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Les entretiens franco britanniques se sont déroulés, durant toute la journée, dans une atmosphère de parfaite cordialité

M. Macdonald ayant insisté pour la réunion d'une conférence des grandes puissances dans le but d'examiner la revendication allemande de l'égalité des droits, M. Herriot n'a pas repoussé le principe de cet examen, mais a de nouveau fait valoir que des pourparlers de ce genre, touchant à la question des armements, ne sauraient avoir lieu ailleurs que dans le cadre de Genève

Le président du Conseil sera de retour à Paris ce soir

Londres, 13 oct. (dép. Petit Paris.) Ce matin, à 10 heures, une automobile arborant le fanion tricolore Stoppait devant le n° 10 de Downing-street, résidence officielle du premier ministre britannique. Son occupant, M. Herriot, en descendait aussitôt et se voyait accueilli par sir John Simon, ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, qui était arrivé dix minutes plus tôt. Les deux ministres ont franchi le seuil de la demeure historique tout en devisant en français, puis le chef du Foreign Office s'est retiré, laissant seul à seul le président du Conseil et le premier ministre anglais. Les consultations franco-britanniques allaient s'engager.

Un tête à tête d'une heure, une conférence à sept qui s'est prolon-

gée jusqu'à 13 heures et qui a repris cet après-midi à 16 h. 30 pour se terminer à 18 h. 30, telles sont, en dehors du déjeuner de Downing Street offert par le premier ministre et du dîner que, ce soir, sir John et lady Simon ont organisé au Claridge en l'honneur du président du Conseil, les faits qui ont marqué cette première journée.

L'objet de ces conversations a d'abord été défini à 13 heures par le communiqué officiel suivant Des entretiens officieux sur les diffic'dtés qui surfirent en ce qui eoneerne les progrès vlicriours de la conférence du désarmement ont eu lieu ce matin, à Downing Street, entre le premier ministre, M. Herriot, sir John Simon et l'ambassadeur de France. Ces conversations reprendront cet après-midi à 16 h. 30.

Sur la conversation directe qui a eu lieu entre les deux premiers ministes on n'a fourni, cela va de soi, aucune information officielle. Entretien cœur à cœur ou simplement tête à tête ?

On aimerait devoir dire les deux et, à la vérité, on déclare, ce soir, que les conversations se sont développées dans une atmosphère de grande cordialité.

Au cours de cette reprise de contact, les chefs des deux gouvernements ont procédé à un grand tour d'horizon. Ils ont évoqué l'accord de Lausanne et passé en revue les événements qui ont suivi l'annulation presque totale des réparations allemandes. On aimerait à penser qu'ils se sont au moins trouvés d'accord pour constater qu'en formulant sa requête au lendemain des généreuses concessions qui lui furent consenties, le Reich a nettement marqué qu'il entendait faire de chaque succès diplomatique le point de départ de nouvelles exigences. On se souvient que, dans son mémorandum du 18 septembre, le Foreign Office déclara que la. requête allemande était singulièrement inopportune au lendemain des sacrifices accomplis par les créanciers du Iteich.

Un autre sujet n'a certainement pas été omis dans cette conversation générale, car il domine tout le

problème il s'agit du réarmement effectif de l'Allemagne qui s'est poursuivi clandestinement depuis la guerre et plus particulièrement au cours des dernières années.

Cette volonté de réarmer a d'ailleurs été affirmée de façon particulière ces derniers temps par les porte-parole autorisés du gouvernement de Berlin.

On a compris ici l'exaspération créée en France par les excitations chauvines des dirigeants actuels du Reich, mais on ne saurait ignorer non plus que si des personnalités clairvoyantes, appartenant surtout au parti conservateur, discernent le péril que de telles excitations font courir à la paix, il en est d'autres avec lesquelles le pwnjer ministre serait, dit-on, en sympathie, qui sont par trop enclines à considérer que des hommes comme von Papen et Von Schleicher ne représentent pas Jeu*. règne ^feut être plus bref qu'on le croit généralement. On peut penser que sur tous ces points les deux chefs de gouvernement ont tenu à s'expliquer librement en un entretien privé qu'ils avaient conçu comme une préface à la conférence élargie qui allait suivre; A cette conférence assistaient, en effet du côté anglais avec le premier ministre, sir John Simon, ministre des Affaires étrangères lord Hailsham, ministre de la Guerre, et sir Robert Vansittar, sous-secrétaire d'Etat permanent au Foreign Office; du côté français, M. Herriot était assisté de son chef de cabinet, M. Alphand, et de M. de Fleuriau, ambassadeur de France. M. Marcel Ray était présent aux entretiens et agissait comme interprète.

Cette conférence a eu lieu dans un salon sans table, ni papier, ni écritoire, et rien ne soulignait mieux quil ne s agissait pas de négociations, mais bien de conversations destinées à permettre aux interlocuteurs de s'éclairer mutuellement sur leurs points de vues respectifs. L'entretien s'est développé un peu à bâtons rompus, chacun donnant tour à tour son opinion sur des sujets abordés sans ordre préétabli. La position allemande

C'est ainsi qu'on a examiné la position diplomatique actuelle du gouvernement allemand. Cela a permis à M. Herriot de faire observer que la France et la Grande-Bretagne ayant l'une et l'autre fait connaître officiellement leur avis. sur

l'aide-mémoire allemand du 29 août, la parole était désormais au gouvernement de Berlin.

Sans contester la force de cette argumentation, le premier ministre britannique a exposé les raisons qui lui font toujours souhaiter une conférence des grandes puissances à laquelle l'Allemagne serait conviée. L'idée de M. Macdonald, c'est que, par ce moyen, il serait possible d'élucider les véritables intentions des dirigeants du Reich, de les mettre en quelque sorte au pied du mur, c'est-à-dire de les contraindre à prendre officiellement une position définie qui permettrait ensuite aux opinions publiques des divers pays de voir plus clair dans leur jeu. Le président du. Conseil n'a pu que répéter qu'il ne sopposait pas d'une façon-irréductible à l'idée de consultations entre les représentants des puissances intéressées, mwis qu'il ne saurait souscrire- à ce- que ces consultations se tjenng&t: ailleurs qu'à Genève où d6it"etrfpi?se.\tbute décision définitive concernant l'Allemagne.

La sécurité

La recherche des moyens de ramener l'Allemagne à la conférence du désarmement demeure donc, ainsi que nous le dirions hier, la préoccupation dominante du premier ministre anglais. C'est le premier sujet qu'il a abordé de lui-même et il s'est efforcé d'y ramener constamment le débat. Cela n'a d'ailleurs pas empêché la discussion de s'étendre à tous les problèmes que pose la requête allemande de l'égalité de statut et, en particulier, à celui du désarmement dans ses rapports avec l'organisation de la sécurité.

Le tour qu'a pris aujourd'hui la conversation sur ce sujet montre que le Foreign Office n'ignore pas ce danger. Le War Office l'ignore moins encore. N'est-ce pas, en effet, l'opinion exprimée par lord Hailsham qu'en l'état présent de la situation internationale la GrandeBretagne ne saurait, sans courir de graves risques, réduire davantage ses forces militaires ? C'est aussi, en ce qui concerne les forces nava- les, l'avis de sir Bolton Eyres Monsell, premier lord de l'Amirauté, dont la présence significative à la seconde conférence de la journée, qui a débuté à 16 h. 30 atteste le légitime souci qu'a l'Angleterre de préserver sa sécurité.

Jean MASSIP

(La suite d la troisième page.)

L' ambassadeur d'Italie remet à M. Lebrun ses lettres de créance Le Président de la République a reçu, hier après-midi, en audience officielle, S. E. le comte Pignatti Morano di Custoza, qui lui a remis les lettres par lesquelles le roi d'Italie l'accrédite en qualité d'ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire. Le comte Pignatti Morano di Custoza a été,reçu au bas du perron par le colonel Bonnassieux et le colonel Brosse, commandant militaire du palais. L'ambassadeur a été alors introduit par M. de Fouquières auprès du chef de l'Etat, qui avait à son côté M. Camille Chautemps, ministre de l'Intérieur, garde des Sceaux, ministre de la Justice par intérim. Dans l'allocution qu'il a prononcée en remettant ses lettres de créance, le comte Pignatti a dit notamment La crise économique qui afflige le monde entier et rend difficile la vie des peuples et surtout celle des classes ouvrières, conseille de mettre au premier plan les questions économiques. La situation de pays limitrophes donne un ressort spécial aux rapports commerciaux franco-italiens. Personnellement, je suis persuadé que le vrai bien-être de nos deux nations dépend du développement de ces rapports plutôt que d'un régime de restriction

Je suis heureux de constater l'existence de bonnes' relations entre nos pays et je vous prie de croire, monsieur lé président, que je ferai, tout mon possible pour rendre toujours plus intime l'amitié traditionnelle qui unit les peuples de France et d'Italie. M. Albert Lebrun a répondu à l'ambassadeur en ces termes

Une impulsion toujours plus vive donnée aux relations intellectuelles franco-italiennes et, en ce qui concerne les échanges commerciaux, un développement auquel l'économie des deux nations trouve un équitable et réciproque avantage sont, comme vous l'avez indiqué très justement, autant d'éléments primordiaux pour une compréhension mutuelle accrue et, partant, pour une coopération plus étroite. Cette coopération, qui, récemment encore, s'e^t manifestée heureusement sur le sol même de l'Italie, apparaît, à l'heure actuelle* comme indispensable dans tous les domaines pour le bien des Intérêts supérieurs des deux peuples et pour le maintien pacifique des résultats acquis par eux au prix de loqrds sacrifices communs.

Vous pouvez être assuré, monsieur l'ambassadeur, que, dans l'accomplissement d'une telle tâche, mon appui cordial et la- collaboration confiante du gouvernement de- »la République ne vous feront jamais défaut.

Après quelques minutes d'entretien avec le Président de la République,

Le comte Pignatti Morano di Custoza, nouvel ambassadeur d'Italie, quitte l'Elysée l'ambassadeur a été reconduit à son hôtel.

A la quatrième pave LB CONTE ̃ooç, | LE BOUQUET DE ROSES par J. BRTTWO-RUBY Ii:i!ll!!IHIMIIllUl<llllll!I!!ll11!!lltl!ll!ll!III!IUIllini!!lllll!l!ll!]ir

LES AFFAIRES D'AVIATION MM. Bouilloux-Lafont, père et fils, inculpés d'infraction à la loi sur les sociétés

Hier le procureur de la République de la Seine, M. Pressard, après avoir examiné le rapport de M. Radiguetsur l'Aéropostale, a décidé de signer un réquisitoire supplétif qu'il a transmis aussitôt à M. Brack, juge d'instruction, chargé déjà d'informer contre X. dans cette même affaire.

Dans son réquisitoire, que M. Pressard a signé après avis conformes de MM. Fontaine et Bruzin, substituts de la section financière, il a relevé le délit prévu par l'article 15 de la loi de 1867 sur les sociétés, contre MM. Marcel Bouilloux-Lafont père et André Bouilloux-Lafont fils, le premier, président du conseil d'administration de l'Aéropostale le deuxième, administrateur délégué.

Cet article 15, dont les peines sont celles édictées par le code pénal contre l'escroquerie, punit les auteurs de publications de bilan faux.

Les faits reprochés à MM. BouillouxLafont remontent à l'année 1928 et, depuis novembre 1931, ils faisaient l'objet d'un réquisitoire introductif, signé après la dénonciation du ministère des Travaux publics, et d'une enquête de M. Brack.

Un rapport de M. Heberer, contrôleur de l'Air, avait constaté que l'Aéropostale avait passé avec des filiales et notamment avec la Sudam société exploitant des lignes aériennes au Brésil des contrats tendant à faire majorer les frais d'exploitation. L'Aéropoetale était locataire du matériel et des installations acquises par la Sudam plus tard, elle en racheta une partie et demeura locataire pour le

reste. Ces, majorations occultes cons- tituaient-elles des escroqueries au préjudice de l'Etat ? Les subventions accordées sous forme 9e primes de vols et surprimes dtft-elles été obtenpes ,plus importantes grâce à ces majorations ? C'est ce que le rapport laissait sans réponse, le soin de résoudre la question étant à lâ justice. (La suite la deuxième page.)

POUR ET CONTRE Non, je n'avais pas tort de m'en prendre aux excès de la vie chère puisque le gouvernement d'aujourd'hui, contre la'vie chère, prend l'offensive.

Une commission centrale est créée, qui a charge d'assurer la surveillance desl prix. On va dire < Encore une commis- sion 1 Mais si l'on veut agir avec effi- cacité, avec succès, il faut bien comment- cer par organiser la lutte et par la dis- cipliner. La création de cette commission était nécessaire. Présidée par M. Chautemps, qui a l'esprit clair, l'esprit prompt, l'esprit réfléchi, bien composée, eille doit pouvoir faire travail utile et travail victorieux. Grâce à cette commission, les consommateurs vont peut-être, un jour, pouvoir faire les leurs leurs commissions sans être égorgés vifs.

Les prix vont être désormais surveil-Ilés. C'est bien. Cette surveillance s'impose, et il faut qu'elle soit vigilante et rigide. Les producteurs, les acheteurs et les marchands les bons marchands peuvent tirer, de cette surveillance nécessaire, d'appréciables bénéfices. Les prix, en effet, ont incontestablement besoin d'être soumis à une ferme discipline. Ils ont contracté depuis quelques années de fâcheuses habitudes de vagabondage et de désordre. Les prix d'aujourd'hui s'imaginent qu'ils sont libres de faire ce qu'ils veulent et qu'ils ne doivent de comptes à personne. Les prix jouent au yo-yo, à la balançoire et à cache-cache. Les prix font les fous et narguent les pauvres diables. Les prix se déguisent, se maquillent et s'en vont pirouetter sur les marchés et dans les rues. hes prix semblent se flatter d'être incohérents les prix font des mystères, des mystifications et de l'anarchie.

Les prix aiment que l'on dise d'eux < C'est à n'y rien comprendre Il ne faut pas chercher à comprendre, il faut payer sans comprendre. »

En vérité. il est grand temps d'imposer aux prix obéissance et sagesse. Les prix doivent apprendre à se montrer raisonnables et décents. On est las de leurs fantaisies échevelées et de leurs secrets insolents. Les prix doivent être réguliers, honnêtes et normaux.

On ne leur demande pas l'impossible. On leur demande seulement de marcher droit quand ils vont de la production à la consommation. On leur demande de' cheminer au grand jour, de ne pas aller se cacher dans les tunnels de la spéculation, de ne pas s'amuser à faire des sauts périlleux sur les places publiques. On leur demande de renoncer à leurs manoeuvres souterraines et à leurs acrobaties si dangereuses si dangereuses pour les pauvres gens. car c'est tou- jours sur le pauvre monde qu'ils retombent quand ils font des sauts en hauteur. Les prix de notre vie quotidienne doi vent être marqués en chiffres connus. Maurice Prax.

DEMAIN –~o– de suite de l'enquête SOUS LE MASQUE JAPONAIS j

AU PROCÈS MOUVAUL.T Plissety témoin et complice précise son rôle dans le drame

M. ANTONY RATIER VICTIME D'UN ACCIDENT En regagnant son domicile, 45, rue de Liége, M. Antony Ratier, sénateur, ancien garde des Sceaux, a fait une chute sous la porte cochère de la maison où il demeure.. M. Ratier a dû s'aliter. On a craint tout d'abord que l'accident dont il venait d'être victime n'eût une certaine gravité. Mais, hier matin, l'état de santé de l'ancien ministre de la Justice s'était sensiblement amélioré. Il a été procédé dès J'après.midi à un examen radiographique qui a révélé une légère fêlure du col du fémur. Celle-ci nécessitera quelques jours de'repos complet.

M. BENES A PARIS Il assistera mardi à la séance solennelle de, l'Académie des sciences morales M. Benès, ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, est arrivé hier, à .22 h. 30, venant de Genève, à la gare du P. L. M. Sur le quai, il fut reçu par'M.'Butter, consul général et M. Ibl, chargé d'affaires, auxquels s'étaient joints M. Bozinov, ministre de Tchécoslovaquie à la Haye, de passage à Paris. M. Benès, qu'accompagne son chef de caflinet M. Kiieera. répondit aux questions concernant son parcours que, pour

lui, le voyage lui semblait toujours bon dès qu'il était en France.

M. Benès est descendu dans un grand hôtel de la rue de Castiglione.

Un avion de tourisme tombe près de Carcassonne

La passagère est tuée et le pilote grièvement blessé

Carcasaonne, 13 octcbre (.dtp. P. Paris.) Un grave accident d'aviation s'est produit, ce matin, vers 11 heures, près de Carcassonne.

Le pilote Maurice Boullu venait de quitter l'aérodrome de Saivaza, à bord d'un avion de tourisme, en compagnie d'une passagère, quand, par suite de causes non encore définies. l'appareil fit une chute entre Salvaza et Pennautier, dans un champ. Le pilote, grièvement atteint, a pu être dégagé des débris de l'avion par les témoins de l'accident.

La passagère. Mlle Jeanne Campanaud, âgée de dix-neuf ans, de Perpignan, est tombée d'une hauteur de 400 mètres elle a été tuée sur le coup.

Une enquête est ouverte par le service officiel du ministère de l'Air pour établir les causes de cet accident. M. LEBRUN AU BANQUET DU SALON DE L'AUTO

Aujourd'hui sans doute, un huissier flegmatique, prenant un soin honnête de ne pas tacher sa robe, fera sauter les scellés et déballera ces horreurs pleines des lourdes vases du Trou-des-

Anguilles; à Herblay, séchées par les poussières du greffe.

Bien entendu, devant tous les comparses, il convient de citer les complices ce Martin venu tardivement à la rescousse et dont les psychiatres admettent l'imbécillité et, enfin, Plisset, dit René l'acrobate. Mauvais acrobate, incapable à la foire d'exécuter le tour promis et qui ne fut bon qu'à monter et démonter la baraque, cri,minet de seconde main qui ne sut que passer les cordes et les torchons à Mouvauit, l'étrangleur lent.

Il a varié, René l'acrobate, et voilà sans doute son acrobatie la meilleure. Maintenant, il s'applique à décharger le patron aux mains sanglantes. A-t-il, lui, assez d'intelligence pour avoir tiré | un enseignement de la première aui dience A présent, il jure que Mouvault n'avait pas de mauvaises intentions, que c'est par méqarde qu'il a serré si fort, trop fort

gereux, et qui se rua au quai des Orfèvres terrifié et pressé seulement de protester M'sieur c'est pas moi qui ai fait le coup Alors, comme il chargeait Mouvauit

Mouvauit II a di.scuté certaines dépositions et, comme le logeur de Brunet, témoin honnête, ne cédait paa d'un pouce, l'étrangleur en vint à lui crier

Mais c'est de choses intéressantes pour moi que « je vous cause » Je me défends, moi

Parbieu On attendait tout de méme quelque poignante expression de remords. Ce fut en vain.

Au début de la seconde audience, Plisset, atteint, on le sait, de phtisie, a pris place dans le prétoire, sur une 1 chaise. Il s'expliquera d'une voix faible, son défenseur à sa droite, un garde à sa gauche. Interrogé le premier. Il commence par rappeler comment il fit la connaissance de Mouvault et comment Il aüa bientôt habi-

Lui aussi nie toute prémédi.tation et laisse entendre qu'il s'agit, en quelque sorte, d'un. accident

Ah s'écria M' Jean-Charles Legrand, partie civile, tourné vers la défense, vous pouvez bien malmener ce témoin en lui reprochant d'avoir favorisé l'inconduite de Mme Mouvault, ce n'est pas encore ça qui vous permettra d'expliquer, d'excuser la torture lentement infligée par votre triste client

Car ce fut hier, en effet, la journée des comparses. Toutefois, la mise des seconds rôles en vedette provisoire n'eut pas le pouvoir d'éloigner aucu~nement l'image infernale du crime. Au contraire. En effet, qui étaient ces comparses 1 Les officiels, médecins légistes et policiers, précédant les amis et amies du ménage Mouvault, lesquels feraient d'assez bons personnages du thédtre comique s'ils ne parlaient et de quoi face aux pièces à conviction le treillage dont fut enveloppé le cadavre de Brunet et les briques qui le lestaient.

Hier, o-n s'est contenté de mettre longuement sous les yeux horrifiés des jurés des photographies d'une ignominie telle qu'on n'en saurait publier aucune.

Cependant, nous avons entendu le commissaire divisionnaire Guillaume, de la police judiciaire. C'e8t simplement qu'il conta comment Plisset vint dans son cabinet -pour c manger le morceau M. Guillaume n'est pas un policier romantique; il n'a pas non plus le genre anglo-saxon; il est, disons, classique. Il a beaucoup de souvenir. A ses yeux lourds d'images criminelles, Plisset n'est qu'un enfant du pavé, élevé au petit bonheur {source des pires malheur.,) ou pas élevé, destiné à servir un maitre dan-

André SALMON.

L'AUDIENCE