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LES GRANDES ENQUETES DU a PETIT PARISIEN

Le ravitaillement de Paris

Il. LE PROBLÈME DE LA VIANDE:

Comment Paris est-il approvisionné en viande ? Par quel processus le bœuf du Nivernais, le mouton des Causses, le porc de Lorraine ou de Bretagne deviennent- ils, en quelques jours, le faux-filet, la côtelette première, le jambonneat que nous mangeons à notre déjeuner ?

Par quelle série d'opérations le bétail, qui a été élevé dans les différentes parties de notre territoire, est-il transformé en viande de boucherie ou de charcuterie ?

Comment passe-t-il du producteur au transformateur, et comment arrive t il de celui-ci jusqu'au consommateur ?

Problème de la production et de la circulation. Et, également, problème des prix.

Sur les marchés, les producteurs se plaignent des prix qui leur sont offerts.

De leur côté, les intermé- diaires déclarent qu'ils sont loin de réaliser les bénéfices exagérés que certains leur prêtent, et, à l'appui de leur thèse, ils apportent un commencement de documentation préeise.

Le consommateur, lui, constate que, depuis plusieurs mois, les prix montent constamment.

Dévalorisation de la monnaie, sans doute. Augmentation des impôts, accroissement des charges Quelles sont, en réalité, les eau- aes de la vie chère ? Qui est respon- «able ? Où est la vérité ?

La viande, denrée de première nécessité, est, nous le savons tous, hélas un produit cher.

C'est également une denrée extrêmement périssable. Quelles sont les mesures prises, lors de l'abatage, lors du transport, lors de la mise en vente, pour en assurer la bonne conservation et pour éviter des altérations, des gaspillages, des pertes qui, finalement, retomberont tour. dement sur le consommateur ?

La viande peut être le réceptacle de germes, de bacilles, de parasites susceptibles de transmettre à l'homme les maladies les plus graves. Quelles sont les dispositions prises pour protéger, d'une manière efficace, la santé publique ?

Toutes ces questions viennent à l'esprit lorsqu'on examine la question de l'approvisionnement de Paris. Sur ces différents points, nous avons essayé de nous documenter.

L'agglomération parisienne consomme, d'une part, des viandes /raîchement abattues, c'est-à-dire provenant d'animaux introduits vivants à Paris et sacrifiés sur place. Elle consomme, d'autre part, des

Le tableau du marché

viandes foraines, qc'est-à-dire des viandes provenant d'animaux tués en province, parfois à l'étranger, et qui sont envoyées, toutes préparées, sur le marché de Paris.

Les viandes d'abattoir représentent les deux tiers de la consommation parisienne, de 180 à 200.000 tonnes, et les viandes foraines un tiers, 80.000 tonnes environ.

Il convient d'étudier séparément ces deux sources très distinctes de notre approvisionnement en viandes.

Les viandes fraîches

La Villette est le grand marché de la viande. Les installations comprennent un marché aux bestiaux et des abattoirs.

C'est une création du Second Empire.

Les travaux ont été effectués entre 1860 et 1867.

Avant cette date, Paris était ravitrillé en bétail par plusieurs marchés locaux plus ou moins spécialisés marché de la Chapelle, marché des Bernardins, marché

L'arrivée dq hiiaïl

Saint-Germain, marché de Sceaux, marché de Poissy.

Les abatages étaient effectués dans un certain nombre d'abattoirs de quartier, dont la construction, ordonnée en 1810 par Napoléon ¡or, n'avait été achevée qu'aux environs de 1818 abattoirs du Roule, de la Villette, des Batignolles, de Montmartre, de Popincourt, etc. 0. QUST1NE.

(La suite ci la quatrième page.) LÉGION D'HONNEUR

U.H. promus' <•* Glrardcoii promus commandeurs

MM. Mestre et Itupfl, nommés chevaliers Un hommage national au maréchal Joffre M. Maurice Adam, député de Seineet-0ise, a décidé de déposer sur te bureau de la Chambre une proposition de loi ayant pour objet de rendre un hommage national au maréchal Joffre Voici le texte de l'exposé des motifs et du dispositif de cette propo-

sinon: Par la loi du 19 novembre 1918, la République a rendu aux armées et au gouvernement de la République, au président Clemenceau et au maréchal Foch un hommage solennel en déclarant qu'ils avaient bien mérité de la patrie.

Il nous est apparu qu'un semblable témoignage de reconnaissance ne pou- vait pas ne pas être rendu au vain- queur de la Marne. Article PREMIER. Le maréchal Joffre a bien mérité de la patrie. Aht. 2. Le texte de la présente loi sera gravé pour demeurer permanent dans toutes les mairies et dans toutes les écoles de la République. La santé du général Berthelot Les médecins qui, à la cünique, 60, rue Violet, soignent le général Berthelot ont précisé hier matin qu'il souffrait d'une artérite ayant nécessité l'amputation de la jambe gauche. La broncho-pneumonie double qui s'est déclarée fait que l'état du général est assez grave.

A 18 h. 30,'le bulletin de santé suivant était communiqué

Le malade repose. Température S7"7, putsations 96. L'après-midi a été bon, mais la situation demeure sérieuse.

II a neigé hier sur Paris Le froid s'accentue en province La neige a fait son apparition oh! bien timidement hier après-midi, sur la région parisienne.

A Paris, vers 15 heures, de minuscules flocons blancs voletèrent dans le ciel gris. Vers 18 heures, la neige tombait avec quelque abondance. mais pas longtemps. Et si les toitures des autobus et des autos, ainsi que les toits, se couvrirent d'un a manteau d'her mine », la neige fondit dès son contact avec le sol.

On prévoit de nouvelles chutes de neige, car le froid qui se manifeste depuis trois jours sur l'Ile-de-France, semble devoir persister.

A Paris, on a enregistré hier matin 2° et en banlieue 3°.

Des températures minima plus accentuées ont été relevées en province à Gap, 9°; à Briançon, 18°; à Charolles, 14°; à Chalon-sur-Saône, 7°; à Limoges, 8°: au Puy, 6°. A Bordeaux et à Calais, le thermomètre s'est maintenu à + et, 1 Brest, il ae haussait à fi*.

LE CONSEIL DES MINISTRES EXAMINERA CE MATH

LE NOUVEAU PROJET D'OUTILLAGE NATIONAL Le projet d'outillage national qui sera soumis, ce matin, au conseil des ministres, projet remanié, amendé dans les conditions que nous avons déjà analysées, repose sur un système de financement qui vise, essentiellement, à réserver les possibilités de la trésorerie.

Comme nous l'avons écrit, il y a deux semaines, le volume des sommes que la trésorerie pourrait être appelée à décaisser éventuellement pendant la période d'exécution des travaux a été évalué, en principe, à 2 milliards 500 millions, soit la moitié du total de cinq milliards primitivement envisagé. Mais c'est là un chiffre, en quelque sorte, schématique, car il ne saurait s'agir, dans l'esprit du gouvernement, de fixer des limites strictes à l'effort de la trésorerie. L'essentiel, en présence d'une crise économique dont on ne peut, dès maintenant, prévoir l'ampleur et la durée, consiste juge-t-il à ne point engager par avance des réserves indispensables pour le maintien de l'édifice financier et budgétaire.

Dans ces conditions on semble s'être arrêté à un mécanisme suffisamment souple pour ménager les ressources de la trésorerie et permettre la participation des collectivités Intéressées, lesquelles recourraient à des emprunts gagés par l'Etat De la sorte, quoi qu'il arrive, les travaux entrepris ne seraient jamais interrompus, le financement en étant automatiquement

assuré.

Le projet sera déposé sur le bureau de la Chambre dès la rentrée. Restera alors à déterminer, d'accord avec la commission des ânances, s'il y a lieu d'engager le débat en bloc ou, au contraire, s'il y a lieu d'extraire de l'ensemble quelques dispositions s'appliquant aux travaux urgents, pour en faire un train » spécial, lequel pourI rait être voté rapidement par le Parlement.

LA SITUATION AGRICOLE Le ministre de l'Agriculture a mis le conseil au courant de' la situation agricole et lui a soumis des projets destinés à faciliter l'écoulement des produits agricoles et à aider la production. Incendie tragique

à l'aaile d'aliénéa

de Fleury, près Orléans Une religieuse tombe et se fracture la colonne vertébrale une deuxième meurt d'émotion

LE SINISTRE A FAIT

UN MILLION DE DEGATS Orléans, 9 janvier (d. Pettt Parisien.) Un violent incendie s'est déclaré, ce matin, dans l'asile psychothérapique de Fleury-les-Aubrais, qui est installé à proximité de la forêt, à 7 kilomètres d'Orléans.

Sans qu'on ait pu en déterminer exactement les causes, le feu a pris subitement dans un pavillon dont le rez-de-chaussée était occupé par la lingerie de l'établissement, le vestiaire des aliénés, et les étages supérieurs par des chambres où se trouvaient un certain nombre de soeurs infirmières. En quelques minutes, les flammes avaient détruit l'escalier intérieur. La supérieure poussait des appels désespérés pour réclamer du secours. L'une des religieuses, Mme Thérèse' Souzy, en religion sœur Thérèse-Augusta, quarantecinq ans, voulant donner plus vite l'alarme, noua plusieurs draps et passa par la fenêtre pour se laisser descendre sur le sol. Mais lorsqu'elle se trouva dans le vide, elle perdit connaissance et tomba lourdement, d'une hauteur de sept mètres. Elle se fractura la colonne vertébrale.

Quelques instants plus tard, comme on faisait part de cet accident à une autre sœur logée dans le pavillon de la villa des Bruyères, réservé aux malades

de la région parisienne, celle-ci. Mme Marguerite Quentin. en religion sceur Marie-Patrice, cinquante-sept ans, éprouva une telle émotion à la nouvelle de l'incendie et de la mort de sœur Thérèse-Augusta qu'elle fut frappée elle-même d'une crise cardiaque et mourut aussitôt.

Alors que se déroulaient ces pénibles événements, les infirmiers et plusieurs employés de la ville. aidés de quelques malades, faisant preuve d'un magnifique dévouement, dressaient des échelles à coulisse et parvenaient à sauver ainsi une dizaine de sœurs qui se trouvaient en danger de mort. Les pompiers d'Orléans, accourus à toute vitesse, combattirent activement le fléau, sous la direction du capitaine Brisset et du lieutenant Moreau, et se rendirent maîtres du feu après deux heures d'efforts.

Les dégâts atteignent sans doute plus d'un million de francs.

L'enquête

parlementaire sur Tàffaire Oustric

Le gouvernement acceptera dès la rentrée un débat sur « les travaux de la commission » Un long échange de vues s'est produit au cours du conseil de cabinet d'hier, au sujet des rapports du gouvernement avec la commission d'enquête et surtout des incidents survenus

M. Daniel-Vincent

tout récemment à propos du bordereau communiqué à la commission par M. Germain-Martin concernant les interventions parlementaires dans les demandes d'introduction de valeurs à la cote.

Plusieurs membres du gouvernement ont alors fait observer que cette communication avait eu lieu, non pas parce que le ministre des Finances en avait pris l'initiative, mais bien parce qu'elle lui avait été réclamée par la commission.

D'autres ministres, envisageant la tournure prise par les travaux de la commission d'enquête, ont cru devoir émettre quelques réserves quant à la méthode suivant laquelle un nom de parlementaire relevé dans un dossier, quelle qu'ait été la nature de son intervention, se trouve immédiatement Hvré à la publicité et, partant, à la malignité de ses adversaires.

Tout le monde, certes, est d'accord au sein du gouvernement pour que les coupables s'il en est soient déma.squés, mais il ne peut voir sans appréhension la commission dépouiller de très nomrbreux dfessiers, qu'Us se rapportent à l'affaire Oustric, aux introductions de valeurs antérieures ou postérieures à celle de la Snia Viscosa, aux prestations en nature ou aux dommages de guerre, sans que la discrimination soit nettement établie entre les parlementaires dont l'intervention fut motivée par l'intérêt général c'est assurément la très grande majorité et ceux dont l'intervention fut dictée par d'autres considérations.

Cest pourquoi les membres du ca.binet ont décidé d'accepter la discussion Immédiate des interpellations

SI. Cbarmell

qui se rapportent aux travaux de la commission d'enquête, estimant que seul un débat public peut mettre fin au malaise dont le monde politique ressent, en ce moment, les premiers symptômes.

(La suite la deuxième page.)

Le film A l'Ouest rien de nouveau » at interdit en Autriche

Vienne, 9 janvier (dép. Bavas.) Le ministre de l'Intérieur a décrété l'interdiction générale de la projection du film A l'Ouest rien de nouveau. UNE VISITE IMPREVUE Vxw»o«»>«»o oar Paul OINISTY

Un beau coup de filet de la brigade mobile ON ARRÊTE UNE REDOUTABLE BANDE DE CAMBRIOLEURS ET LEUR RECELEUSE

Ces malfaiteurs, au nombre de douze, ont commis depuis dix-huit mois an très grand nombre de vols

Ils ont notamment cambriofé la boatique de parfumerie de Mlles Laurent, boulevard de Sébastopol la bijouterie Saint-Cyr, à Beauvais attaqaé et dévafisé dta garçons de recettes à Rueil tt à Clichy, et pillé des villas dana la région de Fontainebleau et à Julien Alors qu'ils paraissaient jouir de la plus complète impunité, les introuvables auteurs de cambriolages de villa.- de la grande banlieue viennent, à leur grande surprise, de tomber entre les mains de la première brigade mobile que dirige M. Gabrielli, commissaire divisionnaire, qui recueille ainsi le fruit de patientes et longues recherches. Cette opération d'envergure, puisqu'elle se chiffre par une bonne douzaine d'arrestations, a amené également la capture de trois bandits restés longtemps inconnus qui, le 31 septembre, dévalisèrent de fond en comble, après avoir ligoté et bâillonné leurs victimes, le magasin de parfumerie de deux Meurs, Mlles Laurent, situé 1, boulevard de Sébastopol.

Habitués de bars louches du boulevard de la Chapelle qui leur servaient de quartiers généraux et où ils préparaient leurs coups avec tranquillité, ces individus, qui appartenaient à des bandes aux chefs de file reconnus, dont les ordres étaient rigoureusement observés, ne dédaignaient pas, toutefois, de s'agréger à d'autres si. d'aventure, foccasion se présentait et si, comme l'a

De en bas et de gauche a droite T.erat, Vandé, Bipelin et Salaftn

dit l'un d'eux, ils se trouvaient en chômage ».

Si l'on connaît, en effet, maintenant, les plus sérieux des méfaits commis par ces dangereuses associations car les malfaiteurs arrêtés n'ont pu nier l'évidence, on ne peut que les soupçonner d'avoir à leur actif d'autres expéditions de moindre importance.

Dix-huit mois de cambriolage. Car c'est sur dix-huit mois environ que s'échelonnent ces cambriolages commis dans la grande banlieue parisienne et plus particulièrement dans les régions de Melun, Fontainebleau, Bois-le-Roi, Chartrettes, Brolles, toutes localités où abondent les luxueuses villas que leur isolement semble désigner aux attaques sans risque.

Plusieurs de ces villas furent même visitées deux fois, comme celle de la Roseraie à Bois-le-Roi, qui, mise à sac dans le courant de l'été, fit l'objet d'une seconde expédition dans la nuit du 11 au 12 novembre. Cette fois. heureusement, des signaux électriques avertisseurs, placés après la première alerte, mirent en fuite les nocturnes visiteurs qui, dans leur hâte à s'éclipser, abandonnèrent sur place un large butin déjà constitué.

Il est vrai que, deux jours plus tard les mêmes cambrioleurs se dédomma-

geaient en mettant à sac quatre autres villas, toujours à Bois-te-Roi mais moins heureux que dans leurs coups précédents, deux des participants, Louis Salaun, né en 1903, originaire du Finistère, 38, rue Persival et Robert Ripelin, né à Paris en 1899, 8 bis, rue Parmentier, à Maisons-Alfort, tous deux déjà plusieurs fois condamnés, se fixent pincer en rentrant à Paris. Les enquê teurs avaient, en effet, remarqué que les opérations étaient toujours montées de la même manière et que les maltaiteurs devaient à peu près sûrement regagner la capitale par le premier train du matin.

Alerté par téléphone par la gendarmerie, qui lui signala, dans la nuit le sac des quatre villas, le commissariat spécial de la gare de Lyon organisa une surveillance étroite qui aboutit à leur arrivée par le premier convoi, à l'arrestation de ces deux individus.

On tenait dès lors le fil conducteur

Drigaut, dit « Milo de la Bastoche

qui devait permettre à M. Simon, commissaire, secondé par les inspecteurs Guiard et Pages, d'identifier, puis d'arrêter tous les membres des diverses bandes.

Chevaux de retour

Le premier, un redoutable récidiviste, Raymond Vandé, né le 20 mars 1903 dans l'Aube, et qui est domicilié à Troyes, mail dea Charmilles, tomba entre leurs mains. Interrogé, outre qu'il reconnut être l'auteur de la série de cambriolages commis à Boiale-Roi avec l'aide de Ripelin et de Salaün, Vandé confessa qu'il avait à son actif d'autres coups dans la région de Juziers, en Seine-et-Oise, dans lesquels avaient trempé un certain Roland Morello, dit Charlot de la Bastille, âgé de vingt-deux ans, plusieurs fois condamné, et un autre personnage connu de lui seulement sous le surnom de c Milo de la Bastoche x.

Mais ce n'était pas tout. Vidant son sac, apparemment par pure gloriole, Vandé convint qu'il avait participé, le 25 septembre dernier, au pillage de la bijouterie Saint-Cyr, à Beauvais, exécuté en compagnie de Salaün. On sait que, pour parvenir à leurs fins, les deux malandrins lancèrent un énorme pavé dans la glace protégeant la vitrine du magasin et que, profitant de l'émoi ainsi causé, ils avaient raflé tous les bijoux à portée de leurs mains. Ripelin, qui devait les accompagner, s'était abstenu au dernier moment, jugeant par trop grands les risques de l'entreprise.

Les bijoux furent vendus à deux comparses, Joseph Sentein, né'en 1906 dans l'Ariège, restaurateur, 17, rue Oberkampf, et Roger Abeloos. dit Roger le Marseillais. maintenant sous les verrous.

Il Milo de la Bastoche s. est appréhendé Mais c'est surtout sur le mystérieux « Milo de la Bastoche » que les quiteurs portèrent leurs efforts, car 11 leur semblait, à travers les réticences de ses partenaires, que l'homme devait être de bonne prise.

Multipliant les investigations dans certains milieux louches de la Bastille, M. Simon acquit la certitude que ce sobriquet s'appliquait à Emile Drigaut, né le 24 septembre 1901 à Ruins, dans le Cantal, ayant bien son domicile dans les parages, 11, rue du Pas-de-la-Mule, mais tenant ses assises à la Chapelle. Les enquêteurs, ayant enfin réussi à l'identifier, procédaient hier à sa capture.

Faisant preuve de cet orgueil tout spécial à certains malfaiteurs et ayant appris que, pour sa part. Vandé avait c mangé le morceau Milo de la Bastoche fit des aveux complets, faisant complaisamment étalage des expéditions auxquelles il avait pris part agressions à main armée commises les 25 mars et 9 mai 1930, à Rueil et à Clichy, sur deux garçons livreurs d'une maison de vins connue ligotés, bâillonnés et dévalisés des fonds 'que contenait leur sacoche, ainsi que du vol d'une voiture de luxe, commis dans le garage, à Clichy, et qui fut abandonnée rue de la Mouzaïa. Dans ces trois affaires, deux repris de justice, André Lerat et Marcel Legall, actuellement détenus à la Santé sous d'autres chefs d'inculpation, lui avaient prêté une aide aussi active que précieuse.

L'affaire du boulevard de Sébastopol

Les enquêteurs pensaient qu'il avait terminé sa confession, quand Milo de la Bastoche aborda l'affaire du boulevard de Sébastopol. On se souvient, en effet, que, le 21 septembre, deux dames âgées, les sœurs Laurent, furent trouvées ligotées et bâillonnées dans leur appartement situé au-dessus de leur boutique de parfumerie, 1, boulevard de Sébastopol.

L'heure de la fermeture allait sonner, a déclaré Drigaut, quand, en compagnie de Lerat et d'un autre individu qu'il connaissait seulement sous son prénom de Lucien, nous sommes entrés dans le magasin. Avant que les deux femmes qui s'y trouvaient aient pu faire le moindre geste, j'avais abaissé !e rideau de fer, cependant que Lerat et Lucien les bâillonnaient et les ligotaient.

Comme nous ne savions pas où était le magot, nous nous fîmes indiquer l'endroit et, nous servant des propres clefs de nos victimes, on ouvrit l'armoire-cachette. Nous avons raflé ainsi une quinzaine de mille francs de titres et d'argent, sans compter des bijoux pour une somme égale.

Par précaution, pour assurer notre retraite, nous avons, avant notre départ, fait monter nos victimes au premier, en prenant bien soin de vérifier liens et b6illons.

Et c'est dans un bar de l'avenue de Wagram, où nous nous aommes fait conduire pour dépister les recherches que nous avons partagé le butin. L'opération, aux dires de Drigaut, dura environ deux heures.

Tous ces individus faisaient écouler le produit de leurs vols par une receteuse, Céleste Mancini, dite c la Gitane d'origine italienne, domiciliée à Montrouge. qui a également été arrêtée. Les policiers ont interrogé d'autres individus dont la culpabilité devra être établie par l'enquête qui se poursuit. Le commandant Franco est somme de venir tous trente jours à Madrid répondre de son évasion

Sinon, il sera jugé par défaut Madrid, 9 janvier (dép. Hava,s.) La Gazetta publie le texte d'une sommation dont viennent d'être l'objet les commandants Franco et Reyes. Cette sommation enjoint aux commandants Franco et Reyes d'avoir à se présenter dans un délai de trente jours devant le juge-commandant siégeant à la capitainerie générale de Madrid, pour répondre de leur évasion de la prison militaire.

Le jury acquitte Lucien Hourdeaux qui tua le mari de sa maîtresse Lucien Hourdeaux, qu'on jugeait hier aux assises de la Seine, a tué son ami, M. Kriegel, dont il avait enlevé la femme.

Mme Kriegel était « la soeur de la femme du frère » de Hourdeaux Ils se sont aimés une année environ, furtivement et peut-être sans grand élan de passion. Ni l'un ni l'autre n'évoqueront cet amour coupable. Le mari les a surpris, le 1" octobre 1929, alors qu'Us sortaient d'un cinéma.

Le dépit de M. Kriegel s'avéra très vif. Il fit, rentré chez lui, une scène violente à sa femme, la frappa, rédigea une demande de divorce qu'il jeta à la poste. Elle assura, de son côté, qu'elle ne reverrait plus Hourdeaux. Malgré cela, le 6 octobre, après de longues hésitations et des interventions diverses, M. Kriegel voulut parler à son rival et lui demander une explication définitive. Il se rendit donc rue du Buisaon-Saint-Louis, et les deux hommes se trouvèrent face à face. Hourdeaux prit alors son fils par la main, sortit le conduire jusqu'à la prochaine station d'autobus et rentra. Faut-il penser qu'il prit ainsi la précaution d'éloigner cet enfant avant un drame qu'il devinait inévitable? Il le nie.

Lorsque les deux rivaux reprirent la conversation, les choses ne traînèrent pas.

Que veux-tu ? demanda Hourdeaux.

Ce soir, répondit l'autre, je suis

M»» Kriegel, femme de la victime, et M»' Labaye, belle-mère de l'accusé ton homme. J'ai juré que J'aurai avec toi une entrevue décisive. Tu as pris ma femme

Mme Labaye s'interposa en vain. Des injures jaiüirent. Bientôt, Hourdeaux s'empara d'un revolver d'ordonnance, qu'il tenait chargé dans sa gaine. et le montra à Kriegel qui s'écria

Tant pie Si j'ai le dessous, mes beaux-frères me vengeront

A ce moment, le mari furieux aurait fait le geste de se précipiter sur son rival et l'accusé explique

J'ai eu peur. J'ai compris qu'il était décidé à tout. Ma belle-mère a voulu le pousser dehors. Il l'a écartée, il s'est avancé tout de même. Le coup est parti.

Vous voulez ainsi insinuer que vous vous êtes cru en état de légitime défense ? Cela n'est pourtant pas établi. Kriegel, en effet, n'était pas armé. 'On saura plus tard qu'il tenait à la main un petit canif. Atteint au poumon, il est mort à l'hôpital en jurant qu'il n'avait pas voulu tuer.

Appelée à la barre, Mme Kriegel déposera toute tremblante. Il semble que sa passion, par un légitime retour, soit morte avec son mari. Elle concède que

Hourdeaux

le soir du 6 octobre, en partant chez Hourdeaux, son mari aurait annoncé S'il me touche, je le frapperai avec ça et lui laisserai un € bon souvenir Ça, c'était un canif, précisément. La défense, représentée par M" Thaon et Floriot tire parti de cette menace et plaide la légitime défense.

Et Hourdeaux est acquitté.

Le ENLÈVEMENT* SIMULÉ DE GEORGES CARPENTIER ET DE LITA GREY

N'EST QUE OE LA PUBLICITÉ Les policiers, sceptiques, ne poursuivent méma pas l'enquête

Notre correspondant particulier New-York aous avait signalé la nuit dernière cette étrange aventure en nous mettant en garda con.tre certains procédas de publicité en usage aux Etats-Unis. Nous noua abstinmes en conséquence de la relater- Lea détails que notre correspondant new-yorkais nous a cdblés hier soir et que l'on va lire confirment bien t'aspect nettement publicitaire de cette affaire.

New-York, 9 janvier

m NOTRÏ ENTOT* SPtCDl PSKIUNaKT Georges Carpentier et l'actrice Lita Grey-Chaplin, qui auraient été, l'autre nuit, victimes d une attaque par des bandits new-yorkais, ont passé deux heures au quartier général de la police et ont fait de vains efforts pour identifier leurs agresseurs. Selon la version des infortunées victimes. deux des bandits. revolver au poing, auraient forcé le chauffeur à prendre place sur la banquette du fond avec Carpentier et Lita Chaplin et un auraient pris le soin et le