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Le jeu allemand ne tiendra pas devant des résultats concrets de la conférence du désarmement

Genève, 3 octobre.

Que l'atmosphère dans laquelle ee trouve l'Assemblée des nations soit lourde et chargée d'inquiétude, c'est tellement évident qu'il serait presque cruel et injuste d'ailleurs d'insister.

Ne revenons donc pas sur le décor. Voyons le fait. Le fait ? Oh point n'est besoin d'être grand clerc pour l'énoncer. Le problème du désarmement posé et imposé par le traite de Versailles domine toute la politique internationale, et du sort de la conférence spécialement chargée de le régler dépend le sort même de la Société des nations.

Il serait simple, ce problème, ou tout au moins facile à élucider si, dans un univers prospère, les nations étaient, les unes à l'égard des autres, animées d'un esprit d'entente et de justice. Les compromis qui, d'étape en étape, conduiraient à un ordre nouveau des relations entre peuples jailliraient, sans enfantement douloureux, d'une discussion sereine. C'était la grande espérance qui inspirait Aristide Briand quand, obstinément, il s'attachait à amadouer les hommes, à réduire les litiges, à apaiser les conflits. Il voyait poindre, dans un avenir proche, les grandes et inévitables controverses, comme celle du désarmement, et il ne ménageait aucun effort de conciliation et de cordialité pour qu'elles pussent se dérouler sous un ciel clair. Il n'a pas tenu à lui que cette politique produisît indéfiniment sa vertu. Elle eut du moins, en attendant la revanche de l'histoire, cette valeur inestimable qu'elle attesta la parfaite générosité, l'incontestable supériorité morale du pays au nom duquel il parlait, manœuvrait et agissait.

M. Edouard Herriot rappelait, l'autre dimanche, à Gramat, tout ce dont on n'a pas su gré à la France. Il est superflu d'y revenir aujourd'hui. Ce qui est patent, c'est qu'au milieu d'une crise mondiale qui a comme désaxé presque tous jes peuples et presque tous les gouvernements, ceux-ci ont à résoudre le problème le plus épineux que l'application du traité de.. Versailles implique celui de la réduction et de la limitation générale des armerments. Une Allemagne revancharde,

où les forces de réaction ont brisé les forces de démocratie, s'abrite derrière le traité qu'elle ne se prive pas, par ailleurs, de dénoncer comme intolérable pour se dégager du cadre étroit qui limite ses organisations militaires. Ce n'est pas tant la réduction des armements des autres nations qui lui tient à cœur que l'accroissement des siens. Elle a beau dire par la voix de ses chefs qu'elle réelame non son réarmement propre, mais le désarmement des autres, ce qu'elle poursuit, c'est la reconnaissance de son droit à réarmer. Et, en fait, elle réarme déjà. Les circonstances lui paraissent propices et, à la faveur du trouble mondial, de la confusion générale, des embarras au milieu desquels se débattent maints gouvernements, elle opère une manœuvre diplomatique de grand style. Il ne lui déplaît pas d'inspirer de la peur. Elle y retrouve déjà un peu de ce qu'elle considère comme le prestige de la grande puissance. Elle croit qu'elle peut tout se permettre, même l'impertinence, comme M. von Neurath vient de s'en offrir la vaine gloriole elle s'assure qu'elle ne risque rien elle se persuade que les ex-alliés ne sont plus assez unis pour la contraindre au respect intégral du traité dont elle invoque à son bénéfice la partie 5 et que quelques-uns mêmes de ces exalliés considèrent favorablement son entreprise. Elle se convainc qu'elle joue sur le velours, que son attitude aura pour résultat au moins l'échec de la conférence du désarmement. Après quoi, on verra bien Tel est le jeu très clair. Je ne crois pas l'avoir le moins du monde affaibli. Et le nôtre ? Et celui des nations qui ne veulent ni être victimes d'un chantage ni laisser s'envoler les chances d'organisation de la paix ? D'abord, il ne faut pas avoir peur. La peur est mauvaise conseillère autant que la colère. Il n'y a pas lieu d'avoir peur. Il ne faut pas permettre à la psychose de guerre de dominer les esprits. Sans doute des fous peuvent toujours se lancer dans l'aventure, et parce qu'il faut se garer des fous la vigilance est légitime, même nécessaire. Mais ne nous laissons pas gagner par cette terreur maladive d'une agression pour demain, pour après-demain! Quelle fierté intérieure ils en éprouveraient; quel surcroît de confiance en euxmêmes ils en acquerraient quel handicap de force morale serait le nôtre quelle duperie et quelle faute

Ensuite ? Il ne faut pas faire le jeu de la caste militaire allemande en lui Dehnettant de le mener. Le Reich poursuit, pour des fins diverses, l'échec de la conférence du désarmement. Il faut, s'il persiste à se tenir à l'écart de ses travaux, qu'elle réussisse malgré lui, car il est essentiel que nous ayons tout le bon droit pour nous et donc ne pas même

De haut en bas MM. i*oliti», Ilymans, Benès et Munch

paraître un seul instant dans notre tort. Le pire ce n'est pas de céder à des obligations morales qu'on a acceptées et qu'on ne conteste pas, c'est d'avoir l'air de s'y soumettre sous la pression des circonstances ou des influences extérieures. < L'article 8 et les obligations qu'il enferme, la France entend les respecter très loyalement », affirmait solennellement M. Herriot à Gramat. Il disait encore qu'il faut établir un statut de la paix qui associe dans un même régime de sécurité toutes les nations d'Europe. Il ajoutait devant l'Assemblée, mercredi dernier

Le pacte, rien que le pacte, tout le pacte. » Le chef du gouvernement n'a pas l'habitude de parler pour ne rien dire. Ce qu'il entendait par ces déclarations, si on l'a bien compris, c'est que c la réduction et la limitation générale des armements » devait, sinon dépendre d'une préalable organisation de la paix, d'un préalable statut de la paix,' du moins lui être exactement parallèle. L'une ne peut pas aller sans l'autre, et celui-ci n'aura pas sans celle-la l'adhésion de certaines puissances. L'heure est venue d'un projet constructif qui, tant après les négociations directes de chancellerie à chancellerie qu'à la clarté de la discussion publique, arrivera à conci-

LA RENTRÉE JUDtCIAIFtE

De gauche à droite le premier président Dreyfus, MM. Chautemps, Benonlt et le procureur général Donat-Guigue (yotr page 6.)

• Finie* les vacances, galopins. Allons, vite, décote !!I

Mais, m'sieu, »parait qu'y a pas assez d'place- alors, nota, on cède la nôtre à d'autres.

lier les intérêts sacrés de la défense nationale de chaque pays, les aspirations dans ce qu'elles ont de légitime de certains gouvernements et la volonté de paix des peuples.

Les lecteurs du Petit Parisien savent, par les remarquables exposés de notre e collaborateur Albert Jullien, que d'importantes personnalités entre autres le sage M. Benès le recherchent avec ténacité. Il faut aboutir à quelque chose de net, de solide, de durable, avec ou sans la présence de l'Allemagne. Présente elle sera liée absente elle ne pourrait pas persister dans l'isolement où l'accord conclu par les autres la placerait. 000

Mais, dira-t-on, cet accord, c'est la quadrature du cercle! La GrandeBretagne reculera devant toute formule qui lui paraîtrait une obligation contractuelle nouvelle. L'Italie ? L'Amérique ? etc.

Non, qu'on ne dise pas quadrature du cercle. Il n'y en a pas à invoquer d'avance quand il s'agit du bien suprême à assurer aux peuples: Le travail et l'honneur dans la paix.

Il faut essayer avec une volonté intrépide.

Ainsi parlèrent devant moi et je n'ai fait que rassembler et résumer leurs propos les hommes d'Etat les plus éminents, venant des points les plus opposés du globe, des idéalistes et des réalistes, des admirateurs et des détracteurs de notre pays, des amis du premier degré et des neutres, même certains qui n'ont pas toujours été tendres pour la France.

Je livre leurs pensées, leurs suggestions, leur confiance aussi à l'appréciation de nos lecteurs. Elie-J. BOIS.

CE MATIN, SIR JOHN SIMON CONFERERA AVEC M. HERRIOT A peine rentré de Vesoul à Paris, M. Edouard Herriot a eu hier, en fin d'après-midi, dans son cabinet du Quai d'Orsay, un entretien prolongé avec lord Tyrrell, ambassadeur de Grande-Bretagne. Cette conversation a porté, croyons-nous, sur les importants problèmes internationaux actuel- lement en discussion,, et notamment sur celui du désarmement et l'attitude de l'Allemagne. Le représentant du gouvernement de Londres a vraisemblablement fait part à M. Herriot du désir de sir John Simon, qui revient aujourd'hui de Genève à Londres, de s'arrêter quelques heures à Paris pour y conférer à nouveau avec le président du Conseil français. Cette entrevue, qui a manifestement pour objet de rechercher les moyens pour renflouer la conférence de réduction des armements, aura lieu à la fin de la matinée.

M. HERRIOT EST RENTRÉ A PARIS

M. Edouard Herriot est rentré hier à Paris, venant de Vesoul par la route. Notre photo le représente a «a descente d'auto au quai d'Orsay

UN CONSEIL DE CABINET SE TIENDRA CET APRES-MIDI AU QUAI D'ORSAY

Les prochainea délibérations gouvernementales ont été ainsi fixées au- jouid'hui mardi, il..17 heures, conseil de cabinet, au Quai d'Orsay, sous la présidence de M. Edouard Herriot demain mercredi, à 10 heures, conseil des ministres, à l'Elysée, sous la présidence de M. Lebrun.

Le conseil de cabinet de ce jour sera évidemment consacré en grande partie e au compte rendu par r M. Edouard Herriot de sa. semaine extérieure et, sans doute aussi, à l'exament du budget.

Il est probable que la commission des finances pourra bientôt commencer l'étude du budget; elle fera effort pour en terminer avant le 15 novembre. Les événements de politique intérieure vont d'ailleurs se succéder.' Le 16 auront lieu les élections sénatoriales. Quinze jours plus tard s'ouvrira, à Toulouse, le congrès du parti radical et radical socialiste. Le gouvernement sera représenté par son chef, qui est, on le sait, président du comité exécutif du grand parti de gauche, et par toux les ministres inscrits rue de Valois. M. Edouard Herriot sera très certainement appelé à prononcer, au .congrès de Toulouse, un grand discours politique. Le certain, c'est que le président du Conseil « -entend reprendre son de son parti ».

M. Poincaré est arrivé à Paris Parti hier matin à 10 heures de 6a villa Le Clos, à Sampigny, M. Poincaré, qu'accompagnait Mme Poincaré, est arrivé à Paris à 16 heures. Sa voiture est entrée dans la villa de la rue Marbeau par l'entrée de service de la villa Dupont. Le préaident, qui paraissait en excellente santé, a gagne immédiatement ses appartements, où il a reçu, très tard à la, fin de l'après-midi, de rares visites d'amis très intimes. Il a parfaitement supporté les fatigues du voyage par la route.

Il se propose de consulter aujourd'hui ses médecine et, si ceux-ci l'y autorisent, de se rendre immédiatement à Costebelle, propriété de M. Paul Bourget, à Hyères-les-Bains.

Le prix du pain sera ramené à 1 fr. 85 le kilo à partir de demain En raison de la baisse des cours des blés et des farines, le prix du pain sera ramené de 1 fr. 90 à 1 fr. 85 le kilogramme à partir du mercredi 5 octobre. M. James Walker,

ancien maire de New York est de passage à Paris M. James Walker, ancien maire de New-York, eet arrivé hier, à 9 h. 14. à' Paris, qu'il doit quitter aujourd'hui pour aller s'embarquer à Cherbourg à destination des Etats-Unis.

M. James Walker avait, en effet, pris place à bord du paquebot italien Rex, qui le ramenait en Amérique, lorsqu'une avarie survenue au navire devant Gibraltar le contraignit à revenir en France pour s'embarquer de nouveau. Je ne sais pas encore, a-t-il déclaré, si je me présenterai aux prochaine élections municipales. SI la convention du parti.démocrate,.qui doit bientôt désigner son candidat à la mairie de NewYork, fixe son choix sur moi, j'accepterai de soutenir son programme de- vant les électeurs.

Une commerçante de Rouen

brûlée vive

dans son auto

La victime, avant de mourir, désigne un entrepreneur comme 1 auteur volontaire de l'incendie 1 Rouen, 3 octobre (dép. Petit Paris.) Un décès survenu à Rouen dans des circonstances particulièrement dramatiques a jeté l'émotion dans la population.

Ce matin, en effet, succombait à l'Hôtel-Dieu Mme Marcelle Boutet, trente-neuf ans, demeurant 5, rue Saint-Signeul, à Rouen; la mort était consécutive à des brûlures graves dont avait été victime Mme Boutet au cours des faits suivants

Hier soir, les pompiers étaient alertés pour éteindre le feu survenu à une auto dans le garage de M. Boutet; l'incendie s'était déclaré juste au moment où Mme Boutet, venant de conduire des amis à la gare de la rue Verte, rentrait le véhicule.

Grièvement atteinte, Mme Boutet fut conduite à l'Hôtel-Dieu où, dons la nuit. elle accusa un voisin d'avoir lancé dans l'auto, au moment où elle entrait au garage, un seau d'essence et d'avoir jeté sur le liquide une allumette enflammée. L'incendiaire, son coup fait, avait disparu.

Avant de mourir, ce matin, la victime a renouvelé ses accusations, à là suite desquelles la sûreté de Rouen a convoqué M. Falcou, trente-cinq ans, entrepreneur de transports à Rouen, désigné comme l'auteur de cet acte criminel.

Celui-ci s'est d'abord énergiquement défendu, déclarant qu'il était couché chez lui au moment de l'incendie mais le parquet, qui s'était rendu au garage des époux Boutet, a non seulement retrouvé le seau ayant servi à jeter l'essence, mais aussi un bidon de cinq litres abandonné dans un fourré près du garage.

Au domicile de M. Falcou, 12, rue Mogador, un contremaître a certifié que son patron était effectivement couché hier soir dès 20 h. 15 et .n'était pas sorti.

Or un second garagiste, domicilié avenue du Mont-Riboudet, a affirmé à M. Le Roy, juge d'instruction, que M. Falcou lui avait acheté, vers 20 h. 30, un récipient d'essence en tous points semblable à celui qui a été retrouvé l'entrepreneur avait dit au 1 garagiste qu'il était oblidé d'acheter de l'essence, son automobile se trouvant en panne. Mais il a été vérifié qu'à cette heure-là la voiture de M. Falcou était garée et que le réservoir contenait encore cinq litres d'essence.

M. Falcou était ,dejpuia.-J-ix ans l'ami de M. Boutet, coflrtaÉrçSBft, marl de la victime, et logeait même chez celui-ci; mais ces temps derniers, à la suite de difficultés avec Mme Boutet, il ne faisait plus qu'y prendre ses repas.

L'entrepreneur a été mis à la disposition de la sûreté.

LES DUELS MYSTERIEUX DE MARLY-LE-ROI

M. SparkK,

président du poste n° 1 de l'Amcricau Legion (Voir à la deuxième page.)

Demain, suite de l'enquête

d'Henri BÉRAUD

Au cœur grouillant de l'Europe Une tragédie pris de Bordeaux UN VAURIEN TUE

L'AMANT DE SA MERE ET BLESSE GRIEVEMENT CELUI DE SA SŒUR Le meurtrier, qui avait ensuite regagné son domicile, s'y est laissé arrêter sans résistance

Bordeaux, 3 octobre (d. P. Parisien Un crime sauvagement exécuté de sang-froid et certainement prémédité, a été commis dans l'après-midi de dimanche, au village d'Artigues, près de Bordeaux, et a mis en émoi toute la région. Le drame s'est déroulé dans une échoppe qu'habitaient depuis plusieurs années la veuve Lassauce, son amant, Pierre Seguineaud, et leur fille Georgette, âgée de onze ans. La veuve Lassauce avait eu plusieurs enfants de son époux mort à la guerre, dont une fille, épouse Dupuy, actuellement séparée de son mari, et deux fils, Marcel et Léon, âgé3 respectivement de vingt-quatre et vingt-neuf ans. Tous les dimanches, une partie de la famille se réunissait à Artigues pour déjeuner, et c'est à la fin du repas que s'est produit le drame qui, d'ailleurs, était à craindre depuis longtemps.

Il v avait là la veuve Lassauce, son ami Pierre Seguineaud, sa fille Georgette Dupuy, l'amant de celle-ci, nommé Messire, et le plus jeune fils de la veuve Lassauce, Marcel. Lors de telles réunions, le second fils, Léon. faisait de temps à autre des apparitions, et toujours c'étaient des disputes et parfois même des coups. Il était redouté de ses parents à juste titre, ayant été plusieurs fois condamné déjà pour coups et blessures, vols, etc. Pendant son service militaire, il avait même passé trois fois devant le conseil de guerre.

(La suite A la deuxième page.)

Drame de la rupture à Boulogne-sur-Seine UN AMANT ÉVINCÉ TUE SON ANCIENNE HMIE, BLESSE lE FILS DE CELLE-CI ET SE FipSTIGE j L'enfant, atteint d'une balle la tête, est dans un état désespéré

Mme Grattepanche et son fil»

Une sanglante tragédie, dont les causes paraissent etra la rupture, a été découverte hier, vers 17 h. 30, dane une maison meublée, 36, rue de Saint-Cloud, à Boulogne-sur-Seine.

Une dame veuve Grattepanche, née Eugénie Jonas, âgée de trente-quatre ans, caissière dans une grande usine d'automobiles de Billancourt, a été tuée à coups de revolver par son ancien amant, Edouard Legrand, né à Tilloy (Nord) le 17 avril 1896. Celui-ci s'eat fait justice, après avoir blessé grièvement l'un des enfants de son amie, le petit Victor, âgé de neuf ans.

C'était hier la rentrée des classes et la gérante de l'hôtel, Mme Marchahdeau, fut surprise de ne pas voir sortir le jeune garçon pour se rendre à l'école. Ellé questionna l'un de ses petits camarades, mais celui-ci affirma que Victor était déjà parti. Alors elle n'insista pas. Cependant, .elle ne le vit ni revenir de l'école à 11 heures, ni y retourner à 13 heures. Vers 17 h. 30, comme elle n'avait toujours pas aperçu le jeune Victor et qu'il lui sembla que Mme Grattepanche ne s'était pas rendue à son travail, elle fut prise de sérieuses inquiétudes et monta au deuxième étage où sa locataire occupait la chambre numéro 13. Par les interstices de la porte, elle constata que la lumière était allumée.

La gérante frappa. Comme elle ne recevait pas de réponse, elle se décida à ouvrir. £3ur le lit, trois personnes étaient allongées, semblant dormir. C'étaient Mme Grattepanche, son enfant et entre eux deux Légra'nd. • (La sirite la deuxième paye.) POUR ET CONTRE Ce serait tout de même drôle drfiJe est une façon de. parler. si le suicide devenait un petit jeu à la mode, dans le genre du ycryo.

En tout cas, ce désespoir se porte beaucoup cette saison. Et c'est un désespoir tout à fait spécial, tout à fait élégant et gentil. Ce, n'est pas le poignant. le profond, l'affreux désespoir des pauvres gens tragiquement frappés par le sort. C'est un. petit désespoir, boudeur, incertain et capricieux un petit désespoir coquet, apprêté, et qui minaude.

Toutes les semaines, nous avons deux ou trois suicides féminins et parisiens. Ce sont, par bonheur. assez souvent, des suicides anodins, qui ne nécessitent pas l'intervention des pompes funèbres, et qui se terminent comme des opérettes vien- noises. Tout de même. il faut conduire d'urgence à l'hôpital et d'urgence administrer des soins énergiques à de charmantes et jolies jeunes femmes qui ont eu subitement l'idée de mourir, comme elles auraient eu aussi Bien l'idée d'aller prendre un cocktail au bar.

Ces jeunes désespérées, du reste, boivent la mort comme un cocktail suprême. Car le suicide à la mode est potable et pharmaceutique. On délaie dans un verre d'eau, voire dans un verre de champagne, quelques comprimés d'une substance sopo-

1 ri tique on avale d'un trait et l'on attend le sommeil éternel.

Ce sommeil éternel. heureusement, ne dure, d'ordinaire, que ce que durent les éternels serments. Au bout de quarantehuit heures, les gracieuses désespérées se réveillent dans un lit d'hôpital ou de clinique. Et elles sont bien contentes de se réveiller. Et, souriantes et lassées, elles promettent aux amis qui leur apportent des fleurs de ne plus jamais recommen- cer. Comme elles sont très, très heureuses, elles ne repoussent pas les photo- graphes qui se pressent à leur chevet. Mais on interroge ces jolies rescapées. Pourquoi ont-elles fait ça? Pourquoi ont- j elles voulu, si jeunes, en finir avec une vie qui n'était pas, vraiment, pour elles; bien cruelle ?. Alors, ces enfants gâtées pleurent et soupirent. Il leur faut avouer qu'elles ne savent même plus pourquoi elles ont essayé de mourir. Elles avaient. sans doute, de menus chagrins, mais ce n'était pas bien grave. Sans doute, elles avaient éprouvé quelques déceptions légères, mais elles ne veulent plus y penser. Seulement, elles avaient c le cafard ». Car voilà encore une mode du temps, une mode sinistre et sombre. Il faut avoir le cafard.- Il faut pouvoir dire J'ai le cafard. Le cafard a commencé par une chanson chantée par l'émouvante Fréhel et par Damia. Le cafard, ensuite, s'est faufilé dans les bars, dans les boites de nuit. dans les studios de cinéma et dans les boudoirs. C'est le cafard dernier cri ».

Quelle pitoyable folie Ces jeunes femmes qui veulent mourir par caprice sont des désœuvrées et des privilégiées. Elles n'ont connu ni la misère ni la faim, ni la maladie, ni les deuils. Et elles prennent une égratignure pour une blessure mortelle Cependant, de pauvres femmes qui ont de tristes raisons d'être désespérées, d'avoir le vrai cafard, de maudire la vie. luttent avec courage, avec patience, avec résignation, et parviennent à trouver au fond du malheur l'humble bonheur de la sagesse. Maurice Prax.

tion judiciaire, sur deux plainte* concernant des affaires d'aéronautique

Deux malfaiteurs

mien yoh quinze autos et commis des agressions Va-t-on leur imputer l'attentat dont fait victime Yvonne Desvignes, la jeune bonne précipitée d'une auto avenue Foch et qui succomba peu après à ses blessures ? C'est ane hypothèse qu'envisage la police

Depuis plusieurs semaines, l'attention de la police était attirée sur une série d'agressions nocturnes commises plus particulièrement sur les boulevards extérieurs et les Champs-Elysées.

Saisi d'un certain nombre de plaintes, M. Badin, commissaire à la polce judiciaire, chargea des recherches le brigadier chef Chesneau, le brigadier Jeanneaut et l'inspecteur Houël, de la voie publique.

Ceux-ci, après une série de recoupements minutieux. purent établir que ces agressions étaient opérées par les mêmes individus, deux jeunes gens dont le signalement fut identiquement fourni par des témoins. Le scénario, du reste, ne variait jamais. Les deux malfaiteurs commençaient par voler une auto de maître, choisie avec soin parmi les voitures de marque.

Puis, partant pour une expédition nocturne, Ils tâchaient de c repérer » des femmes se promenant seules et portant sur elles des bijoux. Ils descendaient alors de voiture, engageaient la conversation, se donnaient comme flls de familles riches.

Ils inspiraient confiance. Ila demeuraient corrects et réservés. Presque timidement, ils invitaient la jeunfe femmo abordée à faire un tour d'ans leur auto avant de s'attabler devant un souper fin.

Quelques-unes disaient non. une minorité. d'autres hésitaient. La plupart, ravies de l'aubaine, montaient L'auto niait. On échangeait de rares paroles. 'Grisée de vitesse, l'Inconnue, souriante, voyait fuir la banlieue, souvent la grande banlieue. Soudain, un des charmants compagnons se tournait vers elle. La route était déserte. Lt poing armé d'un revolver, il continuait à parler- peu, mais énergiquement' Tes bijoux, ton argent. Et pau un mort

Terrifiée, elle s'exécutait, comprenant, mais un peu tard. L'auto stoppait., à peine. On la déposait sur le sol, plus ou moins brutalement, en lui enjoignant encore de se taire, toujours sous la menace du revolver ou du casse-tête. Après une longue et difficile surveitlance, les policiers chargés des recherches parvinrent à arreter les coupables en flagrant délit de vol d'une auto appartenant à un industriel pari-

Robert Cottat et Henri • VUUin-Manll sien. Le propriétaire, assistant au spectacle d'un cinéma de la place Clichy, avait laissé sa voiture en station. Un des malfaiteurs était déjà installé dans l'auto, quand Il fut arrêté, porteur de son c matériel un revolver automatique chargé, deux solides casse-tête et une redoutable carabine.

Conduits devait M. 'Hadin, ils déclinèrent leur identité Henri VillatoMaraix, trente axis, né à Cherbourg (Manche), se disant infirmier-masseur, logeant en hôtel rue Caroline, déjà titulaire d'une condamnation pour vol, et Robert Cuttat, trente ans, né il Paris, vendeur de journaux, demeurant en meublé, boulevard des Batignolles. Ils reconnurent avoir volé plus de quinze autos et commis une douzaine d'agressions nocturnes. Quant à la carabine retrouvée dans l'auto, elle leur servait à braconner dans l'alentour de Chantilly et de Compiègne.

Tous deux ont été envoyés au dépôt. La c manière des deux malfaiteurs et certaines contradictions dans leurs déclarations amenèrent M. Badin à envisager l'hypothèse que Villain-Marala et Cuttàt pourraient être les auteurs de. l'agression commise au début de juillet contre une jeune bonne, Yvonne Desvignes.

A la nn de la nuit, un vigile, de service avenue Foch, avait aperçu une jeune femme étendue sur la cbaussée; il avait alerté des gardiens de la paix et des passants avaieut transporté l'inconnue à l'hôpital Beaujon, où elle ne tardait pas à succomber sans avoir pu prononcer une parole. L'interne de service avait diagnostiqué une fracture du crâne.

C'était une jeune bonne, nommée Yvonne Dèsvignea, dix-huit ans. Elle avait passé la soirée dans un bal dé l'avenue de Wagram et des témoins purent déclarer qu'ils avaient vu passer avenue Foch une voiture d'où une jeune femme avait été précipitée sur le sol. Il s'agissait sans aucun doute d'Yvonne Deavignes qui, à la sortie du bal, avait dû accepter imprudemment l'oîfre d'une promenade en auto.

L'enquête ouverte n? permit pae de retrouver les automobilistes. On ne connaissait à Yvonne Desvignes aucune relation suspecte. Elle sortait parfois avec une amie et ne rentrait jamais bien tard.

Peut-être l'enquête ouverte à propos des deux arrestations. d'hier permettrat-elle d'identifier ceux qui offrirent à la petite bonne une promenade fatale. Un amant meurtrier fera 5 us de bagne

»UUM ivotr page 2.)