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Le Petit Parisien" en Chine LA COLERE GRONDE A NANKIN CONTRE LES JAPONAIS. ET AUSSI CONTRE TOUS LES ETRANGERS

Le palais des Congrès à Nankin

Nankin, 27 janvier.

DU NOTRE ENVOYÉE SPÉCIALE

Après trois semaines d'atermoiements, de piétinements incompréhensibles, de chassés-croisés et de démissions plus inexplicables encore, semaines pendant lesquelles le nouveau gouvernement, qui avait suscité tant d'espérances, semblait se décomposer avant d'avoir fait acte d'existence, tout à coup survint une grêle d'événements qui semblaient devoir le galvaniser attaque de cinq prêtres japonais, dont l'un mourut, par des ouvriers chinois, près d'une usine de la banlieue de Changhaï une expédition punitive d'une association de jeunes Japonais contre ladite usine, une bagarre au cours de laquelle sont tués un Japonais et un policier chinois, sans compter plusieurs blessés dans les deux camps les récriminations réciproques l'annonce que cinq vaisseaux de guerre japonais, dont un navire porte-avions, vont arriver à Changhaï.

Au même moment, Ouang Ching Ouei, le populaire leader de la gaughj^u Kuomintang, un des membres du'fameux triumvirat qui, jusqu'ici, n'avait donné nul signe de vie, quitte brusquement la clinique de Changhaï où il était en traitement et non pas pour une maladie diplomatique.

Accompagné du président du Conseil, M. Sun Fo, et de quelques autres personnalités, il se rend à Hang-Tchéou où, ayant quitté sa ville natale, se trouve l'invisible, muet, mais indispensable maréchal Tchang Kaï Chek. Entrevues, palabres. Et l'on apprend soudain que les trois hommes d'Etat sont de retour dans la capitale où de graves décisions vont être prises. Est-ce enfin un ministère d'union nationale ?

Ceci se passait samedi dernier. Je quitte moi-même la clinique, où j'étais confinée depuis près d'un mois, et pars pour Nankin. Sept! heures de chemin de fer. Dans monj wagon, à part quatre jeunes Anglais en culotte courte qui jouent aux cartes avec de grands rires explosifs, rien que des Chinois, assis face à face, dans des fauteuils de cuir» que sépare une petite table. Des' Chinois de tous types, depuis l'homme d'affaires cosmopoiite en costume européen, aux tempes d'ivoire jauni et aux besicles rondes. Mais, cette fois, tous sont silen- j cieux et soucieux. Des boys en robe de cotonnade bleue circulent, ver-j sant de l'eau chaude de leur bouil- j loire tantôt dans les gobelets, sur les tables, où les branches de thé vert flottent comme des algues. tantôt dans les crachoirs ripolinés' en rouge qui jalonnent le plancher et dont chaque voyageur se sert fré- quemment et copieusement.

A plusieurs reprises, un contrô- leur galonné d'argent vient poin- çonner les billets. Il est suivi de deux autres contrôleurs également galonnés et de trois soldats joufflus. Impressionnant cortège A chaque station, gardée par des détachements de soldats, le fusil sur l'épaule, montent des marchands de fruits, de sucreries polychromes, de joujoux en plâtre colorié, mais sur- tout des camelots vendant des jour-; naux chinois encore humides et dont les énormes caractères gras et noirs déteignent sur leurs mains jaunes. On achète beaucoup ces féuilles, on s'y plonge.

Mon vis-à-vis, surtout, jeune Chi- nois en robe de soie bleue et à lu- nettes d'écaillé, les dévore avec glou- tonnerie. Entre temps, il m'ignore avec affectation et dédie ses regards ironiques et la torsion méprisante de ses lèvres aux bruyantes explosions de joie des roses britanniques. A la dernière station avant Nan- kin, ses mains se crispent sur la feuille qu'il vient d'acheter ses traits expriment une si vive irritation que je me risque. Tant pis. Je lui demande en anglais quelles sont les nouvelles. Surpris et hostile, il me dévisage sans aménité, puis se décide à me répondre avec un fort accent yankee

Les nouvelles ? Le plus insolent ultimatum de l'amiral japonais Shiozawa qui est arrivé à Changhaî avec des navires de guerre. Cet homme,

me dit-il, demande non seulement des excuses pour les attaques contre les prêtres japonais et pour un article de je ne sais quel journal chinois qui aurait offensé la personne sacrée du mikado, mais il exige la suppression des ligues antijaponaises et du boycottage des produits japonais, sans quoi les forces militaires japonaises occuperont divers points stratégiques de Changhaî et la cité chinoise ellemême. Cinq cents marins armés et casqués ont déjà débarqué dans la ville et prennent partout des allures de conquérants.

Provocation évidente s'écrie mon jeune Chinois, insulte intolérable ou plutôt plan d'agression concerté pour lequel tout prétexte est bon. Quant à l'Europe, elle assiste à cette violation de territoire, à cette injustice, avec une indifférence non moins intolérable.

Et, sans transition, mon interlocuteur se lance dans une diatribe passionnée contre la Société des nations.

Une ligue des intérêts égoïstes des grands pays d'Occident. Nous nous sommes tournés vers elle avec confiance mais qu'a-t-elle fait au moment de la chute de King-Tchéou, que fera-t-elle aujourd'hui ? Elle n'a même pas su envoyer encore sa commission d' e n q u ê t e. Qu'elle vienne, maintenant, cette commission, elle sera bien reçue par l'opinion chinoise.

Yes with a feeling of disg1tst, ajoute-t-il entre ses dents.

Je sais, par expérience, que les Chinois parlent plus qu'ils n'agissent et déjà je m'y suis laissé prendre. Pourtant, quelle douleur, quelle indignation frémissent dans cette voix

J'essaie d'exposer avec calme quelques arguments. Inutile. Mon interlocuteur ne m'écoute plus. Et, à notre arrivée à Nankin, il me tourne brusquement le dos, sans un regard, sans un signe. Le lendemain matin, me voici au ministère des Affaires étrangères. Je cours par tout le grand bâtiment délabré, à travers les couloirs boueux et glacés, uniquement meublés de beaux crachoirs en porcelaine fleurie.

Andrée VIOLLIS

(La suife à la troisième page.)

Nous publierons demain la suite des articles sur

LE PAYS BRETON par Charles LE GOFFIC

de l'Académie française

LA SOUMISSION DU TAFILALETI

Un Haut la maison fortiflée de Belfcarem à Ricani. ( En bas la lecture aux populations indigènes des conditions de l'aman

La Banque de France se prononcera aujourd'hui sur le renouvellement de crédit à la Reichsbank' Le crédit de 25 millions de dollars sera vraisemblablement renouvelé, mais pour un mois seulement

Le conseil de régence de la Banque de France examinera vraisemblablement aujourd'hui la question du renouvellement du crédit de soutien accordé par notre institut d'émission à la Reichsbank et qui porte sur la somme de 25 millions de dollars. Ce crédit date de fin juin. II fait partie du crédit global de 100 millions consenti par la Banque de France, la Banque d'Angleterre, la Federal Re- serve Bank de New-York et la B. R. 1. Il a déjà été prorogé à deux reprises et arrive à échéance le 4 février. A Bâle, le 12 janvier dernier, M. Moret avait obtenu que la B. R. I. ne renouvelât son propre crédit à la Reichsbank également de 25 mil- lions de dollars que pour trois mois et sous condition de l'attitude qu'adopteraient les trois banques d'émission intéressées.

Le gouverneur de la Banque de France avait pris cette initiative en réponse aux déclarations négatives du chancelier Brüning sur les réparations. En même temps, il donnait à entendre que la Banque de France, à l'échéance, ne renouvellerait son crédit que pour un délai ne dépassant pas un mois.

Aucune bonne volonté allemande ne s'étant manifestée depuis, bien au contraire, il parait probable que le conseil de régence de la Banque s'arrêtera à la solution indiquée alors par M. Moret.

Afin de ne pas augmenter les diffi-'cultés financières du Reich et de ne pas provoquer en Allemagne une crise monétaire alors que les négociations sur le régime qui succédera au moratoire Hoover sont encore en cours, le crédit de 25 millions de dollars sera, selon toute vraisemblance, renouvelé. mais pour un mois seulement, ce qui maintiendrait, en somme, à l'égard des dirigeants de Berlin, l'avertisse- j ment donné le 12 janvier. L. B. Mort de M Chârles Chaumet

Nous apprenons avec regret la mort de M. Charles Chaumet, sénateur de la Gironde, décédé à Paris, à l'àge de soixante-six ans. Né le 28 février 1866 à Prignac-etCazelles (Gironde), M. Charles Chaumet, après de solides études classiques, avait orienté sa carrière vers le journalisme et débuta à la Gironde. Il publia plusieurs ouvrages Socia'istes et Anarchistes; les Intérêts du port de Bordeaux; la Crise navale.

Il fut candidat aux élections législatives en 1898, mais il échoua et fut élu député quatre ans après, en 1902. II siégea à la Chambre de cette époque à 1919. Il fut sous-secrétaire d'Etat aux P. T. T. du 2 mars 1911 au 18 mars 1913 dans les cabinets Monis, Caillaux, Poincaré et Briand ministre de la Marine dans le cabinet Painlevé, du septembre au 16 novembre 1917, puis détint le portefeuille du Commerce dans le deuxième cabinet Painlevé du 17 avril au 25 octobre 1925.

En 1923, M. Charles Chaumet avait été élu sénateur et constamment réélu depuis.

Inscrit d'abord au groupe de la gauche démocratique radicale et radicale socialiste, Il passa au groupe de l'union démocratique et radicale, qui venait d'être fondée et dont Il fut élu président.

M. Charles Chaumet avait succédé à M. Mascuraud à la tête du Comité du commerce et dp t'indnstrie.

Ajoutons que M. Paul Doumer, qui était un vieil ami de M. Charles Chanmet. avait manifesté le vif désir de j se rendre au chevet de son collègue malade. Ma.is le Président de la Repu-, blique avait retardé cette visite pour épargner à M. Chaumet une dange- j reuse émotion. Lorsque M. Doumer s'est décidé hier à aller prendre des nouvelles du sénateur de la Gironde. celui-ci était déjà mort depuis quel- ques instants.

LÉGION D'HONNEUR

De haut en bas et de gauche à droite M3f. Cannât. Mâle et de Creisset t (cammanileurs) MM. de la Roncière et Lanrens (officiers) z Galiy, MM. Lhôte, Martineau. M"" d'OHiac. MM, Vitrac, Jeannin et Nerini (chevaliers)

(Voir la promotion de l'Instruction pub!iqu6 à la quatrième page.)

pour et Contre Une mauvaise petite nouvelle, qu'il faut tout de suite rendre publique pour qu'elle puisse devenir rapidement une fausse nouvelle. Le dévoué secrétaire de I l'Association générale de la vieillesse de Vesoul, M Reynaud. a reçu. d'un oe ses amis, M. Georges Pernot, ancien ministre des Travaux publics, une lettre inquiétante. M. Georges Pernot craint que le projet de loi de M. Charles Baron, assuI rant aux vieux travailleurs de France exclus des assurances sociales une pen- sion du reste, extrêmement modeste. ne puisse pas venir en discussion avant I la 6n de la législature.

Eh bien ce n est pas possible. Non. il n'est pas possible que nos députés ne trou- vent pas le moyen et le temps de voter cette loi de décence sociale et de répara- tion. Il n est pas possible qu'ils se présen- tent devant les électeurs, lors des élections prochaines, sans avoir voté ce petit bout de loi. Tous les électeurs n'ont pas vingt- cinq ans. Dans chaque circonscription, il se trouverait bien quelques vieux Français victimes de l'oubli tragique et inique de nos législateurs pour élever la voix. pour faire entendre leurs protestations désespérées, pour clamer leur misère. Les jeunes électeurs, j'en suis bien sûr, sauraient alors prendre tous le parti de leurs pauvres ainés,

En attendant. voici encore un petit document a verser au dossier des exclus. On dira s'il fait honneur à notre société, à notre civilisation, à notre humanité. C'est un vieillard qui m écrit

Mon vieux, mon seul camarade, vient de mourir, à l'âge de %oixante-dix-neuf ans. Nous étions tous deux de la même classe. II ne pouvait plus travailler. Il était, comme moi, sans secours, sans soutien, sans argent. Alors, il allait tous les jours chercher un petit fagot dans le bois. Il allumait son feu et faisait cuire dans les cendres quelques pommes de terre qu'on lui donnait. il re vivait pas d'autre chose, h n'avait rien. il est mort épuisé. II est j mort de taim et de fièvre. Malade il ne reçut pas un.. seule visite d'un docteur. [1 n'aura même paa eu la chance d'être enterré au milieu des siens. Personne n'ayant réclamé sa pauvre dépouille, il aura été livré à l'amphithéâtre.

Mon correspondant ajoute

Ces! pourtant nous qui avons fondé la Kapubtique, nous, les électeurs des Gambetta. des Jules Ferrv, des Paul Bert. On ne le dirait pas. La République turait-elle perdu la mémoire

Maurice Prax.

Le prix de 150.000 francs

du C. I. D. A. L C.

attribué à M. Eugène-Louis Blanchet

Le jury international C. I. D. A. L, C. a décerné, hier après midi. pour la première fois; son prix annuel de 150.000 fr. au scénario francaisse Haine qui meurt, œuvre de M. Eugène-Louis Blanchet.

Le concours était ouvert dans 47 nations membres du C. I. D. A. L. C. et officiellement re-

présentées par les ambassaueurs et ministres accrédités en France et par de hautes personnalités du monde politique, diplomatique et littéraire. Le jury, composé par les délégués de 32 nations, sous la présidence de M. Pusta, ministre d Estonie, et sous la sous-présidence de M. Grumberger, ministre d'Autriche, a attribué ce prix à l'unanimité des voix.

Chaque nation avait ouvert un concours national et c'est parmi les lau- réats de ces concours que le jury invternational a proclamé la nationalité et le nom de auteur du scénario le plus fait pour contribuer à la com- préhension mutuelle des peuples. Nous rappelons que le comité international pour la diffusion artistique et littéraire par 1: cinématographe (C. I. p. A. L. C.) a pour présidente Mlle Hélène Vaca.resco, déléguée de la Roumanie à la I S. D. N. pour secrétaire général, M. ( Pillat, et que le donateur du prix est -M. Albert Cohan.

Une fermière

du Calvados

trouvée assassinée dans sa cave

Le vol a été le mobile du crime et l'on n'a encore aucun indice sur l'assassin

Caen, 27 janvier (dép. Petit Parisien.) Une fermière, Mme Grignola, âgée de trente-quatre ans, a été trouvée assassinée, la tête à demi sectionnée, à coups de rasoir, dans la cave de sa demeure, au Breuil-en-Auge, petite localité située entre Lisieux et Pontl'Evêque.

Mme Grignola exploitait seule, au hameau d'Ecorcheville, un herbage couvert de pommiers, à environ quinze cents mètres du bourg, loin de toute habitation. Son mari, âgé de trente- quatre ans, était occupé toute la journée, en qualité de palefrenier, au haras de Noirval. Les deux enfants des époux Grignola Jean, onze ans, et Jeanne, neuf ans, se rendent à l'école du Breuil et ne reviennent également à la ferme que le soir. En rentrant hier à la ferme, comme de coutume, les deux enfants n'y trouvèrent pas leur mère ils se mirent à sa recherche.

La victime est découverte

par ses deux enfants

Pénétrant dans l'arrière-cuisine, puis dans la cave contiguë, le petit Jean se trouva en présence d'un affreux spec- tacle. Le cadavre de sa mère gisait sur le sol ensanglanté et du sang coulait encore d'une affreuse blessure que la malheureuse portait à la gorge. L'enfant, épouvanté, entraina sa sœur et appela au secours. Un voisin, M. Olivier, accourut et, après avoir constaté la mort de la fermière, alerta la gendarmerie.

Bientôt arrivèrent le chef de la bri- gade de gendarmerie de Blangy-le-Château, M. Cornu; puis MM. Commes. procureur de la République de Pontl'Evêque Pérès, juge d'instruction, et le capitaine Demougins, de la gendarmerie de Pont-l'Evêque.

Les premières constatations montrèrent que Mme Grignola avait été tuée à l'aide d'un rasoir, que l'on retrouva près du cadavre. L'assassin s'était acharné sur la malheureuse et après lui avoir porté un premier coup à la gorge, avait tenté de trancher le cou. L'arme s'était ébréchée sur les vertèbres cervicales qui, seules, retenaient encore la tête. S'il y avait eu lutte, comme semblaient l'indiquer de profondes meurtrissures au poignet de la morte, elle avait été de courte durée, car aucun désordre ne régnait dans la cave. Le cadavre gisait près d'un tas de bois qui n'était pas dérangé. Mais, au premier étage, l'armoire qui se trouvait dans la chambre des époux Grignola avait été ouverte et une somme de 3.000 ou 4.000 francs qui devait s'y trouver avait disparu. Le bandit, pour fracturer le meuble, s'était servi d'un faucilion qu'il laissa sur le lit. L'empreinte de ses pas fut découverte sur la couverture du lit des enfants. II paraît avoir voulu atteindre. à cet endroit, une boîte placée sur une planche.

Jusqu'ici, aucune piste n'est encore suivie. M. Grignola et ses enfants vont être questionnés. Le seul indice que l'on possède a trait à la fuite de l'assassin. Bien que la ferme soit éloignée de plus de quatre cents mètres de l'habitation la plus proche, l'assassin prit la fuite par les bois qui la bordent sur trois de ses côtés. On a relevé les traces de son passage sur une barrière. On a pu établir aussi que le crime avait été commis dans la matinée.

Mme Grignola, à qui l'on parlait parI fois d'une attaque possible, avait coutume de répondre

Je m'échapperai par la cave. C'est donc dans cette direction qu'elle aura voulu fuir, et c'est ce qui explique pourquoi le crime fut commis danr cette cave.

On cherche en vain l'épave du sous marin anglais M A mesure que les heures passent diminuent les chances que l'on a de retrouver vivant l'équipage du navire coulé

Londres, 27 janvier (dép. Petit Paris.) Les espoirs que l'on nourrissait encore la nuit dernière sur le sort des cinquante-six hommes disparus depuis hier dans la Manche avec le sous-marin M-2, s'évanouissent peu à peu. Les heures passent et l'on est toujours sans nouvelles du submersible.

Les recherches poursuivies sans arrêt par plus de trente navires de guerre de Weymouth. de Portland et de Plymouth et par deux hydravions, se sont révélées vaines jusqu'à présent. L'objet que l'on avait localisé dans la nuit à trois milles à l'ouest de Fortland n'a pas été identifié. mais on a quelques raisons de croire qu'il s'agit non pas du M-2. mais d'une ancienne épave dont les cartes marines fixent la position à peu près à cet endroit. Des bâtiments munis d'hydrophones et de câbles de relevée restent néanmoins sur les lieux. Les recherches ont été rendues extrêmement difficiles par l'état de la mer démontée par les vents et par un épais brouillard qui flotte sur la Manche.

Si la mer «p calme. les scaphandriers vont pouvoir vérifier l'identité de l'objet mystérieux.

Une cause supplémentaire d'inquiétud3 résulte dans le fait que les appaTeils détecteurs de son n'ont perçu aucun bruit de moteur, ce uui fait supposer que les machines du M-2 ne fonctionnent plus. De plus. on se demande pour quelles raisons le sousmarin n'est pas remonté à la surface. L'eau s-t-elle pénétré à l'intérieur du bâtiment par suite d'un défaut dans la fermeture de la tourelle ou le M. 2 a-t-il tubi des avaries en conséquence d'un choc avec une roche sous-maiine ou une epave inconnue ?

(La suite d la troisième page.)

M. Verne prononçant son discours à droite, H. Petsche

VERS L'ÉGYPTE NOUVELLE

M. Takla bey

Alexandrie. janvier.

Remarque assez piquante alors qu'en Egypte paraissent quotidiennement plusieurs journaux rédigés en langue française, c'est un représentant de la presse arabe qui s'est fait l'organisateur de ce dixième congrès de la presse latine au Caire. Un grand organisateur. Ni en Angleterre ni en Amérique on n'aurait pu trouver plus parfait manager. Ce jeune et souple directeur de l'Ai Ahram, M. Gabriel Takla bey, dont nous sommes les hôtes, a tout arrangé, tout prévu, minute par minute, comme un magicien des Mille et une Nuits. C'est lui qui a convié soixante journalistes d'Europe et d'Amérique à rendre visite à l'antique terre des dieux. Mais ce n'est pas seulement la vieille patrie des pharaons qu'il entend nous montrer: il le dira demain à la séance inaugurale du congrès dans le solennel palais de la Société royale de géographie du Caire. « Certes, proclamerat-il, nous sommes orgueilleux d'un passé inégalable. mais nous désirons qu'il n'hypnotise pas l'étranger, qu'il ne lui cache pas un présent méritoire. » L'Egypte d'aujourd'hui et celle de demain, l'Egypte nouvelle, voilà ce que nous venons voir: mais n'est-on pas écrasé à chaque pas par un passé millénaire ? lean V'gnaiid. (La suite la deuxième page.)

M. Léon Noël, chef du cabinet de M. Laval, est nommé ministre plénipotentiaire.. Par décret qui paraît au Journal Officiel, M. Léon Noël, directeur du cabinet de M. Laval, président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, est nommé ministre plénipotentlaire de deuxième classe.

M. Dwight Davis, fondateur de la Coupe Davis de tennis, et Lsdoumègue, qui ont fait un match hier après-midi

Il en coûta cher

à la petite modiste d'Esbly d'emprunter la moto

du frère de Maurice Chevalier Maurice Chevalier a un frère, Paul, qui ne semble pas partager la philosophie souriante de la célèbre vedette du cinéma parlant.

Paul Chevalier qui est établi peintre en bâtiments à Quincy-Voisins, bourgade de Seine-et-Marne, a une moto et avait jadis une petite amie, Mlle Marguerite Féron, une jeune modiste d'Esbly. Or, l'autre soir, alors qu'il était au café, Paul Chevalier apprenait que, la jeune fille, s'autorisant sans doute, d'une intimité. aujourd'hui rompue, avait eu le front de venir prendre sa moto dans son magasin. Incontinent, il courut à la gendarmerie porter plainte contre l'impudente. Mais la jeune modiste n'avait jamais songé à s'approprier la machine. Hier matin, comme elle venait la ramener à son légitime propriétaire. la jeune fille rencontra Paul Chevalier. Courroucé, il lui barra la route. Mlle Féron tenta de l'éviter elle ne réussit qu'à se jeter contre un mur, où elle se blessa, de façon fort disgracieuse, au visage et aux genoux. Là-dessus, les gendarmes arrivèrent. Sans pitié, ils dressèrent à la pauvrette contravention pour défaut de permis de conduire, cependant qu'inexorable, Paul Chevalier lui signifiait qu'il maintenait sa plainte et lui réclamerait la réparation des dommages causés à sa motocyclette.

Le cinquantenaire; de l'école

du Louvre

L'école du Louvre a fêté, hier. le cinquatitenaire de sa fondation en présence de M. Petsche et de nombreuses. personnalités des arts et des lettres, Des discours furent prononcés par MM Henri Verne, direc j teur des musées: nationaux René é Du 'ssaud, de l'Institut Paul Vitry et Petsche.

La réf orme électorale LE DEBAT SUR LE PROJET S'ENGAGERA AUJOURD'HUI Il en a été décidé ainsi hier soir au terme de deux séances remplies par de multiples scrutins et incidents de procédure La Chambre avait, en effet, rejeté toutes les motions d'ajournement ou demandes de renvoi présentées par MM. Bracke, Frossard, Ernest Lafont, Grumbach, Monnet et Edouard Herriot

La Chambre entamera ce matin la discussion générale du projet de loi électorale comportant, avant le tableau des circonscriptions pour la prochaine législature, la réforme du mode de scrutin. Au cours de la journée d'hier, en effet, toutes les motions préjudicielles d'ajournement ou de renvoi déposées par les adversaires de la réforme ont été ou bien repoussées ou bien retirées. Ainsi, les députés qui en sont partisans ont pris, par plusieurs succès consécutifs, leur revanche des échecs qu'ils avaient essuyés avant les vacances de Noël.

Ces motions préjudicielles étaient au nombre de six. Deux séances ont suffi pour en déblayer le terrain. Mais ce furent des séances agitées et fertiles en incidents. Que de monde, dès le matin Quelle passion de part et d'autre Tumulte, éclats de voix, suspensions de séance, succession de scrutins pointés et de scrutins à la tribune, rien ne manqua au spectacle. Ont été repoussées à la queue leu leu par 252 voix contre 216, une motion d'ajournement sine die détendue par M. Bracke; par 313 voix contre 253, une proposition de M. Frossard tendant à renvoyer à ce matin la suite du débat; par 314 voix contre 2S0, une proposition de M. Ernest Lafont tendant à la renvoyer à 18 heures par 315 voix contre 247, une demande semblable formulée à l'ouverture de la séance de l'après-midi par M. Grumbach; par 313 voix contre 250, une motion de M. Monnet tendant à ajourner le débat jusqu'après la discussion des interpellations sur la politique agricole; enfin, par 246 voix contre 213, une motion de M. Edouard Herriot ainsi conçue « La Chambre, estimant que le projet de la commission porte atteinte aux droits du suffrage universel et, décidée à défendre ses droits, demande le renvoi à la commissions. »

Les socialistes avaient renoncé à soutenir une autre demande de renvoi déposée par M. Renaudel, ainsi que la motion de M. Vincent Auriol tendant à reporter la discussion après le vote du budget, et celle de M. Camboulives tendant à la reporter après l'examen d'une proposition de loi dont le député du Tarn était l'auteur et qui avait pour objet de c rendre constitutionnelle la loi relative à l'élection des députés

Les députés favorables à la réforme ont donc bien marqué plusieurs points, tandis que ceux qui y sont hostiles cherchaient à gagner du temps. Ces derniers reprendront vraisemblablement leur obstruction dès ce matin et la Chambre ne pourra se prononcer sur le passage à l'examen des articles qu'après s'êlre prononcée sur un v.ertain nombre de contre-projets préparés par les socialistes.

LA SEANCE

Dès l'ouverture de la séance du matin, avant que M. Bracke apparaisse à la tribune, armé d'un in-quarto relié de rouge, M. Mandel tient à édifier sea collègues. Il prie M. Stanislas de Castellane, qui présidée, de lire les diverses motions préjudicielles dont le bureau est saisi. Elle sont au nombre de six. Exactement le même nombre qu'en 1927, lors de la discussion sur le retour au scrutin d'arrondissement, note M. Frossard.

Avec cette différence que. cette fois-ci, nous avons eu cinq scrutins publics à la tribune, complète M. Mandel.. Ajournement sine die »

Les hostilités étant ainsi engagées, M. Bracke défend la motioon d'ajournement sine die à laquelle on en était resté le 16 décembre. Il explique

Le véritable moyen de supprimer le second tour.

C'est la R. P., tranche M. Marcel Cachin.

Je n'ai jamais dit autre chose. approuve M. Bracke. Le système majoritaire, au contraire, donne à certains citoyens le droit d'en empêcher d'autres d'être représentés, et c'est pour remédier à cette injustice qu'on a institué un second tour.

Grande est l'audace, aux yeux de M. Bracke, de ceux qui reprochent aux soclalistes d'avoir abandonné la R. F. Mai» M. Mandel est a l'affût.

Pourquoi donc, interroge-t-il, lit-on dans la proposition de M. Antonelli que les élections partielles doivent se faire à un seul tour ?

Parce que, rétorque le député du Ncrd, il est impossible de faire fonctionner la R. P. dans une élection partielle.

Et, malgré les vives Interruptions de la majorité, M. Bracke soutient que la R. P. a été repoussée en commission par ceux qui, précisément, accusent les socialistes de l'avoir abandonnée. Mais le centre et la droite ont la joie d'enregistrer ces paroles que deux communistes, MM. Béron et Doriot, lancent aux S. F. I. O.

Ce que vous cherchez, c'est l'enterrement du débat actuel et le maintien du scrutin d'arrondissement.

Il en résulte de vives altercations, que domine la voix rocailleuse de M. Grumbach. Le député de Mulhouse a l'impression que M. Mandel veut se convertir. Des rires fusent de toutes parts.

.Se convertir à la R. P., reprend M. Grumbach. Votons l'ajournement pour lui donner le temps de réfléchir, et pour permettre aux communistes d'inviter leurs amis de Moscou à instaurer le suffrage universel

Ces saillies ayant détendu les nerfs, on vote par scrutin public à la tribune. Appel des cinquante signataires de la demande. Une heure de défilé. Dépouillement. L'ajournement est repoussé par 252 voix contre 216.

Renvoi à ce matin

Aussitôt le résultat proclamé M. Frossard bondit. Il veut que la séance soit renvoyée à ce matin. M. Mandel riposte. Il a hâte de « sortir du maquir