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LES GRANDES ENQUÊTES DU "PETIT PARISIEN" Sous le masque Japonais Andrée VIOLLIS CHEZ LES MAITRES DE L'HEURE

Entrée du sanctuaire de Jasukunl, dédié aux morts de toutes les guerres

J'avais vu et connu l'armée japonaise à l'œuvre pendant l'incident de Changhaï. Dois-je avouer qu'elle m'avait inspiré plus d'effroi que de Sympathie ? Soldats au masque contracté, au rictus sauvage officiers soupçonneux et arrogants, et vous, jeune lieutenant à la merveilleuse insolence, qui prétendiez m'arrêter pour avoir, d'une rue de la concession internationale, contemplé avec trop d'intérêt une de vos casernes, que rou3 étiez différents des diplomates courtois et insaisissables des conférences, des « parfaits petits gentlemen de la légende Sous le choc des combats, le mince vernis de civilisation craquait, le barbare apparaissait. Direz-vous que c'est la faute de la guerre et que nul soldat d'aucune armée n'est aimable ? D'accord. Mais j'ai revu l'armée nippone, C'était à Tokio, dans la pompe éclatante d'une grande parade militaire pour l'anniversaire de l'empereur. On avait parqué la presse conviée à.ce spectacle dans un enclos, séparé par une simple corde, d'un côté, de l'éblouissant massif des colonels de l'autre, de celui, plus étincelant encore, des généraux en uniforme. Jugez de l'honneur Grondements de canons, ronflements d'avions, déchaînements de marches militaires, qui ne sont pas mordantes et joyeusement ailées 'comme les nôtres, mais roulent sourdement, sinistrement, un peu à la façon du tam-tam. Là-bas, vers l'horizon, par masses énormes, de même couleur que le sol fauve, les troupes s'ébranlaient, grandissaient, se couronnaient de l'éclair bleu des baïonnettes et, peu à peu, l'on distinguait les soldats. Ils avançaient pesamment, lançant rudement en l'air leurs jambes courtes et massives pour le pas de l'oie allemand, que scandait le geste mécanique du bras, tandis que leurs sombres faces carrées, aux minces regards impersonnels, s'orientaient toutes vers l'empereur. Puis, plus loin, mus par le même ressort, tous ces soldats pivotaient lourdement sur eux-mêmes, à la prussienne. Une profonde impression de morne puissance se dégageait irrésistiblement de ce fleuve d'hommes, intarissable et monotone. A la longue, j'étais oppressée, haletante, comme s'ils me marchaient sur le cœur. Décidément, même dans la paix, cette armée japonaise m'effrayait.

Elle est, en effet, assez formidable, me disait, après la revue, un attaché militaire étranger. Non pas tant par le nombre l'armée active a subi, de 1922 à 1925, de sérieuses réductions et ne compte guère plus de 236.000 hommes. Mais la qualité l'emporte sur la quantité de plus, les réserves sont importantes et constamment tenues en haleine, et les jeunes gens, dès l'âge de quatorze ou quinze ans, dans les écoles secondaires, supérieures, dans. les université, sont soumis à une instruction militaire intense. donnée par des officiers qualifiés. Cela, jusqu'à leur service, qui est d'ordinaire de deux ans, d'un an seulement pour certains diplômés d'université.

L'artillerie japonaise est, en outre, de premier ordre, et certaines armes spéciales, le corps de tanks, par exemple, très perfectionnées. Quant aux officiers, leur esprit militaire est sans égal, surtout dans la jeune armée. Ils sont tellement perduadés de leur supériorité et de l'importance de leur mission C'est une force, ça

Un sourire légèrement ironique frisait la lèvre de mon interlocuteur. Puis, soudain grave et comme pour lui-même

Mais jusqu'où cette force entralnera-t-elle cette jeune armée ?

Justement, dis-je, je viens d'être invitée à prendre le thé au cercle militaire par trois officiers de l'entourage du général Araki.

Mes compliments, fit l'attaché avec un petit salut, vous allez voir les maltres de l'heure.

Je connaissais déjà ce colonel et ces deux commandants ils se trouvaient auprès du ministre de la Guerre pendant notre conversation, et j'avais été frappée par leur air de bonne humeur, leur simplicité directe et souriante qui contrastait avec l'allure un peu gourmée de la plupart des fonctionnaires japonais. Ils m'accueillirent avec la même cordialité, la main tendue, comme de vieux camarades. C'était dans une aalle de Club militaire, bel édifice

européen campé sur une colline qui domine Tokio.

Sur la table était dressé un confortable thé à l'anglaise, bastionné de multiples assiettes de pain beurré et de gâteaux. Les officiers m'en firent gentiment, un peu gauchement, les honneurs. Connaissant leurs grades, j'étais frappée par leur air d'extrême jeunesse. Les Japonais, d'ailleurs, avec leur teint lisse, leur poil abondant et noir qui ne blanchit que fort tard et tombe rarement, nous paraissent toujours dix ou quinze ans de moins que leur âge. Mais ceux-ci avaient certainement conquis leurs galons avec rapidité. Ces galons restaient, du reste, invisibles sur leur uniforme de rude étoffe réséda aussi simple que celui des soldats. J'avais déjà noté, à propos du général Araki, cette extrême sobriété de la tenue. Andrée VIOLLIS.

(La suite à la deuxième page.)

La « Frankfurter Zeitung » s'élève contre le « dressage scolaire » décidé par l'Etat de Thuringe Berlin, 21 octobre (dép. Havaa.) La Frankfurter Zeitung s'élève contre le décret du gouvernement de Thuringe sur la propagande spéciale dont le traité de Versailles fera dorénavant l'objet dans les écoles de cat Etat.

« C'est là un abus de l'école, écrit l'organe démocrate de Francfort, ce n'est plue de l'enseignement, mais du dressage, dressage absolument conforme à la mentalité fasciste qui veut rendre la jeunesse incapable de voir autre chose que le chemin qu'on lui indique. C'est là une injustice commise anvers la jeunesse. Il lui sera difcile, voire même impossible, de se faire plus tard un jugement probe sur les événements passés. Elle se trouve ainsi bloquée dans une conception intellectuelle qui durera encore le jour où Allemands et Français auront la possibilité de se mieux comprendre. Des jeunes gens ainei dressés ne seront pas capables, devenus adultes, de favoriser la solution des grands problèmes politiques. »

A L'EXPOSITION D'HORTICULTURE

M. et Mra» Lebrun au Cours-la-Reine iBtilt!llill!lllI1îll!l!!li:il 11111 lll!il!ll1ttHinlltinl!il!!IlfIHHIinilll!

LE REGLEMENT DES DETTES

AUX ÉTATS-UNIS Dans une note communiquée hier à la presse, le présidente du Conseil se refuse à assumer la paternité de certaines déclarations qui lui ont été prêtées et qu'il aurait faites, mercredi, devant la commission des affaires étrangères de la Chambre. Ces déclarations avaient trait au règlement de notre dette vis-à-vis des Etats-Unis et attribuaient à M. Herriot une distinction entre notre dette commerciale remboursement des stocks américains et notre dette politique, la première devant faire l'objet d'un règlement ponctuel à l'échéance du 15 décembre, la seconde devant faire l'objet de négociations ultérieures avec le gouvernement de Washington.

Ces « indications », câblées aux Etats-Unis, y ont naturellement provoqué de nombreux commentaires, dont notre correspondant aux Etats-Unis nous a aussitôt transmis les échos. Elles ont même donné lieu, dans les mi- lieux officiels, à certaines explications celle notamment « qu'il n'existe plus de dette commerciale française proprement dite, les 400 millions de dollars des stocks américains ayant été fondus avec les autres dettes de guerre lors de la conclusion de l'accord Mellon-Bérenger >. Peut-être faut-il leur attribuer également la visite que M. Mariner, le conseiller de l'ambassade des Etats-Unis à Paris, a faite hier matin à H., Herriot, visité qui peut effectivement avoir été dictée par le désir d'obtenir quelques précisions sur les dispositions futures du gouvernement touchant les dettes. S'il en a été ainsi, le communiqué officiel donné à l'issue de la réunion de la commission des affaires étran-

M. Mariner

cune allusion à de semblables déclarations, le président du Conseil n'a pas d0 manquer de s'y référer. Mais la question présente un autre aspect qu'il a sans doute évoqué également, à savoir que l'éventualité du paiement de 20 millions de dollars à effectuer par nous le 15 décembre prochain ne pouvait être mise en cause, et que nous n'avons jamais songé à en solliciter l'ajournement. Si l'article 2 de l'accord Mellon-Bérenger du 29 avril 1926 prévoit, en effet, une faculté de moratoire et par suite de report, c'est uniquement pour les remboursements de capital, et non pour les paiements d'intérêts. Or c'est exclusivement un règlement d'intérêts règlement qui correspond, il est vrai, aux intérêts des 400 millions de stocks que nous avons à effectuer le mois prochain.

La question ne se posait donc pas, et c'est pour cette raison d'ailleurs, ainsi que nous avons eu l'occasion de le souligner ici même, que nous n'avons ni fait ni songé à faire en septembre une démarche à Washington afin d'obtenir, par un préavis de trois mois, le bénéfice d'un moratoire quelconque. Il va de soi que cela ne préjuge en rien la position que le gouvernement français pourra ultérieurement être amené à prendre comme conséquence des accords intervenus à Lausanne touchant les réparations allemandes. Un fait néanmoins est certain contrairement aux bruits répandus hier c'est que ce n'est nullement pour s'occuper de cette question, qui n'est pas mûre, mais pour préparer la future conférence économique et monétaire mondiale que M. Bizot, directeur du mouvement des fonds au ministère des Finances, se dispose à se rendre à Londres.

Albert JULLIEN

Lire en 3' page, la dépêche de notre correspondant de New-York,

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La commission

des finances

a termine l'examen du budget de la justice Conformément au programme qu'elle s'était tracé, la commission des finances a commencé l'examen des dépenses budgétaires prévues dans le projet gouvernemental concernant l'exercice 1933. Elle a consacré sa séance d'hier à l'étude du budget des services judiciaires, rapporté par M. Bonnevay. Le député du Rhône a tout d'abord exposé la physionomie générale de ce budget. Il a analysé les modifications apportées aux effectifs de l'administration centrale, du conseil d'Etat, de la cour de cassation,' des cours d'appel, des tribunaux et des justices de paix. Puis, en application de la décision prise la veille, sur l'initiative de MM. Léon Blum et Vincent Auriol, il a établi une comparaison entre les crédits de 1914, ceux de 1932 et ceux qui sont prévus pour 1933.

M. Bonnevay a fait observer, en outre, que la loi de juillet sur les compressions administratives avait, en ce qui concerne le budget de la justice, reçu quelque efficacité. Toutefois, la difficulté vient de ce qu'un tel budget ne comporte que de très faibles dépenses de matériel. Celui-ci ne figure en effet que pour 20 millions sur un total d'environ 296 millions. Néanmoins, la commission, au cours de l'examen des chapitres, est parvenue à une économie globale de 6 millions et demi environ en opérant quelques réductions nouvelles concernant à la fois le matériel (chauffage, fournitures diverses, etc.) et le personnel, réductions qui ne sont pas seulement intéressantes par leur chiffre, mais encore et surtout par les répercussions qu'elles auront, par voie d'analogie, sur les dépenses de tous les autres ministères.

C'est ainsi que la commission a réservé le chapitre premier, en raison de la possibilité d'envisager de nouvelles compressions dans le personnel de l'administration centrale, où les commissaires ont constaté 60 emplois nouveaux par rapports à 1914. M. Ernest Lafont a fait décider, d'autre part, que la commission procéderait à une étude d'ensemble des indemnités diverses. Il convient de signaler à ce sujet que, dans l'ensemble du budget général compte non tenu des budgets annexes, les indemnités représentent une somme de 3.990 millions, laquelle se décompose ainsi indemnités de résidence, 247 millions; charges militaires (rubrique correspondant à la précédente, qui vise seulement les civils), 405 millions indemnités de charges de famille, 392 millions frais de missions et de déplacements, 226 milllons frais de bureau, de service, d'auxiliaires, indemnités de gérance, de responsabilité, indemnités spéciales aux fonctionnaires d'Alsace et de Lorraine, 1.450 millions. En ce qui concerne particulièrement les services judiciaires, la commission a demandé des précisions sur ce qu'il fallait entendre par « indemnité pour travaux extraordinaires s et décidé que de telles indemnités seraient remplacées par des indemnités pour heures supplémentaires contrôlées, dont bénéficierait seul le personnel d'exécution et non le personnel de direction. Cette mesure sera d'ailleurs vraisemblablement étendue à tous les ministères. D'autre part, la commission a contesté le bien-fondé de certaines indemnités comme celles qui sont attribuées aux conseillers d'Etat lorsqu'ils siègent au tribunal des conflits, cette mission faisant partie des devoirs de leur charge. A propos du chapitre 3 (matériel de l'administration centrale), la commission a décidé, sur la proposition de MM. Lamoureux et de Chappedelaine, qu'un abattement total de 10 sur les chapitres du budget de 1932 serait imposé aux chapitres de matériel de tous les ministères.

Au chapitre 4 (impressions et médailles), M. Petsche a fait décider de demander la centralisation des services des statistiques des divers ministères et leur rattachement à la présidence du Conseil. M. Vincent Auriol a obtenu qu'une étude serait faite sur les impressions nécessaires aux administrations publiques.

Le chapitre 9 (cours d'appel, personnel, traitements) a été réservé afin que la commission de législation civiae soit consultée, pour avis, sur la décision qui a été prise de procéder à des suppressions d'emplois, notamment par voie d'extinction. La réduction du nombre des présidents de chambre et des conseillers a été, en effet, envisagée, ce qui permettrait de supprimer 105 postes de magistrats de cours d'appel. Mardi, la commission examinera le budget des services pénitentiaires, rapporté également par M. Bonnevay, puis celui de la Légion d'honneur, rapporté par M. Patenôtre-Desnoyers, et celui de l'agriculture, rapporté par M. Jaubert.

LE GOUVERNEMENT VA CRÉER UN COMITÉ SUPÉRIEUR D'ECONOMIES

M. Palmade a fait approuver par le conseil de cabinet un projet de décret constituant un « comité supérieur d'économies » chargé de rechercher et de proposer toutes mesures de réductions de dépenses' ainsi* que de provoquer les modifications et ,'le.. suppressions de services et d'emplois qu'ils ne reconnaitra paa indispensables.

LÉGION D'HONNEUR il)fllllllllIllll1Ulll|IUIlllHllll||tllllllllllltlIllMIIIUtllHlltIIIIItIllfIIIIIUIllIllltlllllllMHNMIHIUnitlfllltlill*")""lH PROMOTION DE L'EXPOSITION COLONIALE

De gauche à droite et de haut en bas MM. Bernard, Urbain Blanc (grande officiers) Bapttfaut, Blanchet, Bonseenot, Coulon, Gtraud, Gufflet, Hachette, Jonve, Philippart, Mme de Vilmorin (commandeurs) MM. BacqueyrUse, Baschet, Blondel. Brottier, de Guébriant, de la Néssière, Deffoux, Farallcq, Gastlnne, HardS, Homo, Kaplan, Lambert, Lemolne, lévy-Dhurme», Ary Leblond, Fiston, Vatin-Perignon (officiers) j Broyer, Defert, Dreyer Gaboriaud, J-ang, I/evtllain, Mme Simone Morel-Chatlly, MM. de Nys, Pissine et Velter (ehevallers)

Meurtrier de son beau-père Paul Dehays est condamné à cinq ans de prison avec sursis Au cours d'une discussion qui l'avait mis aux prises avec son beau-père, M. Ieroy, le 21 mars dernier, Paul Dehays, quelque peu pris de boisson, blessait mortellement M. Leroy d'un coup de couteau. Tel est le drame évoqué hier devant le jury.

Vous êtes alcoolique ? dit, en abordant l'interrogatoire, M. Pittié. Ça, répond l'accusé, c'est de naissance

Il raconte alors que le matin du drame il joua au billard et passa de café en café.

Oui, souligne le président, votre crime est le résultat d'un gaspillage chez les débitants de vos indemnités de chômage. Quelle part de vos allocations rapportiez-vous à votre famille ? Tout

Non Ce jour-là, votre mère vous a rencontré au cours de la matinée et a confisqué ce qui restait de l'argent touché, soit 70 francs sur 90.

Dans l'après-midi, Dehays s'empara de la bicyclette et alla acheter du saucisson. Puis il se munit d'un couteau de cuisine et de pain, et s'installa dehors pour manger. M. Leroy, honnête travailleur, rentra sur ces entrefaites, releva sa machine et, déjà exaspéré contre ce garçon qu'il voyait mal tourner, s'emporta.

Il a levé la main sur moi, insiste

Paul Dehays

l'accusé il m'a battu, Il a voulu me saisir à la gorge.

Que Dehays n'ait pas eu l'intention de iuer, c'est certain. H dira même que sa victime était un homme courageux et au coeur très bon.

Appelée à la barre, la mère de l'accusé, femme de la victime, s'efforce de se montrer équitable. Elle ne dira de son fils aucun mal. Elle a conservé de son mari le meilleur souvenir. En résumé, termine le défenseur, M* Campinchi, l'excellent homme qui a été tué travaillait et buvait, à la fois courageux et violent. C'était admis. L'éducation morale de certaines classes, à ce point de vue, est malheureusement encore négligée.

L'unique témoin du drame, Mlle Alice Radoux, ne sait que s'évanouir. A peine arrivée à la barre, elle tombe laurdement, tout d'une masse, et l'huissieraudiencier l'emporte. Personne n'insiste. L'avocat général Honnart et M* Campinchi commentent alors, l'un pour accabler et l'autre pour absoudre, ce drame si navrant. Et bientôt, suivant le conseil du défenseur, les jurés prononcent la peine de cinq années de prison avec sursis.

N'oubHez pas, indique le président au jeune imprudent libéré, n'oubliez pas tant de clémence destinée à vous permettre de devenir soutien de famille

(.Voir à la 4* poge la promotion complète.)

POUR ET CONTRE Je suis allé voir hier hier seulement les Gaffes de l'escadron, le film déjà fameux tiré de l'oeuvre éternelle de notre grand et profond Courteline.

J'ai donc passé ma soirée au régiment et, je l'avoue, je me suis diverti avec tant d'innocence que je me sentais tout prêt à rengager quand j'ai quitté l'immense salle du Moulin-Rouge.

J'ai ri. Voilà toutes mes impressions résumées. J'ai ri de bon cceur, de tout coeur. J'ai ri en compagnie d'un public populeux, joyeux, momentanément libéré de tous ses soucis. J'ai retrouvé avec une émotion attendrie le bon capitaine Hurluret et ses absinthes «bien tassées », le terrible adjudant Frick, et Laflotte et Fricot et Vanderague. J'ai retrouvé surtout le temps de l'avant-guerre, la caserne d'avant guerre, la province d'avant guerre, l'atmosphère de la petite ville de garnison d'avant guerre et le beuglant n classique, traditionnel et déjà historique

J'ai ri, avec reconnaissance. La magnifique et sobre force comique de Georges Courteline, qui m'honora de son amitié, anime tout le film, qui est fidèle; simple et direct.

Et en riant, je songeais quel malheur que les bonnes fées du théâtre et du livre ne nous aient pas donné, après la guerre. un nouveau Courteline Quel malheur que nous puissions dire, mélancoliquement « II y avait le rire d'avant guerre. Nous devons nous contenter maintenant d'un rire d'après guerre, d'une qualité, hélas, beaucoup plus ordinaire »

Comme il nous manque, par ces temps fiscaux, maussades et déficitaires. le bon rire franc, courageux, gaillard et français de Courteline C'était un rire pur. un rire sain, un rire humain et franc, sans recherche, sans prétention, sans artifice. C'était le rire libre, salutaire, bienfaisant. Aujourd'hui, hélas on nous sert, trop souvent, en fait de rire, une préparation sophistiquée et trouble, dans laquelle il entre toutes sortes d'ingrédients, à l'exception de la gaité. Le rire, aujourd'hui, est saccadé, inquiet, confus, bref et exotique. Que le film s'applique à nous rendre le bon vieux rire de chez nous, le bon vieux rire honnête, moqueur, frondeur, blagueur et sans souci alors, en dépit de toutes !es crises, nous aurons meilleure humeur et meilleure chance

Qu'on nous donne des films qui nous fassent rire simplement, tranquillement, abondamment, agréablement, comme nous font rire les Gaîtés de l'escadron et nous penserons un peu moins au déficit budgétaire et à la faiblesse de la livre. Maurice PRAX.

La terre a tremblé à Johannesburg Johannesburg, 21 octobre (d. Havas.) De violentes secousses sismiques ont ébranlé cet après-midi certains édifices publics et notamment le palais de justice.

LES IMPOTS

sont en moins-value de

3.536.786.000 francs

sur les évaluations

pour les six premiers mois de l'année budgétaire

La moins-value du chiffre d'affairei est de 175.124.000 francs pour le mois de septembre

M. de Broquevilte a virtuellement

dénoué la crise belge Il présentera aujourd'hui au roi la liste des nouveaux ministres parmi lesquels figure M. Theunis Bruxelles, 21 cet. (dép. Petit Parisien.) M. de Broqueville présentera demain à midi au roi les nouveaux ministres, parmi lesquels on note M. Theunis, ancien premier ministre. Voici la composition probable du ministère Premier ministre et Agriculture, M. de Broqueville Agaires étrangère, M. Paul Hymans Finances, M. Van Overbergh Justice, M. Albert Devèze; Colonies, M. Tschoffen P. T. T. M. Bovesse Transports, M. Forthomme Sciences .et arts, P.-E. Janson Travaux publics, M. Sap Industrie et travail, M. Poulet Intérieur, M. Carton ou M. Segers Défense nationale, M. Theunis.

L'ATTITUDE DE LA LIGUE DES TRAVAILEURS CHRETIENS Bruxelles, 21 octobre (dép. Petit Par.). Ce matin, les travailleurs chrétiens ont tenu une séance, à l'issue de laquelle le communiqué suivant a été remis à la prease

« Le comité exécutif de la Ligue nationale des travailleurs chrétiens, réuni le 21 octobre pour délibérer sur la situation politique 1° dénonce la grave responsabilité assumée par les dirigeants du parti libéral en déclenchant une crise politique qui rend plus difficile la solution des difficultés financières 2* proclame son entière coafiance dans la personne des ministres démocrates chrétiens du cabinet démissionnaire, MM. Tschoffen et Heyman 3° remercie et félicite particulièrement M. Heyman de l'oeuvre sociale magnifique qu'il a réalisée au ministèse de l'Industrie et du Travail et de l'énergie avec laquelle il l'a défendue et sauvée malgré la crfse 4° décide de n'accorder sa confiance à un gouvernement qu'à condition d'obtenir la garantie qu'il ne sera pris aucune miesure, même par voie administrative, contre la législation sociale actuelle et son application.

M. François-Poncet est de retour à Berlin

Berlin, 21 octobre (dép. Havas.) M. André François-Poncet, ambassadeur de France, est arrivé ce matin à Berlin, venant de Paris, et a repris la direction des affaires de l'ambassade.

La réorganisation de la Compagnie Générale Transatlantique

M. Léon Meyer a entretenu hier ses collègues, au cours du conseil de cabinet, du projet de réorganisation de la Compagnie Générale Transatlantique, projet dont l'élaboration délicate a valu au ministre de la Marine marchande les félicitations du gouvernement.

Cette réorganisation doit être poursuivie sur trois plana-; -ftnoi»»o»i -exftioitation et administration.

L'assainissement financier se résume dans une réduction de l'actif de 962 millions environ et dan% l'annulation de postes du passif et la réduction. de créances atteignant au total la même somme. Les charges financières seront couvertes par la subvention de l'Etat fixée pour 1933 à 150 millions et qui décroîtra ensuite jusqu'au minimum de 50 millions.

Pour l'exploitation, des économies s'élevant à 220 millions sont prévues. La Compagnie, d'autre part, ne conservera plus d'intérêts dans ses filiales déficitaires et ses administreurs ne pourront être à la tête des filiales auxquelles elle reste intéressées.

Enfin un contrôle administratif sévère sera exercé par 1 Etat sur la gestion de la Compagnie, en même temps qu'un contrôle financier portera notamment sur les prix de revient et sur les marchés, qui devront être passés par voie d'adjudication.

L'effort que fait l'Etat pour aider la Compagnie à sortir de ses difficultés et qui se justifie par de nombreuses considérations, contribue è. la défense du prestige français à l'extérieur il permet de sauver une entreprise qui alimente de multiples formes du travail national. Cet effort est subordonné à un ensemble d'engagements qui vont permettre à l'Etat de récupérer par le jeu des annuités de remboursement une part considérable des sommes avancées au cours des années antérieures, de récupérer sur l'annuité de 150 millions, sous forme d'intérêts à servir aux actions et aux parts, une nouvelle tranche des avances faites à la Compagnie, enfin de participer de façon continue aux bénéfices de l'entreprise.

Tant au point de vue international que du point de vue intérieur, les sacrifices que consent l'Etat trouvent donc une impoaante contre-partie. UNE LAUREATE DE 18 ANS

A dix-huit ans à peine, triompher de quatre cents concurrents représentant cinquante nations, conserver la modestie la plus naturellement effarouchée et la volonté de travail la plus certaine, tel est le cas, charmant et rare, de Mlle Marguerite Barrio, qui obtint, on le sait, le premier prix du concours international d'affiches de la Croix-Rouge, et est élève à l'école d'art appliqué. QUEL ETAIT CET AVION ? Londres, 21 oct (dép. Petit Parisien.) Suivant un message Exchange Telegraph d'Amsterdam, les épaves d'un aéroplane ont été découvertes aujourd'hui sur la côte hollandaise près de Zandwoort, à quinze milles environ d'Amsterdam. Parmi les pièces découvertes se trouvent un gouvernail et un montant en bois sur lequel sont inscrlts le numéro 6.049 et l'inscription C.D.32. Ces épaves, croit-on, sont celles d'un appareil de construction hollandaise et on se demande si la machine n'est pas l'avion qui lança, la semaine dernière, dans le détroit, des signaux de détresse et dont, en dépit des recherches faites, aucune trace n'a pu être retrouvée.