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LA REDUCTION DES ARMEMENTS Le plan constructif français est définitivement approuvé par le conseil des ministres IL EST PUBLIÉ AiPARIS ET GENÈVE

Nous avions annoncé qu'une des principales préoccupations du conseil des ministres, convoqué hier matin à l'Elysée, serait de procéder à une dernière lecture du plan constructif français d'organisation de la sécurité et de la paix. C'est, en effet, ce qui a eu lieu. Réuni de 10 heures à 12 h. 50, sous la présidence de M. Albert Lebrun, le conseil s'est livré à un nouvel examen détaillé du documents auquel' plusieurs modifications de forme plutôt que de fond inspirées par certains incidents récents, avaient été apportées vendredi, et en a définitivement approuvé le texte.

M. Massigli, qui, en l'absence de M. Paul-Boncour, dirige actuellement la délégation française à la conférence de réduction des armements, et à qui ce texte avait été préalablement envoyé, a pu, dès hier après-midi, en effectuer le dépôt entre les mains du président Arthur Henderson.

Rien ne s'opposait plus désormais à Ja publication du document qui a été, en conséquence, communiqué à la presse simultanément à Paris et à Genève.

Après le remarquable exposé qu'en a fait déjà M. Paul-Boncour le 4 novembre devant les membres du bureau de la conférence, il ne reste que fort peu de choses à dire de ce nouveau plan constructif, élaboré par les représentants de la France et dont nous publions, d'ailleurs, plus loin un résumé aussi précis qu'autorisé. il convient néanmoins de souligner ne fût-ce que pour faire taire les calomnies contre lesquelles s'élevait récemment encore le président du Conseil -j- qu'on se trouve là non seulement eh présence de la seconde contribution effective de notre pays à l'œuvre de paix poursuivie par la conférence de Genève, mais aussi du plus sérieux effort qui ait encore été tenté pour permettre à cette dernière de mener sa tache à bonne fin.

Ainsi que nous avons eu précédées ment l'occasion de le faire remarquer, il 'De s'agit pas d'un projet improvisé, faisant table rase des travaux accomplis depuis huit mois au sein des commissions et, par suite, de nature à tout remettre en question. Il tient compte, au contraire, de toutes les discussions qui se sont poursuivies à Genève, de toutes Ies idées qui y ont été émises et qit ont paru susceptibles de rallier les suffrages de la majorité. Il les incorpore dans le système général qu'il préconise tant pour l'organisation de la sécurité que pour la réduction des armements, réduction pour laquelle il fait les plus larges emprunts à la proposition du président Hoover. Ses auteurs se sont évertués en un mot à ne rien laisser perdre de ce qui pouvait faciliter un accord et contribuer au succès final des assises de Genève. Si donc il y a « plan français », c'est surtout par l'aménagement des diverses parties qui le composent, par leur enchaînement, par le parallélisme absolu qu'il établit entre les mesures de sécurité et de désarmement, par l'utilisation qu'il fait enfin des pactes existants plutôt que par un apport de conceptions vraiment nouvelles. Ne découle-t-il pas, en effet, tout naturellement des articles 8 à 16 du pacte de la Société des nations, auxquels il s'attache à restituer, comme aux accords de Loearao, comme au pacte BrtandKellogg de renonciation à la guerre, toute leur force et toute leur portée ? Toute question d'amour-propre nationale mise à part, nous ne croyons pas qu'une contribution plus importante, plus sérieuse et plus sincère ait été apportée à l'organisation supérieure de la paix depuis la séance fameuse de septembre 1924 où M. Herriot déposa sur le bureau de l'assemblée de Genève le projet de Protocole basé sur l'arbitrage, la sécurité et le désarmement.

A défaut du mémorandum luimême, qui ne compte pas moins de quatorze pages dactylographiées, le résumé que nous publions ci-dessous est à lire en entier. En distraire et en développer spécialement une ou plusieurs parties celles qui ont trait par exemple à l'assistance mutuelle entre les puissances européennes, aux disposition militaires destinées à ramener progressivement leurs armées à un type uniforme que l'on ne désigne plus sous le nom de « milice » mais « d'armée nationales de service court terme et d'effectifs limités », à la mise à la disposition de la Société des nations d'une force internationale prête à entrer en action au premier appel aux forces navales la conclusion d'un pacte méditerranéen et à la constitution de forces d'outre-mer, etc. ne pourrait qu'en donner une idée absolument fausse.

Tout, en effet, dans ce plmu se tient et se commande. C'est un ensemble dont on ne saurait rien retrancher, rien modifier ni isoler non seulement sans en compromettre l'économie généraie, maais sans le rendre inopérant car toute application incomplète aboutirait à la plus dangereuse /duperie. C'est, ainsi que nous l'avons déjà écrit et comme on ne saurait trop le répéter, une oeuvre de bonne foi et de bonne volonté qui exige de la part de toutes les puissances contractantes une égale bonne foi et une égale bonne volonté.

Rencontrera-t.-il l'une et l'autre au cours des débats qui ne tarderont pas à s'engager à Genève devant le bureau, puis devant la commission générale de la conférence du désarme·'ment ? Etats-Unis et Grande-Bretagne, notamment, accorderont-ils la collaboration qu'on attend d'eux ? La France'le souhaite ardemment car elle voit dans,ce projet, grâce à l'égalisation progressive des statuts militaires qu'il préconise, grâce a l'égale participation aux charges et aux avantages de l'action commune qu'il prévoit a l'exclusion, naturellement, de, toute

M. Massigli

réarmement grâce, enfin, à la sécurité égale et effective qu'il assure à tous les Etats, la solution la plus équitable que l'on puisse donner au problème du désarmement en même temps que la contribution la plus solide que l'on puisse fournir à l'organisation de la paix.

Albert JULLIEN

UN RÉSUMÉ

DU MÉMORANDUM FRANÇAIS Loin de se substituer à des propositions précédentes d'autres délégations, et notamment au plan Hoover, dont il

retient, au contraire, plusieurs prlncipes, le système d'ensemble d'organisation de la sécurité et de réduction des armements que la délégation française a déposé à Genève s'inspire des idées suivantes qui se dégagent des travaux mêmes de la conférence A chaque étape des discussions, il est devenu davantage évident que la réduction des armements, dans les conditions précisées par l'article 8 du pacte, ne peut être espérée. s'il n'est pas tenu compte des situations spéciales chaque continent et même d chaque Etat, et, en particulier, des préoccupations des gouvernements qui, lient cette réduction aux conditions de sécurité existantes ou d créer;

2° L'unanimité est acquise à la auggestion du président Hoover assignant concme but essentiel la conférence de renforcer la défense en réduisant les forces d'agressbon.

Les premières propositions faites, et notamment celle de sir John Simon, restreignaient aux matériels la portée de ce désarmement qualitatif, et l'on n'a pas pu réussir à distinguer ceux qui sont spécifiquement offensifs de ceux qui ne le sont pas. Lorsqu'on est venu à traiter des effectifs dans le même ordre d'idées, l'on s'est heurté à l'impossibilité de trouver une commune mesure entre les différentes organisations militaires.

La France propose donc d'envisager une solution d'ensemble recherchant et réalisant par échelons la forme d'organisation militaire qui, dans les conditions politiques et techniques particulières à une région donnée, rendra plus difficile une politique d'agression. C'est seulement par cette méthode que noua croyons pouvoir trouver une solution équitable à la revendication allemande de l'égalité des droits par une égalisation progressive des statuts militaires sur un type défensif et par une participation égale aux charges et aux avantages de « l'action commune » prévue par le pacte, toute idée de réarmement étant d'ailleurs écartée. S'inspirant de ces diverses considérations, ia délégation française présente un ensemble de propositions afin que, sous réserve de la convention générale qud définira, pour l'ensemble des puissances, les obligations de limitation, de réduction et de contrôle des armements, soit prévue une réorganisation destinée à l'Europe et capable d'y résoudre le problème de la réduction des armements, à la fois sous ses aspects politiques et sous ses aspects techniques.

Les arrangements à conclure fixeront les mesures réciproques, plus étendues ou plus précises, de limitation, de réduction et de contrôle que les Etats participant à cette organisation accepteront, en contre-partie d'arrangements mutuels dans l'ordre de la sécurité et en rapport avec les conditions spéciales à l'Europ» et à chacun d'eux.

d'eux. (La suite la troisième page.)

M. CAMILLE CHAUTEMPS VA DÉPOSER UN PROJET DE Lui SUR lA TAXATION DE LA VIANDE M. Chautemps a été autorisé par le conseil des ministres à déposer aujourd'hui, sur le bureau de la Chambre, un projet de loi réglant les pouvoirs des préfets et des maires en matière de taxation de la viande de boucherie. Voici une analyse de l'exposé des motifs de ce projet

La loi des 19 et 22 juillet 1791 avait donné compétence aux maires pour taxer la viande. Mais les maires, à raison des obstacles qu'ils rencontrent, n'usent que très rarement de cette faculté.

La, loi du 31 août 1924 a autorisé les préfets à fixer les prix-limite du pain. Le gouvernement demande au Parlement d'étendre cette mesure à la viande de boucherie.

Il est souvent difficile de déterminer le cours normal de la viande. On constate dans beaucoup de villes, et notamment à Paris, des différences très grandes de prix suivant la qualité de la viande abattue et, pour la même qualité, suivant les morceaux mis en vente.

C'est pour cette raison que le préfet de police avait mis en vigueur à Paris un barème établi en fonction des prix d'achat en gros payés par les bouchers détaillants.

Ce barème fixait pour chaque nature de morceaux un prix maximum de vente au détail variant d'après le prix réel d'achat, et compte tenu des frais divers du vendeur.

Cette ordonnance a été, on le sait, annulée par le conseil d'Etat comme entachée d'excès de pouvoir.

Le gouvernement demande au Parlement de reconnaître valeur légale au barème établi suivant ces principes. II semble légitime, en effet, d'accorder à l'administration le droit de déterminer un bénéfice normal.

Au surplus, l'arrêté préfectoral portant taxation de la viande ne pourra être pris qu'après consultation de la commission départementale de surveillance des prix, organisme qui réunit sous la présidence du préfet, des représentants, des commerçants et des consommateurs.

Pour faire respecter le barème établi en fonction du prix de revient, les pouvoirs publics doivent pouvoir obtenir communication des factures d'achat, sous peine des sanctions prévues aux articles 471 et 474 du code pénal. Le projet de loi ne crée pas de taxe nouvelle. Il se borne à édicter certaines modalités d'application d'un principe inscrit dans notre droit depuis l'époque révolutionnaire.

Le gouvernement n'a, en aucune façon, l'intention de molester les com-

De gauche à droite MM. Painlevé, Herriot et Paul-Boneonr quittant l'Elysée après le conseil des ministres

merçants honnêtes, son seul but est de donner aux autorités le moyen de réprimer les abus.

Ajoutons que, dans le département de la Seine, les attributions conférées au préfet seront exercées par le préfet de police.

Mrs Mollison s'attaque au record Angleterre-Le Cap Elle a fait une courte escale à Barcelone et à Oran

Londres, 14 novembre (dép. P. P.) Une centaine de spectateurs, pour la plupart amis personnels de Mrs Mol-'lison alias Amy Johnson, étaient présents sur le terrain de l'aérodrome de Lympne lorsque ce matin, à 6 h, 37 exactement, l'aviatrice a pris les airs à destination du Cap qu'elle espère at- teindre en quatre jours, c'est-à-dire en 17 h. 22' de moins que son mari qui détient actuellement le record de vitesse entre Londres et le Cap.

L'appareil que pilote Mrs Motlison a un rayon de croisière d'environ 3.500 kilomètre et est muni d'un réservoir spécial qui a été ajouté aux deux réservoirs ordinaires placés sous les ailes. LE PASSAGE A ORAN

Oran, 14 novembre (dép. P. P.) L'aviatrice Amy Molllson a atterri à l'aérodrome de la Senia à 19 h. 25, après avoir fait escale. à Barcelone pour se ravitailler en essence. La traversée a vents d'est. Mrs par suite partira à

LES DETTES DE GUERRE iiiiiiiiiiiiiittutiifiiiiiiiiiiiiiiiriiHiiiiiiiiiiiiiiiiiiiifMiiiiiitiitiiiiiiiiiiiittiiiiiiiMitiiiiiitifniiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiiHiiiiiittititiiiiiiiii Les problèmes soulevés aux États-Unis par les requêtes française et anglaise

New-York, ̃ 14 navembre.

DE NOTEE COBBESFONnANT PARTICULIER Des difficultés politiques considérables et extraordinaires devront être surmontées ou en tout cas éclaircies avant que les Etats-Unis puissent donner une réponse précise aux demandes de négociations sur les dettes faites à Washington par l'Angleterre et la France. Surpris par la soudaineté des démarches anglaise et française, le président Hoover, qui était dès la première heure de sa défaite décidé à consulter son successeurs, a, hier, essayé de rejeter sur les épaules de M. Roosevelt la responsabilité d'une revision impopulaire des accords existants sur les dettes en l'invitant à conférer avec lui prochainement sur les problèmes posés par la note anglaise.

M. Roosevelt, qui a répondu flffrurd'hui au télégramme de M. Hoover, ne peut pas se dérober à une entrevue avec le président. Mais ses amis prétendent qu'il ne lui incombe pas de se substituer au président en exercice pour suggérer au pied levé des solutions précises à des problèmes fort compliqués.

Jamais, dans le passé, un président battu n'avait appelé en consultation son successeur comme vient de le faire M. Hoover. Aussi tout le monde est-il fort incertain sur le degré de responsabilité qu'il^est équitable d'imposer au futur président, -qui H* fc encore entre les mains aucun moyen d'enquête personnel, aucun corps constitué de conseillers. On envisage donc comme probable que M. Roosevelt, imitant en cela M. Hoover, s'efforcera de laisser la responsabilité de la réponse sur Je fond au Congrès dont les célèbres résolutions de décembre dernier, hostiles à toute réduction des dettes, n'ont pas peu contribué à embrouiller la question et causent à l'administration un embarras profond.

Les notes anglaise et française posent deux questions l'une touche au fond du problème des dettes, l'autre à l'échéance du l'5 décembre. Le gouvernement américain, dans sa réponse, va-t-il accepter une négociation sur le fond ou va-t-il se borner à accepter de discuter un moratoire sur l'échéance du 15 décembre ?

L'administration Hoover expirante n'a manifestement pas l'autorité suffisante pour engager une négociation sur le fond.

M. Hoover écrit à M. Rooseveît c Des discussions longues et détaillées seraient nécessaires et ne pourraient être terminées pendant mon administration. »

L'administration Hpover, même d'acCord avec M. Boosavelt personnellement, peut-elle le faire ? Non seulement pour des raisons d'opportunité parfaitement légitimes M. Roosevelt peut désirer ne pas s'engager dès maintsaact sur ce terrain glissant, mais le Congrès doit être consulté et associé à une revision des accords sur les dettes. Il faudra obligatoirement prendre en considération, non pas le sentiment du Congrès moribond qui va se réunir le 5 décembre, mais du Congrès encore inexistant qui viendra à la vie seulement le 4 mars 1933. C'est ce Congrès qui se prononcera en fin de compte lorsque seront achevées les « discussions longues et détaillée* qui, pourraient ne pas être terminées pendant l'administration du président Hoover.

Cette distinction est très importante. car on voit, en effet, très bien comment M. Hoover et M. Roosevelt pourraient se mettre d'accord pour recommander au Congrès de nommer une nouvelle commission des dettes qui prendrait la responsabilité des négociations et d'une revision éventuelle. Mais comment les puissances européennes pourraient-elle traiter sur le fond avec une commission émanant d'un Congrès qui ne sera plus en fonctions lorsque les négociations seront terminées ?

Cet argument semblerait indiquer que le maximum que puisse faire M. Hoover, même d'accord avec M. Roosevelt, serait de demander au Congrès actuel l'extension du moratoire en attendant l'ouverture de négociations sur le fond. Mais on connait l'impopularité du moratoire Hoover auprès du présent Congrès qui ne l'a ratifié qu'après maintes difficultés en décembre dernier. Comment envisager de sa part un vote rapide pour prolonger ce moratoire ? Dix joura seulement, entre le 5 et le 15 décembre, paraissent peu pour procéder à l'élection d'une commission, à la discussion. même rapide, des termes d'un nouveau moratoire et à sa ratification par les deux Chambres du Congrès. On le voit, M. Hoover et M. Roosevelt auront à trancher d'énormes difficultés politiques s'ils veulent saisir le Congrès de la auestion dès le début.

Quelles difficultés les négociateurs

M. Franklin Roosevelt

ne rencontreront-ils pas lorsqu'ils auront devant eux des parlement-aires qui savent que le pays est encore foncièrement hostile à une revision des dettes ?

Sans doute, les esprits sont en train d'évoluer. A cet égard, il est très significatif de trouver tant d'idées justes dans un rapport publié aujourd'hui qu'un comité d'économistes distingués, comprenant les professeurs Seligman, Taussig et Angell, vient de rédiger sur la question des dettes intergouvernementales. Ce rapport aignale très justement que les prix de gros dans le monde entier ont baissé de plus d'un tiers depuis la conclusion des accords sur les dettes, que la charge des paiements se trouve être augmentée de 50 pour les gouvernements débiteurs. Il signale aussi que si les Etats-Unis essaient d'exiger le paiement intégral, ils n'obtiendront probablement pas d'autre résultat que la répudiation ou le défaut de leurs débiteurs. Il ajoute que cette solution ferait perdre aux Etats-Unis le bénéfice de tout accord nouveau qui pourrait intervenir, si faibles que soient les sommes susceptibles d'être récupérées, et qu'elle porterait une atteinte sérieuse à la confiance internationale et, par suite, au commerce américain dans le monde entier.

Les versements que devraient faire les pays débiteurs s'élèvent pour l'année fiscale à venir à 280 millions de dollars, soit 2 dollars par tête d'Américain.

« Si grande que puisse paraître cette somme, elle est petite. *a. comparaison des avantages qui suivraient le retour, même partiel, de la prospérité. Un accroissement d'un pour cent dans le revenu actuel des Etats-Unis représenterait deux fois le montant des paiements annuels actuellement exigibles au titre des dettes de guerre. » Aussi ce comité recommande-t-il fermement la reconstitution par le Congrès d'une commission des dettes ou tout autre moyen de rajuster les accords sur les dettes de la manière qui puisse le mieux servir les intérêts du commerce américain et le retour de la prospérité. Il recommande en particulier que le Congrès prolonge le moratoire pour la période de temps suffisante pour conduire les négociations nécessaires à une telle revision.

Mais ce ne sont pas toujours des idées justes qui mènent les gouvernements ni les Congrès. On attend ici avec une singulière curiosité le développement de la situation exceptionnelle créée par les démarches alliées. Pierre DENOYER

LES OBSÈQUES

DE M. HENRI LEGRAND Rappelons que les obsèques de M. Henri-Léopold Legrand, codirecteur du Petit Parisden, commandeur de la Légion d'honneur, conseiller d'Etat honoraire, seront célébrées ce matin, à 10 heures, en l'église Saint-Ferdinand des Ternes. Le présent avis tient lieu de faire-part.

Nous nous excusons de ne pouvoir répondre aux nombreux messages de condoléances adressés tant au Petit Parisien qu'à la famille, et remercions ici tous ceux qui, par leurs témoignages de sympathie, se sont empressés de prendre part à notre deuil.

M. Palmade déposera cet après-midi

le pro jet de budget Dès maintenant on envisage le vote de deur douzièmes provisoires C'est aujourd'hui que M. Maurice Palmade déposera sur le bureau de la Chambre l'ensemble du projet de budget pour 1933. La commission des finances, qui reprend ses travaux cet après-midi, se trouvera donc saisie des mesures incorporées dans la loi de finances pour réaliser l'équilibre budgétaire.

Mais vu le temps dont la commission dispose pour achever sa tâche, il ne semble pas que l'examen du projet gouvernemental en séance publique puisse commencer avant le 15 décembre. Il est donc à prévoir que les deux Chambres seront dans l'impossibilité d'aboutir au vote définitif du budget de 1933.

Nous croyons savoir qu'en prévision de cette éventualité les services du ministère des Finances préparent un projet comportant deux douzièmes provisoires applicables l'un au mois de janvier, l'autre au mois de février de l'an prochain Ce projet serait, le cas échéant, soumis à l'examen du Parlement au début de la seconde quinzaine de décembre.

Le gouvernement y incorporerait un certain nombre de mesures prévues dans son projet de budget pour réaliser l'équilibre, par exemple les dispo- i sit!ons concernant la réduction des traitements des fonctionnaires et les aménagements fiscaux, de façon qu'elles puissent porter effet à partir du janvier.

DEUX ANS DE PRISON A UN MEURTRIER ÂYEUGLE

Après avoir tué sa femme, Humbert Ubaldi avait voulu se suicider, mais il ne put que se couper les nerfs optiques Lorsque l'Italien Humbert Ubaldi entra hier dans la salle des assises, un silence consterné s'établit à son apparition. Après avoir tué sa femme, ce mari jaloux a voulu se suicider. Il n'a au, d'un coup de feu, que se couper les deux nerfs optiques et s'intmobiliser la mâchoire. Ses gardes le guident pas à pas et lui posent les mains sur le rebord de chêne de la stalle, afin qu'il se fasse une représentation sommaire de l'endroit où il se trouve. L'orbite gauche est vide. Et l'on sait que cet homme a dû être mis en liberté, car il ne peut se nourrir que de produits liquides-

La mort déjà l'avait frôlé. N'a-t-il pas été grièvement blessé au front ? Il est venu en- France, expliqué-t-il au président Barnaud, par amour des voyages. Mais, étudiant en Italie, il s'est ici improvisé ajusteur-tnécanieien. Une compression de personnel lui a fait perdre sa situation. Il est devenu maitre d'hôtel au Cercle interallié, puis dans un autre établissement fort bien coté. Puis il a été condamné à deux mois de prison pour vol un coupon d'étoffe que l'on a trouvé sur lui. Je me suis accusé! prononce-t-il avec peine.

A la place de qui?

Mais il ne répond pas et marque: C'est passé. Bien! J'avais 25.000 francs en banque et il eût été ridicule d'emporter ce tissu qui n'aurait pu me servir à rien.

Courte idylle

L'accusé, peu après, épousa Mlle Jeanne Audouard, une jeune Lorraine qui vivait seule à Paris.

Caissière dans un restaurant, précise le président Mlle Audouard était

très jolie, très élégante, extrêmement coquette, mais tout aussi sage. Elle avait teint ses cheveux en blond, ce qui la rendait un peu voyante, mais elle avait conservé l'air sérieux et recueillait de fréquents hommages. Elle vous a plu, vous lui avez parlé voilà l'idylle. Vous l'avez épousée l'idylle n'a pas duré.

Avait-il le droit de se montrer jaloux? Sa femme, que l'on sache, ne l'a pas trompé. Son sourire, ei ravissant qu'il fût, n'était qu'un sourire de commande. Lui, par contre, le mari, s'est parfois « égaré ». Oh sans doute, il enveloppe maintenant cet aveu d'une sorte de pudeur protectrice

Je n'ai jamais cessé de l'aimer Le reste ne comptait-pas

Mauvaise excuse: Le président Barnaud le souligne avec force:

Les hommes. Ubaldi, n'ont pas tous les droits! Les femmes en ont aussi! Prétendez-vous, oui ou non, que votre femme vous fut infidèle? Elle est morte et je ne veux pas accabler sa mémoire.

Fort bien. C'est-à-dire que, précisément, vous l'accablez!

Eugène QULNCHE

(La suite à la deuxième page.\ Le nouvel ambassadeur du Reich est arrivé hier à Paris

L'ambassadeur d'Allemagne, M. Kcester, est arrivé hier après-midi à Paris. AI Brown vainqueur de Pladner par knock-out au deuxième round

(Voir à la deuxième page.)

L'AFFAIRE D'ESPIONNAGE EN CORRECTIONNELLE

Les débats do cette affaire ont commencé hier devant la treizième chambre. Ils se déronlent à huù clou. Voici le prtncipal «censé; le Folonalfl- Izsjs Bir. dit Fantdmas

Autour de l'affaire de l'Aéroport aie La Cidna ses lignes ses pilotes

Trois pilotes de la Cidna de haut en bas, Ourmon, Paris et Burello

Les cinq majuscules de la C.I.D.N.A. me sont, chaque fois q1ie je les écrts, un souvenir et unit promesse. Je ne puis les séparer de cette lumière qui, rue des Pyramides, brille toute la nuit, comme en un sanctuaire. de ce Bourget, endormi sous la rosée de ce trimoteur qui gronde devant son hangar, de ce départ à deux cents à l'heure, de cet énorme morceau de Paris qui, au virage, vient soudain se plaquer sur la vitre de la carlingue.. La Cidna ne tient pas pour moi dans une statistique et la plus impressionnante, certes, qui puisse être. puisque, en douze ans, ses pilotes n'ont pas couvert moins de 18.600.000 kilomètres, c'est-à-dire 464 fois le tour de la terre. Les 5.522 kilomètres de son réseau, je ne les réalise pas sur une carte, mais par les ciels que je traverse, par les villes qui s'étirent sous mes yeux, par ce cœur grouillant de l'Europe où vient de vous conduire Henri Béraud, en quelle passionnante promenade Comme elle se précise, toute la grandeur de cette œuvre, comme on comprend mieux la part du rêve, l'élément de poésie et de défi qu'emportait à son bord, en septembre 1920, le premier .avion du service iégulier Paris-Strasbourg

Car la Cidna a débuté par un vol de 403 kilomètres. Un mois plus tard, elle poussait jusqu'à Prague en 1921, jusqu'à Varsovie. Il y a dix ana c'est un anniversaire qu'on n'a pas fêté ses appareils atterrissaient à Constantinople. La liaison rapide France-Orient n'était plus un vain mot. La pensée du banquier roumain Aristide Blank qui, un an après l'armistice, avait souhaité de jeter un pont sur l'Europe entre Bucarest et Paris, devenait réalité quotidienne l'avion suppléait victorieusement à de tragiques difficultés ferroviaires. Il ne fallait plus que faire vivre une affaire, l'exploiter dans le cadre normal d'une technique sans doute encore insuffisante et grâce à la subvention que lui accordait le premier sous-secrétariat de l'Air.

Si Aristide Blank mettait au service de la jeune compagnie toutes ses connaissances et ses possibilités financières, c'était à l'un de nos plus brillant officiers de la guerre, le général Duval, qui fut, en 1918, le chef suprême de l'aéronautique, de s'en faire l'animateur. L'activité du général Duval ne s'embarrassa jamais des contingences, souvent graves, de l'heure. Comme au temps du front, quand il demandait à ses escadrilles de reconnaissance du G.Q.G. de passer coûte que coûte, il ne pouvait admettre que pilotes et appareils de la Cidna fussent arrêtés par quelque obstacle. Cette politique cornélienne, qui a dû être celle de toutes les compagnies aéronautiques, la Cidna lui doit aujourd'hui son existence, son prestige et son esprit. Paul-Louis Weiller, ancien commandant du groupe d'escadrilles du G.Q.G., sept fois blessé, quatorze fois cité à l'ordre de l'armée pour ses victoires officielles, savait, quand il prit en mains le flambeau de la société, qu'il n'y avait pas d'autres moyens pour assurer son avenir. Aujourd'hui encore, il n'agit pas différemment sur des lignes qui. sont cependant parcourues deux fojs par jour, (avec une virtuosité née.de l'expérience et qu'ont empruntées des milliers de passagers. La « Flèche d'Orient » ce nom symbolique ne doit connaître la crainte d'aucuné prévision de météo, d'aucune difficulté technique, d'aucune frontière. Quand, en février 1925, l'Allemagne interdit le survol de son territoire, la Cidna ne perdit pas une minute. En quelques heures, un nouvel itinéraire jalonnait sa carte. Les pilotes qui s'apprêtaient à partir pour Nuremberg se .virent dirigés sur Bâle, Zurich et Insbruck. A ce paysage d'églogue qu'est'la Forét-Noire, on leur opposait lei neiges des Alpes tyroliennes, la forêt des pics où toute chute est sans rémission. Ce n'était plus de l'aviation marchande, mais de l'acrobatie. Epoque héroïque où l'on partait sans certitude de retour, où deux hommes pris dans les vents contraires, traqués par la pluie et le froid, suspendus pendant des heures sur des abîmes mortels fonçaient dans le ciel, souvent à l'aveuglette, pour apporter à l'heure le courrier européen.

Quelques mois plus tard, le gouvernement allemand permettait à la Cidna de reprendre son itinéraire. Mais, déjà, l'on abordait de nouveaux obstacles. Le projet d'Aristide Blank de relier en une journée Paris à Bucarest venait de prendre corps. QueJques vols de nuit, accomplis dès 1923 entre Belgrade et Bucarest avec un balisage et une installation radioélectrique de fortune, avaient assuré, grâce à une étroite collaboration avec j le rail, le parcours France-Roumanie i en vingt-quatre heures à peine. Ce n'était pas le moment de se reposer sur' ses lauriers. En même temps qu'elle ouvrait la ligne Paris-BàleZurich,. la Cidna réorganisait entière-