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Après 1 e s hostilités a i n o japonaises iiiiMiiiHiMiiMiiiitiHitHiHMiiiiniiii|iiiiiiiiHiimiiiijiiiiii|iiimiiimmiiitiiifiiimiiHMiim UNE VISITE AUX RUINES DE CHAPEI ET DE KIAN^ANG

Changhaï, 4 mars (via Northern.) DB NOTEE ENVOYÉ SPÉCIAL

Hier, l'honorable fonctionnaire japonais qui, chaque soir, dans sa chambre du Cathay hotel, commuaiquait à la presse le récit des opérations de la journée, avait le sourire. Oh un sourire d'une parfaite discrétion, mais tout de même assez éloquent. Le matin, le canon avait encore grondé du côté de Wousong, où se cramponnaient quelques détachements chinois. On ne l'entendra plus. Le drapeau blanc à soleil rouge flotte maintenant sur les ruines des forts qui résistèrent si vaillamment. D'un doigt satisfait, notre informateur indiqua sur la carte les! positions des armées en retraite à plus de vingt kilomètres de la ville et exprima congrument sa sympathie pour les morts et les blessés ennemis. Il annonça ensuite qu'il aurait le regret de ne plus nous voir, puisqu'il ne restait plus rien à dire, et nous fit aimablement les honneurs d'une table où, pour la première fois, étaient alignés verres et bouteilles de liqueur et de whisky. Les choses se passèrent admirablement. Il ne fut pas question de Victoire ni de défaite. On but simplement à la fin des hostilités. Tout eût été parfait si, du même coup, nous avions appris la date du départ des troupes japonaises. Mais cette question indiscrète n'obtint que la plus vague des réponses. .rai donc pu revoir Chapeï, que j'avais connu au début des hostilités, dans le sifflement des balles chinoises et le tactac des mitrailleuses japonaises.

Pauvre Chapeï Il est désert, Silencieux. Il est mort. Des kilomètres, de ruines fumantes, des maisons dont coulent les entrailles de pierre, de grands bâtiments dont n'apparaît que le squelette de fer. Parfois, plus triste encore, appa-

Les ruines de la gare du Nord de Changhaï raît une façade aux fenêtres aveugles à côté d'un enchevêtrement de poutres et de briques et, là-bas, soudain, une flamme qui jaillit et brille entre les crevasses d'un mur. On marche sur des tapis d'éclats de vitres et il faut éviter les bombes et les grenades qui gisent çà et là. Partout une âcre odeur de roussi sous laquelle se glisse la sournoise et douçeâtre odeur des cadavres. Combien y en a-t-il encore sous ces décombres ?

Sur la chaussée semée de trous d'obus tanguent les autos à fanion des officiers japonais, les cyclistes militaires affairés, les camions dont l'un porte un chargement dE morts dont les pieds dépassent sous la toile blanche qui les recouvre. Quelques maisons ont échappé aux bombes et à l'incendie, mais la plupart montrent par les portes enfoncées un amas de meubles brisés ou de marchandises souillées. J'aperçois une humble boutique de sucreries dont' les bocaux brisés répandent dans la poussière des bonbons anglais et des boules de gomme. Devant la façade ist amoncelée une litière de gros sous, toute la fortune sans doute des pauvres gens qui se sont enfuis. Des chiens mai- gres errent par troupes en flairant. Il faut les éviter. "ar la rage est fréquente à Changhaï. Tout à coup d'une lucarne à ras de terre jaillit' une boule soyeuse, un chat minus- cule qui s'étire et fait le gros dos au soleil en clignant des yeux avec jouissance. Au-dessur de lui, sur la façade d'un cinéma en ruines, rayonnent, au centre d'une affiche miraculeusement épargnée, le sou- rire et les cheveux blonds d'un étoile de l'écran.

Ce qui fut la gare du Nord Nous voici dans les ruines de. cette gare du Nord où les tre oesj chinoises ont si longtemps tenu. Au pied d'un train broyé est étendu un corps revêtu de la livrée bleue des coolies. Un peu plus loin, l'entrée d'un garage, gisent encore deux soldats chinois qui se sont traînés pour mourir à l'abri des autos mutilées. L'un d'eux, tout ieune. le visage couleur de bronze vert, renversé dans ses grands chewux » noirs, semble contempler le ciel de ses yeux pleins de surprise et d'effroi.

Derrière la gare, tout un quar- tier paraît avoir peu souffert. C'est j un enchevêtrement de rues, de rue'

les, d'impasses coupées d'imnombrables barricades de sacs de sable et de fils de fer barbelés et dont chaque maison à portail de fer a été transformée en forteresse. Posi- tion presque imprenable et qui aurait coûté aux Japonais quantité d'hommes s'il avait fallu l'enlever. Les habitants qui y étaient restés terrés pendant la tourmente mettent le nez dehors. D'autres, munis de laissez-passer, viennent constater les dégâts. Des femmes transportent des ballots de couvertures et de linge. Un vieux saute de joie et, secouant son trousseau de clefs, nous montre sa bicoque intacte. Une bonne femme, au contraire, passe les yeux pleins de larmes en serrant contre son cœur une marmite de fer rouillé. Des gamins jouent à saute-mouton sur les sacs de sable. La vie commence à s'éveilMais je voulais voir Kianwang, le village à quelques kilomètres de Changhai où se décida le sort de la bataille. Il fait très beau. Un vrai temps de printemps, clair et tiède. A la sortie de la ville, nous nous heurtons à un barrage de marine japonais qui vont prendre les ôrdrep d'un officier.

Impossible! fait celuÏHîi. Dais deux ou trois jours.

Il faut faire demi-tour. Mais le chauffeur est avisé. Par des voies détournées, il nous amène biemôt sur la bonne route. Est-ce vraiment l'armistice ? Des camions pleins de soldats, de munitions, de caisses de vivres, de bidons d'essence ne cessent de rouler vers le front. On traverse d'abord une banlieue de bicoques et de jardins maraîcher?, puis voici le champ de courses qui fut pris et repris l'autre jour. Il ne reste plus sur la pelouse .qu'une quinzaine de chevaux morts et gonflés, ces petits poneys trapus, à longue crinière, comme on en'voit dans des tableaux chinois. Nous longeons ensuite deux universités en ruine. Dans l'une, la statue en bronze du fondateur, un grave personnage en redingote, règne seule sur les décombres. Devant ce qui fut la porte se promène désœuvré et attristé un des professeurs, un giand Américain blond. D'un geste navré, il nous montre une jolie villa effondrée.

Ma maison fait-il.

Etiez vous assuré ? demandons-nous.

Pas contre les risques de guerre.

Mais puisque la guerre n'a jamais été déclarée ?

Il hoche la tête, sourit mélancoliquement.

Ce sont surtout mes livres, mes notes, le travail -de toute ma vie que je regrette, soupire-t-il.

Encore une gare en morceaux, une charmante petite gare opéracomique, pareille à un chalet suisse et un petit train-joujou criblé de milliers de. balles.

On s'est battu ferme dans ce coinlà.

Protégée par la rivière en face, les tranchées profondes, bien' arménagées, semblent avoir été quittées il y a un instant. Elles sont tapissées dé nattes ou de chaudes couvertures. Dans l'une, un sac laisse couler du riz près d'un petit fourneau à charbon de bois et la marmite attend, entourée de tasses en fragile porcelaine à fleurs.

Encore quelques kilomètres, et

LA CONCLUSION D'UN ARMISTICE SE HEURTE A DES DIFFICULTÉS,

Changhaï, 4 mars.

DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER La situation, hier éclaircie, s'est compliquée de nouveau aujourd'hui. Tout d'abord, les discussions à bord du Kent n'ont eu aucune influence sur la bataille de Changhaï, qui s'est achevée par la retraite des troupes de Tsaï Ting Kaï épuisées, qui avaient été délogées de leur principale ligne de défense et qui étaient menacées d'être prises à revers par.la 11* division nippone.

Les Japonais annonçaient hier que les hostilités cesseraient et Tsaï Ting Kaï en disait autant. Cependant, les Chinois sont restés accrochés derrière Nanziang, qui n'est qu'à 15 kilomètres de Changhaï, et deux régiments chinois chassés de Wousong sont allés s'installer dans la région de Liuho, c'est-à-dire derrière la division nippone.

Dès avant-hier, la faction canto-

c'esfe enfin Kianwang, un grand vil- lage; de 10.000 habitants, dans, un paysage, sans pittoresque, mais assez riant. De gracieuses maisons entourées de jardins sont, semées au milieu des champs. Quelquesunes, du moins, subsistent intactes. Les autres, gisent écrasées ou bien brûlent encore. Où sont' les tranchées chinoises ? Là-bas .sùr-"la hauteur, nous indiquent des. soldats, qui déchargent des camions.

Elles étaient fort bien placées, dominant toute là plaine jusqu'à dhanghaï. Elles tinrent tenacement dé longs jours contre l'effort enragé de la formidable artillerie japonaise et, quand elles durent céder, c'est la retraite qui com- mença. Tout autour, le, sol est creusé d'énormes cratères, de crevasses remplies d'eau. On croirait à un paysage, lunaire.

Attention aux grenades:! me crie-t-on dé loin, tandis que je grimpe.

C'est qu il y en a partout. H y a aussi des fusils, des cartouches, dés bandes de mitrailleuses.

Mais que font mes compagnons? Arrivés. au faits.. avant. moi,. il$ se penchent tranchées, silen- cieux, immobiles. Je le» rejoins. Je me pencfyft^jyaon tour et n'aperçois d'abord qjwra^r ta* de couvertures on de vêtements. -Et, tout à coup* je vois cette sombre nuque- inelinée, ce poing qui se tend crispé, ce visage enfoui sous la casquette, cire, brune peinte de sang figé, ce pied raidi. Mon Dieu, ce sont des morts Les tranchées, d'un bout à l'autre, sont pleines dé morts Tordus, tassés, recroquevillés, ils semMent déjà faire partie de la terre qui, bientôt, les recouvrira. La bouche sèche, lë, cœur serré, je détourne les yeux vers ce tertre, là-bas, que couronne un bouquet d'arbres. Tiens Quels sont les longs objets kaki proprement alignés et entassés comme des allumettes dans une boîte ? Est-ce possible Mais oui. Ils ont beau être lavés, brossés, les membres allongés avec décence pour le grand repos, ce sont tout de même des morts, ces pauvres Japonais, morts comme leurs malheureux frères chinois, entassés là-bas, dans la tranchée. Faut-il tant s'en étonner ? C'est la guerre. Mais comment le vent peut-il être si léger, le ciel si clair, le soleil si rosé au bord de l'horizon ? Pendant le voyage de retour, nous nous taisons. Malgré ce voisinage de la mort, qu'ils août gais, ces! jeunes soldats, japonais qui campent dans les fermes encore debout Comme leurs figures joufflues ont de bonnes couleurs d'abricot De nouveaux arrivés, sans doute Les uns lavent à grande eau leur buste couleur, pain d'épice d'autres fu- ment ou bavardent. En voici un qui contemple comme un trésor un réveille-matin de bazar conquis! dans les tranchées. Tous nous) adressent de joyeux sourires, de gamins. Pas un Chinois sur la route, ¡pais des civils japonais qui reviennent en boitillant, rapportant En passant à travers le village sur lequel tombe la nuit, des balles claquent à nos oreilles. Quelque, franc-tireur chinois caché par là, sans doute et qui ne comprend pas que c'est la paix.

Mais, est-ce bien la paix ? Andrée VIGLLIS.

naise du comité central exécutif a lancé de violentes 'accusations contre Tchang Kai Chek et le gouvernement central, les accusant de n'avoir pas envoyé de renforts suffisants à l'armée combattant autour de Changhaï. Il s'agit toujours de ces rivalités de cli- ques qui ont empêché, à plusieurs reprises, de régler le conflit et qui menacent de le prolonger encore et; de l'aggraver, le gouvernement étant, trop faible pour imposer sa volonté quand il s'agit de politique extérieure. Ces critiques continuent, de -plus en plus violentés. des Affaires étrangères a fait savoir à l'amira! Kelly que les conditions exigées par les Japonais pour la cessa- tion des hostilités étaient inaccep- Georges MGRBSTHE

La Chambre poursuit avec la même célérité Elle a adopté hier, les crédits de l'Imprimerie nationale, de l'air, des' poudres, de l'enseignement teehniqué et des beaux arts Un bref débat a eu lieu à propos de la suppression du ministère de l'Air

Le débat budgétaire continue à aller vite au Palais-Bourbon, de plus en plus vite, tellement vite même qu'ayant dépassé l'horaire prévu, il s'est arrêté brusquement hier soir, à 18 heures, pour ne reprendre que ce matin. En deux séances, la Chambre avait eu le temps de voter cinq budgets: Imprimerie nationale, air, service. dae poudres, enseignement technique, beauxarts. Il avait, du reste, été entendu avec M. Baréty-M. Fernand Bouisson l'a rappelé pour répondre à une intervention de M. Amiàieu du-Clos que l'on discuterait à l'aide du rapport général, au cas où les rapports spéciaux ne seraient pas distribués en temps voulu.

D'après les Impressions que nous j avons recueillies, il serait possible d'en finir avec les dépenses dans la nuit de mardi à mercredi, exception faite des chapitres réservés ou renvoyés, que la commission des finances examinera mercredi. La toi de finances serait votée, ainsi que ces derniers, jeudi et vendredi, 'si bien que le: tout pourrait être adressé au Sénat le samedi 12 mars..

'(La suite la deuxième pgge,).Poar que les élections aient lieu les 24 avril et 1" mai

Le groupe des républicains de gauche; réuni hier matin à la Chambre, achargé son président, M. Puech, de communiquer à. M. -André Tardieu le texte d'un ordre du jour voté, exprimant le vœu que les élections législatives aient: lieu le-24 avril et, en -cas de second tour, le 1" mai.

M: 'Pùèch a été reçu-dans la ,soirée par M. Tardieu.

Le président du Conseil lui a déclaré qu'il' ne pouvait que répéter ce .qu'il avait déjà dit, à savoir -qu'il ne se désintéressait naturellement pas des élections prochaines et que' la -date de celles-ci, essentiellement d'initiative gouvernementale, serait fixés en tempe utile; après ̃ le vote du budget. M. Tardieu a ajouté qu'il se propo-:sait, après les vacances de Pâques, de prononcer, suivant la.tradition, un discours-programme.

Ajoutons qu'au cours de la réunion tenue par tes républicains de gauche une discussion avait. eu liêu sur la réforme électorale le groupe s'était montré en majorité favorable au contre- projet de M. Maitiiel, sur la suppression du second tour.

L'audàçseux enlèvement du fils de Lindbergh Tiendrait-on un des coupable» ? Long-Branch' (New-Jersey), 4 mars (dép. Bavas.) La police a arrêté un individu qui a reconnu avoir téléphoné Un message au

Un réeent portrait de Lindbergh

colonel Lindbergh. Il a refusé de donner toutes autres explications.

AUTRES ARRESTATIONS

Londres, 4 mars (dép. Havas.)

Le correspondant du Daily Express à New-York annonce que la police a arrêté encore quatre personnes. La reprise de la, livre sterling Accentuant son mouvement de reprise, la livre sterling a dépassé hier le cours de 89 francs et a terminé à 89 fr. 04.

UNE CEREMONIE FRANCO -BRITANNIQUE A L'ELYSEE

Au centre du cliché lord ̃ TyTrell et M. DobnQer à droite M. Beëq'de ronqolère»

UN DRAME

A MARSEILLE AU CONSULAT DE TURQUIE Marseille, 4 mars (dép. Petit Paris.) Le consul- général de Turquie,1 Server Djemal bey, a été tué, vers midi 15, de plusieurs balles de revolver par un de ses employés, le planton Osman, dans la villa ou se trouve installé le consulat, avenue du Prado. La sanglante tragédie s'est déroulée en une minute. La famille du consul, qui se trouvait réunie dans les appartements du premier étage, entendit deux appels au secours faisant suite à plusieurs coups de revolver. Elle accourut, mais déjà la mort avait fait- son oeuvre.

Le consul général gisait à terre, éclaboussé de sang; sa tête reposait sur la première marche de l'escalier conduisant aux appartements. Dans le bureau particulier du consul gisait le meurtrier qui, son crime accompli, s'était suicidé. Deux revoirvers étaient auprès de lui et'il portait autour .de* son corps un ceinturon dont les étuis de cuir étaient remplis de cartouchee. Il avait pris ses précau- tions pour ne pas manquer de munitions.

L'examen des lieux et des blessures a permis au procureur de- la République et au chef- de la sûreté, qui s'étaient rendus sur les lieux, de re·,constituer le drame. Les plantons demeurent habituellement, à l'heure de midi, dans les bureaux du consul, mais aujourd'hui les camarades d'Osman n'étaient pas là.

Profitant de cette circonstance, Osman s'est présenté devant le consul qui se trouvait'seul dans son bureau et a engagé avec lui une discussion. Osman, qui se plaignait d'être malade depuis plusieurs mois, voulait être rapatrié en Turquie, et ce n'était pas la première fois qu'il s'adressait-pour cela au consul. Cette discussion dut être très brève. Un premier coup de revolver claqua, qui atteignit le consul au poignet droit; une courte lutte s'ensuivit dont témoignent le désordre du bureau et les traces de sang que l'on suit sur la tapisserie jusqu'à la porte s'ouvrant sur l'antichambre. '(La suite la troisième pügeJ- POUR ET CONTRE J'ai un peu honte de parler ençore ici du beurre, du simple beurre normand. charentais. breton, lorrain, berrichon ou angevin, tandis qu'à Genève la Société des nations délibère. Je traite là, je le sais bien. une sujet sans gloire et-1 saris éloquence. Mais je suis. autorisé a penser que la question du beurre intéresse beaucoup de Français, producteurs ou consomdante et serrée sur cette question méaagère mais nationale.

J'ai félicité, des crémiers qui ont su protester courageusement contre la hausse inconsidérée du prix du beurre. Je les félicite encore, et pour des raisons que j'ai exposées déjà. Si les 'commerçants comprennent tous que leur intérêt et leur devoir est de lutter, eux les premiers, contre la vie chère, ils verront bientôt luire des jours meilleurs. La vie chère. en effets, c'est la mort de l'acheteur. Et la mort de l'acheteur ne peut qu'entraîner la mort du commerçant.

Mais des producteurs de beurre qui ne font pas précisément leur beurre ont répondu à mon article. Ils sont d'accord avec les crémiers pour trouver que le prix du beurre aux Halles de Paris et dans nos grandes villes est tout à fait exagéré, tout à fait inexplicable, surtout en ce temps de restrictions imposées Seulement, si le beurre est trop cher, ce n'est pas leur faute et ils veulent qu'on le sache. En effet. ils ne vendent pas le beurre plus cher que l'an passé. Ils le vendent moins cher. La hausse, qui est une fois de plus un mystère un de ces mystères qu'il serait sans doute assez facile de percer se fait clandestine-'ment, tandis que le beurre voyage. Il, part de la ferme pour la ville. Il part animé des meilleures intentions il est raisonnable et bon marché. Il arrive aux Halles et le voilà hors de prix. C'est en cours- de route qu'il prend la folie des grandeurs. Des producteurs vendent actuellement quatorze francs le kilo le beurre coté quatorze francs la livre aux Halles Des producteurs vendent leur lait à l'heure actuelle onze sous le litre, ni plus ni moins. L'an passé, à la même époque, le lait leur était payé dix-neuf sous le' titre- Mais le meilleur beurre n'était alors coté, aux Halles que vingt-quatre francs le kilo. Comprenne qui pour»!

C'est pourquoi, si les consommateurs se plaignent, les producteurs n'expriment pas de moins vives doléances les vendeurs aussi les crémiers gémissent. Il y a donc, quelque part, de méchants profiteurs qui trouvent le moyen de dépouiller à la fois les producteurs, les consommateurs et les marchands..On pourrait peut-être s'occuper un peu de ces resquilleurs. Maurice Prax.

L'agent Louis Richard répond devant le jury du meurtre de M. Debrie

Louis Richard

lie gardien de la paix Louis Richard, accusé d'un meurtre, comparaiseait hier devant le juryete la Seine. Ce n'est pas au cours de son ser^vice, .comme parfois il arrive, que cet agent a tué ü s'agit cette fois d'une affaire dite passionnelle. Et ce procès n'en deviendra que plus pathétique blessé de guerre, F accusé était considéré comme un homme courageux, sérieux, dévoué. Sa victime, Au-' guste Debrie, restaurateur, était établie, 33, rue des Petits-Ponts, à Pantin, dans l'immeuble même dont Mme Richard était concierge. Les,deux hommes s'estimaient.

Mais le 16 août, dernier, une querelle éclatait entre eux sans raison apparente dans le débit Debrie.

L'agent Richard, rencontrant, devant le comptoir, son collègue Olivry et un voisin, M. Porcheron, s'en prit ce dernier, en qui il voyait un rival. Ce fut presque instantanément un violent corps à corps. M. Debrie, étonné, sépara'les adversaires.

Deux joùrs' plus tard, l'agent lui exposait les motifs de sa jalousie, ses soupçons, ajoutant que Porcheron aurait également fait la cour Mme Debrie. Le restaurateur, stupé-.fait, mena une petite enquête et, vite rassuré; voulut des, explications. Une première entrevue, le matin du 19 août; resta sans résultat. Le soir, M. Debrie, qui avait'rédigé une plainte en (fiifamâtiôn, hésitait encore à l'envoyer. Il se décida, pour en finir, à retourner chez Richard, espérant obtedes excuses qui mettraient fin cet meident. Sï&is que » passa-Ml alors ?

J'ai vu 'Débité briser à coups de pied la vitre de la porte et entrer, furieux, commence -Richard. Il a porté la main à sa poche.»

Non, proteste le président, non, personne ne croit plus à cett2 menace. D'ailleurs, Debrie; homme jovial, était votre ami. Il désirait mettre un terme conciliant à ̃ cette sotte calomnie; et rien de plus. Il n'a jamais pensé à s'armer

L'accusé va néanmoins poursuivre son récit avec la même assuranceil n'hésite sur le choix d'aucun terme Debrie, poursuit-il, criait Je t'aurai Il faut que je -te tne » Une table nous séparait. II a voulu s'élancer sur mol, mais a trébuché sur un petit meuble. J'ai saisi mon revolver, et, lorsqu'il s'est relevé, je l'ai encore averti, ajoutant « Va-t'en Il a fait deux pas. Le coup est nartl J'ai vu Debrie se retourner, repasser la. porte et n'ai appris que de mes collègues, venus un plus tard m'arréter, qu'il était mort.

Tel est le récit de Richard qui, ue prime abord, parait invraisemblable. Mais tout de suite, le président va en démontrer l'inanité quelques témoins ont assisté à la scène et ils ont tous entendu, simultanément, le bruit de la vitre brisée et celui du coup de feu. Aucune parole n'a été échangée. Mais il y a plus. Une savate de Debrie a été retrouvée le lendemain dans la loge où se déroula le drame. De même quelques gouttes de sang avaient rougi le plancher. Ne s'agit-il pas là d'une mise eh scène posthume? Tout porte à le croire. Mol, se défend l'accusé, j'étais arrêté

On n'insiste pas. Mais M* JeanCharles Legrand,.conseil de la partie civile, pose de redoutables questions que l'accusé ne sait qu'éluder. Lorsque Mme Debrie, assise devant la barre, dépose, c'est pire encore

Je me tenais derrière mon mari, précise-t-elle. Il a frappé à la Vitre, qui s'est brisée. En même temps» le coup de feu est parti. Il est tombé dans le couloir.

Et comme elle se désole, l'avocat général Laronze s'écrie

Vous ne répondez pas a la question maintenez-vous votre version ? Oui.

Et le président de reprendre Allons, Richard, ayez le courage dé dire la vérité, ce serait plus digne. Je regrette beaucoup d'avoir tué mon ami, murmure l'agent.

Mais, cette fois, l'accusé blêmit, défaille. Il vient de fournir, sémbte-t-U, un immense effort qui l'a épuisé. Rien de ce qu'il affirme ne tient plus. Les plaidoiries et. le verdict sont renvoyés à aujourd'hui.

ËUg. QUINCHE.

DEMAIN 6 MARS deux grandes épreuves sportives orgaeisées avec le concours

du Petit Parisien »

A MAISONS-LAFFITTE

Le «National » de cross country

Tarit (Colombes), on Havre, | Montpellier et à Roabaix quarts de finale ;1 COUPE DE FRANCE DE FOOTBALL

Le crime d'Issy-les-Moulineaux L'ARMÉNÏÉnIÂRONIAN QUI TUA SON ONCLE A PERDU AUX COURSES LES 4.000 FRANCS VOLÉS Il joua encore à pile ou face s'il devait se constituer prisonnier on fuir Quand il fut arrêté, l'autre nuit, à Laroche, dans le rapide Paris-Yintimille où il voyageait sans billet, l'asaassin était porteur d'un journal relatant son crime et publiant son portrait et c'est ce qui le fit immédiatement identifier

Au cours de ses aveux, l'étranger a prétendu ne s'être que défendu contre sa victime

Joighy, 4 mars (de notre env. spéc.) Ainsi que le Petit Pariaien l'a annoncé ce matin dans ses dernières éditions, l'Arménien Kervoik Baronian, âgé de vingt-six ans, qui, mercredi après-midi, à Issy-les-Moulineaux, tuà a. coups de hachette son oncle, M. Molsi Bozolian, n'aura pas profité longtemps de son crime. Il était minuit 30, la nuit dernière, quand le maréchal des logis Damotte, chef de la brigade de Laroche, assisté du gendarme Logeat, appelé à la gare de Laroche par le chef de service, M. Duprilot, commençait d'interroger un voyageur qui avait été découvert par le surveillant dans le rapide 29 Paris-Vintimille, arrivant à Laroche à 23 heures, porteur d'un billet de Paris pour VilleneuveSaint-Georges, alors que le train ne prend de voyageurs de troisième classe qu'à destination de Chalon est au delà..

Le voyageur, assez bien vêtu d'un complet foncé, d'un pardessus gris

hier à son arrivr* à la f police juditSUJrç clair, coiffé d'un feutre- gris et chaussé de-* jaunes, manifestait une assez visible émotion, disant être mttoté par erreur, dans le train 29. Les gendarmes, remarquant 'ses réponses embarrassées, le soupçonnèrent tout d'abord d'être simplement en coàtravention avec les Ioi3 réglementant- le séjour des' étrangers ea France.

Si vous étiez un homme, lui dit le maréchal des logis, vous me montreriez votre portefeuille ou vos papiers. L'inconnu s'exécuta. II sortit de sa poche un titre de permission l'autorisant à visiter, à Ville-Evrard, un pensionnaire de l'établissement d'aliénés. Mais observa le brigadier, vota n'alliez pas à Ville-Evrard en prenant le train pour Villeneuve-Saint-George3. Le voyageur suspect tremblait de plus en plus fort.

Le journal accusateur

On trouva alors dans sa poche un journal du soir relatant le crime d'Issy-les-Moulineaux et publiant la photographie de l'assassin présumé. Tandis que le maréchal des Iqgis Damotte poursuivait l'interrogatoire, le gendarme Logeat parcourut le journal saisi sur le contrevenant »; il 1 remarqua alors qu'on avait assassiné 1 un ancien maçon à Issy et que les soupçons se portaient sur son neveu, un, jeune Arménien. Or parmi les papiers du voyageur se trouvait le récépissé d'une déclaration faite à la préfecture de police au nom de Kervoik Baronian, vingt-cinq ans, demeurant ia Issy-les-Moulineaux, 3, rue de Puteaux. La photographie que portait le journal ressemblait étrangement à l'individu.

Vous êtes l'assassin d'Issy-lee-Moulinaux, lui dit brusquement le matéchal des logis.

Ben oui, reconnut sans plus de dit ficuRé le voyageur suspect.

Vous aviez un complice?

Non, j'ai agi seul.

Ces aveux furent recueillis à 1 heure du matin en présence du personnel de la gare de Laroche. Baronian fut alors conduit à la gendarmerie, où l'interrogatoire continua.

Minutieusement fouillé, Baronian j avait été trouvé porteur d'une. somme de 127 francs,

Je ne me croyais pas si riche, fitil si j'avais su que j'avais tant d'argent, j'aurais 'pris un billet pour itne destination plus lointaine.

Ce matin, vers 11 heures, Baronian fut transféré à la gendarmerie de Joigny.

L'assassin a quitté cette viHe à 15 h. 30, sous la conduite de M. M&ssu, secrétaire de la direction de la police judiciaire, et du brigadier chef Holtzer, venu de Paris pour prendre livraison du prisonnier et le ramener en automobile à Paris.

Raymond de NYS.

LES CONFIDENCES

DE L'ASSASSIN

Baronian, qui parle six langua, pense que le jury l'absoudra pour lui permettre de s'engager à la Légion étrangère

Il était 18 h. 30, hier, quand Kervoik Baronian, menottes aux mains, encadré de ses deux anges gar-