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Title : Le Petit Parisien : journal quotidien du soir

Publisher : (Paris)

Publication date : 1928-10-05

Contributor : Roujon, Jacques (1884-1971). Directeur de publication

Relationship : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb34419111x

Type : text

Type : printed serial

Language : french

Format : Nombre total de vues : 126844

Description : 05 octobre 1928

Description : 1928/10/05 (Numéro 18847).

Description : Collection numérique : Grande collecte d'archives. Femmes au travail

Description : Collection numérique : La Grande Collecte

Rights : Consultable en ligne

Rights : Public domain

Identifier : ark:/12148/bpt6k607352j

Source : Bibliothèque nationale de France, Gr Fol-Lc2-3850

Provenance : Bibliothèque nationale de France

Date of online availability : 19/11/2008

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LES MYSTÈRES DE L'AFRIQUE NOIRE il

Comment mourut après avoir assisté aux « funérailles » de son père

le prince Ouanilo fils de Behanzin «LES SORCIERS!» dit-il, avant d'expirer, à notre

collaborateur Albert'Londres

000

Faut-il voir là un retour instinctif aax croyances primitives, dont /et

rites venaient de s'étaler sous

ses yeux ? N'est-ce pas plutôt

le mot d'un homme qui, pour

instruit et avisé qu'il était, savait

à qaoi s'en tenir sur les prati-

ques des féticheurs, grands

manieurs de poisons ?

Mercredi ont eu lieu à Bordeaux les obsèques du prince e Ouanilo Behanzin, fils de l'ancien roi du Dahomey. Il avait succombé subitement à Dakar, où l'on eut le temps de le débarquer du paquebot Amérique, alors qu'il revenait d'assister, à Abomey, à la cérémonie de translation des cendres de son père.

Notre collaborateur Albert Londres, qui vient de passer de longues semaines sur la terre d'Afrique, d'où il a rapporté une série d'articlcs saisissants que nous publierbns très prochainement, assista lui-même à ces cérémonies il devint l'ami du prince ils se retrouvèrent ensqtite à bord de fAmérique. Notre collaborateur assista à son agonie, il recueillit son dernier mot. Souvenirs qu'il 'tint, à noter et qu'il apporte aujourd'hui en hommage au pauvre jeune homme noir, fils d'ennemi vaincu, devercu fidèle citoyen français, qui voulut être enterré là, à Bordeaux, où iL avait vécu.

[Voici cette page émouvante de notre collaborateur

VINGT ANS APRÈS

Abomey était en deuil. Vingt années après sa mort, Behanzin, fevêtu d'un cercueil européen, rientrait dans sa capitale. La France, ayant tâté ses cendres, les avait jugées assez froides pour ne plus mettre le feu au pays. Il faisait d'ailleurs, comme cela, suffisamment chaud au Dahomey

C'était un grand deuil, c'est-àdire une belle fête.

Ouanilo, fils chéri du mort, avait ramené son père, au nom de notre gouvernement, d'Algérie à Marseille, de Marseille à Cotonou, et de la côte des Esclaves à Abomey. Parti avec lui, au moment de l'exil, alors qu'il était un petit prince noir, Ouanilo, élevé par la Frarice. au début, à la Martinique, ensuite à Alger, était maintenant avocat près la cour de Bordeaux.

Il touchait le sol natal pour la première fois depuis son déracinement. Il y revenait avec son père. noir et sa femme blanche.

Elégant, habillé à l'européenne, instruit, rempli de réserve et de tact, il était réellement un gentleman timide. Ta.nt de bonnes manières le mirent tout de suite au ban de sa patrie. Au milieu de ses frères au torse nu, il ne savait plus que faire de son faux col, de ses habits, de ses chaussures et surtout de son éducation. Il regardait ses parents d'un œil qui demandait pardon.

Les funérailles allaient durer longtemps.

Le gouverneur Fourn avait logé le prince et la princesse dans une maison de blancs, pas très loin des ruines du palais où, à l'ombre du trône paternel, vissé sur quatre crânes d'ennemis, naquit l'enfant royal.

Les volets de cette maison demeuraient clos.

Behanzin, d'après la coutume, n'était pas encore considéré comme mort. Le cercueil dans lequel ses restes reposaient était bien dans le tata de son fils aîné, le grand Aouagbé, préfet de Boïcon et d'Abomey, mais, pour le peuple, Behanzin n'était que très souffrant. Les indigènes s'abordant, s'interrogeaient avec angoisse sur la santé du roi. « Il faut rentrer chez nous, disaient-ils, notre roi ne va pas mieux. Il Ils parlaient bas et s'éloignaient en silence. Mon boy accourait et me disait « Ti sais, le roi est encore plus malade que ce matin. » Deux de ses femmes, si vieilles que lorsqu'elles marchent leur tête dodeline à la hauteur de leurs genoux, veillaient dans l'obscurité près du cercueil, retour d'un si long voyage. Enfin, le lendemain, Behanzin mourut officiellement.

]Les funérailles

Les fêtes dahoméennes commencèrent. Le tam-tam s'établit. Le premier jour, fils aîné, fils et filles, frères et sœurs et amis sincères se lamentèrent dans le tata. Le deuxième jour, le gri-gri So sortit.

Le troisième jour, l'ami supé-

rieur de Behanzin, celui qui lui avait dit « Ne combats pas les Français », tua trois cabris. Le quatrième* jour, les fils égorgèrent des animaux domestiques. Ouanilo, toujours vêtu en Européen, accomplissait son devoir. Je le vis rentrer, du tata mortuaire à sa maison, du sang,sur les mains et sur la, chemise. Il marchait vite, comme honteux. Derrière les volets sa femme blanche anxieusement l'attendait.

Les funérailles continuaient. Alors que les frères de Ouanilo, chefs riches et puissants, s'apprêtaient à offrir de fastueux cadeaux aux mânes de leur père, Ouanilo comptait ses sous. Le jour de la présentation des pagnes sa honte éclaterait devant le pays réuni. L'aboyeur funèbre crierait pendant des heures le nom de ses frères, étalant leur générosité, leur piété filiale. Ouanilo n'avait, lui, ni trou,peaux ni trésors de famille. Son peuple ne lui faisait plus de dons. Son peuple Il regard'ait l'ancien petit prince sans vouloir se souvenir. Ouanilo n'était plus d$ chez lui. Il s'en alla à Boïcon, chez les marchands blancs. Les marchands blancs ne donnent pas beaucoup de marchandises pour peu d'argent. Ouanilo revint avec quelques pièces de calicot. Il avait une bague, il la joindrait à ses pauvres, pagnes pour prouver sa bonne volonté.

Le grand jour arriva.

C'était dans la cour du grand tata d'Aouagbé, son frère aîné..Les autorités blanches, du gouverneur à l'évêque, étaient là. Les soixantedix femmes d'Aouagbé, groupées, chantaient, le chant funèbre. Ouanilo, hésitant, s'éloigna des cris sauvages et. conduisit sa femme blanche, immensément troublée par la furie de ses belles-sœurs, entre l'évêque et le gouverneur. Chacun de ses frères se tenait, selon la coutume, au milieu, de ses femmes et de ses serviteurs. Ouanilo chercha où se placer. Il vint à côté de moi

Un mouvement de surprise souleva cette foule. Magnifique, drapé de rouge, un puissant sein nu dehors, coiffé d'un bonnet phrygien. chaussé de sandales, sceptre-cassetête sur une épaule, un homme à l'allure de dieu se présenta sous un parapluie, entre deux amazones fulgurantes et suivi de l'appareil royal. C'était Agboli-Agbo. l'oncle de Ouanilo, le frère de Behanzin, le dernier roi du Dahomey, détrôné, exilé et pardonné.

Agboli-Agbo tentait pour Ia deuxième fois un coup d'audace. Il se présentait au peuple en posture royale. L'administrateur. comme lors d'un dernier 14 juillet, allait-il se précipiter sur lui, d'une main l'empoigner par le

sein, ongles dans la chair, et de l'autre lui arracher son bonnet, ses sandales, son sceptre et son crachoir?

Le vieux lion semblait attendre la scène. Elle n'eut pas lieu. Il s'installa au milieu de sa cour, de ses amazones. Ouanilo le. regardait comme frappé de stupeur. L'aboyeur commença. Frère et fils connurent-de longs honneurs. Pagnes, éventails., bouteilles de liqueur, objets d'or et d'argent, bœufs, peaux de bêtes,.ils offrirent tout cela pour être.enterré dans le grand trou où Behanzin allait descendre. Quand' le nom de Ouanilo tomba sur la foule, porté par si peu de cadeaux,; il fit un si petit bruit que personne ne chercha le fils chéri. Ouanilo baissa la tête. La maison des sorciers Dans la maison aux, volets. clos, Ouanilo et sa princesse blanche ne goûtaient pas aux mets que lui envoyaient les anciens sujets de son père. Le couscous, le riz, les œufs mêmes étaient jetés la .nuit venue.. Son embarras fut grand devant une calebasse-de lait, alors que je lui en demandais un verre. Il me fit comprendre qu'il désirait ne pas me donner, de ce lait, dont lui-même, ne boirait pas.

Royaume des fétichéurs, c'està-dire'du poison, le-Dahomey est dans-la main. des sorciers. Il est à la fois le pays-noir le plus avancé et le plus secret \Mgr Steinmetz, notre évêqûe,. le' sait bien, lui, qui. dut intervenir cette semaine auprès des prêtres du diable, sans quoi son missionnaire, touché l'autre jour par trois féticheurs voilés.. alors qu'il rentrait à bicyclette sur la route de Kalavi, serait mort déjà. Son bras sétait raidi, puis desséché, le mal gagnait l'épaule, la poitrine. Monseigneur fit venir le chef féticheur, qui lui dit « 0 grand blanc !'le respect que tu m'inspires m'oblige à dire que mes revenants ont fait cela. » « 0 grand féticheur. répondit le prélat, en amour de moi, tu vas guérir mon serviteur. Le contrepoison fut donné. Le missionnaire, aujourd'hui, m'a serré la main d'une main valide.

Féticheurs et féticheuses pullulaient aux funérailles de Behanzin ils avaient des costumes de ballerines bien étonnants. Ouanilo faisait un grand détour pour les éviter.

A la nuit, le boy fidèle du commandant français entrait dans la demeure de L'avocat de Bordeaux: il apportait des boîtes de conserves sur lesquelles les prêtres de Maon n'avaient pu laisser tomber leur regard.

Ouanilo s'en allait seul à la découverte de son berceau. Je le voyais marcher-sur le plateau

d'Abomey, s'arrêtant, s'interrogeant. Un jour, un chef porté dans son hamac passa près d* lui ses gens de case tenaient parasol, crachoir et autres attributs. Alors que les frères de Ouanilo, plus grands chefs que le passant, eussent fait déblayer la route, Ouanilo se ran- gea sur le bord et d'un œil où se lisait l'étonnement d'un blanc, il suivit longtemps le cortège tradi- tionnel.

Il s'assit un jour au milieu des ruines du palais de son père. Dans l'une de ses mains, posée sur son genou, il tenait son autre main. Sur ces murs de boue, défaits par le temps, il promenait un regard i étranger. Il se leva, parcourut l'emplacement. Il s'inclina devant le tombeau de Glé-Glé, son grand- « père, alors qu'il aurait dû tomber à terre et frapper son front contre le sol. Ses ancêtres né l'appelaient plus.. Les soixante et soixante-dix femmes- de ses frères le pion- gelaient dans de grandes ré- flexions. Je le vis jeter t discrète- ment sa cigarette, alors qu'elles fumaient' la pipe. Dans son salon, un soir que nous causiorfs, son frère Robert entra, torse, jambes et cuisses nus. Il le fit asseoir dans un fauteuil, face à la princesse i blanche, sa femme, en toilette de s diner. II avait la mine d'un écar- telé. Tous les soirs, le malheureux avait mal à la tête. Il ne supportait plus le tam-tam. C'était i un pauvre déraciné. Lui-même m'avouait, me prenant à part « Ah ces funérailles elles n'en ( finissent-pas t Albert LONDRES.

(Voir la suite à la page.)

LE FILS DU GÉNÉRAL OBREGON SE BLESSE ACCIDENTELLEMENT Mexico. 4, ooyjiire (dép. 'lavas.) M. Humborto' Obrogon, fils aîné du général assassiné,- it été blessé neciden- tellement au moment où il descendait de son automobile; son revolver étant tombe par terre et ayant fait explosion.

i Bayle déclare faux tous les objets

exposés à Glozel

;t soumis a son expertise SES CONCLUSIONS:

LES POTERIES ?« Grossiers truquages» LES BRIQUES ? < Très modernes » LES OS ? « Frais et avec gélatine » .e rapport du savant ne sera déposé qu'à la fin du mois; mais déjà des précisions lui ont été demandées officiellement et ses réponses

sont catégoriques

On sait qu'une centaine d'objet.s saiis à Glozel par le parquet de Mouins Lvaient été remis, pour qu'il les anaysat, à M. Bayle, le très distingué sa'ant, directeur des services de l'identité udiciaire. M. Bayle ne remettra pas son 'apport avant la fln de oe mois mais léjà des précisions lui ont été demanlées officiellement. Ces précisions, il L'est pas téméraire de penser qu'elles Luront un certain retentissement parmi ous ceux qui, des savants îles plus auto•isés aux Français moyens, ont pris parti uec acharnement pour ou contre Glozel: illes concluent à la fausseté, au tru[uage de tous les objets confiés à l'ex>ertise scientifique.

Une étrange racine.

Les objets examinés par M. Bayle sont les terres cuites, des galets et des os. Pour les poteries, le prudent, le memré, le réservé savant n'hésite pas à les jualifler de truquage des plus gros;iers

Daj» une bobine en terre venant du musée même de Glozel, M. Bayle a dé,ouvert une racine de graminée de qua;re à cinq centimètres, pliée en deux somme une épingle à cheveux. La première constatation qui s'imposait au savant, c'est que ce repliement ;ur elle-même de cette racine est phỹiologiquement contraire au développement progressif d'une racine. Conclusion rréfutable la racine se trouvait dans la terre qu'on a pétrie..

Mais cette racine, comment est:lle?

Toute fraîche, prouvent ses coupes physiologiques 1

Des briques très modernes. Avec toutes les précautions nécessaires pour n'y mêler aucune parcelle de matière étrangère, M. Bayle a fait des prélèvements dans les briques oui lui ant été soumises. Or, dans un de ces prélèvements, n'a-t-il pas trouvé des ilbres de laine colorée par un procédé de teinture des plus récents.

Des os ont encore toute leur gélatine Pour ce qui est des os. M. Bayle n'est pas. moins formel. Une expérience, sur laquelle le rapport exposera toutes précisions, ne permet pas de douter qu'il s'agit d'os" frais dont"qnwlques-uns ont encore, d'ailleurs, toute leur gélatine. Quant aux galets travaillés, si le savant expert y a déjà constaté le passage d'un instrument en fer, c'est-à-dire une trace nettement différente de celle d'un silex, il va s'efforcer de procéder à des expériences plus probantes encore, ce qui retarde un peu la remise de son rapport.

Pour toutes ces expériences et analyses, M. Baytle a procédé par prélèvements, se gardant bien de rien détruire, pour permettre, selon sa formule, « à tous les chimistes de la terre » de se livrer à de nouvelles expertises. Doit-on ajouter que M. Bayle n'émet d'opinion que sur les quelque cent objets qui lui ont été soumis, ne connaissant et ne voulant rien connaître d'autre sur oe qui constitue l'affaire de Glozel

Les Soviets, par distraction Frappent des savons de toilette à l'effigie du dernier tsar Londres, 4 oct. (dép. Petit Parisien.) On mande de Riga à l'Exchange Tele?raph qu'une émotion considérable, mêée de surprise, a été provoquée à ^eningrad par la vente sur le marché Ie cette ville d'énormes quantités de savons de toilette portant l'effigie de 'colas II.

L'émotion a été d'autant plus grande lue les savone étaient vendus dans les coopératives soviétiques. Renseignements jris, on a découvert que ces savons tvaient été fabinqués à l'usine coopéraive de Leningrad et qu'on les avait 'rappés avec un vieux timbre. Ludendorff, qui perdit la guerre perdrait-il la tête ?

Berlin, 4 octobre (dép. Haras.) Un télégramme est arrivé mercredi au sureau du président du Reich. portant a signature de Ludendorff et faisant ;avoir que le général a reçu, il y a trois semaines, un jugement de condamnation L mort portant la signature secrète d'une oge maçonnique.

Ce jugement serait une réponse à un ivre récent du général sur la francnaçonnerie.

Le télégramme poursuit

« Monsieur le président, des millions i'Allemands attendent de vous une inervëntion immédiate pour la libération le l'Allemagne de cette peste criroinelle. _le président est prié de confirmer personnellement la réception du télégramme. »

La Gazette de Voss attribue ce télégramme de Ludendorff à l'état maladif le ce dernier.

Un avion commercial

fait une chute en Eapagne et prend feu Ses trois occupant! sont carboonct

Barcelone. 4 octobre (dép. Petit Paris.) Un avim commercial piloté par l'aviateur René Marsac, iransportant deux passagers et le courrier postal de Casailanca. a été complètement détruit en ïspagne.

L'appareil qui avait quitté Barcelone jour Perpignan a fait une chute dans la nontagne, hier soir, à Port de la Selva province de Gerona).

L'appareil a pris feu et les trois occu>ants furent carbonisés.

Parce qu'il négligeait son champ un agriculteur italien

sera surveillé par la police ftorae, 4 ootobre {dép.. Petit Parisien.) Un certfiii Venanzio Castelli. agricuieur à Teramo, vient d'être .placé sous a surveillance de la. police pour cette ;eu]{' raison qu'il négligeait la culture le son champ.

Ainsi .se trouve appliqué le récent dé:ret sur 1e travail obligatoire.

LE SALON DE L'AUTOMOBILE EST OUVERT

Hier matin, à 9 h. 30, le XXII' Salon de l'automobile a ouvert ses portes. Ouverture sari!; inauguration officielle, celle-ci devant avoir lieu ce matin, à 10 heures en la présence de M. Doumergue, Président de la République. Ce n'était done, hier, que journée de « vernis,sage et devant l'éclat impressionnant des cuivres, des nickels et des carrosseries, ce mot gardait toute sa valeur. Bien entendu, dès l'ouverture, le Grand PaUm jut absodument envahi par la foule énorme des curieux, et il en sera ainsi durant dix jours, pour la plus grande gloire de la première industrie française.

POUR. ET COMTTjB Brusquement, après les longues vacances d'un été intégral qui n'a pas eu un seul jour de défaillance, les affaires ont repris à Paris.

Brusquement, les boulevards se sont retrouvés embouteillés. Brusquement, les restaurants et les auberges à la mode des Batignolles ont vu affluer une clientèle populeuse et affamée, avide de « pâté mai, son », de « poulet maison », de « tarte maison » et parfois même de « vin maison n. Brusquement, les théâtres se sont remplis, qui commençaient à se trouver un peu seuls et qui se demandaient si on ne les avait pas oubliés. Brusquement, le nombre des écrasés a doublé dans notre bonne capitale. Et le champagne s'est mis à sauter allègrement dans certaines boites de Montmartre qui, la semaine passée, étaient encore des déserts en miniature, des déserts peuplés seulement de quelques nègres et que traversaient quelques rares caravanes.

Qu'y a-t-il donc ?

Il y a le Salon de l'auto, parbleu 1. Le Salon de l'auto fait accourir toute la France à Paris. Le Salon de l'auto ne constitue pas un événement parisien. C'est un événement national, et presque international.

Daas toute la France on dit aujourd'hui, on répète

C'est le Salon.

Et le notaire, le médecin, le commerçant, l'industriel, l'ingénieur, l'agriculteur, le receveur des contributions, le souspréfet et le garagiste. bouclent leurs valises

Nous partons ce soir.

Nous demain.

Il paraît que le Salon est très intéressant cette année.

C'est le Salon. Madame l'Auto reçoit jusqu'au 14 octobre. Tout le monde veut aller saluer Madame l'Auto. Il est vrai que c'est une femme charmante et qui a tant et tant de relations

On va présenter ses hommages à Madame l'Auto. Et puis, on se retrouve au théâtre, au thé, au palace, voire à la brasserie. On va admirer des moteurs jolis, brillants, galbeux. On va rêver devant des carrosseries douillettes. Et puis Madame va commander des robes. Et puis Monsieur passe un marché. Et puis Madame achète ceci, cela, ceci encore et cela après qu'elle allait oublier. Et puis Monsieur fait .ses affaires et en engage de nouvelles.

L'auto n'est pas seulement une voiture qui marche toute seule. C'est un moteur qui fait marcher tout le pays aujourd'hui et qui fait faire de la vitesse à toute la France. Maurice Prax. A LA TROISIEME PAGE

UN DRAME A IVRY Une jeune fille tuée dans a nie par un soupirant évincé. L'ETRANGLEUR DE MARSEILLE: Parlant enfin, il nie les crimes qu'on lui impute.

MARIAGE DE NOTRE MINISTRE A VIENNE

Mgr iMaglionc, nonce apostolique, a bénf, hier matin, en la chapelle de la Nonciature et en présence de l'abbé Tournatre, premier vicaire de Saint-Pierre de ChalIIot. le mariage du comte Uertrand Clauzel, ministre plénipotentiaire, et de la comtesse Hocquart' de Turtot, née de Vienne.

A TAmerican Club Maurice Chevalier parle et chante

en français et en anglais

Maurice Chevalier, le populaice chanteur parisien, va s'embarquer mercredi prochain pour r l'Amérique où il doit tourner bientôt, à Hollywood, pour le compte de la Paramount. Il était reçu, hier, à cette occasion, par l'America.n Club de Paris à son déjeuner hebdomadaire. M. G a u 1 i n, consul général des EtatsUnis, M. André Citroën, M. Yves Mirande, l'auteur dramatique connu, le colon e 1 Philippe Bunau-Varilla étaient parmi les personnali-

Au dessert, après que M. Peixotto, préaident du club, eut salué en lui le che* valier de la chanson, Maurice Chevalier dit quelle crainte il éprouvait d'avance à la pensée d'aller se mesurer bientôt avec les stars américaines. Puis il avoua que de parler devant l'auditoire d'élite qui l'applaudissait, il avait un trac fou dont il avait perdu l'habitude.

Il conta ensuite en anglais une historiette assez amusante

Douglas Fairbank et Mary Pickford,- dit-il, m'avaient, lors d'un' précédent voyage aux Etats-Unis, il y a six ans, invité à venir les voir à Hollywood.- J'étais alors à New-York où mes soiréeâ étaient toutes assez occupées. Pour leur être agréable, je résolues tout de méma de quitter New-York le samedi soir, d'aller passer le dimanche avec eux, dé façon à rentrer à New-York le landj matin. Quand je fis part de ce projet h mes amis new-yorkais, cela excita de leu* part la plus vive et la ,plus profond^ hilarité. Quand j'en demandait les eau.. ses, on m'expliqua qu'il fallait cinq jours pour aller de New-York à Hollywood et cinq autres jours pour en revenir. C est ainsi que Maurice Chevalier put mesurer l'importance et l'étendue dl1 continent américain.

C'est, dit-il, un « big pays.

Accompagné par un pianiste quf s'était fait ]a'tête d'Harold Lloyd, il chanta ensuite en frauçais Ça m'est égal, et en anglais. Gonna get a girl. On'se sépara- en riant et en fredonnanl les derniers refrains du. café-concert.

LA COMMISSION DES FINANCES A ABORDE L'EXAMEN

DE LA LOI DES RECETTES Un premier et large débat s'est institué sur deux articles visant l'attribution de certains biens aux cultuelles et l'autorisation de congrégations missionnaires Finalement, les dispositions présentées par le gouvernement et combatfues par les socialistes et les radicaux socialistes ont, été adoptées sans modification Décidée à en terminer le plus tôt posa sible avec l'examen du budget, afin dé permettre à la Chambre d'ouvrir la discussion sur les dépenses et recettes de l'exercice 1929, dès Fouverture de la session extraordinaire, la commission des finances a abordé hier les dispositions dé la loi des recettes.

Un débat s'est institué, tout d'abord, sur les articles et il relatifs, le premier à l'attribution de biens mobiliers et immobiliers aux associations cultuelles; le second à l'autorisation donnée à certaines congrégations missionnaires. M. de Chappedelaine a déclaré, qu'ai son avis, ces articles n'avaient p-is !eur place dans la loi de flnances.

Au nom du groupe socialiste, M. Ernest hafont, appuyé par NI. Locquin et par M. Jacquier, a affirmé que les articles en question n'avaient, en effet, rien de budgétaire et qu'ils tendaient à mo-