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Il faut désarmer l'armée du crime PLUS DE VENTE D'ARMES SANS PRÉSENTATION D'UNE AUTORISATION D'ACHAT

Agir pour diminuer la mortalité par le revolver, certes, tout le monde le veut.

Que faut-il faire ?

Il faut

1° Créer une règle là où elle n'existe pas, c'est-à-dire pour la fabrication, l'importation et la vente

2° Renforcer la réglementation actuelle quand elle s'avère inefficace.

Un gouvernement, des parlementaires s'en sont souciés. Leurs efforts n'ont pas abouti.

Lors des tentatives de désordres communistes de 1924 et au moment de l'affaire Macia, il avait paru nécessaire au gouvernement de M. Herriot, dont le ministre de l'Intérieur était M. Camille Chautemps, de prendre les mesures opportunes pour que, les soirs de rafle, les trottoirs explorés par la police ne soient pas littéralement jonchés de brownings abandonnés en hâte par leurs propriétaires poursuivis.

Le projet de loi que déposa alors le gouvernement répondait aux deux préoccupations que nous venons de dire créer et renforcer des textes Ce projet n'a jamais été rapporté. Devenu caduc à la fin de la législature dernière, il n'a pas été repris par les gouvernements qui se sont depuis lors succédé.

Trois propositions de loi, émanant de l'initiative de parlementaires, sont en instance devant la Chambre. Une proposition de résolution est en instance devant le Sénat.

Cette dernière émane de M. Sari, sénateur de la Corse, et elle invite le gouvernement à réglementer la vente et le port d'armes.

Les trois propositions pendantes devant la Chambre s'inspirent toutes, avec des variantes assez peu importantes, du projet de loi Chau- temps.

La première, du 28 février 1929, est signée par les députés du groupe républicain démocratique auquel appartient M. Champetier de Ribes, ministre des Pensions.

La deuxième, du 7 décembre 1929, a pour auteur M. Humbert Ricolfi, député de Nice, ancien ministre, vice-président de la Chambre.

La troisième, du 26. juin 193Q,_gst de M. Jacques Stern, député des, fiasses-Alpes.

Ces trois propositions ont été renvoyées à la commission de législation civile et criminelle présidée par M. André Hesse, avocat, ancien ministre, et le rapport en a été confié à M. Félix Gouin, député d'Aixen-Provence.

Pas plus que le projet Chautemps, pas plus que les propositions de loi déposées sur le même sujet au cours de la précédente législature, elles n'ont jamais été rapportées.

Plus ou moins développés, plus ou moins rigoureux, ces textes s'inspirent tous, avec quelques légères différences de détail, des principes suivants

1° Les armes fabriquées à l'avenir seront, comme les châssis et les moteurs d'automobiles, pourvues d'une identité particulière

2° Le commerce des armes ne sera plus libre. Il ne pourra être exploité ni par des mineurs, ni par des étrangers, ni par des condamnés de droit commun, ni par des condamnés à des peines de prison sans sursis, ni par des gens sur qui auront été recueillis des renseignements défavorables

3° Les commerçants vendeurs d'armes tiendront un registre à souches de leurs ventes et y inscriront les noms et adresses des acquéreurs

4° Ils devront se faire présenter par l'acheteur une autorisation spéciale d'achat ou une autorisation de port d'arme

5° Le port d'arme, pour les particuliers, sera toujours subordonné à l'octroi d'une autorisation par le préfet

6° Aucun permis de port d'arme ne pourra être attribué à des mineurs de vingt ans ou à des étrangers

7° La fabrication et la vente d'armes dans des conditions interdites par la loi seront réprimées par une amende de 1.000 à 10.000 francs et un emprisonnement de six mois à deux ans

8° Le port d'armes sans 'autorisation vaudra une amende de 1.000 à 5.000 francs et un emprisonnement de trois mois à deux ans 9° Tout crime ou délit de droit commun commis avec une arme à feu sera passible, en dehorq de la pénalité principale, d'une amende de 1.000 à 5.000 francs et d'un emprisonnement de un à cinq ans 10° Les circonstances atténuantes ne seront iamaip applicables.

Les sanctions prévues par ces quatre derniers paragraphes paraîtront sans doute sévères. Elles le sont moins infiniment que celles prévues par l'édit de François F\ qui envoyait au gibet les détenteurs illégaux d'armes blanches. Il s'agit, au surplus, de savoir si l'on veut vraiment extirper un mal social qui désole à la fois le moraliste, le sociologue et la foule des Français moyens. Ce n'est pas avec des amendes de 16 francs, accomna-

gnées de sursis, que l'on auralt pu, il y a quelques années, entreprendre une lutte suffisante contre l'abus des stupéfiants.

Raymond de NYS

(La suite à la quatrième page.) Le compositeur Vincent d'indv est mort hier, subitement Vincent d'Indy est mort subitement mercredi soir, au cours d'une crise cardiaque, à son domicile, 7, avenue de Villars. Il était âgé de quatre-vingt-un ans. Le compositeur avait dû, sur les conseils du professeur Vaquez et du docteur Beanaid, abandonner momentanément la direction de la Schola Cantorum et garder la chambre, où, d'ailleurs, il ne cessait de travailler. Ce n'est que mardi après-midi, alors qu'il était occupé à son ouvrage de Parsi-

fal, qu'il espérait terminer bientôt, quel proie à un malaise, il dut s'aliter. Mer credi. vers 18 h. 40. il fut pris d'un cyncope et succomba.

LES PRK

M. de Saint- Kxupery (a gauche), qui vient d'obtenir le prix Femiaa, et M. Pierre Biist, à qui a été attribué le prix Interallié (Voir d la deuxième page.)

Un Russe qui tua l'amant de sa femme est acquitté aux assises de la Seine.

Jean Fialko, alors officier russe, fait prisonnier en janvier 1918 par des matelots révoltés, fut fusillé dans un train en marche, puis jeté sur la voie on le tenait pour mort. Il avait été atteint de cinq balles à la tête et à la poitrine et il en conserve une immobilisée entre le crâne et la première vertèbre. En 1923, il se réfugia en France, Saint-Cloud. dans une maison de retraite pour anciens officiers de l'armée impériale. Bientôt, après avoir passé dans une usine d'automobiles, il devint chauffeur de taxi. s'établit à Issy- les-Moutineaux et fit venir sa femme. Mais il introduisit à son foyer un ami, Jean Dorster, qui devint l'amant de sa femme, laquelle, un soir, partit. Le drame devait se produire le 16 juin dernier, vers heures du matin, avenue Emile Zola. Fialko, torturé d'ennui et de jalousie, était allé guet- ter son rival. Il l'abattit de deux coups de feu, puis tourna son arme contre lui-même et ne sut que se rendre aveugle. C'est ainsi un homme à jamais infirme qui se présentait hier devant le jury.

C'est tout à fait par hasard. assura Fialko, qu'il a rencontré, ce' matin-là, son rival. Il portait sur lui son revol- ver. car il n'abandonnait jamais cette arme. Après une courte conversation entre les deux hommes, le jaloux saisit son arme et fit feu. Puis il ,tenta de se suicider.'

De Mm? Fialko on a perdu toute trace.

L'avocat générale Gaudel sut requérir avec humanité et avec mesure, demandant surtout que l'on n'acquittât pas. Mais le défenseur. M' Roudenko, évo-

Jean Fialko

quant la vie de martyr de cet aveugle supplia le iury de se montrer pitoyable Et, sur un verdict négatif, Fialko fut acquitté. A ta quatrième pare LE CONTB LA LEÇON DL GÉOGRAPHIE

M. PAUL REYNAUD RETOUR D'INDOCHINE EST RENTRÉ EN FRANCE L'hydravion miaistériel a amerri hier après-midi sur l'étang de Berre

Marseille, 3 décembre (dép. P. Paris Le ministre des Colonies, M. Paul Reynaud, est arrivé cet après-midi, à 15 h. 25, à Marignane, à bord d'un' avion de l'Air-Orient dans lequel avaient pris place son chef adjoint de cabinet. M. Palevrski; MM. Allègre, administrateur délégué, et Noguès, directeur de l'exploitation de la Compagnie Air-Orient. L'appareil était piloté par Pichodon, qui était assisté d'un radiotélégraphiste et d'un -mécanicien. Il devait être escorté par des hydravions de la marine qui étaient partis à sa rencontre, mais ces appareils, rencontrant un courrier qui revenait d'Ajaecio et qui suivait la route de l'avion du ministre, crurent qu'il s'agissait de ce dernier et l'escortèrent, si bien que l'appareil ministériel se posait tout seul sur l'étang de Berre. Quelques instants après, sur la jetée, M. Paul Reynaud était accueilli par M. Ribot, maire de Marseille M. Causeret, préfet des Bouches-du-Rhône et le général Lagarde M. Brenier, président de la chambre de commerce et plusieurs personnalités du monde maritime, commercial et colonial. Les honneurs lui ont été rendus par une compagnie du 141" régiment d'infanterie.

Déclarations du ministre à Marseille

Après avoir, dans le hangar de l'Air-Orient, pris une tasse de thé, le ministre est parti pour Marseille où il a bien voulu, dans le cabinet du préfet des Bouches-du-Rhône, nous recevoir et nous exprimer sa joie d'avoir fait un si beau voyage. J'avais, lorsque j'ai quitté Marseille, nous a-t-il dit. un double objet l'un était la prise de contact direct avec les populations indochinoises l'autre était, au retour, l'inauguration de la ligne impériale aérienne SaigonMarseille. Cette ligne existe, je viens de le constater J'ai quitté Bangkok en avion, le 20 novembre, et me voici. Je suis venu en plusieurs étapes par Rangoon, Calcutta, Bénarès, Delhi, Karachi, Djask, Bouchir, Bagdad, Damas, Beyrouth, Athènes, Corfou, Naples. C'est un voyage sans histoire au cours duquel les seuls incidents notables se sont déroulés au moment même où je ne voyageais pas en avion. La route de Damas à Beyrouth et celle de' Corfou sont assez, difficiles à suivre. Quant à mon séjour en Indochine, il a duré trente et un jours et j'ai parcouru 35.000 kilomètres en usant de toutes sortes de moyens de locomotion. J'ai procédé à une vaste enquête que j'ai commencée dès mon débarquement en Egypte. Partout où je suis passé, au cours- de mon. vpyage d'aller, avec les' autorités et rassemblé ainsi, une trèe vaste documentation recueillie au Caire, à Cèylan, à Singapour.

A partir de la Malaisie on a l'impression d'arriver dans un pays qui a été désolé par une crise économique. J'ai trouvé l'Indochine en pleine crise économique et en pleine liquidation de la fièvre de spéculation. Ce pays a souffert de la crise plus que beaucoup d'autres pays et, en particulier, plus que l'Europe. Cela s'explique parce qu'il est surtout producteur de matières premières et voué à la" monoculture. Songez,, par exemple, que Je riz .constitue ,.les '.soixante-neuf _£e;itiéïnes des exportations de la Coebinchin©, C'est un pays d'une grande beauté, unique au monde au point de vue touristique.

C'est quelque chose qu'il faut qu'on ^ache et qu'on répète.

(La suite à la troisième page.) POUR ei CONTRE J'assiste très rarement, je l'avoue, à des matches de boxe. Je dois même avouer que l'art de l'uppercut, du crochet, du droit et du knock-out est un art qui me parait encore un peu hermétique. Pourtant, je viens de prendre un vif plaisir à un combat de boxe. Je ne savais même pas que ce combat devait avoir lieu et je m'y suis vivement intéressé. le ne connaissais même pas de nom les deux boxeurs qui se sont mesurés sur le ring on voit quel profane je fais et je me suis passionné tour à tour pour l'un et l'autre de ces deux champions. J'ai suivi la rencontre round par round avec une émotion grandissante Au douzième round, j'étais vraiment emballé. Ce match s est déroulé chez mou de van mon fauteuil devant aussi quelques centaines de milliers de spectateurs. C'est par T. S. F comme bien on l'imagine que j'ai assisté à ce match. Mon sympathique et fidèle -quatre-lampes venait de me donner quelques tangos rigoureusement argentins, et. subitement, les rumeurs du match qui se disputait du côté du boulevard de Grenelle succédèrent aux accents gauchos.

Un speaker d'une complaisance infinie et, si j'ose dire, d'une agilité vi- suelle et verbale étourdissante s'empara i tout de suite de ma personne et m obligée) a me passionner pour ce combat que ignorais Dès le troisième round. je fus littéralement empoigné. La parole instan | \inee du speaker reproduisait instantané nent tous les détails de la bataille qui ̃ ivait ainsi lieu sous mes yeux. Les vocij férations des populaires, les acclamations de la foule tombaient en même temps chez moi. Le speaker, en dix secondes. irossait un portrait de Pete Nebo, l'Indien ̃ mx yeux de feu. de Locatelli, l'Italien I ïougueux. vivante machine à battre à I battre surtout les adversaires Mon atten tion ne pouvait plus s'en aller r étais là l'assistais à la rencontre, je voyais pieu voir les coups. le voyais Pete Nebo recu 1er dans les cordes, je le voyais un oeil I fermé, la bouche coupée. tenter encore le porter à Locatelli le coup fatal. Mais, dès le huitième round, moi qui ne comprends rien à la boxe. je sentais que IxKatelli allait vaincre Et le speaker au I /erbe bondissant jetait le match dans le micro, le micro lançait la bataille dans l'infini J'aurais assisté à ce match là-même où il fut disputé et je n'aurais sans doute pas connu une émotion pareille. La T. S. Fgrandissait cette rencontre, la T. S. F. lui donnait du mystère, de la grandeur _la T. S. F.i il me semble. TenBoblissait. Elle épurait le spectacle. le débarrassait de sa brutalité et lui donnait un caractère vrai- ment'émouvant, Maurice Pbax.' i

Un éclaireur d'Hitler est en reconmissance dans la capitale anglaise Il est arrivé ^depuis trois jours et a eu des eatr«tïei||.politiqiies extrêmement importants

Adolf Hitler lvu par Kelen)

Londres, 3 déc. (dép. Petit Parisien.) Notre correspondant de Berlin exposait dans le Petit Parisien du 24 novembre les progrès du nazisme et analysait ses chances d'accession au pouvoir daas l'hypothèse d'une démission du deuxième à l'affût d'occasions favorables pour 6'emparer du gouvernement

Les sondages auxquels les émissaires du leader fasciste allemand se livrent en ce moment en Grande-Bretagne ne laissent aucun doute sur ses projets. Depuis quelques semaines, on se passait en confidence la nouvelle tantôt démentie et tantôt confirmée qu'Hitler était attendu incessamment à Londres. Il n'est pas- encore venu en personne, mais il a envoyé en éclaireur un de ses lieutenants, M. Rosemberg, rédacteur en chef du journal hitlérien de Munich.

Depuis trois jours qu'il est à Lonr dres où il fait dire qu'il est venu perfectionner son anglais, M. Rosemberg ne parait -pas avoir perdu son temps. Il a eu des entretiens politiques avec certains conservateurs d'eattpçme droitsqui aspirent jouer uh rôlé et il aurait eu le privilège d'une entrevue avec le gouverneur de la Banque d'Angleterre auquel il aurait apporté, de la part de son chef, des assurances fermelles concernant ta sécurité des crédits britanniques -actuellement « gelés » en Allemagne¡.Ces assurances ne vont pas sans contre-partie.

Ce que les nationaux socialistes demanderaient en échange; c'est l'assentiment du parti conservateur anglais à leur inclusion éventuelle dans un gouvernement dont leur émissaire a -d'ailleïirs ftHta«i«i»naître le ,-projr»«nme,. Aussi peut-on • tenir pour vraisemblables certaines riithéuÉs selon lesquelles M. Rosemberg aurait déjà vu un sous'secrétaire d'Etat parlementaire et serait porter d'un message pour une autre haute personnalité gouvernementale. On assure enfin que ces tractations sont favorisées par certains établissements ftnancièrs assez sérieusement engagés en Allemagne. A la lumière de ces faits, on voit aisément la trame de l'intrigue'et son objectif. J. M.

LSfisiàSe

de ta suret générale

L'insigne offlo qui permet au pe sonnet de la suret générale de se fair instantanément rf :onnaltre. i n-s i g n dont nous avons ai nonce la création, été remis, hier, au inspecteurs des se! vices actifs.

A L'ARC DE TRIOMPHE

Les soldata.de la 22e section des C. O. A. sont allés, hier matin, déposer une palme sur la tombe du Soldat inconnu.

AUTRES TEMPS. AUTRES MCEU RS.

1 APPARTEMENTS A LOUER I

Ou l'on voit des bailleurs qui jettent du lest.

.Et des Parisiens d 'oc~~çaswn qui s en retournent chez eux.

Dans un précédent article, nous posions une question « Faut-il conclure, de la renaissance de l'écriteau « Appartement à louer », que la crise du logement touche à son dénouement? s Nous avons vu que le prix généralement élevé des appartements vacants laisse un doute quant à la réponse. L'opinion des compétences ne l'éclaircit pas complètement.

A la chambre des propriétaires, on se montre, comme toujours, fort courtois et, comme souvent, fort réservé. Les propriétaires confient bien aux dirigeants de ce groupement leurs ennuis avec de mauvais locataires ou leurs inquiétudes quant aux lois qu'ils estiment trop dures pour eux; mais ils ne les entretiennent pas de leurs appartements vacants.

Officiellement, donc, le distingué directeur de la chambre ignore tout de cet aspect nouveau et imprévu de la crise, et de ce paradoxe apparent: des appartements qui ne peuvent se louer quand il y a des familles qui ne peuvent se loger.

A titre personnel toutefois, il ne manque pas de voir qu'il y a tout de même des écriteaux et il évoque le temps où il devait publier, dans l'intérêt de ses adhérents, un bulletin trimestriel des appartements à louer, à l'usage des aspirants locataires. Nous n'en sommes pas là, dit-il, et nous n'y viendrons sans doute qu'après le retour au droit commun, vers lequel la dernière loi des loyers nous ramène par paliers.

Entendons par ces paroles que la loi de l'offre et de la demande ne jouera franc jeu que du jour où il n'y aura plus deux catégories d'immeubles: les neufs, qui échappent à toute réglementation, et les anciens, qui sont soumis aux restrictions légales.

Cette thèse fut toujours celle de la chambre des propriétaires.

Elle semble être aussi celle des agents immobiliers.

Ceux-ci, toutefois, semblent mieux informés des difficultés que rencontrent les propriétaires.de certains immeubles pour louer leurs maisons. Les appartements très chers, nous dit l'un d'eux, étaient loués, pour une grande partie, à des étrangers. Les étrangers s'en vont et les appartements chers perdent le plus olair de leur clientèle.. On a beau les baisser, ils ne trouvent que difficilement preneurs. A partir de 20.000 francs de loyer, on n'a que l'embarras 'du choix pour se loger. Mais les appartements moyens, errtïfe a«:«08 et 15.080- franes, sont bien rares, Quant aux petits, an-dessous de 10.000= francs, je n'en connais pas. A la vérité, cet agent immobilier n'est aussi absolu que parce qu'il n'opère que dans les quartiers de luxe. Or c'est surtout, mais ce n'est pas seulement, dans ces quartiers-là que l'on voit réapparaître l'écriteau. Il n'y a pas que les riches étrangers qui s'en vont. Bien des travailleurs étrangers ou français, venus de leur pays ou de leur: province pour chercher une place à Paris, s'en retournent, fuyant le chômage .ôt ses misères.-

La preuve ?.Elle tient dans cette {?claratibn,. qui nous fut faite à l'Office de la main-d'oeuvre agricole

Encore qu'il soit impossible de vous donner actuellement des chiffres précis, le nombre des rapatriements effectués par nos soins dans différentes régions de France est très nettement supérieur à ce qu'il fut naguère. Or chacun de ces ex-déracinés, quand il retourne dans son village, laisse un logis vacant, et ce n'est pas, assurément, ce que l'on est convenu d'appeler.un « luxueux appartement »! C'est le plus souvent un garni, dirat-on ? Possible mais cet abandon d'un certain nombre de garnis doit entraîner, par répercussion, une amélioration du régime de l'habitation. La courbe des transformations de locaux en appartements meublés fut longtemps ascendante, en dépit de la loi. Elle s'est un instant stabilisée. La voici qui commence à descendre par le jeu de la transformation inverse. Là encore, c'est surtout le meublé luxueux qui redevient appartement sans meubles. Mais le « garni » tout court suivra, en même temps que reviendront aussi à leurs destinées normales tant de logis, devenus « locaux commerciaux au cours de cette course effrénée aux affaires, de cette étonnante période d'euphorie éphémère, qui devait préparer de si dommageables désillusions. Léon GROC.

Le cadavre de Louis Brunet a été repêché hier à Herblay Le corps putréfié était enroulé dans un couvre-pieds et enveloppé d'un treillage lesté de quinze briques et d'un pavé Norbert-Mouvault sera interrogé aujourd'hui à /5 heures par le juge d'instruction

Après deux journées de- rechercher infructueuses à la pointe de l'ile d'Herblay, les inspecteurs de la police judiciaire ont repris, hier matin, leur dabeur opiniâtre, malgré la brume, le droid, le fleuve hostile.

Dès 7 h. 30, le patron Spell et le scaphandrier Le Gall sont à pied d'oeuvre, Ils savent que la vase et le manque de visibilité par des fonds de six mètres, sous un ciel gris, rendent longues et pénibles leurs investigations. Mais ils sont armés de patience et désireux d'aboutir.

Sur les berges du fleuve, de nombreux curieux sont accourus. Nombre d'entre eux, armés de jumelles, suivent les opérations ».

Plisset l'acrobate, qui fut, d'après lui, le témoin oculaire » de la sinistre immersion, vient d'arriver, menottes aux mains, frileux dans son petit pardessus gris, le bord du chapeau rabattu sur son visage.

L'inspecteur principal Moureux et les brigadiers Petit et Lavail, sur ses explications, font larguer l'embarcation à la pointe de l'île, et l'on. accoste

Plisset, la cigarette aux lèvres, assiste aux recherches

le ponton, où les appareils de plongée sont disposés.

Plisset, qui a les mains rougies par le froid, demande aux policiers qu'on lui enlève ses menottes. On accède à son désir. et glisse aussitôt ses mains dans ses poches.

L'inspecteur principal Moureux l'invite à indiquer l'endroit exact où le corps de Brunet fut Immergé. Le complice de Mouvault semble hésiter ses souvenirs, apparemment, ne sont pas très précis.

Je-ne sais plus bien, dit-il. C'était la nuit.- L'obscurité était profonde et moi, naturellement, très ému.

/r Toutefois, d'un geste, il indique un point du' fleuvr, à 25 mètres en aval. C'est» probablement là, dit-il. C'est donc une zone nouvelle, qu'il, s'agit d'explorer, en dehors du « trou aux anguilles n, où les recherches avaient été négatives. Par quatre fois, le scaphandrier Lé Gall plonge. On voit à la surface du fleuve des bulles d'air se gonfler et éclater. Une vase noirâtre, mouvante comme un nuage, est suspendue entre deux eaux et dénonce les' mouvements de l'homme, sa marche difficile. les coups de sonde

et de crochet sur le lit inégal du fleuve. A 10 heures, Le Gail prend quelque repos.

Plisset, dont la présence n'est plus jugée nécessaire, est reconduit à la police judiciaire. 8

« Ça y est Je l'ai trouvé

Mais les inspecteurs et le scaphandrier ne sont pas hommes à se décourager. Ils décident une cinquième plongée. Le Gall glisse dans la grisaille du flot. Le patron Spell « donne du mou » au câble à la demande du scaphandrier.

Par trois fois, la corde se tend et claque sur le ponton, vigoureusement empoignée. Le Gall, en bas, a trouvé. C'est le signe conventionnel.

On remonte Le Gall le lourd casque émerge dans les remous bourbeux.

Son casque aussitôt enlevé, le scaphandrier, qui reste agrippé à l'échelle. dans l'eau jusqu'à mi-corps, raconte sa découverte

Ça y est Je l'ai trouvé Le corps est enfoui dans la vase, allongé et joliment bien saucissonné. raille-t-il comme pour dissimuler son émoi.

A l'inspecteur Moreux qui le questionne avidement, Le Gall explique Oui, je vais le remonter. J'ai réussi à mettre le cadavre debout et à l'éJinguer solidement pour qu'il ne file pas sous l'effet du courant.

On réconforte le brave marinier d'une tasse de café chaud. Et, pour la sixième lfbl$, Le Gall plonge. Il va disposer les 'câbles qui vont permettre de ramener à flot le cadavre de l'infortuné typographe.

Voici le corps

Sur le ponton, on s'affaire.

Doucement, les câbles sont raidis. Des cercles fangeux s'élargissent sur la Seine. Une masse engluée apparaît bientôt et oscille à chaque appel des élingues. Une odeur pestilentielle s'épand dans l'air humide.

Le cadavre de Brunet. comme momifié, est serré dans un réseau de Rla de fer rouilles et souillés de vase.

On l'amarre au ponton, cependant que le brigadier Moreux téléphone u la police judiciaire pour annoncer macabre découverte.

En attendant l'arrivée de MM. Guichard, Guillaume et Gabrielli, on décide d'immerger un peu le corps.

A 14 heures, ces messieurs arrivent, bientôt rejoints par le docteur Paul. Les enquêteurs se rendent aussitôt en barque sur les lieux du lugubre repêchage. Le corps est sorti de l'eau. Un couvre-pied grls rayé de rouge l'entoure comme un suaire.

Un pied chaussé de jaune émerge de la couverture, à laquelle sont fixées par du fil de fer sept lourdes briques. Au milieu du corps apparaît un gros pavé. Huit briques sont liées à la tête. Le tout est enveloppé d'un treillage métallique de 30 mm. de maille.

Le docteur Paul examine rapidement le corps qu'on vient de déposer dans le canot de M. Spell. Il mesure 1 m. 78 de la tête aux pieds. La poitrine et le bassin sont fortement comprimés par les liens.

Après ces premières constatations, l'éminent praticien déclare qu'il est impossible qu'un homme ait pu exécuter ce travail d'emballage sans être secondé.

Comme la pluie se met à tomber, on renonce à faire l'autopsie au cimetière d'Herblay. Le -corps est donc emporté en fourgon automobile et dirige sur l'institut médico-légal.

Le typographe a bien été' étranglé

A l'institut médico-légal, le cadavre dans son « empaquetage » a été tout d'abord photographié. Puis le docteur Paul, qui procédera l'autopsie aujourd'hui, examina attentivement le funèbre colis.

Le: treillage avait été..soigneusement rabattu sur la tête et sur.'les pieds. On retira les 15 briques et le lo-Jfd pavé.

Quand le corps fut dégagé,* apparut qu'il se trouvait, enserré dans une couverture fermée en plusieurs endroits par cinq points de fil de laiton, notamment sur la poitrine l'assassin avait, en outre, solidement fixé les-deux extrémités de ce linceul au moyen de plusieurs tours de fil de laiton.

La couverture enlevée, on constata que le typographe était vêtu d'un complet veston, d'une chemise, d'un faux col, d'une cravate.

Détaid important le faux col était attaché, intact la cravate n'était pas défaite elle se trouvait en place, Aucun bouton de la chemise n'était arraché. Ceci semble indiquer qu'il n'y a pas eu de lutte entre la victime et son bourreau. Autour de 1a tête se trouvaient un journal. une taie d'oreiller, deux serviettes dont une marquée M. C.; initiales des époux Mouvault. la femme de l'assassin étant née Pauline Crenier.

Autour du cou se trouvait une autre serviette avec raies de couleur, marquée « Meubles ». Elle était roulée et avait un noeud du côté drolt c'estcette serviette qui servit à étrangler le typographe.

Toutes les poches de£ vêtements de la victime étaient retournées. On n'y a recueilli qu'un mouchoir lui appartenant.

Les mains ne se trouvaient plus ligotées elles étaient placées l'une contre l'autre sur le ventre.

Aucune blessure n'a été relevée sur ip cadavre.

Louis Brunet est bien mort étranglé. Norbert Mouvault sera interrogé au-