarche anglaise et d'avoir ainsi compromis ses chances d'obtenir un accommodement, comme si le cabinet de Londres n'avait pas lui-même désiré cette manœuvre rapide de la France. Quoi qu'il en soit, si on cherche à résumer la situation aujourd'hui, on peut dire que les réponses de M. Stimson ne promettent rien à l'Angleterre, mais promettent virtuellement à la France et à la Belgique qu'elles ne pourront rien obtenir.

En attendant la note anglaise Que peut-on conclure de cela ? Tout d'abord qu'on doit attendre une nouvelle démarche de la Grande-Bretagne

relative à l'échéance du 15 décembre. Si cette démarche se produit, même séparément de toute autre, quel accueil est-elle susceptible de recevoir ? Il serait très étonnant qu'étant donné l'hostilité du Congrès à tout moratoire et la suggestion contenue dans le communiqué de M. Hoover publié il y a deux jours, l'Angleterre puisse obtenir autre chose que l'autorisation de faire son paiement en livres au lieu de le faire en dollars. Quant à nous, en supposant même qu'une nouvelle démarche puisse être faite d'accord avec l'Angleterre pour essayer d'ouvrir les yeux de l'Amérique sur les dangers de la situation économique mondiale si les accords de Lausanne ne sont pas complétés par 'un règlement des dettes interalliées, on ne saurait garder d'espoir d'obtenir un report de notre versement du 15 décembre.

Toutes les chances sont contre nous à cet égard.

L'incertitude dans laquelle l'apathie des Etats-Unis laisse le monde entier s'est traduite, sur le marché de NewYork, par une chute de la livre et des principaux changes étrangers. La li- vre a atteint son nivéau le plus bas» Pierre DENOYER

LES RAPPORTS

FRANCO-ITALIENS sion sénatoriale des affaires étrangères de son récent voyage à Rome

La commission sénatoriale des affaires étrangères, réunie sous lai présidence de M. Henry Bérenger, a entendu le récit détaillé qui lui a été fait par son président de son voyage à Rome et des conversations qu'il a eues avec le chef du gouvernement italien, M. Mussolini, ainsi qu'avec les présidents du Sénat et de la Chambre, MM. Federzoni et Giuriati, et un certain nombre de ministres en exercice et des membres du grand conseil fasciste.

M. Henry Bérenger a également fait connaître aux membres de la commission l'essentiel de ses entretiens au Vatican avec Sa Sainteté Pie XI et le cardinal secrétaire d'Etat, Mgr Pacelli.

Au nom de la commission tout entière, le vice-président, M. Maurice Ordinaire, a remercié et félicité M. Henry Bérenger pour l'importante communication faite à ses collègues, qui met au point la position exacte et actuelle des rapports franco-italiens. Une discussion animée s'est ensuite engagée au sujet de ces relations et de la politique extérieure suivie par la France envers l'Italie. A cette discussion ont pris part MM. Louis Barthou, de Jouvenel, René Besnard, Steeg, Marcel Plaisant, Cornudet. Raynaldy, Eccard et Henry Bérenger.

Après ce débat, la commission a décidé de charger son président de demander au ministre des Affaires étrangères communication des principaux rapports établis par nos ambassadeurs et existant au Quai d'Orsay sur les relations politiques entre la France et l'Italie depuis le traité de paix.

Le prix Lasserre de littérature à MM. Marius et Ary Leblond Le prix Lasserre de littérature, d'une valeur de 9.000 francs, a été attribué hier après-midi, au ministère de l'Education nationale, rue de Grenelle. A l'issue d'une courte séance, le jury, qui comprenait diverses personnalités littéraires dont MM. Georges Lecomte, de l'Académie française Lucien Descaves, de l'académie Concourt André Maurois, a communiqué son résultat. MM. Marius Ary-Le Blond sont les

MM. Marins et Ary I-ehlond

lauréats du prix Lasserre pour 1932. L'an dernier. le choix du jury s'était porté sur M. Jean Royère. Après le poète, deux romanciers.

SIX MOIS DE PRISON POUR UN COUP

:DE PARAPLUIE MORTEL Le meurtrier avait frappé son propriétaire qui l'avait fait expulser

Dans ie procès appelé hier devant la cour d'assises de la Seine, l'accusé, Gustave Guérin, poursuivi pour meurtre, est presque septuagénaire. Sa victime, M. Jules Souque, avait soixantesix ans. Ils en sont venus aux mains par surprise et la mort, sans aucun doute, a été involontairement donnée. M. Souque, excellent homme, n'avait jamais eu de difficultés avec personne. M. Guérin, par contre, qui fut pourtant juré à la cour d'assises, apparaît, selon le dossier, d'une probité douteuse. « Pas très scrupuleux », dira le président Pittié. Il a entrepris beaucoup de choses, mais sans beaucoup de succès. Il a été condamné pour émission de chèques sans provision, pour abus de confiance répétés, pour escroqueries. J'ai été malheureux dans mes entreprises, explique-t-il, et j'ai payé ma dette. Mais les gens ne veulent jamais attendre leur argent.

« Les gens », en l'espèce, c'était M. Souque. Le loyer de M. Guérin, en effet, était resté Impayé, et ce locataire avait fait enlever ses meubles. Ainsi démuni de tout gage, le propriétaire en appela au juge des référés, qui ordonna l'expulsion sollicitée. Aussi bien à Vincennes qu'à SaintMandé, les deux vieillards se rencontraient sans cesse. Un « malicieux haaard » se plaisait à les mettre face à face à chaque coin de rue.

Chaque fois, ajoute Guérin, M. Souque me traitait de crapule! S'il est mort, d'ailleurs, ce. n'est pas à la suite de mon coup de parapluie, mais bien à la suite d'une maladie qui le minait depuis longtemps.

Nous voici donc au « drame à cette scène burlesque et navrante qui se déroula vers 14 heures à l'angle de la rue Victor-Hugo et de la rue de la République.

M. Souque, comme d'habitude, m'a traité de crapule. C'était son mot. Il m'a menacé du regard. Il s'est enfin avancé sur moi, m'a porté un coup de poing. Je me suis servi de mon parapluie pour me protéger. Il a voulu le briser, mais n'y est pas parvenu. On n'a retrouvé aucun proche témoin de ce combat. Une débitante, de loin, vit « celui qui avait frappé » s'éloigner dans la direction de Paris. Un chauffeur de taxi venait déjà d'intervenir et avait séparé les adversaires, non sans s'étonner de voir des hommes de cet âge et de cette apparente qualité en arriver si brutalement aux maios.

Blessé à 1'oeil droit, M. Souque se fit

panser dans une pharmacie et rentra 1 chez lui. Bientôt se forma un volumineux abcès du cerveau, qui entraîna peu à peu, ainsi que l'explique le docteur Paul. une interruption des fonctions cérébrales. Or cette interruption devait fatalement aboutir une lente paralysie générale M. Souque s'est éteint apres dix-neuf jours d'agonie. M. Guerin, prétend cependant n'avoir esquissé qu'un geste de parade. Après que MI J.-L. Thaon eut dégagé la mémoire du disparu de toute suspi- cion, l'avocat général Honnart réclama une peine de principe, le minimum de la peine M* Cousin, le défenseur, prononça une chaleureuse plaidoirie demandant l'acquittement. Mais le passé et l'attitude de son client devaient le desservir et les jurés prononcèrent la peine de six mois de prison.

Les enfants de M. Souque obtiennent le franc de dommages-intérêts sollicité. Eugène QU1NCHE

POUR ET CONTRE Dans la journée de mercredi, trois piétons ont été écrasés. Hélas! cette triste information n'a rien d'exceptionnel. Le malheur est quotidien et ne chôme jamais- Mais un détail particulièrement affligeant et révoltant est à retenir. Les trois automobilistes qui ont écrasé les trois piétons ont tous trois pris la fuite. Trois accidents. Trois fuyards. Trois lâches. Trois criminels. La proportion, tout de même, est forte

Le délit de fuite, le délit odieux qui fait de l'auteur d'un accident un véritable cri- minel, devient de plus en plus fréquent. Si c'est un signe des temps, c'est un bien mauvais signe. Les tribunaux. pourtant. sévissent contre les fuyards. quand ils sont pris. Mais peut-être ne sévissent-ils pas encore assez durement. Peut-étre n'ont-ils pas encore fait l'exemple impla- cable qu'il faudrait faire ?. On en arrive à se demander si des écraseurs qui s'enfuient après avoir causé un accident, et après s'être rendu compte de la gravité de cet accident, ne mériteraient pas, quelquefois, d'aller rejoindre, du côté de Saint. Laurent-du-Maroni, les vulgaires assas- sins, condamnés, traités comme des assas- sins.

Des correspondants informés croient savoir pourquoi le délit de fuite devient de plus en plus fréquent. Je vais dire ce qu'ils me disent, sans prendre personnellement position dans l'affaire. La fréquence scandaleuse du délit de fuite serait encore un effet de la crise La crise, qui, assurément, n'a pas spécialement épargné les propriétaires d'automobiles. aurait incité certains de ces propriétaires à faire des économies. Ces automobilistes n'auraient pas tout de même renoncé à leur auto, à leur six-chevaux, à leur sixcylindres, à leur camionnette, à leur camion. Ils n'auraient pas poussé si loin les restrictions 1 Non Mais ils auraient renoncé à leur police d'assurance. Et c'est ainsi que certains chauffeurs, plus ou moins scrupuleux, plus ou moins prudents, plus ou moins adroits, plus ou moins honnêtes, n'échapperaient pas à la tentation de se dérober, en cas d'accident, à des responsabilités très lourdes. Quoi qu'il en soit, ces écraseurs fuyards doivent être eux-mêmes écrasés par de justes lois! Maurice PRAX.

Un faux officier a été arrêté

dans une caserne de Versailles

Il y circulait depuis plusieurs jours vêtu d'un uniforme de lieutenant emprunté à un officier aviateur auquel il avait dit être officier de réserve venu accomplir une période d'instruction On croit qu'il s'agit plutôt d'un escroc, voire d'un déséquilibré, que d'un espion

Pluche

Le colonel du 3' groupe d'aviation remarquait, il y a quelques jours, la présence, à la caserne des Petites-Ecuries, à Versailles, d'un jeune lieutenant inconnu de lui et dont les allures lui parurent assez bizarres. Il questionna quelques-uns de ses officiers. Il lui fut répondu que le personnage effectuait une période de réserve. Pourtant, le nom du quidam n'était pas porté sur le registre d'entrées et nul ne savait à quel moment et de quelle façon exacte ce 'lieutenant s'était introduit dans la caserne. A une ou deux reprises, il avait même suivi les autres officiers jusqu'à Villacoublay, où se déroulaient divers exercices.

Flairant mystère, le colonel avisa M. Magnoux, commissaire central, qui chargea M. Auterive, commissaire de police, d'enquêter et de lui amener le lieutenant inconnu. Quelques heures plus tard, celui-ci était interrogé. Il déclara se nommer Jean-Louis Pluche et avoir trente ans. Artiste de cinéma dans une firme ayant ses bureaux aux '• Champs-Elysées, il occupait avec sa 1 jeune femme, vendeuse dans un grand 1 magasin de' couture, un appartement ,dans le XVII" arrondissement, SI, rue i Laugier.

Je ne comprends pas, dit-il, cette j suspicion à mon égard, car je suis offl¡ ciel' de réserve tt, comme je le dois. j'accomplis une période nécessaire à mon avancement.

Pourtant, l'enquête de M. Auterive ¡ avait révélé que Pluche, qui n'était pas j du tout officier, se trouvait depuis quelque temps dans un hôtel de la ville, où il menait joyeuse vie. Un soir, il rencontra, dans cet établissement, un jeune aviateur avec lequel il se lia et passa une partie de la nuit. Le lendemain, ils avaient un nouveau rendez-vous fixé la fin de la nuit précédente. Et, là, Pluche assura qu'étant officier, il voulait accomplir aussitôt une période

De cette façon, termina-t-il, nous serons ensemble encore quelque temps et nous pourrons nous rencontrer chaque jour.

Pourtant, il lui fallait une tenue d'officier et il assura qu'il ne pouvait, pour un aussi court séjour à la caserne. effectuer une pareille dépense. Qu'à cela ne tienne, dit son compagnon. nous sommes à peu près de la même taille, je vais vous prêter un de mes uniformes.

Et, confiant, lé jeune aviateur apporta à celui qu'il connaissait à peine l'équipement désiré.

Interrogé sur cette circonstance, Pluche assura que dolman et pantalon avaient été achetés par lui au marché du Temple, à Paris. Le magistrat lui lut alors la déclaratif»! de son compagnon. Il reconnut aussitôt que c'était effectivement la vérité et qu'il avait menti. D'autre part, il a été établi que, au cours des quelques jours passés aux Petites-Ecuries, Pluche,qui fréquentai assidûment le mess des officiers. avait tenté, à diverses reprises, d'emprunter à ses camarades des sommes assez importantes. On ne sait donc à l'heure actuelle si l'on est en présence d'un déséquilibré ayant, par vantardise, revêtu une tenue d'officier, d'un escroc ou d'un individu ayant en tête des desseins beaucoup plus graves.

L'enquête en cours ne tardera pas à. tirer la chose au clair. Le personnage, quoi qu'il en soit. sera poursuivi pour usurpation d'uniforme.

Deux des faux contrôleurs de l'électricité

sont arrêtés

Ils provoquaient des pannes de courant dans les appartements et volaient à leur aise

Plus de quatre-vingts plaintes avaienï été déposées dans les commissariats des VIIIe, XVIe et XVII' arrondisse* ments contre des cambrioleurs qui opéraient de la manière suivante sn pré.' tendant employés à la Compagnie da distribution électrique, vêtus en ouvriers, ils pénétraient dans les appar–

Jollivet et Dallos

tements sous prétexte de vérifier la canalisation. Il leur était ensuite facile de provoquer une panne de courant et,