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LES GRANDES ENQUÊTES DU "PETIT PARISIEN" ̃IIUlllIlillintlItllIilllfflIllIIIItlIIIIIIMIIIIIIMIIIIIIIIIMIIIIIItlIlIlllItlIIIIIIIIItlIIIIIIINIIIIIIIIIlItlIlllllllllllHlIftttllItflIllllllllinilllllllll Sous le masque Japonais Andrée VIOLLIS L'HOMME DERRIÈRE LE MUR

Le mikado et l'impératrice. Debout, à gauche notre ambassadeur, M. de Martel

L'ancêtre de Sa Majesté l'Empereur est Ameratsu, déesse du Soleil, dont les vertus étaient aussi éclatantes et bienfaisantes que les rayons de cet astre. Le Japon a d'abord été gouverné par le prince Niniji no Mikoto, petit-fils d'Ameratsu. Avant qu'il devienne l'empereur du Japon, sa grand'mère lui dit « Vous allez gouverner ce pays, et votre puissance impériale durera aussi longtemps que les astres et le monde. C'est sur ces mots que notre Empire est fondé. »

Telles sont les premières phrases du manuel de l'histoire du Japon à l'usage des écoles primaires les petits enfants nippons les apprennent et les répètent avec un pieux respect et elles demeurent, pour la vie, gravées au fond de leurs cœurs. Même si, devenus grands, il leur arrive de douter de l'origine divine de leur empereur et cela leur arrive Nous y croyons tout de même, disent-ils, bien que nous sachions que ce n'est pas vrai, » Et ils vous expliquent avec orgueil que, sans remonter à ces temps fabuleux, leur famille impériale est la plus ancienne du monde depuis le couronnement, en. 660 avant Jésus-Christ, de Jimmu Tenno, fondateur historique de la dynastie, l'empereur actuel n'est-il pas le 2241 qui ait' régné sur le Japon ?

Il est très difficile pour un étranger de comprendre le sentiment du Japonais moderne à l'égard de son souverain. Ce sentiment n'a d'ailleurs pas toujours existé. Pendant la longue période du shogunat et des clans féodaux, les empereurs n'étaient point entourés de cette vénération fétichiste, et les révoltes, les attentats se multiplièrent contre eux. Ils furent maintes fois déposés, emprisonnés, massacrés. Mais, avec la restauration, le dévouement aveugle du samouraï à son chef, le daimio, auquel il était toujours prêt à sacrifier sa vie et sa fortune, se reporta sur l'empereur il devint le foyer vers lequel convergent tous les rayons de la nation unifiée. Les Japonais ne sont pas religieux. Pourtant, l'empereur n'est pas considéré seulement comme le chef suprême de la religion shintoïste, dont à certaines cérémonies solennelles il porte les vêtements et les insignes, mais comme le dieu d'une religion nouvelle. Au moment de son investiture, il reçoit les trois trésor que, d'après la légende, la déesse du Soleil remit à son' lointain ancêtre le miroir, qui signifie la pureté et la droiture la pierre précieuse, la bonté et l'humanité le sabre, la décision et le courage. Dès lors, il est sacré.

Si l'on estime que notre pays a besoin d'une foi religieuse, défiarait officiellement, il y a quelques années, le ministre Oura, qu'il épouse cette religion de patriotisme et de fidélité, cette religion d'impérialisme en d'autres termes, l'adoration de l'empereur.

L' « adoration », mot surprenant dans la bouche d'un homme d'Etat contemporain. Par la faveur divine, le Mikado est aussi supérieur au commun des empereurs et des rois que le Japon s'élève au-dessus des autres nations. Il n'est plus un homme, mais un symbole, le symbole de l'âme japonaise, de la puissance japonaise, du terrible orgueil japonais.

Cela est si vrai que la personnalité de l'homme disparaît devant le caractère sacré du chef de l'Etat. Naguère, d'ailleurs, les empereurs demeuraient toujours invisibles à leurs sujets. Ils s'entouraient d'un religieux mystère. Pendant sa vie, l'empeur Meiji n'eut jamais de portrait. Si bien que les paysans se l'imaginaient comme un être fabuleux, quelque chose comme un merveilleux dragon.

Plus tard, l'effigie du souverain fut livrée au culte de la foule, et aujourd'hui, dans les écoles et les collèges, les enfants se prosternent devant les portraits de l'empereur et de l'impératrice qui président à leurs études. Mais voir ces personnages prodigieux leur est presque impossible. On fait le désert dans ta rue que suit le cortège impérial. Les

volets doivent être fermés, les rideaux tirés sur son passage et toutes les têtes inclinées. Autrefois même, les passants avaient l'ordre de tourner le dos. Les pauvres diables pensaient que la vue du fils du Soleil les aveuglerait ou les foudroierait.

(La suite d la quatrième page.) M. RAYMOND BERNARD ÉCHAPPE A UNE COLLISION D'AUTOS Mais Mme Mamy, qui l'accompagnait, est blessée dans sa chute

H» Jeanne Marny

Une collision s'est produite hier, sur la route de Pontoise à Argenteuil, à la hauteur de la route qui mène du ValNotre-Dame à Sartrouville, entre deux automobiles. L'une des voitures était conduite par M. Raymond Bernard, cinéaste, 41, rue Michel-Ange, à Paris M. Raymond Bernard est le fils de Tristan Bernard et l'autre par Mme Suzanne Oblin, employée auxiliaire des P. T. T., demeurant à la Ferté-Milon.

La voiture de M. Bernard venait de Pontoise et se dirigeait sur Paris, lorsque celle de Mme Oblin déboucha dans le même moment sur la route de Pontoise.

M. Bernard accéléra pour éviter la rencontre, mais pas assez vite, toutefois, pour échapper à la collision, qui eut lieu par l'arriéré de sa voiture. Sous le choc, l'auto de M. Bernard fit un tête-à-queue complet qui provoqua l'ouverture d'une des portières. Mme Jeanne Marny, l'artiste de théâtre et de cinéma bien connue, qui se trouvait dans le véhicule, fut alors projetée sur la chaussée, où elle se blessa assez grièvement au visage, à la nuque et au bras gauche. Relevée aussitôt. Mme Marny fut transportée à l'hôpital d' Argenteuil puis rue Michel-Ange où le docteur Etienne Bernard, frère du cinéaste, lui prodigua les soins que nécessitait son état. La jeune femme a été ensuite transportée dans une clinique de Neuilly où l'on diagnostiqua une fêlure de la colonne vertébrale.

M. Bernard et Mme Oblin se sont tirés d'affaire avec des contusions sans gravité. Il en aurait été certainement de même pour Mme Jeanne Marny si la portièrae, par une circonstance encore inexpliquée, ne s'était ouverte.

Voua vouiez une jolie ceinture, Moniteur

Eh pourquoi faire, ma mignonne, le percepteur nous l'a déjà offerte 1.

LES CHAMBRES RENTRENT

AUJOURD'HUI Un large débat de politique extérieure se déroulera cette semaine au Palais-Bourbon Après des vacances qui durent depuis le 16 juillet et que le vote de la conversion interrompit, pendant deux jours, à la mi-septembre, les Chambres reprennent aujourd'hui leurs travaux. Ce matin, après avoir délibéré, au Quai d'Orsay, en conseil de cabinet, les membres du gouvernement se réuniront en conseil des ministres, à l'Elysée, afin d'arrêter l'ordre du jour que le président du Conseil soumettra cet après-midi à la Chambre ,des députés.

Neuf semaines nous séparent du nouvel an neuf semaines consacrées à ce.qu'il est convenu d'appeler la session budgétaire. Mais, en dehors du budget, dont l'examen ne pourra guère commencer avant le 1" décembre, le programme des députés est extrêmement chargé une quinzaine d'interpellations ont été déposées une vingtaine de projets ou de propositions de loi ayant fait l'objet d'un rapport sont en étant d'être mis en délibération. Le débat'de politique extérieure Les principales interpellations ont trait à la politique extérieure. Dans la nuit du 16 au 17 septembre, à l'issue de la discussion sur les conversions, M. Herriot avait, on s'en souvient, promis à M. Léon Blum et à M. FranklinBouillon d'ouvrir, dès la rentrée parlementaire, un vaste débat à leur sujet, en vue de préciser la direction qu'il entend donner à la politique française en présence de la situation internationale.

Sont inscrits comme interpellateur MM. Léon Blum et Fontanier, socialistes S. F. I. 0. Franklin-Bouillon, qui, depuis la reconstitution des groupes du Palais-Bourbon, est au nombre des cinq c isolés » Louis Marin, du groupe de la Fédération républicaine

Nogaro et Bergery, radicaux socialis- j tes; Pezet, démocrate populaire; Chas- seigne, du groupe d'unité ouvrière. Deux nouveaux interpellateurs se sont fait connaître hier MM. Péri, com- muniste, sur la politique générale du cabinet, et Henry-Haye, indépendant de gauche. Il est probable que le débat s'ouvrira dès aujourd'hui pour repren- dre jeudi et se terminer vendredi, au prix, s'il le faut, d'une séance de nuit. M. Louis Marin, qui était venu au Palais-Bourbon dans la matinée, an- nonça qu'il se proposait de soulever, au cours du débat de politique exté- rieure, la question des dettes entre alliés et du versement de l'annuité due aux Etats-Unis à l'échéance du 16 décembre prochain. L'interpellation de M. Henry-Haye porte sur « les intentions du gouvernement en vue de l'échéance de riérpmfrrg ».̃ M. Louis Marin a l'intention de déposer l'ordre du jour auivant, qui re- produit textuellement l'ordre du jour qu'il avait présenté le 23 juin 1932 en conclusion de son interpellation La Chambre, rappelant les réserves qu'elle a votées le 20 juillet 1929 en même temps qu'elle ratifiait les accords de Londres et de Washington Renouvelant ses sentiments de fraternité aux soldats des nations alliées qui ont lutté aux côtés des nôtres dans la guerre mondiale et l'espérance que leurs pays, ayant peiné pour supprimer la guerre, collaboreront étroitement pour maintenir la paix

Rappelant que, aujourd'hui comme hier et quelle que soit la diversité des opinions sur le bien-fondé des accords des 29 avril et 12 juillet 1920, la France, sous peine de troubler injustement et mortellement son économie nationale, ne doit trouver les moyens d'exécution de ces accords que dans l'accomplissement des obligations de l'Allemagne, solennellement et librement promis devant les nations signataires des accords de la Haye Considérant que le président Hoover, dans sa proposition de moratoire, responsable de la situation actuelle, a effectué la liaison entre les deux catégories de créances, ainsi que l'affirmait M. Herriot à la séance du 28 juin 1931; Considérant la netteté des explications répétées à ce sujet par nos gouvernements successifs, les négociateurs des accords et les représentants de tous les partis sans exception Déclare que la France n'imposera pas à ses contribuables les charges desdits accords si l'Allemagne en était libérée, provisoirement ou définitivement, par les actes de Lausanne ou de toute autre manière

Que, en tout état de cause, la France ne payera pas plus qu'elle n'aura reçu à ce seul titre ses droits aux répa,rations étant, par ailleurs, entièrement réservés, et aucune compensation dans nul autre domaine ne pouvant désormais être envisagée.

(La suite d la deuxième page.)

Une mise au point du plan française de sécurité

et de réduction des armements Elle s'est poursuivie au cours de deax séances tenues, hier matin et hier soir, au Quai d'Orsay, par la commission d'études de la Défense nationale

La commission d'études du conseil supérieur de la Défense nationale, dont font partie le président du Coaseil, ministre des Affaires étrangrères les ministres de la Guerre, de la Marine et de l'Air, les chefs d'état-major des trois ordres d'armements et les hauts fonctionnaires des ministères intéressés, a poursuivi hier, au Quai d'Orsay, sous la présidence de M. Edouard Herriot, qu'assistait M. Paganon, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, l'examen du plan constructif français de sécurité et de réduction des armements. Nous avons signalé, dans un précédent article, que ce plan, élaboré à Genève par M. Paul-Boncour, avec la collaboration des techniciens attachés à notre délégation à la conférence du désarmement, était susceptible de soulever certaines objections très naturelles d'ailleurs de la part de ceux qui ont la responsabilité de la défense du territoire, en raison, d'une part, de sa hardiesse et, d'autre part, des considérations d'ordre international dont notre délégué permanent à la S. D. N. a dû forcément tenir compte.

Ces objections qui étaient attendues ont effectivement été formulées, mais les explications aussi franches que précises fournies par les intéressés ont rendu à la discussion toute son aisance et toute son efflca-

cité. A cet égard, la séance tenue hier matin, et qui n'a pris fin qu'à midi et demi, a été particulièrement fructueuse. Elle a permis de réaliser de très sensibles progrès, si bien que l'on a décidé de poursuivre le débat le soir même, à 21 h. 30.

Ainsi que nous l'avons dit, le désir général serait de pouvoir déposer le projet français le 3 novembre prochain, à Genève, sur le bureau de la conférence du désarmement. Nul ne saurait affirmer encore qu'on y parviendra, en raison des multiples événements qui doivent se produire cette semaine et dont le moindre n'est pas la reprise des travaux parlementaires. Les plus grands efforts cette séance de nuit le prouve n'en sont pas moins faits pour obtenir ce résultat dont l'importance hâtons-nous de le noter est plutôt théorique que Genève ne devant guère reprendre avant la mi-novembre. A. J. Un autobus tombe

d'un ferry-boat dans le Mississipi Dix-huit noyés

Natchez (Mississipi), 24 oct. (dép. Hav.) Un autobus placé sur un ferry-boat est tombé dans le Mississipi. Dix-huit de ses occupants auraient été noyés. Les obsèques du marquis de Castellane

Les enfants du défunt quittent l'église (Voir à la deuxième page.)

UN ENTRETIEN A TROIS A EU LIEU A LONDRES ET SON OBJET PRINCIPAL FUT LE DÉSARMEMENT Les interlocuteurs étaient M. Norman Davis, M. Macdonald et sir John Simon

Londres, 24 oct. (dép. Petit Parisien.) M. Norman Davis s'est rendu aujourd'hui à Downing Street où il a eu avec M. Macdonald et sir John Simon une conférence qui n'a pas duré moins de deux heures. On croit savoir que la question du désarmement a fait le sujet principal de ce long entretien. M. Norman Davis, qui a été chargé par le gouvernement américain de le représenter à la conférence du désarmement, est sur le' point de repartir pour Genève et on comprend qu'avant de quitter Londres il soit désireux de procéder à des échanges de vues avec le chef du cabinet britannique et le secrétaire d'Etat au Foreign Office.

Il est même permis de penser que la question de l'accord naval de Londres et des modifications qui y seraient introduites par l'acceptation de la proposition Hoover y a été longuement discutée.

Il apparaît, en outre, que ces questions ont été également examinées cet après-midi au conseil des ministres qui s'est tenu à Downing Street. Il va sans dire que l'impasse créée par le retrait de l'Allemagne de la conférence n'a pas été écartée des discussions; la question a d'aiileurs été reprise ce soir à la Chambre des Communes par sir John Simon qui, en réponse à une question, a fait connaître que, en dépit des difficultés soulevées par le choix du siège de la réunion à quatre projetée, le cabinet britannique n'avait aucune intention d'abandonner l'affaire.

Dans les cercles politiques, on interprète cette réponse comme signifiant que la position de orinciDe de la

Grande-Bretagne demeure inchangée et qu'on ne renonce pas, à Londres, à l'idée, quel que soit, au demeurant, son mode de réalisation, de déterminer un échange de vues entre les grandes puissances susceptible d'amener ultérieurement l'Allemagne à reprendre sa place à la conférence du désarmement.

POUR ET CONTRE Propos de crise

L'impôt rapporte à l'Etat, mais coûte au pays, ce qui fait qu'il finit par porter préjudice à l'Etat lui-même qui ne vit que du pays.

L'impôt ne fait pas seulement la vie chère, il fait aussi la vie lente. L'impôt freine la production, freine la consommation, freine le travail, freine la dépense. Jfe.JinpSt déplus, quand les, ont pas, c'est un frein de plus appliqué aux affaires qui déjà ne peuvent pas démarrer.

Un impôt de trop bloque les freins et les affaires.

C'est bien dommage que l'Etat et tous les Etats du globe aient pris l'habitude de ne vivre que d'impôts. Ainsi, l'Etat, ainsi tous les Etats sont devenus extrêmement paresseux. L'Etat, tous les Etats devraient chercher à gagner leur vie comme tous les simples contribuables du monde doivent la gagner.

Pour gagner leur vie honnêtement. courageusement. les Etats devraient essayer de créer des ressources uroduc-

tives, au lieu de toujours recourir aux expédients fiscaux. Les Etats devraient travailler au lieu de se contenter de s'approprier le fruit du travail des citoyens. Les ressources productives, ce seraient les ressources qui développeraient l'activité et la prospérité du pays. Ce seraient des ressources motrices. Les ressources fiscales sont des ressources du point mort. L'Etat est propriétaire. Il devrait savoir gérer ses propriétés en propriétaire, c'està-dire avec méthode, esprit d'économie et application. Que deviendrait l'Etat si les propriétaires privés administraient leurs biens comme lui, en engageant les dépenses cent fois plus fortes que les bénéfices ? Les propriétés de l'Etat devraient être des propriétés de rapport. Les colonies devraient être des colonies de rapport. L'Etat est industriel et a cette chance unique de pouvoir supprimer toute concurrence dans les industries qu'il dirige qu'ildirige mal. Il devrait faire fortune et fait régulièrement faillite tous les ans. Un particulier qui obtiendrait !e monoî pôle de la vente des cure-dents gagnerait 1 un milliard par an. L'Etat, avec ses monopoles formidables et ses tarifs extrêmement i élevés, ne gagne pas un demi-liard. L'Etat a toute facilité, toute possibllité pour développer ses affaires, pour accroitre sa clientèle qui est courbée sous le joug de ses monopoles. L'Etat ne fait rien pour augmenter sa clientèle, ne fait rien pour lui donner satisfaction. Mais il fait tout ce qu'il faut pour la décourager.

Si les citoyens appliquaient les méthodes de l'Etat, tous les citoyens devraient coucher à l'asile de nuit. Mais il n'y aurait plus d'asiles de nuit, car il n'y aurait plus d'argent pour les entretenir.

Maurice Psax.

ON A VOLE LE COQ

SURMONTANT LE CLOCHER DE LA CATHEDRALE DE SENLIS Senlis, 24 octobre (dép. Petit Parisien). Des habitants de Senlis ont eu ce matin la surprise de constater la disparition du coq qui surmontait le clocher de la cathédrale. En dépit de son poids de 25 kilos et de sa taille, 1 mètre de hauteur, ce coq a été dérobé. Pour accomplir ce périlleux larcin, le ou les malfaiteurs ont utilisé l'échafaudage qui, depuis quelques mois, a été dressé autour du cloche* haut de 78 mètres. Des bandits de grand chemin enlèvent en Argentine

le fils du ministre des Finances Buenos-Ayres, 24 octobre (d. Havas.) Cinq malfaiteurs armés ont arrêté une automobile sur la route de Cordoba, près de Marcos Juarez et ont enlevé un riche propriétaire, M. Abel Ayerza et un jeune homme qui l'accompagnait, M.'Hueyo, fils du ministre des Finances.

On croit que les bandits appartiennent à une maffia et qu'Us exigeront une rançon pour délivrer leurs prisonniers.

Le cambriolage

de l'octroi des Batignolles évoqué

devant 'e jury parisien

De gauche à droite en haut, Poil et Mae»trati en bas, Bandon et Triay

Rien de plus malaisé, lorsque plusieurs cambrioleurs répondent à la fois, devant les assises, de méfaits différents, d'établir au regard des juges populaires la part exacte de responsabilité et de culpabilité de chacun des accusés. Six hommes, hier, avaient à répondre de l'expédition réussie à la recette principale de l'octroi de la gare des Batignolles et de l'expédition manquée au cinéma Paramount. Un septième coupable, José Carita, le débitant qui servit de banquier à la bande, avait été laissé en liberté provisoire. Il a pris .la fuite la cour, au début de l'audience, n'a pu que constater cette carence et'disjoindre le cas de l'absent. Il y a trois catégories d'accusés. Pascal Poli et Don Jacques Maestrati répondent de l'affaire des Batignolles. Michel Triay, Etienne Tarditi et André

Theillaumas, qui tentèrent de faire sauter le coffre-fort du Paramount, ne seront interrogés qu'aujourd'hui. Louis Bandon, enfin, qu'on appellera l'hom- me-trait-d'union, a été l'instigateur et le coauteur des deux coups de main. Poli, d'origine corse, a déjà été « compromis à à plusieurs reprises. A Epinal, il a bénéficié d'un non-lieu. Dans l'affaire des bons de la Défense, il a bénéficié, en 1929, de la remise de sa peine, car il avait dénoncé ses complices. II n'a donc été condamné que deux fois, pour recel et pour vol. Avant cette suite de démêlés judiciaires, il était bien noté dans son pays d'origine, Muro, où il a régulièrement travaillé. Il a été navigateur. Il s'est engagé. Mais il a peu navigué et s'est peu battu. Et il prétend avoir été cité quatre fois.

Où sont ces citations ?

Ici, au Palais-

Personne ne les a vues. Il a été blessé. -Et- e» I960, tt avait fait partie de l'expédition de Chine. Il possédait 45.000 francs d'économies, car il avait fait « un négoce de pacotille ». Il est venu vivre à Paris sous le nom de

Tarditi et Theillaumas

Robert et ne saurait dire pourquoi il a dissimulé son identité. Il passait sa vie sur les champs de courses ou dans les bars; où il attendait le résultat des épreuves hippiques.

J'ai fait des corvées aux Halles. Ce qui vous ressemblerait assez peu. Allons, vous êtes connu comme un dangereux malfaiteur

Jacques Maestrati, dit Charlot, vient lui aussi de la Corse il est né à Lepic. Il a beaucoup erré. Il a fait le désespoir de sa famille et le métier de camelot. Puis il a c travaillé sur les foires » et a été condamné comme souteneur au Havre. Il a comparu devant les assises de la Drôme et a été condamné pour tentative de vol. Tels sont les cambrioleurs du bureau de l'octroi. Cette affaire leur fut proposée par Louis Bandon, issu, lui, d'une honnête famille de mineurs fixée dans le Gard. Bandon a été commis dans divers magasins et est devenu stagiaire à l'octroi. Convaincu de vol, il fut révoqué. Dès ce moment, 1929, il sombre dans la pègre parisienne. C'est à la recette des Batignolles que sont centralisées les sommes recueil- lies dans les recettes auxiliaires de l'octroi. Le président Pittié indique le jour et le mécanisme de cette centralisation. Bandon, qui avait été « auxiliaire dans ce bureau n'ignorait rien de ces détails. Il savait même que le coffre principal est électriquement relié à un poste-vigie, de sorte que Poli et Maestrati commencèrent, lors de leur fructueuse expédition, par couper le courant. Ils purent ainsi fracturer tout à leur aise portes et fenêtres, pénétrer jusqu'au coffre-fort, le perforer et s'emparer des 202.980 francs qui y avaient été enfermés.

Eugène QUINCHE

(La suite à la deuxième page.} Une exposition d'art animalier

M. Albert Besnard, Mme Bmchel Boyer et M. Féal Léon à l'inauguration de cette • expoeition

UN DRAME DE L'ARGENT A BERLIN

DANS LES COULISSES DE LOPËRA

Une cantatrice, interprète de Wagner, est grièvement blessée d'un coup de revolver par sort mari qui, banquier en faillite, l'avait acculée à la misère Berlin, 24 octobre (dép. Havas.)

La cantatrice berlinoise Gertrud Bindernagel a été grièvement blessée hier d'un coup de revolver, dans les coulisses de l'Opéra de Berlin-Charlottenbourg, au moment où elle s'apprêtait à rentrer chez elle, après avoir joué le rôle de Briïnnhilde, dans Siegfried. Le meurtrier n'est autre que le mari de la victime, M. Hauptmann Hinze, un banquier de cinquante-trois ans. Après avoir vainement tenté de se suicider, il a été arrêté.

Gertrud Bindernagel, qui a eu les intestins perforés, a été opérée ce matin à 3 heures et demie par quatre chirurgiens berlinois. Son état est considéré comme désespéré.

Le drame n'a pas pour mobile la jalousie. C'est un drame de l'argent. Le mari de Gertrud Bindernagel, le banquier Hinze, avait connu l'artiste il y a une dizaine d'années, au temps où il était directeur d'un important établissement de crédit et menait un train fastueux L'artiste wagnérienne avait divorcé pour lui et lui avait accordé, en même temps que sa main, ses économies et même celles de ses collègues de l'Opéra de Berlin, heureux de pouvoir profiter des « placements conseillés par un homme d'affaires auqusl la fortune souriait.

Mais la banque Hinze ne résista paa à la crise économique et dut suspendre ses paiements. Le mari de Gertrud Bindernagel prit alors l'habitude d'aller toucher lui-même, à la caisse de l'Opéra, les appointements de la cantatrice, qui ne disposait plus de la moindre somme d'argent et était réduite aux pires privations.

D'autre part, Gertrud Bindernagel avait reconnu les dettes de son mari vis-à-vis de ses camarades et se trouvait par là réduite à une misère pres-

que complète, en aepu ae ses importante cachets. Lassée de cette existence, elle avait décidé de refuser tout secours à son mari et sollicité le divorce. C'est par vengeance que le criminel se serait embusqué dans les coulisses et aurait tiré sur sa femme avant de tenter de se suicider.

On juge à Varsovie un ouvrier congédié qui abattit le directeur d'une firme française Varsovie, 24 octobre.

(DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL)

Dans- un de ses palais dêponttfé "desdécors anciens, mais d'une noblesse de proportions qui est la marque architectu.ale du vieux royaume de Pologne léguant ses trésor^, à la jeune république, commencent aujourd'hui les débats d'une affaire criminelle d'un caractère particulier. Au moins peut-on dire que la partie éclairée de l'opinion à Varsovie ne s'étonnera pas qu'on vienne de Paris tout exprès pour en rendre compte.

Le 26 avril dernier, en plein centre de Varsovie, M. Gaston Koehler-Badin, directeur de la Société française de Zyrardow, établissement de tissage presque centenaire, et qu'avait fondé le célèbre inventeur Philippe de Girard, était abattu à coups de pistolet automatique par un employé congédié de l'entreprise, un citoyens polonais du nom de Blachowski, et dont les habitudes d'intemnéranne. dp son nronra

aveu justifiaient le renvoi.

Crime d'ivrogne ? Ce n'est malheureusement pas aussi simple, et pourquoi faut-il que de médiocres agitateurs, dangereux crimophobea, qui font trop bon marché du réel sentiment national et dont plusieurs, l'enquête l'établit, ont commencé de se repentir. aient rêvé de camoufler un assassin alcoolique en héros de l'indépendance polonaise ?

On a en effet oublié, en de certaines feuilles, que non seulement la victime aurait armé son meurtrier par sa tyrannie, mais que, encore, la Société Française avait, par ses méthodes, fait de Zyrardow (localité située à une cinquantaine de kilomètres de Varsovie) un « enfer du prolétariat polonais », thèse téméraire que se partageaient de prétendus « amis du peuple » et de pseudo-nationalistes. A entendre ces singuliers guides de l'opinion, les capitalistes français dévastaient les usines (sic) Ils réduisaient systématiquement la production et introduisaient en Pologne des marchandises françaises vendues comme provenant de Zyrardow. C'est à la demande même de la Société française et de ses dirigeants que fut ouverte l'enquête faisant bonne justice de ces calomnies.

Ces mensonges, que la municipalité de Zyardow avait accueillis dans un factum, furent réfutés tant par le groupe concurrent de l'industrie textile en Pologne que par l'inspection du travail.

Hélas la campagne de mensonges devait se prolonger encore, et cela au mépris des œuvres de nos compatriotes, qui avaient rendu vie et prospérité à l'affaire ruinée par la guerre avec ses bâtiments inhabités avaient ranimé avec leurs capitaux l'entreprise sous séquestre, car elle avait passé entre les mains allemandes avant les hostilités.

N'ayant à attendre de dommages de guerre ni de la Russie, bien entendu, ni de la Pologne, la Société Française acheta, renouVela le matériel, entretenant un hôpital, un asile de vieillards, une crèche, et lorsque la crise imposa 1 certaines compressions, distribuant ellemême des secours à ses chômeurs. SI jamais lâche attentat pouvait être légitimé, où est-il donc le meurtrier inspiré, vengeur de ses frères ? Il n'y a aujourd'hui sur les bancs de la cour criminelle rien qu'un gros homme blond, un ivrogne d'habitude, confessant d'avoir été dûment chapitré avant d'être chassé et n'ayant jamais été renvoyé que nanti d'une indemnité de trois mois. La Pologne offre un admirable exemple de redressement l'énergie de eon peuple au travail mérite qu'on l'honore. On ne niera point l'aide efficace du capital étranger, français en particulier. Or, où serait pour nos compatriotes la sécurité, si un criminel de droit commun échappait à tout châtiment comme ayant rempli une mission saorée ?

Il est des juges à Varsovie.

Constituée en cour criminelle, sans intervention d'aucun jury, ils sont trois sous la présidence de M. Duda, revêtus