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LA SITUATION EN ALLEMAGNE

On reste hésitant dans les pronostics entre le bouleversement et le statu quo politique Ueriiu, 4 noTemoit.

Quelle sera la, composition du pro[chafn Reichstag ? Différera-t-il beaucoup du Parlement défunt ? Assiste- rons-nous au déferlement d'une* de ces vagues de fond qui bouleversèrent pluscieurs fois déjà le terrain politiques allemand ? Ou bien, au contraire, ne verrons-nous que des déplacements minimes qui ne changeront que peu de

choses à ¡il physionomie parlementaire du Reich

Ces questions que je pose à mes interlocuteurs berlinois, auxquelles ils donnèrent, en d'autre temps, des réponses précises, les rendent cette fois bien perplexes. Jamais, en effet, les pronostics électoraux ne furent, s ce pays déjà compliqué en lui-même, plus difficiles. L'atmosphère politique de l'Allemagne s'est tellement embrumée' que l'on n'aperçoit plus bien les .contours des rivages et qu'à peine fiistingue-t-on encore quelques phares. Les rivages ? Ils se touchent et t'embrouillent étrangement. Un Alleinand. 1932 peut passer aisément du ,rocialisme au communisme et du com-

:Les barricades dans les mes de Berlin pour empêcher le passage des autobus et tramways (Par téléphotographie.)

munisme au national-socialisme. Marx. Lénine, Hitler sont des idoles différentes mais toujours des idoles et l'électeur qui a des dispositions mystiques peut, sans trop se forcer, les adorer tour à tour. Un des principaux chefs «les sections d'assaut hitlériennes ne r.i'a-t-il pas confessé qu'il comptait une bonne part d'anciens bolchevistes parmi ses guerriers les plus résolus L'évolution inverse, plus, rare jusqu'à présent, se produit aussi, et se produira sans doute de plus en plus. Déçus par Hitler qui, bien 'que vivant, fait le mort, des jeunes Allémands iront peut-être en masse à Lénine qui, bien que mort, survit cependant dans l'œuvre continuée par ses partisans. La position du centre

Une seule terre claire et ferme se dessine parmi ces rivages arides le centre, qui ne demeurera d'ailleurs intact que parce qu'il s'appuie sur J'Eglise immuable. Les catholiques forment le parti le plus sérieux, le plus solide politiquement, le plus mûr d'Allemagne, mais cette pondération et cette maturité leur viennent, cela va sans dire, beaucoup plus de Rome aue tle Berlin.

Un peu perdu au milieu des continents brumeux, il y a encore cependant un îlot qui frappe par son aspect sévère et comme suranné. Cet Hot appartient au richissime Hugenberg et abrite les vieux nationalistes allemands. Les barons du cabinet actuel y font des apparitions mais ne s'en vantent pas trop.

L'œil de l'explorateur fait du reste assez vite le tour de ce paysage politique. Il n'y a plus en Allemagne que cinq partis en tout et pour tout. Le reste: populistes, démocrates, chrétiens sociaux, parti économique ne eont plus que des radeaux qui errent au gré des vents.

Les phares. Brüning ? Severing Hitler ? Il y a encore moins de phares que de rivages. A vrai dire il n'y en a qu'un Hindenburg. C'est tellement vrai que tout le monde le respecte et navigue sous ses rayons. Si, dans le brouillard germanique, le phare Hindenburg s'éteignait soudain, le Reich un Allemand haut placé me le disait encore ce matin n'entrerait-il pas aussitôt dans une zone de troubles et, dans tous les cas, d'imprévisibles péripéties.

Lucien BOURGUES

iLa suite 0 la troisième page.)

La grève des transports; a provoqué à Berlin1, des troubles sanglants et 400 arrestations Berlin, 4 nov. (àép. Petit Parisien) Malgré tous les efforts des compagnies et du gouvernement, la grève des transports en commun à Berlin a continué aujourd'hui. La sentence du juge chargé d'arbitrer le conflit a été rendue exécutoire ce matin et les compagnies ont aussitôt lancé un ultimatum aux grévistes annonçant que ceux qui n'auraient pas repris le travail à 14 heures devraient sa considérer comme congédiés sur-le-champ. En dépit de ces menaces, la grève a continué.

Les compagnies ont pu mettre en service quelques trams et autobus qui ont circulé sous la protection de nombreux agents. Au moment où ces véhicules sont sortis des dépôts, les grévistes les ont bombardés de pierres, tandis que des agitateurs défonçaient la chaussée. Ces actes de sabotage ont amené la police à intervenir avec énergie.

Alors que la matinée avait été relativement calme, une timide tentative de reprise du travail par quelques grévistes a conduit à des rixes sérieuses, notamment dans le faubourg de Schœneberg, où des agitateurs ont essayé d'élever une barricade. Il y a eu au cours de la journée quatre morts et de nombreux blessés. Quatre cents individus ont été arrêtés. Trente-deux d'entre eux cherchaient à inciter les employés du gaz et de l'électricité à abandonner le travail.

Le commissaire d'Empire adjoint en Prusse, docteur Bracht, publiera demain une ordonnance annonçant que tout individu qui empêchera un employé de reprendre le travail s'exposera étré passé par les armes. On annonce ce soir de nombreuses rixes dans plusieurs quartiers de la périphérie et notamment des rencontres entre la police et des agitateurs communistes. La grève groupe 21.000 employés. 4.000 seulement d'entre eux .se sont présentés, au cours de la journée pour reprendre le travail. Ces chiffres prouvent., que les nazis .et les communistes exercent une pression efficace sur le personnel des transports en commun, parmi lequel ils comptent de très nombreux affiliés,

UNE GRANDE PREMIERE A L'OPERA

M. Bachelet

M. Franc-Nohain

(.Voir la quatrième page.)

ON FETE LA ROSETTE ROUGE DU SCULPTEUR MAILLOL

Mil. de Momie et Maillol

Les amis et admirateurs du sculpteur Aristide Maillol avaient organisé hier, à la Maison des polytechniciens, un déjeuner pour fêter la récente promotion de cet artiste comme officier de la Légion d'honneur. M. de Monzie avait tenu à lui remettre lui-même les insignes de sa nouvelle dignité.

La conférence du désarmement IHIIIIIIHIIlMII(IIIIIIHIIIIIIIIIIHHIIMIIMI1llimtlHltltHIIIIIIIIIHIIMHIIIlllllillllltllllHIIII»HiMll«llll IIIIIII

UN EXPOSÉ DE M.PAUL-BONCOUR

SUR LE PLAN

CONSTRUCTIF

FRANÇAIS

Pour la sécurité

Le système de trois pactes concentriques.

Pour le désarmement

Désarmement qualitatif, système de milices défensives et échelon de force de police internationale

Genève, 4 nov. (dép. Petit Parisien) Le bureau de la conférence du désarmement s'est réuni ce matin à 11 heures en séance extraordinaire pour entendre l'important exposé de M. Paul-Boncour, concernant le plain constructif » que M. Herriot présentera plus tard à la commission généraie.

S'adressant. a un auditoire genevois, M. Paul-Boncour s'est appliqué à situer le plan français dans le cadre des initiatives et des préoccupations^ genevoises. A plusieurs reprises, il insista sur le fait qu'il n'apportait pas de solution nouvelle et que ce projet reflète simplement et coordonne -les suggestions présentées au cours de ces derniers mois par les diverses délégations. Il s'attacha également à démontrer que le plan français prolonge et complète les propositions du président Hoover. Il laissa entendre enfin, avec beaucoup de finesse, que la formule qui est à la base de ce plan e L'égalité dads la sécurité concilie l'ancienne réserve française sur la sécurité avec les revendications allemandes concernant l'égalité de traitement.

Dans le domaine de la sécurité proprement dite, M. Paul-Boncour s'est borné à rappeler les dispositions essentielles des « trois pactes concentriques » qui visent le premier, l'établissement d'une liaison permanente avec les Etats-Unis sur la base des pactes de Paris; le deuxième, la confirmation des engagements pris par tous les membres de la Société des nations sur la base du Covenant soit plus exactement la collaboration de la Grande-Bretagne aux sanctions collectives édictées en vertu de l'article 16 et le troisième, la conclusion d'un pacte d'assistance mutuelle entre les puissances continentales européennes. Au système de garantie rigide et uniformément applicable à toutes les parties du inonde, tel que le conçoivent les universalistes genevois, mais dont les derniers événements d'Extrême-Orient et de l'Amérique du Sud ont prouvé l'impossibilité, le plan français substitue, de la sorte, un système plus large et plus souple, où l'on retrouve les directives du pacte Briand-Kellogg, du pacte de la S. D. N. et du projet d'union européenne tel que le concevait M. Briand.

Passant ensuite au désarmement, M. Paul-Boncour a exposé avec une clarté et une logique irréfutables les nombreux arguments qui militent en faveur d'une « égalisation des statuts des forces armées continentales » et de l'introduction générale d'un système de milice de caractère essentiellement défensif, introduction qui irait de pair avec le désarmement qualitatif et avec la création d'un « premier échelon » de forces de police internationales. Là encore, M. Paul-Boncour a souligné la parenté d'inspiration qui rapproche le nouveau plan français du plan Hoover. Ses conclusions concordent absolument avec celles du comité spécial chargé d'étudier le problème de la limitation des effectifs et qui est déjà arrivé à la conclusion qu'il est pratiquement impossible, dans l'état actuel des choses, de comparer entre elles les diverses armées continentales européennes.

Ce lumineux exposé fut écouté par l'assistance unanime avec une déférente attention et de chaleureux applaudissements saluèrent à sa descente de la tribune le représentant de la France.

Paul DU BOCHET

LES PROPOSITIONS FRANÇAISES Voici le texte de l'exposé fait par M. Paul-Boncour

Je remercie vivement Monsieur le président de la conférence d'avoir bien voulu convoquer cette séance exceptionnelle et je m'excuse auprès du bureau d'interrompre pour quelques instants le déroulement normal de son ordre du jour.

Mais, de sa propre initiative et pour apporter un témoignage nouveau de l'ardent désir qu'elle a du succès de cette conférence. la France avait pris un rendez-vous et fait une promesse. Ia Franche fidèle à sa promesse Rien ne pouvait l'empêcher d'être exacte au rendez-vous et de tenir sa promesse. Et. en l'absence de M. le président du Conseil. retenu ailleurs par les devoirs de sa charge, c est à moi, délégué permanent de la France à la Société des nations. qu'il a confié le grand honneur de vous exposer sommairement, mais cependant aussi complètement que je le pourrai, les grandes lignes du plan que nous déposerons sur le bureau de la conférence. Plan français, a-t-on dit. Si honorable que soit le baptême et si flatteur qu'il soit pour mon pays, cela n'est pas tout à fait exact.

Plan français, certes, en ce sens qu'i! traduit les aspirations profondes d'un peuple qui, dans toutes ses libres consulfations, témoigne de sa confiance renouvelée en la Société des nations et 1 de son attachement à la politique d'organisation de la paix. Aspirations si profondes que M. le président du Conseü de France a voulu, réservant comme il convenait pour vous les détails, que, cependant, les grandes IlI gnes du plan soient exposées devantla Chambre française et qu'il vous parIvienne, revêtu de la majorité masaive iqui lui a donné son approbation. (Ia euite à la Eroisidme page.)

LE CHANSONNIER SOUPLEX AU VOLANT DE SON AUTO RENVERSE DEUX PASSANTES Celles-ci, qui avaient surgi soudain, en courant, de la file de, taxis en station devant le théâtre de la Porte-Saint'Martin, ont été transportées à l'Hotei-Dieu

Un accident d'automobile survenu, hier, un peu après 22 heures, à la hauteur du théâtre de la Porte-Saint-Martin, a provoqué une vive émotion parmi les passants et les consommateur installés aux terrasses des cafés de ce quartier des Grands Boulevards. Le chansonnier Raymond Souplex, qui venait de « faire » son tour de chant au cabaret du Couco:a, boulevard SaintMartin, avait pris place au volant de son auto et se dirigeait dans la direction de la Madeleine afin de gagner boulevard de Clichy le cabaret des Deux-Anes, où se joue une revue dont il est l'auteur et dans laquelle il interprète plusieurs rôles.

A peine avait-il roulé une centaine de mètres et pris déjà de la vitesse que le chansonnier vit -soudain surgir de la file des taxis en station au milieu de là chaussée deux femmes qui couraient pour atteindre le trottoir situé devant le théâtre de la PorteSaint-Martin. L'automobiliste ne put éviter les deux passantes qui, tamponnées par l'avant de la voiture, furent projetées avec violence sur le sol où elles restèrent inanimées. M. Raymond Souplex, qui avait bloqué ses freins, stoppa presque aussitôt.

On s'empressa autour des deux femmes qui perdaient leur sang par diverses plaies à la tête. Un taxi les transporta à l'Hôtel-Dieu où, après pansement, on constata que leurs blessures n'étaient pas graves heureusement. Le chansonnier, auteur involontaire de l'accident, fut autorisé à se rendre aux Deux-Anes. A minuit il vint, comme il avait été convenu, au poste de police de la rue Notre-Dame-deNazareth, où sa voiture avait été garée après l'accident. Les déclarations faites par l'automobiliste se sont trouvées confirmées par les témoignages de diverses personnes ayant conclu à l'imprudence des deux victimes. M. Raymond Souplex, remontant dans son auto, a rejoint son domicile. Les deux passantes blessées sont Mme Paulette Mazière, demeurant 116, rue de Belleville, et sa nièce, Mme Louise Vanpach. habitant 38, également rue de Belleville.

L'U. R. S. S. EST INVITÉE A PARTICIPERA LA CONFERENCE ECONOMIQUE MONDIALE

Moscou, 4 novembre (dép. Havas.) L'agence Tass annonce que le secrétaire général de la Société des nations a envoyé à M. Litvinov une invitation pour l'U. R. S. S. de participer à la conférence économique universelle, con»oquée à Londres. Des documents relatifs à cette conférence étaient jointe à l'invitation. I

Et si les élections ne nom apportent pas encore Ia solution 'w £t bUn .«*> sera la dissolution .'̃̃%

LA PRESIDENCE DES ETATS-UNISI

Le parti démocrate tire de son unité un sérieux avantage sur les républicains New-York, 4 novembre.

DE NOTEE CORRESPONDANT PA^TICLXIER A mille indices on sent venir la victoire démocrate aux élections de mardi. Les indications les plus tangibles de cette irrésistible poussée apparaissent dans les résultats de deux vastes consultations préalables organisées d'un bout à l'autre des Etats-Unis, d'une part par un magazine indépendant, le Literary Digest; d'autre part par le groupe des journaux Hearst, qui soutiennent ouvertement la cause démocrate. D'après les coups de sonde minutieux jetés par ces deux organisations jusqu'à ce jour, le gouverneur Roosevelt sera le grand vainqueur du 8 novembre. Le Literary Digest a consulté plus de trois millions de personnes. Dans ce total, M. Roosevelt a, sur son concurrent, une avance de plus de 500.000 voix: La proportion exacte est de 56 io pour. M. Roosevelt, de 37 pour M. Hoover et le reste pour le socialiste Norman Thomas et divers autres candidats.

Le Literary Digest donne la victoire à M. Roosevelt dans quarante et un Etats les journaux Hearst, dans trente-six..

D'après les calculs du premier magazine, M. Roosevelt aura pour lui, dans le collège électoral qui fait véritablement l'élection présidentielle, 474 délégués, et M. Hoover, 57. Selon les journaux Hearst, M. Roosevelt n'aurait que 350 délégués et? M. Hoover 181.

Ainsi i les journaux démocrates seraient, dans leurs estimations, plus modérés que l'impartial hiterary Digest. Pourtant, les uns et les autres; sont d'accord pour donner au candidat démocrate une victoire aisée. Un des indices les plus intéressants de la consultation du hiterary Digest est que 40 environ des personnes qui ont déclaré leur intention de voter pour M. Roosevelt avaient voté pour M. Hoover aux élections dernières, tandis que 6 c'o seulement des personnes votant pour M. Hoover avaient voté pour les démocrates en 1928. Il ne faut pas considérer ces « tests comme prédisant nécessairement et exactement à l'avance la tournure des élections, mais il faut se rappeler que, dans les élections précédentes, le Literary Digest a toujours donné le gagnant.

Pierre DENOYER

(La suite d la troisième page.)

L'avion Nungesser-Coli sera placé au musée de l'aéronautique

Le Journal officiel publie ce matin un décret, au titre du ministère de l'Air, portant acceptation, au nom de l'Etat, du don d'un avion dénommé Nungesser-Coli, sur lequel fut accompli par les aviateurs Costes et Le Brix. le tour du monde. Cet avion sera placé dans le musée de l'Aéronautique. MORT DE M. SALOMON REINACH

(Voir à la Quatrième page.)

lA DEUXIÈME JOURNÉE Du CONGRÈS RADICAL M. GEORGES BONNET A EXPOSÉ LA DOCTRINE FINANCIÈRE DU PARTI Ayant entendu divers orateurs, les congressistes approuvent une proposition tendant à la publication du bilan de la situation financière léguée au gouvernement actuel par ceux qui l'ont précédé

La salle du congrès photographiée hier après-midi (Cliché rapporté en avion par MM. François et Vuillautnc.)

POUR ET CONTRE Puisqu'on parle ces jours-ci de propagande (depuis les tout petits incidents, qui se sont produits à Madrid), puisqu'on dénonce,' de tous côtés, les faiblesses de nos pauvres services « d'information à l'étranger, je ne veux pas manquer de signaler aujourd'hui la propagande.exceptionnelle que nous menons actuellement à la frontière belge.

Ce que nous faisons est très simple. Nous empêchons les automobilistes belges d'entrer chez nous.

Ce que nous faisons est très simple. Nous nous entêtions à brimer, à mécon- tenter, à froisser nos bons amis belges. (C'est sans doute parce que nous jugeons que nous avons trop d'amis.) Voici l'affaire. Elle n'est ni compliquée, ni ténébreuse. Une convention francobelge datant du 23 décembre 1931 a aboli la taxe.-de circulation réciproque établie sur les automobiles entrant 4e, France en Belgique-et de Belgique en Fraf|C?. (Cette taxe est.; de dix francs.) Le>. Chambres belges ont immédiatement et* élégamment ratifié cette convention et 'l'ont fait à l'unemmifé.

Ainsi, tout serait réglé; et 'depuis longtemps déjà, au commun bénéfice de la France et de la Bélgigtté, s} nous a' avions pas, nous, nos bonnes vieilles habitudes de lecteur et de paresse buttaScratiques.

Depuis le 23 décembre 1931, cette innocente convention franco-belge n'a pas pu encore être soumise à l'approbation de notre parlement. On ne sait pas, à vrai dire. ce qu'elle est devenue. Elle doit avoir été oubliée dans un tiroir dont la clef a été'perdue. Elle doit dormir, poussiéreuse, prisonnière, dans une belle chemise de carton jaune qui porte, sans doute, la mention rituelle et administrative Urgent. Les Chambres n'ayant pas ratifié cette convention, le triste statu quo » demeure. C'est-à-dire que la convention existe sans exister. C'est-à-dire que les automobilistes belges continuent à payer la taxe s'ils veulent entrer chez nous. C'est-à-dire que tout le monde est furieux, à la frontière belge.

L'effet produit par notre impardonnable et ridicule négligence est visible à l'oeil nu. Je dis bien visible à l'œil nu Un lecteur veut bien en effet me communiquer l'affiche que l'Auto-Moto Club du Hainaut vient de faire placarder sur tous les murs de Belgique. Nos bons amis belges ont fini par perdre patience I Et voici cette affiche, que je veux reproduire sans aucun autre commentaire, en laissant à nos administrations responsables le soid' de la méditer comme il convient:

Automobilistes belges ?

c Le gouvernement français ne perd jamais l'occasion d'adresser. de beaux discours à ses amis belges, mais il n'a pu trouver cinq minutes, depuis le 23 décembre 1931, pour faire ratifier par tes Chambres françaises la convention belge aboltssant la taxe de séjour sur les automobilistes; que» les chambres belges ont ratifiée à l'unanimité « Automobilistes belges, protestez contre' ce manque d'égards en passant vos vacances en Belgique ou chez les voisins qui vous accueillent sans taxe de séjour. « Signé Avtp-Moto Club

du Hainaut, Tournai. >

• Maurice PRnx.

Toulouse,- 4- novetobWv

D'UN DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX

L'impression prdduite sur le congrès par le magnifique discours prononcé dès' le premier jour par M. Edouard Herriot a été si forte, le vote d'approbation et de confiance qui a suivi a été si large que toutes les questions figurant à l'ordre du jour, et il est d'importance, n'offrent plus qu'un intérêt secondaire.

Les discussions qui se sont poursuivies au cours de cette seconde journée ont paru ternes, de même qu'à la Chambre un débat technique au lendemain d'une grande bataille politique. C'est le problème financier et budgétaire qui a retenu l'attention des militants et des élus pendant la plus grande partie des deux s é a n c e s M. Georges Bonnet, le négociateur de Stresa, ayant, comme il y a quelques années au congrès de Boulogne-surMer, la lourde mission d'exposer la situation financière actuelle laquelle offre quelque analogie avec celle de 1924 a présenté un rapport fortement documenté et comportant un programme auquel le congrès. unanimement, a souscrit. M. Georges Bonnet, avec mfininrs'it de talent et de

M. Georges Bonnet

tact, de recherche dans l'expression. de concision et de précision, a fait allusion à toutes les mesures auxquelles le gouvernement songe A recourir pour assurer le redressement financier du pays, et il a été asses heureux pour les faire accepter. U a été vivement applaudi quand il a déclaré qu'à une diminution des traitements des fonctionnaires mesures probable devrait correspondre une déflation des prix. c'est-à-dire une lutte efficace contre la vie chère. De nombreux orateurs sont intervenus, les uns, comme M. Bonnaure, pour réclamer une juste répartition des charges fiscales, les autres pour dénoncer des abus. Le plus jeune député. M. Mendès-France, a développé de son côté un rapport très intéressant qui, par des aperçus originaux et des suggestions nombreuses, lui a permis de conquérir du premier coup un galon que d'autres ont dû attendre des années. La discussion s'est animée,soudain à propos des pensions des anciens combartants. Un militant des Alpes-Maritimes a remis les choses an point, vigoureusement applaudi par le congrès..

Après le vote de confiance sans réserve qui a été émis hier, a-t-il 'dit; nous devons laisser à notre* président, pour le redressement de la situation, le choix des moyens,-et nous devons nous garder de susciter une campagne, qui deviendrait vite malsaine, des associations d'anciens combattants ou de fonctionnaires contre le gouvernement. » Et le succès de ce militant fut d'autant plus vif qu'il s'était présenté comme ancien combattant, engagé volontaire! réformé n° 2'sans pension, et qu'il avait déclaré d'abord qu'il ne fallait pas toucher aux grands mutilés. Ce fut tout pour le débat financier^A noter cependant l'attitude d'un grand nombre de délégués qui, partisans convaincus de l'union des gauches, paraissent redouter la concentration, et dont les interventions ont pour but de mettre en garde M. Herriot contre toute mesure qui pourrait amener la rupture de l'union des gauches. Mais M. Herriot les a rassurés d'un mot

Je fais et n'entends faire que la politique radicale:

Tout au début de la journée, une passe d'armes s'était produite au sujet de la discipline des élus au Parlement, et bien plus encore qu'au cours du débat qui suivit, la tendance du congrès s'affirma..

Il faudrait, lança quelqu'un, un ministère spécifiquement radical. Une première fois, M. Herriot avait déclaré: « Je fais la politique de mon parti. Pour cette politique, M. Herriot a l'unanimité des militants derrière lui; la suite concerne la discipline. Les uns voulaient qu'elle fût aussi sévère chez les radicaux que