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LES GRANDES ENQUÊTES DU "PETIT PARISIEN" Sous le masque japonais Andrée VIOLLIS CE QU'EST LA JEUNE ARMEE JAPONAISE. CE QU'ELLE VEUT

Depuis ma vi-

site au cercle militaire, je ne cessais de penser à ces < maîtres de l'heure ». Je m' efforçais,

derrière les lunettes d'écaille, signe de la civilisation moderne, de déchiffrer l'énigme des

étroites prunel-

les.

L'esprit belli-

queux des jeunes officiers, leur r appétit de conquête ? Soit. On n'est pas officier pour cueillir les fleurs de la paix. Leur animosité, leur méfiance à l'égard du pouvoir civil? A la rigueur. Leur haine de l'internationalisme ?

T r è s naturelle puisqu'il abolit

les frontières et la guerre.

M a i s j'avais

discerné dans les yeux, la voix,

l'attitude de ces jeunes chefs japonais je ne sais quelle étrange exaltation, quelle fervente austérité dont l'origine m'échappait encore. Enfin, une de leurs phrases, avec le ton frémissant, le regard brûlant qui l'accompagnaient, ne cessait de me hanter. « Nous ne voulons pas non plus du capitalisme européen du yankee Comment? L'armée, dans tous les Etats modernes, à l'exception d'un seul, n'est-elle pas la gardienne de la richesse et de la propriété ?

Certes les attentats militaires et la liste de proscription contre les banquiers et les grands chefs d'industrie m'avaient déjà instruite. Mais j'en démêlais encore mal les motifs et surtout le but.

Je m'adressai dond à l'attaché militaire d'une nation amie de la France, celui qui m'avait déjà renseignée.

En somme, lui dis-je, cette jeune armée ntppone, qu'est-elle ? Et surtout que veut-elle ?

Ce qu'elle est, je crois l'avoir compris, me répondit-il. Ce qu'elle veut, il me sera plus difficile de vous l'expliquer. J'ai d'excellents camarades et même des amis parmi les officiers japonais. Mais si l'on veut entrer plus avant dans leur intimité, c'est contre un mur de jade qu'on se casse le nez. Aucun étranger ne peut se natter de pénétrer une âme nippone.

> Voyons d'abord comment se forment les officiers. Ils sont recrutés dans toutes les classes, mais principalement dans les familles des anciens samouraïs, familles guerrières qui ont gardé l'amour et les traditions du passé, mais dont la plupart, depuis la Restauration, sont tombées sinon dans la misère, du moins dans la médiocrité. Prenons donc un enfant qui rêve, comme la majorité des enfants japonais, d'entrer dans cette carrière des armes où illustrèrent ses ancêtres. Comme tous les petits Japonais, il passe par l'école primaire, ensuite par l'école secondaire, et, dans les deux écoles, il reçoit déjà une éducation toute pénétrée de patriotisme. Puis, vers seize ans, il affronte le concours d'entrée à l'école des cadets. Les candidats étant fort nombreux et choisis parmi l'élite des écoliers, tous ne sont pas élus. Le nôtre pourtant réusait. Le voici pour quatre ans soumis à une instruction technique très perfectionnée Il est initié, en outre et surtout, au code du bushido il en est imprégné jusqu'aux moelles. Savez-vous ce qu'est le bushido, que l'on traduit voix du guerrier ? Un de vos maîtres éerivains, André Bellessort, en a fait une admirable analyse.

Je sais une nouvelle religion, instaurée pour remplacer le bouddhisme, qui n'a jamais exercé d'emprise sur l'esprit national du Japon, et pour galvaniser l'antique shintoïsme exténué.

Cest, en effet, un culte, le culte de l'empereur, descendant du soleil, et qui incarne et symbolise la patrie. il existait déjà dans les plus anciennes traditions du pays et dans le coeur Qe tous les vieux guerriers on n'a fait que lui trouver un nom nouveau et le transformer en un code de morale précis qu'aucun Japonais ne peut enfreindre sans déchoir. Il est illustré par des anecdotes tirées de l'histoire nationale et de la légende et qui exaltent des crimes héroïques, des suicides, de surhumains sacrifices, n impose le retour à la simplicité de la vie et du coeur, le désintéressement absolu, le dégoût de l'argent, le dévouement total. Inutile, n'est-ce pas, de parler du courage. Le jeune officier doit être également prêt à mourir sous les coups de l'ennemi ou sous ses propres coups si l'honneur l'exige. Et quel terrible tyran que l'honneur japonais Depuis le suicide classique du maréchal Nogi, héros de Port-Arthur, qui ne voulut par survivre à son empereur et s'ouvrit le ventre, tandis que sa femme se poignardait à son côté, que d'autres morts volontaires inspirées et exigées par le plus jaloux des patriotismes Après chaque traité, chaque conférence où le Japon s'estime lésé dans son orgueil ou dans ses intérêts, c'est une épidémie de suicides. Pour ne

I/EMPEBEUB EN INSPECTION

citer que quelques exemples quand, en 1895, la France, la Russie et l'Allemagne obligent les Japonais à rendre Liao-Toung, quarante gradés font ensemble harakiri en 1904, à bord d'un transport capturé par les Russes, c'est une cinquantaine d'officiers et d'hommes qui s'éventrent pour éviter de se rendre. Mais inutile de remonter si loin. Vous savez comment mourut, ces jours-ci, le commandant Kuga ? (La suite d la quatrième page.) M. Norman Davis est l'hôte de M. Macdonald aux Chequers Londres, 22 octobre (dép. Petit Paris.) M. Norman Davis, représentant américain à la conférence du désarmement, s'est rendu aujourd'hui aux Chequers où il a été l'hôte à déjeuner du premier ministre. On a des raisons de croire que les conversations ont porté surtout sur la question du désarmement mais que le problème des dettes de guerre n'a pas été écarté. M. Davis aura de nouvelles consultations avec le premier ministre et avec sir John Simon à Londres la semaine prochaine, et le secrétaire d'Etat au Foreign Office, croit-on, passera la journée de demain avec M. Macdonald aux Chequers.

M. de Monzie à Saint-Germain

HM. de Monzie (1), Bouin (2), maire de Saint-Germain, et la directrice de l'école des filles (3)

La réduction des armements LE GOMITÉ D'ÉTUDES DE la DÉFENSE NATIONALE poursuit l'examen DU plan c15tructif Il a tenu, hier matin, dans ce but, une seconde séance au Quai d'Orsay sous la présidence de M. Edouard Herriot

Le comité d'études et de préparation du conseil supérieur de la Défense nationale s'est réuni, pour la seconde fois, hier matin, au Quai d'Orsay.. Présidé par M. Edouard Herriot, ce comité, qui comprend les trois ministres de la Défense nationale: MM. PaulBoncour, Georges Leygues et Paul Painlevé le ministre des Colonies, M. Albert Sarraut le sous-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères, M. Paganon les trois chefs d'état-major généraux et un certain nombre de hauts fonctionnaires des services intéressés, a poursuivi l'examen du c plan constructif > français de réduction des armements.

Ce plan, dont le Petit Parisien a été le seul à préciser les éléments constitutifs, comporte en principe, nous l'avons dit, un certain nombre de pactes pacte général consultatif; pacte régional d'assistance, de sécurité et de contrôle; pacte relatif à la constitution progressive de la force internationale et protocole sur l'application du principe de l'égalité de droits le tout couronné par une convention générale de désarmement basée, dans ses grandes lignes, sur le projet de la commission préparatoire de Genève, mais comportant, suivant l'importance des conditions de sécurité susceptibles d'être réalisées, une échelle maxima et minima de réduction des armements. C'est ce travail, extrêmement délicat, extrêmement complexe de transposition des conditions de sécurité sur le terrain du désarmement, que M. Paul-

M. Paul-Boncour

Boncour a mis sur pied, à Genève, avec le concours des techniciens de la délégation française, et dont il a exposé, la semaine dernière, le mécanisme au conseil des ministres, qui est actuellement en discussion. Le désir général serait qu'il pût être officiellement remis dès le 3 novembre au bureau de la conférence du désarmement. Le ministre de la Guerre, qui est en même temps le premier délégué de la France à cette conférence, s'y emploie de toutes ses forces. Mais pourra-t-il parvenir à le faire adopter, avec ou sans modifications, dans un laps de temps aussi court ?

Il est permis d'en douter, non seulement parce que les textes à étudier, les répercussions à envisager nécessitent déjà une grosse besogne, mais parce que les propositions faites par M. Paul-Boncour ne peuvent pas manquer, en raison de leur caractère courageux, de soulever d'assez nombreuses objections. Pour qui a vu, comme nous, pendant des années à Genève, l'actuel ministre de la Guerre défendre pied à pied toutes les thèses françaises de nature il. sauvegarder notre sécurité, il est hors de doute que ses propositions, jusqu'à présent gardées soigneusement secrètes, s'inspirent du plus vif souci de notre défense nationale.

Albert JULLIEN

(La suite la troisième page.) M. HERRIOT A QUITTE PARIS SE RENDANT A LENS

M. Edouard Herriot, président du Conseil, a quitté Paris hier soir, en automobile, pour se rendre à Lens. Le président du Conseil est accompagné, dans son voyage, de MM. Bollaert et Marcel Ray, de son cabinet. Il est arrivé à Amiens à 21 h. 30. Il a passé la nuit dans cette ville, d'où il doit repartir ce matin.

M. de Broqueyille a pu constituer hier le nouveau cabinet belge M. Franeqai serait nommé président d'un comité ministériel de Trésor

de • BroquevUIe

intetrogé par les journalistes

Bruxelles, 22 oct. (dép. Petit Parisien.) Le ministère de Broqueville est formé. Voici sa constitution

Ministre de l'Agriculture, M. de Broqueville Justice, M. Janson Affaires étrangères, M. Hymans Finances, M. Jaspar Intérieur, M. Poullet Sciences et Arts, M. Lippens Défense nationale, M. Theunis Industrie et Travail, M. Heyman Travaux publics, M. Sap Transports, M. Forthomme P. T. T., M. Bovesse Colonies, M. Tschoffen.

Contrairement à ce qu'on avait prévu, il n'y a pas de nouveau ministre sans portefeuille.

Au cours d'un long entretien qu'ils ont eu ce matin, MM. de Broqueville et Jaspar ont examiné la question de la création d'un comité ministériel du Trésor, dont la présidence serait confiée à M. Francqui, ministre d'Etat. Ce dernier, pressenti, a accepté d'apporter au gouvernement l'appui de son autorité et de son expérience et de présider le nouvel organisme, dont la tâche précise n'est pas encore déterminée, mais dont le rôle sera prépondérant.

Les membres du nouveau cabinet seront présentés lundi matin au roi. La cérémonie de la prestation du serment aura lieu immédiatement après ta présentation du nouveau ministère au roi.

On cambriole à Londres

la demeure da nouveau lord-maire Londres, 22 oct. (dép. Petit Parisien.) La résidence privée de sir Percy Greenaway, qui vient d'être élu lordmaire de Londree, a été cambriolée la nuit dernière à l'heure même où sir Percy Greenaway et sa famille étaient à table et où là domesticité était occupée au rez-de-chauesée. Plusieurs bijoux et un manteau de fourrure de grande valeur, ainsi que nombre d'objets de prix ont été emportés par les cambrioleurs. On suppose que ceux-ci se sont introduits dans les pièces du premier étage en grimpant le long des tuyaux extérieurs.

LEGION D'HONNEUR

Deux des nouveaux officiers de la promotion coloniale SOI. Kegresa (à gauche) et Kaplan

A la quatrième patr* 1 ZM COIfl «-oo L'ECOLE DES SNOBS iiiiiiiiiiMiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiuiiiiiiiiuiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiir

La présidence dea Etats-Unis M. HOOVER EST PARTI DANS LE MIDDLEWEST POUR TACHER DE RALLIER LES VOIX INCERTAINES Mme Hoover assiste avec zèle dans sa tâche le président-candidat et une suite nombreuse a pris place dans le train de propagande

De son côté, bien que paralysé des jambes, M. Rooaeoelt pourauit dans le Sud une campagne de discours acerbes

New-York, 22 octobre.

Dt NOTHE CORRESPONDANT PARTICULIER Le président Hoover a quitté Washington cette nuit pour un nouveau week-end d'ardente campagne électorale dans les régions incertaines du Middlewest; quatorze fois son train spécial doit s'arrêter aujourd'hui pour lui permettre de haranguer les curieux accourus aux gares. La dernière halte aura lieu ce soir à Détroit, à 9 heures, juste à temps pour lui permettre de prononcer un grand discours justifiant les hauts tarifs douaniers américains.

Mme Hoover l'accompagne; elle n'est pas seulement anxieuse de veiller sur la nourriture de son mari et de l'encourager de sa présence. Elle a aussi un rôle à jouer dans la parade c'est de paraître à toutes les stations aux côtés de M. Hoover sur la plate-forme arrière de son train, de porter avec grâce les gerbes de Beurs. de se laisser interminablement mitrailler par les photographes en pensant qu'un cliché orné d'une présence féminine trouve plus aisément son chemin dans les journaux américains, enfin de gagner de son mieux au président la sympathie fugace des foules entr'aperçues en laissant glisser le long des voies des sourires à peine flgés et des gestes d'adieu paraissant cordiaux et spontanés.

Une ruche au travail

M. Hoover a emmené avec lui son médecin personnel, Joel Boone, qui l'accompagne dans tous ses déplacements, son grand conseiller électoral, le ministre des Postes Brown, et quelques leaders politiques de l'Ohio et du Michigan.

Pierre DENOYER

(La auite a la troisième page.)

PLUS DES TROIS QUARTS DES ASSEMBLEES DEPARTEMENTALES APPROUVENT LA POLITIQUE PRATIQUÉE PAR LE CABINET HERRfQT

Les conseils généraux, au cours ded leur dernière session, ont été amenés à se prononcer directement ou implicitement tant sur la politique extérieure que sur la politique intérieure pratiquées par le ministère Herriot. Cet avis général du pays, émis quel- ques mois après les élections législatives, revêt un caractère d'une importance exceptionnelle.

Les représentants de tous les cantons de France savaient à quoi s'en tenir sur l'attitude prise par M. Edouard Herriot dans les réunions internationales; ils connaissaient les premières mesures proposées au Parlement en vue du rétablissement d'une situation intérieure très difficile. Ici, les assemblées départementales se sont prononcées directement en adoptant, presque partout à l'unanimité, des motions de confiance et de félicitations. La, les présidents des conseils généraux avaient traité du sujet avec une telle clarté qu'il paraissait superflu de soumettre au vote des motions, celles-ci ne pouvant exprimer avec plus de force que les discours présidentiels la confiance en le ministère actuel.

Enfin, dans les autres départements, des minorités imposantes et parfois des majoritéa partageaient le sentiment des assemblées voisines, mais, pour éviter des discussions, d'ailleurs impossibles, aucune motion ne fut présentée.

Et c'est ainsi que sur 90 départements 61 votèrent des motions de confiance dans 7 autres les discours présidentiels étaient nettement favorables au gouvernement dans 22, enfin, pour les raisons indiqués plus haut, aucune manifestation ne se produisit. 68 départements, soit plus dea trois quarts du territoire Jrnnçais, ont approuvé le cabinet et lui ont manifesté une confiance sans réserve. II faudrait remonter assez loin en arrière pour trouver une majorité départementale aussi imposante en fayeur d'un gouvernement.

Auiourd'hui à Longchamp se dispute le Prix du Conseil Municipal QUI LE GAGNERA ?

LKS JOCKEYS QUI PÏJLOTJîBONT LES PBINCIPAUX CONCURRENTS De gauche A Il droite et de haut en bas Sabbe (Macaroni) Dnforez (Goodly) Elliott (Bsra) Semblât (Motrico) Hervé (Filarete) Maurice Allemand (Angelico) Johnstone (Kiddie); Boulllon (Fée Estérel) (Voir d la deuxième page.)

Tom Mix se blets* en tournant un film Londres, 22 oct. (dép. Petit Parisien.) On mande de Los Angeles à la British United Press que le fameux artiste de cinéma Tom Mix a été victime d'un nouvel accident en tournant un film. Il est tombé sous son non moins fameux cheval Tony, et a été grièvement blessé. Il souffre notamment d'une fracture de deux côtes. Son médecin considère son état comme étant très sérieux.

Un grand mariage anglais à Tokio Tokio, 22 octobre (dép. Havas.) Le mariage de Mlle Alice Lindley, fille de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, avec M. Oscar Morland, appartenant aux services consulaires, a été célébré aujourd'hui, en présence de hautes personnalités japonaises et de la plupart des membres du corps diplomatique.

Le mariage de M. P.-L. Weiller et de Mlle Diplarakos

Les Jeunes époux sortant de l'église grecque de la ne Gteorges-Bbet {Voir, page

UN TRAIN SANS CONDUCTEUR MRSE A TOUTE VI1ESSE LA GARE DE MIS

ET S'ÉCRASE SUR UNE RAME EN MHVRE

Le chauffeur et le mécanicien du train fou étaient descendus à la suite d'un léger accident, sans bloquer le régulateur Fort heureusement, il n'y a pas 'eu de victime

Beauvais. 22 octobre (dép. Petit Paris.) Deux wagons du train de marchandises 6818, de Gournay-en-Bray à Beauvais, ayant déraillé, hier soir, vers 19 h. 30, à la bifurcation de PentemontSaint-Just-des-Marais, à 2 kilomètres de Beauvais, le convoi stoppa. Les signaux furent fermés et la gare de Beauvais prévenue. Les travaux de dégagement commencèrent aussitôt Le mécanicien Lafosse et le chauffeur Hourdé, du dépôt de Beauvais, qui étaient à bord de la locomotive du train de marchandises, voulurent se rendre compte des conséquences de cet accident. Ils descendirent de leur machine, probablement sans bloquer le régulateur. Par suite de la rupture d'attelage, les freins à air comprimé ne fonctionnaient plus. C'est alors que la loco·motive, restée sous pression, se remit en marche, entraînant avec elle neuf wagons, au grand effroi du mécanicien,, et du chauffeur qui, malgré une course éperdue dans la nuit, ne purent rejoindre la machine. Bientôt, le convoi sans conducteur prit de la vitesse pour traverser en trombe la gare de Beauvais. à 60 kilomètres à l'heure.

Grande fut la stupeur du personnel, impuissant à s'opposer à la marche du train. Celui-ci, parvenant alors sur la ligne de Beauvais à Paris, à 200 mètres du passage à niveau du pont d'Arcole, à Voisinlieu, prit en écharpe, avec une violence inouïe, une rame de .wagons de marchandises en manœuvre.

Ayant vu venir ce convoi, le mécanicien, le chauffeur et les hommes d'équipe de la rame en manoeuvre, alertés par un aiguilleur, avaient pu sauter à terre quelques secondes avant le choc. Un formidable tamponnement se produisit. La machine dérailla; les neuf wagons culbutèrent plusieurs furent réduits en miettes, obstruant ainsi les voies principales de Beauvais à Compiègne, Creil et Paris. De l'autre côté, le déraillement, à la halte de Pentemont, isolait également la gare de Beauvais avec les lignes d'Amiens et du Tréport. Tous les trains de voyageurs venant de Creil à Paris et, de l'autre côté. l'express 477, venant du Tréport et d'Amiens, furent ainsi arrêtés à quelques kilomètres de la gare de Beauvais, tous les signaux ayant été fermés. Un service de transport des voyageurs fut organisé. Mais les trains subirent des retards de plus de trois heures.

On constata que, fort heureusemént, si ce tamponnement avait occasionné des dégâts matériels considérables, il n'y avait pas eu d'accident de personne.

Toute la nuit, des équipes de secours travaillèrent au dégagement des voies. Une grue de 50 tonnes du dépôt de la Plaine-Saint-Denis est arrivée avec du personnel pour activer les travaux. En attendant que le trafic normal des trains soit rétabli, on a dû orgai niser, l'après-midi, un service de pilotage.

Le mécanicien et le chauffeur du train de marchandises de Gournay qui, après avoir couvert le convoi déraillé des signaux nécessaires, abandonnèrent momentanément leur machine, ont été longuement interrogés

On a constaté que le régulateur de la locomotive avait bien été poussé. mais non bloqué. Sous l'action de la vapeur, il a dû se relever et c'est ainsi que, brusquement, la machine n'est remise en marche.

Le conducteur Cinqueux et le chef de train Simonet, du 6818, ont été également entendus.

Si la rame en manœuvre n'avait mis fin. inopinément et providentiellement, à la course folle du train sans conducteur, sur la ligne de Paris à Beauvais où filait à toute vitesse l'express 477 bondé de voyageurs, on aurait pu déplorer une épouvantable catastrophe. Dix ans après

un homme est accusé de cambriolage

IL EST ACQUITTÉ

La cruelle aventure que celle de Vincent Riband Accusé, devant le jury, d'un cambriolage commis le 29 août 1921, il n'a été arrêté que l'an dernier, à Paris, sous le nom de Gaston Augier. C'était une erreur on l'avait pris pour un certain Augier, auteur d'un vol commis dans l'Eure. Il put facilement se disculper en indiquant son identité véritable. Hélas, c'était tomber de Charybde en Scylla La police, précisément, recherchait aussi Vincent Riband, dit « Rigolo commis forain, né à Draguignan..

Il pleure maintenant, et assure qu'il s'agit d'une erreur judiciaire.

Si j'ai pris le nom d'Augier, c'est qu'on est trop dur pour les anciens condamnés. Je ne suis pas Rigolo » Cette affaire doit être bien oubliée C'était au cours des vacances. La marquise de Priaulx d'Aligre avait laissé son hôtel du faubourg Saint-Honoré. sous la surveillance du valet de chambre Guillobé. Ce laquais proposa à deux malandrins, Alfred Huguenin et Vincent Riband, dit « Rigolo », de les introduire dans la place, où ils pourraient réaliser un riche butin. Ce qui fut fait. L'expédition, en effet, s'avéra fructueuse. Les voleurs se retirèrent chargés d'une valise remplie d'argenterie et de bijoux et de 6.500 francs en billets de banque. Au total, un préjudice atteignant 50.000 francs.

Arrêtés peu après. Guillobé et Huguenin comparurent devant la cour d'assises, qui les condamna, en mai 1922, l'un et l'autre à cinq ans de prison. Riband, par contumace, était frappé, lui, de vingt années de travaux forcés. Cette peine purgée, Guillobé s'engagea dans la légion étrangère et partit pour le Tonkin, où il a fait. depuis lors, une honorable carrière. Alfred Huguenin, de son côté, est rentré dans son pays, à Yverdon (canton de Vaud), où U est devenu un paisible citoyen. Le temps a passé. Il fallut, l'an dernier, l'arrestation du faux Augier pour que cet ancien dossier fût tiré de sa poussière

L'accusé d'aujourd'hui, sans aucun doute, est Vincent-Aimé Riband. Mais est-il le c Rigolo qui, plusieurs fois condamné pour vol, était prêt à participer à tout coup de main audacieux ? Mai* non, se détend-il. voilà dix