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LES GRANDES ENQUETES DU PETIT PARISIEN" Au coeur grouillant de l'Europe LE FEU OUI COUVE HENRI bérau"d

Le voyage s'achève. Demain, je serai en France, et, aussitôt, comme à chaque retour, des amis vont m'interroger

Comment cela va-t-il là-bas ? Cette question ne me la posé-je pas moi-même à cette heure, dans cette chambre de Belgrade où je rassemble bagages et souvenirs ? Au balcon, je me penche. Le vent et la rumeur du fleuve emplissent l'ombre chaude. L'orage pèse. Un avion passe, un violon pleure. Nuit d'été, pleine de fantômes. Ne savons-nous pas qu'aujourd'hui comme hier le danger de l'Europe vient du Danube? Comment cela va-t-il ?

Avant de répondre Mal il faut peser ses mots ces petits mots qui répondent à de grandes questions. Qu'est-ce, en effet, que, sous un air trop insouciant, tant d'hommes inquiets me demanderont demain, sir on les impressions d'un voyageur qui, revenant des pays où naquit la guerre, doit avoir son avis sur la paix ? La guerre est-elle possible ? Est-il vrai que là-bas on la croit possible, que certains même en accepteraient l'éventualité ?

Lourdes questions.

Avant d'y répondre, un écrivain doit tenir sa plume levée. Car, en ces matières, l'imprudence a d'autant moins d'excuses que le public montre plus de penchant à confondre impressions et prophéties. Faut-il donc se taire, gazer, retarder diplomatiquement l'échéance de vérités qui, tôt ou tard, se feront jour et qui, désagréables aujourd'hui, seront peut-être dangereuses demain ? Ma foi, non Le premier, le seul devoir d'un informateur, c'est d'informer. Et d'ailleurs un avertissement n'est nécessairement pas un cri d'alarme. D'un mot, mon avis est que, si l'on veut éviter des malheurs, il faut prendre en Europe centrale des mesures sérieuses.

J'ai vu des hommes à bout de patience

Cela ne peut pas durer

Telle est la phrase qu'au cours d'une investigation de trois mois j'ai le plus souvent entendue. Et il est trop certain qu'elle exprime le plus juste sentiment des réalités.

Qu'avohs-nous o b s e r v*è ? Les tronçons d'un vaste empire naguère subjugué par l'Allemagne, tronçons dont les traités ont fait des Etats souverains, sans prendre, semble-t-il, toutes les précautions nécessaires à leur existence future entendez leur existence matérielle. Le partage de l'Empire des Habsbourg, tel qu'il fut opéré à Trianon et à Saint-Germain, est, en effet, une solution wilsonienne, autrement dit une opération morale. Douze ans de convulsions et de misère ont montré que si l'homme ne vit pas seulement de pain, il ne vit pas non plus de formules politiques. Si l'on me permet de reprendre ici une expression qu'on a pu lire au début de cette enquête, je dirai qu'avant 1914 il n'y avait peut-être pas de patriotisme autrichien, mais qu'il y avait une économie autrichienne.

Les raisons qui décidèrent les vainqueurs à briser ia vassale de! l'Allemagne, on les connaît. Pour l'Allemagne, le Danube, autrement dit l'Autriche-Hongrie, était la route de Bagdad. Il s'agissait pour elle de barrer du nord au sud le vieux continent par un bloc de pays germains ou progermains. Que les vainqueurs aient mis fin à ce rêve grandiose et funeste, cela se comprend. Qu'on se soit efforcé d'en prévenir le retour, rien de mieux. Mais fallait-il, pour autant, « balkaniser » le Danube ? C'est toute la question. L'imbroglio vient de là et le danger vient de l'imbroglio. Cet imbroglio, essayons de le débrouiller. L'Allemagne, qui n'a pas renoncé, songe à l'An-ischluss l'Italie, que la constitution d'une grande union danubienne ris- querait à son tour de balkaniser, appuie ouvertement la Hongrie. Contre qui ? Contre ceux auxquels les Magyars crient sans relâche « Non, non, jamais » Imaginons que ces deux groupes, AllemagneAutriche et Italie-Hongrie, se constituent et supposons ensuite qu'ils se rejoignent. Que verrions-nous alors renaître sous nos yeux ? L'Europe de 1914, ni plus ni moins. On dira que d'autres Etats, jeunes et déjà forts, ne laisseraient pont sonner ainsi le glas de leur indépendance. Il est vrai. On dira aussi que l'Anschluss n'est pas chose faite, non plus que la Triplice, et qu'au surplus la Hongrie n'a pas oublié que ses ex-alliés, tout comme ses exennemis, ont pris leur part du gâteau hongrois. Mais est-il rien de mieux, pour réconcilier des gens brouillés, qu'une commune haine, plus forte que leur rancune ?

Telle est, dessinée à grands traits, l'esquisse du Mittel-Europa Esquisse d'orage. Il semble à l'observateur que, d'un bout à l'autre du long rivage, sur ces grandes plaines, la lumière a baissé. Là-bas, 120 millions d'hommes vivent dans l'attente. l'angoisse, la colère. Bourgeois, ouvriers et paysans, tous s'inquiètent. Que ce soit leur faute ou celle d'autrui, ces hommes endurent avec la menace du pire. Leur faute ? Est-ce bien certain ? On ne cesse de leur dire que ce chaos, ils l'ont voulu.

En haut M. Masaryk gauche) et le roi de Yougoslavie. En bas MM. Miklas (à gauche) et Horthy

cherché, appelé de toutes leurs forces, dans toutes leurs langues. Et après ? S'est-on figuré qu'en brisant leurs chaînes on ferait automatiquement leur bonheur ? Il eût fallu tout ignorer de la vie de ces peuples pour croire que, devenus tous libres, ils allaient tous se montrer raisonnables.

Comment leur donner tort ? Estce leur faute si, de notre temps, l'économie et la politique ne peuvent aller du même pas ? Est-ce leur faute si la perfection n'étant pas de ce monde ils se trouvent inégaux ? S'il y a le gros laboureur des plaines et le montagnard aux jarrets durs ? Si, à côté du peuple instruit, mené par ses savants, il y a la tribu féodale qui pousse ses charrues sur le sillon des maîtres ? Est-ce leur faute enfin si, chose plus grave, ces Etats flambant neufs n'ont pas tous le même âge, et si, quand celui-ci, jeune et fort, marche hardiment vers l'avenir, celui-là, vieux et las, s'en va courbé sous le faix de l'histoire ?

Occupés de toute éternité à des rivalités de races, de nationalités, de religions, habitués au surplus à jouer en virtuoses de leurs querelles pour intimider le commun oppresseur, ils ont continué. En vain leur montrait-on le péril. Survint la crise mondiale. C'est alors qu'ils ont, peu à peu, transformé leurs embarras réciproques en une espèce de blocus mutuel et volontaire.

Ce dont, chez nous, on ne se rend point assez compte, c'est que, dans la moitié de l'Europe, on est revenu aux méthodes commerciales et monétaires d'état de siège. C'est que sept nations au moins se trouvent en proie à la folie économique de 1919, perfectionnée, mise au point par l'expérience et cela sans la joie de l'armistice. Qu'adviendra-t-il si cela dure ? Que provoquerait la chute de ce décor financier si ce n'est un effondrement général, une misère sans nom, avec toutes les calamités de la jacquerie, de l'anarchie spontanée. du communisme agraire ? Ne vous y trompez point tout semble tranquille, mais la tranquillité de l'Europe n'est qu'une trêve. » Qui parle ainsi ? Metternich en 1847. Il n'est rien de nouveau sous le soleil. Mais n'onblions pas que la crise présente s'accomplit sous les yeux d'un témoin, et de quel témoin: l'Allemagne l'Allemagne de 1932, convulsive, impunie, irritée, enfermée dans une défaite qu'elle n'a ni acceptée ni comprise, et qui, pareille à un grand oiseau noir, se jette à grands coups d'aile contre les barreaux de sa cage.

Pourtant les soucis de chacun et les maux de tous, par leur excès même, devraient opérer un rapprochement que. de trop cuisants souvenirs semblaient rendre impossible. Beaucoup le désirent. La plupart se rendent enfin compte que ce chaos ne sera ordonna que par la collaboration des puissances. C'est du moins ce qui résulte de mes conversations avec les chefs raisonnables des divers Etats. Je crois à leur sincérité. Plus d'un, c'est certain, préférerait aux alliances de guerreune entente entre peuples voisins. Mais il faut les aider, même au prix d'une douce contrainte. Les puissances ont dans le grand fleuve un complice. Il est entre ses riverains le lien éternel, le lien géographique, celui qui triomphe des siècles. Le Danube, dira-t-on, c'était l'Empire des Habsbourg. Oui. Mais l'Emn'rj n'est plus, et cependant, des Alpes à la mer Noire, le fleuve continue sa course lente et maie.-îtneuae. Il faut agir, et vite. On n'a que trop tardé. Ce n'est pas, comme on dit à Prague, en prenant la température du malade qu'on le guérit. Renonçons une bonne fois à offrir des chiffres à des gens qui réclament du pain.

Cependant, à force de chercher des remèdes aux maux économiques, on en trouvera peut-être aux plaies politiques. N'a-t-on pas vu a Innsbrück, en avril dernier, les Magyars tomber d'accord avec les Yougoslaves et les Tchécoslovaques, en opposition avec ieurs anciens frère? d'Autriche ? Reste l'Italie et la question albanaise. C'est, avec la question dalmate », le problème !<• plus délicat et qui, d'ailleurs, ne ressortit pas à la présente enquête. Disons TV)iirtant au'il neut. comme

bien d'autres, trouver sa solution dans l'entente entre gens de bonne volonté.

Il importe avant tout d'assainir la situation monétaire des pays danubiens, et cette œuvre de grande urgence constituerait, selon nous, une opération en trois temps qui comporte la création d'un institut d'émission général pour toutes les monnaies de l'Europe centrale, avec la constance de leurs rapports assurée par les puissances. Mais (deuxième temps) un contrôle rigoureux de l'emploi de ces fonds s'impo- serait car il faut, une bonne fois, mettre fin aux onéreuses somptuosités de nations qui, dès avant 1914, s'endettaient au rythme d'un million or par jour. Après cela, et après cela seulement, on pourrait rajuster les taux d'intérêts de ces emprunts, comme des emprunts passés, selon la capacité de paiement de, chaque pays et après la reprise des affaires.

Voilà pour l'économie. Quant à la politique, la tâche d'un informateur ne va pas jusqu'à remuer l'histoire et à reprendre les traités. Nous ne prétendons pas en remontrer aux diplomates et nous savons, pour l'avoir appris en voyageant, toute la difficulté de leur tâche dans un monde qui, depuis quatorze ans, ferme les yeux à tout ce qui le contrarie.

En m'adressant ici à des Français, c'est-à-dire aux hommes les moins faits pour s'occuper des affaires d'autrui, je parle, il est vrai, à un peuple qui s'avise à peine aujourd'hui d'un problème dont l'Europe centrale s'inquiète depuis dix ans. Habitués à trancher les questions extérieures au pied de leurs clochers, nos gens ne songent certes pas à sacrifier le paysan de France au paysan du Danube. La France du moins se flatte à bon droit de chercher aux grands problèmes humains des solutions désintéressées.

A ceux qui font profession d'en douter, nous ne rappellerons jamais trop qu'il fut des nôtres celui qui,; ramenant la France à son destin, voulut mettre le prestige de la victoire au service de la paix. C'est d a ns l'nmbre haute d'Aristide Briand que je veux achever mon étude La paix, disait-il, c'est la raison. » Que l'Europe l'entende Voici l'heure. Entre les épis mûrs et les faubourgs d'usines, le train glisse vers l'ouest. Le Danube luit au couchant comme une épée rouge tirée du brasier. Des hommes vêtus de bure, ouvriers, paysans, regardent la rouge splendeur où s'enfonce avec un long cri le train qui m'emporte vers Sarajevo. A Prague, à Vienne, à Budapest, d'autres hommes, tout pareils, regardaient pareillement le ciel. Que cherchez-vous, camarades, dans les dernières lueurs de ces beaux jours ? Une menace ? Un grand signe d'espoir ? N'avez-vous pas assez souffert ? Oubliez-vous ? FIN

M. Lhommedé, préfet du Finistère, frappé d'une congestion mortelle au ministère de l'Intérieur

Hier auprès-midi. le préfet du Finistère, M. Lhommedé, qui attendait dans l'antichambre du ministre de l'Intérieur le moment d'être reçu par M. Chautemps, est tombé é brusquement frappé d'une congestion. Il a été immédiatement

transporté à l'hôpital Beaujon. Mais il était mort en cours de route. A l'issue du conseil de cabinet, M. 8amille Chautemps, accompagné de M. Israël, s'est rendu

à l'hôpital où il a salué la dépouille mortelle de M. Lhommedé.

Le préfet du Finistère descendait à Paris chez sa belle-soeur, Mme Arthur Ranc. Celle-ci se trouvant actuellement absente de Paris, M. Camille Chautemps a décidé de faire revenir le corps de M. Lhommedé au ministère de l'Intérieur, cù une chapelle ardente a été amenagée

LE LIIIRE D'OR DES MUSIQUES DE L'ARMÉE FRANÇAISE

LA PRÉPARATION DU BUDGET

Le conseil de cabinet tenu hier lui a été consacré en majeure partie

MM. GERMAIN-MARTIN ET PALMADE ONT EXPOSE LEURS SUGGESTIONS Il a été procédé par les services des finances à une étude de la plupart des économies possibles entre lesquelles le gouvernement aura à choisir

LA COMMISSION DES FINANCES SE REUNIRA LE 18 OCTOBRE Réunis hier après-midi en conseil de cabinet au ministère des Affaires étrangères, sous la présidence de M. Edouard Herriot, les membres du gouvernement, après avoir procédé à l'examen des affaires en cours, ont consacré à la préparation du projet de budget pour l'exercice 1933 la majeure partie de leurs délibérations qui n'ont pas duré moins de trois heures et demie.

MM. Germain-Martin et Palmade ont présenté au conseil les budgets particuliers dressés par les soins des ministres compétents, en conformité, avec les dispositions législatives votées avant les vacances et prévoyant une réduction globale de 5 sur toutes les dépenses a dm inistratives. M. Edouard Herriot. et ses collègues se sont livrés à l'étude des budgets qui leur avaient été ainsi soumis par les ministres des Finances et du Budget. Ces derniers ont également donné un aperçu du déflcit qu'il importe de combler ils en ont énuméré les causss et ont analysé les différentes mesures qui sont susceptibles de réaliser l'équilibre entre les recettes et les dépenses. Aucune de ces mesures ne peut d'ailleurs être décidée sans des travaux préalables de mise au point minutieuse et approfondie. C'est dire que rien n'est encore arrêté par le gouvernement et que les délibérations du conseil de cabinet se sont bornées à

af. Palmade,

vu par Jplas

vu par ails

ues ecaaoges ue vues au sujet aes înaications fournies leurs collègues par MM. Germain-Martin et PaOmadft; Trouver les ressources ou les économies nécessaires à l'équilibre sans surcharger les contribuables, voilà :e problème. On sait que le déficit s'élève, en chiffres ronds, à un total d'une dizaine de milliards. En raison des mesures déjà prises loi d'économies et conversion des rentes ce qu'il en reste à combler représenterait une somme variant entre 6 et 8 milliards. «Tl se confirme qu'en présence d'une telle situation, le gouvernement se serait rallié à l'idée de créer une caisse autonome des pensions, qui, en reportant sur l'avenir près de la moitié du coût des pensions de guerre, permettrait de récupérer tout de suite 3 milliards environ. Ce système soulevait une grosse objection, à savoir la nécessité d'emprunter tous les ans 3 milliards. Mais l'objection tombe si

la caisse des dépôts et consignations accepte de fournir ces 3 milliards, notamment en remployant ainsi les sommes qu'elle doit capitaliser au titre des assurances sociales et qui, en 1931, se sont élevées à 2.675 millions. Evidemment, la caisse peut faire valoir qu'elle est notamment dans l'obligation de garder d'énormes liquidités. Mais il semble que la question pourrait être assez facilement résolue, grâce aux ajustements nécessaires. Quant au principe suivant lequel les charges doivent être équitablement réparties entre toutes les catégories de citoyens, y compris les fonctionnaires, il ne soulève pas d'opposition. Les ministres des Finances et du Budget ont donc calculé ce que produiraient des abattements sur les traitements de 5. 8 et 10 suivant les échelons. Mais il convient de souligner que ni M. Germain-Martin ni M. Palmade ni, d plus forte raison, le gouvernement lui-même n'ont pris de décision définitive sur la modalité de ces retranchements qui pourraient affecter non pas le traitement lui-même, mais l'indemnité de- résidence et certaines indemnités de fonctions. D'autre part, il n'est pas impossible que le gouvernement songe à exonérer de toute réduction les petits traitements, et. tout au moins, les traitements de base de 9.000 francs.

Et à l'égard des anciens combattant!§. quelles sont les intentions du gouvernement ? Si nous sommes bien renseignés, celui-ci s'est demandé s'il n'y aurait pas lieu, le cas échéant, d'élaborer des textes permettant de reviser les pensions accordées pour des affections contractées loin du front, ou bien, si la chose apparaît comme absolument nécessaire, de retarder de deux ou trois ans la mise en paiement de l'allocation du combattant.

(La suite d la deuxième page.)

Demain après-midi à Colombes AU STADE YVES DU MANOIR En un match clôturant

la saison sur piste

les meilleurs athlètes finlandais qui t'illustrèrent

aux Jeux Olympique*

seront opposés

aux meilleurs athiètes français

Le problème du désarmement A PARIS

M. Herriot s'est entretenu avec le délégué américain, M. Norman Davis, des meilleurs moyens de faire progresser les travaux de Genève

A GENÈVE

M. Paul-Boncour a mis la dernière main au plan constructif français qui, avant d'être publié, sera aoumia à l'approbation du conseil des ministres La question du désarmement, qui est de plus en plus à l'ordre du jour des préoccupations internationales, a fait hier l'objet d'un nouveau et significatif échange de vues.

M. Norman Davis, délégué américain à la conférence du désarmement, qui était arrivé de Genève dès jeudi, est venu s'entretenir au cours de la matinée avec M. Herriot. M. Norman Davis était accompagné de M. Mar- riner, le nouveau chargé d'affaires dé l'ambassade des Etats-Unis.

A l'issue de cette conversation, qui s'est prolongée durant une heure environ, un communiqué officiel a été publié constatant que le président du Conseil français et le délégué américain ont étudié, en toute cordialité, les meilleurs moyens de faire progresser les travaux de Genève.

C'est dire que les deux Interlocuteurs se sont appliqués à rechercher les solutions pratiques qui pourraient être envisagées à la conférence du désarmement et seraient susceptibles de hâter l'aboutissement de ses travaux.

Les vues françaises et américaines s'étant ces derniers temps assez sensiblement rapprochées on peut attendre, croyons-nous, de féconds résultats de l'entretien franco-américair d'hier. M. Norman Davis qui, de Paris, s'est rendu à Londres, aura là-bas également d'utiles contacts qui permettront peut-être d'harmoniser davantage les conceptions des principales puissances intéressées.

M. Macdonald a, on le sait, renoncé à son projet de conférence à cinq dans la capitale britannique, mais il ne perd probablement pas de vue l'éventualité de s'occuper du désarmement et de l'abstention allemande en des réunions plus discrètes qui pourraient se tenir à Genève même et où le problème de l'égalité des droits pourrait aussi être évoqué avec moins d'éclat et par conséquent moins d'inconvénients. Il n'est pas exclu non plus que ces entrevues genevoises à quatre ou à cinq soient précédées d'une importante rencontre franco-britannique qui permettrait de déblayer un peu le terrain et de se rendre plus exactement compte des possibilités en présence. LE PLAN CONSTRUCTIF FRANÇAIS Genève, 7 octobre.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

H n'est plus question ici, ainsi que je vous l'avais fait prévoir, que de gagner du temps et, pour cela, d'ajourner la réunion du bureau de la conférence de réduction des arme- ments. Dès maintenant, bien que le retour de M. Henderson soit annoncéj pour dimanche soir 9 courant, on n'en-'trevoit pas avant le 19 la séance envisagée pour la remise et l'examen des rapports Bourquin et Buero, dont nous avons parlé hier.

Est-ce l'espérance de voir déposer en même temps le fameux plan constructif français au sujet duquel on se montre ici d'une discrétion absolue et qui, pour cette raison même, provoque la plus vive curiosité qui a fait fixer cette date lointaine ? C'est possible. Il est à craindre, toutefois, que cet espoir soit déçu.

Le plan en question, dont la mise au point est terminée ce qui ne veut pas dire qu'il ne subira pas de modifications ultérieures, est maintenant

M. Norman Davis prend congé de M. Herriot entre les mains de M. Herriot. C'est un travail considérable beaucoup plus considérable et compliqué même qu'on ne suppose généralement car ce plan constructif comprenrl, en fait, deua plans diatincts un plan maximum et un pian minimum.

Nous avons dit déjà que le but poursuivi était d'organiser parallèlement la sécurité et le désarmement. C'est le projet Benès qui a fourni les lignes essentielles de l'organisation de la sécurité. M. Paul-Boncour et ses collaborateurs se sont donné pour tâche, eux, de transposer cette organisation dans le domaine du désarmement. Or on conçoit ce que peut être délicate une semblable transposition sur le plan européen, bien entendu, les bases seules du plan ayant, nous l'avons dit, un caractère universel compte tenu des trois ordres d'armements terrestre, naval et aérien.

'La suite à la troisième page.)

LE FACTEUR TOMASINI QUI TUA SA FEMME DEVANT LE JURY

DE LA SEINE

L'accusé se défend avec maladresse et nie toute préméditation (Voir d la quatrième page.)

Tomasint et son défenseur, M** Camptnchl POUR ET CONTRE il ne tait pas bon aller aux Halles ces temps-ci, me disait hier un restaurateur.

II fait froid ?

Non. Il fait trop chaud. Ce sont les prix qui sont trop chauds. Les prix montent depuis quelques jours dans des proportions désagréables. Et vous savez pourquoi ?.

Il ne faut pas chercher à savoir pourquoi.

Si. C'est à cause du Salon de l'automobile. Dès que nous nous étonnons, mes collègues et moi, d'une hausse par trop sensible, par trop rapide, d'une victuaille quelconque, il nous est aussitôt répondu Dame C'est le Salon de l'auto. > Et voilà Il serait vain d'essayer d'obtenir une explication supplémentaire. C'est le Salon de l'auto. Pourtant, le Salon de l'automobile. qui sert aussi de prétexte à quelques petites fantaisies de la vie chère, nous donne une grande leçon économique et sociale.

Une vérité éclatante, souveraine, essentielle s'y trouve exposée dans tous les stands. Cette vérité, c'est la nécessité d'une politique de vie moins chère. Et le succès de cette politique industrielle et commerciale (en attendant qu'elle soit aussi fiscale et gouvernementale?) c'est le succès même du Salon de l'automobile; c'est le succès d'un immense et émouvant effort français.

La crise, bien entendu, secoue notre industrie automobile comme elle secoue toutes choses. La vie chère, et trop chère, pèse, on le pense bien, sur notre industrie automobi!e comme elle pèse sur tous les organismes du pays.

Et pourtant, notre industrie automobile a su surmonter la crise, a su dominer la vie chère. Elle a appliqué, avec hardiesse, avec lucidité, avec énergie, en ces temps disloqués et incohérents, ce double programme diminution des prix amé- lioration de la construction. Ses efforts ont tendu à la fois vers la baisse des tarifs et la hausse de la qualité. Les autos du Salon de 1932 sont des merveilles des merveilles de souplesse, de luxe, d'élégance, de confort. Et il n'y a plus, dans la grande famille mécanique, de parents pauvres. Les plus démocratiques des petites quatre cylindres ont des airs de princesses, disposant de toutes les commodités des huit cylindres de pur sang et sont parées des meilleures élégances. Leurs nickels sont étincelana. Leurs lignes sont sveltes et fines.

Tout a été fait pour rendre les autos plus pratiques, plus sûres, plus résistantes, plus agréables, plus sympathiques. Tout a été fait en même temps pour les rendre i moins coûteuses, moins dispendieuses. Tout a été fait pour que la clientèle Az l'automobile s'élargisse et devienne de plus en plus populaire.

Ainsi, le Salon de l'automobile est !e Salon de la raison, de l'opportunité et de la sagesse françaises. C'est le Salon de la vie meilleure à meilleur marché. Ce n'est pas ce beau Salon qui devrait faire monter le prix de la sa!ade.

Maurice Prax.

Un inconnu loue un taxi à Tunis et assassine sur la route de Bizerte le conducteur et son patron Tunis, 7 octobre (dép. Petit Parisien.) Mercredi soir, à 8 h. 30, un voyageur âgé de vingt-deux ans environ, vêtu d'un costume noir et d'un pardessus, louait, à la porte de France, un taxi pour la somme de 150 francs, à M. Dasero Salvatore. Ce dernier prit place dans l'auto, aux côtés du chauffeur Schembri, tandis que le voyageur montait derrière. La voiture démarra '-n

sortant un revolver, tira à bout portant deux balles. L'une transperça le crâne de Schembri, qui mourut sur le coup l'autre blessa grièvement le propriétaire. L'agresseur sortit ses victimes de l'auto et les cacha dans les fossés de la route, une à droite et l'autre à gauche, puis prit la fuite et enlisa la voiture près de la route en voulant tourner pour revenir sur Tunis.

Hier matin, on trouva le taxi renversé. Les corps du chauffeur et du patron gisaient à peu de distance. Ils étaient criblés de balles. Cependant, ce dernier vivait encore et, transporté d'urgence à l'hôpital maritime de SidiDallah, il a pu donner quelques renseignements sur l'assassin.

Secousse sismique au Pérou Lima, 7 octobre (dép. Radio.)

Une violente secousse sismique a été ressentie aujourd'hui dans la région nord du Pérou. On ne sait encore s'il y a des victimes, mais, d'ores et déjà, on annonce que les dégâts matériels sont importants.

LES AFFAIRES D'AVIATION Journée chargée pour le juge

d'instruction

MM. Jean de Lubersac et André Bouilloux-Lafont furent tout d'abord confrontés

Puis M. Brack entendit Lucien Collin et, à nouveau, M. Bout/loux-Lafont

M. Brack, juge d'instruction, ne laisse pas longtemps ses inculpés en prison sans les interroger. Mercredi soir, il arrêtait M. Jean de Lubersac et, hier matin, il procédait à son interrogatoire.

M. de Lubersac, on le sait, affirme qu'il n'est pas l'auteur de la fameuse liste des bénéficiaires prétendus des libéralités de M. Paul-Louis Weiller, mais il n'a pas voulu révéler le nom de son c informateur

Le magistrat espérait être plus heureux cette fois. Mais son attente fut déçue et M. de Lubersac demeura sur ses positions.

Je ne peux rien vous dire de plus, dit-il au magistrat. Je ne peux même vous fournir aucune précision qui vous mettrait sur la piste!

De guerre lasse, M. Brack décida de confronter l'inculpé avec M. André Boullloux-Lafont et il fit entrer celui-ci dans son cabinet.

C'est par un ami commun, raconta le témoin, que j'ai connu M. de Lubersac. Sachant qu'il avait appartenu au 2' bureau, pendant la guerre, j'ai pensé qu'il pourrait me renseigner au sujet des tractations dont j'avais été avisé par Lucco. Et c'est ainsi que je fus amené à lui demander de m'obtenir des précisions au sujet des chèques de M. Weiller, qui, d'après les éléments donnés par Lucco, avaient été payés à deux personnalités par la Guaranty Trust, en mars dernier.

« Rien de plus facile, me répliqua M. de Lubersac, il suffit de soudoyer le

If. 3oni]loux-I.afont arrive au Ptlais de Justice

veilleur de nuit de la banque et on peut alors vérifier tout ce que l'on veut sur les livres »

Par la suite. M. de Lubersac me dit qu'il avait pénétré à la Guaranty Trust à l'aide d'un déguisement et avait aloa opéré les vérifications en question. Il me remit le 27 septembre, chez mon père, la reproduction d'une partie de la page d'un registre sous bande rouge », précisait-il, où Il avait recopié les versements indiqués II me donna les dimensions du registre avec les mentions de lignes et de dates pouvant me faire croire à la réalité de l'opération, si bien qu'il m'était impossible de douter de son récit.

M. de Lubersac avait laissé parler son ami sans l'interrompre. Lorsqu'il eut terminé, il confirma

Tout cela est exact, dit-il. Le facsimilé est de ma main, mais je n'ai fait que recopier celui qui m'a été fourni par la personne qui avait effectué la vérification à ma place.

Mais quelle est cette personne? demanda une fois de plus M. Brack. Il m'est impossible de vous le dire.

Comment, d'après vous, cette personne se serait-elle procuré ce document ?

Je ne puis vous le dire, car alors il vous serait trop facile de savoir qui est cette personne.

M. de Lubersac reconnut qu'il reçut 5.000 francs pour ses frais.

Connaît-il Lucco-Collin ? C'est ce que M. Brack lui demanda encore. Il répondit qu'il ne le connaissait point et M. Bouilloux-Lafont donna ce détail

Un jour, j'entrai avec M. de Lubersac dans un café où se trouvait Lucco. Je demaidai à M. de Lubersac. lui montrant celui-ci « Connaissez-vous cet

Lucien Collin et son défenseur

homme ? » Il le regarda et me répondit négativement.

C'est exact, confirma l'inculpé, et c'est la seule fois que j'ai vu Lucco. <i-a auite d la troisième page.)