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Le corps électoral américain désignera aujourd'hui j les délégués chargés de choisir le nouveau président, mais comme il s'agit d'un mandat impératif le vote populaire désignera le chef de l'Etat C'EST UNE JOURNÉE CAPITALE OU SE JOUENT EN QUELQUE SORTE LES DESTINÉES DES ETATS-UNIS. ET UN PEU LES NOTRES

HOOSEVELT ET HOOVERv

Nev«--York, 7 novembre.

DE SOIRS COERQjrONDAXT rAEIICtXIEE Demain aura lieu une des plus importantes élections américaines depuis un demi-siècle. Les destinées des Etats-Unis, et un peu les nôtres, sont en jeu. Le peuple américain sera appelé à choisir un Président, un vice- jprésident et trente-quatre gouverneurs qui sont, dans leur Etat, infiniment plus puissants que nos préfets, et indépendants du pouvoir central.

Il devra aussi renouveler complètement la Chambre des représentants, un tiers du Sénat, sans compter de nombreux Parlem ents d'Etat, des s fonctionnaires électifs divers.

A New-York, !les électeurs sont aussj appelés à choisir pour un an un remplaçant au maire, Jimmy Walker, qui a donné sa démission cet été à la suite des scandales! que l'on sait c'est donc une très grande journée dans l'histoire des Etat\Unis tjue celle du 8 novembre 1932.

C'est l'élection i présidentiel^ aui^ soulève le plus d'intérêt. :Oi>iBMfiP|((îftT-) une grande manifestation sportive, 1« public, depuis plusieurs semaines déjà, se passionne. Il s'intéresse, au vrai, plus au c score > qu'à l'enjeu, plus au candidat qu'à sa cause, Les candidats

Huit candidats sont en lice un communiste, Foster un socialiste, Norman Thomas un champion du régime sec absolu, Upshaw trois représentants de groupements divers ;j enün le candidat démocrate, Franklin Koosevelt, et le candidat républicain, président sortant, Hoover.

Seuls 7-ioosevelt et Hoover sont dans la cours*; aucun des autres n'a la moindre chance d'arriver au poteau. Les partisans des deux cracks s'affirment sûrs de leur victoire. Le sénateur Hébert, .encore ce matin, dans un çomm unique, garantissait à Hoover 22 Etats et 289 voix d'électeurs présidentiels, alors que 266 lui suffisent pour être réélu.

La plupart des observateurs impar- tiaux pourtant, comme la grande majorité difs journalistes politiques, cu sidèrent Roosevelt comme certain de fa victoire. La seule surprise qu'^n s'accorde à reconnaître comme possible -viendrait du vote des femmes, qui! est toujours un élément incertain. II V a environ 60 millions de persan- nés des deux sexes en âge de voter. Sur ce nombre, 47 seulement se sont fait inscrire. En effet, des restrictions inattendues existent dans certaines Etats,au principe du suffrage univer- j self- La Pennsylvanie subordonne le droit de vote au paiement d'une petits taxe qui» certains hésitent à payer cette année. Une vingtaine d'Etats exigent -de savoir lire et écrire. D'autres insistent pour que l'inscription sur les listes soit faite en personne.. Ainsi réussit-on à éliminer, dans certains cas, des catégories d'électeurs! considéras comme indésirables. Néan- j moins, par rapport aux élections pré- cédentes, ce chiffre d'inscriptions semble révéler un intérêt exceptionnel des masses.

Etant donné le pourcentage habituel des abstentions par rapport aux électeurs inscrits, on estime que 40 millions de personnes, voteront.

11 est intéressant, il cet égard, de rappeler qu'en 1928 il n'y avait eu que 37 millions de votants contre 30 mil- lions en; 1924 et 27 millions en 1920. On s'fiicqorde à considérer ies EtatsUnis iSnime normalement républicains. Sans doute, les démocrates sont souvent venus au pouvoir pour des durées diverses, mais les républicains '.emportent généralement et souvent avec des majorités considérables. C'était, du moins, le cas lors des dernières élections.

M. Harding fut élu contre M. Cox avec une majorité de 7 millioas de voix; M. Coolidge contre M. Davis par il millions; aussi M. Hoover cor.tre ;il. ̃ Smith par 6 millions et demi. Ces chiffres suffisent à souligner que ta victoire de M. Roosevelt, si elle se produit, n'aura pas été facile.

En gros, on peut assurer que Rooseva! aura pour lui dix Etats du Sud, traditionnellement démocrates ou nègres, qui voteraient pour leurs libéra- teutrs du parti républicain, mais ils n'ont pas toujours liberté de jeterl leui- bulletin dans l'urne comme le voudrait une stricte justice.

Iil aura aussi pour lui les grandes

villes démocrates du côté de l'Atlantique et les nombreux Etats agricoles de l'Ouest. Hoover est assuré de triompher dans les petits Etats de la Nouvelle Angleterre qui sont les fils solides du parti républicain.

Il est superflu de revenir ici sur les griefs que peut avoir le peuple américain contre « le président de la crise sur les mérites du parti démocrate qui promet un plus rapide re-.tour de la bière et du vin ou sur l'atmosphère exceptionnelle qni règne dans ce pays après trois ans de dépression avec 5.000 banques fermées et 13 millions de chômeurs.

Deux tendances

Mais il faut signaler deux tendances qui ont leur valeur au moment où les électeurs vont faire leur choix. Toutes deux prennent en considération Te bien 'du pays dans les heures difficiles qui restent encore à traverser. Beaucoup voteront pour Hoover parce qu'ils considèrent qu'il a. fait, une coûteuse expérience, qu'il n'a plus 'd'ambition personnelle puisqu'en 1936 il pourrait ne pas se représenter à la réélection, qu'il offre donc toutes les garanties voulues pour gouverner le pays de manière désintéressée. Par contre, nombreux sont ceux qui considèrent comme inévitable un glissement du pays vers les démocrates. Dans ces conditions, il est préférable de mettre un démocrate à la Maison Blanche. On sait l'abominable paralysie qui existe lorsque le président et lu Congrès sont en lutte ouverte. Mieux vaut une équipe nouvelle, mais marchant harmonieusement, qu'un président éprouvé et un Parlement récalcitrant. La campagne s'achève ce soir.

Des speeches sans importance sont prononcés par divers candidats de droite et de gauche; 1"ancien président Goolidge fait, par courtoisie, un deruier appel en faveur de son successeur, .qu'il déteste pourtant cordialement.-

M. Roooevelt viendra demain à New-York au quartier général démocrate, attendre les résultats de l'élection.

M. Hoover les attendra, en compagnie de toute sa famille réunie, dans sa maison de Halo, en Californie, que l'on aménage avec hâte. On installe aux abords de puissants projecteurs pour faciliter la tâche des détectives chargés de veiller sur la sécurité du président; on orne cette grande maison de stuc si longtemps fermée de plante:! vertes et de tapis. On multiplie les 6is téléphoniques et télégraphiques.

̃ isst-ce une nonne ou une mauvaise nouvelle qui entrera demain il la suite 4u président ?

C'est ce qu'on saura demain.

Pierre DEXOYER

Hans la nuit du mardi Il à mercredi 9 norembre, les nouvelles téléphonée* (Provence 99-OB) cornmuniqueront jusqu'à 3 heures du matin les dépêches parveuaes des Ktats-Vnis sur les élections.

Les relations franco-italiennes Rome, 7 novembre <,dép. Petit Paris.) Les déclarations sur les rapports franco-italiens que le président du Conseil français a faites au congrès radical de Toulouse ont un écho symi pathique dans les milieux politiques romains. Les journaux lea signalent dans leurs dépêches de Paris comme particulièrement significatives. On rappelle en particulier les efforts qui ont été accomplis par certaines fractions du parti radical en faveur de la revision des positions adoptées par le gouvernement français à l'égard de l'Italie et ils soulignent l'sccueil favorable qu'ont trouvé les déclarations de M. 'Herriot.,

Les télégrammes signalent enfin, comme une coïncidence heureuse, les phrases de M. Herriot et la cordialité dont a été empreinte la cérémonie qui s'est déroulée samedi à Paris au siège de la Fédération des anciens combattants italiens et comme un premier symptôme réconfortant de l'amélioraI tlon positive qui se manifeste dans l'atmosphère des relations franco-italiennes, D'autre part,- le correspondant particulier de la Tribuna à Paris souligne de son côté l'accueil favorable que la presse française a réservé aux décla1 rations du président du Conseil français et il ajoute qu'elles doivent être, 1 accueillies avec d'autant plus de satisfaction qu'elles placent le problème franco-italien dans son véritable cadre.

Délibérations1 ministérielles Le conseil de cabinet a poursuivi hier matin l'examen des questions budgétaires

Les ministres et sous-secrétaires d'Etat se. sont 'réunis en 'conseil de cabinet, de 10 héures à 12 h. 45, au ministère des Àffaires étrangères, sous la présidence de M. Herriot. L'équilibre budgétaire

Le conseil, qui avait arrêté, au cours de ses précédentes réunions, les budgets, cfes différents départements ministériels, a repris l'examen d'un certain notnbre de mesures '.tendant à réaliser l'équilibre et précédemment réservées pour étude complémentaire. ces projets devant être déposée dès cette semaine pour être incorpotés au budget de 1933.

Le plan français de désarmement M. Paul-Jioncour, délégué de la France à la\ conférence du désarmement, a rendu compte au Conseil de l'impression favorable produite à l'assemblée de Genève par la présentation du plan français et par les récentes déclarations de Edouard Herriot. Sur la proposition du président du Conseil, le Conseil a unanimement exprimé à M. Pavfl-Boncour ses félicitations et ses remerciements.

Le voyage en Espagne

M. Herriot a fait renaître au Conseil l'accueil très cordial réservé au ministre du Travail et è lui-même, au cours de leur récent voyage en Espa-, gne.

Le Conseil a procédé ensuite à l'examen des affaires, en cours. Ce matin, à 10 heures, \'les ministres tiendront conseil à l'Elysée, sous la présideàcê de'M.; Albert Lebrun. LE RETOUR DE M. HERRIOT M. Edouard Herriot. est retitrê à Paris hier .matin. Le train spécial du président du Conseil est arrivé à 8 h. 55 àla gare:.d'Orsay. MM. Leygues, Germain Martin, Renard, Guichard, 'Thoméj 'qui attendaient sur le quai, saluèrent, à sa descente du train, M. Herriot, qu'accompagnaient, dans le vvagcfp de tête, KM. René Renouit, Camille Chaiitemps, Albert Sarraut, Marchandeau,' Israël, Mistier, Hippolyte Ducqs.

Après avoir serré cordialement les

1 De gauche il droite SIJI. de Monzle, ̃ j Daladier et Israël au second plan t! Il. Guurdeau

IL. Paul-Boncour

mains qui se tendaient vers lui, le préaident du Conseil gagna immédiatement le ministère des Affaires étrangères.

Les élections du Reïch on lirai

DANS LES HAUTES SPHÈRES DES PROJETS

DE CQNGjLIffTION

Le cabinet essaierait de gouverner en s'appuyant sur les nationalistes, qui serviraient de charnière entre les nazis et les centristes

Le général Litzruan, doyen dn Beichstag t Berlin, 7 novembre. riE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Si 1'Allemag-ne était un pays tout à fait occidental et respectueux 'du ré- gime parlementaire, le cabinet von; Papen, après les élections d'hier, n'aurait qu'à remettre sa démission au président du Reich et le maréchal appellerait auprès de lui comme pre- mier consultant et chancelier pro1 bable M. Adolf Hitler, chef du parti le plus nombreux. Les neuf dixièmes des électeurs se sont, en effet, prononces contre la politique du gouvernement et un seul petit dixième pour. 1 Mais nous sommes ici à mi-chemiu entre l'Occident et la Russie. Au deià de l'Elbe, les chiffres ont décidément une autre signification. Le gouvernement peut déclarer sans rire qu'il est enchanté du scrutin populaire tt conserver entre ses mains les rênes du pouvoir. Ce qui serait ailleurs une irréparable défaite peut parfaitement passer ici pour un relatif succès. Le parti favorable au cabinet a conquis quinze sièges. Et cela suffit pour! annoncer qu'Hltler est à bout de souffle Le plus drôle c'est que c'est en grande partie vrai. Depuis longtemps les estimations arithmétiques ont fait ici leur tétapà. %A ptibEc jugie ow&k Jetions poétiques non pas d'après -les chiffres des vfctes mais bien plus d'après les courant? i i i froissent ou L'Allemagne n'e~: Etat où les divers groupements politiques sont sincèrement prêts à collaborer au bien général de la nation. Ces groupements se haïssent et ne songent qu'à s'entre-'dévorer. Le particularisme farouche qui divisait jadis l'Allemagne géographiquement a trouvé maintenant son emploi corrosif dans la lutte des partis. Il devient difficile de parler d'une seule Allemagne. Il y a maintenant, emboîtées l'une dans l'autre, autant d'Allemagnes que de grands partis. Il y a l'Allemagne brune, l'Allemagne rose, l'Allemagne rouge, l'Allemagne noire et, par-dessus le marché, l'Alle- magne noir, blanc, rouge de M. Hugenberg. Chacune de ces Allemagnes s'entête dans son idéal particulier et se refuse à tolérer celui des autres. Le scrutin d'hier a fourni une nouvelle et i éclatante preuve de ce profond déchirement.

Un homme, en Allemagne, aperçoit toutefois dans toute sa clarté la faiblesse qui nait de cette division, et c'est le maréchal Hindenburg. J'apprends de source sûre qu'il est extrêmement las de la politique de la petite semaine et qu'il désirerait vivement le retour à un régime plus normal, plus digne d'un grand Etat civilisé. Il est surtout fatigué d'avoir à brandir sans cesse 1,'aiticle 48, d'endosser lui seul toutes ,les responsabilités, et souhaiterait tout au moins,, puisqu'une majorité ne peut' se.former dans le Reichstag, un gouvernement qui groupât les forces Vives de la nation.

Lucien. BOtRGUÈS '.{La suite à la troisième page.)

Une conférence

de M. Germain-Martin à l'Ecole de la paix Le ministre des Finances a exposé clairement le mécanisme des négociations de Lausanne et jnstifié la position de la France dans ce grand débat international

M. Germain-Martin, ministre des Finances, délégué de la France à la conférence de Lausanne, a fait hier soir, à 21 heures, à la Sorbonne, sous l'égide de l'Ecole de la paix, une conférence sur les négociations qui se déroulèrent à Lausanne en juin et juillet derniers. Parmi la foule qui emplissait J'amphithéâtre, on remarquait de nombreuses personnalités de la politique et de la diplomatie. M. Germain-Martin a d'abord rappelé que la conférence de Lausanne eut pour objet d'établir un règlement durable du problème des réparations. Le moratoire Hoover avait, en août 1931, provoqué une suspension brusquée des paiements de l'Allemagne. Les Etats créanciers s'étaient ensuite réunis à Londres pour se mettre d'accord sur certaines difficultés d'application soulevées par la proposition Hoover. Puis l'Allemagne avait, au lendemain du voyage de M. «Laval à Washington, demandé la; réunion du comité consultatif prévu au âpian Young an ,invoquant' l'aggravation constante de sa situation. Les experts. réunis à Baie,' avaient constaté pour le présent ses.' difficultés, la- décision à prendre incombant- une conférence 'ultérieure des gouvernement.1- Cette conférence, prévue tout d'abord pour le moia de février 1932, puis ajournée' au> mois de juin, s'ouvrit dans une atmosphère particulièrement) incertaine, dea complications politiques, financières' et'- éconOmiques -nouvelle* étant:il craindre au cas' d'Impossibilité d'entente entre les 'grandes nations La plupart des Etats qui devaient jouer un. rôle de premier plan dans

M, (krnmm-.Murtln

ces débats étaient, d'autre part;1* êsolus demander l'annulation tsampièta «4 immédiate dea réparations, sous la seule réserve d'une annulation, parallèle eje» (La suite à 7u 'deuxième putje.) L'exposition des photographies du Times

1De gauche Ù droite :tfrs Holman, lord Tyrrell et .1I. (iourdeaux (Voir et la quatrième paye.)

LES QUATRE ESCROCS DU BABON DE ROTHSCHILD1 EN CORRECTIONNELLE I Le tribunal rendra son jugement I aujourd'hui

Tenter d'escroquer, d'un seul coup, millions au baron H e n r i de Rothschild, n'est-ce pas faire preuve de plus de naïveté que d'audace ? Les quatre hommes qui entreprirent cette opération, Jean Lecant, Henri Pascal, Antonin Ferrenoux et Alexandre Guin-'t toli, espéraient, il est vrai, que lé bil- let à ordre par eux établi et revêtu de 1 l'authentique aval du baron passerait • inaperçu. Ce fut là leur unique erreur, mais elle suffisait à les perdre 1 II faut remonter assez loin pour expo- ser clairement le mécanisme de cett.i j escroquerie manquée. M. Félix Camoin,

De' fauche à droite :'en Haut, tapant et Pascal en bas, Guintoli et Ferrenoux ancieu directeur du théâtre Pigulle, et' dont précisément M. Henri de Roth- schild est le propriétaire. était tué, l'an dernier, dans un accident d'automobile survenu aux environs de Montélimar. Il tenait alors en sa possession plusieurs contrats d'engagement d'artistes rédigés sur papier timbré et portant' i ces trois mots <; Bon pour aval suivis de la signature du baron. Comment ua de ces documents a-t-il été dérobé ? On l'ignore encore. Le pré- venu Ferrenoux, du moins si l'on en croit Pascal et Lacant, obtint,, quoi qu'il en soit, et grâce à une mystérieuse complicité, qu'un de ces contrats lui fût remis. Tenir en main, comme l'on eutendra souvent irrévérencieusement j répéter, « la signature de Rothschild s>, n'était-ce pas a presque tenir la fortune

Ferrenoux le crut. I1 coupa donc ce papier timbré en deux et de façon que la précieuse mention autographe, suivie de la signature, occupât le bord supérieur droit de l'une des moitiés. En dessous, il fit hnprimer en titre les inote «~ featet à ordre ̃». Bt -ce billet ainsi avalisé, Pascal, qui était censé en de timbres fiscaux et payer ir. de protêt. Le garagiste Guintoli,. établi à Arles ses trois complices, on le sait, sont de Marseille, fournit la somme nécessaire qui, du reste, soit j dit en passant, est acquise par le Tré- sor et, par conséquent, à jamais perdue pour les escrocs. Puis l'effet fut déi posé à la banque Massot, de Beaucaire. Il restait à attendre que ce papier i fût arrivé à Paris et l'ordre de payer donné. Mais ces 4 millions parurent insolites tout de même, c'est une 1 somme! Le dossier fut détourné de son cours normal et le banquier pré- i venu. Dès lors, l'affaire ne traîna guère! Des inspecteurs, partis en avion, atterrirent quelques heures plus tard à Marseille. Et les quatre aco- lytes furent appréhendés

Lacant, Pascal et Guintoli, trois hommes dans la quarantaine, de mise modeste et de mine fripée, cherchent, assis côte à côte dans la stalle des dé- tenus, à se mutuellement réconforter. Antonin Ferrenoux, l'auteur du billet à ordre, le technicien, seul laissé en liberté provisoire, prend place devant ses complices. On appelle M. de Roth- schild, qui n'est pas venu.

Il ne faudrait tout de même pas faire infliger une amende à M. de Rothschild par ces temps de crise ironise MI de Moro-Giafferi. M. Ferrero, banquier à Arle;, qm | reiusa d'escompter le faux effet, et M. Massot, de Beaucaire, quai, sur un coup de téléphone de Jf. Ferrero, accepta de le négocier, ne se sont pas, non plus déplacés. D2 sorte qu'on hé- site à ouvrir les débats. Enfin lés dé- tenseurs consentent à passer outre, et Lacant se lève.

Ce prévenu, pendant la guerre, si l'on en croit son 'commandant de régiment, le colonel Bouit, a donné l'exempie des plus belles qualités militaires. Nommé sergent, il a sauvé l'un de ses chefs blessés. Au cours de cette affaire, il a souvent menti.

Aujourd'hui, commence le prés!dent Raisin-Dadre, je vous adjure de dire toute la vérité r

La dit-il vraiment ? Il assure, quoi qu'il en soit, que M. Camoin lui-même lui aurait remis ces contrats avant l'accident.

Cela parait tout à fait invraisem- blable reprend le président.

La fille du directeur du théâtre Pigalle, Mme Pouilleux, qui se porte partie civile, a demande à MI Pierre Masse de l'assister. Cet avocat, en quelques mots, démontre que le pré· venu ment encore ces papiers n'ont pas passé des mains de M. Camoin aux; mains de Lacant. Ces deux hommes, d'ailleurs, se connaissaient-ils ? Non. Il manque donc, au début. de l'affaire, le premier maillon de la chaîne. Et c'est un vol que, sans doute, les prévenus cherchent ainsi à dissimuler. Ces papiers, qui portaient la signaturc du baron Henri de Rothschild, Lacant les a confiés Ferrenoux. Dans quei but ? II devait les restituer, assure le prévenu.

E. QL1NCHE.

(La suite à la deuxième page.) p-~ Vendredi 1 novembre ̃ les meilleun marcheurs français LE GRAND PRIXj DE L'ARMISTICE 1 organisé par l'U. F. de Marche avec te concours du Pe'tit Parisien \[ A heures départ du carrefour de Rethondes (forêt de Compiègne) A 15 heures Arrivée à Paris (place de la Concorde)

Faux marquis

faux capitaine

Goldstone faisait de nombreuses dupes .MAIS TOUT A UNE FIN La police judiciaire vient de mettre Rn aux exploits d'un escroc qui, durant plusieurs mois, mena la gr.inde vif à Paris, en y faisant des dupes.

Au cours de l'été, un gentleman fort élégant descendait dan. un luxuaux hôtel avoisinant les Champs-Elysées et y louait un appartement de 2.000 francs par mois. Il menait grand trxin, montait au Bois chaque matin et ne tardait pas à se faire de multiples relutions, tant dans les milieux mondains des colonies anglaise et américaine que parmi les femmes élégant es qui :e lient facilement avec les riches éirangers.

Il s'était fait inscrire sous le nom U>; capitaine de Goldstone. appartenant à l'armée britannique. Il déclarait, être tantôt le marquis de Goldstone d'Avison, tantôt le duc de Montfaucon. Beau parleur, portant la toilette avec aisance, ayant en poche, au début, de l'argent acquis on ne sait encore comment, il jouissait de la considération générale. Depuis quelques semaines, il se trouvait très en retard pour le règlement de ce qu'il devait à l'hôtel. Mais pouvait-on réclamer son dû à un si grand sei(rneur ?.

Entre temps', le.pseudo de Goldstone, sous les prétextes les plus divers, réussisenit à emprunter à ses compagnes momentanées des sommes assea importantes. Toutefois, lasses de n'obteni. aucun remboursement, les prêteuses eurent des soupçons, se fâchèrent. Le parquet, saisi de plu-sieurs plaintes, les confia à M". Benon, juge d'instruction, qui. dimanche après-midi, délivra un mandat d'amener. Et, vers 17 heures, M. Badin, commissaire la police judiciaire, se présentait discrètement à l'hôtel où vivait de Gotstono. Il l'y trouva prenant le thé uvec une jolie étrangère et le rit demander. Le soi1 disant capitaine de. l'armée anglaise le prit, tout -d'abord, de très haut avec M. Badin puis il consentit à ie conj duire dans sa chambre.

Le magistrat, au' cours tie »a porquisition, saisit un superbe habit de gala, aiguillette$ et soutaches d'or, orné des insignes de commandeur de la Légion d'honneur, avec bicorne empã rtaché et épée de gala. Il saisit aussi soixante-dix plaques, médailles et rubans d'ordres existant parmi les décorations de pays étrangers, et des papiers passeport et carte d'identité. son nonivde capitaine marquis ,de Goldstone, icomto d'Avtson, ainsi que les. statuts 'd'une société aristocratique de Lonâres. The Royal Stuart Society, où il figurait comme secrétaire général

avec cette adresse 9, Clovcland Gari dens. Hyde Park, W 3. Téléphone Paddington 5215.

(La suite à la dcu-ii m< page.)

Les évadés de guerre

et la retraite du combattant Une lettre au président du Conseil L'Union nationale des évadê.s de guerre a adressé ta. lettre suivante au président du Conseil

Monsieur le président du Conseil, Le 17 septembre 1932, lors du débat I sur la conversion des rentes, vous disiez au Sénat attentif et unanime à vous applaudir:

« Nous voulonj le rétablissement, financier de la France et nous sollicitons pour cela le concours de tous les bons Français. Nous les prions de nous aider, de nous protéger, d'encourager nos efforts. C'est pour un pays une force essentielle, une nécessité de premier ordre que l'équilibre de :or. budget. t.

Si nos compatriotes, si les membres des assemblées voyaient, comme nous avons eu l'occasion de 1 observer, à quel point cette France est épiée. injustement jalousée et quelquefois même inquiétée, Us comprendraient la nécessite absolu»: où nou.i sommes de ramener dans 8es finances et, d'unr façon générale, danx tout son stutut, un ordre irréprochable.

«Nous voulons défendre la France 1 de toutes Ies façons. Xous la voulons défendre une véritable L'Union nationale des évadés de guerre, consciente de son devoir envers le pays et fidèle sa tradition de dévouement désintéressé â la patrie, I tient à répondre aujourd'hui à votre noble appel.

Parce qu'elle entend, comme voue', monsieur ie président du Conseil, dctendre la France sur tous les terrains, elle estime que les sacrifices nécessaires doivent Immédiatement étru consentis par la nation tout entière. Le déficit du budget vient d'atteindre un ordre de grandeur inconnu jusqu'à ée jour; pour ie combler, l'opinion 1 française est à peu près unanime pour affirmer que l'Etat doit réduire largement ses dépenses.

Mais, parmi eeiles-ei, il en est qui ne .auraient souffrir aucune compression: D'abord, ies crédits, tous les crédits qui sont nécessaires à la sécurité du pays

Puis le paiement des pensions do | guerre légitimement accordées aux mutilés, aux invalides, aux malades du fait de la guerre, pensions dont nous demandons le maintien intégral et auxquelles nous n'admettrons jamais qu'il soit porté la moindre atteinte. Enfin, le service des rentes françaises.

Les autres crédits budgétaires s'appliquent essentiellement aux dépenses administratives, à la dette viagère, aux dépenses sociales et à la retraite du combattant.

Nous pensons que les dépenses administratives, la dette viagère et les dépenses sociales doivent supporter la plus grande part des réductions deve-