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AU FORGERON DU BONHEUR

Peu lui importait la fatigue de son dur labeur. D'après le tableau de Souza-Pinto.

a

l'entrée du village des Jardelles, sur i la route blanche où le soleil ardent tombait d'aplomb, car on était en juillet, et l'angelus de midi venait seulement de sonner, la maison de François Solin le forgeron apparais-

sait comme un nid tombé, on ne savait d'où.

Seule, entre toutes les maisons du village, elle offrait aux regards charmés une façade entièrement tapissée de branchettes; et, de ce fouillis de verdure, s'envolait en ce moment, par la porte large ouverte, le refrain d'une chanson scandant joyeusement chaque coup du marteau qui tombait sur l'enclume.

Le soleil entrait dans la forge comme chez lui; pàilletànt d'or tout un côté de, la .vaste salle, et fraternisant sans facon avec la flamme claire dont il avait la chaleur et le rayonnement, tandis que, debout devant le foyer radieux, les manches de

sa chemise retroussées sur ses bras musculeux et bruns, le visage, les épaules et le buste illuminés, le robuste forgeron chantait, insensible à la chaleur du soleil et du feu.

Il chantait.

Que lui importait la fatigue de son dur labeur?

Ne serait-il pas bien récompensé lorsque, la journée terminée, il pourrait se reposer une heure sur le seuil de sa porte entre sa femme et son petit enfant ?

Elle était si bonne et si vaillante, sa femme 1 il était si joli et si mignon, son garçonnet! Que ne ferait-il point pour eux ? A quel travail ne se condamnerait-il pas, non seulement pour leur donner le pain quotidien, mais pour leur assurer un avenir tranquille, exempt de tout souci ?

Quand François s'était marié quatre ans auparavant, comme il avait un bon métier, les mains adroites et l'esprit délié, tous ceux des Jardelles