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AUTOUR DE L'AFFAIRE DE L'AÉROPOSTALE •a»i«ttiiiiiiiiii«tt(iiitiiiiittiitiiiiiitii>titttii*«iitiiiiit«iiiiiiifiiiiiiiitiiitaiiiitaiiiiiiiititi«titiitiiiiiiiiiiiiii*iiiiiiiit<iitiiiiiiitiitifi<itiiiiiiiiiittitt*iiiiiiiiiitiititiittiiiiiiiiiiiti*iiifitiiiiiiiii«tiiiiiit(iiiiiiiiiiitttii

Déclarations de M. Painlevé sur le rôle e notre aviation « Il importe que l'aviation française soit défendue par tous ceux qui l'on faite et

oui l'aident à grandir. »

C'est mal connaître M. Paul Painlevé que d'en faire le rêveur de la légende. C'est surtout mal connaître son visage, qui me livre, à chaque fois, une impression de force contenue sous la bonté de l'accueil, de tranquille fermeté que traduit ce regard fixé sur la vie, non pour interroger, mais pour se confronter. Au reste, comment séparer en lui le savant de l'homme public ? L'un et l'autre apportent, dans la recherche de la solution, la même méthode rigoureuse, le même souci de forcer les ténèbres, d'en arracher la vérité. L'audace du passager qui, le 11 octobre 1908, aidait Wilbur Wright à battre un record du monde, je la retrouve toujours présente en M. Paul Painlevé qu'il bataille pour la mathématique Ou la Défense nationale qu'il soit, dès 1909, le prophète de l'aviation commerciale, quand il voit, dans la traversée de la Manche par Blériot, la proche certitude d'un acte quotidien qu'il réclame, un an plus tard, cette armée de l'air qui servirait la cause de la paix en même temps que celle du progrès humain » qu'en 1917, il impose Foch et Pétain, ouvrant déjà la voie de la victoire qu'en 1925, aux heures sombres de la guerre riffaine, il prenne l'avion pour aller plus promptement régler la situation sur place. Ministre de l'Air depuis juin dernier, il fait un bel héritage. On lui laisse le soin de juger l'une des affaires les plus graves qui aient touché l'aviation. Il a le choix entre le silence et le scandale. Mais celui qui, le 10 août 1910, écrivait Pour ma part, je suis de ceux qui ne redouteront pas d'être traités de chimériques pour faire tout leur devoir x, celui-là n'hésite pas une minute. Il crèvera l'abcès. C'est l'honneur d'un homme qu'on a si faussement dépeint sous les traits classiques du chercheur, pour qui la raison et la logique importent plus que le sens de l'événement, ou comme l'a dit si justement un prix Nobel, M. Jean Perrin que l'intuition psychologique x. Mais s'il y a Laplace, grand astronome et mauvais sénateur, il y a aussi Lazare Carnot, grand mathématicien et organisateur de la victoire.

C'est parce que Paul Painlevé a cru à l'aviation en un temps où elle n'était encore qu'un miracle ou une folie parce qu'il s'en est fait aussitôt le vibrant avocat parce qu'il a été le premier à dresser un budget d'armée aérienne, voté d'ailleurs par' le Parlement sans grande confiance parce qu'en 1917 il a lancé, envers et contre tous, la commande d'une flotte de 3.000 avions, jetant ainsi dans la lice l'arme la plus redoutable c'est parce que le ministre de l'Air a gardé la foi du passager de Wright qu'il n'a pas voulu se soustraire à ses responsabilités. Que disje ? Il les a prévenues. Il eût pu craindre non qu'on le calomniât (sa sérénité s'en fût accommodée), mais qu'on se méprît sur ses intentions. Or il savait où mènent les petits jeux des documents qu'on montre sous le manteau, des confidences faites à l'oreille et qui, le lendemain, sont sur toutes les bouches. Couvrir un fonctionnaire calomnié, c'était, ici, défendre l'aviation. Le savant et le politique n'ont pas d'autres moyens que la libre discussion publique pour faire jaillir la lumière.

L'aviation' n'est d'ailleurs pas pour Paul Painlevé l'une de ces sèches théories qu'on assigne si volontiers à l'esprit scientifique. Il a dit lui-même, dans son admirable discours sur Pascal, il y a neuf ans, tout ce que doivent l'esthétique et la poésie à la méditation mathématique. L'aviation reste, aussi bien, ce superbe paroxysme et cette magnifique violence » dont il par-

Lait un jour. Il en voit toute la valeur humaine. Par delà la règle quotidienne, il lit la promesse du rêve qui, peu à peu, se fait réalité. Gouverner, c'est prévoir, dit l'adage politique. Mais prévoir, c'est commencer par rêver. De tous les ministères, celui de l'Air apparaît le plus destiné à hypothéquer sans cesse l'avenir. D'abord, parce que c'est le plus jeune, et aussi parce que l'aviation n'est que métamorphoses. Ce qu'on nous donne aujourd'hui, on en sourira demain. Il faut, chaque jour, combler cet écart entre la machine volante et son destin. Mais il faut surtout que nous nous retrouvions nous-mêmes. Cet appel à la raison autant qu'à la confiance, Paul Painlevé l'inscrit au fronton de notre entretien. Sur le Gobelin, couleur du passé, qui clôt son bureau de la rue Saint-Didier, son visage se détache, étrangement clair ses gestes, que semblent prolonger ses mains de magicien, traduisent, affirment une pensée dont le cours sinueux l'entraîne dans les plus divers domaines, mais toujours délimitée quant au but de sa démarche et à ses proportions.

La France, me dit-il, n'a pas seulement une admirable aviation commerciale qu'il f a u t défendre, encourager et développer. La position géographique même qu'elle occupe, autant que sa tradition dans la conquête de l'air, lui dicte son rôle et son devoir, et ils sont immenses. En liaison avec ses colonies et avec toutes les terres où l'appellent des intérêts séculaires, elle tend un pont entre l'Europe et trois continents. Nos avions survolent, ainsi, une grande partie du monde. Nos avions, je veux dire nos pilotes, dont l'homme privé pas plus que le ministre de l'Air ne célébrera jamais assez le contingent d'héroïsme, la foi ardente, cette sorte d'intégration totale de la personnalité dans 1'oeuvre qu'ils poursuivent. Maurice BOURDET.

(La suite d la deuxième page.) A la troisième page

Une dépêche de notre envoyé spécial à Genève sur l'attitude de l'Allemagne dans la question de l'égalité des droite.

DEUX INFIRMIERES REÇOIVENT LA LEGION D'HONNEUR

Mme» Sarrazin (à gauche) et Grenier (Voir page 6.)

La Maison des Enfants de France

M. Léoü Bérard préside l'inauguration..

M. ANDRÉ BOUILLOUX-LAFOirr INCULPÉ DE FAUX

A ET[ AflRÊTÉ_ET [CHOU[ C'est dans les bureaux de l'Aéropostale que les inspecteurs porteurs du mandat du juge d'instruction l'appréhendèrent M. Brack, juge d'instruction, chargé de la plainte du ministère de l'Air relativement aux affaires de l'Aéropostale, a décerné mardi soir un mandat d'arrêt contre M. André BouillouxLafont.

Dès que M. Xavier Guichard, directeur de la police judiciaire, fut en possession du mandat de M. Brack, il délégua deux inspecteurs de la brigade financière, qui se rendirent devant le domicile de l'inculpé, où ils exercèrent une surveillance. Mais M. André Bouilloux-Lafont ne rentra pas de la nuit. De guerre lasse, les deux inspecteurs allèrent alors hier matin aux bureaux de l'Aéropostale, avenue de Friedland. M. André Bouilloux-Lafont s'y trouvait. Ils lui signifièrent le mandat dont ils étaient porteurs et il ne fit aucune difficulté pour les accompagner au palais de justice. Introduit à 11 h. 30 dans le cabinet de M. Brack, M. André Bouilloux-Lafont s'entendit inculper de faux et usage de faux; le juge ajouta que cette inculpation entraînait l'arrestation immédiate. L'inculpé répondit, avec le plus grande calme, qu'il réclamait l'assistance de son avocat. En attendant l'arrivée de celui-ci, il fut conduit dans le bureau des inspecteurs des délégations judiciaires. Là, il fit venir un déjeuner qu'il mangea de fort bon

M. André Bouilloux-l.afont

M. Marcel Bouilloux-Lafont

dans les couloirs de l'instruction

appétit. Il fuma ensuite, d'un air serein, plusieurs cigarettes; puis il emprunta à l'inspecteur principal Sevestre un roman, qu'il lut tranquillement jusqu'au moment où il fut reconduit au cabinet de M. Brack. COMMENT M. BRACK

A DECIDE L'ARRESTATION

Au Palais, dans les milieux judiciaires, on se montre très réservé sur les circonstances qui ont amené M. Brack, juge d'instruction, à délivrer contre M. André Bouilloux-Lafont un mandat de dépôt.

Nous avons néanmoins pu savoir que le magistrat s'était fait peu à peu une conviction, à la suite des auditions et des confrontations de ces jours derniers. Au début de son enquête, I M. Brack pensait que M. André Bouilloux-Lafont pouvait soutenir, avec quelque apparence de raison, qu'il était de bonne foi quant à l'authenticité de ses documents. Par la suite, M. Brack estima qu'il s'était trompé, et c'est alors que, sur réquisition du parquet, il inculpa le directeur de l'Aéropostale d'usage de faux. Mais, depuis cette inculpation, il est survenu des événements judiciaires qui ont amené M. Brack à prendre une mesure plus grave.

C'est ainsi que, dans un des faux pneumatiques fabriqués par Lucco, Il était question de M. F. sous-gouverneur de la Banque de France, qui s'était montré hostile à l'octroi d'avances de fonds à l'Aéropostale. M. F. c'était M. Fournier. Or ces détails de l'hostilité de M. Fournier ne peuvent être connus que de M. Bouilloux-Lafont seul, et non pas de Lucco. M. Bouilloux-Lafont, il est vrai, avait indiqué, sans en apporter la preuve, que dans les milieux de Bourse, on connaissait cette affaire depuis longtemps.

(La suite a la deuxième page.)

La réponse

des Etats-Unis sur les dettes Rédigée pas Al. iloover, elle a été remise, hier, aux ambassadeurs de France et d'Angleterre à Washington

Le président laisse au Congrès toute initiative sur le fond même de la question revision de l'accord sur les dettes

Quant à la demande d'ajournement de l'échéance du 15 décembre, M. Hoover s'y oppose, déclarant que les puissances n'ont apporté à l'appui de leur requête aucun fait qui la justifie Washington, 23 novembre.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Le gouvernement américain a rendu réponse aujourd'hui aux diverses puissances européennes qui avaient demandé aux Etats-Unis d'engager des conversations en vue de la revision des accords sur les dettes et de prolonger le moratoire Hoover au delà de l'échéance du 15 décembre. Cette réponse est copiée sur une longue déclaration rendue publique aujourd'hui par la Maison Blanche et donnant les vues du président Hoover sur l'ensemble de la question des dettes de guerre. Selon ce document, M. Hoover, croyant devoir laisser au Congrès toute l'initiative d'une action quelconque sur le fond du problème, propose la nomination, avec l'agrément du Congrès, d'une commission qui s'aboucherait avec les gouvernements étrangers, envisagerait à la fois les dettes, le désarmement et un nouvel aménagement des relations économiques entre les Etats-Unis et leurs débiteurs. L'échéance du 15 décembre

Sur le point plus précis des paiei ments du 15 décembre, M. Hoover s'oppose à un moratoire.

M. Hoover prétend que les gouvernements débiteurs n'ont apporté, à l'appui de leur requête, aucun fait qui justifiait l'ajournement des paiements. A la conférence de Lausanne, qui a été donnée par certaines notes européennes comme constituant un précédent, « l'ajournement était le résultat naturel des faits qui avaient été minutieusement présentés pendant des mois d'enquêtes préalables ». Le paragraphe suivant du communiqué de M. Hoover est si important qu'il -faut le citer intégralement Les motifs invoqués par M. Hoover c L'idée suivant laquelle la suspension des paiements du lâ décembre permettrait aux gouvernements d'aborder sereinement les discussions envisagées ne me parait pas avoir de poids. Au contraire, il me semble que la discussion se poursuivrait sous des auspices plus favorables si les termes des obligations contractées étaient observés plutôt que suspendus avant toute discussion.

Je ne prétends pas dire par là que si des circonstances exceptionnelles telles que la dépréciation de la monnaie et la diminution générale du commerce international rendaient impossibles, pour certaines nations, les transferts immédiats de ces paiements en dolars, sans qu'il en résulte des pertes des deux côtés, notre gouvernement refuserait d'envisager une proposition tendant à effectuer le paiement de cette échéance à notre compte en monnaie étrangère, les transferts devant être effectués de temps à autre lorsque la situation des changes le permettrait, 'moyennant, bien entendu, des garanties contre la dépréciation de ces monnaies. Si de telles circonstances existent et sont soumises à l'attention de notre gouvernement, j'en ferai part au Congrès pour qu'il leur donne une prompte considération, mais je dois insister pour que les accords existants soient respectés jusqu'à ce qu'ils aient été modifiés après accord mutuel par les représentants dûment autorisés des gouvernements affectés. »

Pierre DENOYER

(La suite d la troisième page.) M. Herriot a reçu lord Tyrrell M. Herriot, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, a reçu hier matin lord Tyrrell of Avon, ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris. Sur un passage clouté, une auto renverse une voiture d'enfant Avenue de Neuilly, à Neuilly-surSeine, une auto de couleur beige, dont le conducteur a poursuivi sa route sur Paris, a renversé, sur un passage clouté, une voiture d'enfant que poussait Mme Dechardon, demeurant 6, rue de Chezy, et dans laquelle se trouvaient ses deux bébés Claude, trois ans, et Françoise, deux ans.

Légèrement blessés, les enfants, après avoir reçu des soins, ont été reconduits chez leurs parents. Une enquête est ouverte par M. Cassius, commissaire de police.

M. Verrier est nommé maire du X' arrondissement

M. Michel Verrier est nommé maire du XI arrondissement de Paris, en remplacement de M. Prévost, décède.

HITLER ACCEPTE UN CABINET

"PRÉSIDENTIEL" Le 15 août, il voulait la totalité du pouvoir. Maintenant, il se contente d'une simple participation

Cette soumission de principes cache peut-être la pensée de prendre de l'intérieur du gouvernement le pouvoir qu' Hitler n'a pa prendre du dehors Berlin, 23 nov. (dép. Petit Parisien.) Journée consacrée d'abord aux manœuvres tactiques, puis qui a été marquée par la tendance nette des hitlériens aux concessions.

L'état-major naziste, siégeant en son quartier général de l'hôtel Kaiserhof, avait travaillé pendant toute la nuit de mardi à mercredi à rédiger un long mémoire montrant que les conditions préalables posées par la présidence à une combinaison parlementaire majoritaire de prépondérance naziste comportent certaines contradictions et n'étaient, en somme, pas recevables.

Etant donné ce qui se préparait, le secrétaire d'Etat à la présidence, le D' Meissner, était venu en hâte à l'hôtel Kaiserhof dissuader le chef naziste d'être trop prolixe; le maréchal-président goûtant peu la littérature, un texte court et clair ferait mieux son affaire.

Aussitôt Hitler a donné des ordres et ses lieutenants se sont mis à rédiger une note qui comporte sept pages et demie dactylographiées. Il faut croire que cette rédaction a été particulièrement laborieuse parce que la note n'a pu être remise à la présidence qu'à 6 h. 30 du soir.

Cette communication, qui condense l'aide-mémoire prévu d'abord, fait connaître, comme on s'y attendait, que, en raison des réserves formulées par Hindenburg, il est impossible à Hitler d'arriver à une solution purement parlementaire de la crise.

Cependant, pour ne pas rester sur cette réponse négative, Hitler a fait à Hindenburg une proposition nette de dénouer la crise dans un délai donné. Le chef naziste adopte, en somme, la solution dite du « cabinet présidentiel n. Dans le cas où sa proposition serait acceptée, il met sa propre personne et son mouvement à la disposition du chef de l'Etat, toujours, bien entendu, « pour sauver la patrie du chaos ». Enfin, Hitler est prêt à accepter la collaboration du général von Schleicher à la tête de la Reichswehr et du baron von Neurath aux Affaires étrangères.

A première vue, l'impression dominante est que Hindenburg ne pourra que difficilement repousser la proposition Hitler et, à la chancellerie, non seulement on considérait ce soir l'offre de l'état-major naziste comme une base de discussion possible, mais on annonçait que Hitler serait reçu dès demain de nouveau en audience, soit par Hindenburg soit plutôt par le secrétaire d'Etat à la présidence, Dr Meissner. Le maréchal-président Hindenburg a maintes fois manifesté sa volonté de ne pas confier la chancellerie d'un cabinet purement présidentiel à un chef de parti et si Hitler n'insiste pas pour recevoir le poste de premier ministre, rien ne s'oppose à ce que des négociations concrètes commencent demain.

Camille LOUTRE

(La suite la troisième page.)

POUR ET CONTRE Et nous voilà nantis d'une moins-value supplémentaire, pour employer un langage à la fois parlementaire et budgétaire. Nous pouvons dire. hélas que nous n'avons plus à enregistrer maintenant que des plus-values. de moins-values Donc, une moins-value téléphonique commence à se faire douloureusement sentir. Donc, il y a aussi, maintenant, une crise de sous-consommation téléphonique. Des nouvelles vérifiées arrivent et n'arrivent même pas par téléphone. La province « cause de moins en moins avec Paris. Paris de moins en moins avec la province. Des industriels, des commerçants, des hommes d'affaires qui usaient abondamment du téléphone ne s'en servent plus aujourd'hui qu'avec une extrême modération. Un correspondant du Nord m'écrivait, du reste, récemment: « C'est ainsi que va le progrès, chez nous, comme les écrevisses. Au lieu de téléphoner, mes chefs de service, maintenant, dictent un courrier plus volumineux. On fait porter les lettres au dernier train, et, ma foi, on s'arrange. L'économie est, en tout cas, sensible. »

Mais d'où vient cette moins-value nouvelle ? La crise ? Non. Pas précisément. Elle provient plutôt du récent « aménagement > des taxes téléphoniques. On sait. ce que veut dire, aujourd'hui, le mot aménagement. C'est un heureux euphémisme, qui sert à masquer le mot par trop brutal d'augmentation. On aménage des impôts. On aménage des tarifs. On aménage des prix. Ce qui fait que des contribuables et des consommateurs se trouvent « aménagés eux-mêmes sans ménagements et courbent l'échine sous le poids de charges de plus en plus lourdes. On a aménagé les taxes téléphoniques de façon sévère et l'on sait bien, certes, que ce n'est pas par plaisir que l'Etat a eu recours à ces aménagements rigoureux 1 On sait bien que l'Etat, tenaillé par des déficits innombrables, se trouve dans l'amère obligation de demander à tous ses administrés de durs sacrifices. Seulement, il ne faut pas que l'Etat aille trop fort. Seulement, il faut que l'Etat prenne bien garde de ne pas tarir les ressources dont il dispose en cherchant des ressources nouvelles plus ou moins hasardeuses. Il faut que l'Etat, quels que soient ses embarras, ne néglige pas de considérer que la capacité de paiement des contribuables et des consommateurs n'est pas illimitée. L'Etat, qui s'est bien gardé, naturellement, d'améliorer ses services téléphoniques, a brusquement, inconsidérément, augmenté ses prix en un temps où la crise impose à tous des restrictions massives.

Eh bien 1 l'Etat s'est trompé. L'Etat a perdu en voulant gagner. Allô Allô 1 c'est l'abonné qui, lui-même, cette fois, s'est coupé.

Comme quoi le mot augmentation peut être parfaitement synonyme du mot diminution. Augmentation de prix, diminution de bénéfices. Maurice Pwtx.

M. Edouard Herriot reçoit aa Quai d'Orsay l'Union des intérêts économiques et les groupements commerciaux et industriels.

De gauche à droite MM. Marchande»! Billiet, Herriot, de Palomera et Constant

Le banquet de clôture de l'Union des intérêts économiques, toujours présidé par le président du Conseil, conférait chaque année à cette manifestation un éclat encore présent au souvenir de tous. Le repas traditionnel ayant été supprimé cette année à cause de la crise, d'aucuns se demandaient si cette ultime journée recevrait la même consécration.

Pour s'être déroulée selon un protocole nouveau, les épisodes qui l'ont marquée ne le cèdent en rien. à tous points de vue, aux solennités des années écoulées.

Le président du Conseil, qu'entouraient MM. Marchandeau. sous-secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil; Bollaert, directeur du cabinet du président du Conseil: Alphand, directeur

AU CONSEILLE CABINET M. Dalimier fait décider le licenciement des retraités employée dans les administrations de l'Etat

Les ministres et sous-secrétaires d'Etat se sont réunis hier après-midi, à 16 heures, en conseil de cabinet au ministère des Affaires étrangères sous la présidence de M. Edouard Herriot. M. René Renoult, garde des Sceaux, vice-président du Conseil, s'est fait l'interprète de tous ses collègues en exprimant à M. Edouard Herriot les félicitations et la sympathie des membres du gouvernement à la suite de l'odieux attentat de dimanche dernier. M. Edouard Herriot a mis le conseil au courant de l'état des affaires extérieures et des travaux de la conférence de Genève.

Swr la proposition de M. Daliynier, ministre du Travail, le conseil a décidé le licenciement des retraités encore employés dans les différentes administrations de l'Etat.

M. Daladier, ministre des Travaux publics, a exposé au conseil les articles essentiels du projet de réorganisation des chemins de fer. Après une longue discussion, le projet de M. Daladier a été renvoyé au ministre des Finances pour examen détaillé.

M. Julien Durand, ministre du Commerce, a fait connaitre l'état des négociations relatives à la revision de l'accord commercial franco-allemand de 1927.

M. Marchandeau a rendu compte du voyage qu'il vient de faire dans le département de la Moselle et de l'accueil chaleureux qui a été réservé par la population au représentant du gouvernement. Il a exposé les questions dont la solution intéresse plus particulièrement cette région.

La suite de la séance a été consacrée à l'expédition des affaires en cours. LES PROCHAINES DELIBERATIONS GOUVERNEMENTALES

Le prochain conseil des ministres a été flxé à samedi prochain, 10 heures, et le prochain conseil de cabinet à mercredi 30 novembre, à 16 heures. L'avion Nungesser-Coli »

remis au masée de l'Aéronautique

De gauche à droite le eénéral Armenganlt, MM. Bréicuet, Castes, le général Hergault LE LOUVRE ACHETE UN TABLEAU DE PRUD'HON

La Venu» au bdn

du cabinet du ministre des Affaires étrangères, recevait à 15 heures, dans le somptueux salon de l'Horloge, les sept cents présidents ou délégués des groupements de commerçants et d'industriels que MM. Ernest Billiet et de Paloméra lui présentaient.

M. Edouard Herriot, que la plupart des congressistes connaissaient déjà, se montra extrêmement touché des marques d'approbation que ses visiteurs lui apportaient et du concours spontané et loyal qu'ils lui offraient par l'organe de leur président, M. Ernest Billiet. Aussi, dans sa réponse, tint-il à leur marquer, par la qualité des confidences qu'il leur fit. qu'il les considérait comme de sincères collaborateurs.

(La suite à la quatrième page.)

L'assassin Baronian condamné

au bagne à perpétuité Les jurés, qui désiraient, pour la principe, prononcer une condamnation capitale, ne voulaient pas que 1* condamné fût exécuté

Aussi ont-ils finalement préféré accer. der des circonstances atténuantei

Baronian

Depuis plus d'une demi-heure, hier soir, les jurés de la Seine chargés de juger l'Arménien Kevork Baronian, qui assassina sauvagement son oncle pour le voler, s'étaient retirés dans leur salle des délibérations lorsqu'ils firent appeler la cour. Le cas paraissait si net, si simple, qu'on se demandait quelle difficulté avait pu les arrêter. On ne tarda pas à le savoir. Dès que parut le' président Pittié. le cehf du jury lui posa, en effet, cette question.

Nous désirons, pour le principe, condamner Baronian à la peine capitale. Mais nous désirons également que cet homme ne soit pas envoyé à l'échafaud. Comment faut-il nous y prendre pour obtenir la certitude qu'il ne sera pas exécuté ?

Cette certitude, la cour ne pouvait pas la donner. Le droit de grâce appartient au seul chef de l'Etat. Le président Pittié ne put que conseiller, mais sans garantie, de signer, une fois rendu le verdict, un recours en grâce. Mais le défenseur, M* Raymond-Hubert, saisit l'occasion au vol pour plaider une seconde fois les circonstances atténuantes qui, seules désormais pouvaient apaiser complètement les consciences. Ainsi en alla-t-il. Lorsque l'audience, un peu plus tard, fut reprise, les jurés rendirent un verdict affirmatif, mais mitigé de circonstances atténuantes. Et l'assassin, tout surpris, puis fort satisfait, fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Il venait de l'échapper belle.

L'Arménien Kevork Baronian, jeune, joueur aux courses, paresseux, bon à rien, a commencé, à Isay-les-Moulineaux, par voler 1.100 francs à son oncle, ancien maçon, qui l'avait recueilli, M. Garabed Bazolian. Le surlendemain, 2 mars, le bandit retournait chez son parent, sous prétexte, afflrme-t-il, de lui faire des excuses. Armé d'une hachette, u a défoncé le crâne de son bienfaiteur, et avec une violence telle que le dentier de la victime fut retrouvé coupé en deux. Il a enlevé les 4.500 francs d'économies que possédait ce vieillard, puis a pris un train pour Chalon-sur-Saône. Mais il fut arrêté à Laroche.

Refors et beau parleur, il débute par un regret de commande, mais prononcé sans aucune émotion, une phrase visiblement apprise par coeur

J'ai agi dans un moment d'égarement, d'inconscience. Je demande pardon.

Et tout aussitôt, il entreprend de raconter sa vie. Il est venu en France en 1923, après avoir été apprenti tailleur, mais cet apprentissage ne lui permettait pas de vivre assez largement. Il a volé et il a été condamné. Enfin, il et t allé se réfugier chez son oncle, doux et bon, et que le président Pittié compare à un anachorète. Dés ce moment, non seulement il ne