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La crise politique en Allemagne •iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiMiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiMiiitiiiiiiliMniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiuuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiniuiiiiiti LE PRÉSIDENT HINDENBURG S'EFFORCE DE CONSTITUER UN GOUVERNEMENT "AUTORITAIRE" ET MAJORITAIRE

Il a reçu hier trois chefs de partis MM. Hugenberg (nationaliste) Kaas (centre)

Dingeldey (populiste)

IL RECEVRA HITLER CE MATIN Berlin, 18 novembre (dép. Petit Paris.) Le maréchal-président von Hindenburg a commencé aujourd'hui ses consultations politiques et il a reçu successivement, au cours de la matinée et de l'après-midi, M. Hugenberg, nationaliste, le prélat Kaas, catholique, et M. Dingeldey, populiste. On sait que le président d'Empire s'étant convaincu qu'un cabinet présidentiel extra-parlementaire ne saurait faire œuvre durable s'il a, comme le cabinet démissionnaire Schleicher Papen, les nerif dixièmes du Parlement et de l'opinion contre lui, veut maintenant se rallier au système du gouvernement autoritaire ayant la confiance de la présidence et qui rétablisse cependant un meilleur contact entre l'éxécutif d'une part, le Parlement et l'opinion de l'autre. Le chef de l'Etat aurait dit: Il me faut un chancelier qui sache travailler avec le Reichstag ».

Le gouvernement à constituer devra donc. selon les vues de la présidence, se composer, si possible, de personnalités prises en dehors du Parlement mais disposant toutefois de l'appui d'une majorité comme le veut d'ailleurs la Constitution.

Les consultations présidentielles d'aujourd'hui avaient amené à la Wilhelmstrasse, devant la chancellerie où loge le chef de l'Etat en attendant la restauration de son palais voisin, plusieurs centaines de curieux qui en ont été pour leurs frais. Les leaders parlementaires pressentis sont arrivés chez le chef de l'Etat non par la cour d'honneur, mais par les bureaux du ministère des Affaires étrangères. Leur arrivée et leur départ ont passé inaperçus.

Le maréchal-président tenait à ce que le plus complet silence fût observé sur ces consultations afin que des polémiques de presse ne vinssent pas compromettre prématurément les négociations, déjà extrêmement difficiles. Les leaders politiques, préciset-on, durent s'engager à garder le silence.

On sait seulement que M. Hugenberg, chef nationaliste, a insisté sur ma volonté de voir le prochain gouver-

Hitler,

vu par le caricaturiete anglais Autorl nement se constituer également sous la forme de cabinet présidentiel. Le parti national refuserait, en effet, de soutenir une combinaison des fractions parlementaires telle que les autres gouvernements qui ont eu le pouvoir avant le cabinet Briining.

Quant aux déclarations du prélat Kaas au maréchal-président, on croit pouvoir les inférer de déclarations antérieures. Le parti catholique accepte le système du cabinet présidentiel a condition qu'il ait l'appui et le contrôle du Parlement il veut bien collaborer avec les nazis dont il ne désapprouve pas les idées syndicalistes, mais il rejette toute arrière-pensée de dictature fasciste.

Hitler à Berlin

L'intérêt n'est pas, d'ailleurs, dans les consultations d'aujourd'hui, mais dans la première consultation de demain, celle d'Adolf Hitler, qui sera reçu en audience à 11 h. 30. Le chef naziste est arrivé ce matin à 11 heures à Berlin en avion, venant de Munich. Il avait avec lui huit de ses principaux lieutenants. M. Gœring, président du Reichstag dissous, qui est le premier conseiller d'Adoif Hitler, étant en ce moment à Rome, a été rappelé téléphoniquement d'urgence à Berlin. On assure que M. Mussolini a fait mettre un avion à sa disposition.

Les chefs nazistes se sont réunis aussitôt à la permanence berlinoise du mouvement. Vosstrasse, pour examiner la situation. Il s'agit de fixer les termes des déclarations que fera demain Hitler au chef de l'Etat. Hitler va-t-il renouveler ses exigences du 13 août dernier, alors qu'il demandait à Hindenburg la chancellerie pour luimême et tout le pouvoir pour le mouvement naziste ? Ce serait s'exposer à un nouvel affront, Hindenburg étant très opposé à confier la chancellerie au chef naziste.

Les milieux politiques croient plutôt qu'Hitler, au cours d'une audience qui doit durer une hsure, prnposera comme chancelier son collaborateur Gregor Strasser. Ce nom signifierait

Hitler gauche) et Gœhrlnic débarquant à l'aérodrome de Tempelhof

(Par têléphotograpliie de Berlin.)

la décision de l'état-major fasciste de participer au gouvernement en retenant trois ou quatre portefeuilles pour le mouvement, mais celà signifeirait en même temps le renoncement définitif des rêves de dictature fasciste. Entre le 13 août et l'audience de demain il y a eu le 6 novembre, date des élections générales qui ont fait perdre à Hitler deux millions de partisans. On a donc lieu de croire que la leçon ne sera pas perdue et que les chefs du nazisme voudront enfin transformer leur mouvement en parti politique. et assumer une part des responsabilités du pouvoir.

Si Hindenburg échouait

Si. par contre, dans leurs conciliabules de cette nuit à la Vosstrasse, Hitler et ses lieutenants se décidaient pour l'intransigeance, l'entrevue de demain entre le maréchal Hindenburg et le leader naziste serait sans résultat et Tes consultations entreprises par le chancelier vouées à un échec. Pour que la tentative du maréchalprésident dé réconcilier l'exécutif afec le Parlement et l'opinion ait la morar dre chance de succès, il faut qu'Adolf Hitler reconnaisse explicitesieat le pft*ragraphe de la Constitution qui donne au chef de l'Etat le droit de désigner le chancelier et les ministres. Comme toujours dans les crises analogues, les milieux politiques discutent longuement les questions de personnes.

Le nom du général von Schleicher a été prononcé pour la chancellerie mais ce militaire, dont la politique a d'ailleurs échoué complètement avec le cabinet von Papen, avait dit qu'il n'a aucune intention de devenir chancelier. Il serait cependant le seul candidat que les nazis admettraient si la chancellerie devait leur échapper. Mais il faudrait un appel du maréchalprésident von Hindenburg pour décider le général von Schleicher à jouer un rôle politique au grand jour.

Des divergences de vues

difficiles à concilier

En admettant l'hypothèse où les leaders appelés à la présidence se mettraient d'accord sur la composition du futur cabinet, il resterait aux quatre paufcjs naziste, nationaliste, populiste et caholique à rédiger un plan de travail commun. Les tendances syndicalistes des nazis sont intolérables aux nationalistes, tandis que les tendances anti-parlementaires des nationalistes sont inacceptables pour les catholiques. Il n'existe pour ainsi dire pas une seule question politique intérieure sur laquelle les partis pressentis par la présidence soient d'accord.

Il faut donc prévoir d'abord de très grandes difficultés et peut-être un ultime appel de Hindenburg aux partis, leur enjoignant d'oublier leurs divergences dans l'intérêt du salut de l'Etat; De nombreux indices annoncent un mouvement de relèvement économique que paralyse encore l'incertitude politique.

Si les efforts actuels de la présidence n'étaient pas compris des partis parlementaires et surtout du nazisme, le maréchal-président reprendrait alors sa liberté d'action en vue d'une politique d'autorité qui, en raison de la carence parlementaire, acquerrait une légitimité toute faite.

Camille LOUTRE

Le voyage de M. Herriot à Nantes M. Herriot quittera Paris aujourd'hui samedi, par le train de 22 h. 58, pour se rendre à Nantes, où il arrivera dimanche matin, à 9 heures. II en repartira à 18 h. 46 pour arriver à Paris à 23 h. 59.

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M. Hoover examine avec ses ministres la situation budgétaire aux Etats-Unis

Malgré un milliard de dollars d'impôts nouveaux votés l'été dernier, le déficit du Trésor américain s'accroît au rythme de 125.000 francs par minute

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER New-York, 18 novembre.

On piétine autour de la question des dettes. M. Hoover a réuni ce matin un conseil des ministres, mais la discussion a porté surtout sur la situation économique en général et sur le prochain budget américain dont le déficit s'accroit à raison de 5.000 dollars, soit 125.000 francs, par minute.

Pour les quatre premiers mois de l'année budgétaire, le déficit est déjà de 700 millions de dollars.

Malgré un milliard de dollars d'impôts nouveaux votés l'été dernier, les recettes du Trésor sont moindres qu'à pareille époque l'an dernier.

On prend seulement des mesures de détail en vue de la rencontre HooverRoosevelt à la Maison Blanche mardi. M. Hoover aura à ses côtés le ministre des Finances, M. Ogden Mills comme seul conseiller et M.Roosevelt le professeur Moley, de Columbia University.

M. Hoover a convoqué les troisprincipaux leaders de chaque parti pour mercredi matin afin de leur faire part de ses décisions après son entrevue historique avec son successeur. Pierre DENOYER

M. Herriot a reçu M. von Kœster M. Herriot, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, a reçu hier matin au Quai d'Orsay M. Roland von Krester, le nouvel ambassadeur d'Allemagne, qui lui a remis la copie Sgurée de ses lettres de créance. Le président du Conseil s'est égale-

ment entretenu avec Mgr Maglione, nonce apostolique.

GASTON PETESCH EST CONDAMNÉ A CINQ ANS DE PRISON

Les débats de l'affaire Petesch, meur- trier du mari de sa maîtresse, se sont terminés hier en cour d'assises par une condamnation correctionnelle.

Convaincu de coups mortels, l'accusé, qui avait entendu Mme Marie-Thérèse

Moreau, partie civile, et l'avocat général Honnart réclamer une condamnation, a été frappé de cinq ans de prison, en dépit des efforts de MI Rekassa, son défenseur.

Mme Combé, mère de la victime, a obtenu 3.000 francs de dommages-intérêts.

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LES INTERPELLATIONS A LA CHAMBRE

SUR L'AFFAIRE DE L'AÉROPOSTALE Deux interpellation ont été entendus MM. RENAUDEL ET GASTON MARTIN MM. J.-L. Dumesnil, ancien ministre de l'Air, et Paul Painlevé ont été amenés à fournir des précisions que l'Assemblée a chaleureusement applaudies Les habitués des grands galas parlementaires du vendredi auront été déçus s'ils s'attendaient à savourer, hier après-midi, au Palais-Bourbon, le spectacle d'une assemblée agitée par l'orage et secouée par de bruyants accès de fièvre. Les députés furent calmes et attentifs la tenue du débat parfaite.

Toutefois la manière dont M. Renaudel développa son interpellation donna lieu, de la part de MM. J.-L. Dumesnil, Paul-Boncour, Painlevé, à des précisions et à des mises au point

M. Renaudel M. Martin,

qui donnèrent à la discussion de la couleur et de la force dramatique. M. Renaudel tint la tribune deux heures et demie environ. Si bien qu'en suspendant la séance M. Fernand Bouisson invita ses collègues à réfléchir il restait encore à entendre deux interpellateurs et cinq orateurs inscrits, sans compter le ministre de l'Air. Les députés réfléchirent; ayant à choisir entre le renvoi à une séance de nuit et le renvoi à plus tard. ils optèrent pour la seconde solution.

C'est pourquoi, après avoir entendu le deuxième interpellateur, M. Gaston Martin, ils ajournèrent la suite du débat à jeudi prochain. C'est alors que M. Paul Painlevé prononcera son discours.

M. Renaudel parla, pour commencer, de l'affaire des faux et déclara que M. André Bouilloux-Lafont avait petn- but de déshonorer M. Chaumié. directeur de l'aéronautique civile au ministère de l'Air, et, M. Weillar, industriel, directeur de.la C. L D. N A. Ici, première et éloquente mise au point de M. Painlevé

J'ai demandé, à M. BouillouxLafont, venu formuler auprès de moi les accusations que l'on sait, pourquoi il ne me laissait pas son dossier. Confidentiel, répondit-il.

Alors, vous devez saisir la justice.

Non défense nationale. Plutôt le deuxième bureau.

Soit. Déposez-le entre les mains du général Weygand ce qui importe c'est qu'un tel dossier ne reste plus confidentiel.

Les applaudissements ayant crépité, M. Renaudel reprit

Le général Weygand fut saisi des pièces. Par un miracle, sans doute, M. Bouilloux-Lafont en fut avisé et fit savoir qu'il était prêt à remettre ses documents à la justice.

.Pourvu, intervint derechef le ministre de l'Air, qu'elle fut saisie d'une plainte. Contre qui ? Contre M. Chaumié, naturellement. M. Chaumié aurait cessé, ipso facto, d'être le chef de l'aéronautique civile et le tour était joué

Les gauches applaudirent de nouveau. Puis M. Renaudel fit allusion à un document spécial la pièce Renaitour n. Le jeune député de l'Yonne expliqua que ce faux consistait dans une lettre que lui aurait adressé M. Weiller, qu'il avait été acheté 6.000 francs à Luco par le baron Nicaise, que celui-ci, à la veille des élections, avait remis la fausse lettre à M. Tardieu qui, lui-même, l'avait remise à M. Bouilloux-Lafont.

Vengeance, ajouta M. Renaitour, tirée des justes attaques dirigées par moi contre les forbans de l'aviation. A l'extrême gauche on battit des mains, et M. Renaudel profita de l'occasion pour faire grief à M. Tardieu d'avoir été « un peu imprudent Mais le député du Var s'était surtout proposé d'interpeller sur « les lenteurs de l'instruction Ayant commenté le rapport rédigé par MM. Hederer et Ceccaldi, après qu'ils eurent accompli leur mission de contrôle en Amérique du Sud, il «poursuivit M. André Bouilloux-Lafont prétend avoir des enveloppes contenant des noms. On ne peut rester sur une pareille menace. Il faut le mettre en demeure de vider son dossier. Si des parlementaires sont corrompus, l'opinion les jugera.

(La suite à la deuxième page.)

M. Lebrun inaugure le Salon de l'Aviation'

Pendant la visite présidentielle de gauche à droite, MM. Georges leygues, Potes Painlevé, Lebrun et WeUler (Voir page 4.;

De Londres au Cap en 4 jours 6 heures 53 Mrs Mollison a réalisé cet exploit magnifique qui bat de 10 h. 29 le record précédemment établi par son mari Londres, 18 nov. (dép. Petit Parisien) Suivant un message Reuter du Cap, Mrs Mollison miss Amy Johnson a atterri aujourd'hui dans cette ville à 13 h. 30, venant de Mossamédèa, qu'elle avait quitté la nuit précédente à 0 h. 50. Une foule évaluée à quatre mille personnes dont des centaines avaient passé la nuit aux abords de l'aérodrome dans l'attente de l'aviatrice lui a fait un accueil inoubliable. Les traits tendus, les yeux cernés, mais le visage souriant et l'oeil vif, Mrs Mollison a remercié du geste d'abord, puis à ses admirateurs les plus proches a dit:

J'avais gardé un si bon souvenir de ma première visite au Cap que je m'était promis de revenir. J'ai tenu parole et me voici.

Rapidement, le maire du Cap et sa femme, qui avaient accueilli l'aviatrice, l'entraînèrent dans un hangar de l'aérodrome devant lequel on avait érigé des barrières. La précaution n'était pas inutile, car. soudain, la jeune femme, vaincue par la fatigue et l'émotion. s'évanouit. Ce ne fut d'ailleurs qu'une alerte car, se ressaisissant au bout d'un moment, Mrs Mollison retrouva spn sourire et ses sens pour remercier les amis connus ou inconnus qui se pressaient autour d'elle pour lui faire fête.

Une autre agréable émotion l'attendait. De Londres, son mari lui téléphonait et l'attendait à l'appareil. On devine la conversation que, d'ailleurs, tous les journaux du soir reproduisent félicitafiong du mari. sa joie et sa fierté dites en termes émus l'enthousiasme de toute l'Angleterre dont il se fait l'écho; les recommandations maritales qui se renouvellent en se faisant plus pressantes l'impatience du retour, puis les remerciements de la jeune femme le bonheur du triomphe. sa reconnaissance envers son mari qui a préparé sa victoire, son bref résumé

du voyage, l'apothéose de l'arrivée et surtout l'assurance que la santé est bonne et que quelques heures de sommeil vont faire disparaître la fatigue. Quelques instants plus tard, une auto se frayait difficilement un passage parmi la foule toujours déliçante, et l'aviatrice quittait l'aérodrome paur être conduite discrètement dans une maison amie.

Ainsi s'achève une randonnée qui restera une des plus étonnantes qui se puisse tenter.

L'aviatrice a couvert 10.046 kilomètrés en quatre jours six heures cinquante-trois minutes, battant le record de son mari (quatre jours dix-sept heures vingt-deux minutes), de dix heures vingt-neuf minutes.

Cette prouesse est d'autant plus merveilleuse que, pendant toute la durée du vol, Mrs MollissOn n'a dormi que cinq heures à peine et qu'elle a dû franchir les montagnes de l'Atlas, survoler le Sahara et courir sur une longue distance le danger d'un atterrissage forcé dans la jungle.

Un édifice s'écroule à Palerme Cinq morts

Palerme, 18 novembre (dép. Havos). Hier, à 18 h. 10, à Arenella, une partie d'un édifice s'est écroulée, ensevelissant dix personnes. Cinq d'entre elles sont mortes les autres sont blessées.

POUR ET CONTRE Par ces temps incontestablement assez difficiles, des bruits courent, courent. Dans les rues, dans les bars, dans les trains, dans les tramways, dans les salons, dans les ateliers, dans les bureaux et au Palais-Bourbon des bruits courent.

Ces bruits qui courent n'appartiennent pas, 'Comme les chevaux de course, à des propriétaires connus. Mais ils ont presque tous, cependant comme les pur sang, leurs entraîneurs plus ou moins secrets, qui s'emploient à les faire bien courir. Les bruits qui courent font, en effet, marcher les gens.

Les bruits qui courent présentent deux particularités fort caractéristiques. Ils sont toujours faux. Ils sont toujours alarmants. On pourrait s'étonner qu'il n'y ait jamais un bruit qui propage une vérité. Mais on sait que la vérité est toute nue. Comment veut-on qu'elle aille courir les rues et les bars; qu'elle aille s'installer dans les transports en commun ? On pourrait s'étonner aussi qu'il n'y ait jamais un bruit qui soit favorable, qui soit de nature à réconforter l'opinion. Mais la foule ne prête attention qu'aux bruits qui lui font peur. Elle aime frissonner. Elle aime trembler. Elle aime s'indigner. Un bruit qui n'annonce pas une catastrophe, un scandale ou quelques sensationnelles déconfitures n'obtient aucun succès. Il ne peut pas courir. Il reste au poteau, diraient les turfistes.

Pourtant, il est un bruit qu'il ne serait pas mauvais de faire courir à cette heure. C'est le bruit qui devrait même faire la bonne course, en attendant qu'il puisse gagner la grande épreuve la grande épreuve à laquelle la crise nous soumet. Car c'est un bruit exact. C'est un bruit vrai. C'est un bruit qui n'est pas une calembredaine. C'est un bruit heureux. C'est un bruit qui ne nous promet ni la guerre, ni le choléra, ni la banqueroute, ni la famine, ni le jugement dernier. C'est un bruit net, précis, contrôlé. Or voici ce bruit, voici cette simple pi 'ormelle vérité: il y a, dans le Nord, une reprise incontestable des affaires. A Lille. à Roubaix, à Tourcoing, le chômage diminue. On embauche. Des commandes sont venues. Des stocks ont fini par s'épuiser. La situation reste encore, assurément, difficile, mais il y a du mieux. Mais il y a un mieux sensible. L'activité renaît, espoir aussi.

Le bruit des métiers qui fonctionnent, des moteurs qui tournent, des usines qui travaillent, qui produisent, voilà le bruit qui court aujourd'hui dans le Nord. Il vaut assurément mieux que tous les pot;ps désespérants qui traînent par les rues! Maurice PRAX.

Un étang en Autriche recelait quantité de bombes Vienne. 18 novembre (dép. Havas.) On mande de Graz qu'à Rottenmann, en Styrie, un dépôt de bombes, qui était dissimulé dans un étang de l'endroit, a été découvert par la gendarmerie. Ces bombes étaient enduites de cire pour les protéger contre la rouille. La police en a repêché dix-sept avec de grandes difficultés. Il en reste, dit-on, un grand nombre dans le dépôt.

La première réunion

du comité supérieur des économies

A droite, M. Maurice Bloch, procureur général prrs la Cour des comptes, et, à gauche, M. liaguenin photographiés au cours de la première séance du comité supérieur des économies i la Cour des comptes

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UNE NOUVELLE AFFAIRE DE FRAUDES FISCALES DÉCOUVERTE A PARIS Elle met en cause le comte Geoffre de Chabrignac qui, dans son appartement particulier, payait clandestinement des coupons de valeurs étrangères pour le compte d'une banque de Genève

Des mandats d'amener ont été lancés contre deax administrateurs de la banque suisse

La perquisition effectuée chez le comte de Chabrignac fut marquée par des incidents héroï-comiques

Le parquet vient de découvrir une nouvelle affaire de fraudes flscales dans les conditions suivantes

Mercredi soir, M. Fontaine, chef de la section financière du parquet de la Seine, recevait la visite de M. Parlange, inspecteur de l'enregistrement, venant lui apporter une dénonciation des services du timbre visant le comte de Geoffre de Chabrignac, demeurant 3, boulevard de Latour-Maubourg, gendre de M. de Marcé, conseiller-maître à la Cour des comptes.

M. Parlange, qui découvrit les agissements de la Banque commerciale da Baie, signalait au substitut que le comte de Chabrignac était le correspondant clandestin, à Paris, d'une banque genevoise, la banque Lombard, Odier et Cie, et qu'il avait, lui aussi, payé des coupons de valeurs étrangères sans retenir les 18 exigés par la loi et sans avoir fait la déclaration à l'enregistrement édictée par la loi du 29 mars 1914.

L'heure était trop tardive pour se rendre au domicile du comte, et c'est

Le comte Geoffre de Chabrignac,

photographié en 1917

seulement le lendemain matin, à 9 heures, que M. Hude, juge d'instrufeUïra, s'y rendit.

M. de Chabrignac, qui est aussi administrateur de la Banque dee Pays de l'Europe Centrale, habite un superbe appartement, dont une des pièces a été transformée en bureau et où il se trouvait avec une dactylographe.

M. Hude, qu'accompagnaient son greffier, M. Vogel M. Barthelet. commissaire de police à la sûreté générale M. Parlange et plusieurs inspecteurs de police, se mirent en devoir de pratiquer une perquisition. Elle fut longues, puiarqu'il était plus de 4 heures de l'aprèsmidi lorsque le magistrat revint au palais, emportant des documents parmi lesquels une liste de plusieurs centaines d'adresses que l'on va étudier et qui, peut-être, contiennent ies noms de clients de la banque de Genève. Indiquons tout de suite que le comte de Chabrignac proteste de son innocence, mais l'accusation a accumule contre lui un certain nombre «e preus • ves. C'est ainsi que, pendant la durée de la perquisition, la sonnerie du téléphone retentit à de nombreuses reprises et, chaque fois, M. Barthelet. prenant le récepteur, répondit aux appels'. A cinq reprises, il s'est kagi de personnes qui demandaient si elles pouvaient sans danger venir encaisser des coupons Le commissaire rassurait les correspondants qui, dans un délai plus ou moins long, se présentaient boulevard de Latour-Maubourg où M. Barthelet les interrogeait longuement. Vers 2 heures, après un repas pris dans le bureau même du comte de Chabrignac, ce dernier demanda l'autorisatorisation de se rendre aux water-çlosets. Il y fut accompagné par un inspecteur et, à partir de ce moment, on n'entendit plus le téléphone. Le commissaire de police se douta qu'il s'était passé quelque chose d'anormal et, inspectant les cabinets d'aisance, il y découvrit les piles actionnant la sonnerie du téléphone et put se rendre-compte que M. de Chabrignac les avait rendues inutilisables.

Une autre preuve que l'accusation considère comme décisive est le fait par M. de Chabrignac d'avoir arraché, sans être vu, croyait-il, une feuilte de son mémorandum contenant l'adresse téléphonique de M. Ufenoir, un représentant de la Banque Lombard, Odier et Cie, qui régulièrement venait à Paris et qui se rendait boulevard de LatourMaubourg. Ce bout de papier fut roulé en boulette par M. de Chabrignac et jeté dans un cendrier à bascule qui «e trouvait dans son bureau, mala M. Hude avait vu le geste; il put ressaisir le papier qui fut placé sous scellée.

Enfin. M. de Chabrignac aurait, au cours de la perquisition, cherché à dissimuler cinq des scellés que venait d'établir M. Berthelet. en les jetant sous un coussin de son fauteuil.

Le parquet ayant eu connaissance des résultats de la perquisition, M. Fontaine, substitut. a rédigé un nouveau réquisitoire requérant M. Hude d'inculper M. de Chabrignac d'infraction aux articles 35 et 38 de la loi du 29 mars 1914. modifiée par la loi du 16 avril 1930. En même temps, M. Fontaine signait un autre réquisitoire contre M. Lanoir et tous autres. En possession de ces documents. M. Hud.e. qui avait été informé que M. Lenoir se trouvait jeudi en France. lança deux mandats d'ame1 ner, l'un visant M. Lenoir, l'autre M. Barbey, qui l'accompagnait. Tous deux sont administrateurs de la Banque Lombard, Odier et. Cie. Les postesfrontière ont été avisés afin d'empécher les Suisses de regagner leur pays. Prochainement, M. Hude va interroger M. Geoffre de Chabrigrnac et lul notifler le réquisitoire d'inculpation. Un marchand forain

tente d'étrangler son fils et blesse sa femme

Dans le quartier populeux de Plaisance, un drame de l'alcoolisme s'est déroulé hier matin, vers 3 heures, mettant en émoi la laborieuse rue de i l'Ouest. Au cours d'une crise de detirium tremens, un marchand forais de