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LES GRANDES ENQUÊTES DU "PETIT PARISIEN" iiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiitifiiniiiii4iiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiitiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiitiniitiuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiiiiiitiiiiiiii*Hiiitfiinii Sous le masque JëtOOITlël.13 Andrée VIOLLIS COMMENT LES PARLEMENTAIRES ONT PERDU LE COEUR DU PEUPLE

tTJSE SEANCE nE LA DIETE JAPONAISE

La Diète japonaise ne siège guère, en plusieurs fois, plus de trois mois par an. Mais elle venait de se réunir en session extraordinaire.

Oh pour cinq jours seulement, du 20 au 25 mars, me dit un Japonais, juste le temps de voter ou ratifier les dépenses passées et futures de la guerre.

Encore, avec la journée d'ouverture et de clôture, ne lui en laissera-t-on que trois pour ses discussions, fit un autre.

Et ce sera beaucoup trop pour le travail qu'elle fait ajouta un troisième.

Ce n'était pas la première fois que des Japonais me cenaient pareil lan- gage. En chaque occasion où l'on parlait de la je notais les rica- nements, les haussements d'épaules, l'expression méprisante des visages. Tombais-je donc toujours sur des partisans de l'opposition ?

Pas particulièrement, me répondit un grand journaliste nippon qui a passé plusieurs années en France. La vérité, c'est que le parlementarisme traverse ici, par sa faute, une crise dont il aura grand peine à se remettre. Allez donc as,lister à une séance du Parlement et je vous énumérerai ensuite les raisons de son impopularité.

La Diète n'occupe pas encore le bel édifice qu'on vient de lui construire. Elle se réunit dans un long bâtiment provisoire en ciment armé. Nous attendons d'abord longuement dans une antichambre, assiégée par une foule tourbillonnante d'hommes, uniquement d'hommes, vêtus de costumes européens ou de sombres kimonos, tous coiffés de médiocres chapeaux de feutre.

Puis, par une porte de côté, nous nous frayons un chemin à travers un méandre de couloirs interminables et encombrés. Sur ce couloir donnent, toutes portes ouvertes, d'innombrables salles d'attente, de commissions, de réunions des divers partis, des pièces réservées à la presse toutes sont vibrantes de sonneries de téléphone, du tic-tac des machines à écrire, toutes sont débordantes d'hommes qui fument, lisent, écrivent et surtout discutent et rient bruyamment ce rire japonais dur et rocailleux qui fracasse les oreilles.

Enfin, tout à coup, voici la salle des séances, neuve et banale, en hémicycle murs blancs et vert jade, tribune de bois clair, bancs en amphithéâtre. Comme ornements, une grosse horloge ronde et là-haut, en frise, des portraits grandeur nature d'hommes d'Etat qui ressemblent à des photographies grossièrement peintes. En face, de chaque côté de la tribune, siègent les ministres, et, au-dessous d'eux, leurs secrétaires et leurs conseillers.

Tous les bancs des députés sont occupés. Ils sont de 450 à 500, et, à part une vingtaine de kimonos, arborent uniformément le veston européen de couleur sombre et la même cravate régate.

Les tribunes du public sont, elles aussi, absolument bondées d'hommes. A peine si je note quatre ou cinq visages de femmes. Sur le fond obscur se détachent vigoureusement en camaïeu des centaines de faces massives, pareillement sculptées en ivoire jaune ou en buis clair, avec les mêmes lueurs aux pommettes et aux durs mentons carrés. Toutes ces faces sont graves, tendues, fendues de minces prunelles noires au regard aigu.

Beaucoup de bruit clameurs, rires, interruptions passionnées, poings serrés et dressés. Où sont la retenue silencieuse, le courtois décorum des Japonais en Europe ? Audessous de moi oscille et frémit une mer moutonnante de crânes laqués de noir, et je constate au passage que les représentants nippons sont beaucoup moins chauves que leurs collègues d'Europe.

C'est un député de l'opposition qui occupe la tribune. Il attaque avec véhémence les dépenses militaires. A ma droite, applaudissements furieux: ce sont les minseitos, membres du parti d'opposition à ma gauche, protestations également furibondes les seiyukai ou gouvernementaux. Quand le ministre

des Finances Takahashi apparaît à la tribune, le mouvement se fait immédiatement en sens contraire., Mais l'orage se déchaîne avec plusi de fureur. L'on voit le ministre s'efforcer de lutter, puis se voûter, disparaître peu à peu dans son épaisse barbe blanche de père Noël. Et c'est à peine si, de temps à autre, on aperçoit le double et timide éclair de ses grosses lunettes rondes. Finalement il s'emble s'escamoter lui-même.

(La suite A la quatrième page.) M. Maniu accepte

de former le cabinet roumain Bucarest, 19 octobre (d6p. P. P.) Pendant une bonne partie de la nuit et pendant toute la matinée ont continué les conversations au bureau du parti national paysan.

Cet après-midi, une nouvelle entrevue a eu lieu entre M. Maniu et M. Titulesco.

A 16 h. 30, M. Maniu s'est rendu au château de Pelesh et a été immédiatement reçu en audience par le souverain. A sa sortie, il a déclaré aux journalistes qu'il avait communiqué au roi qu'il acI cepterait de former le nouveau cabinet. Il est probable que la composition du futur gouvernement différera peu ù celle du cabinet Vaîda et que les ministres prêteront serment demain. La collaboration de M. Titulesco est douteuse et, malgré de nombreuses insistances de part et d'autre, à l'heure actuelle les milieux politiques bien informés pensent qu'il ne figurera pas dans la nouvelle formation ministérielle.

LA COMPOSITION PROBABLE DU NOUVEAU MINISTERE

Bucarest, 19 octobre (dép. Havas.) La liste ministérielle suivante donnée comme probable circulait oe soir Présidence du Conseil M. Maniu Affaires étrangères M. Titulesco Finances M. Mironesco Justice M. Popovici Communications M. Mirto Agriculture M. Madgearu Industrie M. Lugosianu Travail M. Hatzegan Instruction publique M. Costachesco Guerre M. Samsonovici Intérieur M. Mihaiache. On ne conserverait que quatre soussecrétaires d'Etat.

L'état de M. Boni de Castellane Les médecins qui soignent M. Boni de Castellane n'ont constaté, hiver, aucune amélioration dans l'état du malade, bien qu'il ait passé une nuit moins agitée.

Ils ont rédigé le bulletin suivant « Nuit cafane. Température élevée. Etat toujours très sérieux. »

LA PROMOTION ROUGE DE L'EXPOSITION COLONIALE

De haut en bas et de gauche à droite MM. Schwob d'Hériconrt (erand-eroix) Pas- quier, Maxchoux, Binger. Onesde (grandsotflciers) de la Brosse. Mourxnot, Alfas* Le Galien, Erttve, Tournaire, Chaplaln, Bailby et Fleuret' (commandeurs)

LA GRANDE-BRETAGNE SEMBLE ABANDONNER LE PROJET ANNONCÉ DE CONFÉRENCE A QUATRE Cette attitude a été imposée à Londres par le refus du Reich de se rendre à Genève Londres, 19 oct. (d. Petit Parisien.) Le cabinet britannique s'est réuni aujourd'hui à Downing Street sous la présidence de M. Macdonald et a discuté, entre autres sujets, la situation créée par le refus de l'Allemagne de se rendre à Genève pour une consultation avec la Grande-Bretagne, la France et l'Italie.

Nul communiqué n'a indiqué le résultat de la délibération ministérielle sur cette question, mais on laisse entendre ce soir dans les milieux bien informés que le gouvernement anglais a virtuellement abandonné l'idée d'une conférence à quatre. Il est vraisemblable que la réponse de Berlin à la dernière démarche britannique a dissipé les illusions qu'on pouvait se faire à Londres sur la possibilité de voir l'Allemagne se rallier au choix de Genève.

Sur la suils qui sera donnée à cet ajournement probable, on parait hésiter entre deux procédures une conférence anglo-franco-italienne ou la reprise pure et simple des travaux de la conférence du désarmement qui, de l'avis de beaucoup, peut faire oeuvre utile ea l'absence des représentiàts allemands, toutes les grandes puissances étant résolument opposées;, au réarmement du Reich.

Ces deux procédures ne s'excluent d'ailleurs pas, la conférence à trois pouvant être conçue comme un moyen de clarifier l'atmosphère préalablement à la discussion des projets dont la conférence du désarmement est ou sera saisie.

M. BENÈS A QUITTÉ PARIS HIER

Benès gauche) et Osuskl sur le quai de l^i iû« gare » de l'Est

POUR ET CONTRE Nous, nous prêtons quelquefois un peu d'argent à l'étranger. L'étranger, lui, nous prête assez souvent. des intentions. Et ces intentions sont généralement machiavéliques, impérialistes et c bellicistes ?. Le dernier bobard » qui vient de nous être généreusement prêté sans qu'il ait été question de remboursement est d'hier. On le connaît et il est d'une ineptie en vérité particulièrement savoureuse et magnifique. Nous aurions conclu un accord avec nos amis espagnols. En vertu de cet accord, nous aurions toute liberté, en cas de guerre, pour installer très confortablement nos marins aux Baléares. C'est cet accord satanique qui serait la véritable raison du prochain voyage de M. Edouard Herriot à Madrid. Ni plus ni moins Mais pourquoi n'a-'t-on pas dit, en même temps, qu'en cas de guerre nous occuperions militairement la Puerta de! Sol et transformerions toutes les plazzas de toros en dépôts de munitions

La stupidité de cette histoire est énorme. Et d'autres histoires, qui ne seront pas moins folles, suivront le < bobard > des Baiéares quand ce bobard sera légèrement éventé et défraîchi».

On s'occupe vraiment beaucoup de nous à l'étranger, dans certains coins, du moins, de certains pays étrangers. Il s'agit, ma foi pourquoi ne pas dire le mot? il s'agit de mentir, de mentir contre nous, de toujours mentir, toujours contre nous. Il s'agit de brouiller, de toujours brouiller les ondes françaises pour arrêter leur rayonnement ou, en tout cas, pour le dénaturer.

Les ondes françaises nul n'a le droit de le contester sont pacifiques, tranquilles, sages. Chez nous, tout le monde a horreur de la guerre. Tout le monde a conscience de l'horreur de la guerre. Le peuple français veut la paix, ne veut que la paix. Toutes les manifestations françaises sont des manifestations pacifiques et civiles. La France ne se contente pas de vouloir la paix. Elle veut qu'il n'y ait nulle part la guerre.

Tout de même, c'est la France qui se voit accusée ici ou là de menées impérialistes, de manoeuvres plus ou moins secrètes tendant à provoquer la guerre C'est la France, unanimement pacifique. unanimement attachée à la paix, qui a donné à la paix tous les gages, c'est la France qui s'entend reprocher ses ardeurs belliqueuses! C'est inouï! C'est grotesque. Mais c'est ainsi.

Que faut-il que fassent les Français pour affirmer leurs aspirations si profondément et si sincèrement pacifiques? Faut,il qu'ils s'affublent tous d'uniformes guerriers ? Faut-il qu'ils passent tout leur temps à défiler par les rues casqués, éperonnés, armés jusqu'aux dents? Faut-il qu'ils entonnent tous les refrains de guerre et de haine? Faut-il que leurs chefs, au lieu d'exprimer et de défendre des idées de paix, fassent entendre et de lourdes menaces et de lourds appels à la violence ? Maurice Prax.

Le gouvernement et l'équilibre budgétaire Au cours d'un important conseil de cabinet, les ministres ont examiné le projet de M. Palmade qui sera soumis ce matin, pour approbation définitive, au conseil des ministres Les ministres des Finances et du Budget pour boucler le budget de 1933, ont fait preuve d'ingéniosité et de prudence MM. Germain-Martin et Palmade communiqueront dans l'après-midi les décisions gouvernementales à la commission des finances

Les membres du gouvernement ont! ouvert, hier, l'importante délibération sur la situation financière et budgétaire qui s" poursuivra ce matin, en conseil des ministres, à l'Elysée, sous la présidence de M. Albert J^ebrun. M. Edouard Herriot, qui présidait le conseil de cabinet réuni au Quai d'Orsay, a ouvert la réunion à 18 heures. Pendant trois heures le président du Conseil et ses collaborateurs ont envisagé la situation dans son ensemble et recherché les moyens propres à équilibrer le budget de 1933.

On sait que l'ensemble des dépenses contenues dans les cahiers transmis par les divers départements ministériels au ministre du Budget forme un total de 56 milliards, dépassant ainsi de près de 4 milliards le chiffre des dépenses inscrites au budget de l'exercice en cours.

En face de ces dépenses, que M. Paî- made et ses services ont essayé en vain de réduire, chaque ministre ayant défendu pied à pied et avec des arguments valables les sommes réclamées par lui, M. Germain-Martin, ministre des Finances, et son collègue du Budget n'ont pu inscrire que 44 milliards de recettes normales et permanentes d'après des évaluations basées sur le rendement des derniers mois et en tenant compte des moins-values résultant de la crise économique.

C'est donc un « trou de 12 milliards environ qu'il fallait combler. Mais depuis les travaux préparatoires qui ont permis d'aboutir aux chiffres ci-dessus les recettes ont encore diminué et il semble raisonnable d'envisager un défictt plus important encore. S'il «'agissait d'une somme à trouver pour boucher définitivement un trou > qui ne pourrait se reproduire la tâche du gotivenieattent serait relativement facile. Mais il s'agit ici d'un déficit annuel. n faut donc trouver, d'une parut, d'importantes économies et, d'un rendement élevé, sûr et durable. Les difficultés qui s'offrent au gouverhement sont énormes. Nous avons indiqué à diverses reprises les mesures qui avaient été envisagées par les ministres des Finances et du Budget et sur lesquelles les membres du gouvernement seraient appelés à délibérer. MM. Germain Martin et Palmade avaient préparé toute une série de propositions..C'est ainsi que, en ce qui concerne les fonctionnaires, ils ont éla'ooré quatre barèmes qui réduisent plus ou moins les traitements payés actuellement

Le conseil a arrêté, sur la proposition de M. Paîmade, le projet d'équilibre de budget de 1933 qui sera soumis ce 'matin, pour approbation définitive, au conseil des ministres.

Comment le conseil a-t-il abouti à l'équilibre nécessaire ? Il est difficile, sinon impossible, de fournir à ce sujet des indications précises, les membres du gouvernement devant se prononcer définitivement ce matin.

Voici toutefois, d'après des renseignements puisés à une source certaine, les mesures envisagées

Ainsi que nous le disons plus haut, le déficit à combler, d'après les évaluations, est de douze milliards et demi. En réalité, il est moins élevé si l'on tient compte de la loi d'économies votée en juillet dernier, laquelle a donné deux milliards, et de l'économie résultant au chapitre de la dette de l'opération de conversion opérée avec le plein succès qu'on sait. La charge annuelle se trouve ainsi diminuée de 1.800 millions environ, soit, au total, quatre milliards d'économies. Il restait à trouver huit ,milliards et demi.

Le ministre des Finances et le ministre du Budget se sont ingéniés, avant tout, en ce qui concerne les ressources nouvelles, ne pas établir de taxes qui pourraient gêner en quoi que ce soit l'économie générale. Néanmoins ils comptent obtenir beaucoup de la multiplicité de taxes nouvelles constituant en réalité des aménagements nouveaux d'impôts existants. D'autre part, l'effort de compression était difficile à faire étant donné que, sur les 56 milliards de dépenses il fallait tenir compte du fait que 36 à 38 ne pouvaient être diminués. D'abord les 22 milliards de la dette puis les 12 milliards de la défense nationale et enfin les milliards consacrés à la « défense sociale ».

Les deux ministres intéressés ont dû faire preuve d'ingéniosité et de prudence. Ils y sont parvenus non sans peine. Et il y a lieu de les en féliciter car dans leurs propositions aucune aggravation réelle d'impôt n'apparaît. Parmi les réductions proposées et qui paraissent devoir être adoptées définitivement ce matin, citons 1* celles visant les traitements des fonc- tionnaires. Le barème approuvé laisserait intacts les traitement des petits fonctionnaires, c'est-à-dire ceux n'excé- dant pas 15.000 francs; les traitements supérieurs seraient diminués de 5, 7 ou 10 selon leur importance. L'économie ainsi réalisée serait de 450 millions environ 2" celles visant les pensions d'anciens combattants. Une caisse serait créée qui permettrait de répartir sur un grand nombre d'années la charge actuelle; le taux de certaines pensions JSerait revisé et en ce qui concerne la rotraite du combattant, il est possible" qu'un « décalage » soit décidé l'ensemble de ces

mesures permettrait de réaliser une économie importante.

Enfin, la caisse d'amortissement donnerait au budget les suppléments de recettes enregistrés par elle et provenant de l'amélioration du régime des successions. Ainsi, sans recourir ni à l'emprunt ni à l'impôt nouveau, le gouvernement réaliserait le tour de force d'équilibrer efficacement le budget de 1933 et les suivants si les recettes des exercices futurs se maintenaient à la hauteur de celles prévues pour l'année prochaine. Ce matin, le gouvernement prendra des décisions qui seront communiquées dans l'après-midi par M. GermainMartin et M. Palmade à la commission des finances. Et celle-ci, informée, pourra sans tarder s'atteler à la besogne qui lui incombe tout d'abord l'examen des dépenses afférentes aux divers départements ministériels. Avant d'aborder la question de l'équilibre budgétaire, M. GermainMartin avait exposé au conseil les grandes lignes de la réforme de la comptabilité publique dont il vient, d'accord avec son collègue du Budget, de décider la réalisation. Le conseil a, d'autre part, établi le plan d'outillage national dont la première tranche sera proposée au Parlement avant le vote du budget, les tranches suivantes devant être présentées après que l'équilibre budgétaire aura été réalisé. La première tranche serait de 4 milliards à couvrir par un emprunt. Les tranches suivantes porteraient sur une huitaine de milliards. Ch. M.

LA REFORME

DE LA COMPTABILITÉ PUBLIQUE La réforme dont les ministres des Finance* et du Budget ont ainsi saectionné le principe et ordonné la réalisation est préconisée depuis de longues années.

Les méthodes de la comptabilité budgéta,ire française ont trouvé jusqu'ici leur expression dans le décret du 31 mai 1862. Ce texte fondamental, véritable code de la, comptabilité .BlihUaue. n'a reçu, depuis lors, que des retouches de détail qui en ont altéré plutôt qu'amélioré l'ordonnance. En 1878, une commission fut bien constituée pour procéder à la revision qui s'imposait et tint, durant six années consécutives, des sérances comportant plus, de 500 pages de procèsverbaux. Mais elle n'aboutit pas à formuler des propositions précises. Les imperfections de notre comptabilité publique ont ainsi subsisté elles ont apparu clairement pendant la guerre et au cours dee années suivantes, lorsque se sont révélées les difficultés qui se sont opposées, pendant de longues années, à l'apurement des comptes.

C'est pourquoi, an début de l'année 1930, M. Henry Chéron, ministre des Finances, chargea une commission de techniciens de rechercher les améliorations indispensables.

Cette commission s'est préoccupée de ne pas s'engager dans les discussions de principes et les exposés de doctrines elle a consacré directement son activité à l'examen des faits et à l'étude des mesures propres à corriger les défauts du régime de notre comptabilité publique. Eclairée dans ses travaux par la haute compétence de M. Maurice Bloch, procureur général près la Cour des comptes, son vice-président, elle a pu coordonner, sous la direction de l'inspecteur général Drouineau, l'action des grands services du ministère des Finances, concourant à la réalisation d'une réforme si souhaitable.

Depuis près de trois ans, la commission poursuivait ses travaux. Cependant, à plusieurs reprises, les commissions des finances du Sénat et de la Chambre avaient manifesté leur désir de voir apporter dans la présentation des comptes l'ordre et la clarté qui sont la condition même d'une exacte information et d'un contrôle efficace.

Répondant à des voeux si légitimes, M. Germain-Martin, ministre des Finances, annonçait le 16 juillet 1932, à la Chambre qu'il entendait faire aboutir la réforme dans le plus bref délai. Tenant sa promesse, le présent gouvernement a décidé de réaliser la réforme de la comptabilité publique selon les propositions de la commission, qui tendent à permettre d'établir et de publier, chaque mois, une situation comptable complète et claire, fournissant au Parlement les éléments de contrôle qui lui font aujourd'hui défaut. Comme en Angleterre, la publication de situations mensuelles permettra de suivre avec précision et à intervalles rapprochés les résultats de l'exécution du budget et les mouvements de la trésorerie. Les quelque 1.500 comptes ouverts dans les écritures des comptables seront regroupés en un petit nombre de comptes généraux où les opérations se trouveront classées suivant leur nature et non. comme actuellement, suivant les méthodes appliquées pour les exécuter ou les règles imposées pour les contrôler.

Le nouveau régime ne pourra entrer immédiatement en application, car la réforme entraîne la modification profonde des comptabilités de tous les agents du Trésor. Mais en approuvant les principes de cette réforme, M. Germain-Martin a ordonné que son exécution soit achevée dès la fin de la prochaine année.

Avant de partir pour le front en 1918 un soldat tué quelques jours plus tard avait écrit à sa mère

La pauvre femme vient seulement de recevoir la lettre

Pau, 19 août (dép. Petit Parisien.) Une habitante de Jurançon vient de recevoir une lettre de son fils mise à la poste de Bordeaux en mai 1918. Le jeune homme, qui venait d'être versé à un régiment colonial, annonçait son départ pour le front. il fut tué quelques jours plue tard. On juge de l'émotion de la pauvre mère en recevant des nouvelles qui semblaient venir d'outretombe.

GRAVE ACCIDENT DE CHEMIN DE FER PRÈS DEJOSCOU Moscou, 19 octobre (d. P. Parisien.) Un terrible accident de chemin de fer s'est produit à Lioublino, à douze kilomètres de Moscou. Le rapide venant de Sotchi, station balnéaire située sur la mer Noire, et ramenant dans la capitale un grand nombre de fonctionnaires dont les vacances étaient terminées a déraillé. Le nombre des victimes, très élevé, n'est pas encore connu officiellement.

[Une dépêche transmise de Moscou, via Varsovie, à l'agence Sud-Est annonce que le nombre des victimes, tant tués que blessés, de ce déraillement dépasserait la centaine.]

Trebitcb Lincoln

a été arrêté hier à Bruxelles Sur sa demande, le louche personnage a été reconduit en Allemagne Bruxelles, 19 oct. (dép. Petit Parisiex) Le fameux aventurier Trebitch Lincoin, ex-membre de la Chambre des communes, espion allemand, membre de l'Intelligence Service, et actuellement roi-disant prêtre bouddhiste, a été arrêté ce matin à Bruxelles où il était arrivé dimanche. 11 séjournait à l'hôtel de l'Espérance, près de la gare du Midi, sous le nom de Chao Kungr, inscrit sur un passeport qui lui avait été délivré le 16 juillet dernier par la commission municipale de Changhai. Ce passeport, qui le déclare sans nationalité, né en Hongrie, âgé de cinquante-trois ans, lui fut délivré pour se rendre en Allemagne. Il porte un visa régulier de transit du consul belge à Changhaï, mais cs visa ne lui permet pas de séjourner en Belgique. Trebitch Lincoln a été arrêté à 8 heures du matin par un commissaire aux délégations judiciaires alors qu'il se trouvait encore dans sa chambre. Il n'a fait aucune difficulté pour suivre le policier au palais de justice.

Aux questions qui lui furent posées, il déclara qu'il avait débarqué à Marseille le 10 septembre venant de Changhai et était parti pour Berlin où il donna des conférences sur la doctrine bouddhiste. Puis il partit pour Munich d'où il revint à Berlin. Samedi, il prenait le train pour Bruxelles où il attendait, a-t-il affirmé, un visa français. On lui a signifié qu'il était indésirable en Belgique et qu'un arrêté d'expulsion était pris à sa charge.

Trebitcli Lincoln a alors demandé à être reconduit en Allemagne. Avant de prendre le train à 2 h. 30 pour Cologne, il demanda à diner dans un restaurant

Trebitch Lincoln en moine boudhiste végétarien de la rue de la Régence, ce qui lui fut accordé.

Trebitch Lincoln est entièrement rasé, son crâne dénudé et caché par une calotte crochetée, surmontée d'un bonnet grec. Il porte une robe de prêtre bouddhiste en vulgaire étoffe noire. LES AFFAIRES D'AVIATION (Voir à ia deuxième page.)

Le général Weygand arrivant au fixait

M. Chsumié dans les couloirs de l'instruction

La remise

à M. Herriot de la médaille de Gœthe

UN DÉJEUNER D'ADIEUX A M. VON HŒSCH

par Louis ROUBAUD

Ne dites pas

L'ambassadeur d'Allemagne a été invité hier chez le président du Conseil, Dites

M. von Hocsch, Parisien, a déjeuné chez M. Edouard Herriot. littérateur. C'était une réunion d'adieux le Parisien quittait le vieil hôtel du prince Eugène et de madame Horteflse. sur les rives de la Seine, pour s'enfoncer dans les brouillards de la Tamise.

Et une petite fête littéraire le littéra-

M. v«a HœscJ» arrivant au Quai d'Orsay teur, pour avoir aimé et fait aimer Gcethet recevait la médaille du poète, une jolie médaille d'argent, gravée au nom de son titulaire. avec un beau diplôme orné d'une magrifique et gigantesque signature de M. von Hindenburg.

La politique étrangère était, pour quelques heures, bannie du Quai dOrsay. MM. Paul Valéry et André Gide, qui ont reçu la même plaquette' et le même parchemin, n'ont. que je sache, jamais poussé un pion sur l'échiquier diplomatique. Est-ce bien vrai ?

Les poètes, les écrivains, les artistes ne sont-ils pas, souvent, les meilleurs ambassadeurs de leur pays?

M. von Hœsch l'avait cru.

Pendant qu'on discutait, à Paris et à Berlin, dans les chancelleries, les Fran-< çais applaudissaient l'opéra allemand, les Allemands l'opéra français. On ouvrait ici une exposition de peinture germanique et, là, un Salon d'art gaulois. Si quelque fil ou quelque ficelle trop tendu de la Wilhelmitrasse au Quai venait à se rompre, l'hôte de là rue de Lille le remplaçait par les cordes harmonieuses dut violon, voire du violoncelle.

Et cela dura douze ans

Sans doute, l'activité de M. von HoescH ne fut pas. si j'ose écrire, purement musicale. Il est peu de ministres étrangers qui, durant un séjour aussi prolongé en France, aient eu à surmonter plus de difficultés, à accomplir plus de travaux. L'accord commercial franco-allemand de 1927 n'est ni le seul ni le moindre d'entre ces ouvrages.

L'oeuvre à laquelle M. von Hcesch collabora avec le plus de ferveur ce fut l'amitié personnelle qui unit deux hommes d'Etat de l'un à l'autre côté du Rhin Aristide Briand et Stresemann.

J'avais pour M. Briand une très profonde affection, me dit avec quelque émotion le nouvel ambassadeur du Reich à Londres je voyais votre ministre des Affaires étrangères bien plus souvent que le mien: ni l'un ni l'autre ne parlaient la langue du voisin j'ai pu leur servir d'interprète.

De mon fauteuil, parmi des piles de dossiers destinés à être avalés par les valises béantes, j'examinais M. von Hœsch, devant son bureau, jouant avec les lunettes d'écaille qu'il ne porte pas à la ville. Il est grand, glabre, élégant, un peu hautain, mais souriant, et s'exprime, sans accent, dans un français pur et auancé: M. Briand n'était pas mon seul ami je dois recevoir et envoyer en ce moment beaucoup d'adieux.

Mon regard se portait instinctivement vers des monceaux de cartes de visite que le portier allait dénombrer tout à l'heure à mon intention: pius de quatre mille 1 L'hôtel de l'ambassade est heureusement plus vaste que la maison de Socrate. Il n'est pas de demeure, à Paris( dont l'habitant ait pu établir un pareil record.

Mais, peut-être, mon hôte se méprevnait-il sur le sens de mon inspection muette il s'excusa du désordre Je ne vous souhaite pas de faire jamais pareil déménagement! Je réside ici depuis douze ans.

Il s'interrompit et réfléchit avec quelque mélancolie

Douze ans à Paris Lorsqu'on s'ea va. Ça vous fait tout de même quelque chose

Le séjour parisien comotera, en effet, dans sa vie. Il est peut-être un cas unique. sinon de durée, du moins d'avancement sur place. Avant sa première arrivée à la gare du Nord, le jeune diplomate avait, comme ses collègues, parcouru le monde. Il avait servi son gouvernement à Pékin, Londres, Sofia. Constantinople. Christiania, Madrid. Mais il n'était que conseiller lorsqu'il s'assit pour la première fois devant ce bureau, en 1921.

Fils d'un grand métallurgiste dresdois, de noblesse récente, appartenant par sa mère à la vieille famille viennoise des von Sheller, M. Léopold von Hœsch aurait pu être maître de forges. Sa jeunesse, à l'ombre des hauts-fourneaux, le prédisposait à gouverner une industrie et lui donnait les qualités du businessman. Ces dons pratiques apportés dans la carrière le favorisèrent sans doute, mais il y ajoutait d'autres qualités son héritage de Vienne, ville d'art et de salon. Dons et qualités, d'apparence contradictoire, l'avaient sans doute désigné à la périlleuse mission de confiance dont il fut chargé zn venant représenter l'Allemagne en France pendant l'occupation de la