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Le projet de budget pour 1933 a été déposé hier à la Chambre LES RECETTES PRÉVUES S'ÉLÈVENT A 47.801.879.053 FRANCS LES DÉPENSES SONT RAMENÉES A 47.779.739.843

Le projet prévoit 2.500 millions de recettes nouvelles, et 1.468 millions de compressions de dépenses

773 millions sont demandés aux fonctionnaires, 595 millions aux pensionnés de guerre et anciens combattants

La création d'une caisse des pensions et la mise en œuvre d'un plan d'outillage national entraîneront un emprunt de 3.620 millions

Le projet marque une vive réaction sur la facilité des dernières années, et réduit le train de vie de l'Etat d'environ 3 milliards

En déposant sur le bureau de la Chambre le projet de budget de 1933, M. Maurice Palmade a donné connaissance des principales dispositions qu'il contient.

Ce projet, présenté par MM. Palmade et Germain-Martin, témoigne d'un effort de redressement auquel la Chambre, quelle que soit son opinion, ne saurait demeurer insensible. Avant d'exposer les détails du projet financier gouvernemental, deux remarques s'imposent. La première, déjà soulignée par le Petit Parisien, consiste dans ce fait que les services de la rue de Rivoli, ayant eu à faire face à des travaux formidables et prenant le départ avec trois mois de retard, en ont rattrapé la moité.

La préparation des projets d'économie, partiellement votés en juillet par la Chambre, la mise au point du projet sur la conversion des rentes et les remaniements d'écritures qui s'ensuivaient n'ont pas empêché les services du budget de travailler avec une célérité à laquelle il faut rendre hommage.

Autre remarque, plus importante encore. Depuis 1925, les budgets de la France accusaient une progression constante. Partant de 33 milliards en 1925, ils passaient à 37.338 millions en 1926, 39.541 millions en 1927, 42.445 millions en 1928, 50.398 millions en 1930.

Le budget de 1932, pour 12 mois, eût été de 53.467 millions celui de 1933 s'élevait, à l'origine, à 56 milliards.

Cette progression continue, génératrice de déficit, devait être enrayée. C'est chose faite, déclare M. Palmade, dans son projet. Même en ajoutant au montant des dépenses budgétaires prévues celui des empruntes que sont la caisse des pensions et le plan d'outillage national, on n'atteint, en effet, qu'un total de 50.650 millions, contre 53.467 millions l'an dernier soit une réduction d'environ 3 milliards.

Les difficultés de l'équilibre

Pour comprendre les difficultés rencontrées par les ministres des Finances et du Budget dans leur œuvre de réorganisation financière, il est nécessaire de rappeler certains chiffres et certains faits.

La première étude budgétaire pour 1933 donnait les chiffres suivants Dépenaes 55.980 millions.

Recettes 43.880 millions.

Soit un déficit supérieur à 12 milliards, provenant du fait que certaines ressources de 1932 étaient exceptionnelles (3 milliards), que les paiements allemands ont cessé (2 milliards), que les dépenses se sont accrues (2 milliards)' et qu'enfin les prévisions de recettes ont fléchi (4 milliards).

Les causes du déficit

Devant une situation aussi dangereuse, les services du budget se sont mis à l'étude. L'examen serré de la situation a fait ressortir les princi-, pales causes du déficit, qui sont En premier lieu, le fléchissement des recettes.

Ensuite, l'abus de la procédure d'engagement.

Et enfin le vote de lois qui ne développent que peu à peu la plénitude de leurs effets.

Il y a en somme deux espèces de déficit: celui, temporaire, né de la crise, qui diminue les recettes, et le déficit permanent provenant de l'extension de dépenses dont l'ampleur n'a pas été prévue par le Parlement. En somme, le vote de certains textes législatifs n'a fait que précipiter la chute financière contre laquelle il faut réagir aujourd'hui. Quelques exemples ne sont pas inutiles.

Pour les chemins vicinaux et le désenclavement, les engagements non satisfaits à la fin de 1928 étaient de 6 millions. Ils s'élèveront à 140 millions à la fin de 1932.

Les crédits de 1'nydraullque agricole, du génie rural et de l'électrification des campagnes étaient, fin 199'8. en retard de 30 millions. L'arriéré sera, fin 1932, de 550 millions, etc. On conçoit, fait remarquer le ministre du Budget, qu'aucun budget ne saurait résister à de si formidables appels.

Les mesures proposées

Avant juillet 1932, le déficit pouvait être évalué à 12 milliards 100 millions. Le vote des premiers projets, réduisant le budget de la Défense nationale de 1.485 millions, comprimant les dépenses administratives à concurrence de 210 millions, et créant 456 millions de ressources nouvelles, le diminua de 2.151 millions. Le vote

Il. Palmade

des conversions produisit 1.407 millions la convention avec la caisse autonome d'amortissement passée à la même date, 548 millions.

Soit un total, en économies ou recettes, de 4.106 millions.

Huit milliards restaient à trouver pour atteindre l'équilibre. C'est à cet égard que le gouvernement a dressé une liste de projets financiers qui constituent l'essentiel de son action. Ces projets se divisent en trois parties recettes nouvelles, économies et emprunts.

RECETTES nouvelles. Sans modifier le taux des impôts existants, le gouvernement a décidé de renforcer le contrôle fiscal, de pourchasser les fraudeurs et de faire disparaître certaines inégalités ou lacunes regrettables.

Il attend un milliard de diverses mesures au nombre desquelles il faut citer un nouveau mode de taxation pour les revenus des professions libérales, une nouvelle méthode de détermination des bénéfices bruts de l'industrie et du commerce, et un contrôle à l'impôt général des revenus des valeurs mobilières.

Un certain nombre d'aménagements fiscaux doivent, d'autre part, rapporter 1.500 millions. Ils concernent la suppression, pour la taxe sur le chiff re d'affaires, de l'exonération des affaires réalisées par des entreprises concessionnaires dont les tarifs sont fixés par l'autorité supérieure l'augmentation du droit de douane sur les cafés la taxation des véhicules automobiles poids lourds et mesures connexes, et l'institution d'une taxe spéciale sur certains apéritifs.

2° EMPRUNTS. La masse budgétaire des dépenses est soulagée de 1.550 millions, prélevés sur les demandes des divers ministères, et l'institution de la caisse des pensions allégera les finances de l'Etat de 2.070 millions. 3° COMPRESSIONS. M. Palmade observe qu'on atteint ici la partie la plus délicate et la plus pénible de l'œuvre de redressement. Elle s'applique aux compressions qui doivent frapper les fonctionnaires, les pensionnés et les anciens combattants. L'exposé des motifs du projet insiste sur le fait que l'étendue des sacrifices individuels demandés à chacune de ces catégories a été limitée à l'indispensable.

Voici le détail de ces mesures Fonctionnaires. Abattement de 2, 3, 5, 7 et 10 sur les traitements, avec exonération des traitements inférieurs à 12.000 francs. Abattement de 10 sur les indemnités allouées en représentation de frais et abattement de 20 sur les autres indemnités, à l'exclusion des inaemnités pour charges de famille, soit une économie prévue de 773 millions.

Pensionnés de guerre et combattants. Revision des pensions des malades non titulaires de la carte du combattant. Suppression de la présomption d'origine. Suppression de la pension des veuves de guerre remariées. Suppression de la retraite du combattant aux inscrits à l'impôt général au-dessus d'un certain revenu. Total d'économie prévu 595 millions. Réforme administrative résultant notamment de l'application du décret du 22 octobre 1932 portant création d'un comité supérieur des économies et de commissions tripartites d'économies. Compression de 100 millions. (La suite la deuxième page.)

L'organisation de la paix LE pla¥7rançais REÇOIT EN GÉNÉRAL UN ACCUEIL

TRÈS SYMPATHIQUE Partout, sauf en Allemagne, où on y voit une tentative pour maintenir le statu quo », on reconnaît l'effort loyal et sincère fait par la France pour permettre à la conférence de Genève de mener sa tâche à bonne fin Le plan constructif français d'organisation de la sécurité et de la paix, dont nous avons donné un résumé complet et qui a été publié hier matin dans tous les pays, a suscité partout un intérêt considérable. Autant que nous en pouvons juger par les extraits de presse qui nous sont parvenus, les réactions qu'il a provoquées sont en général sympathiques. En Angleterre, notamment, ainsi qu'on le verra par ailleurs, les journaux sont à peu près unanimes à rendre hommage au très sérieux effort que vient de faire la France pour permettre à la conférence de réduction des armements de mener sa tâche à bonne fin. Sans doute, les éloges s'accompagnent de quelques réserves, de quelques critiques même sur certains points, mais il n'y a rien là qui puisse surprendre. Qu'il s'agisse de la reconnaissance de l'agresseur, de la question des sanctions, du contrôle ou du pacte d'assistance méditerranéen, nous savons qu'on a, de l'autre côté de la Manche, des conceptions assez différentes des nôtres. Il n'en reste pas moins que, dans l'ensemble, le projet français est accueilli avec un intérêt et une sympathie sans précédent.

Nous avons même l'impression que certaines des objections qui y sont faites touchant par exemple les conditions dans lesquelles chacun des contractants aura droit à la coopération des autres et la façon dont le conseil de la S.D.N.pourra, dans certains cas, désigner l'agresseur à la majorité des voix au lieu de l'unanimité, ne résisteront pas à un examen plus complet et plus attentif du mémorandum lui-même. On s'apercevra, en effet, que les cas en question y sont nettement définis et étant donné qu'il s'agit exclusivement de puissances européennes qu'ils ne prêtent à aucune divergence de vues. Nous ne croyons pas qu'on puisse discuter la qualité d'agresseur à un Etat européen dont les forces auront attaqué ou envahi le territoire d'un autre Etat, ni le droit de ce dernier Etat à l'assistance des autres parties contractantes.

D'autre part, les précisions qui sui-

vent et qui spécifient que « ne pourront être assimilés à l'agression certains cas tels que l'existence d'une convention contraire, le cas de légitime défense, c'est-à-dire le refoulement de forces armées ayant pénétré violemment sur le territoire de l'Etat qui se déjend, l'action entreprise en exécution de l'article 16 du pacte de la S. D. N. ou spécialement autorisée pour toute autre raison par le conseil ou l'assemblée de la S. D, N. » ne peuvent manquer de calmer à cet égard toutes les inquiétudes. On pourrait répondre de même à la plupart des réserves formulées, ce qu'ont d'ailleurs reconnu d'eux-mêmes certains journaux comme le Morning Post, qui considèrent le plaa français comme constituant une base concrète de discussion et comme supérieur à tous les projets précédents ».

Albert JULLIEN

(La sutte d la troistème page.) A la quatrième mure LE COÏTTB <wo | ÉDUCATION DE PRINCE Q<ro*o*x*o*&<»O' par Pierre DESCAVES

LE PROBLÈME DES DETTES llHllllllllllllllllHIIIIIIIIIIIIIIIIIlUItlIlllUtlIllllItlIlItlIIIIMIIIIIMIIlMIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIinilllllItlIlllllllMIItlIHIIIIIIIItlIIIIIIIIIIIIIIIIIIII Le sens et la portée du prochain entretien Hoover-Roosevelt

M. Franklin Roosevelt, entre M. Al Smith (à gauche) et son fils, apprend son élection

New-York, 15 novembre.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER Tous les yeux sont tournés aujourd'hui vers un train de quatre wagons qui poursuit sa course sinueuse à travers l'Amérique. Aux arrêts, des paquets de télégrammes sont remis, d'autres sont pris.

Sans attendre la fin de son interminable voyage, le président Hoover s'est replongé dans les affaires d'Etat. De la Maison Blanche, du Trésor, du ministère des Affaires étrangères, on le met au courant des événements on lui transmet des documents. Il sera demain à Washington et reprendra tous les fils de l'administration. En ce qui concerne les dettes de guerre, le problème le plus important qui appelle son attention, en ce moment, il est convaincu qu'une prolongation du moratoire pour au moins un an est nécessaire. Il l'aurait laisse entendre à des journalistes voyageant avec lui. Selon l'United Press, il estime que son moratoire de l'année dernière apporta un soulagement à l'Europe et au monde, et qu'une mesure semblable est de nouveau nécessaire. Il serait, selon lui, conforme aux meilleurs intérêts des Etats-Unis de ne pas insister sur la reprise des paiements maintenant, pour pouvoir récupérer le plus possible des dettes lorsque la crise sera passée.

Dès demain, une réunion du conseil des minietr.e,s est p-cévue, mais on. n'attend pas de déclaration publique sur les intentions, de l'administration avant l'entrevue projetée entre e M. Hoover et M. Roosevelt.

Ce dernier est toujours souffrant. La fièvre est tombée aujourd'hui, néanmoins c'est dans son lit qu'il recevra ce soir un petit groupe de journalistes. Un discours qu'il devait faire par radio de chez lui a même été annulé. Dans son entourage, cependant, on estime qu'il sera assez bien pour passer le week end dans sa maison de Hyde Park et pour se rendre à Washington lundi.

L'attitude prise par M. Roosevelt Comme je vous l'indiquais dès hier, M. Roosevelt s'est dégagé de la responsablité que M. Hoover avait voulu lui imposer. M. Hoover proposait une grande entrevue avec autant de conseillers qu'il l'aurait désiré. M. Roosevelt, dans sa réponse, extrêmement habile, demande un entretien en tête à tête, beaucoup moins compromettant. D'autre part, M. Roosevelt ne se rendra pas à la Maison Blanche pour faire part à M. Hoover de ses vues sur la question des dettes, mais pour écouter celles de M. Hoover. Il prévient M. Hoover qu'il a déjà prévu une conférence avec les leaders démocrates pour la fin du mois. Il me sera utile, écrit-il à M. Hoover, d'avoir connaissance de vos vues et de posséder tous renseignements utiles quand je me rencontrerai avec eux. >

C'est donc M. Hoover qui doit prendre toute l'initiative et la responsabilité d'une action quelconque en réponse aux demandes des pays débiteurs. M. Roosevelt estime utile de bien le préciser en ce qui concerne plus particulièrement la demande de moratoire comprise dans les notes anglaise et française.

Pierre DENOYER

(La suite à la troisième page.)

Le calendrier

des débats financiers A la commission des finances, on a fort discuté hors séance du « calendrier », autrement dit du rythme selon lequel les débats financiers pourront venir devant la Chambre. Avant tout, le projet d'outillage national la commission en aura terminé avec lui à la fin de la semaine; ainsi la Chambre pourra en aborder la discussion soit jeudi 24, soit mardi 29. Son adoption par les deux Chambres est urgente, car un emprunt doit suivre sans lequel le projet n'aurait pae vieet pour de multiples raisons (dont les besoins de la trésorerie ne sont pas la moins puissante) il faut que l'émission ait lieu dans le courant de décembre. La commission des finances reviendra ensuite aux budgets de dépenses si, du moins, elle a reçu les propositions du gouvernement, car les budgets les plus importants ne sont pas encore distribués. D'après les précédents, leur examen, un peu ralenti par les deux ou trois séances que la Chambre consacrera à l'outillage national, pourrait être terminé vers le 1" ou le 2 décembre.

Ensuite viendrait l'examen des conditions de l'équilibre en général. Et ce sera évidemment, d'après les premiers échanges de vues auxquels il a été procédé hier, un très gros débat, très ampte, exigeant Comparution dm ministres des Finances et du Budget à plusieurs reprises, celle aussi du président du Conseil. Un contre-projet socialiste est annoncé. Peut-être ne serat-il pas le seul.

Dans le cas où ia commission des finances ne serait pas dès lia fin de cette semaine en possession des derniers budgets de dépenses, il y aurait interversion dans l'ordre des débats la discussion sur l'équilibre viendrait en premier lieu.

Ensuite, lorsque l'accord sera intervenu sur les directives générales, la commission abordera l'examen des textes fiscaux contenus dans la loi de finances; ils sont nombreux et délicats; ils soulèveront des discussions d'autant plus vives que l'administration a repris certaines dispositions rejetées l'an dernier par la commission, notamment en ce qui concerne le revenu des immeubles à loyer.

La conclusion pourrait intervenir, cependant, vers le 15 décembre, et le rapporteur général saisir la Chambre avant les fêtes de Noël. Mais il faut compter qu'à un moment quelconque sûrement entre le 1" et le 15 décembre au plus tard le gouvernement devra nous l'avons déjà dit saisir la commission d'une demande de douzièmes provisoires, deux sans doute. Et ce sera à la commission d'abord, devant la Chambre ensuite, un débat très sérieux, puisque, pour éviter les embarras de la trésorerie, le gouvernement a l'intention de demander l'insertion dans les douzièmes de certaines dispositions fiscales et de la réduction des traitements et indemnités. La discussion du budget de 1933 n'est donc prévue que pour le début de 1933. Après avoir blessé sa femme un mari tire sur un voisin qui tentait de la défendre II prit la fuite mais fut arrête clans la nuit à Paris

Bien que sa femme l'eût abandonné depuis déjà trois ans, Georges Lemercier, un employé de commerce de quarante-deux ans, dont on ignore encore le domicile, n'avait pas perdu l'espoir de la reconquérir. Récemment, il parvint à découvrir que sa compagne, née Yvonne Le Gall, âgée de quarante ans, habitait le premier étage d'un pavillon situé 9, rue Jules-Ferry, à la GarenneColombes, et, hier soir, vers 19 h. 30, il s'y présentait.

En dépit de ses pressantes adjura- tions, il ne réussit pas à faire revenir sa compagne sur sa décision. Changeant de ton, il se montra menaçant, mais cette attitude n'eut pas plus de succès. Alors au comble de l'exaspération, il prit son revolver et fit feu sur sa femme. Affolée, celle-ci s'enfuit. Comme elle arrivait au rez-de-chaussée, un autre locataire du pavillon, M. Raymond Dougicard, que les éclats de cette querelle avait alerté, ouvrit sa porte. Mme Lemercier se précipita vers lui, le suppliant de la défendre. Mais déjà son mari l'avait suivie et, comme M. Dougicard tentait de lui barrer le passage, il le mit en joue et tira. Par bonheur, la balle ne fit qu'effleurer la tête de M. Dougicard. Jetant alors son revolver, Lemercier s'élança dans la rue et disparut avant que celui qui avait failli être sa victime, revenu da son légitime émoi, eût pu le rejoindre. Mme Lemercier fut transportée à l'hôpital de Nanterre où l'on constata que la balle n'avait produite qu'une légère blessure à l'épaule droite. Après avoir subi l'extraction du projectile, Mme Lemercier put regagner son do- micile.

Vers minuit, des inspecteurs du commissariat de Courbevoie devaient découvrir Georges Lemercier, à Paris, dans un débit de la rue de Flandre. lIs l'arrêtèrent.

LES OBSÈQUES

DE M. HEHMLEGRAHD Les obsèques de M. Henri Legrand, conseiller d'Etat honoraire, codirecteur du Petit Parisien, commandeur de la Légion d'honneur, ont été célébrées hier. matia, à 10 heures.

Une foule nombreuse emplissait la nef de Saint-Ferdinand des Ternes et refluait jusque sous le porche. Le choeur était entièrement tendu de draperies noires ornées de cartouches à l'initiale du défunt. Entouré de cier- ges, le catafalque disparaissait littéralement sous les fleurs magnifiques envoyées par le syndicat de la presse parisienne, la commission technique, le Petit Parisien, Excelsior, le Journal, le Matin, le Petit Journal, l'Echo de Paris, les messageries Hachette, le Poste Parisien, l'Office de publicité et d'informations, etc.

M. Pierre Tirard, beau-frère de M. Henri Legrand, conduisait le deuil avec ses gendres avec M. François Arago, ancien vice-président de la Chambre; MM. Jean et Jacques Dupuy; Philippe Dupuy Jacques Arago le prince de Polignac MM. Petit, Lefèvre et Josse. Mme Pierre Tirard, soeur du défunt, était entourée de ses filles de Mme Paul Dupuy de la princesse de Polignac de Mmes Petit, Lefèvre, Josse, Lemoine, et de Mlles Benoit-Tirard.

Retenus hors de France par d'impérieux devoirs, M. Pierre Dupuy, directeur général du Petit Parisiett, cousin de M. Legrand, et M. Elie-J. Bois, rédacteur en chef, n'avaient pu assister aux obsèques.

La rédaction et l'administration de notre journal entouraient M. Julien Coudy, codirecteur; MM. Edmond Cleray, directeur des publications annexes du Petit Parisien, Wertheimer et Nadal, rédacteurs en chef adjoints Charles Morice, administrateur délégué de la Caisse des retraites; Genton, Grémont, Bonnot, Gendron, directeurs des divers services du journal. Dans l'assistance, on notait la présence de MM. André Tardieu et Pierre Laval, anciens présidents du Conseil; Dalimier, ministre du Travail; Alexandre Israël, sous-secrétaire d'Etat à

La foule devant l'église

l'Intérieur; Gueraier, Pierre Forgeot, Joseph Capus, Le Trocquer, anciens ministres; Grignon, ancien directeur du cabinet de M. Poincaré; Henry Chavin, chef du cabinet de M. Georges Leygues; le colonel Frugier, du cabinet de M. Berthod, ministre des Pensions; MM. Delattre, représentant M. Raymond Patenôtre, sous-secrétaire d'Etat à l'Economie nationale; Pierre Alype, chef de cabinet du ministre du Travail; Jean Chiappe, préfet de police, et Edouard Renard, préfet de la Seine; une délégation du conseil d'Etat, conduite par M. Pierre Deloncle, président de section, et comprenant MM. Cahen Salvador, Paul Tirard, Pierre Caillaux, Albert Tirman, conseillers d'Etat, et Lucien Bauzin, maître des requêtes; MM. Henry Simond, président de la Fédération nationale des journaux français; Léon Bailby, président du Syndicat de la presse parisienne Bernier et Chauchat, représentant le Syndicat des journaux d'opinion; Mireaux, directeur du Temps; Lenique, administrateur, et Mallet, rédacteur en chef du Petit Journal Guimier, codirecteur du Journal Raude, directeur de l'Œuvre le colonel Guillaume, du Quotidien; MM. de Nalèche, directeur des Débats; Hamelin, administrateur du Journal Maillard, administrateur du Matin Gabion, directeur de l'agence Radio; Paul Strauss, sénateur, président de l'Association des journalistes républicains; Charles Frédouët, directeur de l'OuestJournal; Marcel Hutin, Léon Frapié, Georges Claretie, Edmond Sée, André Geiger; le général et Mme Boy, de Strasbourg; MM. Masson, directeur du

La sortie

Crédit Lyonnais; André Citroën, Delamarche. directeur au ministère du Commerce; Schceller, directeur des Messageries Hachette; André Dejean, ancien directeur des chemins de fer de l'Etat; René Mayer, vice-président, et Vagogne, secrétaire général du réseaù du Nord

ÇLa sutte 4 la deuxième page.)

M. Abel Gardey

expose à la Chambre la politique agricole du gouvernement Un projet de loi sera bientôt déposé, tendant à la création d'un organisme public de réguIarisation des cours

M. Abel caraey

Le débat institué devant la Chambre sur la crise agricole prendra fin, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, demain jeudi. Mais dès hier, comme nous l'avions laissé prévoir, M. Abel Gardey est monté à la tribune pour répondre aux interpellateurs.

L'exposé du ministre de l'Agriculture exposé méthodique et minutieux a été surtout consacré à la crise qui s'est abattue sur notre culture nationale par excellence, celle du blé. Après avoir analysé les eau.ses de la chute des cours, M. Abet Gardey a rappelé, au milieu d'un vit succès, les mesures sans lesquelles le marché eût été écrasé. Et la majorité de l'assemblée l'a chaleureusement approuvé lorsqu'il a tracé le pro gramme immédiat et le programm4 d'avenir que le gouvernement comptî réaliser pour venir en aide au monde rural.

(Voir le compte rendu de la séanoe 4 la 2" page.)

L'AEROPOSTALE

UNE ÉPOPÉE DE L'AIR Septembre 1918. Foch martèle la ligne Hindenburg et, paa par pan, commence de l'abattre. La Bulgarie, à bout de forces, demande l'armistice. Déjà l'on respire une atmosphère de victoire. Dans un bureau, un homme parle avec un ministre. Que lui offret-il ? Un plan pour hâter les opérations ? La promesse d'un nouvel avion de reconnaissance ou de bombardement ? Pas du tout. Pour cet homme, la guerre est finie depuis deux mois. Il pense à la paix. Ce qu'il propose ? Une ligne commerciale aérienne de Paris & Buenos-Ayres.

Oui, oui, fait le ministre.

Par la fenêtre entre la bonne odeur de l'automne. Les nouvelles sont excel-

M. Latécoère

lentes, le communiqué verse l'espoir. Paris-Buenos-Ayres, quelle inconnue après tant de réalités! Et l'Afrique à survoler, la mer à traverser.

Déposez un projet, dit-il, comme pour se libérer.

Le voici.

Tout est net dans ce rapport, rien n'est laissé dans l'ombre, on n'évalue pas, on affirme des faits. Qu'importe On est en septembre 1918. On reparlera de la paix quand on y sera. L'entretien est terminé. Le dossier gagne alertement une armoire d'où il ne sortira plus.

Dans la rue où il se retrouve, M. Latécoère a compris. Le gouvernement hésite ? Lui n'attendra pas longtemps. Il met son affaire sur pied. Le 25 décembre 1918, la ligne Latécoère n'est plus une illusion. On établit fiévreusement une infrastructure, on crée des aérodromes, des centres d'approvisionnement. Deux mois et demi plus tard, le 9 mars 1919, un avion, parti de Toulouse avec du courrier, atterrit à Casablanca. La future Compagnie aéropostale est née.

Le roman continue. Les appareils sont mauvais, mais il y a des hommes, et quels hommes Il y a Didier Daurat, trapu, un visage d'imperator romain, le regard qui vous dénude l'âme, Daurat, qui fait mentir sa froide apparence, qui se passionne, s'échauffe, joue âprement son jeu contre la chance, les éléments, l'abominable matériel, l'organisation hâtive, contre tout. Chef d'escadrille pendant la guerre, il connaît le métier. Il ne s'est pas reposé une heure. Il a sauté d'un avion militaire danse un avion civil le même, moins la cocarde tricolore il a troqué son uniforme contre le complet veston, mais, le plus souvent, la combinaison de cuir. La ligne, c'est encore une bataille. Le combat aérien. ce n'est