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LE DANGER DES IMPOTS NOUVEAUX La fiscalité ned'hui, rétablir seule l'équilibre budgétaire

Ce n'est pas sans quelque appréhension que l'on voit le gouvernement et le Parlement se préparer à imposer à la nation un surcroît de charges fiscales. En écartant toute arrière-pensée politique et même si l'on ne veut pas entendre les réclamations particulières des contribuables menacés, il faut bien dire que l'augmentation des impôts constitue, à l'heure présente, une initiative des plus dangereuses, une initiative véritablement à contresens.

Les impôts existants le fait vaut que l'on y prenne garde sont déjà beaucoup plus lourds pour la nation, aujourd'hui, qu'ils l'étaient avant la crise. A mesure que les prix des. marchandises et les salaires baissent, à mesure, aussi bien, que le mouvement des échanges se ralentit, une somme d'effort, de travail et de produits plus considérable doit être sacrifiée par le citoyen pour payer à l'Etat une contribution. donnée. Autrement dit, la baisse des prix et la déflation des revenais de toute sorte augmentent la valeur de la monnaie avec laquelle le contribuable s'acquitte de ses impôts. Toutes les taxes sont aggravées automatiquement du fait qu'elles restent immuables par rapport à la dépression de l'activité générale. Pour un ouvrier qui gagne 5 ou 10 francs de moins par jour, les taxes sur le tabac, le vin, les transports, etc., demeurées sans changement, exigent une augmentation proportionnelle de dépense réelle. Il en va de même pour l'industriel ou le commerçant, dont les

frais généraux d'origine fiscale croissent à mesure que diminue son chiffre d'affaires.

Si l'alourdissement des charges fiscales, résultant de la simple dépression des affaires, est encore aggravé par une majoration légale des tarifs, il y a contresens évident, il y a risque, à plus ou moins bref délai, de rupture d'équilibre économique et d'équilibre financier. Nous voulons donner cet averlisIResrnenr avec modéra;:on et sans désir de gêner" les pouvoirs publics. Mais temps et en termes nets. Si l'on prétend corriger le déficit budgétaire par une politique de rigueur fiscale, ce procédé causera ou bien une nouvelle chute de l'activité et des affaires dans notre pays, ou bien une détérioration progressive du franc, qui entraînera, avant quelques années, une nouvelle panique monétaire. On ne peut pas faire impunément de l'inflation fiscale quand tous les prix et tous les revenus sont en déflation dans le monde entier.

Certains semblent méconnaître la différence radicale qui existe entre le déficit budgétaire d'aujourd'hui et le déficit budgétaire des années qui suivirent la guerre. Dans les années antérieures à 1926, il s'agissait de relever les prévisions de dépenses et de recettes de l'Etat au niveau de l'activité croissante et des prix en hausse de l'économie privée. Aujourd'hui, c'est l'inverse: il s'agit de ramener les dépenses et les recettes de l'Etat aux niveaux déchus de l'économie privée. Nous sommes dans une situation tout à fait nouvelle. Croire que l'on échappera par la fiscalité aux réductions de dépenses est pur aveuglement: les réductions se feront dans les comptes ou elles se feront, à un moment donné, par la dépréciation de la monnaie de compte.

Le danger immédiat que présente l'éventualité d'un « tour de vis fiscal est, évidemment, de paralyser un peu plus les affaires et d'élargir le chômage. C'est vrai pour les taxes de consommation. C'est aussi vrai pour l'impôt sur le revenu.

Il faut ignorer la psychologie de l'épargne et des capitaux en période de baisse pour croire que l'on puisse, dans les circonstances présentes, tirer un supplément de recettes de l'impôt sur le revenu. En période de baisse, l'épargne et les capitaux inclinent à rester liquides, soit qu'ils se cachent, soit qu'ils refusent de s'investir. Cela pour deux raisons très simples. La première raison est que la défiance empêche les capitaux de se placer, et, par conséquent, de travailler. La deuxième raison, plus profonde, est que l'argent liquide gagne en valeur par la baisse des prix: ce gain en valeur réelle, du fait qu'augmente le pouvoir d'achat du capital non employé, est souvent plus important que le revenu que ce même capital aurait produit en travaillant. Si, donc, l'on surtaxe encore le revenu, on donne une nouvelle prime aux capitaux et à l'épargne qui restent inertes ou thésaurisés.

Lucien ROMIER.

LE SULTAN DU MAROC VA VENIR EN FRANCE Rabat, 14 juillet (dép. Bavas.)

Il se confirme que le sultan se rendra prochainement en France. Il s'est entretenu avec le résident général, au cours de la visite que M. Lucien Saint lui a faite hier, des conditions de ce déplacement.

L'accord îe confiance franco-anglais produit partout une profonde impression UTÂL1E ET LA BELGIQUE ONT D'ORES ET DEJA FAIT CONNAITRE LEUR INTENTION DIADHERER AU NOUVEAU PACTE Certaines inquiétudes se manifestent, par contre, en Allemagne et aux Etats-Unis

L'accord de confiance qui vient d'être conclu entre la Grande-Bretagne et la France a produit partout dans le monde une profonde impression. Le nouveau pacte étant ouvert à

M. Xeville Chamberlain

Vu par Fred May.

toutes les puissances désireuses de collaborer activement à la solution des grands problèmes internationaux et de se concerter à cet effet, le gouvernement italien et le gouvernement belge n'ont pas tardé à faire connaître leur intention d'adhérer à l'accord. Ces adhésions immédiates montrent qu'à Lausanne les représentants de l'Italie et de la Belgique, ainsi que, probablement, ceux d'autres nations intéressés, avaient été tenus au courant de l'initiative franco-britannique et d'ores et déjà pressentis au sujet Il semble pourtant que malgré'les précautions prises à Londres et à Paris pour que l'accord apparaisse sous son véritable jour, c'est-à-dire comme un pacte consultatif en vue due faciliter la coopération politique et économique des peuples européens, des inquiétudes se soient éveillées. dans certains pays, notamment en Allemagne et aux Etats-Unis.

En ce qui concerne les Allemands, il n'est pas étonnant que l'accord leur cause quelque déception E$ même du dépit. L'Allemagne a toujours considéré d'un mauvais œil tout rapprochement franco-anglais.

En tous les cas, on parait fort surpris à Berlin et l'on aurait certainement préféré que 'le pacte consultatif fût dès l'abord plurilatéral, comme le souhaitaient les délégués du Reich à Lausanne. Les milieux officiels demeurent cependant, à l'égard du nouvel accord, dans une expectative prudente et l'on ne saurait prévoir pour l'instant quelle attitude, en définitive, le gouvernement allemand adoptera. En Amérique, d'où sont partis, il n'y a pas si longtemps, les plus vifs encouragements à remettre de l'ordre dans la maison européenne, l'accord parait susciter également quelques appréhensions. Des voix sénatoriales se sont déjà fait entendre pour signaler un prétendu front unique des débiteurs européens contre le commun créancier américain.

Ces craintes, toutefois, ne semblent pas partagées par le gouvernement de Washington, qui sait parfaitement à quoi s'en tenir et connaît dans tous les détails les procédés non seulement corrects, mais extrêmement délicats dont usèrent les négociateurs de Lausanne pour prévenir toute atteinte au sentiment américain.

Le gentleman's agreement », qui a été publié hier et dont on lira plus loin la teneur, est de nature à rassurer complètement l'opinion américaine. Il ressort, en effet, de ce document, qui est une des pièces maîtresses des accords lausannois, que tous les arrangements pris entre Européens l'ont été conditionnellement et que la parole décisive et finale sur les dettes et les réparations a été entièrement laissée à l'appréciation du peuple des EtatsUnis.

Afin d'éviter tout malentendu de ce côté, M. Macdonald a d'ailleurs fait publier hier une mise au point et l'on précise dans les cercles officiels de Londres que l'accord de confiance « a un caractère uniquement consultatif, qu'il n'est nullement exclusif, mais constitue une invitation anglo -française adressée à l'Europe pour qu'elle adopte, pour examiner ses difficultés, une méthode qui a fait ses preuves Lausanne ».

Lucien BOURGUÈS

UNE MISE AU POINT BRITANNIQUE

Londres, 14 juillet (dép. Petit Paris.) On publie ce soir à Downing Street (résidence officielle du premier ministre), le communiqué suivant

« Contrairement à certains rapports mis en circulation au sujet de l'interprétation à donner à la déclaration franco-anglaise à laquelle d'autres gouvernements sont invités à adhérer, il est complètement inexact que ce document soit applicable à la question des dettes britanniques envers les EtatsUnis. L'emploi, dans les déclarations, des mots régime europden exclut expressément de sa portée toute question affectant des pays non européens. Dans son discours de mardi aux Com-

munes, le premier ministre a expliqué d'ailleurs la situation d'une façon autorisée lorsqu'il- a déclaré

En raison des graves effets que pourrait entraner toute assertion faite, soit ici. soit en Amérique, qu'à Lausanne l'Europe avait formé le complot de présenter aux Etats-Unis une manière d'ultimatum, je tiens à préciser de façon absolue que tout ce qui s'e^t fait à Lausanne a consisté à débrouiller les difficultés internationales de l'Europe, qui étaient nombreuses et difficiles, et de conclure un accord sur des propositions que les nations représentées à la conférence jugent à la fois essentielles et réalisables. »

Ce communiqué, qui a surtout pour but de rassurer l'opinion américaine, est une rectification de certains messages britanniques reçus de Paris et attribuant à M. Herriot une déclaration d'après laquelle le président du Conseil aurait donné de l'accord de confiance une interprétation différente de celle du premier ministre britannique. La chancellerie de l'Echiquier a publié, de son côté, presque à la même heure, ce soir, un communiqué qui est pareillement inspiré du désir de ménager les susceptibilités américaines. Lundi dernier, aux Communes, M. Neville Chamberlain avait parlé des conversations qu'il avait eues à Lausanne avec les représentants des Etats-Unis. « Cette déclaration, dit le communique, a provoqué un malentendu. Le ministre n'a pas suggéré et n'a évidemment pas eu l'intention de suggérer que les représentants des EtatsUnis avaient donné leur approbation soit tacitement, soit explicitement à ce qui a été fait à Lausanne. Ces travaux se sont développés tout au long, selon la règle et la vraie méthode qui consistent à chercher une solution européenne du problème des réparations, sans que les Etats-Unis soient impliqués dans la discussion. »

t;onterences au quai a ursay au sujet du désarmement M. Edouard Herriot, président du Conseil, s'est entretenu, hier matin, avec M. Paul-Boncour, ministre de la Guerre le générale 'Weygand, vicer président du conseil supérieur de la guerre, et le général Gamelin, chef d'état-major de l'armée, du projet de résolution qui va être soumis à la commission générale de la conférence du désarmement.

Une nouvelle réunion a eu lieu dans l'après-midi, au Quai d'Orsay, à laquelle assistaient également MM. Georges Leygues, ministre de la Marine, et Painlevé, ministre de l'Air.

On pense que MM. Herriot et PaulBoncour quitteront Paris dimanche soir pour se rendre à Genève, où des conversations auraient lieu avec les délégués anglais lundi matin.

REMPORTE LE PRIX DES MARÉCHAUX REMPORTE LE PRUX DES MARÉCHAUX

LE f|yR DE FRANCHE CYCLISTE FRàçolFiÔNDUEL GAGNE L'ETAPE

LBCHON-PHIPIONAN-

Perpignan, 14 juillet.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Eh ma foi, ce fut une belle course, une belle course sans histoire mais de réelle qualité. Ce fut une très belle course de Fête nationale et il est bien certain que le passage des hommes du Tour aura constitué, pour les pays traversés, la plus belle attraction de la journée. En particulier là bel'a et noble Perpignan qui avait tenu à se mettre en grands frais de toilette aura été régalée d'un sprint magnifique. L'une des beautés de cette course fut sa clarté, avec la netteté du jeu, si

Bonduel

bien que le moins technicien d'entre ceux'qui la suivirent de bout en bout peut la décrire sans trop de peine. On était parti de Luchon de très bon matin et, miracle joyeux, la pluie assassine avait cessé. Le soleil luisait. Le Bourguignon, comme disaient les coureurs, même quand il s'agit d'un soleil du Midi. Un vrai soleil de Fête nationale à faire pâlir les feux d'artifice annoncés. Dans les villages traversés, la longue file des as et des individuels avec leurs maillots de cent couleurs que les jeux solaires faisaient, de mille couleurs se mêlaient, autant de prodigieux lampions préparés pour la grande commémoration. Mais quelle drôle de façon de célébrer la conquête de toutes nos libertés que de s'élancer dans la fournaise pour abattre en pilant dur trois cent vingt-deux kilomè-'tres, douze heures durant, avec les petits agréments supplémentaires de deux cols.

André SALMON

(La suite la deuxième page.)

Une riche Américaine s empoisonne

avec du véronal

Mais les circonatancea de ce drarae' restent mystérieuses Le commissaire de police de Neuilly a ouvert une enquête au sujet du décès mystérieux d'une jeune e Américaine fort riche, Mrs Katherine Whelan Gordon Ellis, qui a succombé hier à l'hôpital américain de Neuilly, par suite de l'absorption d'une forte dose de véronal. La personnalité de la victime, fille d'un gros fabricant de cigarettes des Etats.Unis, et elle-même fort répandue dans la haute société américaine de Paris, fait qu'on observe, tant au commissariat de police que dans son entourage, une discrétion profonde sur les circonstances étranges qui ont entouré sa mort. Tout d'abord, sachons, avant d'abor- der le drame lui-même, que cette jeune femme avait épousé, il y a environ huit ans, peu après son arrivée à Paris, un Anglais, le docteur Gordon Ellis, demeurant actuellement à Chatou. Deux enfants étaient nés de cette union. Ils sont âgés respectivement de sept ans et six ans, et résident à Chatou chez leur père.

Après une union de cinq années, la bonne harmonie cessa de régner dans le ménage du docteur. D'un commun accord, les époux décidèrent de se séparer. Le divorce fut prononcé il y a trois ans. Néanmoins, pendant une année encore, le médecin vint.rendre de fréquentes visites à son ex-femme. Il continuait à entretenir avec elle de bons rapports. Mrs Gordon Ellis semblait vivre des jours tranquilles dans la jolie villa, entourée d'un jardin parsemé de fleurs, qu'elle habitait 53, rue Chauveau, à Neuilly. quand survint le drame.

Mais jusqu'à présent, on en est réduit aux hypothèses. Néanmoins, nous avons pu joindre le maître d'hôtel de l'Américaine. Il est au service de celle-ci depuis 1927. Il nous a confié qu'au cours de la tragique journée il avait vu la jeune femme sortir, l'aprèsmidi, en compagnie de deux mystérieuses dames inconnues de lui, at qui étaient venues en visite. Vers 9 h"u- res, le soir, elle était rentrée dans sa voiture, toujours escortée de ses deux compagnes. Une? heure après, le maître d'hôtel, qui était monté dans sa chambre, Mrs EUls

entendit sonner à la grille. Par sa fenêtre, il put alors voir entrer deux infirmiers portant un brancard, tandis qu'un.taxi stationnait près de la porte. '(La 8uite la deuxième page.) Suicide d'un chimpanzé au zoo de Chester

Londres, 14 juillet (dép. P. Parisien.) Un vieux chimpanzé appartenant à l'espèce sacrée de Rhésus et depuis de nombreuses années grand favori du jardin zoologique de Chester, cédant apparemment à un accès de neurasthénie a décidé aujourd'hui d'en finir avec la vie et a, à cet effet, coupé avec ses dents une longue corde qui se trouvait dans sa cage il en a attaché une des extrémités à une branche de l'arbre qui ombrage sa demeure et ayant fait à l'autre bout pendant de la corde un noeud coulant se l'est passé autour du cou., Ces précautions prises et sûr de son fait il s'est jeté dans le vide. C'est en vain que des spectateurs alarmés se précipitèrent au secours du malheureux quadrumane quand ils voulurent relâcher la corde il était trop tard, la mort avait fait son œuvre.

La Fête nationale

M. ALBERT LEBRUN A PASSÉ EN Ht LA GARNISON DE PARIS

En raison du deuil de la marine, ce fut la seule cérémonie officielle de la journée

IZn hgut, de gauche à Lebrun, le prince £Kl£l, MM. ï*a)il-B»itkbar, G. Président «t te «4sMr« de la Guerre passant la revue. En bas le défilé des saint-cyrtens

Il n'y avait pas, cette année, pour la revue traditionnelle du 14 juillet. les reconstitutions historiques, la présentation exacte et pittoresque de régiments d'autrefois qu'.avait motivées, en 1930, le centenaire de l'Algérie et, en 1931, 1! Exposition' eoloniale. Le spectacle de la fête militaire de cette année rentrait, au point de vue des éléments qui. y prenaient part, dans la tradition normale.

C'était la première revue que passaient M. Albert Lebrun, président de la République, et M.. Paul-Boncour, ministre de la Guerre.

Favorisée par un temps magnifique, sous un soleil assez brillant pour donner leur .éclat aux uniformes, aux casques et aux armes, mais pas assez chaud pour incommoder gravement les troupes, elle se déroula dans un ordre admirable et fut vraiment, comme d'habitude, la grande cérémonie de la journée.

Le décor des Invalides et du palais des Champs-Elysées se prête admirablement au défilé militaire. Dès 7 h. 30 du matin, les troupes de Paris, de Versailles, de Saint Germain, de Senlis étaient venues prendre position sur l'immense esplanade. Polytechnique et Saint-Cyr se faisaient vis-à-vis de part et d'autre du pont Alexandre-III. L'Ecole navale, les gardes républicains à pied, les pompiers de Paris, puis les fantassins et les coloniaux étaient rangés le long de l'avenue du Maréch^l-Gallieni.

Vu de l'avenue Marigny, où était massée une vraie foule, le dôme de Mansard fermait magnifiquement une voie triomphale où scintillaient les baïonnettes.

A n. su, on vit arriver au piea aes marches du Petit Palais les premières personnalités officielles. Puis, au milieu de leur escorte de gardes mobiles à cheval, survenaient les bureaux de la Chambre et du Sénat. M. Edouard Herriot, seul et très applaudi, arrivait quelques instants plus tard. Le maréchal Pétain était, là, avec le général Weygand et l'amiral Durand-Viel, chefs d'état-major généraux de l'armée et de la marine. L'attaché militaire anglais, en tunique écarlate, attirait particulièrement les regards au milieu du groupe des officiers étrangers.

A 9 heures précises. l'escorte du Président de la République surgissait du Cours-la-Reine qu'elle avait gagné par l'avenue Victor-Emmanuel-m. Sonnerie aux champs. Marseillaise. Les voitures, se dégageant de la troupe qui les entourait, s'engageaient sur le pont Alexandre-III. Le général Prettelat, commandant les troupes de la garnison de Paris, caracolait sur un cheval blanc à la portière de la voiture découverte où avaient pris place M, Albert Lebrun et M. PaulBoncour. Dans une seconde automobile se trouvaient M. Georges Leygues et le général Braconnier. Le cortège réduit passa rapidement sur le front des troupes et vint s'arrêter entre le Petit et le Grand Palais.

Sur une longue file, attendaient les généraux,, les amiraux, les officiers supérieurs de toutes armes qui ont été compris, pour les grades élevés, dans la récente promotion de la Légion d'honneur. Avec le cérémonial d'usage, le Président de la République allait remettre la médaille militaire à l'amiral Le Bris, le cordon de grand'croix aux généraux Gamelin et SainteClaire-Deville la plaque de grand

officier aux généraux de Chambrun et Messlmy, tandis que le général Wîeygand et l'amiral Durand-Viel- distribuaient les autres décorations.

Le'défilé commençait aussitôt aptjès Derrière la musique de la garde, qui jouait le Chant du départ, le' générai Gouraud, à pied, en uniforme kaki s'avançait, àuivi de ses officiers d'or-

M. Lebrun serrant la main

du géaéral Gouraud

donnance, sous les acclamations de la foule. Ayant salué le Président de la République, d'un geste large de son épée, il venait se placer devant le Grand Palais, pour lui présenter les troupes.

Les polytechniciens venaient les premiers, en bicorne sombre puis let saint-cyriens, avec leur casoar les élèves de navale, en casquette blanche; les élèves officiers de réserve les gardes à pied les gardes mobiles les pompiers de Paris les équipages'de chars d'assaut, les détache

Jt. Faul-Boncour félicite ie Rénéral Gourai: ments de l'aviation, du génie, etc. Les musiques groupées du 50 et dt 460 précédaient les fantassins de ces deux régiments et ceux du 24., puis