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Les grandes enquêtes du "Petit Parisien"l' llllll>IIM>MIM>IIIMlltltMlltlllll>MI*llll|llli<IIIIIMIIMtlllllllllll|IHIllIIMIIIIIII|||||||||II|l||||1t|||I|||||t||||||l|||tttlIllllllll|||ll||IMIIIIl>

Pilotes de ligne

Jean Plouharnel a trente ans (1). Ses parents le destinaient à la marine militaire. C'est une situation sûre. Plusieurs générations de Plouharnel ont passé leur vie sur la mer Il devait suivre la tradition, observer la. même discipline, porter le même costume.

Le lendemain de son second bachot, Jean Plouharnel a pris son bantême de l'air. « Si ça l'amuse.» avait dit son père. Mais on ne joue pas avec sa vocation. Au moment de devenir marin, le garçon a posé ses conditions. Il ne montera pas à bord d'un cuirassé mais d'un hydravion. Il a compris que c'était là sa vraie carrière. On ne désarme pas facilement des convictions.. Quand Jean Plouharnel est entré dans l'aéronautique maritime, il avait triomphé des menaces, des larmes, des promesses artificieuses, et surtout, de vingt ans d'espoirs. Enfin, il restait quand même dans la marine. Un beau jour, ses parents ont appris qu'il avait démissionné. Il est au service d'une compagnie aérienne. Deux fois par semaine, il amène son hydro de Marseille à Tunis, de Tunis à Marseille, Il a deux logements, deux petites automobiles. Peut-être a-t-il aussi deux amours, comme Joséphine Baker.

Jean Plouharnel est devenu pilote de ligne.

Robert Dumas est le fils d'un universitaire. Il avait fait toutes ses études pour être professeur. Famjlle oblige. Mais il se passionnait un peu trop à suivre dans les journaux les faits et gestes de l'aviation.

« Ah faire tout cela moi aussi.» Quand on a pris l'habitude de rêver, on finit par rêver tout haut. Robert Dumas a connu des gens qui l'ont su persuader. Aujourd'hui, il vole, quelque part entre Rangoon et Saigon. Il est pilote de ligne.

Si l'aviation marchande n'existait pas, Paul Bresson serait maintenant architecte Henri Mounet dirigerait une usine textile dans le Nord Louis Brunois vivrait des rentes de son père. Je ne crois pas qu'ils seraient plus heureux qu'ils ne le sont. Le métier des ailes est une vocation» la vraie-. Combien en voyez-vous de pilotes de ligne qui abandonnent leur « zinc D, quittent leur mécano, leur radio, se passent de maugréer le soir, à l'arrivée, quand la journée a été rude, que la météo n'a pas bien fonctionné, que le moteur a fait des fantaisies, combien en voyez-vous qui vont tout lâcher parce qu'on leur assure une place tranquille dans un bureau. la régularité des repas et des plaisirs, l'horaire de la bonne vie de famille et la perspective, après la retraite, d'aller planter des choux ? Qu'on nous la donne, cette statistique Elle serait bien éloquente. L'aviation est un vice dont on ne guérit pas.

Quand je vois Saint-Exupéry une fois tous les trois ans je finis, au terme du second déjeuner. par lui arracher quelques belles histoires, celles qu'on ne dit pas assez, pour la raison bien simple, il est vrdi, que leurs auteurs n'aiment pas à s'en vanter. Il s'agit de cette digne sœur de l'aviation qu'est l'aventure. Saint-Exupéry, qui a écrit sur son métier deux livres extraordinaires Courrier Sud et Vol de nuit couronné par le prix Fémina; SaintExupéry, l'un des premiers pilotes de l'Aéropostale, l'ancien chef de l'aéroport de Juby (là-bas, en plein bled mauritanien) et le roi des « dépanneurs préfère bavarder de ce qui lui tient le plus à cœur: du dernier Valéry, de l'Ethique de Spinoza, du romantisme allemand. Dirai-je qu'il a fallu bien de la patience à André Gide pour lui soutirer quelques confidences quand il préfaçait Vol de nuit? Du fond de son Rio del Oro, Saint-Exupéry avait bien d'autres sujets de méditation que lui-même.

Quand j'arrivai en Syrie, il y a quelques mois, je tombai sur une réunion de pilotes, que les hasards de leur vie rassemblent une ou deux fois par an. Naïf que j'étais de prévoir une documentation inespérée J'ai bien passé trois jours à leur faire un tableau du Paris printanier, des premiers bourgeons du bois de Boulogne, à leur parler de la der- nière création du Boulevard, des caprices de la robe longue. Ils n'étaient jamais rassasiées. Lorsque je leur demandai la pareille, ils se regardèrent stupéfaits. Me raconter ? Mais quoi donc ? La journée où le vent de sable grimpa jusqu'à deux mille mètres ? Celle où l'on navigua avec un moteur défaillant sur les forêts indiennes ? Les menaces d'atterrissage forcé ? J'insistai. Alors ils me parièrent de leur garde-robe qui avait engagé ave? le climat d'Asie une lutte trop inégale, des lettres de France qui ne leur étaient pas parvenues, des ami- nui les avaient oubliés, des mille Petits tracas que nous connaissons tous et qui prennent, à distance, tant H'importance. qu'on exagArp nour passer son humeur quand on n'a na° vu Paris denuis des mois et des rrois. Et puis nous rûmeq quelques quarts (1) Il va sans dire que tous tes nom> de pilotes dont il est question sont, ici, trarestis à dessein.

'Je haut en Cas les pilotes Bajac, mermoz et Saint- l^xupérv

Perrier. Il y avait là le chef de l'aéroport. Il évoqua des horaires, fixa des départs, des promesses de'fret, rappela qu'il fallait compléter lés carnets dte bord. Je l'écoutais. Toute une ligne se dessinait devant mes yeux. Ces pilotes, je leur assignais leur place Bagdad, Karachi. Calcutta, Bangkok, Saigon. Je les voyais vivre je sentais déjà tout ce que cachaient ces visages calmes, ces corps solides, je traquais dans ces yeux clairs le secret du courage quotidien.

Maurice, BOURDET.

(La suite à la quatrième page.) M. SALANDRA_ EST MORT Il était président du Conseil quand l'Italie dédara la guerre à l'Autriche et à l'Allemagne

Rome, 9 décembre (dép. P. Parisien.) Le sénateur Antoine. Salandra. ancien président du Conseil des minis-

tres, qui souffrait depuis longtemps d'artériosclérose, est décédé ce matin à 4 heures, à la suite d'une nouvelle crise. Il avait soixante-dix-huit ans. Le mariage « nul » du prince Nicolas

Le prince Nicolas de Roumanie et l>i- mitresco dont le mariage a été déclaré uul faute des consentements exigés par la loi LE CRIME DU FOURREUR L'instruction ouverte par M. Peyre, juge d'instruction, à la suite du meur- j tre, par son mari, de Mme Siavy et de son fils vient d'être clôturée par le magistrat.

L'ordonnance, communiquée à M" de Moro-Giafferi. conclut au non lieu. puisque les médecins experts déclarent que le fourreur, est en état de démence. Aussi va-t-il être interné par les soins de l'autorité administrative.

LA LIVRE MONTE Cotée précédemment à Paris 83.375 la livre a atteint hier, en clôture, le cours de 84,94.

LA POPULATION* DE LA FRANCE (recensement de mars dernier) 41.834.923 habitants dont 2.890.923 étrangers

11 y a eu accroissement en 5 années de 1.091.026 habitants i

MM. Laval et Flandin ont été entendus hier par la comm'ssion des finances au sujet des avances du Trésor

Le chef du gouvernement et le ministre des Finances ont justifié les décisions prises notamment en ce qui concerne l'aide à la Hongrie et le sauvetage de la- Banque d'Alsace-Lorraine et de la B. N. C.

La commission des finances a consacré toute sa séance d'hier qui n'a pas duré moins de cinq heures à la question des « avances » consenties par le gouvernement, en dehors de toute autorisation des Chambres, soit 1. des gouvernements étrangers soit à les institutions de crédit.

Les avances aux gouvernements étrangers ont été faites à la Yougoslavie et à la Hongrie. Il en a été fait également à la Pologne, mais, comme il doit en être fait d'autres encore, le dossier n'a pas été transmis à la commission. Les établissements bénéficiant du concours du Trésor sont la Banque d'Alsace-Lorraine et la Ban- que Nationale de Crédit.

L'ANALYSE DE M. LAMOUREUX La première partie de la séance a été consacrée à la présentation des dossiers communiqués par le gouvernement sur les conditions dans lesquelles ces multiples avances ont été consenties. M. Lamoureux, rapporteur général, a analysé les pièces, en a lu quelques-unes, a souligné les caractères généraux des opérations faites. A noter que M. Marcel Cachin et que M. Vincent Auriol, au nom de ses amis socialistes, ont déclaré ne pouvoir prendre l'engagement de ne pas divulguer, toutes informations que leur apporterait la lecture des dossiers et qu'ils voulaient rester juges de l'opportunité de taire tel ou tel renseignement.

Les avance» à la Hongrie

et la Yougoslavie

En ce qui concerne les avances faites à la Hongrie, c'est au mois de mai que les premières sollicitations sont devenues pressantes de la part du comte Bethlen. M. Aristide Briand en I informe le ministre des Finances; il souligne que le comte Bethlen a été parfaitement correct dans l'Anschluss et qu'il a donné son plein agrément à l'oeuvre de solidarité européenne. Après la visite d'un enquêteur français en Hongrie (M. Charron), qui constata les retraits.massifs de capitaux étrangers, le déficit budgétaire, la mauvaise rentrée des impôts, notre gouvernement estima qu'il fallait limiter l'effort français, auquel, d'ailleurs, s'associaient plusieurs autres puissances. L'opération fut conclue fin juillet et le comte Bethlen en remer- cia chaleureusement notre ministre. C'est la Banque de l'Union Parisienne qui réalisa l'opération.

Quelques semaines plus tard, la Yougoslavie fut en difficultés; elle ne réussit pas trouver aux Etats-Unis preneur pour un gros paquet d'obliga- tions. Elle se tourna naturellement vers la France et celle-ci accueillit favorablement sa demande. Aussi bien les immenses richesses naturelles de la i Yougoslavie constituent une garantie de premier ordre. Le 16 octobre, la convention était signée le Trésor français souscrivait 250 millions de francs le 19 octobre, en échange de garanties sérieuses et de promesses concernant le maintien de l'étalon d'or, l'attribution de concessions, la passation de commandes à l'industrie française,

ILea aaancea à la Bartqve

j d'Alsace-Lorraine et à la B. N. C. A l'égard de la Banque d'AlsaceLorraine et de la Banque Nationale de Crédit, le problème est fort différent dans les deux cas, il s'est agi de « dégeler » des situations devenues brusquement critiques par l'insuffisance des liquidités. Les fonds rentraient mal tandis que les demandes d'argent se multipliaient de la part des déposants ou des escompteurs. Pour la Banque d'Alsace-Lorraine, M. Germain-Martin étant ministre des Finances (c'était sous le cabinet Steeg), le gouverneur de la Banque de France fit ressortir combien grave eût été la suspension de ses paiements alors qu'une direction avait, sous le contrôle de la Banque Bauer-Marchal, donné une grande extension à ses opérations, limitées avant la guerre aux trois départements séparés.

L'opération de sauvetage a été conçue et organisée dans les conditions techniques les meilleures le Crédit Industriel et Commercial a accepté de gérer l'établissement sans y chercher aucun bénéfice, mais en se faisant couvrir contre les pertes. Le Trésor a pour garantie toutes les réalisations de créances, les bénéfices de gestion, le prix du fonds de commerce et 20 millions dont a été pénalisé le conseil d'administration.

C'est le 19 janvier 1931 qu'en présence du ministre des Finances et de M. Moret une convention fut signéej entre MM. Bauer-Marchal et la Banque d'Alsace-Lorraine les premiers ont dû céder leurs 165.000 actions pour 1 franc.

Quant à la Banque Nationale de Crédit, on sait quelle est son importance 752 agences et succursales. 10.537 agents, 246.975 comptes créditeurs. Le gouvernement n'aurait pu rester impassible devant une menace de fermeture des guichets. Or, à la fin de septembre, les délais réclamés par de gros débiteurs compromettaient la trésorerie, alors que, suivant la déclaration faite par sq direction le 25 sep tembre 1931, la situation était parfai tement saine et les actifs supérieurs au passif.

La vie normale de la Banque Nationale de Crédit a été assurée, sous la surveillance d'un contrôleur nommé par la Banque de France.

(La suite à la deuxième page,)

LA BELLE FIN

D'UN BEAU VOYAGE M. PAUL REYNAUD AU LAOS

Df, Paut Reynaud a terminé son utile voyagy en Indochine par une rapide excursion en avèon jusqu'aux terres lointaines du Laos. Il s'était, en quelque aorte, réservé de partir sur un enchantement, puisque le Laos est d la fois la partie de notre empire indochi'lois la plus pittoresque, la plus laine et celle où la nation fran';aise est le plus aimée.

Il n'a pas été publié jusqu'ici de récit de ce rapide voyage. On lira avec intérét celui que nous recelons d'un correspondant occasionnet, qui est en méme temps qu'un ̃e.marquable fonctionnaire un écri vain colonial des plus attachants. iux extrêmes confins de notre em- L-ice colonial, le Laos mystérieux, relétué par delà les monts et les jungles d'Indochine, a marqué pour M. Paul Reynaud le terme d'un voyage de 20.000 kilomètres à travers les mers. les airs et les continents.

Après deux mois d'inlassables ran données, après l'Inde, la Malaisie, la Cochinchine. le Cambodge, l'Annam et le Tonkin après les sultanats javanais, les temples de Bali. les ruines d'Angkor. les tombeaux de Hué, la baie d'Along. la Porte de Chine, le ministre des Colonies a voulu, avant de regagner Paris, porter la parole et montrer le vrai visage de la France à Vien-Tiane, capitale du Laos, reine du Haut-Mékong, sur la frontière du Siam.

A 1.500 kilomètres de l'embouchure du grand fleuve asiatique, Vien-Tiane. la ville du santal, est séparée du reste de l'Indochine par des semaines de vovafre" à travers monts, ranidés et

M. I*à Ht.icret-M. Re.vnaud;' au second olarj. à gauche, le résident-maire de Vien-Tiane et, à,droite, le résident supérieur au Laos forêts. D'un seul coup d'aile, l'escadrille ministérielle, partie de Hanoi le 13 novembre, à 8 heures du matin, franchit tous ces obstacles pour arriver à midi en vue de l'inaccessible capitale du Laos.

Accompagné de M. Pierre Pasquier notre intrépide gouverneur général de j l'Indochine, M. Paul Reynaud voit maintenant glisser à 3.000 mètres au- dessous de lui la carte tourmentée de j la chaîne annamite qui sépare l'An- j nam-Tonkin des plateaux laotiens Aussitôt franchi ce redoutable obsta- cle, c'est l'immensité du bassin du Mékong, baigné d'un clair soleil hi vernal.

Au sud, sur la gauche des avions déchaînés, M. Paul Reynaud voit s'étendre à perte de vue, dans la direction du Cambodge, les plaines du Bas-Laos, évacuées par le Siam et occupées par la France en 1893, et où notre administration tutélaire, relevant les vestiges des anciennes principautés disparues, exerce directement son contrôle sur les Muongs provinciaux reconstitués.

Au nord, sur la droite de l'escadrille, c'est l'amoncellement chaotique des massifs du Haut-Laos, dressant, à 3.000 mètres d'altitude, leur cimes culminantes et dans les replis desquels a seul subsisté te royaume de LuangPrabang, volontairement placé sous notre protectorat en 1893, grâce à la diplomatie de notre consul, Auguste Pavie.

Droit vers l'ouest, la grande route aérienne d'Europe en Extrême-Orient, suivant la vallée du Mékong, est jalonnée, de 50 en 50 kilomètres, par les terrains d'aviation nouvellement construits au Laos Napé, Laksao, Nong- bua, Nanhiang. Paksane. Banthouey. Bandone, Vien-Tiane enfin, où l'esca- drille ministérielle atterrit le 13 novembre à midi.

Roland MEYES,

(La ouge.)

M. Maginot remettra aujourd'hui la médaille militaire

au prince de Monaco

Aujourd'hui jeudi, à 14 h. 30 M. André Maginot, ministre de la Guerre, remettra la médaille militaire au général prince de Monaco au cours d'une prise d'armes dans la cour d'honneur des Invalides.

la mémoire du professeur Guyon

Le oroteeseur Legueu pgononsant son.1 djsconii

Un poseur des T.C.R.P. avait accidentellement étranglé son voisin ivre et fait croire à un suicide Deux médecins, d'ailleurs, avaient conclu à une mort subite et naturelle Maia le docteur Paul, autopsiant le cadavre, inhumé depuis cinq mois, a constaté que le défunt avait été étran- glé et le poseur des T. C. R. P. vient d'être arrêté

M. Gaillard Daniel

Depuis quelques temps déjà, la police judiciaire enquêtait autour d'un décès suspect remontant à cinq mois. Les délicates investigations entreprises viennent d'aboutir à l'arrestation, sous l'inculpation d'homicide par imprudence, d'un ouvrier de la S. T. C. R. P.. qui a reconnu avoir accidentellement étranglé son voisin et ami et fait croire alors- à un suicide.

Ce meurtre involontaire fut commis le 11 juillet dernier.

A cette 'époque, au sixième étage d'un immeuble appartenant à la Ville de Paris, situé 159, rue du Châteaudes-Rentiers, le journalier Alphonse Gaillard, né le 20 juin 1893, à Bourges, habitait en compagnie d'une femme de vingt-six ans, Mme Adèle-Marie Hohweiller, née Bonnet, mère de trois enfants.

A. l'étage inférieur demeurait LouisGeorges Daniel, né le 19 octobre 1900 à Accolay (Yonne), poseur à la S. T. C. R. P., et qui vivait avec Mme Marie Morvan, trente-deux ans, originaire du Finistère, mère de trois enfants. Le 11 juillet, vers 17 heures, Alphonse Gaillard, qui avait passé la journée dans un débit voisin, en compagnie de Louis Daniel, se trouvait en complet état d'ivresse. Mme Hohweiller de- manda à Daniel légèrement pris de boisson, de remonter Gaillard dans son logement. Le poseur accepta et réussit, après de multiples efforts, à ramener l'ivrogne dans son logis, puis il descendit chez lui, où Il fut rejoint aussitôt par Mme Hohweiller, ses trois enfants, et la mère de Gaillard. Mensonges et silence

Cinquante minutes plus tard, Mme Hohweiller priait Daniel de remonter chez elle pour y chercher des langes pour son dernier-né. Daniel se rendit chez Gaillard. Il en revint bientôt et s'exclama, jetant la consternation autour de lui:

Gaillard est mort il s'est peadu Le poseur expliqua qu'il avait installé son voisin sur une chaise, dans la cuisine, lorsqu'il l'avait remonté et qu'en retournant prendre des langes, il l'avait trouvé pendu au lit au moyen de sa ceinture.

Le premier moment de stupeur passé, toutes les personnes présentes se mirent d'accord pour décider de ne pas alerter la police au sujet de ce « suicide ». Il fut conclu qu'on déposerait le cadavre de Gaillard sur le lit et que tout le monde déclarerait qu'il était mort subitement.

Cette version se trouva confirmée dans la suite par un médecin de quartier qui, appelé auprès du corps de Gaillard, diagnostiqua qu'il avait été foudroyé par une embolie. Le lendemain, le médecin de l'état civil qui examina à son tour le cadavre attribua la mort à une congestion cérébrale ou à une embolie et il délivra le permis d'inhumer.

Gaillard fut enterré au cimetière de Thiais. (La suite à la troisième page.) POUR ET CONTRE Qui a pris garde à ce fait divers récent ? Un cultivateur de Naisey (arrondissement de Baume-les-Dames) a découvert dans un buisson, à plusieurs kilomètres du village, le cadavrè d'un enfant de sept ans,' le' jeune Badct, pupille de l'Assistance publique.

L'enfant, disparu depuis la fin du mois d'août, était mort de faim et de froid. Sept ans C'était un de ces tristes gosses,qui ont le règlement pour papa et i administration pour maman. C'était un de ces gosses qui n'ont pas eu de berceau, qui n'ont jamais connu la chaleur du sein maternel. qui n'ont pas le droit d'avoir des parents.

Ayant charge de sa frêle carcasse. l'ad- ministration de l'Assistance publique avait fait, je pense bien. vis-à-vis de lui, tout son devoir c est-à-dire qu'elle avait certainement appliqué les règlements. Elle avait casé le gosse aux champs. le veux même croire qu un inspecteur était venu une fois ou deux < inspecter » l'enfant.

Sept ans 1 Le gosse était peut-être sensible comme si les enfants perdus devaient se permettre d'avoir des rêves L'enfant était peut-être craintif et mquiet. Peut-être portait-il sur ses menues épaules quelque lourde hérédité. Le gamin avait peut-être même qui sait ? l'audace de comparer son sort, son malheureux sort d'enfant sans enfance, au sort des gosses leureux qui ont papa et maman, qui nettent leurs souliers dans ta cheminée le ,oir de Noël. et qui s'endorment, la jour, née finie. entre les bras joints d'une mère qui chante.

Alors. un jour, le petit a perdu la tête. Le < cafard à sept ans Oa imagine cela Mais les gosses sans parents ne sont pas des gosses comme les autres Le seul droit qu'ils ont, c'est d'avoir des cha- ,Trins d'homme? dès qu'ils peuvent penser Un jour, le petit s'est enfui. Il a jouru. il a couru, comme une bête pour suivie. comme une bête apeurée. Il ses! sauvé, il s'est caché. La faim est venue. le froid est venu. On ne sait même pas «• le petit a pieuté. s il n a même pas pu tppeler sa maman Et il est mort dans un buisson, dans un fourré, comme un chien abandonné et. sans maitre.

N'insistons pas». Mauriça. Ptuoi.

Du danger d'être trop bienveillant UN MILLIONNAIRE

RISQUE DES POURSUITES] POUR AVOIR VOULU COUVRIR LES MÉFJiïSJI ÉCERVElÉ Il y a quelque temps déjà, deux personnes occupant de luxueux appartements dans un immeuble qui s'élève i4, square Alboni, la comtesse Ducretet de Bremond et M. Arnoux, direcitur de publicité, constataient qu un stock de plusieurs centaines de bouteilles de vins fins, liqueurs, du linge et même des meubles, le tout rangé dans leur cave, avaient mystérieusement disparu, Tous deux s'en plaignirent à M. Poirson, commissaire du quartier, qui confia la mission de retrouver les amateurs de >nns tins a l'inspecteur Parel, de la police judiciatre.

Ce dernier acquit bien vite la cerf tude que les objets dérobés n'avaient pas quitté l'immeuble. L'affaire en était là lorsqu'un des plaignants fut avisé par un de ses domestiques qu'un meuble disparu, un canapé, avait été aperçu dans une chambre du cin- quième étage.

Avisé du fait, M. Poirson perquisitionna dans cette chambre, occupée par un étudiant espagnol de vingt ans, M Antonio Saforcado, et appartenant à M. Crotet, propriétaire de trois des appartements de l'immeuble et ami de la famille de l'étudiant.

Dans cette pièce, on découvrit une grande partie des objets dérobés Interrogé, l'étudiant reconnut avoir forcé les portes^ des. caves et âérobé tout ce qui se trouvait chez lui. Après avoir consigné le jeune homme à sa disposition, M. Poirson s'apprêtait à se retirer lorsqu'un gardien de la paix de service à proximité vint l'informer qu'il avait trouvé sur la chaussée devant l'immeuble un stock de linge jeté par la fenêtre d'un appartement du cinquième étage.

Se doutant que d'autres objets volés avaient été entreposés dans l'appartement de M. Crotet et que ce derniar avait voulu se débarrasser de ces objets compromettants en les jetant par la fenêtre, le commissaire décida de perquisitionner chez lui. Et il y découvrit d'autres objets. 0

Devant ces faits. M. Saforcado et M. Crotet furent invités à l'accompagner jusqu'à son cabinet.

M. Crotet protesta alors de sa bonne foi, déclarant n'avoir jamais rien dérobé lui-même. Il avait simplement commis l'imprudence de « couvrir l'étudiant, seul coupable, en. ne le dénonçant pas, cela en raison des relations qu'il entretenait avec la famille du jeune homme, déclarations qui furent entièrement confirmées par l'Espagnol. M. Poirson

Crotet Saforcado

prit alors la décision d'envoyer au dépôt le jeune amateur de vins fins et d'inviter M. Crotet, bien qu'il ne doutât point de sa parole, à se tenir à la disposition de la justice.

Il est également à signaler que dans un des appartements de M. Crotet, personnalité fort riche et très répandue, devait avoir lieu, hier, l'inauguration d'une exposition de peinture, inaugu- jration qui ne fut point différée Un mécanicien tue

une jeune fille qui lui résistait 11 se suicide

Louis Moine aimait Raymonde Briot. Louis Moine était nécanicien-ajusteur il demeurait à Neuilly-Plaisance. 19 bis, avenue Victor-Hugo, et travaillait dans une usine de dynamos du XX" arrondissement. C'est là qu'il connut Raymonde Briot, elle aussi mécanicienne, et domiciliée à Paris, 16, rue Sorbier. Louis avait vingt-quatre ans Raymonde, dix-huit.

Lorsque Raymonde Briot quitta l'usine pour aller travailler dans un atelier d'appareillages téléphoniques de la rue Septius-Michel, Louis Moine éprouva un gros chagrin. Il avait déjà bien du mal à défendre _on amour, et il comprit qu'une séparation ne viendrait pas arranger ses affaires. Raymonde ne l'aimait pas; elle avait toujours repoussé ses assiduités, et Moine savait bien qu'elle ne serait jamais sa femme. Alors, il résolut de mourir. Il le lui dit. Elle ne le crut pas. Elle ne le croyait jamais. Pourtant, il avait acheté un revolver. Et il vint, hier matin, un peu après 11 heures, rue Septius-Michel. Il demanda Raymonde. Elle allait sortir. Il attendit. Et. lorsqu'il la vit, dans la cour, venir au-devant de lui, il marcha sur elle, la joignit, tira d'un geste rapide son revolver, l'appliqua sur la tempe de la jeune ftlle, et fit feu. Elle tomba, foudroyée. Le meurtrier retourna son arme contre lui et se logea une balle dans la tête.

Ainsi, il avait tenu parole. Mais il

Baymonde Uriot Lemoine

avait, à son suicide, ajouté l'horreur d'un meurtre inutile et cruel.

Les deux corps, 'par les soins de M. Bonnet, commissaire du quartier de Grenelle, furent transportés à l'hôpital Boucicaut,

L'ASSASSINAT DU TYPOGRAPHE Une troisième arrestation a été opérée

IIl s'agit d'un indiuidu qui aida emballer le cadavre et à le transporter à Herblay

C'est René Plisset qui, au cours d'un nouvel interrogatoire, a dénoncé le second complice de Mouvault

Plisset et son avocat, M* Thaon

René Plisset, dit « René l'Acrobate », dit aussi « Trompe la Mort », avait demandé à être interrogé par M. Gloria, juge d'instruction, avant la confrontation à laquelle il doit être soumis demain.

C'est qu'en effet le complice de Norbert Mouvault, qui a déjà menti un certain nombre de fois et s'est rétracté par la suite, avait, une fois encore, à revenir sur ses mensonges.

Hier donc, un peu après 16 heures, l'inculpé était monté de la souricière et s'engouffrait dans le cabinet n° 31 où l'attendaient ses défenseurs.

Trois heures après, la c confession était terminée elle avait mis au point quelques détails sans grand intérêt, mais elle avait aussi révélé le nom d'un nouveau complice de Mouvault. Fernand Martien, né le 17 août à Carrières-sou3-Poissy, et qui demeurait ces temps derniers, 2, boulevard ùtt Havre, à Colombes.

Les variations de Plisset

Je tiens à confirmer et à développer mes précédentes déclarations, expliqua dès l'abord Plisset. J'ai été hébergé par Mouvault, car j'étais sans j travail, aussi parce qu'il s'ennuyait, M me conta ses malheurs conjugaux et me dit, un jour, qu'il voulait, par ta force, obliger Brunet à lui révéler l'adresse de sa femme. Je n'ai jamais rien remarqué de suspect dans la maison de Puteaux et; le jour de « l'affaire », mon rôle consistait nniquement à me cacher, à voir sans être vu et i écouter. C'est pourquoi je me suis placé dans la petite cuisine, regardant à travers des carreaux. La première scène se déroula dans la salle à manger, et, si je n'en ai perdu aucun détail, je n'y ai en rien participé.

Et Plisset de confirmer entièrement le récit donné par Mouvault le 4 décembre

La seconde scène, reprit le misérable, se déroula dans la grande cuisine. C'est de moi-même que je suis sorti de ma cachette pour dire à Brunet « Toi, tu es un malin, je t'ai suivi pendant quatre jours et tu m'as échappé » Mouvault intervint pour dire qu'on 'allait mettre le typographie à la torture, au besoin par des pointes de feu.

Y avait-il du feu allumé dans la i maison interrompit M. Gloria.

Non, mais il y avait le gaz. Brunet ne prit pas la chose au sérieux. Moi non plus. Mouvault me dit d'aller à l'entrée de la cave chercher une corde rouge. J'y allai, je pris cette ficelle, qui était la plus solide de celles se trouvant là. Et de retour à la cuisine. j'attachai les mains de Brunet, derrière riait bien que toujours sous la menace du revolver de Norbert.

Ce fait seul, fit remarquer le juge d'instruction, constitue la. complicité vous participiez à une mise à la torture vous êtes donc responsable de ce qui s'est passé par la suite.

Je ne pouvais le prévoir, dit. Plisset, en baissant ta tête. et je regrette ce que j'ai fait si j'avais pu m'imaginer ce qui devait se produire, je aérais •– Mais lorsque Mouvault est monté chercher des serviettes c'est-à-diré les instruments de torture vous auriez dû intervenir ?

Je ne pensais pas qu'un crime -allait se commettre

Le cri le s'accomplit pourtant. D'après les nouvelles déclarations de l'inculpé, la scène totale dura environ trois quarts d'heure et l'étranglement proprement dit cinq min'.ité-î.

J'étais effondré, affirma I'acro- bate je tremblais comme une feuille depuis le moment où commença l'étranglement.

Après la mort, Mouvault fouilla le cadavre, espérant trouver l'adresse de sa femme. Il prit .out et notamment 30 francs que Brunet avait sur lui. Je n'ai pas vu de somme plus importante et je crois que Robert a gardé cet argent. J'eus grand'peine à allumer du feu et il brûla tout, jusqu'au béret basque du typographe.

Le crime perpétré, ce fut la promeI nade à travers Paris, marquée par trois ou quatre arrêts pour boire autant de cafés et par la mise à la poste de la lettre écrite par la victime.

Mouvault me dit, poursuivit Plisset, qu'il fallait se débarrasser du cadavre. Il pensait à Herblay, d'où il est originaire, mais il fallait. pour cela, une voiture. Il m'emmena enfin à Nanterre pour acheter du treillage. Je puis vous donner, à ce propos, ce détail chez le quincaillier, Mouvault voulait couper le I grillage, mais ce fut le marchand qui se servit des cisailles.

Cependant vous m'avez déclaré, lors d'un précédent interrogatoire, que vous êtes allé chercher ce treillage à la cave, aussitôt après l'assassinat ? C'était un mensonge, je pensais alors que je mî compromettais moins en ne révélant pas que j'étais allé avec mon camarade chez le marchand. Après cet achat, les deux complices allèrent dîner au restaurant Collinot, à l'angle de la rue Arago et de la rue de "Magenta, à Pute-ax.

Nous n'avions pas déjeuné et pourtant,. je vous prie de le croire, nous n'avons gpnère touché au dîner. Rentrès à la maison, Mouvault me dit qu'il allait chercher une voiture. Un quart d'heure après, il revint avec le