bpt6k6275217/f1


LES GRANDES ENQUÊTES DU "PETIT PARISIEN" Sous le masque Andrée VIOLLIS

COMPLOTS MILITAIRES

fi ET ASSASSINATS POLITIQUES Pendant les hostilités de Changhaï, en février, deux brefs télégrammes de Tokio nous apprenaient, à quelques semaines de distance, l'assassinat de M. Inouye, ministre des Finances de l'ancien cabinet minseïto, puis celui du baron Dan, directeur de la grande banque Mitsui, un des princes de la finance japonaise. Nul commentaire n'accompagnait les tragiques nouvelles, si bien que, dans le tumulte des combats, elles passèrent à peu près inaperçues.

Mais à mon arrivée à Tokio, sinon dans la presse, qui ne donnait guère que des informations confuses et tronquées, du moins dans les propos, il n'était question que du vaste complot que l'on venait de découvrir. On n'en parlait d'ailleurs qu'à mots couverts et prudemment, car ses ramifications s'étendaient chaque jour plus loin et plus haut, révélant d'étranges et puissantes complicités. Ce n'est pas le premier, me diton. En octobre, quelques semaines après le coup de force de Mandchourie, la police révélait, à la veille où elle devait éclater, une conspiration, uniquement militaire celle-là. Le plan était complet et précis les conjurés devaient assassiner le baron Wakatsuki, premier ministre du gouvernement minseïto, et M. Shidehara, ministre des Affaires étrangères puis supprimer ou emprisonner les autres membres du gouvernement, dissoudre la Diète, constituer une dictature militaire. On annonça l'arrestation de plusieurs jeunes officiers, on donna quelques

détails sur l'organisation dont ils faisaient partie puis, tout à coup, un mystérieux silence s'abattit sur l'affaire. Les coupables avaient-ils été relâchés ? Ou mis en lieu sûr ? En tout cas, ils disparurent de l'affiche, et nulle arrestation nouvelle ne fut décrétée. On prétend même que le ministre de la Justice aurait alors confessé avec découragement

Ils sont trop nombreux. Pouvons-nous risquer de voir toute l'armée de Mandchourie se dresser contre nous ?

Singulier aveu de la part de ce défenseur de la société.!

Quand M. Inouye et le baron Dan furent successivement supprimés, on crut d'abord qu'il s'agissait d'un complot d'intellectuels de gauche. Les deux meurtriers et dix-huit coupables ou complices qui furent arrêté- peu après étaient pour la plupart des étudiants de l'Université impériale de Tokio, des professeurs ou des écrivains. Presque tous appartenaient à d'excellentes familles dont quelques-unes jouissaient d'une fortune considérable.' Ils étaient groupés autour d'un chef nommé Nissho Inouye oui, du même nom qu'une de ses victimes qui semble avoir exercé sur eux la, plus magnétique influence.

Etrange figure, particulièrement japonaise, que celle de ce prêtre unissant dans la même âme brutale et brûlante le fanatisme du patriote à celui de l'ascète. Un homme d'une quarantaine d'années, brillant et cultivé sans être officier luimême, il avait toujours vécu dans les milieux militaires, et son frère, aviateur connu, fut tué 'en Chine au cours des récents combats. Il était admirateur passionné du baron Tanaka et de sa belliqueuse politique d'expansion nationaliste. Célèbre escrimeur, il fut d'abord chargé d'enseigner cet art, cher au cœur nippon, à certains corps de jeunes officiers puis, pendant la guerre, devint secrétaire particulier du général Sakanishi, et enfin dirigea un bureau de l'Intelligence Service de l'armée de Mandchourie.

C'est alors que la grâce le toucha. Il rentra au Japon et, après une période de retraite et de méditation. devint prêtre de la secte Nirichen, secte bouddhiste qui exige une particulière austérité d'existence.

On le retrouve dans une ville de province où il enseigne sa doctrine à un groape de jeunes gens. Comment passa-t-il de la propagande

religieuse à l'agitation politique et put-il concilier la doctrine bouddhiste, d'une si tolérante douceur, avec l'assassinat prémédité ? Mystère de l'âme asiatique.

Ayant attiré autour de lui de nombreux disciples, il choisit les plus braves, les plus désintéressés, et fonde la Ligue de la Fraternité du Savy. Chacun des affiliés signe de son sang le serment de fidélité et de sacrifice complet à la cause. Une liste de proscriptions est alors dressée elle compte une vingtaine de noms d'une part, les hommes politiques estimés trop modérés au point de vue patriotique d'autre part, les capitalistes industriels et grands financiers tous convaincus de crime de lèse-patrie, ou plutôt de lèse-fascisme.

(La suite à la M. et Mme Albert Lebrun sont réinstallés à l'Elysée Le Président de la République, accompzgnë de Mme Albert Lebrun, est Rambouillet, pour s'installer définitivement au palais de l'Elysée.

Le plan français

de réduction des armements Hier après-midi s'est réunie, au Quai d'Orsay, sous la présidence de M. Herriot, .la commission d'étude destinée à préparer la réunion du conseil supérieur de la défense nationale, qui aura pour but l'examen du plan français à soumettre à la conférence du désarmement.

Assistaient à la réunion les trois ministres de la Défense nationale, MM. Paul-Boncour, Georges Leygues et Paul Painievé, ainsi que le maréchal Pétain, les généraux Weygand, Gamelin et leurs chefs d'état-major. Dans la matinée, le président du Conseil avait reçu la visite de lord Tyrrell. Bien que rien n'ait transpiré de cet entretien, il y a lieu de supposer que le gouvernement britannique est toujours préoccupé des moyens de mettre en ceuvre le projet de conférence à quatre, dont le principe a été décidé lors du récent voyage de M. Herriot à Londres et dont la réalisation est empêchée par le refus persistant de l'Allemagne de tenir cette réunion à Genève.

Un ancien lieutenant du 110' R. 1. invalide à 100

grand officier de la Légion d'honneur M. Marcel Levie, ancien lieutenant au régiment d'infanterie, titulaire d'une pension d'invalidité de 100 est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur.

TROIS CRISES MINISTERIELLES en Belgique, en Roumanie, en Tchécoslovaquie

Lire en troisième page les dépêches de nos correspondants particuliers. LE MARIAGE PRINCIER DE COBOURG

La princesse Sybille de CobouTg-Uotb» et le prince Gustave-Adolphe dé, Suètfe (Par téléphotographie de afrliu.)

UN IMPORTANT DISCOURS DE M. EDOUARD HERRIOT « Le paps n'est pas seulement ma principale affection, il est ma vraie passion »

C'est au cours d'un déjeuner du syndicat des quotidiens régionaux que le président du Conseil a été amené à prendre la parole M. Edouard Herriot, président du Conseil, qu'accompagnaient MM. Marchandeau et Patenôtre, sous-secrétaires d'Etat, a présidé hier le déjeuner qu'offrait le syndicat des quotidiens régionaux, à l'occasion de la promo- tion de MM. Marcel Gounouilhou, di recteur de la Petite Gironde, présider? d'honneur du syndicat, au grade d commandeur de la Légion d'honneu Au dessert, M. Gustave Bourrage? a souhaité la bienvenue au présider du Conseil et à ses collaborateurs, Ma; Marchandeau et Patenôtre, tous deu; membres du syndicat. Au nom de tous ses collègues, il a dit à M. Herriot, la vive admiration que tous, sans exception, professent, non seulement pour le lettré, le conférencier, l'homme de haute science et d'esprit qu'est le président du Cons--11, mais encore et surtout pour le patriote, le grand Français que tout le monde honore. M. Bourrageas a fait ensuite un vif éloge de M. Gounouilhou, qui, après avoir remercié ses collègues, s'est associé aux paroles adressées par M. Bourrageas au président du Conseil et a assuré M. Herriot de sa haute estime et de sa respectueuse sympathie.

M. Edouard Herriot, en une émouvante improvisation fréquemment applaudie par l'assistance, a répondu aux toasts portés en son honneur: Le discours de M. Herriot

Après avoir remercié le syndicat des quotidiens régionaux et après avoir déclaré qu'il avait voulu récompenser en M. Gounouilhou « un homme dont la dévouement au pays se manifeste non pas seulement par les services rendus è l'intérieur, mais encore par l'influenc: qu'il a exercée souvent au dehors r., 1( président du Conseil a poursuivi en ceï termes

Je suis un vieux journaliste je n'ai jamais été mêlé au monde des affai- res. En revanche, toute ma vie, j'ai pris ma part et ma place dans la discussion des idées.

J'ai toujours respecte celles des autres et défendu les miennes par des procédés qui n'ont jamais été ceux de la dissimulation, de la ruse, de la mauvaise foi et de la violence.

Je suis trèa heureux de ces souvenirs qui m'attachent à vous.

Je suis très heureux aussi de rencontrer dans cette assemblée, parmi tant d'amis, des hommes avec lesquels j'ài collaboré. M. Soustelle, par exemple, ou des hommes sous lesquels j'ai servi comme mon vieil et fidèle Carrère, qui | m'a été si dévoué dans des heures dif} ficiles.

Lorsque mon mandat ministériel sera expiré, je reprendrai ma plume d'écri1 vain.

Veuillez croire que je n'aurai pas du déchéance, j'aurai, au contraire, la satisfaction de défendre à nouveau ma pensée et de lutter pour ce que je crois être l'intérêt général. -1 "'̃" • Que la pressa française garde son indépendance. Et, puisque je parle devant vous, représentants de nos provin- ces françaises, qu'elle conserve la diversité, les nuances de ses opinions régionales qui finissent par composer le plus délicieux des bouquets, car pour faire un bel ensemble il faut des fleurs de différentes couleurs.

Je vais répondre à vos souhaits de hienvenue avec la plus grande sincérité, comme un homme qui a parcouru la plus grande partie de sa carrière et qui veut dire tout ce qu'il pense.

Il y a en moi deux hommes.

D'abord l'homme politique celui-là a sa conviction qu'il a choisie librement il veut croire qu'il y a été toute sa vie j fidèle et c'est justement pour cette rai- son qu'il respecte parfaitement votre pro- pre liberté égale à la sienne. Il trouve tout à fait légitime que l'homme politique qui est en lui vous appartienne pleinement et jamais il ne vous saurait un mauvais gré d'exprimer sur son compte des jugements, pourvu que ceuxci soient toujours exprimés avec la courtoisie et la modération qui sont à l'honneur de notre race. Dans la tradition de notre France, dans le souvenir, dans les enseignements et comme dans l'ordre que nous ont légué les hommes éminents dont nous nous récla- mons tous, nul plus que moi ne saura respecter votre indépendance.

Il y en en moi aussi un autre homme et c'est celui-ci qui va vous parler maintenant.

(La suite à la troisième page.) Mort de M. Angoulvant

l 1 ancien gouverneur général des colonies

M. Angoulvant, ancien gouverneur général des colonies, est décédé à Paris. Ses obsèques ont eu lieu hier matin.

[M. Angoulvant était né à Longjumeau en 1872. Il avait occupé les postes les plus divers de notre empire colonial: administrateur ou secrétaire général en Indochine, à DjiI bouti, au Congo, igouverneur de la Guadeloupe, de

Saint Pierre- et Miquelon, de l'Inde ,française, de la Côte d'Ivoire enfin gouverneur général de l'A. E. F.. et, cumulativement, de l'A. E. F. et de I l'A. 0. F. Il avait été également commissaire général de l'Exposition !coloniale et député de l'Inde de à 1928. Il était commandeur de la Légion 1 d'honneur.]

Mme MATZA née Finaly, présidente de l'Aide aux femmes de professions libérales, qui vient de recevoir la croix de chevalier de la Légion d'honneur au titre du ministère du Travail et de la Prévoyaac» sociale.

j! LE CENDRIER S<i mm mu par .$dmoiui SBS

l'Académie des sciences morales fêtait hier son centenaire

Le Président de la République assistait à la cérémonie au cours de laquelle, en sa qualité d'associé étranger, M Edouard Benès, ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, a prononcé un remarquable discours sur le rôle et la mission de la Frqnce dans l'Europe d'après-guerre

Supprimée sous l'Empire, l'Academie des sciences morales et politiques fut rétablie par la monarchie de juillet, à l'instigation de Guizot. C'était le 26 octobre 1832. En avance de quelques jours, elle célébrait hier, à l'occasion de sa séance publique annuelle, le centenaire de sa résurrection. Il y avait, sous la vieille coupole poussiéreuse du quai Conti, l'affluence des grandes journées académiques. Un peu avant 2 heures de l'aprèsmidi, un roulement de tambour avait annoncé l'entrée de M. Albert Lebrun, président da la République, qu'accompagnaient M. Edouard Benés, ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, et un officier de sa maison militaire. Le chef de l'Etat vint s'asseoir, au près

de M. de Fontenay, président Ou conseil municipal *de Paris, et de M. Hippolyte Ducos, sous-secrétaire d'Etat à l'Enseignement technique. Un second roulement de tambour annonça alors l'entrée du bureau. M. Brunschvicg, président en exercice, prit séance entre M. 13|Ton-Oaen, secrétaire perpétuel, et M. Emile Bourgeois, vice-président de la compagnie. Un flot d'habits verts et de jaquettes garnissait rapidement les travées 1 réservées aux membres de l'Institut. On y reconnaissait, en uniforme brodé MM. Millerand, Risler, Ferdinand Brunot, Fernand Laudet, Fortunat Strowski, Paul Hazard. Chatles Bennist, Berthéiemy, Germain-Martin, ministre des Finances^ etc.

M. Georges Lecomta, de l'Académie française, était au-dessous de la statue de Bossuet, ainsi que le général Gouraud, qui portait l'uniforme bleu. Ayant déclaré la séance ouverte, M. Brunschvicg salua le Président de la République, prononça l'éloge des morts de l'année, et notamment de M. Jusserand, ancien ambassadeur. Ayant évoqué Descartes et le rôle respectif de ranalyse et de la synthèse, M. Brunschvicg rappela que Condillac avait loué, jadis, les petites couturières de pratiquer l'analyse bien mieux que certains philosophes quand elles décousent une robe pour mieux 1 en refaire des copies. Le président due l'Académie n'est point bonapartiste. Il reprocha en termes amers à Napoléon d'avoir dissous les sciences morales. « Un grand homme, dit-il, doit d'abord être un ijpmme, et il ne suffit pas qu'il se donne des airs de surhomme.

Après le discours du président, M. Emile Bourgeois donne lecture de la liste des récompenses annuelles dé1 cernées par la compagnie. On y trouve notamment le nom de Mme Georges Leygues, récompensée comme présidente de la Légion nationale contre le taudis celui de l'abbé Keller, fondateur de la Cité du souvenir celui de M. de Thézac, fondateur de l'Abri du marin enf>- sur les 50.000 francs de la fondation Berthault, l'Académie a accordé 25.000 francs à la Société icentrale de sauvetage des naufragés et trois prix de 4.000 francs aux veuves des inspecteurs de police i^Wnti Paul, Cambours et Thibon, tués dans l'affaire du bureau de poste de Marseille.

Discours de M. Benès

Un vif mouvement d'attention nrarqua l'ascension à la tribune, placée devant le bureau, dé M.'EKJbuard assolé J^iadémie

sciences morales. Jeune, élégant, bien pris dans son uniforme d'académicien, M. Benès, que des applaudissements nourris allaient souvent interrompre, devait, dans un magistral discours, dire éloquemment sa pensée sur la France et sur le rôle prépondérant joué par notre pays dans l'évolution de l'Europe.

Bien qu'il soit singulièrement hardi, pour un étranger comme moi, de parler a des Français de leur pays, commence par dire M. Benès, j ai accepté de venir vous parler de ia France, d'essayer de vous décrire ce que, à mon avis, la France représente pour la jeune Europe d'après guerre. Peut-être me reconnaîtrez-vous quelque droit à traiter devant vous un pareil sujet. J'appartiens, en effet, à cette, jeune Bïiïqpeïj!«e-d,e la plus terrible conflagration que le momîij ait connue, à un de ces Etats nouveaux qui a déployé toutes ses forces et .touij&fMgl. énergte- à Ta*1 çotëtsfcrtmtiô-n dü' rtïoleè dans lequel nous vivons et qui- est toujours en formation.

(La suito la deuxième pa,ge.)

POUR ET CONTRE Le verj^Bt impitoyable rendu dans l'affaire ÎVÎouvault confirme le sentiment que j'exprimais ici-même la semaine passée. Nos jurés deviennent sévères sans j cesser d'être justes. Les criminels, sans doute, ont iassé leur patience. Après des années d'immense indulgence, la justice populaire s'oriente aujourd'hui vers la répression rigoureuse, vers la répression constante. Tout crime, maintenant, est puni. Le châtiment, maintenant, est, le plus souvent, implacable.

Le régime de l'indulgence n'ayant incontestablement pas eu d'heureux effets, on va bientôt voir si celui de la sévérité donne de meilleurs résultats. On va voir. A mon humble avis, c'est certain d'avance.

Je crois, en effet, je crois sincèrement que les criminels sont lâches et peureux. C'est une histoire d'aller dire que la guillotine et le bagne les laissent indifférents. C'est une histoire d'aller raconter qu il y a dans le monde des malfaiteurs comme une mystique crapuleuse de la « veuve a. Ça va, cette mystique, cette crânerie. macabre, dans un couplet de chanson réaliste et bêbcte. Mais ça ne va pas dans la réalité. L'assassin a peur de l'échafaud. Le condamné que le bourreau jette sur la bascule funèbre ne « çràne x> pas. Il est terrifié et perdu.

Les criminels « crânent » quand ils espèrent échapper au châtiment. Mais ils sont piteux, tremblants et soumis quand I ia justice les tient. Ils ont peur. Ils ont grand'pevr. Qu'ils soient la Terreur du 'Sébisto ou le « Grand Frisé de Be!leville ils ont terriblemsnr peur quand. entre les quatre murs d'une cellule, Ils n'ont plus qu'à attendre le réveil fatal. Les chanteuses à foulard rouge qui font pâmer les gens du monde, messieurs et dames, en célébrant, d'une vDix râpeuse, les exploits de nos chourineurs, affirment invariablement qu'ils « n'ont pas les foies ». Pardon I! y a erreur Messieurs les assassines « ont ks foies » Ils sont à la fois sans pitié et sans courage. Une répression sévère donnera sûrement à réfléchir à réfléchir utilement aux violents, aux fainéants. aux bandits éventuels que l'idée du crime n'effarouche pas. L'idée du châtiment les gênera considérablement. Ils reculeront devant le crime quand ils sauront qu'ils n'ont aucune indulgence à attendre des jurés devant lesquels ils risquent de comparaître. Ils reculeront devant le crime quand ils auront pu acquérir la conviction tort nette que le métier d'assassin est devenu extrêmement dangereux. Ainsi, grâce à la répression, il y aura un jour beaucoup moins d'assassins à condamner et, par conséquent, beaucoup moins de victimes à porter en terre. La répression. ainsi, aura des effets franchement humanitaires. Le nombre des assassinés diminuera comme celui des guillotinés. Maurice Prax.

L'ETAT DE SANTE

DE M. BONI DE CASTELLANE EST STATIONNAIRE

Le marquis Boni de Casteilane qui, ainsi que nous l'avons dit hier, est dans un état de santé alarmant, a passé une nuit agitée. Les médecins qui le soignent ont constaté, au cours de la journéft–4'hier, qu'il avait une fièvre très élâveç. et' le pponosjic est toujours ré-

LA COMMISSION DES FINANCES A REPRIS

SES TRAVAUX. UNE LONGUE DISCUSSION S'EST PRODUITE

AU SUJET DES PROPOSITIONS GOUVERNEMENTALES

M. Palmade, envoyé par M. Herriot, a déclaré qu'il ne pouvait donner aucune indication précise avant le prochain conseil des ministres

Le gouvernement délibérera aujourd'hui en fin de journée au quai d'Orsay et demain matin à l'Elysée sur les moyens propres à équilibrer le budget. MM. Germain-Martin et Palmade se rendront demain après-midi devant la commission

La reprise de l'activité parlementaire a été marquée par la réunion de la commission des finances que son président, M. Malvy, avait convoquée, hier après-midi, à 15 heures, au Pa- lais-Bourbon, en vue de l'examen du projet de loi portant fixation du budget de 1933.

Le gouvernement, en effet, a déjà saisi la commission de plusieurs budgets de dépenses justice, services pénitentiaires, régions libérées, Légion d'honneur, commerce, enseignement technique, marine marchande, beauxarts, travail,, agriculture. Aussi avait- elle inscrit à l'ordre du jour de sa pre- mière séance l'examen des deux bud- gets des services judiciaires et des'; services pénitentiaires, pour lesquels M. Bonnevay a été désigné comme rapporteur, et celui du budget de la Légion d'honneur, dont le rapport a été confié à M. Patenôtre-Desnoyers. Mais l'élaboration de quelques budgets importants ceux, notamment, de la guerre, de la marine et de l'air. ainsi que les budgets de l'instruction publique, des travaux publics et des P. T. T. n'est pas encore tout à fait achevée.

D'autre part, la commission a ma- jnifesté l'intention de ne commencer, l'examen des budgets particuliers, qu'après avoir entendu MM. Germain-.Martin et Palmade lui exposer le plan général envisagé par le gouvernement pour établir l'équilibre entre les recet- tes et les dépenses.

C'est pourquoi les membres du goucabinet., au Quai d'Oràay, Ses autour- d'hui, au lieu de vendredi, et le conseil'; dès ministres qui devait avoir lieu sa- m e d i se 'tiendra demain matin. M. Edouard Herriot a pris cette décision afin que le ministre des Finan- ces et le ministre du Budget puissent se mettre dans le plus bref délai à la disposition de la commission des fi- nances pour lui donner tous les éclair- cissements que les commissaires jugeront à propos de leur demander sur le projet général de budget.

Ce projet ne peut, en effet, être définitivement arrêté que par un conseil des ministres. Celui-ci devant se réu- nir demain matin, la commission siégera l'après-midi pour entendre MM. Germain-Martin et Palmade. Après quoi. elle sera en mesure d2 se mettre immédiatement au travail. C'est ce qui résulte des délibérations dont nous allons retracer le cours. En ouvrant la séance, M. Malvy a tout d'abord indiqué que, s'il a convo- qué ses collègues, alors que le premier j volume du budget (exposé des motifs et équilibre) n'est pas encore prêt, et qu'il lui est seulement parvenu à cette j heure un petit nombre de budgets de dépenses, c'est pour gagner un temps précieux.

Si l'on attend le volume conte- nant la loi -de finances et exposant, l'équilibre du budget, la discussion, a fait observer le président de la com- j imission, ne pourrait commencer qu'à, une époque tardive, et cela nous con- j duirait tout droit aux douzièmes proI visoires.'

Aussi M. Malvy a-t-il demandé à I ses collègues de ne pas ajourner l'examen du budget et bien que cette méthode soit en principe défectueuse de commencer dans le plus bref délai l'examen des budgets des dépenses au fur et à mesure qu'ils seraient distribués.

Mais M. de Lasteyrie a pris la parôle. Le député de Paris estime qu'il est impossible d'examiner les budgets particuliers sans connaitre le sentiment du gouvernement en ce qui concerne l'équilibre.

On annonce, a-t-il dit, un déficit i de 12 milliards. Il faut donc savoir en quoi consisteront les mesures d'ordre extraordinaire nécessaires et quelles !sont les directives du gouvernement sur les questions des fonctionnaires, des subventions, du matériel, etc. M. de Lasteyrie a propose, en con- séquence, d'inviter le gouvernement à venir préciser ses vues devant la commission avant tout examen des budi gets de dépenses.

(La suite à la deuxième page.) 'LE PROCES DE « ROCAMBOLE » ET DE SON AMI « JOJO » (Voir à la sixième page-)

Le souvenir de cette nuit tragique n'a sans doute pas été oublié. Quatre étrangers, Argentins de fraîche ou ancienne date. Luiz Fernandez, Alberto Tesone, Pedro Rosmarin et Eduardo Pronsato, accompagnés d'une jeune femme, Mlle 1 Simone Grangemare, qui n'était pour I rien dans l'affaire, avaient pris place autour d'un guéridon. Ils engagèrent, Itout d'abord, une conversation à voix basse. Bientôt, on les vit se passionner le ton se haussa. Un garçon, M. Ferras, finit par intervenir. Trop tard Luiz Fernandez déjà s'était levé. un revolver à la main. Sa colère, plus feinte, peutêtre, que réelle, ne l'aveuglait pas. Il tira trois fois et toucha mortellement ses trois compatriotes.

On s'est étonné, à juste titre, d'une I hahileté si exactement meurtrière. C'itait mal connaître l'homme qui venait ainsi le mot est de lui de « faire valoir son bon droit s. Il apI partient en effet à cette pègre internaI tionale et redoutable qui hante les paquebots, les palaces, les wagons-lits er les casinos des villes d'eaux. Il n'avait d'autre profession que celle de tricher au jeu et appartenait à l'une des, ces associations à peine clandestines qui non seulement fournissent leur* de renseignements précis leur permettent de rencontreç^ans difficultés de^s dupes à -dépouiller^* • De sorte que l'instruction ouverte à la suite dé ce triple meurtre ne parvint à réunir, sur les origines du drame, que des données aussi précaires qu'imprécises les bandits de cette espèce par.lent peu et ne livrent aucun secret. L'identité des victimes ne fut établie qu'à grand'peine, si bien que l'un de ces joueurs fut enterré sous un nom que l'on découvrit faux par la suite.

II s'agit donc d'une affaire simple, vile, et qui mit aux prises des types accomplis d'indésirables. Elle sera évoquée demain devant le jury. Le mécanisme n'en diffère pis de celui qui dresse les uns contre les autres les pires apaches des barrières. Mais ces Argentins zézayant avaient troqué la casquette à carreaux et le foulard contre le smoking ou l'habit. Ils étaient, si l'on peut dire, montés en grade et avaient su élégamment transporter dans les cercles mondains les moteurs des bals musette. Et Fernandez, qui tua I trois fois, sera défendu par M" Henry Torrès.

Le triple meurtre du café de Madrid sera évoqué jeudi devant le jury

Les règlements de comptes entre malfaiteurs, souteneurs, tricheurs ou,'« exportateurs » de la plus ignoble qualité ont toujours donné lieu à de sanglantes bagarres. Le bien mal acquits, en effet, ne se partage pas sans difficulté et le revolver, souvent, sert d'arbitre suprême. Il est rare, cependant, que la liquidation d'une partie frauduleuse de poker, de baccara ou de « tris- co entraîne un triple meurtre. C'est pourtant ce qui s'est produit, le 15 février dernier, dans un grand café des Boulevards, le « Madrid h.

Tout ce que l'on peut affirmer, c'est que chacun de ces étrangers avait su accumuler une petite fortune des dépôts en banque, en dollars, pesetas et francs français ou suisses, en font foi. Il est probable qu'ils ont réussi, de concert, et tout en feignant c'est classique de ne pas se connaître. à dévaliser quelque « ponte imprudent. A l'heure du partage, Fernandez s'est estimé lésé. Il a vainement réélamé sa part, son « dû ». Il n'a rien obtenu, s'est exaspéré et a tiré.

Eugène QU1NCHE. LES AFFAIRES D'AVIATION ILe général Weygand sera entendu aujourd'hui par le juge d'instruction

M. Brack, juge d'instruction, s'est occupé tout d'abord, hier matin, de l'affaire des majorations abusives dans les comptes d'exploitation de l'Aéropostale, et il a entendu à ce sujet M. Moissant, l'un des collaborateurs de M. Vacher, le liquidateur judiciaire nommé par le tribunal de commerce. Après ce témoin, le juge a entendu M. Jean Goldscbied, dit Je m Goldsky, publiciste, qui, en 1930, tait des « éclios » pour signaler <tvp ̃"•nllin, 'it Lucco. était un escroc.

L'après-midi a été occ

cident Lelarge.

On sait que lors de t'un;