bpt6k627518j/f1


LES GRANDES ENQUETES DU PETIT PARISIEN" iimtm!iiiiHiHiimtitnimimiimiMiii!HiiH!uimuiti«iifmmuitimiHiiiiiiiiHHmm Sous le masque Japonais

LES MILITAIRES S'INSURGENT CONTRE LE POUVOIR CIVIL par Andrée VIOLLIS

Quand, en septembre, éclata le coup de tonnerre le l'occupation de Moukden par les groupes japonaises, il y avait longtemps déjà que l'orage grondait sourdement dans l'armée. Déjà, elle n'avait supporté qu'avec peine l'échec de la politique de force et d'expansion du premier ministre Tanaka, qui représentait ses désirs et ses ambitions. Les plans d'investissement de la Mandchourie, qu'il avait rédigés, n'obtinrent pas l'adhésion du Parlement ni même celle du Conseil Privé. Loin d'imposer ses conditions à la Chine, qui avait déjà obtenu l'annulation du traité de 1915, traité dit des 21 demandes, et, malgré ses guerres civiles, avait réussi à se libérer en grande partie du contrôle étranger et, en particulier, du contrôle japonais, le général Tanaka avait dû signer un traité de commerce qui imposait de nouvelles taxes aux importations des produits japonais en Chine et favo- risait les Célestes. Enfin, avant des quitter le pouvoir, il avait été contrait t de procéder à l'évacuation du Chantung.

Les militaires virent donc avec méfiance l'avènement du ministère Minseito, présidé par M. Yamaguchi, et sa politique de paix, de compromis et d'économies.

Une politique de civils, d'hommes d'affaires, d'hommes d'argent dipaient-ils avec mépris.

Le fait que le ministre des Affaires étrangères, M. Shideara, fût le gendre du président du trust Mitsubichi, l'une des deux grandes fortunes du Japon, les irritait particulièrement.

Après la conférence de Londres, ils se fâchèrent tout rouge. Non pas tant à cause des réductions navales, car il y a toujours eu au Japon rivalité entre l'armée et la marine. Mais, cette fois, l'honneur du pays était en jeu. En outre, et surtout, le premier ministre avait accepté les décisions de la conférence sans consulter le chef d'état-major de la marine, qui offrit aussitôt sa démission à L'empereur.

-Le gouvernement outrepasse ses pouvoirs crièrent militaires et marins. N'est-il pas de tradition sacrée au Japon que l'empereur, après avoir conféré avec le haut commandement, ait seul le droit de décider des questions de l'armée et de la marine ? Antique tradition qu'a consacrée la Constitution du pays. Et voilà que le Parlement se permet de la violer en ratifiant les décisions de Londres sans consulter les grands chefs de la marine qui, eux-mêmes, ne relèvent que de l'empereur ? Acte sacrilège, crime de lèse-majesté

L'armée et la marine firent bloc dans l'indignation. Et, quelque temps plus tard, l'infortuné M. Hamaguchi, grièvement blessé par un fanatique du militarisme, devait céder la place à M. Wakatsuki. Il mourut quelques mois plus tard. Bientôt, après les réductions navales et toujours pour des raisons d'économie, il est question de diminuer encore les forces militaires qui avaient déjà été deux fois réduites depuis la Grande Guerre. Un certain nombre d'officiers sont licenciés et l'on annonce d'autres suppressions. Cette fois, c'en est trop. Le général Minami, ministre de la Guerre, lui-même s'insurgea. Et le discours qu'il fit le 5 août aux commandants divisionnaires de l'armée fut le premier éclair annonçant l'approche de l'orage.

Il attaqua résolument les propositions faites par son propre ministère

Les gens en dehors des cercles de l'armée, dit-il, ne se doutent pas des sacrifices que fait cette armée. Ils ne comprennent pas plus la situation intérieure du Japon que sa situation extérieure, et il en est pour plaider la cause du désarmement et se livrer à une propagande pernicieuse pour les intérêts solidaires de l'armée et du pays. C'est à vous, chefs des divisions militaires, à lutter contre cet esprit et à répandre les vérités exactes et nécessaires parmi les officiers et les hommes placés sous vos ordres. Puis, passant à la question de Mandchourie

Le prestige du Japon en Mandchourie et en Mongolie est en train de s'évanouir en même temps que s'éteignent la vaillance et l'audacieuse énergie du peuple japonais. Que chaque soldat japonais se souvienne de l'importance du problème mandchourien et qu'il remplisse plus fidèlement que jamais ses devoirs militaires. Les paroles n'avaient rien de particulièrement subversif, mais le ton y était. Il fut entendu et compris par l'armée, tandis que le discours faisait scandale dans la presse, les cercles politiques, le cabinet luimême.

Cependant, l'énervement croissait parmi les jeunes officiers japonais de Mandchourie, impatients d'agir; leurs rapports énuméraient et soulignaient les nombreuses dérogations chinoises aux traités conclus entre les deux pays, les agressions, les vexations dont, depuis plusieurs années, disaient-ils, les Japonais auraient été victimes par exemple, n'avait-il pas été stipulé, dans un accord de 1918, que la Chine ne pouvait construire de voie pt« Hèle ni

AVANT UN MEETING UU DOIT PARLER LE GENERAL AKAKI

transversale au chemin de fer Sud-Mandchourien? Or, depuis 1927, quatre lignes parallèles et transver- sales avaient été créées, dont la plus importante, une voie de 182 milles,

Le mariage de Mlle Nicole Chautemps

En haut les jeunes époux sortent de la mairie. En bas de gauche à droite, Mme Chaatemps, M. Chautemps et M. Herriot M. Simon Juquin, maire du VI* arrondissement, a procédé hier à 15 heures à l'union de Mlle Nicole Chautemps, dlle de M. Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, et de Mme, avec M. Nicolas Haussmann, industriel, petitneveu du célèbre baron de l'Empire. Les témoins étaient, pour la mariée, M. Edouard Herriot. président du Conseil, ministre des Affaires étrangères M. Pressard, procureur général; pour le marié, son frère Jean et le prince Doigoroukoff.

Bien que, en raison d'un deuil récent, la cérémonie ait revêtu un caractère tout intime, de nombreux amis, ministres, parlementaires personnages politiques, s'étaient réunis à la mairie de Saint-Sulpice pour complimenter les jeunes époux, auxquels M. Juquin, après un compliment délicat pour les personnes présentes, avait adressé ses félicitations et ses vceux de bonheur. NOTRE COMMERCE EXTERIEUR 1 DES NEUF PREMIERS MOIS f IMPORTATIONS 22.169.467.000 franc*

35.359.699 tonnes

EXPORTATIONS

14.561.932.000 francs

18.036.406 tonnes

EXCEDENT DES ENTRÉES [ SUR LES SORTIES 7.607.535.000 francs

allait de Moukden à Hailung. Et toutes, assuraient-ils, nuisaient aux intérêts du chemin de fer Sud-Mandchourien.

(La suite d la deuxième page.)

On attache à Madrid

nne grande importance

à la prochaine visite de M. Herriot Madrid, 15 octobre (dép. Fournier.) M. Azana a confirmé que M. Herriot arriverait à Madrid le 31 octobre, sauf, naturellement, un gros événement poli- tique imprévu.

Les milieux officiels attachent une grande importance à cette visite. Du point de vue sentimental, la plupart des membres du gouvernement actuel ont connu le chef du gouvernement français aux temps de leur émi- gration sous la mdnarchie.

LA SITUATION POLITIQUE SE COMPLIQUE EN ROUMANIE Bucarest, 15 octobre (dép. Petit Paris.) Les conversations entre les différents membres du cabinet et M. Tltulesco ont continué à Sinaïa durant toute la matinée. A midi a eu lieu une entrevue entre MM. Vaida et Titulesco, entrevue qui a duré quarante minutes sans aboutir à un accord.

Ensuite, le premier ministre et M. Titulesco, à tour de rôle, se sont rendus chez le roi.

II paraît que M. Vaida aurait précisé au souverain qu'il n'acceptait pas de changement dans la politique étrangère. du gouvernement, notamment dans les négociations avec la Russie.

De son côté, M. Titulesco reste, paraît-il, aussi sur ses positions, s'opposant à la politique adoptée par le gouvernement dans les négociations roumano-russes au sujet d'un pacte de non agression.

Il est douteux qu'un rapprochement entre ces deux points de vues puisse être envisagé. On peut pçévoir que s'il doit y avoir crise, celle-ci ne se déclarerait pas avant lundi, étant donné que demain est le jour anniversaire de la naissance du roi.

L'atmosphère actuelle est lourde et incertaine comme à la veille d'une crise.

A la mémoire de Xavier Privas (Voir la troisième page.)

De gauche à droite Mme Lorée Privas, MM. Mistler et Fernand Laurent

A la quatrième page COHTB »+*to i COCKTAIL DE MER j par Gland* flBBIU

La conférence à quatre LE REFUS DU REIGH

D'ADOPTER GENÈVE

COMME LiEirtE RÉUNION DÉÇ01TJJNDRES

Londres, 15 octobre (dép. Petit Paris.) Le malaise créé à Londres par le refus de l'Allemagne de se rendre à Genève est réel et on se l'explique sans peine. C'est le premier ministre anglais qui prit l'initiative d'une conférence à quatre sur l'efficacité de laquelle M. Herriot s'est toujours montré sceptique. S'étant enfin convaincu, à la lumière des objections françaises, que cette conférence ne pouvait sans danger se tenir ailleurs qu'à Genève, M. Macdonald prit, avant-hier, le parti d'y convier l'Allemagne et l'Italie. Autant l'acceptation de M. Mussolini a été accueillie comme un geste flatteur à l'égard de la Grande-Bretagne, autant le refus du gouvernement de Berlin a été considéré comme désobligeant.

De là procède le ressentiment qui s'exprime aujourd'hui dans toute la presse anglaise en des termes d'une sévérité d'ailleurs mesurée. Même les organes qui semblaient s'être fait une règle d'atténuer en toute circonstance la responsabilité de l'Allemagne se jugent contraints de lui reprocher son intransigeance.

Il est vrai que, dans, leur préoccupation de partager le blànièi Ils marquent aussitôt que l'initiative britannique fut malavisée et que l'insistance française en faveur de Genève est par trop rigoureuse.

D'une manière générale, on ne parait pas entretenir de grands espoirs que les dirigeants de Berlin viendront à résipiscence et le Daily Telegraph s'efforçait, ce matin, d'en prendre son parti en observant, non sans raison, que la conférence du désarmement peut faire œuvre utile même en l'absence des représentants de Berlin. Mais l'affaire n'est pas close. Comme il fallait s'y attendre, la propagande allemande n'a pas été longue à se manifester. Vers la fin de la matinée, des mandataires du Reich avaient répandu la nouvelle que' M. Macdonald avait invité le baron von Neurath à venir mercredi prochain s'entretenir avec lui à Londres. Ni au Foreign Office, ni à Downing Street, on n'a confirmé cette information et il convient même d'ajouter que les réponses un peu vagues des fonctionnaires intéressés équivalaient pratiquement à un démenti. L'ambassade, de son côté, s'est bornée à faire dire que la nouvelle est tout au moins prématurée.

En attendant que ces rumeurs fassent l'objet d'une mise au point officielle, on peut indiquer le bopae source que d'actives communitations ont eu lieu aujourd'hui entre Londres et Berlin par la voie diplomatique et que le premier ministre les a dirigées des Chequers où il est allé passer le weekend.

Ces échanges de vues ont naturellement pour but de sauver la conférence à quatre. Il est vraisemblable que le premier ministre insiste encore en faveur de Genève; mais si, comme on l'admet couramment, il se heurte à un refus persistant de l'Allemagne, on lui prête l'intention de suggérer que les conversations aient lieu dans une autre ville et notamment à Lausanne. Cette idée est surtout mise en avant dans certains cercles politiques où on affirme qu'il serait possible de faiée tomber les objections du gouvernement allemand si on ne lui demandait pas de retourner officiellement, même pour cette conversation préliminaire, aur la scène de la conférence du désarmement d'où il s'est retiré. S'étant définitivement entendu u avant-hier avec M. Herriot sur le choix de Genève et ayant même proposé, en fin de compte, cette ville pour déterminer l'acceptation du chef du gouvernement français, M. Macdonald cédera-t-il à la pression allemande et reviendra-t-il sur un accord diizii récent ? On voudrait pouvoir répondre hardiment par la négative, ai<iis il faut se borner à poser la questions. Jean MASSIP

LA PRESSE ITALIENNE

SEMBLE DESAPPROUVER

L'ATTITUDE DU REICH

Rome, 15 octobre (dép. P. P.) Les manifestations récentes de la politique du cabinet von Papen n'ont pas été sans susciter en Italie, dès le début, une impression peu favorable, qui est allée en s'accentuant à mesure qu'elles se multipliaient. Aussi, la presse fasciste, qui se fait généralement l'écho des milieux dirigeants, n'a pas manqué d'exprimer à plusieurs reprises les appréhensions qu'elles inspirent et de donner à l'Allemagne des conseils de modération.

(La suite a la troisième page.)

M. Avenol remplacera Sir Eric Drummond au secrétariat général de la S. D. N. à Genève. Genève, 15 octobre.

DE NOTRE ENVOYÉ SPECIAL

C'est M. Joseph Avenol, qui remplacera, le l'r juin 1933, sir Eric Drum- mond dans les hautes mais comlrien délicates fonctions de secrétaire géné- rai de la S. D. N. Ainsi en ont décidé cette nuit, au cours d'une séance se- crète spéciale, tenue de 22 h. 30 à 23 h. 30, les quatorze membres du con- seil dont le vote unanime sera certainement ratifié lundi par l'Assemblée. Cette nomination, à laquelle applaudiront avec la plus vive satisfaction, tous ceux qui connaissent le secrétaire adjoint et qui ont été, depuis dix ans,

M. Avenol

témoins de son activité, était acquise en principe depuis plusieurs semaines déjà. L'Allemagne elle-même, bien que M. Avenol fût Français, y avait souscrit comme les autres Etats, en raison de ses qualités d'impartialité, de sa compétence particulière en matière économique et financière et, surtout, en raison de la connaissance parfaite que dix ans d'une collaboration étroite et sans nuage avec sir Eric Drummond lui ont acquise dans tous les problè- jmes, dans toutes les questions internationales traitées à Genève.

Au cours des derniers jours, toutefois, une série d'intrigues que dissimulaient mal de soi-disant mesures d'économies, des manœuvres malveillantes et des initiatives malheureuses avaient complètement compromis la situation si bien que, depuis vingtquatre heures, on se trouvait en présence d'un veto formel de Berlin basé uniquement sur la nationalité du futur secrétaire général.

Ce matin même, des instructions spéciales de M. von Bülow avaient enjoint au représentant du Reich au conseil, M. von Rheinbaben 1° de voter contre M. Avenol; 2° de 3e prononcer contre le renouvellement du contrat du directeur français de la section d'informations, M. Come-t, renouvellement dont la question ne se posera qu'en juin prochain, mais q u' u n e initiative latino-américa'ne avait malencontreusement lié à la réorganisation de la haute direction de la S. D. N., et, 3° de déposer un amendement demandant que la direction de ladite section d'informations fût désormais confiée à un représentant d'une petite puissance neutre. il'intervention de M. Henry Bérenger Grâce à l'habileté manœuvrière de M. Henry Bérenger, qui est immédiatement intervenu auprès de M. von Rheinbaben et qui est parvenu, par la solidité de son argumentation, à triompher de sa résistance, la situation a été heureusement rétablie à la fin de l'après-midi.

Ce n'est pas tant la cause du compatriote que l'intérêt da la S.D.N. ellemême que M. Bérenger a plaidée et il a d'autant mieux réussi à îa faire triompher qu'il a très sagement dissocié de l'affaire du secrétariat général la question qui y avait été artificiellement et maladroitement :ice de la direction de la section d'informations.

Albert JULLIEN

(La suite la troisième page.)

Les affaires de J'aviation MM. BOUILLOUX-LAFONT

ONT ÉTÉ ENTENDUS PAR LE JUGE MM. Marcel et André BouillouxLafont père et fils, président du conseil d'administration et adminlstrateur-délégué de la Compagnie Aéropostale, ont été reçus hier matin par M. Brack, j juge d'instruction, qui leur a notifié l'inculpation d'infraction à l'article 15 de la loi du 24 juillet 1867 sur les sociétés, relevée contre eux par le parquet.

Tous deux ont déclaré qu'ils choisissaient pour les assister M" Pierre Masse et Daumas.

Le juge a recueilli ensuite le témoignage de M. Guiboud-Ribaud, qui, au mois d'octobre 1930, reçut à l'escompte une traite de 30.000 francs sur laquelle Lucco-Collin avait imité la signature' de M. Paul-Louis Weiller.

Un arrangement amiable intervint entre Lucco et le témoin et celui-ci ne saisit point la justice de cette tentative d'escroquerie.

Enfin, avant d'aller déjeuner, M. Brack reçut deux des experts en écritures commis pour examiner les documents déposés par MM. André Bouilloux-Laront, MM. Michaud et Bourgin, qui ont été mis en possession des spécimens de l'écriture imitée de M. Weiller, rédigés jeudi soir par Lucco dans le cabinet et sous les yeux de M. Brack.

(La suite à la deuxième page.)

Le Chili serait à la veille d'un nouveau soulèvement New-York, 15 octobre (dép. Havas.) Suivant un message de Santiago au New York Times, un nouveau mouvement révolutionnaire se prépare au Chili. D'anciens membres du cabinet de l'ex-président Ibanez seraient impli- qués. mai3 le gouvernement de Santiago est convaincu que le soulèvement sera rapidement étouffé.

AUJOURD'HUI 111 SÉNATEURS SERONT ÉLUS Par les départements de la HauteGaronne à l'Oise inclus, le département de Constantine et la vieille colonie de la Martinique

Cest aujourd'hui que les électeurs sénatoriaux de trente départements, de la Haute-Garonne à l'Oise inclus, de Constantine et de notre vieille colonie de la Martinique (série B) sont appelés à élire leurs nouveaux représentants à la Haute Assemblée, lesquels n'entreront en exercice qu'à l'ouverture de la session ordinaire du Parlement en 1933, le mandat des sénateurs sortants étant valable jusqu'au 31 décembre inclus.

Rappelons que trois tours de scrutin sont prévus par la loi: le premier, de 8 heures du matin à 11 h. 30 le second, de 14 heures à 16 heures, et le troisième de 18 heures à 20 heures. 111 sièges sont à pourvoir.

Cinq sont vacants deux par suite de démission celui de M. Albert Lebrun, élevé à la présidence de la République, en Meurthe-et-Moselle, et celui de M. Guillon, élu député dans le Morbihan trois par suite de décès: ceux de MM. Cosnier (Indre), Rajon (Isère) et Pierre Berger (Loir-et- Cher).

Douze sénateurs sortants ne se représentent pas ce sont MM. Chastenet (Gironde), Garnier (Ille-et-Vilaine), Antony Ratier (Indre). Brocard (Jura), Milliè3-Lacroix (Landes), de Las Cases (Lozère), Montfeuillart (Marne), Michaut (Meurthe-et-Moselle), Bompard et de Marguerie (Moselle), Davaine (Nord) et Delpierre (Oise).

Au point de vue politique les sénateurs sortants compte tenu des deux démissionnaires et des trois décédés se répartissent ainsi qu'il suit entre les groupes du Sénat.

Groupe socialiste (2) MM. Brenier (Isère), Reboul (Hérault).

Groupe de la gauche démocratique radicale et radicale socialiste (48) MM. Bersez (Nord), Besnard (Indreet-Loire), Brocard (Jura), ne se représente pas, Carrère (Lot-et-Garonne), Cassez (Haute-Marne), Chautemps (Indre-et-Loire), Cosnier (Indre), décédé Cuttoli (Constantine), Dauthy (Indre), Davaine (Nord), ne se représente pas Decroze (Oise), Delay (Loire), Donon (Loiret), Drivet (Loire), Dumont (Jura), Fontanille (Lot), Foucher (In- dre-et-Loire), Gardey (Gers), Garrigou (Lot), Gasnier-Duparc (Ille-et-Vilaine), Gay (Nièvre), Haudos (Marne), La- boulbène (Lot-et-Garonne), Lemery (la Martinique), Loubet (Lot). Magnien (Nièvre), Marraud (Lot-et-Garonne), Merlin (F.) (Loire), Merlin (H.) (Mar- ne), Montfeuillart (Marne), ne se re- présente pas, Pelisse (Hérault). Perrier (Isère), Philip (Gers), Pichery (Loiret-Cher), Pieyre (Jura), Petié (Nord), Rabier (Loiret), Rajon (Isère*), décédé, Rio (Morbihan), Robert (Loire), Rous- tan (Hérault), Roy (Loiret), Savignol (Haute-Garonne), Soulié (Loire). Tournan (Gers), Ulmo (Haute-Marne), Val- lier (Isère), Vincent (Nord).

(La suite à la, deuxième page.) Le vice-président des Etats-Unis eat bleasé dans un accident d'auto Salt Lake City, 15 cet. (dép. Havas.) Une collision s'est produite aujourd'hui entre une voiture conduite par une e femme e et l'automobile de M. Charles Curtis, vice-président des Etats-Unis, qui était en tournée électorale.

M. Curtis a été blessé à la main droite et à l'épaule. Quoique souffran: considérablement, le vice-président a pu poursuivre sa route en répondant de la main gauche aux ovations de la foule qui se pressait sur son passage. Le ministre du Brésil à Berlin victime d'un accident d'automobile Berlin, 15 octobre (dép. Bavas.) Le D' Guerra-Duva!, ministre du Brésil à Berlin, a été victime, cet aprèsmidi, d'un accident d'automobile. Sa voiture a heurté avec violence un taxi et M. Guerra-Vidal, précipité contre la vitre, a été sérieusement blessé au visage.

LA REOUVERTURE D'AUTEUIL Bombay III, à M. L. Rénier, remporte le Prix Wild Monarch

Sn haut Bombay III. Eo bas M. Léon Bénier et le Jockey Figer

Mouvault condamné à mort

PLISSET FERA CINQ ANNEES DE TRAVAUX FORCES

Et Martin dix-huit mois de prison

L'avocat général Léman

Si l'on venge les morts, le pauvre Brunet est vengé. Brunet., qui fut calomnié avant d'être torturé, martyrisé avant d'être assassiné.

Mais les jurés, dont le terribie verdict a été accueilli dans le plus respectueux silence, se sont moins préoccupés de vindicte Que de répondre en conscience aux redoutables questions qui leur étaient posées. Après, ils ont été dix à signer un recours en grâce. C'est ce dont quelques auditeurs se sont étonnés à tort.

Le destin de Plisset dépendait de l'opinion que les jurés, en leur cime et conacience, se formeraient du degré de culpabilité de Mouvault. Les jurés de la Seine ont senti tout le tragique de cette circonstance. Ils ont accordé tout le possible en admattant que, ayant favorisé le crime, René l'acrobate n'y i avait tout de même pas participé. Plisset, le camarade trop docile Plisset le valet de torture

Qui sait, pourtant, si le vrai condamné à mort n'est pas ce Plisse! épuisé de tuberculose 1

Martin s'en tire à bon marché.

L'horreur du supplice infligé à l'innocent Brunet sujfisait sans doute 4 garder les magistrats populaires de toute faiblesse. Cependant, est-ce que ne s'était pas inscrite tourdement au compte des accusés la note crapuleuse qui sulvit le crime t La soupe à l'oii gnon, la « gratinée z, savourée aux j Halles et cette tête de mort que, dans la poussière de la bagnole des.sina, d'un doigt grossier, René l'acrobate, valet d'assassin, pour amuser son maître

André SALMON

LA DERNIERE AUDIENCE A peine ouverts les débats. hier, le président Barnaud rend l'arrét de la cour repoussant les conclusions déposées la veille par M* Thaon. Le défenseur de Plisset demandait que la question de la préméditation fût disjointe en ce qui concerne son client. Alors Me J.-Ch. Legrand demande que soient ouverts les scellés. L'huissier audiencier, aidé de gardes, tire, de gros papiers bruns, les tragiques accessoires de cette affaire le treillage, les briques, les pavés, la couverture, le pistolet parabellum et jusqu'aux restes calcinés du béret basque que portait Brunet. Ainsi, la scène du supplice devient tangible, s'anime, revit.

Ah s'écrie M* Thaon, que cette formalité ajoute peu à la majesté de îa justice

Le président Barnaud n'en interrompt pas pour autant le déballage en cours un sordide déménagement: La majesté de la justice ne souffre jamais au contact de la vérité, sous quelque forme qu'elle se présente

Sur cette sèche réponse, la « présentation des reliques x suit son cours. Enfin, l'avocat de la partie civile, M* J.-Ch. Legrand, se lève.

Brunet irréprochable

J'ai attendu pendant quatre jours, j j'ai attendu en vain un mot, un cri de remords, une pensée de pitié pour le mort. Rien Pas même cette pudeur, ce reste d'humanité sur lequel, ici, on a tout de même le droit de compter. L'avocat de la partie civile cherche, d'avance, à dérouter les arguments de la défense

Une manœuvre classique est aujourd'hui tentée. On cherche, de l'autre côté de la barre, à faire le procès de qui ? De Mouvault ? Non Mais de sa femme et. surtout, de Brunet. Ah je vous en supplie, soyons un peu charitables, même pour les victimes

Mouvault plaidera-t-il la mégarde, l'étourderie, la mort venant inattendue aussi bien du supplicié que du tortionnairë? M' J.-Ch. Legrand s'efforce de démontrer que le crime a été exécuté avec un sang-froid méticuleux, rapide et selon un plan exactement préparé.

Le criminel, d'ailleurs, a fait deux victimes. La scène du repêchage du corps par un scaphandrier a été tournée et projetée dans les cinémas. A Draguignan, la tante de Brunet a voulu aller voir cette horrible c actualité qui la touchait de si près. Lors- qu'elle vit le paquet remonter à la surface, elle s'est mise à pousser des cris horribles. Elle est restée folle et elle est morte, le 7 janvier dernier.

Et l'avocat de conclure

Je dis, moi, qu'il n'y a pas de pitié possible quand on a torturé. Brunet, prétendez-vous, riait. Non, menteur! II appelé au secours, et vous le savez bien, mais vous n'mez pas l'avouer

Mouvault évanoui

L'audience est suspendue et cette suspension se prolonge de façon insolite. On apprend que Mouvault, dans le couloir, s'est brusquement abattu, évanoui. Le docteur Guiraud s'empresse et une demi-heure passe. Enfin les débats reprennent l'accusé porte une blessure à l'arcade sourcilière la marque de