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Mon périple

CHANGHAÏ carrefour d'un monde en transformation par Elie FAURE

Changhaï, novembre.

Je pense, et j'ai souvent écrit, que notre époque rappelle singulièrement l'aurore du christianisme. Une société à tel point originale qu'aucun prophète, alors, n'eût pu prévoir la figure qu'elle prendrait féodalité, corporations, règne des métiers, communes surgissent des cathédrales germait des ruines du monde antique, bercée dans les cœurs rajeunis par la marée sentimentale des femmes et des pauvres gens, quintessenciée dans les esprits par l'activité pullulante des nabbis juifs et des professeurs grecs, contrebutée par l'armature administrative et légalitaire de Rome qu'exprimait l'architecture, heurtée à toutes ses frontières par le flot des barbares du dedans et du dehors. Il s'agissait, comme aujourd'hui, de renverser les valeurs. Et rien, de notre temps, ne manque aux éléments pour ainsi dire chimiques de la composition du corps nouveau. De vieux cœurs flétris recommencent à battre dans l'aube encore incertaine d'une formidable aventure. La femme franchit une étape décisive de son émancipation. Le pauvre s'agite, accroît sa masse, l'organise peu à peu. Les philosophes et les économistes surgissent de partout pour spiritualiser l'énorme matière accumulée par l'industrialisme et l'arracher au chaos, la science lui prépare une charpente que la technique constitue. Le barbare des champs, des usines, des steppes envahit tous les carrefours. Et prenez garde qu'il'n'y manque pas les foyers d'élaboration où la vie nouvelle fermente dans les cerveaux et les mœurs, parmi les travailleurs silencieux qui ébauchent les grandes lignes de l'édifice à construire, les apôtres bruyants qui les proposent et les discutent, les brasseurs d'affaires véreux, les prostituées, les proxénètes qui fournissent son eau bourbeuse au mortier. Rome, Antioche, Alexandrie, la ville cosmopolite des premiers temps du christianisme ressuscite de toutes parts. encore ou des millions d'hommes ^'agitent, nés comme des lucioles et des larves de la pourriture et de l'espoir, veillent à empêcher la somnolence, à aiguillonner l'habitude, à donner son levain à la pâte du pain frais.

Certes, le nouveau drame est plus vaste que l'ancien. Il ne se passe pas autour d'une petite mer. Tous les continents, tous les océans prennent part au divin colloque. Rio, Buenos-Ayres répondent à Milan, à Hambourg, à Barcelone, à Chicago.

Une rue du Vieux-Changhaï

San. Francisco, Los Angeles échangent des propos passionnés avec Yokohama et' Mexico. Calcutta, le Caire, Sydney se mêlent de ce qui se passe à Londres. Hong-Kong parle simultanément avec Tokio, Anvers, Pékin, Moscou. Un phénomène absolument nouveau est apparu sur la planète. Il y a bien moins d'un siècle, son appareil circulatoire "%t son réseau nerveux étaient ceux d'un mollusque ou d'un ctustacé. Ils sont devenus soudain ceux d'un mammifère supérieur bientôt ceux de l'homme, par la vitesse du réflexe et la répercussion des sensations dans les profondeurs conscientes. Le chemin de fer, l'auto, le bateau, l'avion sont nos artères et nos veines communes. Le télégraphe, le téléphone, la radio nos nerfs communs, Le cinéma fixe dans notre cervelle unifiée des images identiques. Les points motts j disparaissent, parce que des flèches aiguës que des sues brûlants im- jprègnent les traversent de toutes parts. Ici, à Changhai, ville plus' peuplée que Paris, assise sur lesi bords de la Chine immémoriale comme jadis Alexandrie sur ie j rivage de l'Egypte dix fois millénaire, l'homme se trouve à l'un des centres décisifs de ces échanges entre des organes endormis ou torpides et des organes jeunes ou en pleine activité.

M. Grandi s'est embarqué hier New-York, 27 novembre (dép. Havas.) Tandis que la première chute de neige s'abattait sur New-York, M. et Mme Grandi se sont embarquée, à 15 heures, sur !e paquebot Au(/ustus. Ils ont été accompagnés sur le quai par M- Martino, ambassadeur d'Italie, et M. Robbina. chef du protocole.

Importantes déclarations de M. J.-L. Dumesnil sur l'aviation française Le ministre de l'Air indique comment s'organisent les grands services de la rue Saint-Didier et la politique qu'il a suivie jusqu'ici et entend suivre demain pour donner au pays le personnel et le matériel nécessaires

.NI. J.-L. Dumesnil

M. J.-L. Dumesnil, qui dirige le ministère de l'Air depuis la formation du cabinet actuel, a estimé qu'il devait mettre la commission de l'aéronautique au courant de la situation de l'aviation. A cet effet, il a demandé à être entendu par la commission de la Chambre afin de lui faire un exposé complet sur l'organisation du ministère de l'Air, de création récente, sur la politique suivie par lui tant dans le domaine militaire que dans le domaine commercial, et de lui fournir un commentaire aussi précis que possible des résultats déjà obtenus et de ceux qui, en raison de la politique adoptée, seront obtenus dans un avenir rapproché ou plus lointain.

Le ministère de l'Air, à la création duquel a présidé M. Laurent Eynac, continue à s'organiser. Mais il faut tenir compte de ce fait que tout était à faire. Il n'y avait ni armature, ni archives, ni précédents. West une bece6 conditions, uu epéeîsliste M. J.-L. Dumesnü a été chargé du aous- secrétariat d'Etat de l'aviation pendant la guerre que M. Pierre Laval a placé à la- tété de l'important ministère dé la rue Saint :Didier.

Le .député de Fontainebleau, dont l'activité est grande, consacre chaque jour de nombreuses heures presque deux journées de travail ordinaire à l'étude des problèmes ardus qui se posent et à la recherche des solutions nécessaires. Sept grandes directions sont chargées d'appliquer les mesures prises sous le contrôle constant du ministre, que seconde M. Riche, député des Ardennes, sous-secrétaire d'Etat. J'ai pu. à l'issue de son audition par la commission, que préside le commandant Brocard, obtenir du ministre de l'Air, à l'intention des lecteurs du Petit Parisien, des déclarations intéressantes.

L'organisation du ministère

Tout d'abord l'organisation du ministère.

Trois projets de loi, m'a dit M. J.-L. Dumesnil, particulièrement im- jportants, sont sur le chantier parle- mentaire.

D'abord, à la Chambre, la loi portant création du ministère de l'Air, à la rédaction de laquelle je me suis attaché dès mon arrivée rue SaintDidier au début de l'année.

Ce projet, qui a été accueilli favorablement par la commission de l'aéronautique, va venir, je l'espère, très rapidement en discussion sur le rapport de M. Ossola. Son vote donnera force de loi au décret d'octobre 1928, unique charte, à l'heure actuelle, du ministère de l'Air.

Le projet concernant le statut du personnel, et dont le rapport a été confié à M. Ybarnegaray, devra également être voté rapidement.

Après le vote de ces lois réellement organiques, les autres textes relatifs aux cadres, au recrutement, à l'administration suivront facilement.

Vous n'ignorez pas que'te Sénat va mettre, je l'espère, prochainement il. son ordre du jour le projet de loi que j'ai déposé au printemps dernier, que la Chambre a déjà voté et qui constituera la charte des compagnie de navigation aérienne.

Je suis informé que le rapport du sénateur Delagrange va être distribué ces jours-ci.

Parmi les organes moteurs de cette maison, l'état-major général, j'ai à peine besoin d'y insister, joue un rôle essentiel.

J'ai appelé à sa tête le général Hergault. membre du conseil supérieur de la guerre et depuis plusieurs années inspecteur général de l'aviation. Sous son ardente et énergique impulsion se réalise la réorganisation des unités des forces aériennes. Il faut aboutir à un type de corps plus léger et plus homogène qu'actuellement. Parallèlement se poursuivent le regroupement des formations et l'organisation du commandement.

J'ai pu. d'autre part, cet été, obtenir du conseil des ministres la création du conseil supérieur de l'air sur des bases équivalentes aux conseils supé- rieurs de la guerre et de la marine. Une de mes préoccupations essentielles est la formation des cadres des for- ces aériennes.'

Depuis quelques mois, le centre des hautes études aéronautiques est en plein fonctionnement. Il sera complété prochainement par des centres d'expériences tactiques.

Un projet d'école de l'air, sur le plan de Saint-Cyr, de Polytechnique, et de Navale, est établi et l'école pourra être mise en construction dès le vote des lois d'organisation.

Les cadres subalternes et les techniciens n'ont pas été perdus de vue !'école des sous-offleiers du personnel navigant d'Istres est décidée et l'école des mécaniciens de Rochefort est en construction.

Charles MORICE

(La suite i la troisième page.)

M. P.-E. FLANDIN interrogé par M. V. Auriol justifie les avances

aux gouvernements étrangers et à plusieurs banques C'est au cours de l'examen par la Chambre du projet relatif à l'outillage national que cette discussion financière s'est instituée. MM. Germain-Martin, Malvy et Palmade y ont pris part La Chambre, qui avait siégé presque jusqu'à l'aube, a repris, hier aprèsmidi, la discussion générale du nouveau projet d'outillage national. Mais cette discussion fut marquée, disons mieux interrompue par une passe d'armes entre M. Vincent Auriol et M. P.-E. Flandin au sujet de certaines avances consenties à des banques ou à des gouvernements étrangers sur les avoirs de la trésorerie.

Plusieurs députés se sont étonnés que les socialistes n'aient pas déposé à ce propos une demande d'interpellation. M. Vincent Auriol a expliqué qu'ils n'avaient pas voulu traiter un « sujet aussi grave par un biais de procédure ni « fausser la volonté de l'Assemblée par un vote qui aurait pu être chargé d'intrigues politiques En fait, c'est bel et bien une interpellation sur la gestion financière du gouvernement- a souligné M. P.-E. Flandin que le député de Muret a développée avec une éloquence impétueuse et un brio qui lui ont valu les applaudissements de l'extrême gauche et d'une fraction de la gauche.

Le ministre des Finances répondit avec sa maîtrise habituelle à ce réquisitoire qu'il qualifia de violent et qui lui était apparu comme entaché d'erreurs.

Les opérations dont M. Vincent Auriol avait fait grief à M. P.-E. Flandin ont été décidées en conseil des ministres et elles ont des précédents. Mais M. P.-E. Flandin ne le rappela certes pas «. pour se couvrir ». Il déclara au contraire que si « l'exercice du pouvoir est parfois décevant il

M. P.-E. Flandin

est des heures où la responsabilité ministérielle vaut d'avoir été vécue. Puis, avec une méthode extrêmement sûre. une compétence technique sans égale, il conduisit, devant une assistance qui ne lui ménagea pas les bravos, sa calme argumentation. émaillée de-ci de-là de traits piquants à l'égard de ses adversaires.

M. Vincent Auriol

La thèse de M. Vincent Auriol est que le ministre des Finances, en affirmant, devant la commission, que les disponibilités de la trésorerie pouvaient être employées par lui en dehors du contrôle parlementaire, a méconnu le sens de l'article 131 de la loi de finances du 17 avril 1930.

C'est un texte précis et rigoureux, s'écrie le député de Muret, dont les socialistes et une partie des radicaux applaudissent la fougue agressive, texte dû à l'initiative de M. Landry, rapporté à la Chambre par M. de Chappedelaine, et au Sénat par M. Charles Dumont, M. Paul Reynaud étant alors ministre des Finances et M. André Tardieu président du Conseil

D'après M. Vincent Auriol, les sommes livrées aux gouvernements étrangers ne sont pas des avances de tré-

M. Vincent Auriol

sorerie, mais de véritables prêts s'élevant à plus d'un milliard. A quoi ces prêts étaient-ils destinés ? A aider « l'action politique de gouvernements qu* pourraient demain se dresser contre la France'»? On proteste. Mais M. Vincent Auriol poursuit

Si la confiance des peuples est fondée sur le respect des contrats, celle des citoyens est fondée sur le respect des lois.

En ce qui concerne l'avance aux banques. M. Vincent Auriol ne nie pas la nécessité d'intervenir dans l'intérêt des épar;;nan;s. Mais pourquoi ne rien demander aux « spéculateurs ?. Quoi qu'il en soit, l'orateur craint qu'il n'y ait plus rien dans la trésorerie. Ce ne sont plus, lance-t-il, les pla- fonds qui s'effondrent, mais les planchers qui s'écroulent

Que demande donc le porte-parole du parti socialiste ? Que la commission des finances se saisisse de ces questions-d'avances, qu'elle en fasse rapport devant la Chambre et qu'elle « assure par un exemple sévère le respect des lois Pt le salut des finances publiques (La suite la deuxième page.) A ta quatrième para Lx COHTB *«**̃ II VIVE LA BÉCASSE

LE CONFLIT SINO-JAPONAIS Le conseil de la S. D. N. ajourne m début

de la semaine

sa séance publique finale Le comité de rédaction doit conférer ce matin avec le D' Sze sur le projet de résolution, après quoi il faudra attendre que Tokio et Nankin en aient approuvé le texte.

L'impression plutôt favorable que nous signalions hier semble persister dans les milieux de la S. D. N. La visite que le Dr Sze a faite, dans la matinée, à M. Briand, et la longue conversation qu'il a eue avec lui en présence de sir Eric Drummond, de M. Léger et de M. Vigier, de la section politique de la S. D. N., ne paraissent pas, en tout cas, avoir sensiblement diminué l'espoir de ces derniers en une solution satisfaisante. Quoi qu'il en soit, on n'entrevoit plus pour aujourd'hui la possibilité de mettre le point final aux travaux du conseil.

Le comité de rédaction nommé jeudi soir pour mettre au point l'avantprojet de résolution, dont l'adoption unanime constituera la conclusion de ces travaux, a eu beau se réunir hier matin, à 10 h. 30, et faire preuve du zèle le plus louable, puisqu'il en avait terminé un peu avant midi avec les modifications de forme susceptibles de donner satisfaction aux deux parties le conseil, réuni à 15 h. 30 pour exami- ner ce texte à son tour, a eu beau, lui aussi, faire diligence, on se trouve contraint de marquer un temps d'arrêt, car ni M. Yoshizawa ni le D' Sze ne sont en mesure d'y donner personnellement leur adhésion définitive.

Ils sont, l'un et l'autre, obligés par leurs instructions de télégraphier le nouveau texte à Tokio et à Nankin, d'où nécessité, pour pouvoir tenir J'ultime séance, d'attendre les réponses officielles japonaise et chinoise. Dans ces conditions, en mettant les choses au mieux et en dépit des ins- tructions plus conciliantes reçues hier matin par le D' Sze, il ne parait pas possible de se réunir en public avant lundi.

Les exigences de Nankin

Le chef de la délégation chinoise, d'une date pour la /in du retrait des troupes japonaises dans la zone du chemins de fer, doit d'ailleurs se rencontrer, ce matin encore avec les membres du comité de rédaction lord Robert Ceci!, M. de Madariaga et M. Colban auxquels se joindra peutêtre M. Briand. Il faut espérer qu'on réussira à le, convaincre de l'impossibilité où se trouve le conseil de fixer à nouveau un délai et surtout un délai aussi bref que celui primitivement réclamé par Nankin pour des opérations que trop d'éléments imprévus, ne fût-ce que la rigueur de la température, peuvent toujours retarder. Cette exigence a déjà, par deux fois, empêché de réaliser une entente. Insister userait certainement courir d un nouvel échec. On en peut d'autant moins douter et le D Sze ne l'ignore pas que le gouuernement américain est vettement opposé à une fixation de date qui donnerait Jatalement à la résolution un caractère comminatoire et qui, en cas de non-observation qaledque invraisemblable que cela soit, mettrait tout le monde, consoit et Etats-Unis, dans une situation particulièrement délicate. C'est toute la question des sanctions, en effet, qui se trouver ait posée, et on sait quel épouvantail elle constitue pour certains gouvernements.

Albert JULLIEN

(La suite à la troisième page.) Des négociations vont s'engager entre la France et la Grande-Bretagne M. Flandin est parti pour Londres dans la soirée d'hier

M. Pierre-Etienne Flandin a quitté Paris. hier soir, à l'issue de la séance de la Chambre, se rendant à Londres, où il séjournera pendant le week-end. Le ministre des Finances a emprunté la voie de Dunkerque pour son voyage en Grande-Bretagne.

Dans la soirée d'hier, le ministère du Commerce a communiqué la note suivante

En présence des mesures prises par le gouvernement britannique et qui affectent si gravement une importante partie de l'exportation française, le gouvernement français a décidé d'engager immédiatement des négociations en vue d'aboutir, dans le délai le plus bref, à un accord qui sauvegardera les intérêts réciproques des deux grands pays. Drame sanglant de la folie en Allemagne

Berlin, 27 novembre (dép. Havas.) La bourgade de Finkenkrug dans la région berlinoise a été mise en émoi aujourd'hui par un drame sanglant qui a fait quatre victimes deux femmes et deux jeunes filles.

Un employé de banque devenu subitement fou a frappé successivement à coups de couteau les personnes qui se trouvaient sur son passage et s'est enfui ensuite dans les bois environnants.

Les quatre victimes sont dans un état désespéré.

UN EMPLOYE DES POSTES ENCAISSAIT DE FAUX MANDATS

Candille et Suzanne l'onssard

(Voir d la troisième page.)

l'AVIATEUR AUSTRALIEN 8ERT H1NCKLEH A TRAVERSÉ 1 L'ATLGNTIQUE SUD

Parti de Natal à bord d'un avion léger, il a atterri à Bathurst, à 160 kilomètres au sud de Saint-Louis-du-Sénégal

Malgré les très grosses difficultés de l'entreprise, malgré la faiblesse de l'avion dont il disposait un monoplan léger de 120 CV. seulement, l'aviateur Bert Hinckler, au sujet duquel on n'était pas sans inquiétude nier, a réussi à traverser l'Atlantique sud, du Brésil à la côte occidentale du continent africain.

Voici, en effet, la dépêche que communique la Compagnie générale aéropostale et qui enregistre l'heureuse issue du voyage de Bert Hinckler Saint-Louis du. Sénégal, 27 novembre (17 heures)

Bert Hinckler, avon C. F. A. F. K., venant de Natad; a atterri Bathurst (au sud de Saint-Louis) après vingtdeux heures -de vol. Il a atterri à Saint-Louis à 13 h. 15 aujourd'hui. Bert Hinckler quittera Saint-Louis pour Port-Etienne le 28 ait petit jour. Le départ de Natal (Brésil) a eu lieu le 25 uovembre à 11 h. 55 (G. M. T.).

Bert Hinckler avait,, quitté Natal mercredi à 11 h. 55 (heure de Paris). Il a donc mis environ vingt-deux heures pour franchir les 3.000 kilomètres

qui, à vol d'oiseau, séparent Natal de Bathurst, situé à 160 kilomètres au sud de Saint-Louis-du-SénégaL 4M. Reynaud est. atrivé à Bagdad M. Paul Reynaud, ministre des Colonies, est-atxivé hier après-midijA' Bagdad. Il e,n repartiratination.de Beyrouth,

Mort de M. Guist'han, ancien ministre On annonce la mort de M. Guist'hau, ancien maire de Nantes, ancien minis-

tre de la Marine, décédé ce soir vers 21 heures.

L'AFFERMAGE DU RESEAU DES TRAMWAYS ET AUTOBUS A la commission, les voix se sont ainsi réparties S.T.C.R.P., 33 .filiale du Métro, 25 Régie directe, 11 La commission des transports en commun, réunie hier sous la présidence de M. Delavenne, a voté sur les deux propositions qui lui avaient été renvoyées par le conseil général celle de M. Fernand Laurent, favorable à la C. M. A. T. R. P., filiale du Métropolitain l'autre de MM. Contenot et Victor Constant, tendant à l'attribution du réseau à la S. T. C. R. P. pour son exploitation en régie intéressée. Le vote a eu lieu sous enveloppes cachetées. Il a donné les résultats suivants

Pour la S. T. C. R. P., 33 voix; pour la C. M. A. T. R. P., filiale du Métro, 25 voix; pour la régie directe, 11 voix. Il y a eu 69 votants sur les 71 mem- | bres composant la commission. Dès hier soir, MM. Contenot et Vic| tor Constant ont déposé leur rapport favorable à l'attribution de l'affermage à la S. T. C. R. P. Dans ce document, ils rendent hommage aux efforts du préfet de la Seine et font valoir les avantages des nouvelles propositions de la S. T. C. R. P. qui prévoient, notamment, l'établissement d'une correspondance éventuelle avec les lignes souterraines.

La discussion se poursuivra aujourd'hui au conseil général.

ILYA DE PUTTI EST MORTE

On annonce de New-York que Lya de Putti, la fameuse étoile hon| groise de cinéma. vient de mourir Cette mort est le résultat d'une opération que dut subir l'artiste dimanache dernier à la suite d'un accident Il occasionné par un os de poulet qui I lui était resté dans la gorge.

Gabrielle Joron

se défend avec fermeté devant le jury

Elle assure qu'elle réclamait à M. de Astoreca, son ancien amant qu'elle blessa de six coups de feu, uniquement l'argent qu'elle lui aoxit confié

Il prétend, lui, qu'il ne devait plus rien à son ancienne maîtresse

Mme Joron

Gabrielle Joron a trouvé devant elle, hier, à la cour d'assises, celui qu'elle blessa de six coups de feu M. JoséMaria de Astoreca, qui se porte partie civile.

Au début de l'interrogatoire, le président Devise évoque l'enfance de l'accusée.

Gabrielle Joron, née à Paris, n'a pas été reconnue par son père qui. toutefois, la fit élever.

A huit ans, elle entrait comme élève danseuse à l'Opéra, mais abandonnait la chorégraphie à l'époque où s'ouvrait l'Exposition universelle. Sa beauté la fit remarquer. Elle eut des amis riches et demeura aux. ChampsElysées. En 1904, son amant d'alors lui céda l'hôtel particulier où elle devait habiter, 147, avenue Victor-Hugo, et qui vaut aujourd'hui 6 millions. Très riche alors, elle ne cessa de se montrer charitable. Elle fonda des œuvres de bienfaisance.

C'est au Palais de Glace qu'elle fit la connaissance de M. de Astoreca. Devenue sa maîtresse, elle se rendit avec lui au Chili.

A ce moment, interroge le président Devise, votre amant était-il déjà c 10 rlefre Chilien qu'on a connu plue Non pas. Bientôt, Gabrielle Joron se fit appeler Mme de Astoreca. Elle adopta un tour d'un voyage, se prétendit ruiné. L'année suivante, il revendait d'Améri- que propriétaire de titres de nitrate d'une grande valeur. Gabrielle Joron, qui n'entendait rien aux affaires, accepta avec philosophie et les revers et les succès.

L'aviateur américain La guerre devait apporter un certain trouble dans l'existence du coupie. La jeune femme, toujours dé- vouée, s'occupait des blessés. Elle con- nut un aviateur américain. Elle aban- jj donna M. de Astoreca et partit avec son jeune amant pour le Midi.

Cette rupture fut, selon l'accusée, suivie d'une sorte de liquidation de biens. L'actif de Gabrielle Joron consistait en l'hôtel de l'avenue VictorHugo, en partie d'ailleurs grevé d'hy- pothèques, en perles et bijoux dont un seul collier valait 300.000 francs. L'hôtel et le collier échurent à M. de Astoreca. Restait à la jeune femme un actif de 90.000 francs qu'elle laissa encore aux mains du Chilien, ainsi que cinq mille actions de nitrate qui lui iavaient été données naguère par son amant, mais dont elle ne toucha jamais les revenus. Ainsi, à l'en croire, Gabrielle Joron se dépouillait. de tout son avoir en faveur du Chilien qui. en revanche, s'engageait à verser à son ancienne amie une rente mensuelle de 15.000 francs. Par malheur, ce.fut là un contrat d'honneur dont aucun papier ne fait foi. M. de A storeca, lui, devait plus tard assurer qu'il ne devait rien.

La j.-une femme se rendit sur 1:' Côte d'Azur, y loua, près. de Nice. la villa qui porte le nom.de Polichinelle. Elle s'y installa avec le jeune aviateur. Elle ne disposait que de.la rente de 15.000 francs qui, au début, arriva avec régularité. Mais un premier malheur survint Gabrielle Joron fut victime d'un vol de fourrures de 180.000 francs. La police soupçonna l'aviateur américain d'avoir participé à ce coup de main, et, les compagnies d'assurances ne remboursèrent pas un sou.

Cet Américain, note le président Devise, était d'une impécuniosité abso- j lue. Vous aviez cinq domestiques à votre service. Vous dépensiez, comme toujours, sans compter. Et vous aviez fait appel à M. de Astoreca, qui vous a versé beaucoup plus que les 15.000 francs promis.

Gabrielle Joron, en effet, à cette époque, reçut près de 4 millions de son ancien amant, alors que, normalement. elle n'aurait dû en toucher qu'un seul. Enfin, l'aviateur disparut il s'en alla on ne sait où. En janvier une catastrophe financière avait ruiné M. de Astoreca, dont les titres de nitrate ne valaient plus rien. La jeune femme, qui maintenant vivait seule en une sorte de retraite sentimentale, avait abandonné la villa « Polichinelle pour une maison toute modeste: « la Mignonnette a, où l'ancienne « belle Gabrielle » n'avait conservé auprès d'elle qu'une unique femme de chambre.

La femme aux abois

En mai 1930, elle vint à Paris. Elle vend jusqu'à ses derniers meu- j blés et achète un revolver. Le jour de son arrivée, elle déjeune avec M. de Astoreca. Le but de cette visite est clair: elle veut réclamer les 15.000 francs mensuels qu'il s'était engagé à lui servir, mais qu'il ne lui servait plus. Il se dit ruiné. Elle parlé de suicide. L'ancien amant avance alors 3.000 francs.

(La suite a la deuxième page,)

LE CONGRÈS

DU DÉSARMEMENT Tenu hier soir au Trocadéro sous la présidence de M. Herriot, il a été troublé par de violentes s manifestations Des manifestants d'Attion française, des Jeunesses patriotes et des Croix de feu ont mené un bruyant « chahut » et il y eut quelques coups échangés avec des contre-manifestants mais la police n'eut pas à intervenir DANS LE BRUIT

ITOUS LES ORATEURS PREVUS POURSUIVIRENT LEURS DISCOURS' Le congrès du désarmement, qu| avait réuni, hier à 20 h. 30, au palais du Trocadéro, des centaines de délé- gués venus de 30 pays pour représenter 362 associations, a. été troublé par dea i manifestations extrêmement violentes, provoquées par les adhérents d'Action française, les Jeunesses patriotes et les membres de l'association les Croix de Dès 20 heures, on s'écrasait dans l'immense salie que décoraient les couleurs de toutes les nations représentées tandis qu'au dehors le service; d'ordre avait beaucoup de peine à refouler ceux qui, en dépit de la cohue régnant à l'intérieur, voulaient quand même entrer.

La séance était placée sous la pré- sidence de M. Edouard Herriot et celuici s'efforça, par une autorité sans dé- faillance et à laquelle il faut rendre hommage, de calmer ies perturbateurs., Le premier discours était prononcé par M. Herriot, mais tout de suite, dès son exorde, l'ancien président du Conseil dut s'arrêter. En effet, de toutes parts, les manifestants se ser- vant de sifflets, hurlant, chantant et. invectivant tout à la foie, obéissaient. à la consigne formelle qui leur était, donnée et ce n'est qu'avec difficulté que Dwr put percevoir les paroles de l'orateur. ̃ Nous sommes ici, '.dît-U, et noui, entendons n'être qu'une réunion delibres -humains cherchant "d'un coeur ardent les principes d'un ordre nou·; veau. Quel esprit sage s'étonnerait das, obstacles auxquels s'exposent celles etceux qui veulent mettre fin à la barba: rie plusieurs fois millénaire vde ?guerre On se heurte ici au-pessimis* me des fatalistes et là l'impatience:,? parfois violente elle-même, de ia gênent rosité. L'esprit doit dominer ee tu-, multe,' né -patt; s'abaisser au niv«a« ab les pAssions il il dëiirte*^ ̃#*•< fein et .iftjpasïible commue le veilleur qui contre .l*9 d'OÙ

M. Herriot prononçant son discours qu'ils viennent, la flamme allumée. au, sommet de la tour.

Puis M. Herriot, après avoir apport» au congrès les vœux de la France pal-,sible et laborieuse, termine par cette évocation d'une douco poésie

Pacifistes mes frères, la besogne sera rude elle veut tous vos esprits et tous vos cœurs; mais si nous savons vouloir, un jour viendra où, sur l'humanité enfin délivrée de ce qui reste d'animalité en elle, pourra des. cendré cette paix vers laquelle le monde. depuis l'origine des temps, halète, cette même paix qui, chaque soir,. dans tous les pays de l'univers endort les champs.

Lorsque M. Joos, délégué allemand prend la parole, le tumulte est à soa point culminant. Des bagarres' se produisent, en divers points de ^a salle et notamment dans une loge ;d'où M. Binet-Valmer, président de la Ligue des chefs de section, apostrophe la salle. Des cannes se lèvent, s'abattent, des horions sont échangés et tandis que l'on emmène quelques jeunes gens au visage ensanglanté, les cris redoublent et l'orateur, calme. impavide, poursuit d'une voix monotone sa lecture.

Par notre participation à cette puissante manifestation, dit M. Joos, nous voulons donner une preuve indéniable de l'ardente et sincère volonté qu'a notre peuple de voir régner la paix et établir la coopération entre les nations. Nous voulons exprimer ainsi en termes nets que nous sommes disposés à collaborer de toutes nos forces à la. réalisation du désarmement général, non seulement parce que nous avons. déjà désarmé, mais pour le motif tout aussi déterminant que nous voyons dans le désarmement général le meilleur et le plus décisif moyen d'assurer la paix.

Malgré les efforts de M. Herriot, le calme ne peut être rétabli.

On envisage, à un moment, la suspension de la séance; mais, après dix minutes d'interruption, malgré les cris, les orateurs reprennent leurs» places, et l'on entend successivement Mlle Louise Weiss, S. E. M. Houghton, S. E. M. de Madariaga (Espagnel, M. V. Scialoj» (Italie).

Lord Cecil. qui lit le message de l'Angleterre, déclare que.la guerre est l'institution la plus cruelle et la plus insensée du monde et termine en affirmant que réduction, sécurité et égalité sont les trois éléments de la politique britannique. M. Jean Dupuy lit un message des étudiants et on donne également lecture des déclarations du cardinal Verdier, archevêque de Paris. du grand rabbin de France, de la Fédération des églises protestantes, de la Ligue des catholiques, de la C. G. T. et d'un message des mutilés et anciens combattants.

A 22 h. 30. on annonce que le message du sénateur Borah va être transmis par T. S. F.

Après avoir insisté sur ce point que la réunion était due à l'initiative privée, le sénateur Borah indique qu'au cour» des treize années qui se sont écoulées depuis la signature du traité de paix, les conditions essentielles en faveur du maintien de la paix que l'on pouvait espérer par un désarmement universel, ne se sont pas produites. Il