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LES GRANDES ENQUETES DU « PETIT PARISIEN » Sous le masque japonais

LA DEBORDANTE POPULATION ET L'EMIGRATION

par Andrée VIOLLIS.

On dit que certains ascètes nippons, dégoûtés du progrès et de la civilisation occidentale, se retirent, pour y méditer, dans la solitude. Je veux bien le croire. Mais où la trouvent-ils ? Dans ces régions montagneuses, envahies par la jungle, qui restent, paraît-il, aussi .désertes qu'aux premiers jours de la création ? Peut-être. Car partout ailleurs la solitude au Japon semble bien un mythe.

Parcourt-on, en chemin de fer ou en auto, les régions cultivées du pays, que ce soit le long des côtes déchiquetées ou dans les plaines creusées de profondes vallées, à peine aperçoit-on de temps à autre un coin sans toit. Les villes rejoignent les villages et ceux-ci se succèdent presque sans transition. L'on ne sait jamais trop quand finit l'un et quand l'autre commence. Et serrés dans les rues interminables, trottant le long des routes, courbés dans les champs, accrochés aux rivages, suspendus aux pentes, pullulent et grouillent des millions d'êtres jaunes, agiles et prolifiques. Humanité décente d'ailleurs et qui n'a rien de l'ordinaire pouillerie asiatique, mais qui doit trouver du travail, de la nourriture, des vêtements et qui se gonfle, flue et reflue, déborde dans de trop étroites frontières. Angoissant problème. La population du Japon qui, jusqu'à la Restauration, était demeurée limitée, a triplé en un demi-siècle en dix ans elle a augmenté de huit millions, et c'est maintenant à la caaence de plus de 900.000 par an qu'elle s'accroît. Pour un territoire de 380.000 kilomètres carrés (alors que celui de la France atteint 550.000), le Japon proprement dit, au recensement de 1930, comptait 64 millions d'habitants, 83 millions avec la Corée, Formose et les petites îles. Ce qui est déjà joli. Mais si l'on prend uniquement pour base la surface cultivée, productrice, on arrive, en densité de population, à l'énorme chiffre de 969 habitants par kilomètre carré, alors que la Belgique, où pourtant aucune parcelle du sol n'est perdue, n'en compte que 394, l'Angleterre 226, la France 108. Le Japon est donc le territoire le plus peuplé de notre planète. Et ce n'est pas fini. Nous autres qui devons lutter contre un mal contraire, ou du moins ce qu'on appelle un mal, nous qui avons entendu tant de gémissements sur notre dépopula- tion, pouvons-nous concevoir un pareil fléau ?

Le gouvernement japonais ne cesse d'y penser. Comment endiguer ou détourner ce flot montant qui menace de submerger le pays ? Il y a bien ce que l'on appelle le contrôle des naissances. Il fut ouvertement pratiqué pendant trois siècles, du xV au xix', au temps où le Japon s'était isolé du monde. Les Shoguns, ces hommes perspicaces, prévoyant le danger, avaient décidé que l'Empire ne dépasserait pas vingt-cinq millions d'habitants. La limitation des naissances était non seulement permise, mais l'avortement était légal et même, dans certaine cas, imposé, sous peine de condamnations rigoureuses.

L'empereur Meiji, après avoir ouvert les frontières du pays, se conforma pour cette question aux principes européens et adopta même la législation française qui réprime sévèrement toutes les pratiques tendant à diminuer le nombre des naissances.

Cependant, en 1927, au temps du cabinet Tanaka, le danger se précisant, on décidait d'en revenir aux vieilles idées du temps des Shoguns. Des médecins spécialistes étudièrent les moyens de limiter les tendances trop prolifiques des Japonais, et des conférenciers venus des Etats-Unis furent chargés de répandre par le pays les éléments du malthusianisme.

Mais cette propagande n'atteignit pas ceux auxquels elle était destinée: l'énorme masse des travailleurs et des paysans étant trop ignorante et trop insouciante pour tirer de ces belles théories des conclusions prati- ques. Par contre, elles firent dans les milieux intellectuels et bourgeois de tels ravages que les autorités, craignant de voir chanceler l'antique morale et disparaître l'élite du pays, arrêtèrent la campagne de conféren- ces. Toutefois, elles ne défendirent point de diffuser par la voie de la presse les notions nécessaires au contrôle de la natalité.

Parmi les Japonais fascistes, il en est d'ailleurs, et. en nombre, qui s'opposent à cttte campagne.

La population d'un pays est un des signes de sa force et de sa vitalité, disent-ils. Elle peut, elle droit devenir un aiguillon, un levier d'action et d'expansion. Le malthusianisme est une preuve de décadence. Et l'Empire japonais en est à l'ascension.

Quelques-uns ajoutent même Un peuple qui étouffe chez lui est obligatoirement, mécaniquement contraint à la guerre et a la conquête Andrée VIOLLIS.

(La mite la quatrième page.)

M. CAMILLE «TEMPS ORGANISE LA LUTTE CONTRE LA VIE CHERE Avec la collaboration de la commission de surveillance des prix, le ministre de l'Intérieur entend faire baisser le prix de la viande et créer dans l'économie générale le compartiment de « l'économie familiale »

Un projet spécial prévoit la vertte à prix réduita des denrées aux chômeurs

Jt. Chttntemps

Lutter victorieusement contre la vie chère est un rêve caressé par tous les gouvernements d'après guerre. Mais pourquoi faut-il que dans cette lutte, entreprise vingt fois et vingt fois abandonnée, le consommateur soit toujours vaincu ? Le nombre serait-il une faiblesse ? Et ne devons-nous pas plutôt imaginer que toutes les campagnes, nées dans l'exaltation et mortes dans l'indifférence, partaient d'un principe faux, d'une base incertaine et peu sûre ?

Sans vouloir escompter avec un optimisme de commande les résultats de l'effort présentement accompli par M. Camille Chautemps. ministre de l'Intérieur, et la commission permanente de surveillance des prix, on peut du moins s'appuyer dès maintenant sur une certitude la. lutte entreprise contre la vie chère n'aura pas été, une fois de plus, une improvisation. On en jugera par les déclarations intéressantes, les idées neuves que M. Camille Chautemps a bien voulu nous exposer pour les lecteurs du Petit Parisien. Depuis la formation de la commission de surveiance des prix, nous dit-il, nous avons'cherche à dêterminer, par une étude objective des diverses statistiques et des indices, le coût actuel de la vie.

Pour obtenir des résultats, il faut avant tout étudier le terrain sur lequel on va s'aventurer. Cette première étude, nous la devons à M. de Monségou, rapporteur au Conseil nationale économique.

A l'aide de documents contrôlés, de statistiques nombreuses, nous nous sommes familiarisés avec l'arithmétique ménagère, et nos recherches ont montré que la courbe du coût de la me, qui s'était fortement élevée de 1927 à 1930-1931, baisse depuis cette époque et se tient aujourd'hui à un niveau légèrement inférieur à celui de 1927.

René MAZEDIER.

(La suite à la deuxième page,)

On trouvera à la 3* page le compte rettdu de comeQJ'ftoM, à la CaM&rs italienne, du « décennal fasciste. Une dépéche de notre correspondant de BerKm les pourparlers de Jf. t'on Pnpen d'orM et déjà à un échec.

GRETA GARBO A PARIS

OU LA STAR MYSTERIEUSE Greta Garbo, vedette de tant de films depuis la Rue sans joie jusqu'à à Mata Hari et Courtisane, est actuellement à Paris. Elle est arrivée il y a une huitaine, mais inscrite à l'hôtel sous son véritable nom, miss Gustafson, nul ne l'avait reconnue. Un hasard dévoila cet incognito et Greta Garbo en fut fort marrie, au point de faire interdire l'accès de son hôtel à tout importun. Un de nos reporters photographes a pu saisir hier soir sa silhouette alors qu'elle passait rue de Castiglione. Forme un peu imprécise dissimulée sous l'ample manteau de vison, tandis qu'un feutre de chasse dissimule ses traits.. Sa compagne, la comtesse Wachtmeister, la précède I comme pour monter bonne garde Le soir, la star suédoise assista, au cinéma des Champs-Elysées, à la pro-

jeet.tun du il.m Silence, on toMrme de son camarade Harold Lloyd, et y prit un plaisir extrême.

A ta quatrième page LB OONTB *-« 1 INNOCENCE Il ,< par J. BROHO ttOBX

M. Hoover de retour à la Maison Blanche confère sur les dettes Il s'est successivement entretenu avec MM. Ogden MiU<, Reed et StMMen Aucune décision parlementaire ne pourra, ïemt/e-t-, intervenir avant la date du 15 décembre

ON S'EN TIENDRAIT

A UN MORATOIRE DE FAIT New-York, 16 novembre.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Les chances de voir-le Congrès ratifier un nouveau moratoire des dettes avant le 15 décembre paraissent ce soir bien minces.

Le président Hoover est rentré & Washington ce matin. Tous ses ministres étaient à la gare pour l'accueillir. C'était son premier retour à Washington depuis sa retentissante défaite aux élections due la semaine dernière. Ils auraient du lui présenter des condoléances, mais c'est une cordiale petite fête qu'ils avaient organisée pour lui. Aussitôt rentré à la Maison Blanche, le président a conféré pendant une demi-heure avec M. Ogden Mitls, sesrétaire du Trésor, et avec son ami, M. David Reed, sénateur influent. opposé & toute concession & l'Europe sur le chapitre des dettes.

M. Hoover a déjeuné ensuite avec le secrétaire d'Etat, M. Stimson. Ce soir, on ne sait encore rien de positif sur tous ces entretiens. On assure que M.. Hoover a été informé par tous ses visiteurs de l'opposition foncière qui existe au Congrès à toute revision des dettes et même à un simple moratoire. Ces avis ont-its impressionné le président ? On le dit. Maintenant opposé à une suspension pure et simple des paiements du

M. uaen Muta

15 décembre. envisagerait-il une suspension moyennant certains avantages ? Mais comment peut-on espérer, dans un laps de temps si court. conclure un marchandage quelconque? Pierre DENOTER

(La sudte d la troisième page.) Retour d'Allemagne

M. Patenôtre fait part de ses impressions

fVoir d la deuxième page.)

Il. Raymond Patenôtre

Attaqué par son client

un chauffeur marseillais réussit à le désarmer

et le met hors d'état de nuire Marseille, 16 nov. (dép. Petit Pariaien.) Un jeune homme hélait, cette nuit, à la sortie d'un cinéma, le chauffeur Paul Bietagne et lui demandait de le conduire dans la banlieue, à Mazargues. L'auto étant arrivée en pleine campagne, le client, s'armant d'un revolver, se flt remettre par le chauf- feur l'argent que celui-ci avait sur lui. soit 20 francs. Puis, toujours sous la menace de son arme, il invita le chauffeur à lui céder le volant. M. Bistagne dut s'exécuter. Mais le jeune malfai- teur était inexpérimenté et bientôt le moteur cala. Le chauffeur reçut alors l'ordre de remettre la voiture en marche. Il 8t semblant d'obtempérer. Mais, profitant d'une minute d'inattention de son « client qui avait toujours le revolver à la main. il parvint à se saisir de l'arme et il étourdit son agressfur en lui portant un coup de crosse dans la poitrine.

Des automobilistes de passage, alertés par M. Bistagne, transportèrent le blessé à l'hôpital de la Conception. Il s'agit d'un nommé Gaston Racauld. dix-huit ans, originaire de Niort (DeuxSèvres.

Racauld appartient à une excellente famille qu'il abandonna il y a quelques jours non sans s'être muni d'une partie des économies familiales. Nanti de cette somme, il se rendit en Corse. où il flt un court séjour. Après avoir épuisé une grande partie de son pécule. il gagna ensuite Marseille où, avec le peu d'argent qui lui restait, il fit l'acquisition d'un revolver qui. dans ses projets, devait lui servir pour assaillir un chauffeur de taxi. pour le dépouiller et pour s'emparer de sa voiture avec laquelle il espérait visiter la Côte d'Azur et l'Italie.

MME GUERRE M DANS LR CHINE DU SUD Un général tente

de force

le pouvoir au Koeitchéou Cependant que se dessine une nouvelle coalition entre chefs militaires nordistes et tudiatea mécontents, contre Nankin Changhaï, 16 novembre.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Une nouvelle guerre civile vient d'éclater dans la province du Koeitchéou, située dans la Chine méridionale.

Un général a attaqué, avec sa division, le gouverneur qui, lui-même, s'était empare, par la force, du gou-

vernement de la, province, l'année der- nière.

La guerre du Koeitchéou est la troisième guerre civile chinoise en deux mois et demi.

Dans la province du Setchouen, les hostilités continuent entre les deux cliques de généraux qui, après s'être partagé la province pendant plusieurs années, luttent maintenant pour la suprématie. Dans le Chantoung, Hanfoutchou, qui ne contrôle que la partie occidentale de cette province, a tenté de s'emparer de Tchéfou et de la cote nord afin d'avoir un débouché sur la mer et de recevoir ainsi facilement des cargaisons d'armes venant de l'étranger.

Le gouvernement de Nankin avait donné Tchéfou à un général fidèle de Lui Chen Nen. Hanfoutchou, qui avait conclu un accord secret avec plusieurs grands chefs nordistes mécontents de Nankin, chassa Lui Chen Nen de Tché- fou. Toutefois, Tchang Kaï Chek put concentrer quelques divisions à la frontière du Chantoug, tandis que Tchang Hsue Liang en concentrait d'autres au nord.

Menacé d'être pris entre deux feux. Hanfoutchou abandonna Tchéfou et déclara accepter la médiation du gouvernement de Nankin.

Cependant, une nouvelle' coalition contre Nankin sembte se dessiner. Il s'agit d'une alliance entre certains grands chefs nordistes, anciens lieutenants de Feng Yu Siang. et les sudistes de Canton. L'ancien ministre des Affaires étrangères, M. Woo, membre du clan sudiste, est allé dans le nord conférer à Kalgan avec Feng Yu Siang, qui se pose en chef de la clique nordiste. Pour le moment, la coalition nordiste et sudiste se contente d'une offensive verbale.

A Canton, le chef du département des Affaires étrangères déclare que le rapport de la commission Lytton constitue une honteuse soumission au Japon et qu'il faut reconquérir la Mandchourie par les armes.

Dans le nord, Tchang Hsue Liang publie un violent manifeste contre Tchang Kaï Chek et Nankin, tenant le gouvernement pour responsable de la misère du peuple, de la corruption générale et des abus, ainsi que de la perte de la Mandchourie. Il s'agit de savoir si l'entente sera assez ferme entre tous ces chefs conjurés pour qu'ils puissent déclencher une nouvelle guerre civile sous prétexte de patriotisme.

Georges MOÏŒSTHE

L'AFFAIRE DES FRAUDES FISCALES MM. Berthoud et Renaud sont écroués a la Santé Les trois financiers suisses. MM. Berthoud. Renaud .et Joty. de la Banque Commerciale de Bâte, qui sont compromis dans t'affaire des fraudes fiscales. ont été interrogés hier par M. Audibert. juge d'instruction, et ont été inculpés pour n'avoir pas déclaré à l'enregistrement leur officine de banquier. Par ailleurs. pour ce qui concerne la non-perception de l'impôt de 20 sur les coupons des valeurs étrangères. les trois banquiers vont être inculpés dans les 1.018 dossiers répartis chez les 38 juges d'instruction du tribunal de la Seine.

Au cours de cet interrogatoire, qui dura plus de quatre heures, M. Georges Berthoud déclara qu'il prenait la responsabilité de toute l'affaire et de toutes les opérations traitées en France dans les succursales de la rue de La-Trémouille.

Il ajouta que, en son absence, lorsqu'il retournait en Suisse, c'était M. Charles Renaud qui avait la haute main sur l'affaire.

Dans ces conditions, M. Audibert, après en avoir conféré avec le parquet, délivra deux mandats de dépôt contre les deux financiers suisses, qui ont été écroués à la prison de la Santé. D'autre part, M. Audibert a signé deux nouvelles inculpations: celles de MM. Morel-Verscher et Bruger, tous deux administrateurs délégues de la Banque Commerciale de Bàle, auxquels il a notifié. la même inculpation qu'aux autres financiers suisses celle d'in. fraction à la loi de 1914. modifiée par la loi de 1930.

La responsabilité de MM. Morel-Verscher et Brugger, ainsi que celle du secrétaire de M. Renaud. M. Joly. f!t?.nt moins engagée que celle de MM. Berthoud et Renaud, ils ont été laissés en liberté provisoire.

Une explosion fait quatre morts dans une mine anglaise

Londres. 16 novembre (dép. P. Paris.) Au cours d'une explosion qui s'est produite aujourd'hui au puits n° 1 de la mine Cardowan, près de Glasgow. quatre mineurs ont été tués et dix autres grièvement blessés.

Rappelons que samedi dernier vingtquatre mineurs perdirent la vie dans des circonstances analogues. une explosion déterminée par le grisou ayant fait sauter ta galerie principale d'un puits de charbon près de Wiga%.

Un maçon italien larde une femme son ancienne amie de 25 coups de couteau Cette scène de fureur s'est déroulée à la tombée de la nuit, en bordure d'une route, prêt de MonteMon et devant une camarade de la victime

L'auteur Je cette sauvage agression a fm à bicyclette

ON CROIT QU'IL S'EST SUICIDE Un drame passionnel s'est déroulé dans la soirée de mardi route de la Borde, à Montesson, commune agricole du canton de Saint-Germain-enLaye. Une femme a été lardée de vingt-cinq coups de couteau par l'homme avec lequel elle avait vécu pendant plusieurs années et dont elle était séparée depuis peu.

La victime, Mme Luce Robin, est âgée de trente-deux ans. Après son divorce, Mme Robin avait fait la connaissance d'un maçon d'origine itaj lienne, Libero Rondanili. Tous deux, avec les deux enfants de la jeune femme, s'installèrent dans une habitation en bois situé au lieudit la Pointedes-Courlis, sorte d'enclave que forme le territoire de Chatou entre le Vésinet et Montesson. Tout alla bien au début.

Mme Robin se faisait de bonnes journées en travaillant dans les champs pour le compte des maraichers de Montesson. Rondalini, excellent ouvrier, rapportait de bons salaires. Une petite fille naquit, âgée aujourd'hui de deux ans et demi. Mais, il y a quelques mois, la mésentente s'éleva dans le faux ménage. S'il faut en croire certains témoignages, il y a deux mois environ, Rondalini, en pleine nuit, aurait chassé de son logis Mme Robin et les trois enfants. La jeune femme reçut alors l'hospitalité de Mme Clessens, 40, route de la Borde, à Montesson, où elle vint se réfugier avec sa progéniture en attendant que ses parents lui aient trouvé un logement. Depuis, Mme Robin et Mme Clessens se rendaient chaque jour dans les champs où, grâce à son

BendMili, M' Robin et ses enfants labeur, l'ex-amie de Rondalini trouvait les ressources nécessaires pour subvenir aux besoins des trois petits. (La suite à la deuxième page.)

!UNE CHASSE PRÉSIDENTIELLE

CÉCILE DIOU QUI POIGNARDA SON AMANT EST ACQUITTÉE C'est au coura d'une scène de violence que, armée d'un canif, elle perça le cœur de. son compagnon alcoolique et brutal Très sourde, son interrogatoire eut Iieu dana le prétoire au pied même de la cour comme une conversation vers laquelle tout FauJttotre tendait l'oreille

Qu'il s'agit de peu de chose pour transformer la physionomie d'une audience et ajouter aux débats une note pathétique inattendue La a meurtrière qui comparait devant le jury, Cécile Diou, très sourde, est amenée dans le prétoire- jusqu'au pied même de la cour, où elle restera debout, ferme.

presque sans larmes. Elle engagera. ainsi avec le président Pittié une sorte de conversation particulière qui tient lieu d'interrogatoire, tandis qu'un garde et le défenseur, M' J.-Ch. Legrand, loin derrière elle, tendent l'oreille.

Restée veuve en 1929, et mère de deux enfants en bas âge, Cécile Diou a d'abord demandé l'hospitalité à sa mère, une brave marchande des quatre saisons, très àgée, et qui ne put supporter cette charge. La jeune femme alla donc vivre seule, « avec ses mioches ainsi qu'elle le dit avec une sorte de farouche tendresse. Elle gagnait 120 francs par semaine, et, pour trouver l'appoint indispensable, se trouva réduite à descendre, le soir, dans la rue.

Eugène QUINCHE.

(La suite à ta deuxième page.)

AUTOUR DE L'AFFAIRE DE L'AEROPOSTALE

La Luf t Hansa

ses réseaux aériens et leurs connexions En 1241, plusieurs cités allemandes du Nord-Ouest, à la tête desquelles était Lubeck, fondaient une confédération dans un double but de défense à l'extérieur contre les pirates de ta Baltique qui menaçaient leur commerce à l'intérieur contre certains princes qu'indisposaient leurs franchises. Cela s'appela la Hansa, ou la Ligue. Après avoir connu un heureux destin, la Hansa commença de décroître. Sa chute nnale date des environs de 1725. It aura fallu exactement deux cents ans pour que, sous la même forme, procédant des mêmes directives politiques et économiques. elle ressuscitât, mais non plus, cette fois, pour assurer son oeuvre maritime. La Hansa, signe des temps, a tronqué sa Botte de bateaux contre une flotte d'avions. La Luft Hansa, ligue de t'Air. est une sorte de monopole du ciel allemand, comme la Hansa du moyen âge et de la Renaissance le fut de la mer allemande.

C'est vers la fin de 1925 que la Luft Hansa naissait d'une fusion entre la Deutsche Aro-Uoyd et la JunkersLuftverkehrs A. G., deux compagnies de transports aéronautiques créées au lendemain de la guerre, quand le traité de Versailles eut interdit au Keich toute aviation militaire. La concurrence avait été vive entre les deux soclétés, dont l'une, la Junkers, était contrôlée par le célèbre constructeur d'avions. La Luft Hansa eut le mérite d'unifier les efforts, l'infrastructure. les installations de la radio, tes horaires, les tarifs. Encore qu'elle ne soit pas la seule compagnie aérienne allemande Il existe, en effet, entre certaines villes, des lignes qu'on peut appeler c d'intérêt local elle est de beaucoup la plus puissante et résume, à vrai dire, toute l'aviation commerciale du Reich.

La Luft Hansa est une compagnie privée, organisée sur le modèle ordinaire des sociétés anonymes (Aktiengesetischaft). Mais la constitution de son capital n'a rien de commun avec aucune de nos cinq compagnies françaises. L'Etat allemand possède en effet les 40 de ses actions. l'autre part étant couverte par une participation proportionnelle des différents Etats, provinces, villes et groupements industriels du Reich. La Luft Hansa est donc un organisme national, si elle n'est pas un organisme d'Etat. Tous les budgets allemands y ont leur part. Elle collabore effectivement avec le rail et le navire. Grâce à ses hydravions lancés en pleine mer par capapulte. A bord du Co!oM&M, de l'Europa et du Bremen, elle aide 20 fois par an à raccourcir de 48 heures la durée du service postal HambourgCherbourg-New-York. De même, pour la ligne de l'Amérique du Sud, ses appareils vont déposer le courrier d'Allemagne aux iles Canaries. Transporté par un paquebot à file Fernao de Noronha, il y est pris par un hydravion de la Condor Syndicato (société aérienne mixte germano-brésilienne) et gagne Hio de Janeiro, puis Buenos-Ayres, par la voie des airs.

Maurice BOURDET.

(La suite <t la sixième pape.)

Un exposé de M. Painlevé

devant la commission

de l'aéronautique

sur l'affaire de l' « Aéropostale » La commission de l'aéronautique de la Chambre, réunie hier sous la présidence de M. Laurent-Eynac, a entendu un exposé de M. Paul Painlevé sur l'affaire de l'Aéropostale.

Le ministre de l'Air a fourni à la, commission des explications minutieuses sur tous les faits concernant les affaires de faux. Ne laissant rien dans t'ombre, il a montré la nécessité de développer à fond les préventions que d'audacieuses calomnies ont suscitées. en particulier dans l'Europe centrale, contre le bon renom de la France et de son aviation.

M. Painlevé a rendu hommage à la probité, au dévouement et à l'indépendance des hauts fonctionnaires et officiers injustement accusés ou calomniés. Il a montré que les agissements des faussaires n'auraient jamais entraîné de telles conséquences si, dès le début, M. André BouiDoux-Lafont avait fait connaître l'origine des pièces de son dossier.

Enfin le ministre a dit son admiration pour les pilotes et techniciens qui ont réalisé à travers trois continents une giande entreprise aérienne française et exprimé la certitude que le Parlement sera d'accord avec lui pour que soit poursuivie leur œuvre glorieuse, preservée de tous les agissements qui pourraient la compromettre. MORT DE M. OUDAILLE directeur de la police

du réseau de l'Etat

M. Oudaille, directeur des services de police parj ticutière du réseau de l'Etat. officier de la Légion d'honneur, est mort subitement hier, à Ils h. 30, dans son bureau de la gare Saint Lazare. Il s'était trouvé indisposé une demiheure plus tôt, mais s les soins qu'on lui prodigua sur-le-champ furent Inutiles.

De 1912 jusqu'en 1926, M. Oudaitie avait été commissaire spécial de

cette même gare, qu ne quitta que pour prendre sa retraite de commissaire divisionnaire et entrer au service du réseau. Il fut chargé pendant cette période de la sécurité des souverains et chefs d'Etat étrangers qui voyageaient en France et de la police au cours des voyages présidentiels. Il avait débuté en 1895 comme inspecteur à la sûreté générale et avait été commissaire spécial à Cherbourg, puis à Bordeaux.

Agé de soixante-huit ans, M. Oudaille était né à Auxerre (Yonne) où son père était gendarme. Il habitait à Asnières, était encore très actif et rien ne faisait prévoir sa brusque fin.