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LES JAPONAIS ONT BOMBARDE NANKIN A Changhai, par suite de l'armistice prolongé pour trois jours, la fusillade s'est quelque peu ralentie

LES CHINOIS

MANQUENT DE MUNITIONS LES JAPONAIS

ATTENDENT DES EFFECTIFS Les concessions sont envahies par des centaines de milliers de réfugiés

Changhaï, 1" février (via Eastern.) DE NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER L'armistice sino-nippon à Changhai, prolongé dimanche soir pour trois jours sur les instances des consuls d'Angleterre et d'Amérique et du conseil municipal de la concession internationale seule concession qui ait eu à subir les empiètements du fait des opérations mili- taires a été enfin respecté assez sérieusement aujourd'hui. Aucune sortie n'a été tentée dans la nuit ou la journée par les Chinois ou tes Nippons. La fusillade se ralentit et les Chinois ont cessé d'asperger le quartier japonais avec des mortiers de tranchée.

Les « plain clothes » eux-mêmes, c'est-à-dire les francs-tireurs embusqués dans les mansardes et sur les toits, ont montré moins d'activité que de coutume dans le secteur nord de la concession internationale où patrouillent les Japonais. Cette amélioration n'est toutefois que temporaire.

En effet, malgré tous leurs efforts, les médiateurs ne purent obtenir la création d'une zone neutre entre les deux parties adverses, ce qui eût augmenté réellement les chances de paix. Or il ne semble pas que Chinois et Nippons soient, pour le moment, enclins à céder. En partant pour Loyang, à deux jours de chemin de fer de Nankin, dans le fin fond du Honan, les chefs du nouveau gouvernement chinois, Ouang Chin Ouei et Tchang Kai Chek, et leurs nouveaux amis, Fen Yu Siang et Li Tchi Sen, ont parlé de résistance à outrance.

Il est vrai que, en même temps, le porte-parole officiel du gouvernement annonçait qu'il n'était pas question de déclarer la guerre au Japon. D'ailleurs, le sort de la bataille engagée autour des concessions de Changhai se réglera sans que le gouvernement de Loyan§rait beaucoup à intervenir';

Les effectifs en présence

C'est le commandant de l'armée chinoise occupant le secteur de Changhai qui combattra ou traitera selon les moyens qui seront mis à sa disposition et selon les forces nippones qui lui seront opposées.

Actuellement, les Chinois ont une très grande supériorité numérique. L'armée chinoise autour de Changhaï compte 30.000 hommes, tandis que le corps de fusiliers marins nippons débarqué ne dépasse pas cinq mille hommes. Mais les Chinois, malgré l'excellent moral que leur a donné leur succès de la nuit de jeudi à vendredi où, avec l'aide des « plain elothes », ils ont fait échouer la manœuvre japonaise, n'ont pas fait de difficultés pour prolonger l'armistice parce qu'ils manquent de munitions. Depuis quatre jours, l'arsenal de Longhoua, situé à huit kilomètres au nord de Changhai, travaille nuit et jour à la fabrication de cartouches, de fusils et de mitrailleuses les Japonais ont souscrit sans répugnance aux propositions des médiateurs, car ils attendent des renforts, leurs

M. Edwin Cumingham,

consul général des Etats-Unis à Changhai effectifs actuels étant trop faibles, d'autant plus qu'ils sont obligés d'en détacher une partie importante dans le quartier de Hongkiou et dans les rues prolongeant la concession internationale pour lutter contre les « plain clothes ».

Déjà, on annonce l'arrivée imminente à Changhai d'une division japonaise, ce qui porterait les effectifs nippons au moins à quinze mille hommes. Il semble donc que la tranquillité dont jouit Changhai est bien précaire.

Des centaines de milliers

de réfugiés

Une animation extraordinaire a régnt toute la journée dans Changhai pu- suite de l'afflux formidable des réfugiés du quartier nord de la

Le bataillon du Llncolnshire défile Changhaï, Nankin Road

concession, situé au delà de la rivière de Soutchéou, que la guerre entre marins et « plain clothes » a rendu intenable. En outre, les habitants des agglomérations chinoises du « plus grand Changhaï » viennent chercher refuge dans les concessions, jugeant le territoire chinois peu sûr. Leur nombre peut être évalué à plusieurs centaines de mille ils continuent à arriver en rickshaw, en auto, avec leurs biens les plus précieux qui sont souvent de peu de valeur beaucoup suivent une brouette que roule un coolie et qui porte matelas, couvertures et hardes qui souvent constituent tout ce que possèdent les familles d'ouvriers. Ces réfugiés encombrent rues, trottoirs et chaussées au point que les autos circulent avec une extrême lenteur, ce qui provoque partout des embouteillages. L'afflux des réfugiés fut tel que les autorités de la concession française ont dû cloisonner la concession, c'est-à-dire fermer les rues donnant sur la concession internationale d'où provenait le flot, et laisser seu-

Le rapide Paris-Milan déraille près de Montereau LE CHAUFFEUR DU TRAIN EST TUÉ

LE MÉCANICIEN ET LE CONVOYEUR SONT GRIÈVEMENT BLESSÉS

La crise de la Compagnie Générale Transatlantique Une grande manifestation a eu lieu lundi après-midi à Saint-Nazaire. Elle groupait tous les ouvriers travaillant pour la Compagnie Générale Transatlantique, brusquement mis à pied parce que la Compagnie a fait savoir qu'elle ne pouvait plus assurer le paiement d'aucune commande, même de celles qui sont en cours d'exécution. Le gouvernement va être saisi aujourd'hui -nême du problème ministre de la Marine marchande et président du Conseil devront s'en occuper toute affaire cessante.

Il se trouve, en l'espèce, que ce recours est le seul qui soit ouvert aux chômeurs de Saint-Nazaire et de Penhoët car, depuis le mois de juillet, la Compagnie Générale Transatlantique, tout en gardant la forme et les apparences d'une société anonyme, es* passée non seulement sous le contrôle, mais sous la gestion de l'Etat. Après un vote de la Chambre l'y autorisant, l'Etat a tout ensemble mis la main sur les actions à vote plural, remplacé les administrateurs, constitué un comité de direction, assumé la charge de la trésorerie, commis des inspecteurs des finances à la surveillance étroite de toute la vie sociale, industrielle et commerciale de l'entreprise.

Les choses pouvaient marcher ainsi à la condition que l'Etat flt toutes les avances de fonds nécessaires. La Chambre l'admettait. La commission sénatoriale des finances a été d'un avis opposé récemment, elle a fixé comme le maximum des avances autorisées le chiffre de 50 millions. C'était acculer l'exploitation actuelle à l'impossibilité de vivre c'était rendre inévitablA pour la Compagnie Générale Transatlantique le dépôt de son bilan.

En effet, dans le moment présent, après la main-mise de l'Etat telle qu'elle s'est affirmée depuis six mois, il n'y a plus qu'un responsable de la gestion c'est l'Etat. Suivant l'adage fameux qui s'applique quotidiennement dans l'industrie c Il commande, donc il paye. >

Joseph DENAIS

député de Parla.

(La suite à la deuxième page.).

lement quelques passages ouverts. Comme les jours précédents, les Chinois s'embarquèrent par milliers dans des vapeurs allant à Ningpo, à Nankin ou dans les ports du Yang-Tsé les bateaux partaient pleins à couler et les passagers étaient tellement entassés qu'il leur fallut une heure pour aller d'un étage à l'autre du navire.

Au sud de Changhai, le service ayant repris sur la voie ferrée allant à Hang-Tchéou, les trains étaient pris d'assaut et bondés d'une façon qu'un Occidental ne peut imaginer.

Dans la concession française, la foule chinoise regardait avec satisfaction circuler les autos blindées de la police. Les soldats ayant placé quelques tanks aux carrefours importants faisant face à la cité chinoise, la foule faisait cercle autour, à distance respectueuse, manifestant une vive approbation des mesures prises par le colonel Marcaire. G. MORESTHE

(La suite d la troisième page.)

La conférence

du désarmement s'ouvre aujourd'hui Les délégués de soixante et un Etats sont arrivés à Genève pour y prenûrt part

Genève, 1" février.

M NOTES ENVOY* SPÉCIAL

Le grand jour est arrivé. La conférence générale de limitation et de réduction des armements, dont on n'a, pendant tant d'années, envisagé la réunion que pour un avenir lointain et incertain, va, dana quelques heures, effectuer son ouverture. Pour la première fois dans l'histoire du monde, toutes les nations du globe de l'Europe comme de l'Asie, de l'Afrique comme de l'Amérique vont, à quelques très rares exceptions près, se trouver représentées .dans la même enceinte et leurs délégués s'efforcer on l'espère du moins avec la même ardeur, avec la même conscience de leurs responsabilités, avec le même désir de succès de résoudre le même problème celui de l'établissement de la paix par le désarmement progressif

M. et H«« Hendorwn

sortent dn Palais de verre

des peuples. Tâche formidable qu'on n'accomplira évidemment pas d'un seul coup, qui nécessitera certaine- 1 ment d'autres conférences analogues, mais à laquelle néanmoins on devrait pouvoir, dès cette fois, donner un commencement de réalisation. Ce soir tous les hôtels de Genève sont archicombles et de la foule la plus hétéroclite. Sur les 64 Etats invités, 61 ont répondu à l'appel du secré- tariat de la S. D. N. Seules les trois petites républiques américaines de !'EXF>*teur, du Salvador et du Nica- ragua n'ont pas encore annoncé l'envoi d'une délégation. Nous exagérons donc à peine en disant que le monde entier est actuellement représenté ici. il ne F est pas seulement par ses présidents du Conseil, ses ministres, ses hommes politiques, ses diplomates, ses techniciens militaires navals, aériens, il l'est aussi par ses journalistes dont le nombre chiffre jamais encore atteint approche actuellement de 600.

Albert JULLIEN

(La suite la troisième page.)

Hier, la Banque d'Angleterre

a remboursé près de deux milliards à la Banque de France

On sait qu'en août dernier, la Banque de France avait consenti à la Banque d'Angleterre un crédit de 3.100 millions pour la défense dg la livre sterling. Un premier remboursement avait eu lieu le 1" novembre. Le solde, soit 1.860 millions de francs, a été remboursé hier.

Reginensi en difficulté dans le Hoggar Reginensi, Touge et Lénler, partis d'Istres. dans la nuit de samedi à dimanche, pour un raid France-Madagascar, ont éprouvé de sérieuses difficultés après avoir quitté In-Salah dimanche, à 14 h. 28, pour traverser le Sahara.

De différents messages émis par le radiotélégraphiste du Saint-Didier, il résulte que les aviateurs ont été obligés d'atterrir dans le désert par suite du manque d'essence et que cet atterrissage a eu lieu dans la région montagneuse du Hoggar, entre In-Salah et Tamanrasset.

Ce matin, trois avions militaires pilotés par les colonels Vuillemm et Weiss et le lieutenant Bernard quitteront l'aérodrome de la Maison-Blanche pour se rendre au secours de l'aviateur Reginensi et de ses compagnons, en panne dans le désert.

Il est fort probable que M. Poulain, directeur de l'Aéropostale à Alger, prendra également son vol demain matin emportant à son bord du matériel et du ravitaillement.

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Le crime de Neuilly-Plaisance L'ALGÉRIENÂiÊTÉ HIER EST-IL L'ASSASSIN DE irjELL ? )e graves présomptions pèsent sur lui La police tient-elle un des auteurs le l'assassinat de la rentière de «leuilly-Plaisance, Mme Hell ?

On ne saurait, pour l'instant, l'afflrner, bien qu'elle garde à vue un Arabe lont les antécédents sont fâcheux et ur lequel pèsent d'assez graves préiomptions.

Dès l'ouverture de l'enquête, MM. Batesti, commissaire à la première brigade mobile, et Jean, commissaire de a localité, s'étaient enquis de recher:her les individus douteux considérés lar eux comme suspects, et notamment m Algérien répondant à l'identité de •Cadri Messaoud ben Said, né en 1898, ippartenant au douar des Ouled Ali )en Nacer et habitant la commune i'Eulmas, dans le département de Sonstantine.

En France depuis la guerre, qu'il a !aite dans un régiment de tirailleurs, Sadri travaillait comme manœuvre lans les entreprises installées aux ilentours de Paris et depuis assez ongtemps comme carrier, au service le M. Lamarque, à Neuilly-Plaisance. Renvoyé faute de travail, il y a deux nois environ, par son employeur, Kairi s'était vu attribuer la carte de chômage. Depuis, il n'avait plus s retrouvé de travail. On le voyait donc jrrer à l'aventure dans Neuilly-Plaiiance, d'autant plus suspect qu'il avait su déjà affaire en justice.

Condamné pour vol en 1928 à trois mois de prison par le tribunal de Pontoise, son casier judiciaire s'ornait l'une peine à deux mois de prison pour coups et blessures que lui a infligée, il y a deux ans, le tribunal de la Seine. C'étaient là des antécédents fâcheux et le nature à justifier les soupçons des enquêteurs. Aussi bien fut-il convoqué au commissariat et interrogé.

Un mensonge accablant

Kadri, lors de sa comparution, portait un veston dont la manche gauche était parsemée de taches de sang, taches qu'on retrouvait également dans le dos du vêtement.

Quelles sont ces taches? questionnèrent les enquêteurs.

Elles y étaient quand on m'a vendu le vêtement, voici trois mois, répliqua l'Algérien.

Une vérification s'imposait. Convoqué devant les magistrats, le commerçant qui avait vendu le vêtement, et qui tient une boutique place de l'Eglise, certifla que le vêtement lui avait bien été acheté voici plus d'un an et qu'il l'avait vendu propre et non taché. L'Algérien était ainsi pris en flagrant délit de mensonge. A ce mensonge venait bientôt s'ajouter une présomption grave. Au cours d'une perquisition qu'ils pratiquèrent en effet au domicile de l'Algérien, 38, rue Pasteur, à Neuilly, les magistrats découvrirent sous le matelas les traces très nettes d'un coup de poing américain. Il ne pouvait pas y avoir d'erreur tant le dessin était exact.

Il convient de rapprocher cette constatation du fait que le docteur Derome, médecin légiste du parquet de Pontoise, quand il fit l'autopsie, assura que la blessure intéressant la région temporale gauche avait été faite par l'arête d'un instrument contondant.

Or, au cours d'une nouvelle inspection du pavillon, les policiers découvraient hier, dans la cave, un coup de poing américain, dont les dimensions s'appliquent exactement à celles de la trace relevée sur le matelas. D'autre part, dans la chambre où s'est produite la scène du meurtre, ils ont également trouvé un dictionnaire français-arabe, dont la provenance ne s'explique pas. Ce dictionnaire appartient-il aux assassins ? C'est probable.

Rapprochant les deux faits, les enquêteurs, considérant comme plus vraisemblable encore la culpabilité de Kadri, reprirent leur interrogatoire qui se poursuivit tard dans la soirée Contredisant ses premières déclarations, Kadri affirma qu'il n'avait jamais remarqué que son vêtement fût tâché de sang et, contrairement à ce qu'il avait d'abord allégué touchant le port du vêtement, aussitôt l'achat fait, il prétendit qu'ayant jusqu'alors un veston noir, il n'avait eu l'occasion d'arborer le veston suspect que depuis trois ou quatre jours.

Quelles raisons dictent les variations du prévenu ? L'enquête qui se poursuit permettra sans doute de les déterminer.

Indiquons enfin que les enquêteurs, renseignés par M. Courtin, purent éloigné de la victime, sont maintenant en

Kadri Messaoud

victime, Laure Lallouette, née le 21 mare 1861, à Piney (Aube). Elle avait épousé M. Hell, qui fut pendant la guerre conseitler municipal de NeuillyPlaisance.

M. Laval a reçu M. de Flenrian M. Pierre Laval, président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, a reçu hier matin M. de Fleuriau, ambassadeur de France à Londres. La question des réparations a principalement fait l'objet de leur conversation.

A LA CINQUIEME PAGE

LE RECEVEUR D'UN AUTOCAR ABATTU A COUPS DE REVOLVER

Un Italien est tue à Clîchy-sous-Bois

le sept coups de revolver, .a victime, dont on n'est pas sûr l'aroir établi l'identité, profeasait des ipinîons antifascistes et menait une vie mystérieuse

Giuliano Usubelll

Pontoise, 1" fév. (d. Petit Parisien.) La coquette localité de Clichy-sousBois, dans le canton du Ralncy, fut l'une de celles qui, dans cette région, virent pousser les lotissements avec une rapidité croissante. Ceux-ci sont, en grande partie, habités par des Italiens, dont la plupart travaillent à l'usine de ciment, plus connue dans la région sous le nom de la Fosse Mansua

Un de ces Italiens, attiré la nuit dernière dans un guet-apens, y a été victime, croit-on, d'une vengeance politique.

Il était 22 h. 30 quand un veilleur de nuit, M. Augustin Robinet, demeurant 18, allée Nouvelle, dans le quartier proche de la gare de Gargan, fut réveillé par une série de coups de revolver, puis par des cris de douleur.

M. Robinet sortit de son pavillon et trouva, grisant devant sa porte, un homme de lui inconnu qui, en italien, prononça quelques jurons et, finalement, expira, vomissant le sang à pleine bouche.

M. Robinet courut avertir les gendarmes de Gagny. Bientôt, M. Guizel, chef de brigade, commença son enquête. Dans les vêtements du défunt, on découvrit un récépissé de déclaration de carte d'identité délivré en 1929 par la commune d'Abrest, dans le département de l'Allier, au nom de Giuliano Usubelli, né le 18 juillet 1892 à Albino (Italie). Dans les poches, on ne trouva qu'une vingtaine de sous; quelques autres pièces de menue monnaie furent ramassées à l'endroit même où gisait le malheureux. (La suite Il la deuxième page.)

EST RETROUVÉE ERRANTE ET BLESSÉE OAILLEUL MÊME Au cours de aa fuite, elle s'était brisé une jambe, mais avait néanmoins en le courage de passer la frontière d'où elle était revenue en ville, n'ayant paa trouvé d'asile

L'évadée pleurait à chaudes larmes, criant sa rage contre les gens et lee choses, jurant qu'elle n'était pas folle, disant que, si elle était coupable, on devait la condamner, mais ne plus la garder dans une maison d'aliénés. Elle reçut peu après les soins du docteur Combemale, médecin chef de l'asile, qui constata son état de faiblesse, en faisant des réserves sur les complicaj tions qui pourraient s'ensuivre. Elle avait en sa possession plusieurs centaines de francs qui, sans doute, lui avaient été remis quelques jours auparavant par une visiteuse pour aider à sa fuite.

C'est en démolissant le battant de la fenêtre de sa chambre qu'elle s'était blessée à la main. Elle avait fait ensuite, en sautant sur le sol, une chute qui devait déterminer une fracture de la jambe droite. Malgré cela elle avait continué sa course et gagné la frontière belge au lieudit le Ravinberg, hameau mitoyen où elle se reposa longuement. Elle retourna ensuite à Bailleul pour y chercher un logement, mais avec l'intention de regagner la Belgique le lendemain en voiture.

Hier a commencé à Lyon le procès de trois bandits corses

De gauche a drotte Fratini, Santoni et Gabrielli

(Cliché transporté en avion de Lyon à Paris par les soins de la compagnie Air Union.)

Lyon, le, février (de notre env. spéc.) Dès l'exhortation aux jurés, pratique prévue par la loi mais tombée en désuétude et que le président Hauw croit devoir remettre en honneur pour la circonstance, le distingué magistrat recommanda de juger cette e affaire essentiellement corse comme si les faits s'étaient passés à 10 kilomètres de Lyon ».

Cependant, tout et cette exhortation même souligne fortement le caractère d'exception de ce procès. A peine est-il besoin de dire qu'une foule, filtrée par un robuste service d'ordre, s'étouffe passionnément dans la vieille salle tendue de soieries lyonnaises, longtemps avant que paraisse la cour, que M. l'avocat général Guetat vienne occuper le siège du ministère public et que le banc de la défense se garnisse de Me de MoroGiafferi, de M" Fabiani et Sansonetti, du barreau d'Ajaccio; Cumin et Baudiot. dé Lyon. Les défenseurs, si nombreux, feront confraternellement place à leurs adversaires M' Julien, avocat. et M' Gibert. avoué, oartie civile pour la vieille maman du pauvre Pedinielli, qui resta sur le sol devant la petite maison de Propriano. dominant la baie du même nom, au-dessous de Sartène, à l'ouest et au sud d'Ajaccio, indications qu'avec d'autres les jurés du Rhône pourront suivre sur des cartes établies pour la clarté des débats, suffisamment compliqués. On n'a pas encore introduit les trois accusés.

Mais déjà la curiosité s'éveille il t l'aspect des témoins. Iis sont au nomt bre de huit, vivantes images de leur il rude et belle petite patrie. Si petites! Si menues! Voici d'abord Rose Pedinielli et Paule Mondoli. Sous leurs châles noirs étroitement serrés, ces paysanes sans âge, aux mains noueuses, sont comme de minuscules idoles 1 rustiques. Voici maintenant les homu' mes Antoine Alfonsi. Antoine Mozzii- conacci, noueux, chauves et barbus, n vêtus d'habits de gros velours à double it rangée de boutons de métal; près d'eux. maigre prêtre au visage émacié. l'ahW Casanova qui lit son bréviaire; M. Natali, commissaire de police. Plus tard, R on amènera le farouche Paul-Joseph R Mozziconacci, détenu en raison d'une

l'EVADEE DE B1LEUL

Hazebrouck, 1" février (d. P. Paris.) Mme Leplat, qui s'était évadée de la maison de santé de Bailleul, ainsi que le Petit Parisien l'a relaté, a été retrouvée dans cette ville la nuit dernière, à 23 heures. Elle avait un péroné fracturé et des blessures au pied droit et à une main.

Le soir même de son évasion de l'asile de Bailleul, dimanche, Mme Leplat sonnait, à 20 h. 30, à la porte de M. Cappelaëre, huissier, rue d'Occident, qu'elle connaissait parce qu'il lui avait fait plusieurs significations de pièces. Elle venait lui demander asile pour la nuit. M. Cappelaëre refusa et Mme Leplat, qui paraissait exténuée et à bout de forces, continua sa route.

Bientôt alertées, des patrouilles mixtes de gendarmes et d'agents, et des internes de l'hôpital sillonnèrent les rues de la ville à sa recherche en dépit de l'obscurité. A 23 heures, le brigadier de police Léon Bollaert aperçut, rue du Collège, Mme Leplat marchant avec beaucoup de peine et l'arrêta.

Lors de son arrestation, elle portait encore des sandales dites « bains de mer »; son manteau était taché de la poussière rouge des briques, témoignant qu'elle s'était reposée dans de« maisons en construction sur la route de la Belgique. Ce dut être pour 1a fugitive un calvaire que cette route parcourue dans de pareilles conditions.

autre affaire. En vertu de son pouvoir discrétionnaire, le président, admet qu'on entende Joseph Mondolini qui n'a pas été cité.

Le président. Introduisez.

QueUe déception

On avait eu beau nous prévenir, l'attrait du romanesque demeure si puissant sur nos esprits qu'on s'obstinait à attendre des bandits qu'ils répondissent un peu à l'apparence légendaire du bandit. Qu'il faut donc déchanter Pour nous mieux désillusionner, Fratini, l'ainé de la bande il a tout juste trente ans a été jusqu'à faire tomber sous le rasoir la barbe qu'on lui voyait sur les clichés de l'identité judiciaire. Au moins offre-t-il un facies moyennement tourmenté. Les deux autres Santoni, vingt-sept ans, et Gabrielll, vingt-deux ans, ont l'air, dans leurs habits à prétention Bourgeoise, de tant de gars farauds à la fête de n'importe quel village de n'importe quelle province. Cette déception, ce sera le premier coup porté au funeste prestige du romantisme du maquis.

La défense, représentant que certains témoins seraient embarrassés de s'exprimer autrement que dans le dialecte de l'Ile de Beauté, un interprète corse est désigné, qui prête tout aussitôt son serment. C'est M. Paul.

L'acte de renvoi fait mention de cinq et non de trois accusés. Mais l'un, Amedeo Nieri, n'a pas encore laissé à la police ou à la garde mobile le plaisir de sa capture, et l'autre, c'est Bartoli lui-même, le grand bandit aucunement < d'honneur » dont Fratini, Santoni et Gabrielli étaient les lieutenants. ou les esclaves très obéissants, qui, depuis la rédaction de cet acte judiciaire, a été abattu dans des circonstances dramatiques dont on a da garder le souvenir.

Le président fait une sorte de tableau moral du trio proposé à la justice du jury lyonnais. On possède sur eux les plus mauvais renseignements. Ils étaient de ceux qui font peser sur le pays corse pai'la menace, l'extorsion et l'assassinat la plus odieuse tyrannie. Tous trois sont accusés d'extorsion et d'avoir volontairement donné la mort & Fedinielliet tent6 due