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Title : Conseils à Démonique / Isocrate ; [traduit par M. C. Leprévost]

Author : Isocrate (0435?-0338 av. J.-C.). Auteur du texte

Publisher : L. Hachette et Cie (Paris)

Publication date : 1866

Contributor : Leprevost, C.. Traducteur

Artwork notice : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb15117071f

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30637321h

Type : text

Type : monographie imprimée

Language : french

Format : 1 vol. (51-4 p.) ; in-16

Format : Nombre total de vues : 76

Description : [À Démonicos (grec ancien-français). 1866]

Description : Collection : Les auteurs grecs expliqués d'après une méthode nouvelle par deux traductions françaises, l'une littérale et juxtalinéaire... l'autre correcte et précédée du texte grec...

Description : Avec mode texte

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k6226701x

Source : Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-Z-320 (284)

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Online date : 26/06/2012

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LES

AUTEURS GRECS EXPLIQUÉS D'APRÈS UNE MÉTHODE NOUVELLE

PAR DEUX TRADUCTIONS FRANÇAISES L'UNE LITTÉRALE ET JUXTALINÉAIRE PRÉSENTANT LB MOT A MOT FRANÇAIS EN REGARD DES MOTS GRECS CORRESPONDANTS L'AUTRE CORRECTE ET PRÉCÉDÉE DU TEXTE GREC

avec des sommaires et des Dote.

PAR UNE SOCIÉTÉ DE PROFESSEURS ET D'HELLÉNISTES

ISOCRATE CONSEILS A DÉMONIQUE EXPLIQUÉS, TRADUITS ET ANNOTÉS PAR M. C. LEPRÉVOST Professeur au lycée Bonaparte

PARIS LIBRAIRIE DE L. UACHETTE ET Ce BOULEVARD SAINT-GERMAIN, N" 77



LES

AUTEURS GRECS

EXPLIQUÉS D'APRÈS UNE MÉTHODE NOUVELLE

PAR DEUX TRADUCTIONS FRANÇAISES

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Cet ouvrage a été expliqué, traduit et annoté par M. C. Leprévost, ancien professeur au lycée Bonaparte.


LES

AUTEURS GRECS

EXPLIQUÉS D'APRÈS UNE MÉTHODE NOUVELLE

PAR DEUX TRÂDCCTIOÏS FEASÇHSE5T

L'UNE LITïWUU*. ET JUXTALINÉAIRE PRÉSENTANT LE MOT A MOT FRANÇAIS EN KÈOARD DES MOTS GKIXS CORRESPONDANTS L'AL!TP.E ÇOKfiECTE ET PRECEDEE DL TEXTE GREC

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ISOCRATE CONSEILS A DÉMONIQUE

PARIS LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie BOULEVARD SAINT-GER1I.\]N, 77

1866



ARGUMENT ANALYTIQUE DES CONSEILS A DËMONIQUE.

Exorde. - motifs qui ont déterminé l'auteur à dédier son livre à Démonique. — Mieux vaut apprendre aux jeunes gens à bien vivre, qu'à bien dire. — Objet de ce traité. — Excellence de la vertu : par elle, Hercule et Thésée sont parvenus à l'immortalité.— Isocrate propose à Démonique l'exemple de son père Hipponique.

Préceptes. — Le culte des dieux. — La piété filiale. - Modération.

-Vertus qui conviennent aux jeunes gens.—La voix de la conscience.

- Devoirs de l'homme envers les dieux; envers ses parents; envers ses amis; envers les lois. — Quels plaisirs il faut rechercher. — Soin qu'il faut prendre de sa réputation. — Méthode pour apprendre beaucoup de choses. — Affabilité et politesse. — Exercer ses forces par le travail. —Maîtriser ses passions. — Discrétion, inviolabilité du secret. — Quel usage il faut faire du serment. — Comment il faut se faire des amis, les éprouver, les conserver. — Convenances de toilette. — Savoir jouir et se servir de ses biens. - Ne reprocher à personne son malheur. — Où il faut adresser ses bienfaits. — Se bien garder des flatteurs. — Convenances de société. - Éviter la compagnie des buveurs. — Savoir-vivre et bonté. — Comment on se concilie l'affection des autres.—Délibérer d'abord, exécuter ensuite. —Imiter les rois, et leur obéir. — Manière dont il faut s'acquitter des fonctions publiques. - Supériorité dans l'égalité. — La vertu avant l'argent. — Exercer ses forces, mais surtout son intelligence. - L'honneur avant tout, même avant la vie.

Épilogue. — L'auteur justifie le soin qu'il a pris de donner à son jeune ami, bien des conseils qu'il ne pourra pratiquer que plus tard.

— Éloge du goût de Démonique pour tout ce qui est bien. - Les jouissances de la vertu sont les seules réelles. — Dispositions des dieux à l'égard des bons et des méchants, d'après les peines et les récompenses, par lesquelles ils ont reconnu les crimes ou les vertus de leurs propres enfants. — Il faut puiser partout de bons principes.


CONSEILS

D'ISOCRATE A DËMONIQUE.

1. 0 Démonique, nous trouverons à la vérité et les sentiments des gens sérieux et les pensées des gens frivoles ayant différé beaucoup en de nombreuses circonstances; mais ils ont pris une différence de beaucoup la plus grande dans les relations-d'amitié à l'égard les uns des autres.

Ceux-ci en effet apprécient les amis seulement présents; ceux-là chérissent eux même absents quant à une longue route.

Et d'un côté un temps court a rompu les relations-d'amitié des gens frivoles; d'un autre côté toute la vie n'aurait pas même effacé les amitiés des gens-de-bien.

2. Pensant donc convenir ceux aspirant à la gloire

et ambitionnant l'instruction être imitateurs des gens vertueux, mais non des méchants, j'ai envoyé à toi ce discours-ci comme présent, gage d'un côté


1. En maintes circonstances, Démonique, nous trouverons une grande différence entre les principes des hommrs sérieux et les sentiments des gens frivoles; mais c'est surtout dans leurs rapports entre eux qu'éclate cette différence : ceux-ci, en effet, ne songent à leurs amis que lorsqu'ils sont là, tandis que les autres les aiment toujours, nonobstant la distance; puis il suffit d'un peu de temps pour rompre les liaisons du vulgaire. Mais l'amitié des hommes sérieux, c'est pour la vie.

2. Dans la pensée donc que tout homme, qui vise àla considération et qui cherche à s'instruire, doit s'attacher aux bons exemples et fuir les mauvais; je t'offre ce traité, comme gage de l'affection que je te


porte, et comme souvenir de l'amitié qui m'unissait à Hipponique; car il est bon que les enfants héritent des amis, commedes biens de leur père.

3. Du reste je vois que le hasard nous sourit et que les circonstances nous secondent : Toi, tu veux apprendre; et moi, je travaille à l'éducation des autres ; tu es dans l'âge d'étudier, et moi, je dirige les autres dans leurs études. Composer des livres, pour inspirer à ses amis le goût de l'étude, c'est fort beau sans doute; mais ce n'est pas là poursuivre le but principal de la philosophie; et quiconque, au lieu de donner aux jeunes gens des règles de style, leur inspire des sentiments honorables, mérite bien mieux de ses disciples : car les autres ne leur enseignent que l'art de la parole, et celui-ci leur donne des règles de conduite.


de la bienveillance quant à nous, marque d'un autre côté de l'intimité à l'égard d'Hipponique; il convient en effetles enfants hériter t et de l'amitié celle paternelle ainsi comme de la fortune.

3. Je vois d'ailleurs et la fortune contribuant avec nous, et l'occasion présente combattant-avec nous; toi d'un côté en effet tu désires l'instruction, moi d'un autre côté j'entreprends d'instruire les autres ; et le moment-opportun est à toi d'un côté d'aimer l'étude, moi d'un autre côté je redresse ceux aimant l'étude.

Donc tous-ceux-qui composent les discours propres-à-exhorter pour les amis d'eux-mêmes, entreprennent à la vérité une œuvre belle, cependant ils ne s'occupent pas au sujet du plus important de la philosophie ; tous-ceux-qui d'un autre côté inspirent à ceux plus jeunes non parquels moyens ils pratiqueront l'habileté dans les discours, mais comment ils paraîtront être nés vertueux quant aux habitudes des mœurs, sont-utiles à ceux écoutant d'autant plus que ceux-là, que les uns les exhortent pour la parole seulement, les autres redressent aussi le genre-de-vie d'eux.


4. Quant à nous, ce ne sont pas des exercices de rhéteur que nous t'envoyons, mais de simples conseils, où tu verras quelssont les goûts qui conviennent à un jeune homme; quels sont ceux qu'il doit éviter; quel monde il doit fréqueuter, et comment il doit se diriger dans la vie : et ceux-là seuls, qui ont marché dans cette voie, ont pu atteindre à ce qu'on appelle la vertu, le trésor le plus précieux et le plus solide. Car la beauté se fane avec le temps, ou succombe aux maladies ; la fortune favorise plutôtle vice que la vertu, parce qu'elle nous berce dans la mollesse et invite la jeunesse aux plaisirs. La force, éclairée par le jugement, est un avantage; mais, toute seule, elle est plutôt nuisible à ceux qui en sont doués; et si elle fait honneur aux membres des athlètes, elle obscurcit les lumières de l'intelligence.

Mais la vertu, lorsque le germe s'en est développé sans mélange dans notre âme, est le seul bien qui vieillisse avec nous; elle est préférable


4. C'est pourquoi nous, n'ayant pas trouvé une exhortation, mais ayant écrit un avertissement, nous allons conseiller à toi à quelles-choses il faut ceux plus jeunes aspirer, et de quelles-actions s'abstenir, et quels hommes fréquenter, et comment gouverner la vie d'eux-mêmes.

En effet tous-ceux-qui ont marché dans cette voie de la vie, ceux-là seuls ont pu être parvenus réellement à la vertu en comparaison de laquelle aucune possession n'est plus magnini plus solide. [tique Car ou le temps d'un côté a détruit la beauté, ou la maladie l'a flétrie; la richesse d'un-autre-côté est servante du vice plutôt que de l'honnêteté, apprêtant d'un côté permission à la paresse, invitant d'un-autre-côté les jeunes-gens aux plaisirs.

La force d'autre-part a été utile avec l'intelligence, à la vérité, mais sans celle-ci, elle a nui plutôt à ceux ayant elle ; et elle a orné d'un côté les corps de ceux s'exerçant-à-Ia-lutte, elle a obscurci d'un autre côté les soins de l'âme.

Quant à la possession de la vertu, seule d'un-côté elle vieillit-avec ceux-avec-qui elle s'est augmentée sincèrement dans les réflexions, elle est d'un-autre-côté


à la richesse, et supérieure à l'avantage de la naissance : ce qui est impossible aux autres, elle nous le rend facile; ce qui est effrayant pour le vulgaire, elle l'envisage avec calme ; et, à ses yeux, la lâcheté est un opprobre, et l'énergie est la gloire de l'homme. C'est un enseignement qu'il est facile de recueillir des travaux d'Hercule et des exploits de Thésée, dont le courage a jeté tant d'éclat sur leur vie, que la suite des temps ne saurait réduire leurs actions à l'oubli.

5. Tu n'as d'ailleurs qu'à te rappeler les sentiments de ton père, et tu trouveras, dans ta maison même, un bel exemple des vertus que je t'enseigne. Car jamais dans sa vie il n'a négligé la vertu, ni succombé à la mollesse; mais il exerçait ses forces par le travail, et son âme, en affrontant les dangers. Il ne fut jamais follement épris des richesses, mais Il sut jouir de sa fortune comme un mortel, et administrer son patrimoine comme s'il eut été immortel. Loin de mener un genre de


meilleure que la richesse et plus utile que la noblesse ; établissant possibles les-choses impossibles aux autres ; et supportant intrépidement les-choses terribles au vulgaire; et pensant d'un côté la paresse un blâme le travail d'autre part un éloge.

Avoir compris d'ailleurs cela est facile d'après et les combats d'Hercule et les actions de Thésée, auxquels la vertu de leurs mœurs jeta-sur les actions d'eux un caractère de gloire si grand, que pas-même le temps tout-entier pouvoir avoir effectué l'oubli des-choses faites par ceux-ci.

5. Néanmoins et te ressouvenant des principes du père de toi, tu auras un modèle domestique et beau des-choses dites par moi.

Il a accompli en effet la vie ne négligeant pas la vertu ni se livrant-à-la-mollesse ; mais il exerçait d'un côté le corps de lui par les travaux, il supportait d'autre côté les dangers par l'âme.

Et il ne chérissait pas la richesse outre-mesure, mais il jouissait d'une part des biens présents comme un mortel, il s'occupait d'autre part des biens lui appartenant comme un immortel.

Et il ne dirigeait pas humblement


vie sans noblesse, il était généreux et grand, tout à ses amis. Plus sensible aux soins de l'amitié qu'aux droits du sang, il pensait qu'en fait de liens', le cœur passait avant le devoir; la conformité d'humeur, avant la parenté ; l'inclination, avant la nécessité.

6. Nous n'aurions jamais le temps de finir, si nous voulions te rappeler toute sa vie; mais dans un autre moment, nous t'en ferons une peinture exacte. Ici nous t'avons seulement tracé une esquisse du caractère d'Hipponique, sur qui tu dois prendre modèle pour te conduire : c'est à toi de régler ta vie sur la sienne, d'imiter et d'ambitionner la vertu de ton père. Il y aurait de la honte, en effet, quand les peintres représentent les beautés de la création, à ne pas s'appliquer à reproduire les vertus de ses parents. Crois bien qu'il n'est pas d'athlète plus intéressé à s'exercer contre ses rivaux, que tu ne l'es de


la viedelftHoéme, mais il était et ami-du-beau et magnifique, et commun aux amis de lui.

Et il admirait plus ceux s'empressant autour de lui, que ceux approchant par la naissance; il pensait en effet la nature être de beaucoup supérieure à la toi, et la manière-d'agir à la naissance, et l'inclination à la nécessité à l'égard de l'amitié.

6. Or le temps entier manquerait à nous, si nous aurions énuméré toutes les actions de celui-ci.

Mais nous montrerons certes l'exact d'elles

dans d'autres circonstances ; mais maintenant nous avons produit un exemple de la nature d'Hipponique, d'après lequel il faut toi vivre comme d'après un modèle, ayant pensé d'un côté une loi la manière-de-vivre de celui-ci, étant devenu d'un-autre-côté imitateur et émule de la vertu paternelle.

Il est honteux en effet les peintres à la vérité représenter les beaux des animaux, mais les enfants n'imiter pas les vertueux des parents.

Pense donc s'exercer contre les ad versaires-à-la-Iutte ne convenir à aucun des athlètes autant que à toi d'examiner comment tu deviendras rival te pèfe de toi par les habitudes;


rivaliser de vertu avec ton père. Or il est impossible d'y parvenir sans de nombreuses et bonnes leçons, dont il faut te pénétrer ; car bi des travaux bien proportionnés fortifient le corps, c'est par de vertueux enseignements que l'âme s'élève. Aussi je vais tâcher de te proposer en peu de mots les principes d'après lesquels tu pourras faire le plus de progrès dans la vertu, et t'acquérir de la considération parmi les hommes 7. Et d'abord rends hommage aux dieux, non-seulement par des sacrifices, mais encore par ta fidélité à tenir tes serments; car les uns prouvent que tu es riche, et l'autre témoigne de ta probité. Honore la divinité toujours, mais surtout avec tes concitoyens, parce qu'alors tu paraîtras en même temps sacrifier aux dieux et observer les lois.

8. Sois pour tes parents ce que tu souhaiterais que tes enfants fussent pour toi-même.

9. Dans les exercices du corps, ne vise pas à la force, mais à la


II est impossible pourtant celui n'ayant pas été rempli de choses-entendues nombreuses et belles avoir été disposé ainsi d'opinion; les corps d'un côté en effet sont nés pour devoir s'accroître par des travaux proportionnés; l'âme d'un autre côté par des discours vertueux.

C'est pourquoi, moi, je tâcherai d'avoir soumis sommairement à toi par quels moyens tu paraîtrais à moi avoir ajouté le plus d'empressement pour la vertu, et avoir-acquis-de-la-gloire auprès de tous les autres hommes.

7. Or donc d'abord révère les-choses à l'égard des dieux non seulement sacrifiant, mais encore restant-fidèle aux serments; cette-chose-Ià en effet est signe de l'abondance des richesses, cette-chose-ci est témoignage de l'honnêteté des mœurs.

Honorela divinité toujours à la vérité, mais surtout avec la ville ; ainsi en effet tu paraîtras ensemble et sacrifier aux dieux et rester fidèle aux lois.

8. Deviens à l'égard des parents de tel quels tu souhaiterais [toi les enfants de toi-même être devenus à l'égard de toi-même.

9. Des exercices à l'égard du corps pratique non ceux profitant pour la force,


santé. Et le moyen d'y parvenir, c'est de s'arrêter avant d'être épuisé.

10. Déteste un rire indiscret, et méprise un discours insolent : l'un est d'un sot, et l'autre est d'un fou.

11. Sois persuadé que ce qui est honteux à faire, n'est pas bon à dire.

12. Ne te fais pas un visage farouche, mais réfléchi : avec l'un, tu passeras pour un homme hautain ; avec l'autre, pour un homme sensé.

13. Sois sûr que les qualités qui te conviennent le mieux sont la décence, la pudeur, la justice, la modération. Ce sont les premières „ Vertus de la jeunesse.

14. N'espère jamais cacher une action honteuse; et quand même tu la déroberais aux autres, tu ne saurais échapper à ta conscience.

15. Crains les dieux; honore tes parents; respecte tes amis; obéis aux lois.

16. Recherche les plaisirs honnêtes. Les jouissances avouées par la vertu sont délicieuses; les autres sont détestables.

17. Garde-toi bien des imputations, fussent-elles mensongères; car


mais ceux profitant pour la santé.

Or tu aurais obtenu cela, si, pouvant encore travailler, tu cesserais les travaux.

10. N'aime pas un rire indiscret, et n'approuve pas un discours tenu avec audace; l'un en effet est sot, l'autre, insensé.

11. Pense n'être pas beau de dire ces-cboses lesquelles il est honteux de faire.

12. Habitue toi-même à être non d'un-air-dur, mais réfléchi; * tu paraîtras en effet être par cela d'un côté hautain, par ceci d'un-autre-côté, raisonnable.

13. Crois la décence, la pudeur, la justice, la modération convenir surtout à toi-même ; car la conduite de ceux plus jeunes semble l'emporter par toutes ces-cho14. N'espère jamais [ses.

ayant fait rien de honteux ; devoi r-être-caché ; car tu le sauras-avectoi-même certes, si tu es caché aux autres.

15. Crains d'un côté les dieux, honore d'un autre les parents de toi, et respecte les amis de toi, et obéis aux lois.

16. Recherche les plaisirs ceux avec honneur ; car la jouissance avec le beau à la véest une chose-excellente [rité, mais sans lui, une chose très-mauvaise.

17. Garde-toi-bien des accusations, même si elles sont fausses; la plupart en effet


le public ignore la vérité, et il ne regarde qu'à la renommée.

18. Figure-toi toujours avoir des témoins de ta conduite; car si tu réussis à dissimuler pour le moment, tu seras découvert plus tard.

19. Le meilleur moyen de te faire estimer, c'est de ne jamais faire ce que tu blâmerais chez les autres.

20. Si tu es studieux, tu seras savant. Ce que tu sais, entretiens-le par l'usage; ce que tu n'as pas appris, acquiers-le par l'étude. Car il est également honteux et de ne pas recueillir les choses utiles qu'on entend, et de ne pas accepter le bien que veut vous faire un ami.

21. Consacre les loisirs de ta vie au plaisir d'écouter; c'est ainsi que ce qui aura coûté tant de peine aux inventeurs, ne sera plus pour toi qu'une faible étude.

22. Mets l'abondance des lumières au-dessus de l'abondance des richesses ; car celles-ci nous abandonnent bien vite ; les autres nous restent toute la vie. De tous les biens, la sagesse est le seul éternel.


ignorent d'un côté la vérité ; ils regardent d'un autre à larenommée.

18. Crois faire toutes-choses comme ne devant être caché à personne ; et en effet tu seras vu dans la suite, si tu les a cachées pour l'instant.

19. Or tu serais-bien-vu surtout si tu paraissais ne faisant pas ces-choses lesquelles tu blâmerais les autres faisant (ces choses).

20. Si tu es aimant-le-savoir tu seras aussi sachant-beaucoup.

Conserve d'un côté par les exercices les-choses-que tu sais; prends-en-outre d'un-autre-côté par les études les-choses-que tu n'as pas apprises.

Il est honteux en effet également, ayant entendu un discours utile, ne pas avoir appris cela, et étant gratifié par des amis de quelque-chose de-bon ne pas avoir reçu cela.

21. Dépense le loisir dans la vie pour l'amour-d'écouter les discours ; Il arrivera en effet ainsi à toi d'apprendre facilement les-choses trouvées difficilement par les autres.

, -23..Pense beaùcoïto des choses-entendues ., ;être meilleures que desjïcnesses nombreuses ; ^éhjes-cirên ffet nous délaissent vite, e 'stent tout le temps.

l^^èa^sefen effet est des possessions U seulft^mmorteiïe.

ISOCRATE À DÉM&teQOB


23. N'hésite pas à faire un long voyage, pour aller entendre ceux, dont les leçons peuvent être utiles. Il serait honteux, lorsque les marchands traversent de si grandes mers pour augmenter leur fortune, que des jeunes gens n'osassent pas entreprendre des voyages sur terre, pour perfectionner leur intelligence.

24. Prends des manières polies et un langage affable. La politesse consiste à saluer ceux que l'on rencontre, et l'affabilité, à les aborder amicalement.

25. Sois aimable avec tout le monde, lié avec les gens de bien : c'est ainsi que tu ne seras pas mal vu des uns, et que tu seras l'ami des autres.

26. Ne multiplie pas tes entretiens toujours avec les mêmes persgnnes., et ne les prolonge pas longtemps sur les mêmes matières ; car on se lasse de tout.

27. Exerce-toi par des travaux volontaires, afin de pouvoir supporter ceux qui te seraient imposés.

28. Toutes les passions dont le joug est honteux pour l'âme, ap-


23. N'hésite pas à marcher une route longue vers ceux faisant-profession d'enseigner quelque-chose d'utile; il est honteux en effet les marchands d'un côté traverser des mers si grandes à cause du avoir fait plus grand leur avoir existant déjà, ceux plus jeunes d'un autre côté ne pas supporter les voyages sur terre pour le avoir rendu meilleure l'intelligence d'eux-mêmes.

24. Deviens affable d'un côté par la manière-d'agir affectueux d'un autre côté par le langage ; or adresser la parole à ceax te renconest à la vérité de l'affabilité [trant mais aborder familièrement eux par les discours, est du parler-affectueux.

25. Sois d'un côté agréablement envers tous, sers-toi d'un autre côté des meilleurs; ainsi en effet tu seras non edieux aux uns, tu deviendras ami aux antres.

26. Ne fais pas aux mêmes personles entretiens fréquents, [nes ni longs sur les mêmes-choses : la satiété en effet -est detoutea-choaes 27. Exerce toi-même par des travaux volontaires, afin que tu puisses supporter même les travaux involontaires.

28. Pratique la domination de toutes oes-choms, par lesquelles il est honteux


plique-toi à les réprimer : l'amour du gain, la colère, le plaisir, la douleur. Tu triompheras de la cupidité, en ne considérant comme profit que ce qui ajoute à ta considération, et non pas à tes richesses ; de la colère, en traitant les coupables comme tu voudrais qu'on te traitât toi-même en pareil cas; du plaisir, en restant convaincu qu'il est honteux de commander à ses serviteurs quand on est l'esclave de ses sens ; de la douleur, en considérant les malheurs des autres, et en te rappelant que tu es homme.

29. Garde avec plus de soin les paroles qu'on t'a confiées qu'un dépôt d'argent : la probité d'un honnête homme doit être une plus sûre garantie qu'un serment.

30. Sache qu'on doit se défier des méchants comme on doit se fier aux gens de bien. Ne parle de tes secrets à personne, à moins que ceux que tu prends pour confidents n'aient autant d'intérêt que toi à les faire.


l'ame être dominée, du gain, de la colère, du plaisir, du chagrin.

Or tu seras tel [dans le gain] d'un côté, si tu penses être gains les choses par lesquelles tu seras estimé, mais non par lesquelles tu seras-dans-l'abondance; dans la colère d'un autre côté, si tu es semblablement envers ceux commettant-une-faute comme tu aurais jugé-à-propos les autres être envers toi-même en commettant; dans les-choses agréables, si tu as supposé honteux de commander d'un côté aux domestiques, d'être asservi d'un autre aux plaisirs ; et dans les-choses fâcheuses, si tu regardes les infortunes des autres, et que tu te rappelles toi-même comme étant homme.

29. Garde plutôt les dépôts des discours que les dépdts des richesses ; il faut en effet les hommes vertueux paraître présentant un caractère plus sûr qu'un serment.

30. Pense être convenable de se défier des méchants comme de se fier aux bons.

Ne parle de plus à personne sur les secrets de toi, excepté si il importe également et à toi celui les disant et à ceux-là ceux les entendant de taire les affaires de toi.


31. Ne vois matière à prêter serment que dans deux circonstances, soit pour te laver d'une accusation infamante, soit pour sauver tes amis en péril. Mais à propos d'argent n'invoque le nom d'aucun dieu, même pour attester la vérité ; car tu passerais aux yeux des unspour un parjure, aux yeux des autres pour un avare.

32. N'admets personne dans ton amitié avant d'examiner comment on s'est conduit envers ses premiers amis. Attends-toi qu'on sera pour toi ce qu'on fut pour eux.

33. Ne te presse pas de conclure amitié; mais une fois engagé-, tâche d'être constant; car il est également honteux et de n'avoii- pas un ami, et d'en changer souvent.

34. N'éprouve pas tes amis à tes dépens, et ne t'y attache pas avant de les éprouver. Tu peux, le faire, en leur demandant par feinte, ce dont tu n'as pas besoin. Et puis communique-leur des choses indifférentes , sous le sceau du secret. Si tu échoues, tu n'en.seras pas dupe ; et, en cas-de succès, tu auras appris à les mieux connaître.

35. C'est dans le malheur et dans les périls à partager que tu appré-


31. Admets un serment imposé pour deux motifs : soit délivrant toi-même d'une accusation honteuse, soit sauvant desamis des dangers.

Mais pour des richesses n'aie juré-par aucun dieu, pas même si tu dois bien-jurer; car tu paraîtras aux uns te parjurer, aux-autres, être aim ant-les-riehesses.

32. Ne te fais personne ami avant que tu aies recherché comment il s'est servi des amis antérieurs ; espère en effet lui devoir devenir aussi pour toi tel quel il fut aussi pour ceux-là.

33. Deviens d'un côté ami lentement, mais devenu, tâche de persister il est honteux en effet également, de n'avoir aucun ami, et de changer

de nombreux amis.

34. N'éprouve pas les amis avec dommage, et neveuille pas être sans-avoir-éprouvé les amW Or tu feras cela si, n'ayant pas besoin de quelque-chose tu fais semblant d'en avoir besoin.

Puis communique sur les-choses-àcomme ne-devant-pas-être-dites ; [dire n'ayant pas réussi d'un côté en effet tu n'éprouveras-dommage en rien, ayant réussi d'un autre côté tu sauras mieux le earactère-d'eux.

35- Apprends-àioonnaîtreles amis et par le malheur dans la vie


cieras tes amis ; car si c'est par le feu qu'on essaie l'or, c'est par l'adversité qu'on éprouve les amis.

36. La meilleure manière d'en user avec tes amis, c'est de n'attendre pas leurs demandes, et de les secourir de toi-même, quand l'occasion s'en présente.

37. Regarde comme également honteux et de le céder en haine à ses ennemis, et de se laisser vaincre en bons offices par ses amis.

38. Prends pour amis, non pas ceux qui compàtissent seulement aux maux des autres, mais ceux qui ne portent pas non plus envie aux heureux. Car il en est beaucoup qui s'affligent du malheur de leurs amis, et qui sont jaloux du bien qui leur arrive. :

39. Souviens-toi de tes amis absents devant ceux qui sont là, afin de ne pas paraître les oublier à leur tour, quand ils n'y sont plus.

40. Recherche l'élégance dans tes vêtements, et fuis le luxe. Ce qui fait l'élégance, c'est le bon goût ; ce qui fait le luxe, c'est le superflu.


et par la communauté dans les dangers; nous essayons d'un côté en effet l'or dans le feu, nous discernons d'autre part les amis dans les infortunes.

36. Or c'est ainsi que tu te serviras très-bien des amis, si tu n'attends pas les demandes de la part de ceux-ci, mais si tu secours eux de-ton-propre-mouvement dans les occasions.

37. Pense être également honteux d'être vaincu par les ennemis dans les mauvais-traitements et d'être surpassé par les amis dans les bienfaits.38. Parmi les amis admets non-seulement ceux s'affiigeant des maux des autres, mais encore ceux n'étant-pas-envieux des biens des autres ; beaucoup en effet compatissent certes aux amis malheureux, mais portent envie à ceux réussissant bien.

39. Souviens-toi des amis absents

vis à vis des présents, !

afin que tu paraisses ne pas négliger ceux-là absents.

40. Veuille être aimant-le-beau quant aux-choses concernant l'habit, mais non pas fastueux.

le magnifique d'un côté en effet est d'un homme aimant-le-beau, le superflu d'un autre côté est d'un homme fastueux.


41. Ne fais pas consister le Bonheur de la fortune-daus les grands biens qu'elle nous donne, mais dans l'usage modéré qu'on sait en faire.

42. Méprise ceux qui ne songent qu'à la richesse, et qui ne savent pas jouir de ce qu'ils ont. Ils font comme celui qui achèterait un beau eheval, sans savoir le monter.

43. Tâche que tes richesses soient pour toi un revenu et une propriété. C'est un revenu pour qui sait en jouir; une propriété pour qui peut en disposer.

44. Fais cas de ta fortune pour deux raisons : parce qu'elle te donne la faculté de supporter une grande perte, et de soulager le" malheur d'un ami honnête. Pour ce qui regarde les autres intérêts de la vie, n'y attache pas un prix trop élevé, mais raisonnable.

45. Contente-toi du présent, et cherche mieux.

46. Ne reproche à personne son malheur; car la fortune est changeante , et l'avenic incertain.

47. Fais Hn hipn an Y. honnêtes geas ; car c'est un beau trésor qu'un


41. Aime non l'acquisition excessive, mais la-jouissance modérée des biens étant à toi.

42. Méprise eeus. s'empressant. d'liOccàté pour la richesse, ne pouvant pas d'un autre côté se servir de cellesétant à eux; les gens tels en effet souffrent une-chose-à-peu près semquesiquelqn'unauraitacquis [blable un cheval beau sachant mal monter-à-cheval.

43. Tâche la richesse préparer des revenus et des possessions.

Or ce sont d'un côté des revenus pour ceux sachant jouir, ce sont dfua autre des-possessions pour ceux pouvant s'en servir.

44. Estime la fortune existant déjà à cause de deux-choses, et du pouvoir avoir payé une amende grande, et du avoir secouru un ami honnête malheureux ; mais quant au reste de la vie, , n'aime pas elle en rien excessivement, mais modérément.

45. Aime à la vérité les-choses présentes, mais cherches-en de meilleures.

46. n'aie pas reproché à personne son malheur ; Iftifortune en effet est commune, et l'avenir- invisible.

47. Traite bien les bons: car une reconnaissance due


service bien placé. Faire du bien aux méchants, c'est nourrir les chiens d'autrui. Ceux-ci aboient après ceux qui leur donnent, comme après des étrangers, et les méchants payent les bons offices comme les mauvais traitements.

48. Déteste les flatteurs comme les trompeurs : les uns et les autres perdent ceux qui croient à leurs discours.

49. En t'attachant des amis empressés à te plaire dans l'adversité, tu ne les verras jamais de ta vie te détester dans la prospérité.

50. Sois sociable avec ceux que tu fréquentes, mais jamais fier. A peine si des esclaves pourraient supporter la morgue d'un orgueilleux ; tandis que tout le monde voit avec plaisir les gens dont l'humeur est sociable. Or un caractère sociable n'est ni querelleur, ni maussade ; il n'est pas toujours disposé à disputer ; il ne heurte jamais de front l'opinion des autres, quand même ils la soutiendraient avec une in-


est un trésor beau chez un homme honnête.

Traitant bien les méchants tu éprouveras des-choses semblables à ceux nourrissant des chiens étrangers; et ceux-ci en effet aboient-après ceux donnant, * comme après les premiers-venus, et les méchants font-tort à ceux leur rendant-service comme à ceux leur nuisant.

48. Hais ceux flattant comme ceux trompant ; les-uns-et-les-autres en effet, ayant été crus font tort à ceux ayant cru.

49. Si tu admets ceux des amis cherchant-à-complaire à toi vis à vis de la pire fortune, tu n'auras pas dans la vie ceux haïssant toi vis à vis de la meilleure.

50. Deviens sociable envers ceux fréquentant toi, mais non pas sévère; les esclaves en effet d'un côté à peine souffriraient la morgue des superbes, tous d'un autre côté supportent agréablement l'humeur de ceux étant sociables.

Or tu seras sociable , n'étant pas querelleur, ni maussade, ni aimant-à-disputer contre tous, ni résistant aigrement aux emportements de ceux fréquentant toi, pas même s'ils se trouvent s'emportant injustement ;


juste violence; mais il leur cède d'abord, et quand il les voit plus calmes, il leur fait ses remontrances ; il n'est pas sérieux quand on rit, et il ne s'amuse pas à rire dans les circonstances sérieuses, parce que ce qui est déplacé n'est jamais-aimable ; il ne rend jamais un setvice de mauvaise grâce, comme il y en a beaucoup, qui tout en faisant le bien, blessent les amis qu'ils obligent. Il n'aime pas non plus à quereller les autres, c'est chose insupportable; ni à les blâmer, cela ne fait que les aigrir.

51. Garde-toi surtout de la société des buveurg; et quand le hasard te l'impose, préviens l'ivresse en quittant la table. Car la raison, une fois vaincue par le vin , ressemble à ces chars qui ont perdu leurs conducteurs; n'ayant plus qui les dirige, ils sont emportés çà et là au hasard : de même l'âme s'égare à chaque instant quand elle a perdu la raison.

52. Montre que tu es immortel par l'élévation de ton âme, et que ta es mortel par ta modération dans l'usage des biens d'ici-bas.


, mais cédant d'un côté à eux étant émus, gourmandant d'un autre côté eux ayant cessé la colère ; et ne t'occupant-pas-sérieusement dans les moments-de-rire, ni t'amusant aux jeux-pour-rire dans les circonstances sérieuses (l'intempestif en effet est désagréable partout) ; et n'obligeant pas désobligeamment quant à des services; ce-que souffrent la plupart, faisant d'un côté bien, assistant d'un autre côté désagréablement les amis d'eux ; et n'étant pas enclin-à-accuser, car c'est chose-lourde; ni enclin-à-reprendre, car c'est chose-irritante.

51. Garde-toi surtout d'un côté des compagnies dans les festins ; si d'un autre côté l'occasion est tombée à toi par hasard, lève-toi avant l'ivresse.

Lorsque en effet l'esprit a été corrompu par le vin, il éprouve les mêmes-choses que les chars ceux ayant rejeté les conducteurs d'eux ; et ces chars en effet sont emportés en-désordre, manquant de ceux les-menant-droit, et l'âme erre en beaucoup de choses, la réflexion ayant été viciée52. Conçois d'un côté des idées immortelles par le être magnanime; des idées mortelles d'un autre côté par le jouir avec-mesure des biens présents


53. Juge quel avantage la science a sur l'ignorance : quand tous les autres défauts profitent en quelque chose à l'homme, l'ignorance seule ne lui attire que des mécomptes, et l'expose souvent à des maux réels, pour des offenses commises en paroles.

54. Ceux dont tu veux te faire des amis, dis-en du bien pour qu'on le leur rapporte. L'amitié commence par l'éloge ; la haine, par le blâme.

55. Qnand tu délibères, profite des exemples du passé pour l'avenir: c'est par le connu qu'on peut le plus aisément juger de l'inconnu.

56. Sois circonspect dans le conseil, et prompt dans l'exécution.

57. Sois persuadé que deux choses surtout sont pour nous importantes: l'une dépend de Dieu, c'est le succès ; l'autre de nous, c'est la prudence.

58. Quand tu n'oses pas t'expliquer directement avec des amis sur certaines matières dont tu voudrais pourtant bien les entretenir, il


53. Pense l'instruction être un bien d'autant plus grand que l'ignorance, que tous à la vérité font les autres-choses mauvaises en faisant-du-gain, mais celle-ci seule même en-outre-fait-tort à ceux ayant elle; souvent en effet ils ont donné par les faits la vengeance de ceux que ils ont chagrinés parles discours.

54. Ceux que tu voudrais avoir faits amis, dis quelque-chose de-bon sur eux à ceux le rapportant à eux; la louange d'un côté en effet est un commencement d'amitié, le blâme d'un autre côté, est un commencement de haine.

55. Délibérant, fais-toi les-choses passées exemples de celles devant-arriver; l'inconnu en effet a le discernement le plus prompt d'après l'évident.

56. Délibère d'un côté lentement, exécute d'un autre rapidement les-choses jugées-à-propos.

57. Pense le principal être d'un côté le bonheur de la part des dieux, la prudence d'autre côté de la part de nous-mêmes.

58. Sur les choses sur lesquelles tu aurais-honte de t'être expliqué-franchement, mais que tu veux avoir communià certains des amis de toi, [quées sers-toi des paroles de toi


faut leur en parler comme de choses indifférentes; tu sauras ainsi leur sentiment, sans te mettre à découvert.

59. Avant de consulter quelqu'un sur c%qtii te concerne, examine d'abord comment il a gouverné ses propres affaires. Car celui qui a mal entendu ses propres intérêts, ne sera jamais de bon conseil pour les autres.

60. Le moyen de vous engager à bien réfléchir, c'est de considérer les fâcheux résultats d'une conduite imprudente. C'est ainsi que nous prenons le plus grand soin de notre santé quand nous nous rappelons les inconvénients de la maladie.

61. Sache prendre exemple sur la conduite des rois et te conformer à leurs goûts, de manière à paraitre les approuver et les imiter : tu feras ainsi concevoir au peuple une meilleure opinion de toi, et tu t'assureras auprès d'eux-mêmes un plus grand crédit.

62. Obéis aux lois que les rois ont établies; mais considère comme la meilleure de toutes leur bon plaisir. Car de même que, dans une république, il s'agit de se rendre agréable à la multitude, de même, sous


comme sur l'affaire d'autrui; ainsi en effet et tu sentiras l'opinion de ceux-ci, et tu ne feras pas toi-même dévoilé.

59. Or lorsque tu-es-sur-le-point-de te servir de quelqu'unpour conseiller sur les-choses de toi-même, examine d'abord comment il a gouverné les-choses de lui-même ; car celui ayant été inspiré mal sur celles propres, - ne délibérera jamais bien sur celles d'autrui.

60. Mais tu aurais été excité ainsi à délibérer les plus belles-choses, situ aurais considéré les malheurs ceux provenant de l'imprudence; et en effet nous avons le plus grand soin de la santé, lorsque nous nous sommes rappelé les chagrins ceux provenant de la faiblesse.

61. Imite les mœurs des rois, et poursuis les goûts de ceux-ci ; tu paraîtras en effet adopter et chercher-à-imiter eux ; de sorte que il arrivera à toi et d'être estimé davantage auprès de la multitude, et d'avoir la bienveillance plus solide de la part de ceux-là.

62. Obéis certes aussi aux lois, celles établies par les rois ; pense-toutefois la loi la plus forte être l'humeur de ceux-ci.

Comme en effet il faut celui gouverné dans la démocratie se mettrcau-service-de la multitude,


un gouvernement monarchique, il est bon de faire sa cour au roi.

.63. Une fois constitué en dignité, n'emploie jamais le ministère d'un méchant; car toutes ses fautes, c'est à toi qu'on les imputerait.

64. Quitte les emplois publics, non pas plus riche, mais plus estimé ; car la richesse ne vaut pas la popularité.

65. Ne prête ton assistance ni tes conseils à personne pour une mauvaise action ; car tu paraîtrais toi-même capable de ce que tu soutiens chez les autres.

66. Mets-toi en état de dominer, et soumets-toi au niveau de l'égalité, afin de paraître vouloir la justice, non par le sentiment de ta faiblesse , mais par amour pour l'équité.

67. Préfère la vertu dans la pauvreté aux richesses coupables. Car tel est l'avantage de l'innocence sur la fortune, que celle-ci profite à l'homme seulement pendant sa vie, tandis que celle-là assure sa gloire


de même aussi il convient celui habitant dans une monarchie admirer le roi.

63. Ayant été constitué en puissanne te sers d'aucun méchant [ce, pour les administrations ; on imputera en effet à toi les griefs desquels celui-là se serait rendu-coupable.

64. Retire-toi des soins publics non plus riche, mais plus illustre ; car la louange de la part de la foule est meilleure que beaucoup de richesses.

65. N'assiste à aucune action méchante ni ne t'en-fais-l'avocat ; tu paraîtras en effet faire toi aussi des choses-telles que tu secourrais aux autres faisant ces choses.

66. Prépare toi-même d'un côté à pouvoir être-supérieur, supporte d'un autre côté ayant l'égalité ; afin que tu paraisses aspirer à la justice non par faiblesse, mais par convenance.

67. Adopte plutôt une pauvreté pleine-de-justice que une richesse injuste ; la justice en effet est d'autant meilleure queles richesses que les unes profitent seulement aux vivants, l'autre prépare la gloire même à ceux étant morts ;


après sa mort. Et puis l'une est commune à toutes sortes de gens, tandis que l'autre est interdite aux méchants.

C8. N'envie à personne des biens injustement acquis, et admire plutôt le juste dans le malheur. Quand même les gens de bien n'auraient pas d'autre avantage sur les méchants, ils sont du moins plus riches en bonnes espérances.

69. Donne tes soins à tout ce qui importe pour bien vivre; mais surtout cultive ton esprit : la plus grande chose contenue dans la plus petite, c'est un bon esprit dans le corps d'un homme.

70. Applique-toi à rompre ton corps aux fatigues, et ton âme au travail de la pensée, afin que l'un puisse exécuter les desseins dont l'autre aura su d'avance reconnaître la portée.

71. Réfléchis toujours à ce que tu vas dire : chez bien des gens, la langue devance la réflexion.

72. il y a deux circonstances où tu dois prendre la parole : c'est


et puis il est participé à celles-là par les gens sans-valeur, et il est impossible aux pervers d'avoir pris-part à celle-ci.

68. N'envie aucun Ae œux gagnant par injustice, mais adopte plutôt ceux ayant été lésés avec la justice pour eux; les justes en effet s'ils ne sont-plus-riches en rien autre que les injustes, mais du moins ils sont-supérieurs par des espérances certes bonnes.

69. Aie-soin à la vérité de toutes les-choses concernant la vie, mais surtout exercela taisen de toi-même ; car la plus grande dans la plus petite c'est un esprit bon [chose, dans un corps d'homme.

70. Tâche d'être d'un côté ami-du-travail par le oorps, d'an-autre-côté ami -de-la-sagesse paT l'âme, afin que tu puisses par l'un exécuter les-choses jugées-à-propos, et que tu saches par l'autre prévoir celles étaot-utiles.

71. Examine par la pensée d'abord tout ce-que tu es sur-le-point-de dire.

Pour beaucoup de gens en effet la langue court-en-avatrt de la réflexioa.

i-v, 72.Fais-toi deux occasions de parler, ou sur les choses-que tu sais clairement, on sur les choses-qu


quand tu possèdes parfaitement ton sujet, ou quand la nécessité t'oblige à parler. Dans ces deux cas-là seulement, mieux vaut parler que se taire. En toute autre occasion , mieux vaut garder le silence.

73. Songe qu'il n'y a rien de durable dans les choses humaines : c'est le moyen d'échapper à l'enivrement des succès et à l'abattement du malheur.

84. Réjouis-toi du bien, sans trop t'affecter du mal qui t'arrive; mais dans l'un et dans l'autre cas, n'en laisse rien voir aux autres. Il serait ridicule, lorsqu'on cache chez soi son avoir, d'aUer montrer partout sa pensée.

75. Redoute le blâme plus que le danger. C'est la fin de la vie qui est terrible pour les méchants ; pour les gens de bien, c'est la honte.

76. Fais tout ton possible pour mettre ta vie en sûreté ; mais s'il t'arrive jamais de courir quelque danger, tâche de sortir du combat avec honneur, et sans infàmie. Car mourir, c'est le destin de tous les hommes ; mais une belle mort est la récompense que la nature n'accorde qu'à la vertu.


il est nécessaire d'avoir dit ; dans ces circonstances seules en effet la parole est meilleure que le silence ; mais dans les autres se taire est meilleur que parler.

73. Pense aucune des choses humaines n'être stable ; ainsi en effet étant-heureux tu ne seras ni joyeux-à-l'excès ni triste-à-l'excès, étant-malheureux74. Réjouis toi d'un côté , au sujet de ceux des biens survenant, afflige-toi d'autre part modérément au sujet de ceux des maux arrivant.

Mais ne deviens pas dans les uns ou les autres étant découvert aux autres ; car il est déplacé de cacher d'un côté le bien de soi dans les maisons, et d'un autre côté de se promener ayant la pensée découverte.

75. Garde-toi du blâme plus que du danger ; car il faut la fin de la vie d'un côté être terrible aux méchants, mais l'infamie celle dans le vivre être terrible aux vertueux.

76. Tâche surtout d'un côté de vivre selon la sécurité; et si il est arrivé jamais à toi de courir-des-dangers cherche le salut hors de la guerre avec une belle gloire, mais non avec une honteuse renomLa destinée d'un côté en effet lmée.

a décidé le être mort être de tous les hommes ; et la nature a donné-en-partage le être mort bien propre aux gens vertueux.


77. Et ne sois pas étonné si je te donne ici beaucoup (le conseils, qui ne conviennent pas encore à ton âge : je le sais Lien; mai-, j'ai mieux aimé te donner, dans le même traité, des conseils pour le présent, et te laisser en même temps des principes de conduite pour l'arcnir. Car tu sauras aisément les mettre en pratique, tandis que tu trouveras difficilement un ami pour te bien conseiller. Afin donc que tu n'aies plus besoin de consulter personne pour le reste, et que tu puisses désormais puiser ici comme dans un magasin, j'ai jugé à propos de ne pas oublier un seul des avis que j'avais à te donner.

78. Je rendrais grâce à Dieu, si je te voyais justifier la bonne opinion que j'ai conçue de toi..Nous trouvons que la plupart des .hommes préfèrent les mets les plus savoureux aux plus salutaires, et, tout -de même, les amis qui partagent leurs erreurs à ceux qui leur font des remontrances. Quant à toi, je présume que tu penses tout différemment, et j'en ai la preuve dans le zèle que tu mets à compléter ton éducation ; car quiconque se fait un devoir de se toujours bien con-


77. Et m'aie pas été étonné si beaucoup des-clioses-dites ne conviennent pas à toi pour i'âge présent aujourd'hui.

Cela en -effet n'a pas non plus échappé à moi ; mais j'ai préféré ensemble -et avoir produit des conseils de la vie présente par la même opération et avoir laissé un enseignement du temps à-venirTu sauras d'un côté en effetfacilement l'usage de ces-choses, tu trouveras d'autre part difficilement quelqu'un conseillant avec bienveilafin donc que tu ne cherches pas [lance; le reste auprès d'un autre, mais que tu le puises d'ici, comme d'une réserve, j'ai pensé falloir n'avoir omis rien des choses-ifue j'ai à conseiller à toi.

78. Or j'aurais pour les-dieux beaucoup de reconnaissance si je ne m'étais pas trompé dans Popiaion que je me trouve ayant sur ioi.

Nous trouverons en effet la plupart des autres de même que se réjouissant plutôt des ptas agréables des mets, que des plus saluhr.es, de même aussi fréquentant ceux des amis participant-aux-fautes, mais non ceux réprimandant.

Mais je pense toi avoir reconnu le contraire de ces-choses, me servant comme preuve de l'amour-du-travail de toi concernant le reste de Fédocafôen.


duire, doit naturellement préférer à tous les autres ceux qui l'exhortent à la vertu.

79. Ce qui doit surtout t'inspirer le goût de tout ce qui est bien, c'est cette pensée que de là proviennent les plus réelles de nos jouissances. Et en effet, dans une vie de mollesse et d'excès, les chagrins suivent de bien près les plaisirs ; tandis qu'une vertu active, une conduite sagement réglée, est toujours une source de jouissances pures et solides. D'un côté, nous nous livrons d'abord à la joie, pour tomber bientôt dans la peine; de l'autre, au contraire, c'est la peine qui précède le plaisir. Or, en toutes choses, nous conservons moins l'im- : pression du commencement que le sentiment de la fin ; car dans cette vie, ce n'est pas, la plupart du temps, en vue des choses elles-mêmes que nous agissons, mais c'est pour en recueillir les conséquences que nous nous donnons du mal.

80. Songe bien d'ailleurs qu'il est permis peut-être à des hommes


il est naturel en effet celui ordonnant à soi-même de faire les-choses les meilleures, celui-là adopter aussi ceux des autres invitant à la vertu.

79. Or tu serais excité surtout à avoir tendu-vers les belles actions, si tu avais appris que pous avons surtout réels les plaisirs ceux de ces-choses.

Les chagrins d'un côté en effet ont été attachés tout-droit aux plaisirs dans le se livrer-à-la-mollesse et chérir les excès;- mais le aimer-à-travailler pour la vertu et administrer sagement la vie de soi-même, rend toujours les plaisirs purs et plus solides.

Et là d'un côté ayant joui d'abord, nous avons été affligés ensuite; ici d'un autre côté, après les chagrins nous avons les plaisirs.

Or dans toutes les actions nous ne nous souvenons pas du commencement ainsi comme nous prenons sentiment de la fin ; nous faisons en effet la plupart des-choses concernant la vie non à cause des choses elles-mêmes, mais nous travaillons à cause des-choses s'ensuivant.

80. Mais réfléchis que il est-possible aux méchants d'un côté de faire les premières-choses-venues


vulgaires d'agir an hasard ( puisque c'est le plan de conduite qu'ils se sont tracé dès l'origine), mais qu'il n'est pas possible à des hommes de bien de négliger la vertu, sous peine de s'attirer mille reproches. Car on en veut moins à des hommes franchement vrcicuK qu'à ceux qui se donnent pour des sages, et qui ne valent pas mieux que les autres. Et c'est bien juste : car puisque nous détestons ceux qui ne mentent qu'en paroles, pourquoi ne donnerions-nous pas le nom de méchants à des gens qui démentent leurs principes par leur vie tout entière? Nous pourrions avec raison leur reprocher non-seulement de se manquer à eux-mêmes, mais encore de trahir la fortune. Elle leur a donné richesses, réputation, amis ; et ce sont eux-mêmes qui se rendent indignes de leur bonheur.

81. S'il est permis à un mortel de pénétrer les intentions des dieux, je crois voir, dans la manière dont ils ont traité leurs proches, un exemple du sort qu'ils réservent aux justes et aux méchants. Jupiter fut père d'Hercule et de Tantale (comme le dit la fable, et comme tout


(ils se sont fait en effet sur-le-champ le plan de la vie tel), et il n'est pas possible aux bons de négliger la vertu à cause du avoir ceux réprimandant nombreux.

Tous en effet ne haïssent pas autant ceux ayant failli que ceux disant à la vérité être convenables, mais ne différant en rien des premiers-venus : et cela avec raison ; quand en effet nous réprouvons ceux mentant par la parole seule, est-ce que par hasard certes nous ne dirons pas être méchants ceux étant inférieurs par toute la vie ?

Or nous aurions supposé justement les gens tels être-en-défaut non seulement envers eux-mêmes, mais encore être traîtres de la fortune ; celle-ci en effet a mis-en-main à eux richesses et gloire et amis ; ceux-là ont établi eux-mêmes indignes du bonheur subsistant.

81. Si toutefois il faut étant mortel chercher-à-pénétrer la pensée des dieux, je pense ceux-ci avoir montré surtout à l'égard des plus proches comment ils sont [d'eux envers les méchants et les vertueux des hommes.

Jupiler en effet ayant engendré Hercule et Tantale (comme les fables disent,


le monde le croit), et il récompensa la vertu de l'un par l'immortalité, et punit les crimes de l'autre par les plus affreux supplices.

82. Il faut profiter de ces exemples, et aspirer au bien. Loin de s'en tenir seulement à ce que j'ai dit, il faut apprendre aussi tout ce qu'il y a de meilleur dans les poètes et lire tout ce que les philosophes ont écrit d'utile. Comme l'abeille, que nous voyons se poser sur toutes les fleurs pour prendre à chacune d'elle ce qui lui convient ; ainsi quiconque aspire à l'instruction ne doit rien négliger, mais recueillir de tous les côtés ce qui peut lui servir; et c'est à peine encore si, à force d'assiduité, nous pourrons nous mettre au-dessus des faiblesses de notre nature.


et tous y ajoutent-foi), fit l'un immortel à cause de la vertu de lui, il punit l'autre par les plus grands châtiments à cause de la perversité de lui.

82. Desquels exemples se servant il faut tendre à l'honnêteté ; et non seulement rester-fidèles aux-choses dites par nous, mais encore apprendreles meilleures-choses des poètes, et passer-en-revue les ouvrages des autres savants, s'ils ont dit quelque-chose d'utile., Comme en effet nous voyons l'abeille se posant d'un côté sur toutes les plantes, prenant d'un autre côté les-choses utiles de chacune ; ainsi il faut aussi ceux visant à l'instruction, être d'un côté sans-expérience de rien, recueillir d'un autre côté les-choses utiles de toutes parts ; à peine en effet quelqu'un aurait triomphé par cette aptitude des défauts de la nature.


NOTES SUR LES CONSEILS D'ISOCRATE A DÉMONIQUL

Page 4 1.2ï]|Aeïov 8àx^ç ~T:po; 'iTntovtxov g"uvt)0 £ ux;. Marque de ra.

mitié qui m'unissait àHipponique. Hippoiiique était, comme il est facile de le voir, le père de Démonique, à qui IsocraLe adresse ces conseils.

Dans la suite du discours, l'auteur nous apprend que son disciple était encore fort jeune. Du reste, le père et le fils ne sont connus que par lesou venir que i-.ous- en laisse Isocrate.

Page 12. — 1. IIpôjTov uzj oùv e\iaéëei~Ttpoç TOÙÇ BEOVÇ. D'ahord honore les dieux. C'est là le premier des préceptes. De tous temps et chez tous les peuples, la pensée du législateur se porte d'abord vers la divinité, dont l'autorité partout reconnue peut seule consacrer les lois humaines. ~xaî tqïç opy.oiç_ê(Afiiva>v,et en restant fidèle aux sentiments. On comprendra l'importance de cette recommandation, si l'on considère d'une part combien était sacrée chez les anciens la religion du serment, et de l'autre, la réputation de mauvaise foi que s'étaient faite les Grecs, au rapport de .quelques auteurs. Chez les Égyptiens, le parjure était uu si grand crime, qu'on le punissait de mort ; tandis que l'inconstance des Grecs était devenue proverbiale.

Page 16. — l.-'Hyoû tùv Ch:O'UŒ(l.ch(j)v izollà. noW.ûW elvat ypYijiâTWV xpemM x. T. I. Pense que beaucoup d'enseignements sont plus précieux que beaucoup de richesses, etc. C'est ce que Phèdre nousdéreloppe dans sa fable de Simonide, 1. IV, fab. 21, où ce philosophe sauve du naufrage toutes ses richesses, parce qu'il les portait en lui-même.

Pagel S. -1. Mi, xorcéxvEi [xay.pàv âoèv mpc(isc6aiirpoiTOUS SIGOKTV.EIV Tt xpfjO"t[J.OV N'hésite pas à faire un long chemin pour aller entendre ceux qui font profession d'enseigner des choses utiles. On sait que l'usage en Grèce, comme à Rome, était d'envoyer les jeunes gens, dès qu'ils avaient atteint un certain âge, suivre les leçons des plus grands maîtres d'éloquence et de philosophie.

Page 22.—1.B~ YEVO|J.EVO; ôà, iteip <3 OtafLÉvEw.

C'est ce que Suétone a presque littéralement traduit dans l'éloge qu'il fait d'Auguste, C. LXVI. « Amicitias neque facilè admisit, et constantissimè retinuit.» Il ne pmdigua pas son amitié, et il fut très-fidèle dans ses affections.


Page 24.—1.~ aïaxpov éïvai vojjli'etwv xcxtwv çiXuv ^vuâa0ai 't"cirl; eùspyetjiatç. Crois qu'il est également honteux et de se laisser vaincre en mauvais procédés par ses ennemis, et de le céder en bienfaits à ses amis. Il faut se rappeler ici que c'est le conseil d'un païen; on le trouve partout justifié par les mœurs des Grecs de ce temps-là, et, d'après les opinions remues dans l'antiquité, l'homme vraiment juste, devait être bon avec les bons et méchant avec les méchants. Une telle maxime aujourd'hui serait impie, parce que nous en savons de meilleures : Ne pas rendre le mal pour le mal, et prier pour ses ennemis.

Page 32.—1. 'Hyou xpaxiaTov (jlsv tûv 0sûv EÙ'tVX.(CXV, napà Se 'Í]¡LWV aÙTwv eùgouXuxv. Crois bien que deux choses sont pour nous surtout importantes: le succès, qui dépend des dieux, et la sagesse, qui dépendde nous-mêmes. C'est encore une opinion des anciens, mais elle est exagérée, et c'est faire à l'homme une trop grande part, que de luiattribuer en propre la sagesse, qui n'appartient qu'à Dieu. C'estàlui

seul qu'il faut la demander, parce que lui seul peut nous l'inspirer.

Page 48.-1. Zeùç ~yàp 'HpxxXéa xaîTàvxaXov ~YEvvf¡craç (wç oî p30ot ÀéYoucixal tovtsç ~marsuovai) x. t. X. Jupiter père d'Hercule et de Tantale (commeleraconte la fable et comme toutlemonde le croit), etc.

Malgré l'incertitude où l'on est sur la nature du crime de Tantale, dont l'histoire a tant de variantes chez les différents auteurs, qui ne s'accordent que sur le châtiment que lui infligea Jupiter, on voit que ces exemples pouvaient être sérieusement invoqués chez les païeus pour servir d'enseignement aux hommes. Rien n'était plus répandu, ni d'un plus fréquent usage que l'éloge d'Hercule, qui gagne l'immortalité par ses travaux. - -



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Celle collection, format in-12, comprendra les principaux auteurs qu'on explique dans les classes.

AUTEURS LATINS.

César. Commentaires sur la guerre des Gaules, par M. Sommer. 2 volumes.,. 9 » I" volume : Livres I, II, III, IV. 4 » II" volume : Livres V, VI, VII. 5 » — Commentaires sur la guerre civile, livre Ier, par M. Materne 2 25 Cicércn. Catilinaires (les), par M. J. Thibault. 2 » — Des Devoirs, par M. Sommer. 6 » - Dialogue sur l'Amitié, par M. Legouëz. 1 25 -Dialogue sur la Vieillesse, par MM. Paret et Legouëz.. 1 25 — Discours contre Verres sur les Statues, par M. J.Thibault 3 » -Discours contre Verrès sur les Supplices, par M. 0. Dupont. 3 » — Discours pour la loi Manilia, par M. Lesage. 1 50 —Discours pour Ligarius, par M. Materne. "75 -Discours pour Marcellus, par le même. » 75 — Plaidoyer pour A rchias, par M Chansselle. » 0 -Plaidoyer pour Milon, par M. Sommer. 1 50 — Plaidoyer pour Muréna, par M. J. Thibault. 2 50 - Songe de Scipion, par M. Pottin >-, J.0 Cornelius Nepos. Les Vies des grands capitaines, par M. Sommer 5 Heuzet. Histoires choisies des écrivains profanes, par MM. Sommer et Guedet. 2 volumes. 12 » Chacun des deux volume. 6 Horace. Art poétique, par M. Ta.illefert. » 75 Epitres, par le même. 2 a


Horace. Odes et Epodes, par MM. Sommer et A. Desportes. 2 v. 4 50 Ier volume : Livres 1 et 2 des Odes 2 » IIe volume : Livres 3 et 4 des Odes et les Epodes. 2 50 - Satires, par les mêmes. 2 » Lhomond. Epitome historise sacræ 3 » — Sur les Hommes illustres de la ville de Rome, par M. Blanadet., 4 50 Phèdre. Fables, par M. D. Marie. 2 » Salluste. Catilina, par M. Croiset. 1 50 — Jugurtha, par le même 3 50 Tacite. Annales, par M. Materne, 4 volumes. 18 » Ier volume : Livres I, II, III. 6 » lIe volume; Livres IV, V, VI. 4 » IIIe volume : Livres XI, XII, XIII. 4 » IVe volume : Livres XIV, XV, XVI. 4 » -Germanie (la), par M. Doneaud.,. l » — Vied'Agricola, par M. Nepveu. 1 75 Térence. Adelphes (les), par M. Materne.. -. 2 - A ndrienne (l'), par le même. 2 50 Virgile. Les Bucoliques, par MM. Sommer et A. Desportes. 1 » — Enéide, par les mêmes, 4 vol. 16 » Chaque volume contenant trois livres. 4 » Chaque livre séparément 1 50 - Géorgiques (les), par les mêmes. 2 »

AUTEURS GRECS.

Aristophane. Plutus, par M. Cattant. 2 25 Babrius. Fables, par'MM. Th. Fix et Sommer. 4 » Basile (Saint). Homélie aux jeunes gens sur l'utilité qu'ils peuvent retirer de la lecture des auteurs profanes, par M. Sommer. 1 25 - Homélie contre les usuriers, par le même » 75 — Homélie sur le précepte: c Observe-toi toi-mtme, J) par le même » 90 Chrysostôme (St-Jean). Homélie en faveur deutrope, par M. Sommer » 60 — Homélie sur le retour de l'évêque Flavien, par le même.. 1 » Démosthène. Discours contre la loi de Leptine, par M. Stiévenart. 3 50 - DiscourspourCtésiphon, ou sur la Couronne, par M. Sommer 3 50 —Harangue sur les prévarications de l'ambassade, park. Stiévenatt. 6 » — Olynthiennes (les trois), par M. C. Leprévost. 1 50 -Philippiques (les quatre) , par MM. Lemoine et Sommer. 2 » Eschine. Discours contre Ctéciphon, par M. Sommer. 1 voL. 4 «


Eschyle. Prométhée enchaîné, par MM. Le Bas et Th. Fix.. »

- Sept contre Thèbes (les), par M. Materne. 1 50 Esope. Fables choisies, par M. C. Leprévost. » 75 Euripide. Électre, par M. Th. Fix. 3 » - Hécube, par M. C. Leprévost. 2 » — Hippolyte, par M. Th. Fix. 3 50 — Iphigénie en A ulide. par MM. Th. Fix et Le Bas. 3 » Grégoire (S.) de Nazianze. Eloge funèbre de Césaire, par M. Sommer. 1 25 -Homélie sur les Machabées, par le même » 90 Grégoire (S.) de Nysse. Eloge funèbre de saint Mélèce, par M. Sommer. » 75 — Homélie contre les usuriers, par le même. » 75 Homère. Iliade (l'), par M. C. Leprévost. 6 volumes. 20 » Chaque volume contenant quatre chants 3 50 Chaque chant séparément. 1 » — Odyssée (1'), par M. Sommer. 6 volumes. 24 » Chaque volume contenant quatre chants. 4 » Isocrate. Archidamus, par M. C. Leprévost. 1 50 — Conseils à Démonique, par M. C. Leprévost. , » 75 — Eloge d'Evagoras, par M. Ed. Renouard. » 75 — Panégyrique d'Athènes, par M. Sommer 2 50 Luc (Saint). Evangile, par M. Sommer. 3 » Lucien. Dialogues des morts, par M. Leprévost. 2 25 Pères grecs. (Choix de discours tirés des), par M. Sommer.. 7 50 Les neuf discours que comprend ce choix se vendent séparément. Voyez Basile (St) , Chrysostôme (St-Jean) , Grégoire (St) de Nazianze, Grégoire (St) de Nysse.

Pindare. Isthmiques (les), par MM. Fix et Sommer. 2 50 -Néméennes (les), par les mêmes. 3 » — Olympiques (les), par les mêmes. 3 50 - Pythiques (les), par les mêmes. 3 50 Platon. Alcibiade (le premier), par M. C. Leprévost. 2 50 -Apologie de Socrate, par M. Materne. 2 » — Criton, par M. Waddington-Kastus 1 25 - Gorgias, par M. Sommer. 6 » - Phédon, par M. Sommer. 5 » Plutarque. De la lecture des poëtes, par M. Aubert 3 » — Vie d'Alexandre, par M. Bétolaud. 3 » — Vie d'Aristide, par M. Talbot. 2 » — Vie de César, par M. Materne. 2 » — Vie de Cicéron, par M. Sommer , 3 » — Vie de Démosthène, par le même. 2 50 - Vie de Marius, par le même 3 » — Vie de Pompée, par M. Druon. 0. 0. 5 » — Vie de Solon, par M, Sommer. »


Plutarque. Vie de Sylla, par M. Sommer. 3 » — Vie de Thémistocle, par M. Sommer 2 n Sophocle. Ajax, par MM. Benloew et Bellaguet. 2 50 - A ntigone, par les mêmes. 2 25 — Electre, par les mêmes.,. 3 » — OEdipe à Colone, par les mêmes. 2 n — OEdipe roi, par MM. Sommer et Bellaguet. 1 50 — Philoctète, par MM. Benloew et Bellaguet. 2 50 — Trachiniennes (les), par les mêmes. 2 50 Théocrite. OEuvres complètes, par M. L. Renier. 7 50 Thucydide. Guerre du Peloponèse, livre I, par M. Legouëz. » » — Guerre du Peloponèse, livre II, par M. Sommer 5 n Xénophon. Anabase (les sept livres), par M. de Parnajon. » a Chaque livre séparémen t. 2 » -Apologie de Socrate, par M. Leprévost. » 60 -Cyropédie, livre I, par M. Lehrs. 1 25 — Cyropédie, livre II, par M. Sommer 1 25 - Entretiens mémorables de Socrate (les quatre livres), par .Y. Sommer 7 » Chaque livre séparément. 2 »

AUTEURS ANGLAIS.

Shakspeare : Coriolan, par M. Fleming. 6 »

AUTEURS ALLEMANDS.

Goethe. Hermann et Dorothée, par M. Lévy. » » Lessing. Fables (prose et vers), par M. Boutteville. 1 50 Schiller. Guillaume Tell, par M. Fix. 6 » — Marie Stuart, par le même. 6 »

AUTEURS ESPAGNOLS.

Cervantès. Le captif, extrait de Don Quichotte, par M. J. Merson. 3 »

AUTOKJIS ARABES.

Histoire de Chems-Eddiue fet de Nour-Eddine, extraite de* MiQe.et et une Nuits, ggr il. Cherbonneau 5 » Lokman.-Fables, par le ,mêma. 3 a 1

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LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET Cie.

TRADUCTIONS 11JXTALOÉAIRES DU PRINCIPAUX AUTEURS CLASSIQUES GRECS, FORMAT IN-lî.

Cette collection comprendra les principaux auteurs qu'on explique dans les classes.

EN VENTE :

ARISTOPHANE : PlutUS. 2 fr. 25 c.

BAÉRIUS. Fables 4 fr.

BASILE (Saint) : De la lecture des auteurs profanes. i fr. 25 c.

— Contre les usuriers 75 c.

- Observe-toi toi-môme. 90 c.

CHRYSOSTOME (S. JEAN) : Homélie en faveur d'Eutrope 60 c.

— Homélie sur le retour de l'évêque Flavien. i fr.

DÉMOSTHÈNE : Discours contre la loi de Leptine. 3 fr. 50 c.

— Discours pour Ctésiphon ou sur la Couronne 3 fr. 50 c.

— Harangue sur les prévarications de l'ambassade. 6 fr.

— Les trois Olynthiennes. 1 fr. 50 c.

— Les quatre Philippiques. 2 fr.

ESCHINE : Discours contre Ctésiphon.

Prix 4 fr.

ESCHYLE : Prométhée enchaîné. 2 fr.

— Les Sept contre Thèbes. 1 fr 50 c.

ESOPE : Fables choisies. 75 c.

EURIPIDE : Electre. 3 fr.

- Hécube » 2 Cr.

- Hippolyte 3 fr. 50 c.

Ip igénie en Aulide 3 fr.

GRÉGOIRE DE NAZIANZE ( Saint)£loge funèbre de Césaire. 1 fr. 25 c.

- — Homélie sur les Machabées.. 90 c GRÉGOIRE DE NYSSE ( Saint ) - Contre les usuriers 75 c.

- Eloge funèbre de saint Mélèce. 75 c.

HOMÈRE : Iliade, 6 volumes.. 20 fr.

Chants 1 à îv. 1 vol 3 fr. 50 c.

Chants v à vm. 1 vol. 3 fr. 50 c.

Chants ix à XII. 1 vol. 3 fr. 50 c.

Chantsxuià xvi. 1 vol.. 3 fr. 50 c.

Chants XYII à xx. 1 vol.. 3 fr. 50 c.

Chants XXI à xxiv. 1 vo). 3fr. 50 c.

Chaque chant séparément.. 1 fr.

odyssée. 6 vol 24 fr.

Chants 1 à iv. 1 vol 4 fr.

Chants T à TIU. 1 vol. 4 fr.

Chantan&xn.ivol. 4 fr.

Chants xm à xvi. 1 vol 4 fr.

Chants XVII à xx. 1 vol. 4 fr.

Chants xxi à xxiv. l vol 4 fr.

ISOCRATE : Archidamus. 1 fr. 50 c.

- Conseils à Démonique 50 c.

- Ëloge d'Évagoras 75 c.

- Panégyrique d'Athènes. 2 fr. 50 c.

LUC (Saint) : Evangile. 3 fr.

LUCIEN: Dialogues des morts. 2 fr. 25.

PERES GRECS (Choix de discours).

Prix 7 fr. 50 c.

PINDARE: Isthmiques (les). 2fr. 50 c.

— Néméennes (les). 3 fr.

- Olympiques ( les). 3 fr. 50 c.

— Pythiques (les). 3 fr. 50 c.

PLATON : Alcibiade (le prem.). 2 fr. 50 Apologie de Socrate 2 f'\

- Criton 1 fr. 25 o.

- Gorgias. 6 fr.

- Phédon. 5 fr.

PLUTARQUE : Lecture des poètes.

Prix. 3 fr.

- Vie d'Alexandre. 3 fr.

- Vie d'Aristide. 2 fr.

- Vie de César 2fr.

- Vie de Ciceron. 3 fr.

— Vie de Démosthène 2 fr. 50 c.

—ViedeMarius. 3fr.

— Vie de Pompée. 5 fr.

— Vie de Solon 3 fr.

- ViedeSylla 3 fr.

Vie de Thémistocle 2 fr.

SOPHOCLE : Ajax. 2 fr. 50 c.

— Antigone 2 fr. 25 c.

— Ëlectre - 3 fr.

— OEdipe à Colone 2 fr.

— OEdipe roi 1 fr. 50 c.

— Philoctète 2 fr. SO c.

- Trachiniennes (les). 2 fr. 50 c.

THÉOCRITE : OEuvres complètes.

Prix 7 fr. 50 c.

- La première Idylle 45 c.

THUCYDIDE : Guerre daPéloponèse.

livre II. 5 fr.

XÉNOPHON: Les sept livres de l'Anabase » » Chaque livre séparément.. 2 fr.

— Apologie deSocrate 60 c.

- Cyropédie. livre 1. 1 fi*. 25 c.

— Cyropédie, livre H. 1 fr. 25 c.

— Entretiens mémorables de Socrate (les quatre livres). 7 fr. 50 c.

Chaque livreséparément. 1 fr. 75c.

A LA MEME LIBRAIRIE : Traductions juxtalinéaires des principaux Outeurs latins qu'on explique dans les classes.