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Noos Sommes Bien - - Lotis

t

'instabililé gouvernementale n'est pas seulement nuisible aux intérêts de

la France métropolitaine, elle porte préjudice au développement de toutes les colonies. Cette instabilité se présente sous la forme d'une, crise politique dont l'action déprimante s'ajoute à celle de la crise économique se traduisant par la diminution ,. générale du tonnage de l'exportation des

pays d'outre-mer.

Les incessants assauts livrés au ministère Tardieu, l'an dernier, ont empêché les Chambres de voter l'Emprunt avant la clôture de la session parlementaire, A la reprise des travaux, en octobre, la Chambre s'est décidée, sans grands débats, à voler cet emprunt. Mais au moment où le texte de loi devait aller au Luxembourg, le Sénat renversait le ministère Tardieu et laissait en panne notre Emprunt pour prendre ses

vacances.

Et nous voici en 1931 sans avoir abouti.

D'autre part, l'ancien gouvernement saisi des doléances des producteurs coloniaux, avait élaboré des mesures qui paraissaient de nature à satisfaire les planteurs de café.

Le nouveau gouvernement n'a pas cru devoir reprendre les projets de l'ancien. Ils les a ---- totalement modifiés, pour arrêter -- de nou-

velles dispositions très malheureuses sans ;. consulter les intéressés. Il est vrai que tout bon gouvernement se croit justement inspiré et couvert, quand il a pris conseil de l'Union Coloniale et des planteurs du bois

de Vincennes.

Or, personne n'a foi dans les destinées du cabinet Steeg.

La très mince majorité qu'il a obtenue autorise les gens à prédire sa chute au dé but de Février. Donc, à l'instabilité des mesures s'ajoute un manque de confiance absolu dans la solidité de nos gouvernants. Si encore le Parlement estimait que la politique coloniale, semblable à la politique extérieure, ne devait pas changer de

Pendant ce temps-là, notre emprunt marque le pas, nos planteurs, @ ruinés, tirent la langue. - Un gouvernement défait, en janvier, ce que les prédécesseurs avaient élaboré en novembre.

Une majorité d'opposition mobilise pour chambarder tout à la Rentrée.

De sorte qu'on se demande quand le Sénat pourra délibérer, quand l'assistance aux planteurs deviendra effective ?

Sans compter que les gouverneurs recevant, sans cesse, de nouvelles dircdives, sont contraints de modifier leurs plans et ne peuvent instaurer aux colonies une poli-1

On pousse les colonies françaises à prêter l'oreille aux discours des propagandistes qui parlent à voix basse d'« autonomie », mais finiront, sans doute, par en parler à voix haute.

Car notre lassitude est grande. devant la multiplicité des attentes interminables.

Nous ne comprenons pas pourquoi un ministre décampe avec tout son personnel pour laisser la place à un autre qui décampera à son tour, uniquement parce que les radicaux socialistes disputent, aux maringouins, le ballon de la confiance.

Alors nous ne sommes plus que l'enjeu du match !

Pense-t-on qu'une situation aussi absurde puisse nous convenir longtemps ?

Surtout nous, Malgaches, qui ne participons en rien à la gestion du bien national, puisque nous ne sommes pas représentés à Paris, que n'avons pas le droit d'administrer nos propres affaires, nous ne comprenons plus rien à ce que l'on exige de nous.

Nous faisons par le « flanc droit » ou par le « flanc gauche » selon que le vent tourne.

N'est-ce pas assez des cyclones ?

La France devrait comprendre que ses colonies ne doivent pas faire partie du butin que les partis vainqueurs arrachent aux partis vaincus.

HENRI de BUSSCHERE

Correspondance Parlementaire

28 Novembre 1930 A M. le Ministre des Colonies Monsieur le Ministre, J'ai eu l'honneur, il y a quelques semaines, d'intervenir auprès de M. le ministre de l'Agriculture, à l'effet de lui demander de bien vouloir s'intéresser à l'affiliation qui me parait désirable de la caisse de crédit agricole de la Réunion et de Madagascar à la

Caisse Nationale.

Par lettre du 26 Septembre 1930, M. Fernand DAVID me fait savoir que votre Département et celui de l'Agriculture étaient d'accord pour reconnaître l'intérêt qui s'attachait à ce que cette importante question reçoive une solution favorable dans le plus bref délai possible. Et M. Fernand DAVID ajoutait que, dans ces conditions, il vous avait transmis copie de ma lettre en vous priant de bien vouloir demander à MM. les gouverneurs généraux et gouverneurs des colonies intéressées les renseignements nécessaires pour pouvoir fixer les modalités suivant lesquelles le rattachement dont il s'agit pouvait être

réalisé très rapidement.

Je vient, en conséquence, vous demander quel est l'état de la question, je serais heureux d'appreodre que le voeu des institutions de crédit agricoles, dott je me suis fait l'interprète, recevra satisfaction sous peu. Dans l'attente de votre réponse, je voui adresse, Monsieur le Ministre, avec mes remerciements, l'expiession de mes sentiments de haute considération.

GEORGES BOUSSENOT

Un Petit Mot Amical.

Mon excellent ami et confrère E.B. critique, dans La Tribune du 6 Janvier, l'article que j'ai publié ces jours derniers et qui avait pour titre : « Au seuil de la Nouvelle Aunée D, Je me félicite de l'avoir publié, puisqu'il a fourni l'occasion à un « vieux malgache) de faire retentir un autre son de cloche, d'arrondir mes angles, de soulever des objections judicieuses ; d'adoucir, en un mot, ma manière, de voir, sans toutefois offrir à ses lecteurs la moindre conclusion, préférant, sans doute, les laisser conclure eux-mêmes.

De pareilles controverses sont utiles, presque indispensables, car elles éclairent l'opinion et ne-la laissent pas, désemparée, devant un unique point de vue qui peut ne pas être le vrai.

Cependant, je gobte moins l'originale leçon de journalisme donnée, gracieusement, par mon confrère.

Il pose cette question :

* Devons-nous écrire pour plaire au public * ou pour essayer de lui rendre service ?.* Je ne comprends pas très bien et je m'excuse..

Car, si pour essayer de rendre service au public, on arrive, sans le vouloir, à lui déplaire, alors on n'a plus de lecteurs.

Et si l'on n'a plus de lecteurs, pour qui écrit-on ?

A qui rend-on service ?

HdeB.

Billet du Samedi

Le Cabinet Sterg ne perd pis son temps.

Après son coup de main heureux, il organise la tranchée conquise en vue des prochains bombardements et des contre-attaques inévitables De sorte que notre fumeuse po!itique de paix emprunte, à l'art de la guerre, ses meilleures recettes. Les uns :e préparent à défendre le terrain coquis sur les nu!res, tandis qu'on double les barbelés, qu'on inonde d'obus à scandales — autre gaz — les lignes d'en face et que les sapeurs prép-irent les eitonnoirs quidoivent accueillir les débris du

cabinet.

Fort heureusement que, derrière ces lignes, les bureaux des grandes administrations travaillent, car cette guerre d'usure ruinerait le pays.

Elle lui porte, en tous cas, un grave préjudice, témoin cette tentative de réintégration des postiers révoqués en mi dernier, par le précédent ministère, alors qu'ils avaient fermé les guichets, paralysé les communications postales et télégraphiques, jeté fanarchie dans un important service public.

M. Tardieu n avait pas craint de faire son devoir en punissant les principaux coupables tout en faisant preuve d'une réelle mansuétude envers les repentants. Sous un régime d'ordre, de pareils écarts ne pouvaient être couverts par la complicité du gouvernement.

Et voici qu'un petit pilier de la rue de Valois, M. Georges Bonnet, élevé à la dignité de ministre des P.T.T. s'empresse d'user de ses pouvoirs éphémères - pour agenouiller les pou-

voirs publics devant les communistes des P.T.T. Tout cela, évidemment, pour flatter la clientèle électorale, pratiquer h surenchère, desservir les adversaires politiques avant la grande consultation de 1932, peu importe letrouble causé à la bonne marche des affaires, publiques et privées, par l' indiscipline des agents d'un Etat qui fait un si large appel à l'endurance des contribuables !

Il fallait bien donner des gages à la C.G.T.

sœur de la IIIe Internationale et, quand on gouverne avec l'appui de M. Blum et de ses cent paladins, il faut accorder des faveurs à M. Blum. De sorte que ce pauvre parti radical socialiste, hier encore si vigoureux, si nettement orienté, à force de rechercher le pouvoir, même le pouvoir frelaté, continue à tirer les marrons du feu pour le parti S.F.I.O.

qui se séparera brutalement de lui, à l'heure voulue.

*

Au point de vue purement stratégique, si cet acte de clémence sert les intérêts électoraux du parti, il affaiblit à la Chambre et au Sénat, un ministère édifié sur une majorité en

argile.

En effet, un certain nombre dindépendants et de républicains de gauche voisins des banquettes radicales qui auraient pu, dans l'intérêt de l'apaisement des querelles politiques, consolider la position ministérielle, trouveront que M. Bonnet va un peu fort, pour son second début et perdront toute confiance dans l' uutorité de M. Steeg qui - joue, pure-

ment et simplement, une partie.

Ces collusions avec les socialistes vont jeter l'émoi parmi les hésitants. Ces hésitants, comme on le pense, ne culbuteront pas le cabinet sur cette question, car ils auront peur des représailles des postiers de leurs arrondissements, mais ils le renverseront sur une affaire à côté. Et ils n'en manquent pas.

II n'en est pas moins vrai qu'on aura réintégré, dans l'administration, de dangereux saboteurs que le nouveau ministère sera obligé de conserver. ,

L'irresponsabilité ministérielle enfante de ces merveilles depuis 60 ans.

Cette politique de demi-communisme ne se drape même pas dans la dignité révolutionnaire, elle est sans grandeur et sans noblesse, elle se rabaisse à la satisfaction d'intrigues entourées de scandales.

Aussi, ne nous étonnons pas si la foule croissante des mécontents verse dans la doctrine rouge qui a au moins le mérite de ne pas être une demi-doctrine.

Le mécontentement fortifie toutes les oppositions.

Et ça continue. > 1 -

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Oi Film miiraiiô C'est celui, qui fut présenté le 27 Oclob'e sur fécran du Théâtre Mon- taigne à Paris en présence de M. Piétri, de plusieurs ministres, des notabilités du Parlement ri du Monde Colonial.

Il avait la prétention de documenter Puris sur les merveilles du Madagas-

car.

Dans la Chronique Coloniale organe de M. Alcide Delmont, ancien soussecrétaire d'Etat aux colonifs, vient de paraître un article qui n'est pas tendre pour le film de la maison Puthé.

4 vrai dire, certaines critiques sont méritées. D'autres accusent une mauvaise humeur inexplicable. Le protocole du théâtre Montaigne n'a pas dû placer t ut le monde à son rang.

Il y a des gens qui crient !

Et c'est le film qui encaisse.

Voici ce très curieux article.

Le 27 octobre, sous les auspices du Gouvernement général de Madagascar, un film documentaire sur la grande île se déroulait sur l'écran du beau théâtre de l'avenue Montaigne, qui devient la salle d'élection de ces galas coloniaux. Le Président de la République assistait à cette manifestation, entouré de MM. C. Piétri et A. Delmont, Ministre

et Sous-Secrétaire d'Etat des Colonies, du Maréchal Lyautey et de M. Marcel Olivier, commissaire général adjoint de l'Exposition Coloniale. Brillante assistance où l'on remarquait de nombreuses personnalités comme MM. A. Sarraut. V. Lebrun, Taittinger, Proust, etc. Programme très artistement conçu et

exécuté, orchestre impeccable, pages musicales bien choisies, tout fut parfait. Tout.

sauf le film, il faut impartialement le constater, et nous, considérons comme un devoir de collaborateurs dévoués vis-à-vis de l'administration en général, de nos éminents amis, les Gouverneurs généraux Cayla et Olivier, de ne pas céler le sentiment unanime que les spectateurs ont rapporté de ces incomplètes visions de la grande tle.

Pareil spectacle n'est point fait pour donner à l'immense public, auquel est destinée cette propagande, une impression exacte et pleinement suggestive de ce que représente dans 1 univers français, notre grande colonie de l'Océan Indien.

Assurément, nous avons eu un aspect intéressant des principales villes, nous avons vu, présentées avec un art d'ailleurs secondaire, les richesses agricoles ou minières du pays, nous avons parfois admiré de splendides pa: sages, noté les aperçus sommaires de lindustrie, et les écoles d'arts appliqués.

Mais nous attendions constamment et nous n'avons pas eu h démonstration vivante de l'intense effort d'assistance et d'enseignement, auquel pourtant M. Olivier a donné le meil-

leur de lui-même. Ce S.M.O.T.I.G. dont on a tant parlé à Genève, n'a pas obtenu les. pages qu'il mérite. Ces œuvres dont Mme Marcel Olivier, digne émule de Mmes la Maréchale Lyautey et Lucien Saint, a suscité le fécond essor, rien ne nous en est apparu.

Quant à l'outillage, le film donne à penser que tout est à faire, et les travaux publics n'ont pas obtenu ces images puissantes que valent tel ou tel pont, tout un réseau de routes, telle voie ferrée imposante.

Enfin nous en sommes restés pour les richesses humaines de l'île, aux visions puérites et retardataires des sacrifices de poules et de veaux, aux restitutions inutiles de coutumes et de superstitions au déclin.

Si cette propagande est destinée non seulement aux manifestations coloniales courantes, mais encore à l'Exposition Coloniale, qu'on y prenne garde, elle n'a ni de quoi satisfaire tous ces bons ouvriers de l'effort français à Madagascar, ni de quoi édifier une élite de plus en plus large, avertie et avide de nos belles réalisations coloniales.

D'aucuns diraient même — et ce sont de fervents coloniaux, toujours prêts au bon combant pour une cause trop souvent critiquée — que de pareils filmi iraient à l'encontre du but pqbrsuivi et risqueraient de fournir des documents à des adversaires" ainsi munis sans effort de ces mêmes testes tronqués dont ils usent fréquemment.

Disons pour fi lir qu'il y a à cette maldonne une excuse vraisemblable: c'est le défaut d'organisation de l'entreprise cinématographique coloniale, assumée par des techniciens, certes, miis non de véritables artistes, et surtout des hommes dont ni la culture générale, ni l'amour et le sens de l'oeuvre coloniale n'éclairent le métier, et qui dans la colonie même où ils opèrent soit dirigé* trop souvent par des incompétents.

Un groupe gracieux

Au Conservatoire, le co l cours d'entrée dans la classe de danse vient de se dérouler. Le gracieux groupe que voici sont les jeunes filles ayant passé l'examen avec succès. Cliché « Cellon Paris »

Pour Life en Pousse Pousse

II paraît qu'à Paris, quand un Monsieur ou une Dame postulent pour servir aux colonies, la direction de la San-

té de la rue Oudinot leur demande de montrer leurs dents.

Car pour faire ua fonctionnaire colonial de réelle valeur, il faut avoir un excellent râtelier

Un cul-de-jatte qui mastique bien (pas avec la jatte bien sûr, mais avec les dents) est de beaucoup supérieur à un hercule édenté.

Toute la force du vrai colonial est dans la gueule.

Et moi qui n'ai plus que trois dents !..

Il est vrai que je ne suis pas fonctionnaire !

Pour le devenir, je n'ai qu'à passer chez l'arracheur de dents et m'iaspirer de ses méthodes.

J ai. voulu savoir, tout ce même, pourquoi les médecins généraux avaient décrété — surto.it pour Madagascar— que la solide mâchoire du fonctionnaire devait lui assurer une haute autorité dans les milieux coloniaux.

J'ai fini par découvrir un rapport d'inspection rédigé à l'époque de Gallieni dans lequel on déplorait l'absence d'un dentiste à Madagascar.

Pensez-vous ? Pas un dentiste dans un pays aussi vaste que h France, la Belgique, la Hollande et le duché de Luxembourg reunis !

Pourtant ce rapport date du temps miraculeux où un autre document officiel signalait qu'un boulanger débrouillard fabriquait du pain, le matin, à Nossi-Be et le soir à Mayotte.

On avait de bonnes dents, en ce temps-là..

Il est évident que les médecins majors de la rue Oudinot sont en droit d'exiger quelques dents très saines dans la bouche de ceux qui s ent vont à Madagascar. servir la Patrie.

Au besoin ils pourraient partir à poil. Ça n'a pas d'importance puisqu'ils trouveront, en débarquant, dans nos magasins élégants et chez nos cordonniers, de quoi les habiller des pieds à la tête.

Mais s'ils perdent leurs dernières dents, entre Djibouti et Tamatave, comme il est établi qu'il n'existe pas de dentistes dans la Grande Ile, peuvent tout de même pas manger de la bouillie pen dant trois ans !

C'est biei assez d'en faire. - *-

On m'objectera qu'il existe au moins, rien qu'à Tananarive, six dentistes patentés sans compter ceux qui ne le sont pas.

Oui, mais si ces honorables praticiens ne figurent point dans les archives de la rue Oudinot, l'île continue à garder la réputation de ( colonie sans dentistes D.

Alors on exige que les fonctionnaires, avant de partir, montrent leurs dents. Il y en a tant qui les montrent, en revenant, sans qu'on le leur demande.

Ce sont de ces réputations tenaces que rien ne peut faire disparaître. C est ainsi que Tananarive est toujours réputée pour ses poulets à dix sous et ses boeufs à cinquante francs, ces ramatoas à trente francs par mois pour faire le lit et rentrer dedans.

On mange tellement à ban marché, ici, qu'il faut avoir une dentition formd tble pardi !

Comment voulez-vous bouffer une oie d'un franc, au petit casse-croûte du matin, si vous n'avez pas de dents ?

Des dents sur le devant ! Des dents sur le derrière ! Bon pour le service colonial. 1 Tant il est vrai que l'histoire du c banc des Tuileries» reste toujours d'actualité.

FRIGOLET

Tribune Libre(1)

Tananarive, le ter janvier 1931.

Monsieur de BUSSCHÈRE, directeur du « MADAGASCAR.

Monsieur le Directeur, Votre article du 31 décembre, « Au seuil de la Nouvelle Année. expose d'une façon parfaite une des causes du marasme actuel des affaires ; le faible rendement de la main-d'œuvre locale mettant les produits de la Colonie à des prix de revient prohibitifs,

Cette paresse atavique des populations indigènes aggravée par un esprit de non-coopération qui va croissant, fera, comme vous le dites si bien, que tout l'argent de l'emprunt sera dépensé en pure perte et les quelques affaires encore viables ne résisteront pas dans l'avenir à l'accroissement des charges fiscales pour le service de l'emprunt. Ceci

est un grave sujet d inquiétude pour les colon. qui avaient cru édifier des installations durables, capables de traverser les crises passagères, et je crois surtout, que les créations nouvelles seront arrêtées par l'appréhension de charges fiscales à venir hors de proportion avec l'activité productrice du pays.

Déjà, je crois, que la Colonie est dans une situation exceptionnelle au point de vue fiscal : Le budget dépasse de beaucoup le montant de la circulation monétaire dans l'Ile. Sans être versé dans les questions financières, il me semble que c'est une situation paradoxale.

En dehors de la question des grands travaux, qui auraient pu être exécutes dans des régions de l'Ile plus fertiles et d'un plus grand avenir, deux mesures s'imposeraient d'urgence pour sauver ce pays d une decadence irrémédiable : l' Pousser'ies indigènes au travail ; 2° Réduire fortement les dépenses d'Administra- tion. -

Ces deux actions supposent, pour donner. des résultats, des dirigeants de caractère exceptionnel capables de sortir du cadre étroit, tracé par les directives ministérielles. C'est chose impossible dira t-on, peut-être; dans le passé Gallieni a donné un illustre exemple d'action en dehors et même en contradiction avec les instructions paralysantes des ministères (2). Lyautey et même Antonetti en A E F sont des exemples de même genre plus près de nous encore.

Pour appuyer un Chef qni voudrait agir dans ce sens, il faudrait un mouvement d'opinion organisé et concerté, seule chose capable d'impressionner le ministre. Que diriez-vous pour l'an prochain, de dé- lègués financiers nommés avec mandat impératif pour appuyer un cahier de doléances et dès la séance inaugurale donnant leur démission, en bloc si le projet de budget ne répond pas aux besoins pressants d'économie?

Une manifestation de ce genre, fermement con- duite, sans violences oratoires, serait d'un eitet. certain ; surtout si elle pouvait être appuyée par la démission simultanée de toute, les chambres m commerce de l'Ile.

Je m'excuse, M. le Directeur de cette lettre trop longue, mais cela vous est une preuve de l'intérêt suscité par vos articles.

Veuillez agréer mes meilleures salutations.

CASTAINGi

(1) N.D.L.R - Nous rappelons à nos lecteurs que les correspondances insérées, sous cette rubrique n'engagent en rien la manière de voir et L. politique du journal. Les collaborateurs occasionnels endossent; seuls, la paternité de leurs articles quand, il.

portent leur signature. uu

(2) C'est sans doute, pourquoi le gouvernement le fit contrôler par l'inspecteur général Boucher avec mission de lui creer un cionier,