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LES GRANDES ENQUÊTES DU "PETIT PARISIEN" tiiirniiiiiiiiiHiiiiitiutiiiiiiiiinitHiiifttiutliUlMiHiiiHuiuttMitititintiuitiHiHriHttiiiiiiiiiiiiiiiitiiiiifliitiiiiltiiiiiiliMittiiiHiiiiiiin Sous le mas q ue Japonais Andrée VIOLLIS LA MANDCHOURIE, FIEF DE L'ARMEE NIPPONE ?

Débarquement des troupes victorieuses de Changhai ramenant le général Neda blessé.

Décidément, point de défilés guerriers, dé musiques martiales, de manifestations populaires. A peine si la foule indifférente se détournait au passage des grands cars qui, de temps à autre, sillonnaient les rues, emplis de soldats retour du front. Ils agitaient des drapeaux, criaient: « Banzai à pleins poumons un peu mécaniquement d'ailleurs et comme, par ordre, mais sans éveiller aucun enthousiasme.

Par contre, l'on vendait partout la photographie des « trois Héros de Changhaï », ces soldats qui s'étaient fait bravement sauter pour détruire et ouvrir les tranchées ennemies, et théâtres et cinémas célébraient à l'envi leur héroïsme et leur sacrifice. On annonçait aussi des fêtes et des revues en l'honneur des victimes des récents combats, soit en Chine, soit en Mandchourie. rien pour les soldats vainqueurs. Même discrétion dans les feuilles, surtout préoccupées de la Mandchourie, de la Société des nations, des débats de la politique intérieure et pleines de mystérieuses allusions à "des circonstances et à des mouvements d'opinion que nul câble ne nous avait signalés à Changhaï. Quant aux propos, ils étaient infiniment prudents et réticents. Avec une unanimité qui témoignait d'une parfaite discipline et presque dans les mêmes termes, mes interlocuteur s'efforçaient de me persuader que les marins nippons avaient été contraints d'ouvrir les hostilités. Des soldats chinois en. civil ne les avaient-ils pas sournoisement, brutalement attaqués ? N'était-ce pas leur devoir de défendre la vie et les biens de leurs compatriotes ? Et, du même coup, ceux de tous les étrangers de la concession internationale ?

Je connaissais la thèse pour l'avoir maintes fois entendue à Changhaï. Et je restais sceptique, ayant par hasard assisté, ce beau matin du 28 janvier, à la répétition générale de l'attaque japonaise du soir, attaque brusquée, début de l' « incident ».

Je me taisais donc, essayant seulement de connaître l'opinion de Tokio sur la campagne qui suivit et son dénouement. Impossible. Reporters, hommes politiques et même les amis jadis connus à Paris me glissaient agilement entre les doigts comme des couleuvres dans l'herbe. Tout juste M. Yoshizawa, ministre des Affaires étrangères, dans l'entretien qu'il voulut bien m'accorder, me confessa-t-il que l' « incident de Changhaï avait été « fort malheureux A. Mais il détourna aussitôt la conversation. Me heurtais-je déjà au fameux mur de silence, au masque qui cache le visage nippon ? Alors quoi ? demandai-je à un Européen averti, l'esprit militaire des Japonais, leurs instincts guerriers et conquérants, une légende ? Nullement, répondit-il. Mais, comme vous l'a dit le ministre et c'est le mot d'ordre actuellement accepté par tout le pays l'incident de Changhai est une erreur. Ce que l'on ne vous dira pas, c'est que cette bévue, on la doit à l'Amirauté.

Depuis les conférences de Washington et de Londres, les officiers de marine se sentent, paraît-il, lésés, amoindris dans leur rôle et leur prestige

On nous traite comme des femmes, disent-ils depuis longtemps avec amertume, et c'est en femmes que nous agissons.

En janvier, le fougueux amiral Shiozawa et son état-major crurent l'occasion venue d'une éclatante revanche:

L'armée a donné la Mandchourie à l'empereur, dirent-ils nous mettrons Changhai à ses pieds. Et, sans demander ni attendre les ordres de Tokio, ils attaquèrent. Le prétexte était si facile

A Tokio, on fut, dit-on, ahuri, jnécontent é

Qu'ils s'en tirent tout seuls dirent d'abord les gens de l'armée. De là l'incohérence des premiers jours, l'attitude embarrassée du pauvre consul général Murai, qui, lui non plus, n'avait pas été prévenu, le délai dans l'arrivée des renforts. Car personne ici n'avait compté sur le sursaut des Chinois. Mais la résistance inconvenante, imprévue de la 19' armée de Canton s'improvisa, persista. Surprise. On se décida à embarquer des troupes. Puis les transports se succédèrent à toute allure, en même temps que grandissait l'inquiétude. La situation se prolongeait. Les Chinois se révélaient des techniciens inattendus de la guerre de tranchées.

A Tokio, pourtant, il y avait de forts tiraillements entre le ministre des Finances, montrant ses poches vides, et le ministre de la Guerre, engageant-et toujours plus considérables. De leur côté, les industriels et les financiers allaient jurant qu'en leur fermant le marché chinois on consommait leur ruine les diplomates gémissaient qu'on s'aliénait l'opinion de Genève et du monde le peuple était anxieux, stupéfait. Comment ? Des guerriers du vieux pays de Yamato se laisse longtemps arrêter par des Chinois, cette nation de marchands et de pleutres ? Allait-on perdre la face ?

La victoire de Changhai ne fut donc pas une joie, mais un soulagement.

Andrée VIOLLIS.'

(La sutte d la quatrième page.) Dans le haut commandement M. Paul-Boncour a soumis à la signature du Président de la République un i m p or t a nt mouvement militaire, mouvement provoqué par le passage dans le cadre de réserve du général Brécard.

Le général de division Carence, commandant la 15° région, est nommé membre du conseil supérieur de la guerre.

Le général Walsch, membre du conseil supérieur, est nommé gouverneur de Strasbourg.

Le général de division Bouchez, comm a n d a n t la division africaine, est nommé au commandement de la 15' région.

Le général Altmayer, commandant la 8* région, est nommé inspecteur de la cavalerie.

Le général Hellé, commandant la 11' division, est nommé commandant de la région.

Sont attribués au général de division

De haut en bas et de gauche à droite les généraux Carence, Walsch, Bouchez, Hellé, Altmayer et Braconnier

Braconnier, secrétaire général militaire de la présidence de la République, le rang et les prérogatives de commandant de corps d'armée.

Les bandits qui l'avaient capturé ont relâché le banquier Collins Chicago, 12 octobre (dép. Fournier.) M. Norman Collins, président de la Security Bank de Chicago, a été relâ-1 ché sans avoir eu à payer de".rançon aux bandits,

M. HERRIOT A LONDRES L'orientation probable des conversations du président du Conseil français avec M. Macdonald et avec sir John Simon

Londres, 12 octobre (dép. Petit Par.) D'après l'accord de confiance conclu en juillet dernier à Lausanne et qui, à l'origine, fut exclusivement anglofrançais, M. Macdonald et M. Herriot convinrent de se concerter préalablement à toute initiative que l'un ou l'autre pourrait avoir l'intention de prendre en vue du règlement des questions européennes.

Les mesures qu'appelle la situation créée par l'Allemagne en réclamant l'égalité de statut militaire et en se retirant de la conférence du désarmement entrent de toute évidence dans le cadre de la consultation décidée sur les bords du lac Léman.

M. Herriot a déjà témoigné qu'il entendait se conformer strictement aux obligations de cet accord. C'est ainsi qu'au lieu d'accepter les négociations secrètes que lui offrait la Wilhelmstrasse, il' en saisit immédiatement le Foreign Office et que sa réponse officielle à l'aide mémoire allemand du 29 août fut communiquée à Londres avant d'être envoyée à Berlin.

En invitant le président du Conseil français à venir à Londres examiner avec lui par quels moyens peut être remise en marche la conférence du désarmement actuellement au point mort, le premier ministre britannique a, de son côté, après quelques tâtonnements, adopté la seule procédure que commande le fair play auquel il s'engagea à Lausanne: une consultation préalable entre les deux gouvernements.

Cette conversation, dont l'importance, en cette période de crise aiguë, ne saurait'échapper à personne, s'ouvrira demain matin à Downing street il s'agit, au premier chef, dans l'esprit du premier ministre britannique, de trouver le moyen de ramener l'Allemagne à la conférence du désarmement.

Mais ce n'est là qu'une opération préliminaire nécessaire peut-être, mais à coup sûr insuffisante. Ce qui importe essentiellement, c'est d'organiser la paix par des garanties de sécurité

M. Herriot sur le quai de la gare du Nord générale afin de pouvoir entreprendre sans péril pour n'importe quelle nation, petite ou grande, des réductions substantielles de matériel et d'effectifs militaires et navals. Là est le vrai problème que MM. Macdonald et Herriot, également préoccupés de servir la cause de la paix, expireront sans aucun doute dans l'esprit du pacte de confiance et, en manière de préface, à la reprise des travaux de la conférence du désarmement.

C'est cependant, selon toute apparence, par un échange de vues sur la situation créée par la requête allemande et les moyens de la dénouer que la conversation s'engagera puisque tel était, d'ailleurs, l'objet de la conférence plus étendue que M. Macdonald décida spontanément d'ajourner quand il eut connaissance des observations présentées par M. Herriot.

Rien ne permet de dire à cette heure que le premier ministre anglais ait, ainsi que le déclaraient ce matin certains journaux de Londres, un plan complet à soumettre dès. demain à son interlocuteur. Il semble, au contraire, bien établi que les discussions qui ont eu lieu hier et aujourd'hui au conseil de cabinet n'ont pas abouti à un projet définitif.

Jean MASSIP

(La auite la troisième page.)

LE DEPART

DU PREMIER FRANÇAIS

M. Edouard Herriot, président du Conseil, a quitté Paris à 16 h. 45 par le rapide de Boulogne à destination de Londres.

Le président du Conseil, qui est accompagné dans son voyage par le directeur et le chef de son cabinet, MM. Alphand et Marcel Ray, a été salué à la gare du Nord, avant le départ du train, par la plupart des membres du gouvernement et notamment par MM. PaulBoncour, Chautemps. Dalimier, par MM. Berthelot, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères; Thomé, directeur de la sûreté générale; Renard, préfet de la Seine; Chiappe, préfet de police; Meyer, vice-président du conseil d'administration de la Compagnie des chemins de fer du Nord; Javary, directeur de la Compagnie; Farjon, sénateur du Pas-de-Calais. Etaient également présents lord Tyrrell, ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris, et M. Titulesco. Le président du Conseil a été l'objet d'une chaleureuse ovation de la part des voyageurs qui se trouvaient dans la gare,

Les Chambres'

rentreront

le mardi 25 octobre

En haut: M. Herriot. En bas: MM. Painlevé, et Faul-Boncour sortant de pElysée après le conseil

Le conseil des ministres qui s'est tenu hier matin à l'Elysée a, sur la proposition de M. Herriot, président du Conseil, et comme nous l'avions laissé prévoir, fixé officiellement la date de rentrée du Parlement au 25 octobre.

Le discours dit « de rentrée par lequel le chef du gouvernement prélude habituellement à la reprise des travaux des Chambres sera prononcé le dimanche 23 octobre, à Lens, par M. Edouard Herriot. Dans ce discours, d'ailleurs, le président du Conseil se bornera à apporter des précisions sur les deux prnblèmes -les plus importants de l'heure les projets financiers du gouvernement et la position de la France dans le monde.

Quant aux questions spécialement politiques, M. Herriot se réserve de les traiter dans le grand discours qu'il doit prononcer, ainsi que nous l'avons déjà indiqué, au congrès que le parti radical socialiste tiendra à Toulouse du 3 au 6 novembre.

POUR ET CONTRE Il est une hausse du prix de la vie dont personne ne songera à se plaindre. Cette hausse, en effet, se fait seulement sentir dans nos palais de justice.

Chez Thémis, enfin, le prix de la vie monte. Nos jurés, sans faire pour cela de la spéculation illicite, doublent, triplent leurs tarifs. Il fut un temps où leurs verdicts étaient d'un bon marché littéralement renversant. Aujourd'hui, leurs verdicts souvent, très souvent, coûtent cher. Et ils « n'acquittent » plus leurs factures avant que leurs tristes clients aient payé durement payé.

Le crime passionnel lui-même a cessé d'être gratuit. Le crime conjugal, qui longtemps fut en solde, cédé pour ainsi dire pour rien aux Grandes Galeries judiciaires, est devenu fort onéreux. Les époux qui tuent leurs femmes paient très cher,. maintenant, « leur petit moment d'égarement Un de ces messieurs gémissait, l'autre jour, devant les jurés « Il ne faut pas me faire de misères, gelgnait-il. Je l'aimais bien, ma pauvre femme. » Eh bien les jurés, tout de même, ont fait des misères » à cet excellent homme et l'ont condamné à vingt ans de bagne.

Hé là! Hé là! ça devient cher, l'assassinat Si c ça » ne baisse bas, on va voir que les époux violents, jaloux ou neurasthéniques vont se méfier des petit5 moments d'égarement ». Quand ils voudront se séparer de leur moitié, ils divorceront peut-être, mais ils ne divorceront plus à l'aide du revolver, du couteau de cuisine ou du poignard.

On a fait des misère., l'employé des postes qui a tué sa femme. On avait fait des misères, quelques jours auparavant, à un autre meurtrier hyménéal qui avait également supprimé son épouse. On a fait des misères tout récemment à une bonne dame qui avait zigouillé, conjugalement, son mari. Elle finira ses jours, la bonne dame, en prison ce qui ne lui permettra pas de se remarier. Quant aux crimes vulgaires, quant aux assassinats non passionnels, ils ne coûtent pas, comme on dit, «^ les yeux de la tête Ils coûtent souvènt. aujourd'hui, la tête tout entière. Nos jurés résisteraient-ils, maintenant, à la belle éloquence de nos maîtres du barreau ?. Nos jurés, maintenant, considéreraient-ils que le beau talent de nos brillants avocats ne saurait empêcher les assassins d'être coupables d'assassinat ?. On ne sait. En tout cas, les verdicts de cours d'assises deviennent vraiment assez chers.

Réjouissons-nous de cette hausse, très sensible, très légitime, très opportune et qui aura, sans aucun doute, pour effet de raréfier la clientèle criminelle. Maurice PRAx.

M. ANDRE FRANÇOIS-PONCET RESTE AMBASSADEUR A BERLI Dans les milieux autorisés on déclare inexacte la nouvelle publiée par certains journaux étrangers, selon laquelle M. André François-Poncet aurait demandé au gouvernement de le relever de ses fonctions d'ambassadeur à Berlin.

UN ENTRETIEN

AVEC M.JTTULESCO Un de ces matins de Genève, lumineux et froid, quai Wilson. Nous regardions les mouettes qui tenaient un conseil extraordinaire sur les cordages et la cheminée d'un steamer désarmé dans le port des Paquis. Personne autour de nous. La bise avait découragé les touristes. Seul un promeneur frileux, le col du raglan relevé, grand, mince, coiffé d'un feutre clair, le visage vif au teint bronzé. Il s'avança vers mon ami, la main tendue, tout heureux de rencontrer un homme et de pouvoir parler en se promenant. Je fus présentée lui, mais on oublia de me dire son nom.

La camaraderie instantanée dans laquelle le nouveau venu m'entraîna 1 me le désignait comme un journaliste et nous abordâmes en souriant de graves problèmes internationaux Je jetai au hasard, dans la conversation, mes connaissances neuves. Notre « confrère » parut écouter avec beaucoup d'intérêt les quelques observations élémentaires que je débitais. Je l'estimais donc intelligent et sympathique.

Lorsqu'il nous eut quitté, une demi-heure plus tard, je m'enquis Où écrit-ü ?

Et mon ami me répondit un peu effaré

Mais nulle part Vous ne connaissez donc pas Titulesco ? C'est à ce moment que je l'ai bien connu.

Je l'ai su depuis par ceux qui ont l'honneur et le plaisir de vivre en sa familiarité ce Roumain possède le don et pratique l'art de s'établir toujours sur le plan de son interlocuteur (auss! notoire ou obscur soitil) et de s'y maintenir constam-

ment, ni trop haut ni trop bas, au niveau du cœur.

Dans son commerce avec les hommes d'Etat et les diplomates, celui-ci (qui est l'un des plus éminents d'entre eux) apporte son don, son art de créer instantanément une atmosphère chaude dans la chambre glaciale. Il simplifie par la cordialité les problèmes ardus et, dans les discussions irritantes, sait être

M. Titulesco

l'ami de son adversaire, comprendre d'emblée ses objections, ses dissentiments et le gagner à la bonne foi. Louis ROUBAUD

(La suite à la troissème page.) L'ENSEMBLE*DES CRÉDITS DEMANDES PAR LES MINISTÈRES SUR LE BUDGET DE 1933

ATTEINT 56 MILLIARDS

Mais M. Palmade ne cesse d'apporter des diminutions à ce total imposant L'effort considérable imposé aux services des finances et du budget pour la préparation du budget de 1933 n'est pas encore terminé, mais déjà les grandes lignes du projet apparaissent et nous allons, en somme, entrer dans la période de mise au point définitive. Jusqu'ici, on a procédé à l'évaluation des recettes fournies par les impôts existants et examiné les possibilités d'économies et de recettes supplémentaires pouvant résulter du vote de projets nouveaux.

Dans le même temps, les différents départements ministériels s o u m e t taient à M. Palmade, selon l'usage, leur budget de dépenses pour l'année prochaine. C'est là, bien souvent, que se trouve le point névralgique des discussions. Devant l'avalanche des dépenses commandées par les besoins des services, le ministre du Budget, impitoyable gardien des deniers publics, dresse le barrage des possibilités nationales.

Cette année, le total des demander des différents départements ministériels atteint la somme considérable de 56 milliards.

Rappelons, pour mémoire, que le budget de dépenses de 1931 atteignait 50.468 millions, celui de 1932 41.097 millions pour neuf mok, soit 53.870 millions environ pour une année entière. On voit, par ce simple rapprochement, que les dépenses de l'Etat croissent avec une rigueur quasi mathématique dans le temps où ses ressources ne cessent de diminuer. Ce serait grave si le chiffre de 56 milliards était définitif. Mais, répétons-le, il s'agit là des premières demandes. Depuis qu'elles ont été for- mulées. M. Palmade, au cours des cordiales discussions qui se sont déroulées avec ses collègues, a rogné ici et là et, finalement, s'est mis d^accord avec de nombreux ministères. Selon la coutume, c'est avec les départements intéressant la*défense nationale que ia discussion se prolonge. Mais avant peu, cependant, l'accord définitif sera réalisé, et dans une dizaine de jours peut-être le ministre du Budget aura arrêté exactement le montant des dépenses de la maison c France pour l'année qui vient.

Mouvault et ses deux complices répondent devant le jury de la Seine du sauvage assassinat de Brunet

Monvault

Un tiers du Sénat

sera renouvelé dimanche La série renouvelable (série B) comprend les trente départements de la Haute-Garonne à l'Oise inclus plus Constantine et la Martinique

LES ÉLECTIONS PORTERONT SUR 111 SIÈGES

Aux termes de l'article premier de la loi du 9 décembre 1884, modifié par l'article 9 de la loi du 7 octobre 1919, le Sénat se compose de trois cent quatorze membres élus par les départements et les colonies ».

Jusqu'au retour à la France de l'Alsace et de la Lorraine, il ne se composait que de trois cents membres. Mais la loi de 1919 stipula que les départements de la Moselle et du BasRhin éliraient chacun cinq sénateurs; celui du Haut-Rhin, quatre.

On sait, d'autre part, que les sénateurs» sont élus pour neuf années et que la Haute Assemblée se renouvelle par tiers tous les trois ans, « conformément, dit l'articte 7 de la loi du 9 décembre 1884, à l'ordre des. séries de départements et colonies actuellement existantes x.

Ces séries avaient été déterminées en application de l'articie 6 de la loi du 24 février 1875 relative à l'organisation du Sénat, lequel énonçait « Au début de la première session, les départements seront divisés en trois séries. Il sera procédé par la voie du tirage au sort à la désignation des séries qui devront être renouvelées à l'expiration de la première et de la deuxième période triennale. »

Lors donc de la première séance publique du Sénat, son président tira au sort les trois séries désignées sous les noms de série A, série B, série C. La série A comprenait les trente départements allant par ordre alphabétique de l'Ain au Gafd inclus, plus le département d'Alger et les colonies de la Guadeloupe et de la Réunion la série B, les vingt-neuf départements allant de la Haute-Garonne à l'Oise, plus le département algérien de Constantine et la Martinique la série C, les vingt-huit départements allant de l'Orne à l'Yonne, plus Oran et l'Inde française.

Les départements recouvrés ayant été répartis selon l'ordre alphabétique, en vertu d'une résolution adoptée par le Sénat le 7 décembre 1920, la série B s'est trouvée augmentée de la Moselle, la série C du Bas-Rhin et du Haut-Rhin.

Quand, au cours de la première séance de la Haute Assemblée, le président avait tiré au sort les séries, la série B sortit la première de l'urne, la série C la deuxième et la série A la troisième. C'est pourquoi la série B, qui va être renouvelée dimanche pour la sixième fois depuis la mise en vigueur des lois constitutionnelles de la Troisième République, le fut dès le 5 janvier 1879, au bout de la première période triennale, puis le 5 janvier 1888, le 3 janvier 1897 et le 7 janvier 1906. Elle était renouvelable en janvier 1915, mais la loi du 24 décembre 1914 ayant prorogé les pouvoirs des sénateurs qui en faisaient parti, son renouvellement eut lieu. en vertu de la loi du 18 octobre 1919, avec celui de la série C le 11 janvier 1920. Elle fut renouvelée de nouveau le 6 janvier 1924, de façon que fut repris le rythme normal des renouvellements triennaux.

(La suite d la sixième page.) Un important discours de M. Painlevé sur le rôle de l'automobile en temps de guerre (Voir d la troisième page.)

M. Fainlevé préside le banquet des officier» de réserve du service automobile

Le procureur générale Donat-Guigue, par le veto de qui les places assises, jadis chèrement disputées, demeurent inoccupées, assista à une grande partie de l'audience, en jaquette, dans d'ombre pourpre de son substitut, l'avocat général Léman. Il est d penser que le procureur général n'aura pas eu le loisir d'observer l'attitude du « public debout », encore qu'au long de cette audience le calwe ait toujours régné du ctité du ministère public, abrité du vent d'est tandis qu'un fort mistral agitait la défense. C'est dommage. En effet, il était bien intéressant à observer ce publie gaai paya d'une si pénible attente le droit d'étouffer, debout, dans un périmètre réduit. Le procès hlouvaudt fourmille de détails scabreux, de ceux qui, il y quelques années, eussent paru justifier le huis clos. Eh bien l'auditoire populaire ne voulut pas faire un sort 4. aucacu de ces détails. Donnant un tel signe de tenue et, dison,s-le tout net, d'élévation morale, il u'était curieux, sans jamais de. passion malsaine, qu'à ces tristesses, ,ces misères, ces terribles heurts d'incompréhension mutuelle qui ne lardèrent pas.à à faire du ménage Mouvault un enfer qui serait un mauvais dieu. On n'apercevait, cette fois, parmi les spectateurs privilégiés assis dans les beaux fauteuils rangés derrière la cour, aucun académicien. Mais le chef de l'école populiste, le romancier et critique André Thérive, était la. Il y aura renforcé sa conviction de cette vérité que les personnages favoris des écrivains te son école sont dignes de la -psychologie la plus aiguë.

Eloig1wns ,pourtant la vision d'une audience toute parfumée de littérature. Naus avons commencé par relever la qualité pénible de certaines détails. Ce fut parfois tout à fait feosu-

Plissct

rant. Ce fut parfois grotesque tout de même, sinon comique. Mouvault est comme tous ceux qu'on aperçoit à la place où le voici. Encore qu'il s'excuse naïvement de « n'.être pas dans son assiette », il vise au beau style, non sans trébucher.

Evoquant le supplice du malheu·

reux Brunet, le président Barnaud pouvait bien dire à Mouvault

Vous aviez alors l'âme d'un grand inquisiteur

Il s'agissait alors d'un grand inquisiteur ami de la belotte et qui, pour expliquer un mensonge, dira c Je ne voulais pas me c défausser devant la police.

Après quoi, il ira jusqu'à s'excuser, faute de trouver une expression plue heureuse, de parler d'« emballage à propos du cadavre de sa victime caparaçonné de fil de fer.

La bonne tenue du rare public 1 Il la fallait parfaite pour que les rires ne fusent pas lorsque Mouvault, s'enhardissant jusqu'à reprendre M. Barnaud, lui rétorquait

Mais enfin, mon président, c'est pas vous, c'est moi qui y étais.

Ah 1e défilé des témoins promet De Mme Mouvault, c épouse peu édifiante au regard de l'accusation, jusqu'à ce policier des moeurs qui eût peut-être bien fait de ne se jamais mêler des affaires conjugales de Mouvault.

Et cette salutiste échappée d'un livre de Rosny aîné, que viendra-t-eUe nous apprendre 1

Puissse-t-elle, en répandant quelque parfum évangélique, chasser, avec l'acre odeur du sang, le trop haut goût de cette soupe à l'oignon que Mouvault, flanqué de ses complices, payait aux Halles à « des copines quelques jours après le crime sans nom.

André SALMON

L'AUDIENCE. C'est dans une salle pleine à craquer que Mouvault, Plisset et Martin, accusé* de la mort du typographe Louis Brunet, ont fait hier, à la cour d'assisés, une entrée modeste.

Six défenseurs assistent les accusés,