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Titre : La Guerre mondiale : bulletin quotidien illustré

Éditeur : impr. Atar (Genève)

Date d'édition : 1916-08-29

Type : texte

Type : publication en série imprimée

Langue : français

Format : Nombre total de vues : 7995

Description : 29 août 1916

Description : 1916/08/29 (N616).

Description : Collection numérique : Documents consacrés à la Première Guerre mondiale

Droits : domaine public

Identifiant : ark:/12148/bpt6k6246099s

Source : BDIC (Bibliothèque de documentation internationale contemporaine), 2012-112011

Notice du catalogue : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb327844744

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date de mise en ligne : 21/08/2012

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Le chien guetteur : De son observatoire, « Sultan » surveille jour et nuit la tranchée d'en face (The Sphere.)


MAUPASSANT ET LA GUERRE Il est très curieux et profitable de rechercher et d'examiner quelle fut l'influence de la précédente guerre franco-allemande sur les écrivains français du XIXe siècle. On trouve tant dans leur correspondance que dans les œuvres qui furent inspirées par la guerre plus d'humanité et de dignité que dans les écrits connus des littérateurs contemporains. Les Goncourt et Flaubert, notamment, dénoncent les horreurs et la stupidité de la guerre qu'ils ne songent pas un instant à justifier ni à exalter.

Le plus parfait des écrivains naturalistes, celui qui a le mieux réussi à écarter de son œuvre sa personnalité, celui dont l'art fut assurément le plus objectif, Maupassant, a montré, avec toutes les qualités de son style sobre, net et incisif, le caractère horrible de la guerre et de ses « lois ».

Qui n'a pas lu Boule de suif, ce chef-d'œuvre de Maupassant et l'un des chets-d'œuvre du naturalisme. On sait dans quelles conditions elle fut composée — on sait comment Zola, Paul Alexis, Huysmans, Hennique, Céard et l'auteur de Bel-Ami, réunis dans la propriété de Zola, racontèrent chacun de vive voix une histoire dont le thème commun était la guerre. Ces contes furent écrits et parurent simultanément en volume ; et, pour en rappeler l'origine, l'ouvrage était intitulé les Soirées de Médan. Une bonne partie de la presse réserva un mauvais accueil au livre précédé d'ailleurs d'une courte préface combative dure pour les critiques. Dans le Figaro, un Allemand de Francfort, prototype du journaliste boulevardier constatons, en passant, que la plupart des journalistes bien « parisiens » qui imposent le ton au boulevard et prétendent parler au nom de la France, ne sont pas français d'origine 1 Albert Wolff, pour i'appeler par son nom, déclara que les Soirées de Médan ne valaient pas une seule ligne de critique.

« Sauf la nouvelle de Zola, qui ouvre le volume, — affirmait-il — c'est de la dernière médiocrité. » Boule de suif, de la dernière médiocrité ! Ainsi en décidait le critique-chroniqueur du journal placé sous le patronage de Beaumarchais. Mais Flaubert qui s'y connaissait écrivait à l'auteur: « Il me tarde de vous dire que je considère Boule de suif comme un chef-d'œuvre.

Oui ! jeune homme ! Ni plus ni moins, cela est d'un maître. »

Le jugement de l'auteur de Madame Bovary, qui valait bien j'imagine l'opinion du boulevardier de Francfort, a été ratifié par des milliers de lecteurs. Boule de suif, aussi bien, décida de la carrière de Maupassant et ouvrit à celui-ci les portes de la renommée.

Maupassant composa dès lors la série de ses nouvelles qui font de lui un maître conteur incomparable, un maître véritablement français — je n'emploie pas ce mot, qu'on le croie bien, par une sorte de nationalisme littéraire, mais parce que chez Maupassant, comme chez Rabelais, comme chez Molière, comme chez La Fontaine, comme chez Romain Rolland, il a sa forte et précise signification.

Maintes d'entre ses nouvelles sont des récits se rapportant aux événements de 1870-71. Il y montre la propagation des légendes, le mélange d'humanité et de cruauté, et sa psychologie de la guerre indique un cerveau équilibré, un sens critique n'admettant rien à la légère et soumettant tout à un rigoureux et décisif examen — un tempérament sain capable d'entrevoir et de limiter la vérité dans l'amas des narrations confuses et contradictoires.

Dans l'Aventure de Walter Schnaffs, il a portraituré un bourgeois allemand placide, père de famille, que la guerre n'enthousiasme certes pas. « Depuis son entrée en France, avec l'armée d'invasion, Walter Schnaffs se jugeait le plus malheureux des hommes. Il était gros, marchait avec peine, soufflait beaucoup et souffrait affreusement des pieds qu'il avait plats et fort gras. Il était en outre pacifique et bienveillant, nullement magnanime ou sanguinaire, père de quatre enfants qu'il adorait et marié avec une jeune femme blonde, dont il regrettait désespérément chaque soir les tendresses, les petits soins et les baisers. Il aimait se lever tard et se couches tôt, manger lentement de bonnes choses et boire de la bière dans les brasseries. Il songeait en outre que tout ce qui est doux dans l'existence disparaît avec la vie ; et il gardait au cœur une haine épouvantable, instinctive et raisonnée en même temps, pour les canons, les fusils, les revolvers et les sabres, mais surtout pour les baïonnettes, se sentant incapable de manœuvrer assez vivement cette arme rapide pour défendre son gros ventre. » Walter Schnaffs vit dans la terreur et l'angoisse et désire seulement être fait prisonnier. Un jour qu'il est envoyé en reconnaissance, pris d'une peur

La Croix-Rouge à la bataille de la Somme Après un premier pansement, les prisonniers allemands attendent sur des brancards leur tour d'être évacués à l'arrière. (Sphcre.)

subite, il se cache dans un large fossé où il demeure longtemps. Tiraillé par la faim, il se dirige vers un château où il entre résolument, mettant en fuite les domestiques persuadés de l'attaque du château par les Prussiens. Schnaffs s'assied a la table chargée de vivres, mange à grandes bouchées, besogne de la mâchoire, boit du cidre pour déblayer son œso- phage et s'engourdit sur sa chaise, « saoul de liquide et de mangeaille ». Cinquante Français armés, prévenus par les domestiques, font soudain irruption et saisissent le « Prussien ». Le tumulte apaisé, l'officier fait son rapport : « Après une lutte acharnée, les Prussiens ont dû battre en retraite, emportant leurs morts et leurs blessés, qu'on évalue à cinquante hommes hors de combat. Plusieurs sont restés entre nos mains. » Et termine Maupassant : « Le colonel Ratier, marchand de drap, qui enleva cette affaire à la tête des gardes nationaux de La Roche-Oysel, fut décoré. »

Si j'ai analysé par le menu ce récit ironique, c'est parce qu'il contient un enseignement et qu'il est très représentatif de l'esprit de Maupassant, lequel ne fut jamais atteint pas les préjugés — sauf dans la dernière partie de sa vie, lorsqu'il fréquenta le « monde » et se laissa aller à imiter la psycholo- gie mondaine de M. Paul Bourget.

Dans la Mère Sauvage, il nous présente une brave paysanne dont le fils est sur le front, et qui, lorsque s'accomplit l'invasion, hospitalise chez elle quatre Allemands « pleins de prévenance pour elle, lui épargnant, autant qu'ils le pouvaient, des fatigues et des dépenses », nettoyant la cuisine, frottant les carreaux, cassant du bois, épluchant les pommes de terre, lavant le linge, bref accomplissant « toutes les beso- gnes de la maison, comme quatre bons fils autour de leur mère. » Les soldats, comprenant les inquiétudes de cette mère sans nouvelles précises de son fils, lui rendent mille petits soins. « Elle les aimait bien, d'ailleurs, ses quatre ennemis; car les paysans n'ont guère les haines patriotiques ; cela n'appartient qu'aux classes supérieures. Les humbles, ceux qUI paient le plus parce qu'ils sont pauvres et que toute charge nouvelle les accable, ceux qu'on tue par masses, qui forment la vraie chair à canon, parce qu'ils sont le nombre, ceux qUI souffrent enfin le plus cruellement des atroces misères de la guerre, parce qu'ils sont les plus faibles et les moins résistants, ne comprennent guère ces ardeurs belliqueuses, ce point d'honneur excitable et ces prétendues combinaisons politiques qui épuisent en six mois deux nations, la victolieuse comme la vaincue. »

Mais voici que la mère Sauvage apprend la mort de son fils. Elle se venge. Elle emplit de foin le grenier, aidée des quatre soldats, et lorsque ceux-ci, le soir, sont profondément endormis elle met le feu. A l'officier allemand attiré par l'in- cendie et lui demandant des éclaircissements, elle avoue avec calme qu'elle est l'auteur du désastre. On la fusille immédiatement et par représailles, le château du pays est détruit.

On chercherait en vain parmi les actuels confectionneurs de contes, un artiste aussi sobrement émouvant et à la fois aussi impartial et objectif que le fut jadis Guy de Maupassant.

Henri GUILBEAUX.


Nouvelles de prisonniers (d'après le bulletin de l'Agence Internationale) Camps de travail. — Extrait du rapport des ors Blanchod et Speiser : « Les camps principaux de prisonniers en Allemagne ont été souvent visités ; à Stendal, par exemple, il y a un livre d'honneur où plus de 5o personnalités neutres se sont déjà inscrites. Les camps de travail, au contraire, sont peu connus.

Or, pour un tiers de prisonniers français retenus dans les camps principaux, les deux autres tiers sont occupés soit aux travaux agricoles ou dans les camps de marais, soit dans les usines et les mines.

Les camps de travail étant au nombre de plus de 100.000, Il ne peut être question de les visiter systématiquement. Les délégués, autorisés par le gouvernement allemand à voir un total de 11.000 prisonniers français, se sont attachés à faire des sondages dans divers camps de travail, usines, mines de fer, de houille, de potasse, de lignite, marais. Leurs visites se décomposent ainsi : camps principaux (Wittenberg, Stendal, Parchim, Hanelberg, Puchheim, Chemnitz-Ebersdorf, Hohenasperg, Rastatt), 3 camps de marais (Wiesmoor, WeitmoosEggstâdt, Bollingstædt et Schiffsdorf), 3 usines (Wanderer Continental à Schônau, Krupp à Rheinhausen, Opel à Russelsheim) 6 mines (Ewald, Atzendorf, Rotenfeld-Hesslingen, Stassfurt, Sicilia Sachtleben, Olsmitz), I fabrique de canons et munitions (Ehrhardt à Dusseldorf), I lazaret (Alexandrinenstrasse à Berlin). I. Travaux agricoles. — Les prisonniers qui'sont ou qui ont été chez des agriculteurs et que nous avons interrogés, n'ont pas à se plaindre. ) Ils jouissent d'une liberté relative, nous en avons vu conduisant des chars ou des bœufs, d'autres travaillant aux champs sans surveillance. Ils sont répartis par petits groupes, leur gardien est le gendarme de la localité, qui a l'œil sur eux.

Les inévitables conflits personnels entre employeurs et employés sont rares. Le logement des prisonniers occupés aux travaux agricoles est généralement suffisant; leur alimentation est celle du paysan allemand, simple, mais substantielle. En cas de maladie grave, les prisonniers rentrent au camp principal ou vont dans un lazaret qui en dépend.

2. Camps de marais (Moorlager). — Dans certains camps de marais, les prisonniers travaillent toute l'année, par exemple Wiesmoor-Aurich, Weitmoos-Eggstâdt; dans d'autres, ils travaillent seulement pendant l'hiver, par exemple à Bollingstâdt et Schiffsdorf, dépendant de Parchim, et quand la saison des travaux des champs est venue, ils sont répartis chez les agriculteurs.

Dans ces Moorlager, les prisonniers, hommes de toutes professions, sont occupés à drainer des terrains marécageux; ceux que nous avons vus étaient dans les endroits intermédiaires entre la tourbe et le marais.

Les uns travaillent au sec, d'autres dans des sols gluants et humides, d'autres ont les pieds dans l'eau, mais touchent pour ce travail une paire de bottes. Ces bottes les protègent de l'eau proprement dite, mais pas de l'humidité.

Morbidité. Nous avons relevé dans les registres d'infirmerie de ces camps de marais surtout des affections polycliniques et des maladies rhumatismales. La morbidité n'est pas élevée.

Intellectuels. Les intellectuels ont été depuis quelque temps triés des camps principaux et envoyés dans les marais à titre de représailles. Nous pensons qu'il n'y a pas trop lieu de s'inquiéter de ces mesures, les prisonniers dans les camps de marais étant encore bien favorisés en comparaison de leurs camarades qui sont forcés de travailler dans les mines.

3. Usines. Les prisonniers y sont traités comme les prisonniers allemands, et en conformité des lois allemandes sur le travail dans les usines.

Les hommes de métiers, mécaniciens, ajusteurs, monteurs, etc., sont occupés à des travaux spéciaux ; leur travail nous paraît être normalement réglé.

Les prisonniers de toutes professions sont utilisés comme manœuvres ; ils se sont souvent plaints de la dureté du travail ; nous croyons qu'ils le font sans raison, et que ce travail n'est pas exagéré, bien que les prisonniers aient de la peine à s'habituer au travail de nuit.

4. Usines travaillant pour l'armée. — Les prisonniers du camp de Parchim nous ayant déclaré qu'ils avaient été forcés de travailler dans les usines de munitions et de sous-marins, nous avons transmis les plaintes de ces prisonniers au Minis-

Porcelaine d'actualité allemande: le plat aéroplane, sorti de la manufacture royale de Berlin. (Neue Leipziger ill. Zeitung.)

tère de la guerre à Berlin, et nous avons demandé de pouvoir nous entretenir avec les prisonniers d'une usine travaillant pour l'armée sans pénétrer dans l'usine proprement dite, pour nous rendre compte du traitement auquel ils sont soumis.

Le Ministère de la guerre a accédé à notre demande en nous désignant la fabrique de canons et de munitions Ehrhardt à Düsseldorf.

Nous résumons de la manière suivante notre jugement sur la situation des prisonniers dans l'usine de munitions que nous avons visitée : I. Une certaine pression a été exercée sur les prisonniers pour les forcer au travail dans cette usine.

2. Une alimentation supérieure à celle de l'ouvrier allemand et une forte paye agissent sur les caractères faibles.

3. Les hommes ne sont soumis à aucun mauvais traitement.

4. Les prisonniers ne peuvent écrire à leur famille où ils sont et à quoi ils travaillent.

5. Mines. - Un nombre considérable de prisonniers français sont forcés d'y travailler. Dans la région de Werl-SenneMünster-Friedrichsfeld, il y a plus de 60 mines occupant des prisonniers français.

On trouve dans ces mines, à côté d'une minorité de mineurs de profession qui sont là bien à leur place, un grand nombre d'hommes de toutes professions : cultivateurs, comptables, commerçants. les étudiants y sont l'exception.

Dans les mines où nous avons essayé d'établir une statistique, nous avons trouvé que le 40 environ des prisonniers a déjà dû être évacué pour accidents, maladies, faiblesse, inaptitude au travail. Ce chiffre prouve qu'un grand nombre d hommes ne supportent pas le travail dans les mines et que l'on doit renvoyer dans les lazarets et les camps principaux les hommes incapables d'accomplir ce travail.

Dans toutes les usines et les mines que nous avons vues, les prisonniers nous ont affirmé qu'il est interdit décrire à leurs familles l'endroit où ils se trouvent et le travail qu'ils font; ils datent leurs lettres du camp principal dont ils dépendent. Il ne nous paraît pas juste que les prisonniers qui travaillent depuis plus d'un an dans les mines soient obligés de laisser croire aux leurs qu'ils sont dans un camp principal dont nous avons décrit les belles installations avec théâtre et cinéma.

Nous nous plaisons à reconnaître que dans tous les camps et chantiers visités par nous, les officiers commandants apportent, ainsi que nous le consignons dans les rapports spéciaux, un esprit bienveillant dans leurs relations avec les prisonniers et qu'ils s'efforcent de rendre leur travail aussi supportable que possible. »


La position actuelle (28 août) des armées franco-anglaises et allemandes sur la Somme - Carte protégée. — Reproduction interdite.

★ Français. ♦ Anglais. ■ Allemands.

Repérage sur le carrefour des routes Amiens-Bray et Sailly-Méaulte


La position (28 août) des armées depuis la Wolhynie jusqu'en Bukovine Reproduction Interdite K-; f.' <o 30 40 M

4 Autrichiens. ■ Allemands. ★ Russes.

La ligne double indique la position des armées au 3 juin. — Repérage sur Ungvar.


La situation au 28 août matin (749me jour de la mobilisation, 744me jour des hostilités) Une nouvelle récidive allemande contre Guillemont, moins énergique que celle de mercredi, a échoué dans la nuit du 24 au 25. Cette même nuit, une tentative de reconquête au sud de Thiepval, n'a pas eu plus de chance, bien que la Garde elle-même ait puissamment donné. Loin de rien céder de leurs récents gains, les Anglais se sont encore rendus maîtres de tranchées sur la route de Courcelette.

Le grand état-major ne voyait qu'attaques repoussées dans ce secteur et vers Maurepas. Ici, la cote 121 a été mise derechef sur le tapis par un coup de sonde manqué. Et vendredi toujours, retours germaniques sans succès dans la région Thiaumont-Fleury.

La nuit suivante, échec d'une tentative trois fois répétée contre les bois de Vaux et du Chapitre. Mais les Allemands, attribuant l'initiative aux Français, se disent à la défensive heureuse au nord de Verdun.

Les attaques anglaises auraient recommencé samedi au nord de Thiepval et au nord-ouest de Pozières. Elles ont été repoussées « en partie », déclare Berlin : quelque terrain a donc été cédé, mais pour être regagné probablement un peu plus tard, car Haigh ne note d'avance que plus au sud-est : 200 m. de tranchées ennemies au nord de Bazentin-le-Petit ; succès nié par le bulletin adverse.

*

Sur le théâtre russe, il y a toujours disette de faits de guerre importants.

Dans les Carpathes, les Slaves ont occupé le village de Gouta, à l'ouest de Nadvorna, atteint les sources de la Bystrzyca et escaladé la hauteur 1129 au nord-est de Kowerka.

Les passages du Stochod vers Toboly ont été en butte à un furieux bombardement. Peut-être les Allemands vont-ils essayer de reprendre le village, perdu par eux le 19 ?

* * *

Dans les Balkans, on se canonne toujours au centre, sans chercher à aller de l'avant. Sur l'aile gauche l'offensive bulgare se heurte à une résistance très active des Serbes qui multiplient les contre-attaques et réussissent sinon à la refouler, du moins à la ralentir. A droite, l'avance des envahisseurs semble avoir été plus rapide : elle a déjà atteint le littoral vers l'embouchure de la Struma.

La satisfaction qu'on peut avoir éprouvée à Sofia de ces minimes progrès doit s'être brusquement changée en une cruelle anxiété à la nouvelle de l'entrée en action de la Roumanie : car nul doute que la Bulgarie ne soit menacée, bien qu'il ne soit pas encore question de rupture entre les deux pays : Bratiano ayant abandonné la neutralité, il saute aux yeux qu'il ne s'opposera plus au passage des Russes à travers le territoire roumain, et les Bulgares vont se trouver pris entre deux feux. * *

Le bulletin italien du 26 laissait à fois nouvelle le Carso dans l'ombre et négligeait même de mentionner le crescendo d'artillerie signalé par Vienne au sud du Vipacco. Il n'y avait au tableau que de petits succès dans les Dolomites et les Carniques, niés par l'adversaire. Les dernières nouvelles de ce front sont tout aussi insignfiantes : élargissement d'une position ita.

lienne à la source du torrent de Digon, et de nouveau des at- taques repoussées par les Autrichiens au Cauriol et dans les Alpes de Fassa.

L'Italie a déclaré la guerre à l'Allemagne : ce n'est, comme le dit le commentaire Havas, que la consécration d'un état de fait.

* * *

Des combats acharnés se livrent sur le front du Caucase où la progression russe s'est encore accentuée. Les Turcs, qui gardent le silence là-dessus, avouent l'échec subi par eux le 21 en Perse, vers Saoutchboulak.

Le 29 août 1915.

Une contre-offensive des Russes de Wilna rejette en trois jours Eichhorn 20 km. à l'ouest jusqu'à la ligne DukstyMejsagola-Schirwinty-Wilkomir.

L'Italie déclare la guerre à l'Allemagne.

Rome, 27. (Officiel) : Une communication a été adressée par le goij, vernement italien au gouvernement suisse, le priant de porter à la connaissance du gouvernement allemand que l'Italie se considère, à partir du 28 août, comme étant en état de guerre avec l'Allemagne.

Berlin, 26. (Wolff.) (Officiel) : Le gouvernement royal italien a notifié au goO" vernement impérial, par l'intermédiaire du gouvernement suisse, qu'il se considérait, à partir du 28 août, comme étant en guerre avec l'Allemagne.

et la Roumanie à l'Autriche-Hongrie Berlin, 27. (Wolff.) (Officiel) : Le gouvernement roumain a déclaré hier soir la guerre à l'Autriche-Hongrie.

Le Conseil fédéral a été immédiatement convoqué.

DE LA MANCHE AUX VOSGES Tranchées prises au nord de Bazentin Londres, 27. — Communiqué anglais de 14 h. : S Il convient d'augmenter de sept le chiffre des mitrailleuses prises par nous au cours des attaques signalées dans le cofl1' muniqué du 25. Hier soir, 200 mètres de tranchées allemandes et une mitrailleuses sont tombés entre nos mains au nord de Bazentin-le-Petit. L'artillerie ennemie a montré de l'activé entre la Somme et l'Ancre.

Les environs de Béthune ont été bombardés au cours de 1 nuit. Notre artillerie lourde a riposté sur les gares et les casernes utilisées par l'ennemi. r Une mine a sauté près de la cote 60, sans nous occasionne de dégâts.

Aucun événement important à signaler sur le reste du front.

Triple attaque rejetée à l'est de la Meuse Paris, 27. — Communiqué français de 15 h : Sur le front de la Somme, nuit relativement calme. Le mauvais temps continue à gêner les opérations.

Sur la rive droite de la Meuse, les Allemands ont dirigé 8.U cours de la nuit trois attaques successives contre les bois de Vaux et du Chapitre. Arrêtés par nos tirs, ils ont dû regagne leurs tranchées de départ après avoir subi des pertes sensibles.

En Lorraine, plusieurs coups de main des Allemands contre nos petits postes entre Arracourt et Emberménil ont été aisément repoussés.

Dans la forêt d'Apremont, la nuit a été agitée. Les grena- diers français ont livré des combats à des patrouilles allemandes qu'ils ont dispersées. Les Allemands ont attaqué vers 22 heures, sur un front de 800 mètres, vers la Croix de SaintJean. Pris sous nos tirs de barrage, ils ont subi un échec complet.

Aucun événement important sur le reste du front.

Poussées refoulées des deux côtés de la Somme et devant Verdun Berlin, 27. — Communiqué allemand : Au nord de la Somme, dans les heures de la matinée d'hier et pendant la nuit les Anglais, après une forte préparation d'artillerie, ont renouvelé leurs attaques au sud de Thiepval ?

au nord-ouest de Pozières. Ils ont été repoussés en partie après des corps à corps acharnés, au cours desquels l'adversaire a laissé entre nos mains un officier et 60 hommes prisonniers. De même des attaques au nord de Bazentin-le-Petit et des combats à la grenade au bois des Foureaux sont de' meurés sans succès pour l'ennemi.

Dans le secteur Maurepas-Cléry les Français après un vio' lent feu d'artillerie avec l'emploi de «Flammenwerfer», ont fait avancer de forts effectifs pour une attaque stérile. A nord de Cléry, des détachements ayant fait irruption ont étC .J de nouveau rejetés par une rapide contre-attaque. 1


Un nouveau feld-maréchal prussien : le duc Albrecht de Wurtemberg.

( Wochenschau)

d Au sud de la Somme, des attaques à la grenade à l'ouest de Vermandovillers ont été repoussées.

Des deux côtés de la Meuse, l'artillerie a augmenté par moments d'intensité. Dans la soirée, des attaques prononcées contre Thiaumont et près de Fleury se sont brisées sous notre feu.A l'ouest de Craonne et dans le bois d'Apremont, de faibles détachements ennemis ont été repoussés. Près d'Avricourt et de Badonvillers, des entreprises de patrouilles effectuées par nous ont eu du succès.

Quatre avions abattus. D'autres sont tombés entre nos mains.

Terrain gagné vers Guinchy Londres, 27. — Communiqué anglais du 27, 21 h.

Le mauvais temps, ininterrompu depuis vingt-quatre heures a gêné dans une certaine mesure les opérations. Nous avons toutefois réalisé quelques progrès au nord-ouest de Guinchy. Dans l'après-midi, l'artillerie a montré de part et d'autre une grande activité. Le bombardement ennemi a été Principalement dirigé contre nos tranchées de seconde ligne et a revêtu un caractère de particulière intensité au nord de Longueval. Quelques dépôts ennemis de grenades ont été détruits.

Nous avons fait sauter des mines entre Neuve-Chapelle et Armentières. Les Allemands en ont fait également sauter deux au sud-ouest d'Auchy et au sud du saillant d'Ypres sans qu'il en soit résulté de dégâts.

La nuit dernière et ce matin, 59 prisonniers, dont 4 officiers sont tombés entre nos mains au sud de l'Ancre.

Néant Paris, 27. — Communiqué français de 23 h. t Aucun événement important sur l'ensemble du front, où le Mauvais temps continue.

SUR LE FRONT RUSSE Succès dans les Carpathes Petrograd, 27. — Communiqué russe du 27, 14 h. :

Dans la région de la ferme de Chmarden, de vaillants éléments des bataillons lettons ayant coupé en deux points la Première ligne des réseaux de fils de fer de l'ennemi et fixé deux ancres entre les passages formés, ont arraché les réseaux

au moyen de treuils, avec tous leurs pieux, sur une distance de trente pas. L'adversaire a ouvert le feu sans succès.

Dans la région du lac Driswjaty, un de nos camps a été sur- volé par des avions ennemis qui ont lancé des bombes, tuant un aumônier pendant qu'il remplissait ses fonctions sacerdotales.

Sur le Stochod, dans la région du village de Toboly, l'adversaire a bombardé violemment nos passages, tuant le commandant de régiment colonel Zykoff.

Dans les Carpathes, dans la région du mont Koverla, nos troupes ayant délogé l'adversaire de sa position sur la hauteur 1129, cinq verstes au nord-est de Koverla, se sont emparées de cette hauteur en y faisant prisonniers 3 officiers et 146 soldats, et prenant 4 mitrailleuses. Notre avance continue.

Tentatives déjouées sur la Duna. Incursion réussie vers Kisielin Berlin, 27. — Communiqué allemand : Front Hindenburg : Sur le front de la Duna, des tentatives réitérées des Russes de franchir le fleuve avec des bateaux à l'est de Friedrichstadt et près de Lennewaden ont été déjouées.

Au sud-est de Kisielin, de petits détachements allemands ont avancé jusque dans la troisième ligne ennemie et ensuite, conformément au plan, sont revenus dans notre position, avec 128 prisonniers et 3 mitrailleuses, après avoir détruit les tranchées.

Front de l'archiduc Charles : En dehors de combats de patrouilles heureux pour nous au nord du Dniester, aucun événement essentiel.

— Situation inchangée. Aucun événement spécial, dit le communiqué autrichien.

SUR LE FRONT ITALIEN Artillerie Rome, 27. — Communiqué italien du 27, à 4 h. :

Sur le front du Trentin, l'ennemi a exécuté sur plusieurs points de violents tirs d'artillerie, d'engins de tranchées et de fusils, sans toutefois passer aux attaques d'infanterie. Notre artillerie a riposté avec efficacité et a bouleversé les travaux d'approche de l'adversaire, sur les pentes du Monte Cimone (Val d'Astico).

A la source du torrent de Digon (haut Pieve) nous avons élargi, vers le nord, la possession de la position de Clama Vallona.

Dans la zone de Gorizia et sur le Carso, plus grande activité de l'artillerie ennemie contre les ponts sur l'Isonzo et contre la ligne du Vallone. Quelques obus sont tombés sur Gorizia et sur Romans.

Nouvelles attaques repoussées dans les Dolomites Vienne, 27. (B. C. V.). — Communiqué autrichien : De nouvelles attaques contre le Cauriol ont été repoussées avec des pertes sensibles pour les Italiens. Toutes les autres attaques de l'ennemi contre le front des Alpes de Fassa ont aussi eu le même sort.

Sur le front de la région côtière et de Carinthie, aucun événement essentiel.

LA GUERRE BALKANIQUE Attaques brisées vers Kukuruz. Combats acharnés vers le lac d'Ostrowo Paris, 27. — Communiqué français : Sur le front de la Struma, notre artillerie a continué à bombarder les organisations ennemies. Un bataillon bulgare pris sous le feu de nos batteries s'est dispersé avec des pertes.

Canonnade intermittente du lac Doiran au Majadagh. A l'ouest du Vardar, les Bulgares ont renouvelé leurs tentatives contre Vetrenik, au nord-ouest de Kukuruz. Cinq attaques successives menées avec une extrême violence ont été brisées par les tirs de l'aitillerie serbe.

Dans la région du lac d'Ostrovo, les combats se poursuivent avec acharnement, notamment à l'ouest et au nord-ouest du lac, où plusieurs attaques bulgares ont été refoulées par les contre-attaques de l'infanterie serbe..

Dans la journée du 25, deux monitors et un croiseur anglais ont bombardé les forts de Cavalla qui avaient été occupés, saut un, par les Bulgares.


Les événements de Pologne : ouverture du nouveau conseil munie

Avance bulgare sur la Struma. Tentatives infructueuses sur le front de la Moglena Berlin, 27. — Communiqué allemand : Des forces bulgares avançant de la rive orientale de la Struma s'approchent de l'embouchure du fleuve.

Sur le front de la Moglena, des attaques serbes contre les positions bulgares sur le Bujuk Tas ont échoué.

— Sur le front sud-oriental, rien de nouveau dit le communiqué autrichien.

L'avance aux deux ailes continue Sofia, 27. — Communiqué bulgare : Notre ai:e droite continue sa marche en avant ; une colonne qui se trouvait au sud du lac d'Ochrida a atteint le village de Malic, à 40 km. de Koritzia, sur la rive septentrionale du lac du même nom, et s'est emparée du village.

Dans la vallée de la Moglenica, les Serbes, après leurs attaques stériles, ont tenté, le 25, de passer à l'attaque dans la direction du village de Bahovo, mais ils ont été repoussés.

La fusillade n'a pas cessé de toute la journée.

Dans la vallée du Vardar, tirs d'artillerie sur différents points.

Nous avons capturé dans le village de Doldzeli, un détachement anglais avec l'officier qui les commandait.

Notre aile gauche a débouché à Parnardargh et a occupé le littoral de la mer Egée. Toutes les troupes anglaises se sont retirées dans la direction d'Orfano et de Tchavazi. Nous avons occupé la ligne des villages de Lakovitza-Dadebali-AisakliMentechili.

Le chefs et le sous-chef d'état-major de l'armée grecque relevés de leurs fonctions Athènes, 27. (Wolff). — Le général Dousmanis et le colonel Metaxas, chef et sous-chef de l'état-major, sont relevés de leurs fonctions par décret royal. Le général Moschopoulos, commandant du IIIe corps de l'armée grecque, est nommé chef d'état-major général.

Le général Dousmanis a obtenu un congé de 45 jours tandis que le colonel Metaxas a été nommé à la direction de l'école des capitaines.

ipal de Varsovie avec langue officielle polonaise. (Deutsche III. Z.) Ces décisions ont produit une grande impression dans tout le pays.

SUR LES FRONTS TURCS Le Maolddarassi atteint Petrograd, 27. — Communiqué russe du 27, 14 h. : Sur le front du Caucase, dans la direction de Djarbékir, des combats acharnés continuent. Nos colonnes ont atteint le Maolddarassi, qui se jette dans l'Euphrate à l'est de la bourgade de Nourik.

Insuccès en Perse Constantinople, 27. — Communiqué ottoman : Front de l'Irak : Dans le secteur de l'Euphrate, les camps ennemis ont été inquiétés par des attaques heureuses.

En Perse, sur le front russe, à 66 km. au sud-est de Hama- dan, dans la direction de Devletabad, des troupes russes ont été attaquées et dispersées. Nos troupes ont atteint Bidjar, a 77 km. au nord-est de Sine. Les combats commencés avec leS troupes russes dans la région de Sakkiz continuent à notre avantage.

Nos troupes avancées, qui avaient poursuivi l'ennemi jusqu'à 35 km. à l'ouest de Saouchboulak, ont dû le 21 août af- fronter l'attaque de forces numériquement supérieures dans la direction de cette localité au nord et au sud du village d'Evinzing. Elles se sont défendues avec succès et ont défait l'adversaire. Tirant avantage du bon état de ses moyens de commu- nications dans cette région, l'adversaire a amené des renforts composés surtout de Cosaques de Transbaïkalie. Sans nous laisser le temps de nous renforcer, et dans la nuit du 21 au 22, il a attaqué l'aile gauche de nos troupes avancées.

Exposés de face, de flanc et de dos aux attaques de forces su- périeures, les nôtres ont dû se replier dans la direction de 1* frontière, vers le gros de nos troupes. Une partie de nos trou- pes a subi, dans le combat, des pertes, tandis qu'elle déjouait des tentatives ennemies d'encerclement.

Sur le front du Caucase, notre offensive progresse à l'aile droite, malgré la contre-attaque ennemie.

Aucune information nouvelle des autres fronts.