bpt6k627509k/f1


LE DESARMEMENT iiiiiiiiiiiiiiiiiniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii)iiiiiiiiiiiiiiii]itiiiiiiii;uiiiiiiiiHtiiii>iiiiiiiiiiiiiiiiiiittiiiiiitiiititiiiifintttiiiiin M. Macdonald renonce au projet de la conférence cinq

LORD TYRRELL EST VENU EN INFORMER M. HERRIOT HIER APRES-MIDI

La suggestion anglaise s'est heurtée à Berlin à une résistance de fond qui n'a pu être suffisamment surmontée

Lord Tyrrell s'est rendu, hier à 16 heures, au Quai d'Orsay, pour informer M. Herriot, au nom de son gouvernement, que la date de convocation pour la conférence à cinq, qui devait avoir lieu à Londres, était reculée. Le communiqué remis à 19 heures aux représentants de la presse diplomatique par le président du Conseil lui-même ajoute que c la conversation à ce sujet continue entre Londres et Paris dans l'esprit le plus amical >.

La conférence projetée par M. Macdonald pour essayer de résoudre le problème posé par la revendication allemande de l'égalité des droits en matière d'armements se trouve donc remise à des jours meilleurs.

Il est difficile d'indiquer avec précision les motifs qui ont incité le gouvernement britannique à abandonner assez brusquement et sans doute sirce die son projet, mais J est extrêmement probable que ce renoncement doit être principalement imputé à l'attitude du gouvernement de Berlin.

Après avoir accueilli la suggestion britannique avec acrimonie, le cabinet von Papen a bien esquissé ensuite une mine plus aimable, mais dans le fond il est resté sur ses positions et c'est sans doute ce que l'on a vite compris à Londres. Dans ces conditions, la conférence courait à un échec certain et on ne peut que louer M. Macdonald d'avoir coupé court et de n'avoir pas persisté à tenter l'impossible.

Le gouvernement français, lorsque le projet lui fut soumis, s'était bien gardé de le repousser d'emblée, quoiqu'il présentât de réels dangers, et avait préféré voir venir. M. Herriot, assailli de questions par les journalistes, n'avait, fort sagement, rien laissé percer de son sentiment ni révélé, ne fût-ce que la substance, de ses entretiens avec lord Tyrrell et sir John Simon.

Cette réserve est aujourd'hui récompensée.

Lé gouvernement britannique a pu retirer son projet aussi simplement qu'il l'avait présenté. L'accroc qui allait être fait à la toile du désarmement lentement tissée à Genève ne s'est pas produit.

La France, qui n'avait pris aucune pz,rt à l'initiative du projet, demeure non moins étrangère à son renvoi et, éventuellement, à son définitif abandon. Demain comme hier elle poursuivra son action à Genève en développant sa politique selon la ligne du pacte. Le désarmement ne peut, en effet, aboutir que par la voie des solutisons collectives. D'ailleurs, contrairement à ce que l'on affecte de croire eu Allemagne, la question de l'égalité des droits, loin d'avoir été ignorée par la conférence du désarmement, fut, au contraire, prise en considération et nettement réservée dans le rapport Benès.

Dans l'affaire du désarmement, la France continue à se tenir étroitement aux côtés de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de tous ses alliés de l'Europe centrale et espère que les vues d'une autre puissance encore concorderont de plus en plus avec les siennes. Lucien BOURGUES

L'IMPRESSIONNA GENEVE Genève, 6 octobre.

DE FOTRE ENVOYÉ EPÉCIATi

C'est avec une vive satisfaction qu'on a appris ici, ce soir, l'ajournement aine die de la conférence que M. Macdonald avait envisagé de réunir à Londres, le 11 octobre courant, pour essayer de résoudre le problème de l'égalité de droits posé par l'Allemagne.

Les raisons ? Nous les avons exposées trop complètement depuis deux jours pour avoir besoin d'y revenir. Chacun ici est persuadé qu'à vouloir chercher l'accord trop vite sur la question de principe on ferait tout échouer. Il est évident, ainsi que le souligne, ce soir, le Journal de Genève., que le moment est mal choisi pour forcer l'entente.

Ce u'est pas en pleine période électorale, quand il ne songe qu'à enlever des voix aux naz'.s en se montrant plus nationaliste qu'eux, qu'on peut attendre du gouvernement allemand des concessions publiques. La France. d'autre part, ne peut souscrire au principe d'égalité que contre un accroissement de la sécurité. Lui proposer la première sans loi offrir la seconde, c'était non seulement mettre le gouvernement français dans l'obligation do dire non, mais de réduire a néant tous les efforts déployés actuellement ici par la délégation française en particulier pour combiner l'orgatiisation de la sécurité avec une réduction effective et équitable des armements.

La tactique de Londres avait un autre inconvénient, celui d'indisposer en outre tous ceux qui participent à ses efforts et, plus spécialement les Etats voisins de l'Allemagne, nos ami3 de Pologne, de Tchécoslovaquie, de Belgique, que la solution du problème de l'égalité intéresse au premier chef, comme d'ailleurs nos amis yougoslaves, dont les voisins Hongrie et Bulgarie n'attendent, pour donner de la voix, que le succès de la manœuvre allemande.

Cela est si vrai qu'hier soir M. Benèa a fait auprès de M. Paul-Boncour une démarche très nette, que M. Fotitch a renouvelée aujourd'hui, au nom du gouvernement de Belgrade, et que M. Spalaikovitch, le ministre de Yougoslavie à Paris, fera également demain auprès de M. Herriot.

Le vrai moyen de réussir, dit encore

M, Kormsn Davis

le Journal de Genève, n'est pas de hâter les choses, mais plutôt de perdre un peu de temps pour en gagner ensuite C'est vraisemblablement ce qui va se produire. Il est, dès maintenant, à peu près certain que la réunion du bureau de la conférence du désarmement, fixée à lundi prochain 10 octobre par M. Henderson, va être retardée pour permette à MM. Bourquin et Buero, chargés respectivement de faire un rapport sur le contrôle'du désarmement et sur. le désarmement qualitatif en matière d'artillerie lourde et de chars de combat, de terminer leur travail.

Cet ajournement permettra de même à M. Paul-Boncour de pousser la mise au point du plan conatruetif français. Enfin, comme les débats de l'assemblée ne finiront pas, au, plus tôt, avant la seconde moitié de la semaine prochaine, peut-être les conversations que M. Macdonald avait voulu trànEférer à Londres, et dont personne n'a jamais nié l'utilité, pourraient-elles s'amorcer utilement cette fois et dans leur véritable cadre, celui de l'institution de Genève.

Albert JULLIEN

PROCHAIN VOYAGE A LONDRES DE M. NORMAN DAVIS

Londres, 6 octobre (dép. P. P.)

On mande de Washington à l'Exchange Telegraph que M. Norman Davis, qui se trouve actuellement à Paris, va se rendre à Londres pour y discuter avec les autorités britanniques d'un ajustement des divergençes existant entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis au sujet des armements navals. M. Davis discutera également, croit-on, de nouvelles méthodes pour la solution de la controverse franco-allemande relative au désarmement.

Une conférence sur les dettes de guerre au début de 1933

Londres, 6 oct. (dép. Petit Parisien) D'après un message Bxûhange. Telegruph de Washington, le département d'Etat a déclaré aujourd'hui qu'il prévoyait une conférence au sujet des dettes de guerre. Cette conférerice se tien- dralt vraisemblablement à Londres au début de l'année proèhaine.

CE QU'ON DIT A WASHINGTON Washington, 6 oct. (dép. Havas,) Interrogés au sujet du bruit répandu à Londres selon lequel une conférenee sur les dettes de guerre se réunirait à Londres au début de l'année prochaine, les fonctionnaires du département d'Etat déclarent ne rien savoir sur la 1 réunion d'une telle conférence. 1

LE SALON DE L'AUTOMOBILE A OUVERT SES PORTES Les portes du Grand Palais, où cons- ji:~e par l'affluence de la première tructeurs d'autos, motos, vélos et mar- heure, on peut dire qu'il était attendu. chands d'accessoires ont établi leur ^"«S£F^'£?£?%£ quartier général pour quinze jours, ont dant pas dire que le succès du présent été ouvertes hier matin. C'est là que Salon sera égal aux précédents, car se tient le Salon de l'auto et. si l'on en pour beaucoup, hélas c'est la crise

Un da motifs lumineux installé, au centre du Grs-d ]Palais pendant le Salon de l'auto e

LES MINISTRES ÉTUDIERONT CET APRÈS-MIDI

LU SITIIATIOJJIIIDGÉTIE Le conseil de cabinet qui se tiendra aujourd'hui, à 16 heures, au Quai d'Orsay, sous la présidence de M. Edouard Herriot, sera consacré tout entier à l'examen de la situation budgétaire. Est-ce à dire que M. Palmade, ministre du Budget, présentera à ses collègues, dans sa forme définitive, le budget dont il active présentement l'élaboration ? Nous ne le pensons point.

Le conseil de cabinet sera vraisemblablement occupé, durant de longues heures, par l'examen minutieux et approfondi de la situation générale de nos finances. Déterminer exactement le déficit qui nous menace, en analyser toutes les origines, telle sera aujourd'hui la tâche incombant à MM. Germain-Martin et Maurice Palmade. C'est seulement après cette revue budgétaire qu'il conviendra, au cours d'un nouveau conseil de cabinet, d'entamer l'examen des projets de redressement et d'économie de nos grands argentiers.

il faut d'ailleurs tenir compte du fait que l'élaboration du budget de 1933 a rencontré des difficultés nombreuses.

L'exercice 1931 s'est terminé le 1" avril 1932, alors que l'exercice 1932 se termine le 31 décembre prochain. Le régime temporaire d'un budget de neuf mois sous lequel nous vivons a privé les services du ministère de trois mois d'études. Ii a fallu mettre les bouchées doubles, et grâce au labeur acharné de chacun, ce retard de trois mois a pu être à peu près comblé.

Mais, dans le même temps, les mêmes services ont étudié et mis sur pied les projets financiers votés par la Chambre en juillet dernier, et aussi la conversion des rentes, on comprendra donc que le budget ait subi quelque retard dans sa préparation, et ce n'est sûrement pas avant le courant du mois de novembre que la commission des finances sera en possession du projet gouvernemental. Quoi qu'il en soit, et malgré les difficultés de toute sorte qu'ils ont dû surmonter jusqu'à présent. MM. Germain-Martin et Palmade, en faisant adapter aux Chambres leurs premiers projets, ont réalisé, en juillet, deux milliards d'économies ou de recettes nouvetles, et, par la conversion, 1.300 millions d'économies, sans préjuger les conséquences favorables de l'accord passé avec la Caisse d'amortissement. C'est là un début prometteur et qui fait bien augurer des mesures générates qui seront prochainement soumises au Parlement.

DE TUNIS RENTRE DANS SON DIOCESE PAR LA VOIE^ DES AIRS Mgr Ponse, archevêque de Tunis, a quitté l'aéroport du Bourget hier matin, à 11 h. 52, pour rentrer dans son diocèse.

La fusée de l'ingénieur Winkler explose au cours d'essais Kœnigsbêrg, 6 octobre (dép. Hacas.) La fusée monstre de l'ingénieur Winkler, dont le lancement a eu lieu aujourd'hui près de Pillau, en Prusse Orientale, a explosé alors qu'elle avait à peine atteint la hauteur d'une maison.

Comme l'expérience ne devait avoir lieu primitivement que samedi, quelques personnes seulement y ont assisté. L'ingénieur Winkler et ses collaborateurs s'efforcent de découvrir la cause de l'explosion.

ON DECOUVRE DANS UNE BARQUE SUR LES BORDS DU LOT LE CADAVRE D'UNE FEMME L'autopsie, qui a conclu ci une mort par immersion, n'a pu établir s'il s'agissait d'un suicide ou d'un accident Villeneuve-sur-Lot, 6 oct. (dép. P. P.) M. Serra, mécanicien, se promenait sur les bords du Lot, dans les environs de Casseneuil, lorsqu'il découvrit, au lieudit la Cale, le cadavre d'une femme étendu dans un bateau à demi-coulé le long de la berge. Le cadavre, qui était attaché à la barque par une corde passée autour du cou de la malheureuse, a été reconnu pour être celui de Mme veuve Boissy, née Maury, domiciliée à Casseneuil depuis deux ans environ.

Le médecin qui examina le cadavre ayant refusé le permis d'inhumer, le parquet s'est rendu sur les lieux et a fait procéder à l'autopsie. Le médecin légiste a conclu à une mort survenue par immersion, mais il n'a pu dire si elle était due à un suicide ou à un accident. D'autre part l'enquête a permis d'établir que cette femme recevait fréquemment la visite d'un jeune agriculteur des environs qui a été interrogé par le parquet.

En haut, à la mairie, de gauche à droite M. Herriot, Mme A..Lebrun, M. A. Lebrun et les jeunes mariés en bas, la sortie, de gauche à droite Mme A. Lebrun, les jeunes mariés. M. A. Lebrun et le maire de Hambouillet

En un siècle d'existence, depuis que e Napoléon le Grand la donna aux habitants a, la mairie de Rambouillet n'avait point d'histoire. Si humble, si modeste auprès du somptueux et orgueilleux château, son voisin, elle n'avait point connu les fastes, les joies, et aussi les tristesses dont fut témoin la vieille demeure de François Pr. Mais aujourd'hui, elle peut inscrire sur ses archives un fait mémorable c'est en ses murs qu'a été célébré, hier matin, le mariage de M. Jean Lebrun, fils du Président de Ia république. avec Mile Bernadette Marin; cérémonie strictement intime, ainsi l'a voulu

La jeune mariée et ses parents

M. Albert Lebrun. A peine trente invités, amis des deux familles, quelques

LES AFFAIRES D'AVIATION De nouveaux f aux sont relevés l'actif de Lucien Coffin M. Brack, juge d'instruction, a poursuivi hier son enquête sur les affaires d'aéronautique. Il d'abord entendu, dans son cabinet, M. Portais, directeur de la Compagnie Aéropostale et collaborateur de M. André Bouilloux-Lafont. Celui-ci' apporta des éclaircissements sur le rôle de Lucien Collin, à l'actif duquel, on le verra, de nouveaux faux ont été relevés. Puis M. Brack opéra une perquisition dans les bureaux qu'occupe M. Jean de Lubersac, 50 bis, rue Pierre-Charron.

C'est à 10 h. 30 que M. Portais s'est présenté au cabinet du magistrat instructeur. Il n'en devait sortir que quatre heures plus tard.

Dans sa déposition, le directeur de l'Aéropostale a expliqué, notamment, que chargé des services de la presse, il avait reçu un jour la visite de M. Luco on sait que c'est un des pseudonymes de Collin venu lui offrir, contre rémunération des documents intéressants » pour son entreprise. Collin remit alors les pièces que M. Bouilloux-Lafont devait, peu après, verser à l'appui de sa plainte entre les mains de la justice.

Ces documents furent photographiés par les services J>hot<5graphiques de l'Aéropostale. En échange, M. Portais aurait versé à Lucien Collin une cinquantaine de mille francs.

Toutes ces pièces vont être, au surplus, examinées par un expert, M. Mulquin, commis à cek effet par M. Brack. Les pneumatiques de Luco à Luco Au nombre de ces documents se trouvent cinq pneumatiques portant le nom et l'adresse de bl- Chaumié et la signa- ture de M. Weiler. Or. le premier a déclaré formellement n'avoir reçu aucun de ces pneumatiques, et le dernier n'avoir rien expédié de semblable. Une enquête, qui vient d'être faire au bureau de postes du quartier, a permis d'établir que les registres des pneumatiques expédiés n'indiquent aucun en- roi de M. Weiler à M. Chaumié. Au contraire, on a retrouvé le dépôt des cinq pneumatiques. Ils avaient été adressés par M. Luco à M. Luc0. dans un immeuble du boulevard de Clichy, quartier de M. Chaumié. Luco s'était entendu avec le concierge pour en t

Marin

journalistes et de nombreux photographes.

Ainsi, on se sentait à l'aise dans la salle des mariages, dont la nudité se dissimulait sous quelques tableaux, un buste de la République, une panoplie de drapeaux et une immense carte de îa région «le R&mbouiUet, vieille, «t naïve carte à laquelle, dit-on, collabora Louis XVI, qui, en 1815, fut enlevée du château par les alliés et rendue en échange d'autres prises de guerre. Il est 11 h..30 très exactement quand le cortège nuptial pénètre dans la salle des mariages. La jeune mariée, coiffée d'une toque de velours bleu plissé et vêtue d'un joti manteau de velours de même couleur dont le large col cache à demi son charmant et frais visage et son délicieux sourire, prend place aux côtés de M. Jean Lebrun, svelte et élégant dans sa jaquette noire. Puis, à côté d'eux, les parents M. et Mme Albert Lebrun, M. Marin les témoins pour le marié, M. Edouard Herriot M. Gabriel Lebrun, frère du Président pour là mariée, M. Jourde, ingénieur, et M. Gautier, éditeur. Derrière eux, les amis et les invités: M. Albert Sarraut, ministre des Colonies Mme et M. Magre, secrétaire général de la présidence de la République le général Braconnier, chef de la maison militaire; M. de Fouquières, chef du protocole le colonel Rupied, de la maison militaire du Président; Mme et M. Nivois, beau-frère et bellesceur du Président; Mme et M. Richard, sœur et beau-frère du Président Mme et M. Gabriel Lebrun, bellesceur et frère du Président avec leurs enfants Mme et M. Fresselinard, fille et gendre du Président, Mme et M. Mannheim, amis personnels de la famille Marin; Mme Bonnefoy-Sibour, etc. Et la cérémonie commence.

(Voir à la deuxième page.)

MM. Brack (h gauche) et Fontaine prendre livraison. Le faussaire avait effacé ensuite le nom du destinataire et. celui de l'expéditeur, les remplaçant par ceux de MM. Chaumié et Weiler. On croit qu'il les avait écrits d'abord au crayon. Il avait changé également l'adresse du destinataire. Donc il n'y avait pas eu de complice dans cette expédition de pneumatiques comme on l'avait supposé tout d'abord.

A 15 h. 30, c'est-à-dire après qu'eut pris fin la déposition de M. Portais, M. Brack, qu'accompagnaient MM. Fontaine, substitut du procureur, et Ameline, s'est rendu, ainsi que nous l'avons dit, pour y perquisitionner, dans le bureau que M. Jean de Lubersac avait loué 50 bis, rue Pierre-Charron.

Les magistrats, qui ont longuement examiné de nombreux documents, en ont seulement saisi quelques-uns. Ile sont sortis un peu après 18 heures par la rue de Cérisoles.

M, Brack s'est refusé à toute décla- ration. Il nou3 a seulement indiqué que la banque qui occupe tout ie rezda chaussée de l'immeuble avait sousloué .un bureau à M. de Lubersac, mais n'avait jamais eu aucune relatioa avec ce dernier.

HUIT ANS DE RÉCLUSION A L'HOTELIER LASTIQUE QUI ASSASSINA SA FEMME La jaloaaie et f o/coo/isme telles larent les causes du drame

Le criminel, coup sur coup, avait acheté trois revolvers

Il devient fastidieux de souligner la fréquence des drames passionnels. Cette semaine encore, les jurés de la Seine auront eu à juger trois hommes accusés non pas de meurtre, mais d'assassinat Viglino. lundi, a été condamné. Hier a comparu l'hôtelier Joseph Lastique. Aujourd'hui même, ce sera le tour d'Antoine Tomasini. Chacun de ces accusés, à coups de revolver, a tué une femme

Fils d'agriculteurs, originaire d'Orcines, près de Clermont-Ferrand, Lastique s'est longtemps montré aussi sobre qu'assidu à son travail. Il est de bonne souohe auvergnate, solide et placide. Le visage ouvert, le regard intelligent, il répond avec calme au président Barnaud. Un homme, semble-t-il, que tout prédisposait à vivre normalement sa vie.

Devenu veuf, l'accusé fit la connaissance de Mme Marie Granger. née Bordes, jeune femme impétueuse, qui divorça et finit, à Paris, au mois de février 1931, par épouser son amant. Le couple, peu après, fixé au 34, avenue de la Défense, à Courbevoie, entreprit de gérer un hôtel. Mais le mari se montra bientôt jaloux et se mit à boire. C'en était fait de sa bonne réputation. Et c'en était fait de lui-méme Monsieur le président. assure-til, j'ai toujours aimé ma femme.

Mais il perd sa belle assurance dès qu'on évoque certaines scènes d'ivresse et de violence et qu'on rappelle comment le mari surveillait de façon agaçante, voire blessante, sa compagne pourtant irréprochable. Autant les amants avaient vécu heureux, autant les époux surent peu s'entendre. En somme, note le président Barnaud, vous avez subi la loi commune Des griefs, Lastique en énumère plu- sieurs, mais aucun qui soit contrôlé. Il aurait vu des clients faire des signes à sa femme. Et sa femme elle-méme, qui tenait les cordons de la bourse, se serait montrée exagérément parcimo- nieuse, surtout lorsqu'il s'agissait de l'argent à envoyer aux enfants du pre- mier lit. Et il y avait, en outre, Mme Bordes, la mère de Marie Lastique. Je ne veux pas me livrer aux traditionnelles plaisanteries concernant les belles-mères, poursuit M. Barnaud, mais la vôtre n'a pas joué le rôle conciliateur qui aurait pu être le sien. Il y avait en somme, chez vous, deux camps vous seul d'un côté et de l'auttre trois femmes Mmes Bordes, sa fille et sa petite-fille.

Trois revolver.

Et les discussions de devenir de jour en jour plus graves. Elles avaient Meu en patois auvergnat..

Moi, assure Lastique, je com-

Joseph Lastique

prends le patois, mats je cause français

Il faut donc admettre qu'il s'agissait de discussions unilatérales. Quelques rires fusent. Et l'on en revient à la jalousie exaspérée par trop d'alcools absorbés du matin au soir. L'accusé finit par menacer sa femme de mort..

Non, monsieur le président, jamais je n'ai voulu tuer.

Je sais bien ce qui se passe, répond M. Barnaud. Au début, ce ne sont là que propos en l'air. Puis l'idée prend corps et devient hantise. Marie Bordes le savait si bien qu'elle vous enlevait à chaque instant votre revolver et l'allait cacher dans sa chambre. Et vous. vous en avea acheté un autre. Pourquoi ?

Dans mon commerce j'en avais besoin.

Dans votre commerce? C'est possible Mais ce second revolver, pourquoi l'avez-vous caché dans la cave? Pressé de questions, l'accusé perd pied, pâlit et gesticule. Son calme s'en est allé.

Votre femme a deviné, à vous entendre, que vous vous étiez procuré une seconde arme. Eile l'a cherchée, l'a trouvée et l'a confisquée. Et vous, qu'avez-vous fait ?

Pas de réponse.

Allons, Lastique, dites-le

Lentement, l'aveu difficile tombe dana le silence.

J'ai acheté un troisième revolver! Eugène Quinchb.

(La suite à la deuxième page.)

Le « duce » tire adroitement mais, après son tir, il néglige les prescriptions réglementaires Rome, 6 octobre (dép. Havas.)

M. Mussolini vient d'être condamné, ce matin, à payer une amende de 5 lire2, Il s'était rendu au champ de tir de la Farnesine. où un concours a lieu actuellement, et après avoir exécuté un tir brillant, il a reposé son fusil avec la culasse fermée. On lui a fait remarquer que cette négligence était contraire au règlement.

DEMAIN >h». les conclusiona de l'enquête d'Henri BÉRAUD

en Europe centrale

LE 1F1EU QUI COUVE A la quatrième VU* r aa COSTT_I 1.111111111'111. pu _-<m N TMATSM G I

M. Gheusi

nommé directeur de l'Opéra-Comique LE THÉÂTRE ROUVRIRA LE 10 NOVEMBRE

M. P.-B. Gheuil

Le sous-secrétariat d'Etat des BeauxArts a communiqué hier soir la note ci-jointe:

Après avoir examiné les différentes candidatures qui se sont présentées pour la succession ouverts par la démission de M. Lents Masson, et après une étude approfondie du cahier des charges et des conditions futures d'exploitation de l'Opéra Comique, M. Jean idisUer a proposé à M. de Monzie la désignation de M. P.-B. Gheusi comme directeur de notre deuxième scène dyréque. Le ministre de l'Education nationale a approuvé cette proposition et le décret de nomination sera incessamment soumis à la signature du Président de la République. M. P.-B. Gheusi a été codirecteur de d'Opéra en 1907 et a dérigé l'OpéraComique de 1914 à 1918 il fait partie depués 1910 du conseil supérieur du Conservatoire national de musique, et a écrit pdusieurs livrets d'opéras et d'opéras-comiques, notamment le Juif polonais, avec Camille Erlanger, et les Barbares, avec Saint-Sains.

UNE INTERVIEW

DE M. JEAN MISTLER sous-secrétaire d'Etat des Beaux-Arts Après le n-éce-eaire délai qu'il s'était de l'OpéraComiqüe l'homme qu'il fallait. M. Jean Mistler, aous-secretaire d'Etat des Beaux-Arts, qui avait étudié et mûri la question, a pris la décision que l'on sait. Musicien de valeur et lettré délicat autant qu'homme de gouvernement, il a au s'inspirer de soucis de tous ordres 1 créée par une situation difficile et qu'jà connaissait fort bien,

A la an d'une journée chargée, hier, M. MiâHcr a tenu à me recevoir et à me faire part pour les lecteurs du Petit Parisien de ses projets et de ses espoirs. Les difficultés auxquelles se heurtai«nb.lM dlroûteufs de rOpéra-Gomiquo ma dit M. Mistler étaient connues de tous depuis quatre ou cinq ans. Elles tenaient d abord au fait que notre deuxième salle lyrique ne s'est pas assez adaptée au goût du public puis à des conditions d'exploitation difficiles. M. Maason, dont tes services rendus à la musique ne peuvent se contester, a fait, seul, au poste directorial qu'il avait eu le courage de conserver, des efforts auxquels le succès n'a pas répondu d'ou sa démission.

Je n'avais pas pris à la légère l'engagement que j'ai tenu de résoudre la crise en huit jours. Depuis de longs mois j'avais étudié le problème. Plusieurs candidatures se sont présentées j'avais à choisir parmi des hommes dont beaucoup auraient fait un excellent directeur. Je me suis efforcé que jamais les candidatures ne prennent l'allure d'un match et j'ai eu la. satisfaction de constater que l'aménité fut toujours parfaite entre les candidats qui se rencontraient dans mon bureau ou dans les couloirs.

Donc, M. de Monzie va soumettre à la signature du Président de la République un décret nommant M. Gheusi directeur de l'Opéra Comique. En M. Crheuai, j'ai fait appel à l'expérience éprouvée d'un homme qui a dirigé l'Opéra et l'Opéra-Comique.

Certains, dis-je au ministre, n'ontils pas précisément parlé de l'intérêt qu'il y aurait à transformer l'OpéraComique, théâtre d'Etat, à réunir dans une même main

Je sais, reprend M. Mistler, c'est la régie directe, adoptée par certains pays. L'Etat encaisse les bénéfices éventuels, solde les déficits fréquents. C'est une formule qui, personnellement me séduirait, mais je doute que la période de crise que nous traversons soit favorable à cette expérience. Elle conduirait, du reste, fatalement. comme

NI. Jean Mistler

vous alliez le dire, à réunir dans la même main tout le théâtre subventionné. C'est dire qu'on ne peut pas l'improviser. M. Gheusi, donc, a trouvé moyen, en dirigeant l'Opéra-Comique, de satisfaire musiciens et artistes et de distribuer des dividendes à ses commanditaires. Je souhaite qu'il réussisse sur ces deux points. Je suis convaincu que pour le premier, le succès est assuré.

M. Gheusi assurera seul la direction du théâtre. Pour une période de réorganisation. il est nécessaire qu'il n'y ait qu'un responsable. Et je tiens à rappeler, comme je l'ai fait à l'ouverture. de la crise, que l'Opéra-Comique n'est pas un théâtre d'Etat, mais un théâtre national concessionné.

M. Mistler a exposé que, ^«ni* l'eu-