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Comment l'Amérique secourt ses six millions de chômeurs UNE MERVEILLE D'ORGANISATION MÉTHODIQUE

En haut une gigantesque affiche avec la devise « Je partagerai. » Au-dessous un appel au public de New-York avec la roue graduée marquant les progrès des fonds de secours aux chômeurs.' A droite le petit cireur de chaussures met son chien aux enchères

New-York, 13 décembre.

DB NOTRE CORRESPONDANT PARTICULIER L'hiver dernier avait saisi par surprise les .iutorités, les œuvres d'assistance eit les chômeurs euxmêmes. Mais 'eette année, avec la passion et le don d'organisation qui caractérisent les Américains, un gigantesque mé canisme pour secourir six millions de sans-travail a été mis sur pied et est en train de résoudre le problème avec autant de précision et de sûreté qu'une machine à calculer fait une addition.

L'année dernière, des chômeurs vendaient des pommes à tous les coins de rue. Aujourd'hui, on en voit à peine quelques-uns. L'an dernier, des distributions de sandwiches et de café se faisaient en plein Broadway. Aujourd'hui, vous marcheriez longtemps avant de découvrir une queue d'affamés devant une « soupe populaire ».

Des hommes d'apparence misérable vous accostent encore souvent et vous demandent de quoi acheter un morceau de pain. Mais ce ne seraient plus guère que des mendiants professionnels et vous êtes invité à faire la sourde oreille à ces appels individuels.

Merveilles de l'esprit de méthode! Depuis plusieurs mois, à tous les échelons du gouvernement, on a travaillé en prévision de l'hiver. Le Congrès de Washington a voté des crédits pour hâter les travaux publics. Le président Hoover a nommé une commission chargée d'enquêter sur l'état du chômage dans l'ensemble du pays. Le rapport qui vient de lui être transmis déclare Partout où des secours aux sanstravail seront nécessaires cet hiver, une organisation adéquate fonctionne déjà ou est prête à fonctionner dans un avenir prochain. Plusieurs milliers de comités dans le? Etats, les comtés ou les communes sont à l'œuvre. » La commission s'efforcera de stimuler et de coordonner toutes ces initiatives. Les Etats et les municipalités ont prévu dans leurs budgets de larges sommes pour venir en aide aux chômeurs. La ville de New- York, par exemple, vient de voter quinze millions de dollare pour créer des emplois temporaires et cinq autres pour secourir des foyers en détresse. Déjà plus de 25.000 personnes ont touché des bons des vivres, de vêtements, de chauffage. sans compter les quelques centaines de familles menacées d'expulsion qui ont eu leur loyer payé par l'hôtel de ville et les 5 à 6.000 j sans-abri qui sont logés dans des asiles municipaux.

Mais, plus que cette charité publique, au fond normale, faite avec l'argent du contribuable, il faut admirer l'effort merveilleux que viennent de fournir les œuvres d'as- sistance privées grâce à l'esprit de solidarité du grand public. Dans toutes les principales villes d'Amérique, des comités se sont fondés pour recueillir des fonds et les distribuer. On a sollicité et l'on a donné avec un entrain et une largesse qui rappellent le temps de guerre. Le cas de New-York mérite d'être pris en exemple.

Un comité central a été formé par ",50 des citnven» les plur en vue ou les plus influents de New-York. Il est présidé par M. Har- j vey Gibson, qui prit une part con-

sidérable pendant la guerre à l'organisation du service de la Croix- Rouge. Ce comité a loué quatre étages de bureaux dans un building du quartier des affaires, et 600 employés, dont une bonne moitié de volontaires, travaillent du matin au soir dans ce Grand Quartier Général de l'aide aux chômeurs. Pierre UENOYER.

(La suite à la troisième page.) Une Américaine décorée par le maréchal Pétain

(Voir ta deuxième vage.)

Un aérodrome au cour de Londres Londres, 13 déc. (dép. Petit Parisien.) Le lord-maire de Londres, sir Maurice Jenks, a fait allusion, hier, à un projet de construction d'un vaste aérodrome en plein cœur de Londres, à une soixantaine de mètres au-dessus du sol.

1 LA SITUATION POLITIQUE AUX ÉTATS-UNIS

A LA VEILLE DU DÉBAT SUR LE MORATOIRE HQQVER sénateurs et 276 députés se sont engagés à approuver le moratoire, aussi le gouvernement en espère tôt ou tard la ratification

Mais une opposition assez vive se manifeste dans les milieux parlementaires à l'égard de tout nouveau moratoire et d'une réduction des dettes

Washington, 13 décembre. j

DE NOTEE CORRESPONDANT PARTICULIER Un communiqué du ministère des Finances signale aujourd'hui que 68 sénateurs et 276 députés se sont engagés à approuver le moratoire Hoover. C'est ce qui permet au gouvernement d'en espérer la ratification définitive tôt ou tard.

Le State Department a préparé un projet de réponse verbale aux demandes de renseignements que les Etats débiteurs pourraient lui adresser au sujet de l'échéance du 15 décembre sur les dettes de guerre

« Il apparaît au gouvernement américain, déclare la formule adoptée, qu'un ajournement par votre gouvernement des versements du 15 décembre en attendant l'action du Congrès ne sera l'objet d'aucune critique justiflée. »

Projets d'amendement

Plusieurs amendements seront présentés dans les deux Chambres au projet de loi du gouvernement sur la ratification du moratoire Hoover. Le député Rankin et le sénateur DM, tous deux démocrates, ont notifié leur intention de proposer des réserves traduisant l'opposition du Congrès à tout nouveau moratoire et à toute nouvelle réduction des dettes de guerre. Le refus du Congrès de ratifier le moratoire avant l'échéance du 15 décembre est inspiré surtout par des motifs de politique intérieure. M. Ogden Mills s'est pleinement rendu compte hier que les parlementaires gardent rancune à M. Hoover d'avoir laissé le Congrès en vacances pendant huit mois et de n'avoir pas voulu convoquer une session spéciale pour régler cette question.

Mais leur hostilité à la reconstitution de la commission des dettes repose sur d'autres préoccupations que celle de donner une leçon à M. Hoover et de le mettre dans une situation embarrassante. S'il ne s'agissait que d'un mouvement d'humeur passager, on pourrait penser qu'après quelques semaines une atmosphère plus sereine permettrait de faire revivre cette commission des dettes sans le concours de laquelle, en fin de compte, les projets actuels de revision des réparations semblent Impossibles. Mais il n'en est pas ainsi.

M. Borah disait hier « La commission des dettes est enterrée si profondément que même l'archange Gabriel ne pourrait pas la ressusciter. Incontestablement, l'administration va faire tous ses efforts pour renverser ce courant d'opinion. Mais l'autorité de M. Hoover sur son Parlement est maintenant si affaiblie qu'on ne voit pas encore quelle pression pourrait avoir raison de l'opposition conjuguée des démocrates qui ont la majorité à la Chambre, du président de la commission des affaires étrangères du Sénat, M. Borah, du leader des républicains, M. Watson, et même de ce fidèle soutien de l'administration, ami de M. Mellon, le sage sénateur David Reed.

Bizarre proposition

N'oubliant pas qu'il représente l'Utah dont les mines d'argent sont célèbres, M. Smoot, président de la commission des finances du Sénat, a profité du désarroi causé par cette situation pour déclarer qu'il introduira demain une résolution. dont on apercevra sansl peine l'humour, tendant à demander aux puissances qui ne pourraient pas payer leurs dettes en or de faire leurs versements en argent.

Le sénateur de l'Utah a entretenu M. Hoover de ce projet, mais il s'est gardé de dire, en sortant de la Maison Blanche ce qu'en pensait le président, qui ne manque pas de sens pratique. P. D.

(A la troistème page, une déclaration de M. Ogden Mills, mettant au point le malentendu sur la question de la réduction des dettes et celle du moratorium.)

Le voyage du prince d'Ethiopie Le Caire, 13 décembre (dép. Times.) Le prince héritier d'Ethiopie est arrivé hier au Caire.

Le prince a été reçu au palais Abdin par le roi Fouad, qui lui a rendu sa visite et avec qui il a déjeuné aujourd'hui. Il a été également reçu par le patriarche.

L'objet de sa visite est de remercier le roi d'Egypte d'avoir envoyé des représentants au couronnement de son père, en novembre 1930, et c'est dans ce même but qu'il se rendra en Italie, en France et en Angleterre.

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On a voté hier à Paris

L'ELECTION LEGISLATIVE DU IX* 1 DONNERA LIEU A BALLOTTAGE MM. Gillouin et Beur sont respectivement élus conseillers municipaux de la Monnaie et de l'Europe

Hier avaient lieu, à Paris, trois élec- tions une législative, dans la première circonscription du IX" arrondissemeent, pour pourvoir au siège de M. Paul Escudier, décédé, et deux élections municipales, au scrutin de ballottage, l'un dans le quartier de la Monnaie, l'autre dans le quartier de l'Europe.

En voici les résultats

ELECTION LEGISLATIVE

Inscrits 9.112. Votants 6.056

Bulletins blancs ou nuls 205. Suf- frages exprimés 5.851. Majorité absolue 2.926.

Ont obtenu

MM. Adrien Oudin, cons.

mun., AU. démoc. 2.875 voix Archer, fédér. agraire 825 Bloch, S. F. I. O. 538 De Lacoste, rép. nat. 504 Erlich, rép. ind 420 Gérard, républicain.. 220 Sauvage, communiste.. 212 Btum, rad. soc. ind. 171 Boyer. rép. libéral 44 Divers 42 Il y a ballottage.

ELECTIONS MUNICIPALES

Quartier de la Monnaie

Inscrits: 3.408. Votants: 2.341. Blancs ou nuls 40. Suffrages exprimés 2.301. Ont obtenu

MM. René Gillouin, AU, rép. 1.283 ELU Vergnolle, S. F. I. 0. 838 voix Rousset, communiste.. 162 16 Divers. 2 Dimanche dernier les résultats s'étaient ainsi répartis Gillouin, 752 voix Louis Dausset, 503 Joisson, 446; Vergnolle, 444 Rousset, 187.

Quartier de l'Europe

Inscrits: 6.547. Votants: 3.683. Blancs ou nuls: 106. Suffrages exprimés: 3.577. Ont obteau

MM. Alfred Bour, rép. dém. 2.435 ELU De la Vasselais, nat.

libéral 567 voix Fournier, rad. ind 454 Coquelin, rép. soc. 80 Divers 41 Le premier tour avait donné dimanche dernier: MM. Bour, 1.046 voix: Gastambide, 879: Provost de la Farinière, 538 Marcel Habert, Fournier, 462 Chabrier, 210 de Puységur, 136.

LA CLOTURE D'AUTEUIL

En haut le pesage.

En bas l'arrivée du Prix Delatre llllliaittliaiiiiiaiiiiiliiaiiaiiiii m ̃itaiiiiiiuaiiBitaiiBitan an BnajiB

ÉCHANGE DE TÉLÉGRAMMES ENTRE M. ALGALA ZAMDRA i ET M. PAUL DQUMER

Dès qu'il eut appris l'élection de e M. Alcala Zamora à la présidence de la République espagnole, M. Paul Doumer, président de la République, lui a adressé le télégramme suivant C'est avec une vive satisfaction que j'apprends l'élection de Votre Exceldence la présidence de la République d'Espagne par les suffrages de l'Assemj blée constituante. Je tiqpa à vous féliciter de dn marque de haute confiance que vous a donnée ainsi la nation et à vous exprimer cette occasion les souhaits sincères que je jorme pour la prospérité de l'Espagne, le resserrement des liens traditionnels d'amitié qui unissent nos deux pays, atnai que pour votre 6onheur personnel.

M. Alcala Zamora a aussitôt répondu à M. Paul Doumer en ces termes Je m'empresse, monsieur le Président, de vous exprimer mes plus sincères remerciements pour les aimables félicitations que vous nvez bien voulu me transmettre à l'occasion de mon élévation la premières magistrature de la République espagnole, et je tiens à vous envoyer mes vœux les plus ardents pour la prospérité de la France e. votre bonheur personnel.

PARIS BAT BERLIN EN FOOTBALL

Avant le match du stade Buffalo les capi1 taines des deux équipes échangent des fanions en présence de l'arbitre

t Sanglante échauffourée à Hambourg

Hambourg, 13 décembre (dêp. Havas.) Sur la place du Dôme, débordante de monde en ce dimanche, comme c'est l'usage en Allemagne à l'approche de la Noël, les magasins restent ouverts et les camelots et marchands de jouets ambulants s'emparent des trottoirs. Les communistes tentèrent d'organiser une manifestation montant sur des estrades, plusieurs agitateurs haranguèrent la foule, avec succès, semble-t-il, car, en très peu de temps, il se formait un cortège de plusieurs centaines de personnes d'où partaient des cris de « A bas Brüning et où l'on ne tardait pas à entonner l'Internationale.

Les agents qui arrivaient à ce moment et se mettaient en mesure de disloquer le cortège furent accueillis par des huées et par une avalanche de pierres.

La situation menaçant de s'agraver. les schupos, qui avaient d'abord tiré plusieurs coups de feu en l'air, tirèrent dans la foule.

En quelques minutes, ils restaient maîtres du terrain.

Une personne a été tuée, et de nombreuses autres blessées, dont quatre grièvement.

D'Alger à Tunis

règne une tempête

i qui a causé de graves dégâts et fait des victimes

La régence de Tunis a particulièrement été éprouvée. A Tunis et à Bizerte, toute activité a été interdite pendant vingt-quatre heures l'électricité a fait défaut, les routes ont été toupies Une très forte tempête s'est élevée sur la côte nord de l'Afrique et a gagné l'intérieur des terres. Les départements d'Alger et de Constantine, la régence ;de Tunis sont très durement éprouvés par les vents qui ne cessent de souf- fier et les pluies qui s'abattent sans discontinuer.

C'est la Tunisie qui parait avoir eu le plus à souffrir de l'inclémence du temps. L'eau du ciel qui, depuis plusieurs jours, s'abattait sur la région de Tunis est tombée dans la soirée de samedi avec une abondance accrue. A la tombée de la nuit, le courant électrique a subitement manqué, laissant immobilisés tous les tramways dans les rues et les avenues, où les passants luttaient dans l'obscurité pour ne pas être emportés par la bourrasque. Les habitants de la banlieue, immobilisés en ville, ont pris d'assaut les taxis. dont beaucoup refusaient de partir. A chaque instant, des arbres s'abattaient, obstruant le passage et de tous côtés les fils téléphoniques se rompaient.

Les communications télégraphiques ont été complètement interrompues et le travail a dû être arrêté dans les usines. Privés de lumière, les établissements de spectacle ont dû fermer leurs portes. Sans nouvelles ni force motrice, les journaux du matin ont dû renoncer à paraître.

La campagne est inondée. Des centaines d'arbres sont arrachés. La ville présente l'aspect d'une véritable dévas- tation. Dans la nuit. le vent a cessé. mais la pluie n'a cessé de tomber que dans la soirée d'hier.

Tunis, à ce moment, se trouvait entièrement isolée, les routes étant coupées et les voles ferrées inondées. De ce fait, les trains de grande ligne ont cessé leur service seuls, quelques convois de banlieue ont pu circuler.

Le courant ayant été rétabli dimanche soir, la ville est à nouveau éclairée et les tramways fonctionnent.

On assiège littéralement les boulangeries qui n'arrivent pas à répondre aux demandes en raison de l'arrêt des pétrins mécaniques.

(La suite la troisième page.)

LES GRANDES ENQUETES DU "PETIT PARISIEN" LE GRAND RAID ET SE.S PILOTES

L'avion, c'est le miracle de l'aéro- nautique son symbole, c'est le grand raid. Par lui s'illustrent les notions plus ou moins vagues que nous avons de l'homme volant, de sa résistance, de son audace, de sa volonté. Qu'on apprenne demain qu'un appareil a joints d'un seul coup d'aile Paris à Pékin ou à Buenos-Ayres, on croit en savoir plus long sur les possibilités humaines que le savant dans son laboratoire ou le philosophe dans sa biblio- thèque. Aucune rubrique, dans les journaux, ne flatte mieux notre amour propre, n'encourage mieux notre orgueil.

Mais le grand raid n'est qu'un aboutissement. Cet avion qui s'envole à l'aube vers de lointains continents, sait-on tout ce qu'il représente ? Imagine-t-on les efforts qu'il a coûtés, les soins dont on l'a entouré, les perfectionnements qu'on n'a cessé de lui apporter ? S'il réussit à emporter dans ses réservoirs des milliers de litres d'essence, s'il décolle aussi vite avec un tel chargement, si ses huit ou dix tonnes tiennent l'air aussi bien qu'un dreadnought peut tenir la mer, c'est que, durant des mois, une équipe de techniciens ne l'a pas quitté un seul instant, qu'elle a songé, nuit et jour, à l'assouplir, à l'affiner, à le rendre plus maniable, plus solide, plus stable, à développer son r a y o n d'action, à étudier le rendement de son moteur, de son hélice, à changer des hypothèses en certitudes, à réduire le doute, à imposer l'espoir. Ce n'est pas tout. L'appareil mis au point, il a fallu demander au ministre de l'Air l'autorisation de départ, aux pays qu'on va traverser les autorisations de survol. Ii a fallu d'innombrables visas, et ce ne fut pas la plus mince affaire. Il a fallu minutieusement examiner la topographie de l'itinéraire, les possibilités qu'offrent certaines contrées à un atterrissage éventuel, les secours qu'on peut en attendre. n a fallu surtout le concours de la météorologie, sans quoi nul raid ne saurait être, aujourd'hui, tenté avec quelque chance de succès.

Contrairement à ce qu'on peut croire, l'avion de grand raid est loin d'apporter dans sa construction une formule nouvelle qui puisse bouleverser les notions acquises. Il est plutôt la synthèse des dernières découvertes appliquées sur des appareils de modèle courant. On s'est étonné de voir Costes et Bellonte traverser l'Atlantique sur un type de série, à peine modifié. C'est que, du Nungesser-Coli qui fit ParisDjask jusqu'au Point-d'interrogation, on s'était plus attaché à améliorer qu'à créér. La recherche en fut, d'ailleurs, aussi difficile, le travail aussi cpnsidërable. D'abord, on allongea le fuselage d'un mètre d'envergure, puis on monta de nouveaux mâts en acier, on fit du corps central un vaste réservoir d'essence. Enfin, on remplaça le moteur par un autre, de puissance plus grande. Mais l'aspect de l'avion ne s'était que peu modifié. Sa structure restait la même. Des 5.500 kilomètres du premier raid, il allait pourtant passer aux 7.905 de Paris-Tsitsikar, aux 8.029 du circuit fermé et au Paris-New-York, sa consécration.

De pareils résultats ne s'obtiennent pas sans tâtonnements. Costes me racontait que, au cours de son raid vers Tsitsikar, les carburateurs avaient « givré au-dessus du lac Baïkal, ce qui rendit un moment sa situation critique. Dès son retour, il décida de remédier à ces inconvénients. C'est ainsi qu'il imagina un volet de réchauf- fage à l'entrée ti'air des carburateurs. Ce système qu'il adopta au Pointd'lnterrogation lors de la traversée de l'Atlantique devait lui donner toutes satisfactions. Il avait, d'autre part, fait changer son poste de T. S. F. et installer à bord de nouveaux instruments de contrôle de vol, cependant qu'un dispositif lui permettait de se débarrasser, à volonté, des réservoirs supplémentaires disposés sous le plan inférieur.

Maurice BOURDET

(La suite la deuxième page.) Un autobus est arrêté en Yougoslavie par un vol de palombes

Belgrade, 1 déc. (dép. Petit Parisien.) On mande de Lioubiiana qu'un chauf- feur conduisant un autobus qui assure le service de Gornje et Radgona fut brusquement enveloppé dans un véritable nuage de palombes vraisembla- blement pourchassées par des rabat- teurs. Le chauffeur dut arrêter sa voi- ture et attendre la dispersion des oiseaux pour reprendre sa route. Il faut dire qu'un froid très vif règne dans tout le pays. La neige tombe depuis quatre jours et atteint, dans la région de Kossovo, 1 m. 80. Les communications ferroviaires sont devenues très difficiles.

Deux sous pour la santé. (Voir d la deuxième page.)

françaises qui ont vendu hier à Paris des milliers et des milliers de timbres antituberculeux

UNE MÈRE ÉTRANGLE SES DEUX ENFANTS ET SE SUICIDE

« ELLE S'ENNUYAIT TROP ». >

Roland et Bernard Blondelon

Un drame qui a fait trois victimes s'est déroulé, à Montgeron, villa l'Ermitage, propriété située chemin du Dessus des -;Vignes, au lieudit du Mouzet », et appartenant depuis octobre dernier à M. Emilien Blondelon, quarante-quatre ans, caissier principal à l'Assistance publique. 43, avenue Victoria, à Paris.

M. Blondelon, fonctionnaire consciencieux, avait été pendant cinq ans caissier à l'hospice de Brévannes et demeurait alors dans cette localité, 18, avenue des Deux-Clochers, avec sa femme, née Marthe Block, quarante et un ans, et ses deux enfants, Roland, huit ans, et Bernard, trois ans. Il y a trois mois environ, il fut nommé à l'Assistance publique, à Paris, Pour se rendre plus facilement à son travail, il acheta le pavillon qu'il habite actuellement. Samedi, vers 20 h. 30, en rentrant chez lui, il fut étonné de trouver vide le rez-de-chaussée de la maison. Il appela sa femme et ses enfants. N'obtenant pas de réponse, il monta au premier étage. Là, un affreux spectacle s'offrit à ses yeux. Sa femme morte était pendue, à l'aide d'une cordelette, au vasistas du cabinet de toilette. Dans une petite chambre voisine, les deux enfants, sans vie, reposaient à côté l'un de l'autre dans un des petits Hts où ils couchent habituellement.

Affolé, M. Blondelon courut chercher le docteur Terrade. Celui-ci vint aussitôt. Malheureusement, il ne put que constater que la pauvre femme et ses enfants, qu'elle avait étranglés, avaient cessé de vivre.

Pendant ces constatations, M. Mercier, brigadier de gendarmerie de Villeneuve-le-Roi, et le gendarme Dupuich venaient procéder à l'enquête.

Le malheureux M. Blondelon, homme doux et très estimé à Brévannes et à Montgeron, leur montra, en sanglotant, une lettre écrite par la désespérée.

« Je m'ennuie trop, écrivait-elle, je ne pourrai jamais m'habituer à vivre ici. Je regrette que tu aies accepté ta nomination à Paris. Nous étions si heureux à Brévannes. Te te'" demande pardon, ainsi qu'à mes parents, mais je me donne la mort et j'entraîne avec moi mes enfants, car je ne veux pas les savoir sans mère. »

D'après le docteur, la mort des trois victimes est survenue dans la matinée. La désespérée avait été atteinte, à l'âge de quinze ans, du mal de Pott. et elle avait une sœur internée en Amérique. Elle était très heureuse dans son ménage et avait une bonne, partie depuis trois jours seulement. Elle n'avait jamais manifesté d'intention de suicide, n'ayant aucune raison apparente pour cela. On suppose qu'elle à attendu le départ de son mari et que, profitant du sommeil des enfants, elle les a étranglés l'un après l'autre dans leur lit et les a couchés ensemble. Puis elle s'est pendue.

M. Cottin, procureur de la République à Corbeil. et Lecharny, juge d'instruction, se sont transportés sur les lieux et ont entendu M. Blondelon, dont la douleur est navrante et qui ne peut s'expliquer ce drame que par un accès* de folie subite de la mère criminelle. L'action publique étant éteinte, le parquet a délivré le triple permis d'inhumer.

L'homme sans nom Il ne peut être ni électeur ni soldat; on ne veut de lui qu'à la prison

Lyon, 13 déc. (dép. Petit Parisien.) Il y a peu d'hommes, sans doute, qui, dans notre siècle, atteignent l'âge de vingt-six ans sans avoir d'identité régulière. C'est cependant le cas pour celui qui dit être Mathieu Castelli, né à Pietra-di-Verde (Corse) le 28 juillet 1905.

Lorsque Mathieu Castelli vint au monde, son père faisait son service militaire dans la métropole. Sa mère, qui avait d'autres soucis, négligea de déclarer sa naissance ce fut pour lui la source de toutes sortes d'ennuis. Les époux Castelli divorcèrent; Mme Castelil se remaria dans un village de l'Isère, gardant avec elle son enfant. Mathieu atteignit ainsi ses vingt ans. Il alla à la mairie de sa nouvelle résidence.

Veuillez m'inscrire sur la liste de recensement, demanda-t-il.

Parfaitement. Montrez-moi une pièce d'identité.

C'est que. je n'en ai pas.

Eh bien réclamez un extrait de naissance à la mairie de votre commune d'origine.

Mathieu Castelli écrivit au maire de Pietra-di-Verde. Il reçut peu après une lettre ainsi conçue « II ne m'est pas possible de vqus adresser la pièce de.mandée, votre nom ne figurant pas au registre de l'état civil.

« On m'acceptera bien toujours comme soldat, se dit alors le jeune' Corse. J'aurai. alors une identité avec mon livret militaire. »

Et Il se rendit aux bureaux de l'état major de la place de Lyon. La menu