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LES GRANDES ENQUETES DU "PETIT PARISIEN" Notre aviation M. J.-L. DUMESNIL, MINISTRE DE L'AIR NOUS PARLE DES SERVICES

AÉRIENS COMMERCIAUX

_j^ Le matin du 8 février 1919, un Goliath piloté par Bossoutrot s'envole du Bourget. Il emporte à Londres 12 passagers. Revenu le lendemain, Bossoutrot repart le 12 pour Bruxelles avec, cette fois, 14 passagers. L'aviation commerciale française est née.

Le 9 mars, un avion effectue la première liaison postale entre Toulouse et Casablanca, premier tronçon de la ligne vers Dakar et Buenos- Ayres. que, deux mois avant l'armistice, avait proposée au gouvernement M. Latécoère. En septembre, la Compagnie des Messageries aériennes, fondée par des constructeurs et devenue aujourd'hui l'Air Union, commence l'exploitation régulière de Paris-Londres. En avril 1920, la C. I. D. N. A. relie Paris à Prague. Un an plus tard, elle va jusqu'à Varsovie, en 1924 jusqu'à Constan- tinople. Depuis, les réseaux français se sont lancés à la conquête du monde. Ils s'y étendent, en 1931, sur 34.936 kilomètres, à peine 8.000 kilomètres de moins que le tour de la terre par le plus grand cercle. Vous pouvez aller sur nos lignes, de Paris en Europe centrale et en Turquie, en Hollande et en Scandinavie, en Amérique du Sud et en Indochine. Qu'avez-vous à redouter ? L'accident ? Pardonnez-moi de vous répondre par une statistique bien édifiante. En 1930,. sur 9.395.955 kilomètres parcourus, on compte 15 morts (4 pilotes, 2 mécaniciens, 2 radios, 7 passagers) et 9 blessés, 10 avions détruits et 15 endommagés. Le nombre de passagers étant de 28.935, la proportion est de 4.133 passagers transportés pour un passager tué. 1/4.000 Méditez ce pourcentage. Quant au nombre de kilomètres parcourus pour un accident mortel, il est de 854.000, contre 524.000 en 1929. La poésie des chiffres est tout un enseignement. Au cours de la même année, la C. I. D. N. A. transporte 3.551 passagers et 450.0QO kilos de fret; l'AirUnion, 14.602 passagers et 717.542 kilos de fret l'Aéropostale, 2.108 passagers et 50.963 kilos de fret les lignes Farman, 6.986 passagers et 357.774 kilos de fret; l'Air-Orient, pour ses trois premiers mois, 198 passagers et 3.164 kilos de fret. Nous sommes loin des 393 audacieux qui, en 1919, usaient des ailes pour aller de Paris à Londres, ou en revenir. 1

Ces compagnies, dont on ne saurait trop souligner le magnifique effort national, nul doute, cependant, qu'elles n'eussent pu vivre sans le concours de l'Etat. L'infrastructure et l'exploitation d'une ligne coûtent des millions de francs. En dépit d'une intense propagande, qu'on voudrait pourtant plus unifiée, les besoins de chacun étant, en réalité, les mêmes, les passagers et le fret n'arrivent pas, ou seulement après une longue expérience, à couvrir les frais considérables d'amortissement. Ainsi l'Etat a-t-il été amené à intervenir et, s'inspirant des exemples voisins, à accorder son soutien financier aux cinq grandes compagnies existantes.

Sous quelle forme ? C'est ce que M. J.-L. Dumesnil lui-même a voulu me faire connaître. La question est d'importance, d'autant qu'un nouveau projet vient d'être voté par la Chambre, dont la réalisation corn-' portera des modifications profondes du régime actuel. L'affaire de l'Aéropostale exigeait, d'autre part, qu'à des problèmes trop longtemps pendants fût apportée une solution qui s'inspirât mieux, à la fois, de l'intérêt public et des conditions normales d'exploitation. Le ministre de l'Air et ses services ne pouvaient donc manquer de donner tous leurs soins à l'élaboration d'une charte qui he prétend certes pas à être définitive, mais à améliorer une situation dont la confusion n'était pas sans danger.

Maurice BOURDET.

(La suite à la deuxième page.)

M. Lloyd George s'est embarqué à Port-Saïd pour l'Angleterre Londres, 27 décembre (dép. P. Paris.) Un message Exchange Telegraph du Caire signale que M. Lloyd George, qui vient d'effectuer une croisière de convalescence à Ceylan, a visité le Caire et s'est embarqué aujourd'hui à PortSaïd à destination de l'Angleterre.

Le conflit sino nippon LE JAPON PRÉCISE

SA LIGNE DE CONDUITE PRÈS DE KINGTCHÉOU Tokio, 27. décembre (dép. Havas.) La réponse du gouvernement japonais à la note adressée par l'Angleterre, l'Amérique et la France au sujet de la situation à Kingtchéou a été remise aujourd'hui aux ambassadeurs des trois pays.

En même temps, le gouvernement en a publié les termes dans une déclaration assez longue.

Après avoir rappelé que le maintien de la paix et de l'ordre en Mandchourie est l'objectif vers lequel le -gouvernement japonais a toujours tendu, et auquel il a toujours attaché la plus grande importance, la déclaration affirme que les événements de septembre ont créé de nouvelles responsabilités et un plus large champ d'action pour le Japon.

Le document énumère ensuite un certain nombre de faits témoignant que l'activité des bandits et celle des troupes chinoises s'exercent de concert avec l'appui des autorités militaires de Kingtchéou.

Le document insiste en conséquence sur les points suivants

Aussi longtemps que les autorités militaires de Kingtchéou continueront à déterminer et à régler les opérations des bandits et des organisations antijaponaises aussi longtemps que les officiers et les soldats de l'armée de Kingtchéou seront en rapport étroit avec ces bandits, rendant par là toute destruction impossible de ces derniers par les troupes régulières les Chinois devront encourir l'entière responsabilité des conséquences de toute action qui pourrait être entreprise par les Japonais dans un but défensif.

La déclaration conclut en affirmant que le gouvernement espère avec confiance que sa patience et son désir de respecter intégralement les. stipula- tions des conventions internationales ne manqueront pas d'être reconnus par l'opinion mondiale.

M. YOSHIZAWA A QUITTE PARIS

sur le quai délabre du Nord

LES ARBRES DE NOEL

En haut la fête du gymnase Jean- Jaurès pout les enfants du X" arrondissement. En bas celle des enfants du IX"

L fête des enfants des usines Beaaolt ¡Voir page t)

Les souverains yougoslaves ont quitté Paris hier soir

Ils emportent an souoenir éma des aitentiona don, ils ont été entourés, mal. gré leur incognito quant an roi Alexandre, il laisse à tous ceux qui l'ont approché l'impression d'un chef d'Etat aussi clairvoyant que courageux, aussi désireux de faire le bonheur de son peuple que profondément attaché à ses alfiés et, notamment, à la fiance Le roi Alexandre et la reine Marie de Yougoslavie, qui étaient à Paris depuis le 16 décembre, sont repartis hier soir pour Belgrade. Ils avaient voulu, durant leur séjour, garder le plus strict incognito et il a été, dans la plus large mesure possible, tenu compte de leur désir. Ils n'ont pu, cependant, se soustraire aux mille attentions délicates dont on ne peut pas, dans un pays comme le nôtre, ne pas entourer les souverains d'un peuple ami auquel nous lient tant de souvenirs glorieux et affectueux. Le Pré- sident de la République et Mme Paul Doumer jont tenu à ce qu'ils fussent leurs hôtes à l'Elysée. M. Pierre Laval, M. Aristide Briand ont eu l'aimaDle'pensée de fleurir les appartements de la reine. Le Tout-Paris a envahi, le jour de l'anniversaire royal, les salons de la légation de Yougoslavie pour apporter à Alexandre Ier ses vœux les plus cordiaux. Quant à la foule de la capitale, on sait quelle sympathie, discrète et chaude à la fois, elle témoigne d'ordinaire à ses visiteurs de marque. Elle n'a pas manqué à ses traditions.

Ces preuves à de respectueuse affec- tion, il est à peine besoin de le dire, ont profondément touché les souverains qui emportent, l'un et l'autre, le souvenir le plus ému de leur bref séjour parmi nous.

Et pourtant, ces quelques semaines de Paris furent loin, souvent, d'appor- ter au roi le repos auquel trois années de pouvoir personnel et de constantes préoccupations lui eussent donné droit. Combien d'heures, en effet, n'a-t-il pas passées, dans le vaste salon tout fleuri de lilas et d'azalées d'où il dominait la place Vendôme et dont il avait fait son cabinet de travail, à dépouiller les dépêches et le volumineux courrier qui lui arrivaient chaque jour de Belgrade, à s'enquérir, par téléphone, de la marche de telle ou telle affaire des progrès de la conférence de Bâle, par exemple à donner ses instructions pour le règlement de telle ou telle question d'intérêt national ? Combien de visites n'y a-t-il pas reçyes, d'amis personaels, de diplomates, d'hommes politiques, de membres du gouvernement, enfin, comme M. Laval, qu'il n'avait pas vus depuis son dernier voyage en France, il y a quatre ans, ou qu'il n'avait pas encore eu l'occasion de rencontrer et avec lesquels il ne pouvait évidemment manquer d'examiner les grands problèmes de l'heure, ceux, notamment, des réparations et des armements. Albert JULLIEN.

(La suite à la troisiéme page.)

A la quatrième page LES SPORTS

L'HOMME DU JOUR JEAN CHIAPPE le chef enthousiaste qui veille sur le charme et la dignité de Paris

)i. Chiappe dans son bureau Jean Chiappe n'est plus seulement une figure parisienne. Parisien, Jean Chiappe l'était bien avant d'être nommé préfet de police. Il est une figure populaire. Chacun connaît sa silhouette il n'est point de semaine qu'on ne l'aperçoive dans les actualités, au cinéma. On le distingue tout de suite petit de taille, mais cambré, le front haut, le regard droit, le nez romain, le menton volontaire. Jean Chiappe serait sévère si un sourire d'ironie n'infléchissait souvent ses traits. J'ajoute que Jean Chiappe « fait également bien de face et de profil l'on dit, il est vrai, que ce

M. Chiappe, près de qui se tient Il. Guichsrd, dans la rue un jour de manifestation profil est de médaille. Bref, Jean Chiappe est photogénique. Le mérite est certain, dans la mesure même où l'on ne peut se dérober aux représentations officielles. J'ai commencé par le Jean Chiappe universalisé par l'image et qui est, pour ainsi parler, le personnage qu'il a adopté dans la vie mais il est de lui bien d'autres aspects et dont les dissemblances ajoutées achèvent de compléter son attachante personnalité.

Attachante, vous allez voir.

Dès que Jean Chiappe eut pris en main la direction de la préfecture de police, on comprit, boulevard du Palais, que quelque chose venait de changer. Ce fut immédiat et, cependant, tout d'abord inanalysable. Ou avait l'impression que des fenêtres avaient été ouvertes et que l'air, soudain, s'était renouvelé.- Et pourtant ce n'était pas ça. De vrai, ce n'est pas du dehors que venait le changement d'atmosphère. La présence de Jean Chiappe, sa manière de faire, son caractère, l'affection qu'il inspire à ceux qui l'approchent, son étonnant pouvoir de demander un peu en souriant et d'obtenir beaucoup le plus naturellement du monde, tout cela était neuf, inédit, surprenant. Un homme suggérait en ami et obtenait en grand chef. Alors, peu à peu, on comprit. Ce qui avait paru étrange, c'est qu'au formalisme administratif un souci purement humain avait succédé. Les règles du jeu étaient bouleversées et le plus heureusement, le plus efficacement aussi. Les considérations du doit et de l'avoir n'occupaient plus seulement les esprits. La vie maintenant avait sa place, la vie avec toute la souplesse, le renouvellement, les initiatives qu'elle demande.

En ce temps-là, on s'abordait

Vous l'avez vu?

Charmant.

Ahl

Je vous le dis très affable.

Oui, mais quelle terrible affabilité que celle de Jean Chiappe. Jean Chiappe vous demandera votre travail, votre effort entier, votre temps et, cependant, il ne cessera de vous donner l'impression de 1 vous obliger. Pour un chef et quel chef le mérite est exceptionnel. C'est, à proprement parler, du scx appeal inteltellectuel et moral. Voilà. Jean Chiappe a du sex appeal.

Louis HAMEAU.

(La suite la deuxième page.)

Une domestique veuve

pille le coffre-fort de son patron et fuit en Belgique

Le volé, un commerçant de la rue Richer, était parti en sa propriété de Seine-et-Marne oubliant ses clefs sur le coffre qui contenait 26.500 francsl M. Petit, marchand de comestibles, 47, rue Richer, avait engagé à son service, il y a peu de temps, une domestique de trente-sept ans, une veuve, Lucie Rolle, née Neumann.

Samedi, après déjeuner, M. Petit partit avec les siens, pour une propriété qu'il possède en Seine-et-Marne, laissant seule dans l'appartement la veuve en laquelle il avait entière confiance.

Soudain, hier matin, M. Petit se sou- vint qu'il avait oublié ses clefs sur son coffre-fort. Il revint en hâte à Paris. Dans son appartement de la rue Richer, après avoir constaté l'absence de sa domestique, le commerçant courut à son coffre-fort la porte en était entre- bâillée les clefs n'étaient plus là. ainsi qu'une somme de 26.500 francs en bil- lets de banque rangés dans un des compartiments, du meuble. Sans aucun doute, la domestique était l'auteur du vol. On sut que revêtue do sa plus belle toilette, portant à la main une petite mallette. elle avait quitté d'un pas agile le 47 de la rue Richer, samedi vers 15 heures. L'enquête de la police, alertée par M. Petit, semble avoir établi que la veuve Lucie Rolle a pris le train pour la Belgique.

L'or noir, .le nôtre, LE PÉNIBLE MÉTIER DE PROSPECTEUR Un rude métier, en vérité.

Seul blanc, qu'accompagne une matgre escorte de porteurs, avec un matériel réduit à sa plus simple expression, il va tout à travers de la brousse Sous les tornades diluviennes, sous l'effroyable brûlure scolaire. il arpente l'Oubangui-Chari. Des mois entiers il demeure sans confort et sans réconfort, isolé au milieu de sa poignée de nègres. H campe sous la tente, vivant à l'indigène, se nourrissant tant bien i que mal de sa chasse, de conserves et des quelques vagues produits du pays. Il s'arrête sur la berge d'une rivière un jour, deux jours, trois au plus. Dans le lit du marigot à demi desséché, boueux encore, il fouille ses trous pour procéder au prélèvement des terres aurifères. Puis, installé avec ses battées au bord d'un trou d'eau, il lave les terres recueillies dans le grand plat de métal à peine creux. Il y faut une singulière habileté, an tour de main que donne seul un long apprentissage le coup de poignet régulier, à petites saccades insensibles, fait tourner l'eau, dont la monotone et adroite érosion désagrège la terre, élimine les impuretés qui débordent du plat à chaque rotation. Et quand, au centre de la battée, apparaissent les points d'or, il les considère, les soupèse du regard, jaugeant, avec une étonnante sûreté, le pourcentage d'or que peut contenir le terrain.

Après quoi, il va un peu plus loin, suivant toujours le lit marécageux du cours d'eau, pataugeant dans la boue. Il fait ainsi deux ou trois cents mètres, creuse un autre trou et recommence l'épuisante série des opérations qui, après .une longue journée de labeur, lui permettra de recueillir, dans le fond d'un flacon, quelques grammes de poudre d'or. Jean d,ESME (La suite la deuxième page.)

LES DÉSORDRES DE L'INDE Londres, 27 déc. (dép. Petit Parisien.) Un message de Pechaver confirme que onze personnes furent tuées au cours des émeutes que l'on a signalées. Une seconde échauffourée a mis aux prises la police et une foule de 2.000 personnes sur la route de Banun. Les charges au lathi n'ayant pas eu d'effet, les soldats durent se servir de leurs armes. Il y eut deux tués et sept blessés. Le calme règne aujourd'hui à | Pechaver. Jusqu'ici, cent quarante-huit personnes ont été jugées scrnmaire- ment en vertu des ordonnances appliquées à la frontière du nord-ouest de l'Inde et condamnées à plusieurs mois de prison.

LE CELEBRE CHANTEUR AFFRE

VIENT DE MOURIR Le célèbre ténor Affre, de l'Opéra, vient de mourir à Cognes-sur-Mer, où Il s'était retiré.

Gustarello Affre, qui fut, en son temps, une des illustrations de l'aoadémie nationale de musique, était né à Saint Chinian (Hérault) en 1860. Il fut élève du conservatoire d e Toulouse et acheva ses études au conservatoire de Paris. Ce fut un très beau chanteur, qui eut

aans ie répertoire cies succès mémorables ♦

Mort de M. Charles Huard

ancien directeur de la sûreté

Hier est décédé u Paris, en son domicile, 40, avenue de Suffren, M. Charles Huard, commandeur de la Légion d'honneur, conseiller référendaire à la Cour :ias comptes; né le 17 février 1861 à Torigny sur Vire i M a n c h e M. Huard a v a i t été préfet du Cantal, de l'Allier, de la Marne, de la Loire, de la Loire-Inférieure, puis directeur de la sûreté

LE BAPTEME A CHARENTON D'UN FILLEUL DE M. DOUMER

En haut le cardinal procédant à la cérémonie M. Serre (1), représentant M. Donmer M"" Leboucq (2), la marraine; M. Jumeaux père du bébé. En bas Jl'»" Jumeaux (X) et ses quatorze enfants

LES TRAMWAYS VONT DISPARAITRE DANS PARIS

Ils seront remplacés par des autobus de grande capacité

On a dénoncé, avec raison, comme étant une des causes de l'encombrement des voies parisiennes, les tramways. Les inconvénients de leur présence apparaissaient surtout place de l'Etoile et dans le voisinage de la place de l'Opéra. Les lourds véhicules encombrants vont disparaître et seront remplacés par les autobus de grande capacité que M. Mariage, à qui revient le mérite d'avoir réorganisé de si heureuse manière le régime des transports à la surface de la région parisienne, s'attache à mettre en service en plus grand nombre possible. (La suite la quatrième page.) POUR ET CONTRE II n'y a pl'us d'affaire Gauchet. L'assassin a expié. Il est mort avec fermeté, avec lucidité, avec une réelle vigueur physique et morale. L'homme capable de mourir ainsi aurait dû être capable de vivre dignement, de dominer ses instincts et ses vices. Mais il n eut de courage que devant l'échafaud.

Ce n'est plus la peine de parler de ce malheureux. Seulement, il est une chose dont il faut se souvenir. Les drogues, les sales drogues, !es drogues immondes ont joué leur rôle, leur rôle sinistre dans l'ignoble et lamentable 6n du meurtrier. Les gens naturellement sensés et normaux ont quelque mal à croire que la folie des drogues puisse être pour la France un danger bien sérieux. Le tempérament français, qui est vif, qui est clair, qui est sain, ne doit guère s'accommoder en effet de tous ces sales poisons qui ne sont subtils » que dans la littérature. Un pays qui a du bon vin. de bonnes habitudes de bien vivre et du bon esprit n'a pas besoin de paradis artificiels, ces para· dis artificiels étant du reste simplement des enfers. Le plaisir de boire un verre de beau vin doit assurément être très su- périeur à celui de s'enfoncer dans le bras ou dans la cuisse l'aiguille d'une seringue. Mais il faut compter avec le snobisme, avec la faiblesse, avec l'oisiveté et la perversité de certains. Il ne faut pas se refuser à voir la vérité telle qu'elle est. Or il est, hélas certain que le mal de la drogue devient un mal sérieux.

Des écervelés, des bêtas, quelques douzaines de petites demoiselles, qui n'ont ni lessive à faire ni moutards à habiller, ont mis à !a mode tous ces stupéfiants qui sont moins stupéfiants encore que la bêtise humaine. Et puis il y a les trafiquants. Toute une pègre, qui grouille dans les boîtes de nuit, dans les bars. dans les meublés de nos grandes villes et de nos ports, a tout intérêt à voir s'étendre la folie des poisons. La vente de toutes ces drogues infâmes assure, en effet, de sérieux bénéfices qui compensent largement les risques- d'ordxe judiciairc qu'elle comporte. Ainsi la folie se propage. Ainsi l'empoisonnement s'étend. Ainsi le nombre augmente de jour er. jour des jeunes gens, des jeunes femmes et aussi des personnes d'âge mûr qui au propre et au figure sont de véritables « piqués Quand l'expédition de Corse sera terminée, on pourra peut-étre entreprendre une expédition nouvelle dans le maquis des bars et des garnis. Il y a ur, banditisme de la drogue.

Maurice Prax.

de Lagny et de Vaires-Torcy Urte douzaine de voyageurs légèrement blessés

Sur le réseau de l'Est. entre les gares de Lagny et de Vaires-Torcy, un accident de chemin de fer s'est produit, hier, vers 18 h. 30, sur la grande ligne Paris-Strasbourg. Le train de voyageurs 392 venant de Château-Thierry a pris en écharpe le train 364 bis, se dirigeant également vers Paris, et qui n'a lieu que les dimanches.

Sous le choc dix wagons déraillèrent, Trois se renversèrent et un fourgon et use voiture furent brisés.

Une légère panique s'empara des voyageurs des deux trains, mais par bonheur il n'y avait aucun blessé grave. Une douzaine de voyageurs légère- ment contusionnés ont pu rejoindre leur domicile après pansement. L'accident, causé par le brouillard, a eu pour résultant de provoquer de sérieux retardes dans l'horaire des trains

Deux amants

avaient décidë de se donner la mort On les retrouve, lui grièvement blessé, elle sans vie, dans une rue de Gentilly

M. Loiret et Mme Lemarchanri

Un manutentionnaire aux P. T. T., M. Philippe Levysohn, âgé de trentehuit ans, regagnait. hier vers 10 heures du soir son domicile, 18, rue Frileuse, à Gentil'.y. Soudain, un groupe immobile et singulier, se détachant à peine de l'épais brouillard, attira son attention. II fut surpris. l'endroit étant des plus calmes et habituellement désert. M. Levysohn s'approcha et distingua un homme couché sur le sol. Une femme se tenait debout, immobile, à côté du corps.

Cette femme, d'une voix étrangement posée, dit

Il vient de se tirer une balle de revolver

Alors, M. Levysohn se pencha sur le corps étendu et perçut un léger râle. Il conseilla à la femme de courir aussitôt au commissariat tout voisin. Elle se mit en marche mais elle n'avait pas fait dix mètres qu'une détonation perçait le silence ouaté. L'inconnue s'écroulait.

M. Levysohn se précipita vers elle. Elle venait de se tirer une balle dans la tête. Elle était morte.

Cependant, des agents accouraient et bientôt M. Goujon, commissaire de police.

Tandis que le cadavre de la femme était transporté à l'institut médicolégal, l'homme, qui se trouvait dans un demi-coma, était admis à l'hospice de Bicêtre. Il portait une blessure profonde dans la région du cœur.

'Il put, par signed, faire comprendre à M. Goujon qu'il s'était blessé luimême. Des papiers trouvés sur lui permirent d'établir son identité, bientôt confirmée par sa famille prévenue d'urgence. Il s'agit d'Arthur Noiret, soudeur à l'autogène, né le 18 août 1911 à Berry-au-Bac (Aisne), demeurant 49, route de Vaugirard, au Bas-Meudon, marié depuis quelques mois et en instance de divorce,

La femme qui l'accompagnait a nom Marie-Louise Lemarchand. née le 2 oetobre à –Montignyrieure) elle habitait avec bon bébé à Issy-les-Moulineaux. Elle étr.it ouvrière d'usine. Ses parents habitent Rouen. Dans la rapidité des premières constatations et bien que le double suicide à base sentimentale n'ait semblé faire aucun doute, on ignorait tout des circonstances exactes du drame.

L'allégation du moribond était insuffisante à préciser l'origine du coup de feu qu'il avait reçu. Une lettre trouvée au cours d'une fouille plus attentive des vêtements de Noiret a permis de dissiper les hésitations. Ecrite au crayon, signée des deux acteurs de ce drame, elle exprime avec quelque lyrisme que lui et elle avaient décidé de mourir ensemble.

Ils se connaissaient depuis quinze jours. Noiret était une sorte de maniaque du suicide. Il avait expérimenté déjà, au cours de sa jeune existence, de nombreux moyens de mettre fin â ses jours il s'était tiré une balle dans la région du coeur il avait essayé de s'empoisonner et de se faire écraser. On doute qu'il puisse survivre, cette fois, à la grave blessure qu'il s'est donnée.

MORT DU SECRETAIRE FEDERAL DES DOCKERS

Le secrétaire de la Fédération confédérée des ports et docks, M. E. Vignaud, vient de mourir à Pdantes, à l'âge de aoixante.cinq ans.

Trop fatigué pour suivre jusqu'au bout les travaux du dernier congrès de la C. G. T., il avait dû regagner la ville où avaji été transféré le siège social de l'organisation qu'il dirigeait depuis près de vingt

ans. Il s'alita en arrivant et ne devait plus se re',ever.

M. E. Vignaud comptait parmi les plus anciens et les plus ardents propagandistes de la C. G. T.

Ses débuts dans le syndicalisme datent de 1899, époque à laquelle il fonda le syndicat des dockers de la Pallice. Il fut ensuite placé à la tête de la Bourse du Travail de la Rochelle qu'il contribua à créer; puis le congrès de 1912 lui donna la charge de secrétaire fédéral des travailleurs des ports 6t docks.

La C. G. T. perd en lui un précieux et fidèle collaborateur.

Deux jeunes filles

sont tuées à coups de revolver pendant leur sommeil

Le meurtrier avait pensé épouser l'aînée de ses victimes, mais devenu infirme à la suite d'un accident, il avait été éconduit

On présume que le criminel dont on a perdu la trace s'est suicidé

Reims. 27 décembre (dép. P. Parisien.) On a découvert à Verneuil, près de Dormans, les cadavres de deux jeunes filles, Mlles Gilberte et Rose-Marie Voile, âgées de vingt-quatre et dix-sept ans, qui avaient été tuées, pendant leur sommeil, de cinq balles de revolver. Mlle Gilberte Voile, qui effectuait des besognes ménagères chez M. Levet, Épicier à Verneuil, avait accepté, en l'absence de son patron, qui était allé rendre visite à sa femme hospitalisée Château-Thierry, de coucher dans sa maison. Elle avait amené avec elle sa plus jeune sœur.

Dès la découverte du double crime*