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COMMENT SE DÉNOUA

LA GUERRE CIVILE BRÉSILIENNE »-♦-«

Péripéties et intrigues qui marquèrent la capitulation de Saô-Paulo par Luc DURTAIN

Trois mois se sont écoulés depuis que l'Etat de Sâo-Paulo entra en lutte contre le gouvernement provisoire depuis deux ans installé à Rio de Janeiro. Cette rébellion ? Enthousiaste orgueil, idéologie constitutionnaliste, figures énergiques, mais aussi troubles éléments politiciens appuyant Klinger, ce général de pronunciamiento. Guerre civile qui affligea et alarma tout le Brésil. Elle a coûté des milliers de vies elle ne s'est terminée que ces derniers jours. Mais, en réalité, le sort du mouvement pauliste fut réglé dès le début lorsque, les puissants

Etats de Minas Geraes et de Rio Grande refusant à l'Etat rébelle l'aide qu'il espérait, celui-ci s'est trouvé seul en facc de tout le reste du Brésil.

Il y a dans la capitale de l'Etat minier dans cette ville de BelloHorizonte aux immenses avenues, surgie de terre il y a trente ans une large place entourée par les palais du gouvernement local. On peut y remarquer, au-dessus des pelouses et des palmiers, un curieux contraste avec le petit palais présidentiel, colonnes et balcons, et le vaste building moderne du secrétariat de l'Intérieur. Ici, l'image de la vieille politique à éloquence et formules de rhétorique, symbolisée par les rinceaux et les fleurons là, la réalité actuelle, solide, massive. Ces deux aspects sud-américains se trouvent solidement joints dans la confiance réciproque qui unit le vieux président de Minas, Olegario Maciel, et le jeune secrétaire de l'Intérieur, Gustavo Capanema.

J'ai pu approcher l'un et l'autre. L'un, grand vieillard au visage immobile, représentant de ce solide et sage Etat central qui est un peu l'Auvergne du Brésil. L'autre, figure vive et active de très jeune homme à grand front et fin visage, homme politique aux larges vues qui connaît admirablement les langues et les littératures de l'Europe dont il suit par le menu l'évolution sociale. Dans la nuit du 9 au 10 juillet, Capanema est brusquement tiré de son lit par une dépêche. L'incroyable s'est produit. L'Etat de Sâo-Paulo es t en rébellion ouverte et demande l'appui de Minas.

Cinq minutes de réflexion, puis la réponse décisive

C'est une trahison que vous demandez

Toute la nuit, le secrétaire rédige de* télégrammes aux villes, des ordres à la police et à l'armée. La situation est délicate. Le général qui commande dans la capitale minière est mal sûr. Faut-il le briser brutalement ou s'arranger pour l'écarter ? Ces bataillons suspects de sympathies paulistes, vaut-il mieux les envoyer à la frontière ou les garder dans la capitale ? A l'aube, tout est prêt. Maciel signe. Le vieillard suit la jeunesse, comme il arrive si souvent dans l'Amérique du Sud ou du Nord.

Même décision en même temps prise au Rio Grande par Florès da Cunha.

Dès tors, Sâo-Paulo, isolé, était vaincu d'avance. Une de ces luttés héroïquement absurdes par lesquelles l'Amérique du Sud rappelle qu'elle est encore près de la nature qu'elle en a les magnificences, les

erreurs, les fatalités et l'effrayante prodigalité de vies.

Cependant, durant ces mêmes trois mois, le continent sud-américain tout entier n'a cessé de retentir du bruit des armes.

La Colombie, qu'indispose l'attitude du Pérou, charge de troupes des canonnières. On se bat dans les rues de Quito. Au Chili, un ou deux gouvernements par semaine et, même, trois gouvernements en un jour, des avions rebelles fuyant d'aérodrome en aérodrome et capturés enfin par la cavalerie, des manifestations aux théâtres et la famine dans les faubourgs. Et cette romanesque et abominable guerre entre Paraguay et Bolivie, ces fortins mal ravitaillés par l'aviation, où l'on fusille les soldats assoiffés qui parlent de se rendre. Tout cela tandis que s'élargissait la bataille pauliste. Aussi voit-on l'inquiétude gagner même un grand pays intelligent et actif comme l'Argentine, pour lequel les vraies réalités sont la viande, le cuir, le blé. On y envisage de nouveaux programmes pour la marine et l'armée. D'imaginaires avions auraient survolé le territoire argentin ? Buenos-Ayres s'émeut. Vite deux escadrilles lancées à la poursuite de ces ombres.

(La suite la quatrième page.) LE DECRET DE CONVOCATION DES CHAMBRES

Le Journal officiel publie ce matin le décret convoquant les, Chambres en session extraordinaire pour mardi prochain 25 octobre.

LE DOYEN ET UN DES CADETS DU SÉNAT

Le « Redsea » a sauvé l'équipage d'un bateau français en perdition Londres, 17 oct. (dêp. Petit Parisien.) Suivant des messages parvenus cet aprs-midi par T. S. F., tous les membres de l'équipage soit au total 48 du schooner à quatre mâts français dont le Petit Parisien a rapporté hier. dans sa dernière édition, la position périlleuse ont été sauvés par le vapeur britannique Redsea. Le bâtiment français a été ensuite incendié pour éviter qu'étant transformé en épave il ne gêne la navigation. Notons que la presse anglaise désigne le quatre-mâts français non point sous le nom de tdor mais sous celui de Essor.

Un important discours du Premier britannique sur la politique étrangère du gouvernement anglais M. Macdonald déclare que la GrandeBretagne soutient la S.D.N. et s'en rapporte à ses covenants

le Premier ajoute qu'il ne comprend pas le refus du Reich de participer aux entretiens de Genève sur le désarmement et espère que l'Allemagne n'a pas dit son dernier mot

Londres, 17 oct. (dép. Petit Parisien.) Dans le discours qu'il a prononcé à l'issue du lunch organisé par le comité du groupe travailliste-national, et auquel assistaient la plupart des membres du cabinet, M. Macdonald a prononcé, au sujet de la politique étrangère de son gouvernement, et en particulier sur le refus de l'Allemagne de ,se rendre à Genève, quelques paroles qui valent d'être enregistrées. Tout d'abord, une nouvelle profession de foi dans la vertu de la Société des nations

̃ Le gouvernement national, a-t-il dit, ne conçoit pas l'Europe et le monde sans la Société des nations. Nous soutenons la S. D. N. et nous nous en rapportons à ses covenants. Le premier ministre marque ensuite qu'il aspire au» désarmement dont Il affirme qu'il « sera une contribution réelle à la solution du problème présent de l'établissement de la paix Et il ajoute

Je ne suis pas sûr que nous n'ayons pas joué un peu trop longtemps le rôle de pacificateurs, mais je préférerais qu'on m'adressât ce blâme plutôt que celui d'avoir participé à une situation qui eût rendu tout accord impossible. La note dominante de notre politique est « Pas de réarmement, mais désarmement. » A l'adresse de l'Allemagne, le premier ministre fait ensuite cette déclaration destinée tout d'abord à la rassurer sur le fond du problème L'Allemagne sait parfaitement que la Grande-Bretagne ne s'oppose pas à ce qu'elle soit traitée sur un pied d'égalité à la conférence du désarmement. mais elle sait aussi que nous sommes très anxieux de développer entre elle et ses voisins des rapports de plus grande confiance. Tout indique qu'il faut aboutir à un accord général sur la question allemande. d'où la nécessité de connaître cette question intégralement. L'Allemagne doit comprendre que. pour la préparation de cet accord, elle doit être présente et procéder à un échange de vues avec nous tous. Quelle objection y a-t-il à ce que quatre ou cinq d'entre nous se réunissent pour discuter du problème ? Non pour absorber les fonctions de la conférence du désarmement. Notre intention ne fut jamais telle. Notre seul désir le seul désir du gouvernement national c'est que l'Allemagne se réunisse à nous tous et que, à la fin de nos conversations, nous puissions, si l'on me permet cette métaphore, aller en députation à la conférence du désarmement et lui dire

Vous avez été clouée sur place. Il s'est produit certaines choses qui vous ont empêchée d'aller de l'avant. Nous vous apportons une contribution. L'obstacle a été écarté; maintenant reprenez le cours de vos travaux. L'Italie et nous-mêmes avona été d'accord sur la façon dont on pourrait mettre fin à l'impasse et la France a consenti à une rencontre avec l'Allemagne, l'Italie et nous-mêmes. Jean MASSIF

(La suite à la troisième page.) Le Reich refuse à nouveau de prendre part à Genève à la conférence à quatre Berlin, 17 octobre (dép. Petit Parisien) M. Newton, chargé d'affaires britannique à Bcrlin, s'est présenté ce soir au département des Affaires étrangères pour transmettre, au nom de son gout'ernement, au baron von Neurath, une nouvelde invitation de prendre part à une conférence des quatre puissances à Genève. M. von Neurath a déclaré que la situation n'ayant pas changé, le gouvernement du Reich ne saurait revenir sur la décision déjà prise à l'égard de la convocation de la première conférence à Genève.

UN DÉMENT TUE SA MERE La scène tragique s'est déroulée devant le commissariat d'Auteuil Vers 10 h. 30, dsvanf 14J. commissariat du quartier d'Auteuit, situé rue Chardon-Lagache, à l'angla du boulevard Exelmans, un taxi conduit par le chauffeur russe Verbitzki stoppait hier matin. Une femme d'un certain âge, modestement mise, en descendait lentement. Soudain une détonation retentit et la malheureuse femme s'affaissa, poussant un cri déchirant. Un coup de revolver avait été tiré de l'intérieur du véhicule. Immédiatement après, un homme, l'air hagard, l'œil fixe, les vêtements en désordre, bondit hors de la voiture et, après avoir proféré quelques mots inintelligibles, se baissa, appuya le canon de son arme sur la tempe de la blessée et tira, tuant cette fois sa victime.

Cette scène s'était déroulée si rapidement que ni le chauffeur de taxi, ni le gardien François Caroff, de service devant le commissariat, n'avaient Pu le temps d'intervenir. Une minute plus tard, le meurtrier, qui restait debout, hébété devant le cadavre de sa victime, sa mère, était désarmé et conduit devant le commissaire, M. Morin. Pendant ce temps, la malheureuse femme était transportée, dans le taxi qui l'avait amenée, à l'hôpital Boucicaut, où l'on ne put que constater sa mort.

Grâce aux papiers trouvé} sur le meurtrier, le magistrat, secondé par M. Laurent, son secrétaire, put rapidement étsblir l'identité du détenu, qui ne proférait guère que des paroles incohérentes. C'est un journalier de trente-huit ans, Auguste Pouguet, de-

meurant 19, rue du Vert-Bois. La victime était Mme veuve Bernoux, cinquante-sept ans, née François» Pouguet, demeurant 3, rue George-Sand. Interrogé, le chauffeur Verbitzki ne put que déclarer qu'il avait « chargé » Pouguet et sa mere quelques instants auparavant, place Beauregard, à l'angle de la rue Théophile-Gautier. Menez-nous au commissariat d'Auteuil lui avait dit l'homme, qui, à ce moment, était fort calme et paraissait tout à fait normal.

Deux demi-fous

M. Morin, convoquant à son cabinet différentes personnes qui connaissaient le meurtrier et sa mère, ne tarda pas à recueillir des renseignements plus précis. Il apprit que Mme Bernoux était veuve de guerre et pensionnée. Elle avait tenu un hôtel à Aix-lesBains, puis un autre dans le XV. arrondissement. A ce moment, sa santé parut s'altérer. Elle commença à donner des signes de dérangement mental. (La suite d la deuxième page.) Un accident d'auto

à Viry-Châtillon

fait deux morts et un blessé

Le tamponnement de Cérences

Le chef de gare et le mécanicien du train de voyageurs inculpés d'homicide par imprudence

Cérences, 17 octobre (dép. Petit Paris.) Au cours de la nuit dernière, des ingénieurs de la traction et une équipe d'ouvriers, amenant deux ponts-grues, sont arrivés de Mantes et Rennes; les travaux de déblaiement ont commencé ce matin, dès que furent terminées les constatations des magistrats enquèteurs. On estime que la circulation normale sera rétablie cette nuit.

Les magistrats du parquet de Coutances ont entendu aujourd'hui le chef de gare Renous et le mécanicien du train tamponneur Tiphaigne. Le premier a reconnu avoir exécuté tardivement la manoeuvre du convoi de marchandises, croyant avoir le temps de la faire avant Varrivée du train de voyageurs. Ce fait constituant une infraction flagrante au règlement, le chef de gare a été suspendu de ses fonctions et inculpé d'homicide par imprudence. Quant au mécanicien Tiphaigne, interrogé sur la vitesse de son convoi aux abords de la gare de Cérences, il a affirmé avoir freiné dès le passage du signal avancé et réduit sa vitesse à 60 kilomètres. Or l'appareil enregistreur de vitesse accuse 82 kilomètres au moment de la collision. En raison de ce fait Tiphaigne a été également inculpé d'homicide par imprudence.

MM. Margaine et Dautry

sur les lieux de la collision

Dès la nouvelle du tamponnement, M. Daladier, ministre des Travaux publics, empêché, avait prié son soussecrétaire d'Etat, M. Margaine, de le remplacer sur les lieux de ce grave accident.

M. Margaine, qu'accompagnaient MM. Dautry, directeur des Chemins de fer de l'Etat, et Clapier, directeur du cabinet des Travaux publics, est arriver à Cérences à 16 h. 20. Il s'est rendu à la mairie, où il a salué les corps de cinq des victimes de l'accident puis en gare de l'Etat, où il s'est fait renseigner sur les circonstances du tamponnement. A 17 heures, le sous-secrétaire d'Etat est reparti pour Folligny et Paris tandis que M. Dautry se rendait en auto à Coutances, où il s'inclina sur les corps des trois autres victimes déposés à l'hôpital et visita les blessés

Prochaines délibérations gouvernementales

Ainsi que nous l'avons annoncé, les ministres se réuniront en conseil de cabinet demain mercredi, à 10 h. 30, au ministère des Affaires étrangères. Un conseil des ministres se tiendra samedi matin, à 10 heures, à l'Elysée. M. Mouchet remplace M. Labussière comme directeur

de l'administration départementale an ministère de l'Intérieur

Par décret rendu sur la proposition de M. Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, M. Mouchet, préfet de Maine-et-Loire, est nommé directeur de l'administration départementale et communale au ministère de l'Intérieur. M. Mouchet succède à M. Labussière, nommé directeur honoraire, qui devient administrateur de la Banque de l'Indochine, en remplacement de M. Olivier, appelé aux fonctions de président du conseil d'administration de la Compagnie générale transatlantique. M. André Labussière, qui vient de terminer une très belle carrière administrative, est né le 4 août 1875 à Chantelle (Allier). Docteur en droit, il a débuté le février 1900 comme rédacteur au ministère de l'Intérieur. Le 1" mai 1909, il devenait sous-chef de bureau, et, quatre ans plus tard, il était nommé chef de bureau.

Ses grandes qualités le désignaient en 1918 à la direction de la sûreté générale puis en 1921 à la direction de l'administration départementale et communale, où sa compétence, son dévouement et son autorité, autant que sa grande affabilité, ont été particulièrement appréciés.

M. Labussière, conseiller d'Etat en service extraordinaire, a été promu commandeur de la Légion d'honneur en 1929. C'est un grand fonctionnaire qui a particulièrement honoré l'administration du ministère de l'Intérieur par son zèle et sa conscience professionnelles joints à une éminente distinction d'esprit.

M. Hoover démissionnerait S'il était battu par M. Roosevelt Londres, 17 octobre (dép. Bavas.) On mande de Washington au Times qu'au cas où le candidat démocrate l'emporterait aux élections présidentielles, M. Hoover aurait l'intention de nommer M. Roosevelt secrétaire d'Etat et démissionnerait en même temps que M. Curtiss.

Dans ce cas, en vertu de l'ordre de succession à la présidence des membres du cabinet, établi en 1886, M. Roosevelt deviendrait président et la nouvelle administration entrerait en fonctions sans attendre l'expiration du délai constitutionnel de quatre mois.

DEMAIN, suite de l'enquête | j d'Andrée VIOLLIS j [ SOUS LE MASQUE JAPONAIS

Le marquis Boni de Castellane est gravement malade

Le marquis Boni de Castellane est, depuis quelq u e s jours, dans un état inquiétant. Le chanoine Mugnier, qui est de ses amis, lui donna, avant* hier, l'extrême-onction.

Le malade, hier matin, avait passé une nuit agitée et les médecins qui le soignent constataient que ses fore s'épuisent d'heure en heure. A minuit, le marquis Boni de Castellane était dans le coma.

Mouvement préfectoral (Voir à la deuxième page.)

De Fauche droite et de haut en ha? M 31. l.arroiiue. illcy-Desmeseretx, Mathieu, Tomasini, Bollaert, Paul-B«rt, Mouchet et Bouet

dont l'état est satisfaisant. Les obsèques des victimes déposées à la mairie de Cérences auront lieu aujourd'hui mardi, à 15 heures.

L'émotion à Cherbourg

Cherbourg, 17 oct. (dép. Petit Parisien) Le terrible accident de Cérences, qui éprouve de nombreuses familles de la région, a causé une douloureuse émotion à Cherbourg. L'école pratique de garçons compte une victime dans l'accidtnt, M. Louis Dalix, professeur de comptabilité, âgé de vingt-sept ans. Originaire de la Savoie, M. Dalix avait fait ses études à Paris et obtenu une bourse de l'Ecole supérieure de commerce. Très jeune, il fit un stage de deux années aux Etats-Unis, où il eut l'occasion de s'initier aux questions laitières et beurrières qu'il étudia un peu plus tard au Danemark. Il revint ensuite en France et fut chargé d'administrer le contrôle laitier dans la région de Coutances. II laissa dans cette région les meilleurs souvenirs, et l'on rend hommage au zèle avec lequel il s'appliqua à améliorer les rendements. C'est à ses efforts que cette région de la Basse-Normandie doit de posséder l'un des meilleurs syndicats d'élevage qui soient. M. Dalix s'orientant ensuite vers l'enseignement professionnel, était entré, voilà deux ans, à l'école pratique de garçons de Cherbourg.

La famille du défunt réside à la Celle-Saint-Oloud (Seine-et-Oise). M. Fernand Gibaud, qui a trouvé la mort dans l'accident, où sa femme, ori« ginaire de Glenac, a été également blessée mortellement, habitait à Cherbourg, où sa famille réside dans l'impasse Letellier. C'était un jeune et actif voyageur, d'une maison de machines à tricoter de la région de Nantes. Il était âgé de vingt-quatre ans. La douleur de ses parents est indescriptible.

M. Jean-Baptiste Delorme, sexagénaire, retraité des douanes, demeurant 37, rue Thiers. à Tourlaville, a été tué sur le coup. C'est un télégramme adressé au maire de Tourlaville qui a informé la famille du défunt qui jouissait dans sa commune de l'estime générale.

LES AFFAIRES D'AVIATION Picherie se déclare l'auteur de plusieurs des faux remis à M. Bouilloux-Lafont Dans le courant de l'après-midi d'hier, M. Brack, juge d'instruction, a entendu. à titre de témoin, Charles Ptcherie, le repris de justice que Lucco présenta à MM. André Bouilloux-Laffont et Portait comme étant le commissaire FauxPas-Bidet ou quelqu'un qui l'approchait de très près. Il entendit également M. Portait et cette double audition, suivie d'une confrontation, devait amener, vers 19 heures, un coup de théâtre.

Picherie fut le premier introduit dans le cabinet du magistrat. Il déclara s'appeler Charles-Louis Pieherie et être âgé de trente-neuf ans. Lorsque le juge le mit au courant de la déclaration de M. Portait, Picherie répondit simplement

Je ne sais pas du tout de quoi vous me parlea Un bar dans '.es Champs-Elysées ? Je ne sais pas ce que c'est, je n'y suis jamais allé. Moi, M. Faux-Pas-Bidet ? Je ne connais pas ça.

M. Brack eut beau insister, Picherie maintint son système de défense.

De guerre lasse, le juge fit entrer M. Portait et eelui-ci confirma sa déposition antérieure.

Lucco, expliqua le témoin, avait dit à M. Bouilloux-Laffont que, pour lui donner des apaisements, il lui amènerait le commissaire Faux-Pas-Bidet. Mais, au dernier moment, il expliqua que M. Faux-Pas-Bidet n'avait pas pu venir, retenu qu'il était par son travail. mais qu'il lui présenterait une émanation du commissaire, quelqu'un qui était un second lui-même et, dans un

café Luecj? WQX.montra ce monsieur.

son cabinet. Puis M. Portait poursuivit Ce monsieur nous fit des réponses telles que nous nous aperçûmes qu'il était au courant de l'affaire et il garantit à M. Bouilloux-Laffont l'authenticité des documents que Lucco nous avait remis.

Cette fils, Picherie changea de systèm, de défense.

C'est vrai, ce que dit M. Portait, avoua-t-il, mais l'entretien a été très bref, le temps de boire un apéritif. C'est Lucco qui m'avait fait la leçon et m'avait dicté les réponses.

Et Picherie de révéler, à la stupéfaction du juge d'instruction, qu'il était l'auteur de plusieurs des pièces arguées de faux

Les deux rapports de la sûreté générale, dit-il, qui sont datés des 17 et 18 juillet ont été fabriqués par moi, mais c'est Lucco qui m'a fourni le papier et qui m'a dicté tout ce que contiennent ces rapports, qui portent la signature « Lahure Il en a été de même du tapport Dufourcq daté, celui-là, du 4 août 1932. Ces documents étaient destinés à être remis à l'Aéropostale pour donner des apaisements a M. Bouilloux-Laffont et continuer à le tromper.

J'ajoute que Lucco m'avait dit que ces originaux devaient simplement être photographiés et qu'ensuite lui-même les déchirerait. J'ignorais et j'ignore encore de qui Lucco tenait les renseignements qu'il m'a fournis et grâce auxquels j'ai pu les fabriquer.

moins deux ans, en ma possession l'imprimé du ministère de l'Intérieur qui a fait l'objet d'une communication à Al. Guernier. La lettre de M. Painlevé à l'attaché militaire roumain a été photographiée par moi, à la demande de Lucco, dans le courant du mois de septembre dernier. Je croyais d'ailleurs que cette pièce était authentique, cellelà.

claration

Bouilloux-Laffont pour chercher à lui soutirer une grosse somme d'argent.

qué quelle fut sa part du butin. Il a seulement déclaré que, contrairement à ce qui avait pu être dit dans l'en-

féerie

Et M. Portait de désigner du doigt Picherie, que le juge avait laissé dans

Picherie ajouta encore

Je reconnais avoir eu, depuis au

Et Picherie de terminer par cette dé-

J'estime que Lucco a trompé M.

Quant à lui, Picherie, il n'a pas indi-