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Le succès de M. Roosevelt aux élections américaines LE NOUVEAU PRÉSIDENT DISPOSERA DE 472 VOIX CONTRE 59 A M. HOOVER D'importants changements, tant dans le domaine intérieur que dans celui de la politique extérieure, semblent devoir marquer l'avènement total aux Etats-Unis de l'administration démocrate

la nuit du scrutin Le triomphateur Franklin Roose»elt, entre sa femme et son flls ainé, compulsant tes télégrammes de félicitations.

(Par téléphoto de New-York à Londres. Document Keystonc.)

Dès nos premières éditions, nous' avons montré hier que le succès de M. Roosevelt comme candidat à la .««..présidence des Etats-Unis s'avérait probable; les dépêches reçues dans le courant de la nuit de notre correspondant particulier à New-York et enregistrées aussitôt dans nos éditions successives ont souligné le caractère presque foudroyant de la progression du parti démocrate dans les divers Etats. A la fin de la nuit dernière, la victoire de M. Roosevelt, comme nous l'avons annoncé, était assurée puisqu'il l'emportait dans 38 Etats avec 434 mandats démocrates, M. Hoover ne recueillant que 70 suffrages dans 6 Etats seulement.

La majorité de M. Roosevelt n'a fait que s'accroître aux dernières nouvelles et il dispose de façon certaine de 472 voix de délégués contre 59 seulement à M. Hoover. Le succès démocrate ne s'est pas seulement affirmé pour l'élection présidentielle, mais encore pour les élections au Sénat, à la Chambre et celles des gouverneurs d'Etat. Le succès de M. Roosevelt est donc décisif.

Le nouveau président a fait, dès hier, une déclaration empreinte d'optimisme dans laquelle il envisageait comme possible la reprise économique. à l'aide de moyens appropriés. Les milieux d'affaires, à Wall Street, ont. eux aussi, accueilli favorablement l'expression de la volonté populaire qui porte à la présidence le candidat démocrate.

On peut prévoir, d'une façon certaine, que l'administration républicaine, cédant la place à bref délai à une administration exclusivement démocrate, d'importantes innovations sont à envisager tant dans la vie intérieure des Etats-Unis que dans leurs relations extérieures avec l'Europe. La dépêche de notre correspondant particulier que nous avons donnée dans nos dernières éditions et que nous croyons devoir reproduire pour tous nos lecteurs souligne les importantes conséquences qui semblent devoir résulter des élections américaines.

LES CONSEQUENCES

DE LA VICTOIRE DEMOCRATE

New-York, 9 novembre.

Dit NOTRE CORRESPONDANT PABTICCT.7E8

La victoire triomphale du démocrate aux élections d'hier est chargée de conséquences lointaines dont plusieurs sont heureuses pour la France.

La première conséquence est de voir arriver pour quatre ans au pouvoir suprême des Etats-Unis une personnalité aussi élevée que celle de M. Roosevelt.

Le futur hôte de la Maison Blanche est incontestablement un esprit libé-

ral. Il est toujours bon d'avoir affaire à un homme intelligent, cultivé, large d'esprit comme l'est M. Roosevelt. Quelles que soient ses idées actuelles sur les différents problèmes au milieu desquels les Etats-Unis et les pays d'Europe se débattent, M. Roosevelt n'est pas particulièrement versé dans les questions de politique étrangère. Il reconnait lui-même que c'est une lacune qu'il devra combler, mais avec un esprit actif et souple comme le sien, aidé par le souvenir du voyage récent qu'il fit sur le vieux continent. particulièrement en France, dont il admira l'équilibre, on peut compter de sa part une bonne compréhension et une saine appréciation des difficultés internationales actuelles.

La présence à Washington, dès mars prochain, d'un Congrès et d'un président démocrates comporte en soi, pour les Etats-Unis et le reste du monde, de sérieux avantages. On peut en attendre une politique américaine mieux définie, plus sûre que ces années dernières on peut compter, pour cela, sur l'adresse de Roosevelt. dont il a donné tant de preuves au cours de la campagne, pour maintenir entre la Maison Blanche et le Congrès l'harmonie indispensable et la bonne marche du gouvernement en général, et surtout utile maintenant. (La suite la troisième page.)

L'ambassadeur d'Italie au Quai d'Orsay

Le président du Conseil français a reçu hier S. E. le comte Pignatti Merano di Custoza, ambassadeur d'Italie. Encore qu'aucun détail n'ait été donné sur cet entretien, il est à présumer que l'ambassadeur d'Italie avait surtout comme but de remercier M. Herriot pour les déclarations faites récemment au congrès radical. Ces déclarations, renouvelées d'ailleurs par le président du Conseil à son retour de Toulouse devant les délégués de la presse, ont montré à l'opinion italienne que la France n'oubliait pas le rôle joué par sa sœur latine pendant la Grande Guerre. Elles ont, en outre, souligné la distinction nécessaire entre la politique intérieure d'un pays et la conduite de ses relations extérieures, et leur sens a été compris et favorablement apprécié au delà des Alpes.

Tout porte donc à croire que l'ambassadeur d'Italie, au cours de son entretien au Quai d'Orsay, n'a pas manqué d'apporter à M. Herriot l'écho favorable et sympathique trouvé par ses déclarations dans l'opinion italienne.

Premiers gels et brouillards Les premières rigueurs du froid se sont fait sentir hier matin. Après une nuit claire, on constata qu'il avait gelé et que le thermomètre marquait, à 7 heures, 2°.

Cette température glaciale provoqua, d'ailleurs, une forte condensation de l'humidié atmosphérique, qui se traduisit sur presque toute la banlieue parisienne par un brouillard intense. Le brouillard descendit peu à peu vers Paris qu'il enveloppa, dès 8 heures d'une atmosphère grisâtre. Puis il s'épaissit et. durant une partie de la matinée, les rues furent noyées dans une brume dense qui obligea, par ins- jtants. les véhicules à allumer leur? phares, tandis que magasins, ateliers et bureaux recouraient, eux aussi, à la lumière artificielle.

Entre 11 heures et midi. le solell que l'on apercevait dans la brume tel un disque rouge, comme sur les estampes japonaises réussit à dissiper les vapeurs qui le masquaient

Les grandes enquêtes du "Petit Par s:en" SOUS LE MASQUE JAPONAIS

LA TRISTE CONDITION DES OUVRIERS NIPPONS par A ndrée VIOLLIS A peine avais-je mis le pied sur le sol japonais qu'une singulière photographie publiée par les journaux attirait mes regards une longue, une interminable cheminée d'usine, et, tout en haut, suspendu à la aèche,' un paquet dans une sorte de hamac. Mais un paquet qui, ô surprise, avait un chapeau et des jambes. Que faisait donc cet homme si étrangement juché là-haut ? C'est un gréviste qui manifeste au nom de ses camarades, me dit-on. Oui, depuis l'an dernier, cette bizarre façon de protester est à la mode. Il.y avait alors une grève importante dans une grande filature de Tokio. Les ouvriers cherchèrent un moyen original de donner de la publicité à leurs revendications. Ils choisirent un de leurs camarades, un garçon de vingt ans, et, se cotisant, lui proposèrent cinq yens s'il voulait grimper jusqu'en haut de la cheminée de l'usine, s'y Installer sur une petite plate-forme entourée d'un filet et y attendre la fin de la grève. Le pauvre diable accepta et passa quinze jours sur son perchoir par un temps glacial de février; de temps à autre, on lui montait un paquet de provisions. Il lui fallut, pour tenir, tout le stoïcisme japonais. Des foules accourant en pèlerinage contemplaient ce stylite renouvelé des premiers ascètes chrétiens. On commença par rire, puis on finit par s'émouvoir. L'opinion, au Japon, est toujours favorable à ceux qui ont du cran, qui souffrent et risquent leur vie pour une cause. Pourtant les patrons tenaient bon. Il fallut, pour les faire céder, une circonstance imprévue. L'Empereur allait assister à une cérémonie religieuse dans quelque sanctuaire du Nord, et la gare par laquelle il devait s'embarquer était voisine de la filature en grève. Or une tradition sacrée interdit à tout être humain de voir l'empereur d'en haut. Que faire ? Les autorités intervinrent auprès des propriétaires de l'usine. Ceux-ci durent capituler. Le stylite descendit de sa colonne avec tous les honneurs de la grève. Il faillit mourir d'une broncho-pneumonie. Négligeable détail. Il avait triomphé il eut, et comme vous voyez, il a encore des Imitateurs.

(La suite à la quatrième page.) POUR ET CONTRE La moins-value des recettes de 1 octroi sur les seuls droits d'entrée des comestibles atteint, à l'heure actuelle, plus de treize millions pour l'année courante. C'est une moins-value qui est au moins éloquente. Elle donne tristement raison à tous ceux qui dénoncent les dangers de la vie chère, trop chère. Elle montre quels sont les effets désastreux de la vie chère associés à la crise. La vie chère use la vie économique du pays.

Treize millions de moins en dix mois de temps sur les simples droits perçus sur les comestibles dans Paris, c'est quelque chose. Ce chiffre représente des restrictions massives. Il représente aussi des moins-values sérieuses pour les commerçants et les producteurs.

Les consommateurs parisiens et les consommateurs provinciaux consomment de moins en moins. Voilà un fait absolu, certain, vérifié. Et on peut croire que ce n'est ni par plaisir, ni par snobisme que les consommateurs s'imposent aujourd'hui des privations si sévères.

Ceux qui se privent se privent, hélas parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. Ils se privent, et comme il n'est pas à prévoir que leurs ressources vont être miraculeusement augmentées, il est certain qu'ils continueront à se priver si les choses restent comme elles sont. Ils devront se priver plus durement encore si le prix de la vie subit une hausse nouvelle et si leurs situations se trouvent encore diminuées.

Ainsi la crise de sous-consommation se prolongera ou empirera.

Elle s'apaisera seulement si les consommateurs peuvent consommer davantage. La question immédiate car il ne s'agit pas de parler pour l'éternité c'est donc de savoir s'il est possible, à l'heure actuelle, de favoriser, de faciliter la consommation.

Or ce prodige devrait pouvoir être réalisé. En s'attachant à réduire l'écart énorme qui existe entre les prix à la production et les prix à la vente, on devrait pouvoir trouver le moyen de donner un tout petit peu plus d'aisance et de possibilités aux consommateurs. Et c'est Je consommateur seul qui peut tuer la crise en consommant. Maurice Prax.

A U X ASSISES Une Italienne

avait tué son mari sous les regards de sa fillette

Le jury la condamne à deux années de prison avec sursis Si le crime d'Anne-Joséphine Giordano avait été commis sans témoin, il ne sortirait pas de la triste série des affaires passionnelles. Cette Italienne, menacée par son mari ivrogne et brutal, l'a abattu à coups de feu. Rien là que de lamentablement banal. Mais la fillette de la meurtrière, Perrette, enfant menue, craintive et douloureuse, suivit de son lit, par la porte entr'ouverte, chacune des péripéties de ce drame. Et c'est la présence de cette « observatrice terrorisée » ainsi qu'on l'entendra dire qui confère à ce procès tout son intérêt. Quelle étrange silhouette que celle de cette meurtrière Haute et mince, étroitement drapée de deuil, son col de fourrure relevé, elle ne laisse voir de son visage qu'un menton volontaire et qu'une bouche dont les dents ne se desserrent pas. Un sanglot la secoue lorsqu'elle aperçoit la petite Perrette blottie au banc des témoins. Son défenseur, M* Raymond-Hubert, la console et, plus calme, elle attend les questions du président Barnaud. Le passé de cette femme est excellent. Elle a épousé Giordano, son beau-frère, qu'elle savait alcoolique et qu'elle espérait guérir de son vice. Oui, mais le ménage a acheté un débit de boissons, rue des Morillons. Résultat l'ivrogne ne cessa plus de boire! Encore l'affaire se révéla-t-elle fort médiocre les nouveaux acquéreurs avaient été roulés. Peut-être alors, et sans doute, ainsi qu'il sera précisé, pour aguicher » les clients, la jeune femme se montra-t-elle coquette. Elle avait pris la singulière habitude « d'étrenner » d'un baiser la barbe fraîchement rasée des habitués. Ce qui n'allait pas, on le devine, sans quelques scènes de jalousie.

Nul ne prétend, d'ailleurs, souligne le président Barnaud, que ces familiarités n'avaient point un caractère commercial

Soit. Mais tout alla de mal en pis. Le débit fut cédé du jour au lendemain. Le couple alla se fixer 25, rue Fontaine-au-Roi. La jeune femme, de plus en plus battue, voire avec une matraque, se plaignit au commissariat. Elle acheta un revolver. Le mari en possédait un autre.

Or c'est elle qui tira à la suite d'une scène confuse et violente survenue le soir du 30 mars dernier. Giordanb était rentré ivre. Plutôt que d'ouvrir seul la..porte, da.. son logisf^ il ne sut plus

comment «y prendre et frappa à sa propre porte. Il fallut que sa femme allât lui ouvrir en chemise. Et à peine entré, exaspéré d'avoir attendu, il demanda où en étaient les démêlés judiciaires nés de la cession hâtive du débit, n ne comprit pas ce qu'elle expliquait, s'emporta et la frappa. Elle, qui s'était recouchée, le saisit au col et au revers de son

veston et tous deux roulèrent sur le plancher. C'est à ce moment que la petite Perrette, couchée dans la pièce voisine, s'éveilla, s'assit sur son lit et demeura sidérée à la vue de ses parents qui se battaient.

(La suite la deuxième page.)

Le centenaire de la conférence Molé -Tocqueville M. Albert Lebrun présidait le banquet et prononça un discours

Le centenaire de la conférence MoléTocquevi'lle a été célébré, hier soir, par un grand banquet que présidait M. Albert Lebrun et auquel assistaient trois ministres MM. Chautemps, PaulBoncour et Leygues M. Millerand les présidents du Sénat et de la Chambre, de nombreux parlementaires dont le sénateur M. de Jouvenel, le général Gouraud, M. Le-couvé, prési- dent de la cour de cassation M. Dreyfus, premier président de la cour le procureure général Donat-Guigue. Après les discours de MM. Besse, député, ancien combattant Desjardins, Jacques Kayser et Van der Brack, président de la conférence, le Président de la République prit la paroie. = On trouvera à la page 2 les passages ê essentiels du discours prononcé par le = Président de la République.

ÉMEUTE

SANGLANTE A GENÈVE On compte déjà 8 morts et 64 blessés, et l'état de siège serait proclamé aujourd'hui

Genève, 9 nov. (dép. Petit Parisien.) Une émeute sanglante s'est produite ce soir à Genève. L'Union Nationale, organisation patriotique d'extrêmedroite, avait convoqué ses adhérents à un vaste meeting pour flétrir publiquement l'attitude des chefs socialistes, MM. Nicole et Dicker, qui ont donné à la politique de leur parti une orientation nettement bolcheviste et qui reçoivent leurs inspirations de la III* Internationale.

Cette attitude a d'ailleurs valu aux deux leaders genevois plusieurs blâmes du parti socialiste suisse qui, lui, reste fidèle à la Il, Internationale.

A l'annonce de ce meeting, le comité du parti socialiste genevois avait proteste auprès du conseil d'Etat. Mais celui-ci répondit qu'il avait autorisé de nombreuses manifestations plus violentes encore organisées par M. Nicole et qu'il était décidé à faire respecter dans tous les cas la liberté, de réunion. A cet effet, la gendarmerie avait barré, cet après-midi, à l'aide de chaînes, les rues aboutissant à la salle du meeting. Mais, à 20 heures, une foule de manifestants, appartenant aux partis socialiste et communiste se massa aux environs. Dans une allocution enflammé, M. Nicole leur enjoignit de rompre les barrages et de monter à l'assaut de la salle. Des bousculades se produisirent, au cours desquelles des coups de feu furent tirés sur la police. L'autorité fit alors appeler un détachement de mitrailleurs qu'on avait fait venir dans l'après-midi de Lausanne et qui était consigné dans une caserne voisine. Socialistes et communistes se précipitèrent sur la troupe qui fut malmenée. L'ofHcier ayant été luimême roué de coups, fit sonner le clairon puis fit tirer deux ou trois salves d'un fusil-mitrailleur.

A 1 heure du matin (heure suisse) on annonce officiellement que le nombre des victimes parmi les manifestants s'élève à 8 morts et 47 blessés on compte en outre 17 soldats blessés. Le conseil d'Etat est réuni et l'on prévoit pour demain la proclamation de l'état de siège.

L'aviateur allemand von Gronau a terminé son raid autour du monde Friedrichshafen, 9 nov. (dép. Havas.) L'aviateur Wolfgang von Gronau a atterri cet après-midi aux chantiers Dornier; à Altenrhein, sur le lac de Constance. Ainsi se trouve terminé le grand raid autour du monde entrepris par von Gronau.

Parti le 22 juillet de l'île de Sylt, dans la mer du Nord. von Gronau survola successivement l'Islande, le Groenland, l'Alaska et traversa pour la troisième fois l'Atlantique nord, dans la direction d'est-ouest. De Chicago, le raid se poursuivit à travers les Etats-Unis, à destination du Japon. Von Gronau se rendit ensuite en Chine, à Batavia, Ceylan et Bagdad. Il dut amerrir dans l'océan Indien, par suite d'une panne. Recueilli par un vapeur, il fut amené à Bagdad, d'où il reprit le chemin de l'Europe, en passant par Athènes, Rome et Gênes. Il survola cette ville ce matin, pour effectuer la traversée des Alpes et rentrer en Allemagne. On est inquiet sur le sort d'un cargo anglais

Liverpool, 9 novembre (dêp. Havas.) Un câblogramme provenant de Colon (Panama), adressé à un armateur du port de Liverpool, fait éprouver les plus vives inquiétudes sur le sort du cargo anglais Phemius, bien que trois navires et un sous-marin américains soient maintenant dans les parages indiqués par le dernier radio du Phemius. Ce sans-ni indiquait sa position à 250 milles au nord de Colon et précisait que six des soutes du Phemins faisaient eau et que le gouvernail du navire ne fonctionnait plus.

Le Phemius allait de New-York à Honjç-Kong avec un équipage composé de 16 officiers et mécaniciens britanniques et de 60 Chinois.

1 Herriot prononce un grand discours au conseil national économique Après avoir rendu hommage à l'activité du conseil national, il a souligné les symptômes qui marquent la fin de la crise et exprimé l'espoir d'ententes économiques internationales pour le bien du monde entier

M. Amery, ancien ministre conservateur, qui a posé, aux Communes, une question à M. Macdonald au sujet du désarmement

L'exposition du roi de Rome au musée de l'Orangerie

Le mystère de la mort de Mlle Juliette Bernard va-t-il être éclairci ? Montbéliard, 9 nov. (dép. Petit Paris.) Depuis vendredi dernier, les inspecteurs Kind et Bon, de la police mobile de Dijon, enquêtent méthodiquement sur la mort mystérieuse de Mlle Juliette Bernard, cultivatrice à SaintJulien-le-Russey (Doubs). dont le 29 octobre dernier dix mois après la disparition, qui remonte au 29 janvier 1932, on a retrouvé les restes décomposés dans les bois de la commune voisine de Friolais.

Ce jour-là, la disparue s'était rendue à plusieurs reprises chez son ami, Alphonse Jobin. cultivateur, cafetier et épicier au même hameau. La dernière de ces visites remonte à 13 heures. Depuis, personne n'a revu la jeune fllle. La macabre découverte du 29 octobre délia les langues de tout l'entourage. On a affirmé alors de part ceinte, avait succombé à des manœuvres abortives pratiquées au domicile de son ami et que son corps, après avoir été déposé probablement au domicile de Mme Jobin mère. avait été abandonné dans la forêt.

Les policiers eurent tout d'abord pour tâche de recueillir les témoignages en vérité innombrables. Cette partie essentiellement mobile de l'enquête terminée, les inspecteurs ont commencé ce matin la véritable instruction de l'affaire.

A cet effet, ils ont installé leur quartier général à la mairie de Meiche, pittoresque bourg alpestre à une quinzaine de kilomètres de la frontière suisse, dans la pittoresque vallée du Haut-Doubs, qui a connu, de ce fait, une grande animation.

Une foule considérable n'a cessé de stationner aux abords de la maison commune jusqu'à une heure tardive de la nuit. Sa curiosité a parfois même nécessité l'intervention de la maréchaussée. Le résultat des auditions de la journée fut de relever les contradictions troublantes qui existent entre Jobin et plusieurs personnes de la contrée. HiRcirvrALD. (La suite Il la troisième page.)

En ouvrant la séance du conseil national économique, tenue hier matin dans la salle d'assemblée du PalaisRoyal, M. Herriot, président du Conseil, assisté de M. Raymond Patenôtre, sous-secrétaire d'Etat à l'Economie nationale, a prononcé un éloquent discours dans lequel il évoqua la fondation du conseil et son action dans les dernières années.

Votre institution, a-t-il dit, va bientôt compter huit ans d'âge et, si je me reporte à ses débuts, en 1925, je suis frappé du chemin parcouru, de l'oeuvre accomplie.

Lorsque le conseil national économique fut institué par le décret du 16 janvier 1925, le gouvernement entendait « unir dans une solidarité étroite toutes les forces productives et sociales de la France et créer, avec leur collaboration, un organe destiné à étudier les grands problèmes qui intéressent la vie économique du pays ». Il partait de cette idée que, pour diriger la vie des peuples, il ne suffit pas de quelques principes politiques, déduits de notions juridiques et morales.

La société moderne, infiniment plus complexe, construite sur des données beaucoup plus nombreuses et partiellement encore obscures, exige un effort d'analyse et des recherches pour lesquelles la tradition n'est qu'un guide insuffisant. On ne domine les faits qu'à force de les étudier. Notre initiative suscite de l'étonnement et du scepticisme. Certaine craignaient de voir l'organisme ainsi constitué inapte à s'élever au-dessus des intérêts particuliers. D'autres redoutaient, au contraire, son intervention dans' les affaires pu.b)i, ques et l'influence qu'il pourrait prendre sur les délibérations des gouvernements. Je sais combien il vous fallut à tous d'abnégation, de bienveillance réciproque, de persévérance désintéressée pour triompher de l'indifférence, des critiques ou même des résistances. Mais vous voue êtes mis au travail Isans autre souci que celui de l'intérêt général. Vous vous êtes librement organisés. Vous avez créé les commissions d'études indispensables vous avez choisi pour vous présider des personnalités de premier plan, dignes de représenter les différentes forces économiques ou sociales du pays. Peu à peu, vous avez senti le mutuel profit de cette collaboration. Pénétrés de ce nouvel esprit, vous avez réussi, dans vos rapports successifs, à dégager les éléments d'une politique économique de la France.

Ayant rendu hommage à l'oeuvre déjà acomplie par le conseil national, M. Herriot déclare « que l'on peut s'inspirer avec profit de l'enquête poursuivie sur la situation des principales branches de l'économie nationale en vue de rechercher à quelles conditions elles pourraient être améliorées ou coordonnées dans l'intérêt commun des entreprises, de la maind'oeuvre, des consommateurs et de l'Etat ».

Votre œuvre est déjà considérable, poursuit-il. Elle apparaît, à certains égards, moins saisissante encore que l'esprit dont votre assemblée s'est inspirée.

Sans rien abandonner de vos convictions, sans entraver la libre discussion, vous avez su vous comprendre les uns les autres et faire le sacrifice de vos intérêts particuliers à l'intérêt général. Rien ne peut être plus fécond. On parle souvent, dans l'ordre international, de l'esprit de Locarno, de l'esprit de Genève; on a parlé plus récemment de l'esprit de Lausanne. Sur le plan intérieur, on doit observer et recommander l'esprit du conseil national économique, si propre à engendrer l'harmonie sociale sans laquelle aucune oeuvre d'émancipation ne pourrait être durable.

L'orateur, fréquemment applaudi, montre que l'exemple de la France est suivi en de nombreux pays, qui forment eux aussi des conseils nationaux économiques il voit dans cette action mondiale, en vue d'une collaboration progressivement étendue, leprélude d'un redressement des économies nationales.

La reprise économique,

Déjà, nous voyons poindre les signes avant-coureurs d'une reprise économique le chômage tend à diminuer, les dernières statistiques l'établissent le nombre des faillites s'abaisse. ("est le moment d'espérer, en redoublant d'efforts, reprendre un essor longtemps attendu.

Les temps sont proches où la concurrence économique des peuples appellera des méthodes, des procédures, des moyens d'action nouveaux.

Pour coordonner les activités, pour équilibrer la production et la consommation, pour discipliner des forces trop souvent incohérentes, il sera nécessaire de dresser de nouveaux programmes, de recourir à de nouvelles ententes et d'associer plus étroitement les ressources des différents peuples. A cette tâche, le conseil économique dé France a montré combien il était apte. C'est à lui qu'il faudra recourir pour en fixer les règles, pour en prépréciser les méthodes, pour découvrir les moyens d'action.

Vous n'avez pas besoin d'une consécration morale.

L'opinion publique, depuis longtemps. vous l'a donnée mais peut-être ne sera-t-il pas inutile que le législateur fixe enfin, d'une manière définitive, votre place dans la vie publique et, après avoir comblé les lacunes de votre