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M. Herriot a répondu au discours de clôture de M. Macdonald par un hommage aux efforts inlassables du président de la conférence Le « gentlemen's agreement» a été signé également. On sait que la ratification ne sera effective qu'après accord entre les puissances créancières de l'Allemagne et leurs propres créanciers Lausanne, 9 juillet.

D'UN DE NOS ENVOYÉS SPÉCIAUX

C'est fini. Les délégations qui vientient de participer à la conférence des réparations ont, pour la plupart, déjà quitté Lausanne. M. Grandi et ses collaborateurs sont partis des premiers au début de l'après-midi, bientôt suivis par M. von Papen et les représentants du Reich. Ce soir, à 23 h. 30, ce fut le tour de MM. Herriot et Macdonald, qui vont voyager de compagnie jusqu'à Paris, le président du Conseil français ayant poussé la délicatesse jusqu'à offrir son wagon spécial au premier britannique, à peine remis de sa récente indisposition.

Tous ont repris le chemin de leur capitale avec une satisfaction évidente. Encore que l'accueil des autorités et de la population lausannoise ait été particulièrement aimable et que chacun d'eux emporte de son séjour dans la charmante cité vaudoise le meilleur souvenir, c'est avec un profond sentiment de soulagement qu'ils leur ont fait leurs adieux. Rarement, en effet, conférence a été plus dure, plus semée d'embûches et, en cas d'échec, plus grosse de conséquences graves. On comprend que chacun soit heureux d'avoir finalement échappé à ce danger.

A la délégation française, notamment, on y est, à juste titre, très satisfait des résultats obtenus. Cette manifestation s'est traduite ce matin par ce que M. Herriot a appelé « un déjeuner de famille déjeuner auquel le président du Conseil avait convié tous ses collaborateurs y compris le personnel télégraphique et dactylographique, les membres de la prease française et attention qui à été d'autant plus goûtée par eux qu'ils viennent d'être exagérément tenus à î'éeart les délégués de la Pologne. dé la Petite Entente et de la Grèce. Il est à peine besoin de dire que M. Herriot a prononcé,, à cette occasion, un de ses plus simples, mais de ses plus' jolis et plus émouvants discours où l'on retrouvait à la fois sa haute culture, ses admirables qualités de coeur et son ardent patriotisme. Le « gentlemen agreement » Nous avons dit hier l'importance du gentlemen agreement qui vient d'affirmer, pour la première fois, d'une façon officielle et définitive, la liaison indissoluble qui doit exister entre les réparations et les dettes de guerre. C'est le 2 juillet que ce document, qui affecte la forme d'un z procès-verbal a, et qui a été signé, puis notifié ce matin aux délégués du Reich, est intervenu entre les chefs des déléga- tions française et britannique. Le texte ne doit pas en être publié avant que les Parlements des deux pays soient saisis. Nous pouvons, toutefois, en préciser les grandes lignes

Relativement bref une trentaine de lignes à peine il stipule d'abord la décision commune des deux gouvernements de ne pas ratifier les accords conclus à Lausanne avec les représentants de l'Allemagne tant qu'un règlement satisfaisant n'aura pas eu lieu efatre les cabinets de Londres et de Paris et leurs créanciers. Le lien èistre le règlement des réparations et la sodutiors du problème des dettes viaà-vis des Etats-Unis est done nettement établi.

Il fest plus encore par ce quai suit les négociateurs Jrançais et anglais s'autorisent mutuellement à faire part de cette situation à leurs Parlements respectifs, mais ils déclarent qu'il ne saurait y être fait allusion dans l'accord conclu avec l'Allemagne. Puis il ajoute et c'est Id le point essentiel que si un arrangement satisjaisant concernant leurs propres dettes intervient avec leurs créanciers disex les Etats-Unis l'accord de Lausanne sur les réparations sera ratifié et portera son plein effet. Dans le cas contraire, cet accord ne sera pas ratifié, et une situation atouvelle se trouvera créée. C'est alors qu'intervient entre les deux gouvernements la consultation dont noacs avons déjà parlé. Londres et Paris s'engagent à 8e concerter sur l'attitude commune il observer, mais reconnaissent dès maintenant que la position juridique à laquelle on se trouvera revenir ainsi sera exactement celle qui existait avant le moratoire Hoover, c'est-à-dire de régime du plan Young et les accords de la Haye.

Il y a donc, on le voit, nan seulement liaison formelle entre l'arrangement de Lausanne sur les réparations et le règlement éventuel des dettes vis-à-vis des Etats-Unis, anais entente entre les deux gouvernements, aussi bien pour se concerter en cas d'échec des négociations avec Washington, que pour considérer comarie nul l'accord avec l'Allemagne et revenir au pian Young. La notification à M. von Papen La situation est bien claire. Pour qu'elle soit juridiquement inattaquable, il fal2ait qu'elle fût notifiée à l'Allemagne, ainsi que le signale, d'ailleurs, la dernière phrase du procèsverbal. Cette notification a été faite ce matin à M. von Papen par une lettre d'envoi de quelques lignes signée des représentants de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et de la Belgique ce qui indique l'adhésion de ces deux derniers pays et qu'ac-

En haut :Il. Edouard Herriot. Au centre MM. Germain-Martin' gauche) et Julien Durand. En bas MM. George Bonnet (à gauche) et Paganon

compagnait le texte même du document franco-anglais.

Ainsi- que nous l'avions annoncé, le représentant de l'Allemagne n'avait pas répondre à cette communication. Effectivement, le chancelier du Reich n'en a pas accusé réception, fnais, dès hier soir, â la séance plénière de BeauRivage,. il a nettement reconnu le caractère provisoire de l'accord de Lausanne lorsque, dans son discours, il s'est enguis « de ce qui arriverait au cas-où -cet aceord ne serait pas ratifié ».

L'accord Caillaux-Churchill Aucune équivoque n'est donc désormais possible. sûr ce point. Nous sommes en mesure d'ajouter que la politique commune franco-britannique' s'est affirmée d'une façon non moins nette en ce qui a trait à notre dette vis-à-vis de la Grande-Bretagne. Hier soir, en effet, M. Germain-Martin a mis la dernière main, avec les experts anglais,, à une adaptation spéciale » de l'accord Caillaux-Churchill.

Conçue sur une'base analogue à celle du règlement qui vient d'intervenir avec l'Allemagne, cette adaptation, qui témoigne, nous a3sure~t-on, de la glus grande bonne volonté de la part

M. Gratien Candace fêté par ses amis

• M3I. Sarraut et Candace LEGION Î/hONNEUR SANTÉ PUBLIQUE

De gauche à droite et de haut en bas MM. le professeur Bronardet (commandeur); le professeur Paviot, les docteurs WeiU Halle, Baldet, Dalinier (officiers) M™" Bassot, Halsance, MM. Constancls. Richard, Mu« Pouchet, M. Moocany (chevaliers) (Yoir à la quatrième page.)

Le prix de Rome de peinture

MM. Oneysalal (à gauche), premier grand prix Collin, premier second grand prix

Pour ce qui concerne notre dette vis-à-vis de la GrandeBretagne, M. Germain-Martin a mis la dernière main avec les experts anglais à une adaptation spéciale de l'accord Caillaux-Churchill Le président du Conseil francais et ses collaborateurs ont quitté Genève hier soir et seront ce matin à 7 h. 15 à Paris

du gouvernement de Londres, est aussi satisfaisante que nous pouvions l'espérer.

Naturellement, sa mise en vigueur reste subordonnée, elle aussi, au succès des futures négociations avec Washington quand elles pourront être engagées. En tout état de cause on ne peut que reconnaître que la délégation française a fait là encore du bon travail et mérite vraiment la reconnaissance du pays- Albert JULLIEN DECLARATION DE M. HERRIOT Lausanne, 9 juillet (dép. Havas.) A l'issue du déjeuner qu'il a offert aujourd'hui à la presse française, M. Edouard Herriot a fait, devant le microphone, la déclaration suivante Je me félicite de l'heureuse conclusion de la conférence de Lausanne. Les accords que nous venons d'y signer, quand ils seront bien connus de l'opinion publique, montreront non seulement que nous avons réglé d'une manière satisfaisante des problèmes anciens et difficiles, mais aussi que nous avons augmenté dans l'Europe et dans le monde la confiance et, ce qui est plus important que tout, les chances de la paix.

M. HERRIOT S'ENTRETIENT A COPPET AVEC M. GYBSON Genève, 9 juillet (dép. Havas.) M. Edouard Herriot, président du Conseil, s'est rendu à la fin de l'aprèsmidi en automobile à Coppet, à 12 kilomètres de Genève, où réside M. Gibson, premier délégué des Etats-Unis à la conférence du désarmement.

MM. de Jouvene} et Maasigli, membres de la délégation française, avaient rejoint M. Herriot à Coppet.

On présume que le président du Conseil, avant de regagner Paris, a voulu s:entretenir de l'état actuel des négociations genevoises sur le désarmement et examiner avec la délégation américaine les termes de la résolution dont sir John est l'auteur et qui doit mettro prochainement un heureux terme à la première phase de la conférence de Genève.

Un syndicat de brasseurs s'est déjà constitué à New-York Londres, 9 juillet (dép. Petit Parisien) On mande de New-York à l'agence Reuter qu'en prévision de l'abrogation du régime prohibitionniste et du rétablissement du droit commun pour le commerce des bières et des vins légers, un syndicat de brasseurs, au capital de 25 millions de dollars, vient de se constituer et n'attend que l'abrogation du régime actuel pour réorganiser dans tout le pays un commerce qui, avant la prohibition, en était un des plus importants.

UN TRAIN DERAILLE EN TURQUIE 19 tués, 17 blessés

Ankara, 9 juillet (dép. Havas.) Le train mixte Ankara-Stamboul a déraillé près d'Eskisehir, entre les sta- tions de Polatli et de Beylik.

Les wagons de tête sont sortis des rails et les wagons suivants sont montés les uns sur les autres.

Il y a eu 19 tués et 17 blessés graves. La locomotive du train s'est renversée avec treize wagons qui ont été détruits. Pour ET CONTRE Le Petit Parisien a donné, hier, les photographies de quelques disparus du Prométhée. Quels beaux jeunes hommes 1 Tous sont souriants. Tous ont l'air vigoureux et confiants. Tous ont un clair visage de France avec des yeux tranquilles et résolus.

Le Petit Parisien a publié aussi quelques détails sur les familles de ces jeunes héros dont le tragique sort est, pour tous les Français, une obsession déchirante. Quelles simples et nobles familles toutes attachées au devoir, au travail, aux honnêtes et patientes traditions du foyer. Familles silencieuses, familles cachées, familles tranquilles, unies et modestes. Familles qui, selon l'expression courante, ne font pas parler d'elles Sauf le jour où le plus injuste destin vient les frapper en frappant un des leurs. Les pauvres matelots ensevelis sous les flots dans leur cage d'acier n'ont pas grande histoire. La même mention résume leur vie, leur jeunesse, leur espoir: engagés dans la marine à dix-sept ans. Voilà tout.. Ils sont partis à la fois heureux et mélancoliques, à la fois décidés et émus. Ils ont dit aux parents

Surtout ne vous en faites pas 1 Les parents ont répondu en essuyant quelques larmes •

Bien sûr. pardi 1

Ils sont partis. Ils sont revenus en permission avec leur col bleu bien repassé, avec, quelquefois, un galon, fiers d'avoir navigué, fiers d'appartenir au monde de la mer, qui est aventureux et sentimental, joyeux et mystique, orgueilleux et ingénu. Puis ils sont repartis Ne vous en faites pas

Mais on apprend soudain l'effroyable nouvelle. Le Prométhée est au fond de l'eau avec son équipage prisonnier, avec ses beaux jeunes hommes ardents que l'on voit sourire sur des photographies. Le destin est lourd. Le destin est inique qui s'abat sur la plus belle jeunesse de France, sur les plus dignes et les plus humbles familles françaises. Maurice Prax.

{ LE MIRACLE j

LE PREMIER VOYAGE PRÉSIDENTIEL DE M. ALBERT LEBRUN Le Président de la République a reçu Lisieux l'accueil le plus enthousiaste

Caen, 9 juillet,

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

En réservant son premier voyage officiel à la Normandie, le Président de la République a voulu tenir la promesse que son regretté prédécesseur, M. Paul Doumer, avait faite aux représentants du Calvados. Ainsi, à travers les événements les plus tragiques, continue la vie du pays. Ce voyage, depuis plus d'un an décidé, avait à consacrer un des plus grands faits historiques de la Normandie, la création, vieille de cinq sièclesi de l'université de Caen. Cette université, les Normands et les Anglais, pendant plus de cent ans en lutte, et tour à tour vainqueurs ou vaincus, ont contribué à la fonder aux heures de calme où, mêlant leur sang, leurs institutions et leurs coutumes, ils s'efforçaient d'étouffer en leurs cœurs leurs sentiments de pirates et de conquérants et de policer leurs mœurs. C'est d'une de ces rares heures de paix et de tranquillité qu'est née la vieille université dont va être célébré demain le demi-millénaire. A Lisieux

Mais avant d'arriver, à Caen, il y a Lisieux. Lisieux a, depuis quelques semaines, pour maire M. Henry Chéron, sénateur et ancien ministre, qui est le caractère le plus représentatif du Normand calme, spirituel, avisé, sage et tenace en ses idées. M. Henry Chéron a désiré que M. Albert Lebrun s'arrête à Lisieux. M. Albert Lebrun s'est arrêté à Lisieux. Et c'étaient, avec le Président de la République, M. Justin Godart, ministre de la Santé pu-

LE TOUR DE FRANCE CYCLISTE

L'émouvante arrivée au vélodrome de Bordeaux Le Français André Leducq bat, au sprint, cinquante-cinq concurrents, et prend la première place au classement général

I/arrlvée au vélodrome du Parc des Sports de Bordeaux

Bordeaux, 9 juillet (de not. env. spée.) Départ matinal, mais nocturne 3 heures dans Nantes, dont le port commence tout de même à s'animer. Au reste, l'aube blafarde éteindra bientôt les phares des autos officielles éclairant pour les coureurs la route, singulièrement plate, mais route d'une étape singulièrement longue.

Huit heures ont sonné aux clochers de la Rochelle lorsque apparaissent les premiers hommes du peloton. Au contrôle, une foule compacte s'empresse, débordante de sympathie. Ici s'alignent, costauds, le cou tanné, rouge, émergeant du bleu de chauffe, les < gars de la marine > en chair et en os. Un soleil prodigue ruisselle sur le merveilleux décor de la mer commandée par les tours de Richelieu. Sur le quai ont mis, pour un court instant, pied à terre les coureurs, revêtus de leurs maillots aux bariolages si parfaitement modernes, mais. dont la petite casquette blanche, reprise aux ancêtres, aux premiers héros « vélocipèdes a quelque chose de délicieusement 1885. Ainsi, le sportif qui a du goût pour les beaux-arts pourra-t-il .fUII>lllll!IMII!ll!Hlinillflllllllllltll>l![flllt!l!!tt>BIIK!llnail»ltaill!ll

blique, le général Braconnier, secrétaire militaire; M. Magre, secrétaire civil de la présidence; M. de Fouquières, chef du protocole, le colonel Marsaud, de la maison militaire, M. Thomé, directeur de la sûreté générale. Sur le quai de la gare, le préfet du Calvados, M. Bussière, M. Henry Chéron, le général Trousson et les parlementaires du département attendaient le chef de l'Etat. C'est la réception officielle avec drapeaux, musique militaire et pelotons de soldats alignés, mais, un peu plus loin, il y a la réception non officielle, moins sévère, plus charmante. Trois jeunes filles en coiffe et costumes normauds offrent au chef de l'Etat une magnifique gerbe de fleurs, hommage des habitants de Lisieux. Eües reçoivent en remerciement chacune deux baisers du Président de la République. Et puis, sous les acclamations de la foule, à travers les rues fleuries, le cortège présidentiel monte vers l'hôtel de ville de Lisieux. M. Henry Chéron souhaite la bienvenue au Président

Lisieux, avec ses vieilles rues tortueuses bordées de maisons aux pignons pointus, aux hautes toitures superposées, ses poutres apparentes et ses fenêtres à meneaux, forme une image vivante du temps passé. Dans le vieil hôtel de ville, bijou de la plus pure Renaissance, M. Henry Chéron, entouré de son conseil municipal, reçoit le Président de la République et lui souhaite la bienvenue.

Jean ROGIER

(La suite d la deuxième page.)

jouir d'un tableau de Seurat dans un décor de Paul Signac.

Honneur à la gendarmerie motorisée Elle a rempli merveilleusement sa mission, qui est de dégager la route des éléments roulants étrangers à la course, diminuant ainsi la peine des coureurs, et, il n'est que trop juste de le dire, facilitant la mission de la presse. Hélas Qu'elle soit' motorisée ou à pied car les gendarmes fixes font aussi très intelligemment leur service, la maréchaussée ne .peut rien contre la poussière qui, pour la première fois, fait son apparition. Entrée peu discrète et dont « as et « individuels auront à souffrir d'autant plus que, si j'ose ainsi dire, la poussière appelle la canette et qu'en canicule ladite canette peut n'être pas sans perfidie.

Rochefort maintenant. Toute sa population est sur le passage du « tour ». Et plus que jamais les « gars de la marine », à pompons rouges cette fois.

André SALMON

(La suite et la troisième page.)

LA CATASTROPHE DU "PROMÊTHÊE" Les scaphandriers ont atteint l'épave L'ÉQUIPAGE N'A PAS RÉPONDU A LEURS APPELS

Cherbourg, 9 juillet.

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL

Ils sont arrivés enfin ce matin, les deux navires tant attendus.

Regardant le réseau de brume qui s'effilochait sur les passes, couvrait la côte et barrait l'horizon, les marins de Cherbourg avaient pronostiqué Ils auront du retard Et cette désillusion vint rendre plus cruelle encore cette attente de toute une ville où tant de foyers sont meurtris, où tant d'amitiés s'émeuvent aux phases de cette lutte engagée avec l'Océan. Trouant le brouillard, vers 9 h. 15 ils apparurent enfin, les deux navires fantomatiques, semble-t-il, démesurés par le phénomène de réfraction de la brume sur l'eau calme.

Artiglio, Rostro. A ces noms s'attache toute une légende de prouesses sous-marines, d'exploits qui semblent indécis à la science, aux puissances de l'Océan immense, lourd, immobile. L'Océan, depuis qu'il garde cette dernière proie, semble soumis et apaisé. On voudrait, profitant des circonstances atmosphériques exceptionnelles, que, tout de suite, les scaphandriers puissent commencer leur dure besogne. A peine les navires italiens avaientils mouillé dans le petit port, à 9 h. 40, que ce fut un défilé incessant de vedettes de l'arsenal à l'Ailette et à la préfecture maritime.

Préparatifs 1

Un communiqué affiché à la préfecture maritime indiquait, d'ailleurs, que tout était prêt et que l'on ne souhaitait plus que le concours des éléments

« Au cours de la matinée, dit ce communiqué, se continuera la mise en place des bouées de polygone d'amarrage des sauveteurs Artiglio et Rostro et de la gabare de la marine, Fidèle, équipée avec scaphandre de grande profondeur.

Cette opération, très délicate en raison de la précision qu'elle exige, ne peut être efficacement réalisée qu'aux environs de la basse mer, où les courants sont très faibles ou s'annulent complètement. Le ravitailleur de sous-marins, Jules-Verne, venant de Lorient, est attendu. La brume est susceptible de gêner les opérations. > Mais, vers midi, la brume se dissipe. On apprend que l'appareillage de la flottille de sauvetage vers le large du. cap Lévi,ne saurait tarder. Les remorqueurs Sainte-Anne, Pingouin, Pintade la gabare Fidèle, restée sur les lieux où git le submersible, ont achevé le mouillage des coffres d'amarrage où les navires italiens mailleront leurs chaines.

A l'écoute en tous-marin Le sous-marin Eurydice, ayant à bord l'amiral Le Do, a repris, en plongée, son écoute attentive, au ] moyen de microphone, pour épier, si possible, le moindre indice de vie à l'intérieur de la coque naufragée. Les minutes semblent des siècles. Tous les moyens mis à la disposition de la préfecture maritime ou ordonj nés par ses soins vont permettre l'action avec le maximum de chances. Avec une extrême rapidité, on a vu arriver de Toulon l'ingénieur Pigelet, du génie maritime, spécialiste des travaux à grande profondeur, et un scaphandrier de l'escadre désigné pour plonger dans le seul scaphandre que possède la marine pour sa tentative, d'un type semblable à ceux des sauveteurs italiens.

Une longue conférence vient de se tenir à la préfecture maritime, à laquelle assistait l'amiral Durand-Viel, chef d'état-major général.

Sur le Fidèle, tout est paré. J En plongée

TJArtiglio, qui avait appareillé à midi trente pour les lieux de la catastrophe du Prométhée, croisait dans les parages de l'épage vers 14 h. 30. Il avait été décidé que le Rostro resterait au port avec le Jules-Verne, ravitailleur de sous-marins, véritable atelier flottant. Le crachin qui était tombé toute la matinée a cessé le soleil est invisible; le ciel est bas et triste, l'atmosphère est orageuse.

A 14 h. 45, V Artiglio est amarré aux quatre bouées installées le matin par les remorqueurs. Sa forme si particu-

QUATRE DISPARUS. De, gauche droite, en haut Ponte et G. Bernard. En bas Baraf! et I/Hote

lière se détache, blanche, sur les flot4 verdâtres.

On distingue un sous-marin qul mouille à ses côtés.

A 14 h. 48, on aperçoit un géant dont la cuirasse reluit sous le soleil qui brille, sorte d'athlète de fer qui sa laisse glisser le long des chaînes du navire. C'est le scaphandrier de l'Xrtf» glio. Deux minutes plus tard il s'enfonce dans les flots. L'instant est poignant on distingue le commandant Quaglia qui, à son poste, sur V Artiglio, fait les cent pas. Quelques minutes peine s'écoulent et le Fidèle vient mouiller près de fArtigdio. Un scaphandrier du Fidèle, plus petit que son collègue italien, descend le long des chaines il se laisse couler, et disparait.

La plongée du scaphandrier de fArtiglio dura trois heures, celle du scaphandrier de la Fidèle ne dépassa pas vingt-cinq minutes, ses moyens moins efficaces que ceux de son collègue dans la lutte contre la houle ne lut Permettent point une plongée plus longue.

L'équipage n'a pu répondre Remonté à bord, le scaphandrier de V Artiglio déclara avoir pu arriver sous la coque du Praméthêfi et n'avoir pas obtenu de réponse aux coups qu'il frappa sur la coque du bâtiment. Un microphone devant lui permettre de percevoir la plus petit choc.

Nouvelle exploration

Vers 19 heures, une nouvelle plongée a été faite par le scaphandrier de V Artiglio en vue de reconnaître l'épave du Prométhée. L'homme s'est enfoncé dans l'eau, a longuement tâtonné, a fait signe que le courant le gênait beaucoup puis, ne pouvant vaincre les difficultés qui s'opposaient à sa mission, il a -regagné ii ^urfaca sans avoir pu faire d'observations Intéressantes.

Le scaphandrier s'est plaint de l'obscurité qui gênait ses recherchas. Il a ajouté qu'il n'était pas possible de tenir dans le courant très fort & ce moment.

L'Artiglio a regagné Cherbourg et reprendra demain sa mission, probablement entre 8 et 9 heures du matin. L'espoir de retrouver l'équipage sain et sauf était à jamais perdu même des marins vivants dans le cercueil d'acier par 75 mètres de fond, n'auraient rien pu attendre d'un secours d'hommes impatients munis d'un matériel inefficace.

Dans les milieux maritimes, on, ne garde qu'un bien faible espoir sur'le succès de l'opération de renflouement. Une explication de l'accident Une personnalité maritime donne l'explication suivante de l'accident Dans les sous-marins qui effectuent leurs essais à la surface, les vannes de remplissage des ballasts sont ouvertes les purges sont, bien entendu, fermées. Les vannes de remplissage sont situées au-dessous des ballasts et les purges-audessus.

La pression de l'air sur les parois des ballasts est équilibrée par l'air comprimé. Si l'on ouvre les purges, l'air comprimé s'échappe et les ballasts se remplissent c'est l'opération que l'on fait pour la plongée.

Il est possible que les purges aient été ouvertes accidentellement ou par suite d'une faute de manoeuvre. Le bateau s'est mis presque instantanément en position d'immersion, et, quand l'eau a atteint « très vite » la « baignoire » du kiosque, une véritable trombe a pénétré à l'intérieur toutes les portes de communication descompartiments étariches étant ouvertes, le bateau s'est rempli en quelques secondes et il a sombre.

Cette version de l'accident est conforme aux déclarations faite par -les rescapés du Prométhée, qui ont entendu, au moment de l'immersion du navire, le sifflement fait par l'air en s'échappant par les purges.

Cités à F ordre du jour

Le vice-amiral Le Do, préfet maritime, cite à l'ordre du jour les matelots Antonio Kermoal et Bourre qut-, se trouvant sur la passerelle du Pro' méthée au moment où se produisit l'accident, eurent le courage de descendre dans un compartiment que l'eau envahissait, afin de fermer le panneau de ce compartiment, comme l'ordre leur en était donné par l'enseigne de vaisseau Bienvenu.

On rend hommage au magnifique courage avec lequel l'enseigne de vaisseau Bienvenu a, pendant la longue heure où les naufragés durent attendre la venue du petit bateau sauveteur Yette Il, encouragé ses compagnons.

Les communiqués

du ministre de la Marine Le ministère de la Marine a fait hier les communiqués suivants

1" Les moyens de sauvetage les plus puissants qu'il a été possible de rassembler sont concentrés au-dessus de l'épave du Prométhée. Le Jules-Veme et l'Ariane ont apporté sur les lieux les tuyautages nécessaires à l'envol d'air comprimé au sous-marin coulé. De»